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Chroniques de Saint-Nazaire - Page 5

  • Famille du Matz d'Armanjo  

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    D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur. 

     

    Famille noble d'extraction chevaleresque maintenue à l'intendance en 1700 qui posséda les maisons nobles d'Armanjo, de Guindreff, et de Kerlédé.



     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, écuyer, seigneur de La Drouillay, seigneur de la maison noble d'Armanjo, pour laquelle il servit l'aveu en 1709, et qu'il vendit à Jacques Hégo, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 22 octobre 1686 avec Perrine Pasquette, dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

    1° Anne-Marquise, (vers 1689 - 7 avril 1746 Saint-Nazaire), mariée à Saint-Nazaire le 23 juillet 1708 avec Louis Le Guennec, seigneur de Kerlédé ;

    2° Marie, baptisée à Saint-Nazaire le 13 août 1690 ;

    3° Madeleine, baptisée à Saint-Nazaire le 25 septembre 1691 ;

    4° Geneviève, (Armanjo le 16 décembre 1692 – 27 octobre 1743 Kerlédé), dame de la maison noble de Guindreff, puis aussi de celle de Kerlédé ;

    5° Janne, (Saint-Nazaire 3 décembre 1694 – 20 mai 1756 Saint-Nazaire), dame des maisons nobles de Guindreff et de Kerlédé ;

    6° Renée-Clémence, ondoyée le 30 décembre 1694, baptisée à Saint-Nazaire le 5 avril 1695 ;

    7° Louis, baptisé le 11 décembre 1695 ;

    8° un petit enfant mort-né le 25 juin 1696 ;

    9° Esprit, (Saint-Nazaire 26 mai 1697 - 10 juillet 1702 Saint-Nazaire) ;

    10° Guillaume, baptisé le 8 septembre 1698 ;

    11° Jacques, (Saint-Nazaire 3 mars 1702 - 29 mai 1706 Saint-Nazaire).



    Autre branche :



    I° Claude du Matz, écuyer, sieur du Gléré, époux de Charlotte de Vaugiraud, vivant en la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, d'où :

    1° Louis-Gilles, écuyer, de la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, marié : 1° Jeanne de La Bourdonnaye, originaire de Montoire, publication de bans à Saint-Nazaire le 16 décembre 1692, avec la mention '' à présent demeurant à Saint-Nazaire '' ; 2° Monique de La Haye du Sable, née le le 6 juillet 1675 à Saint-Nazaire, mariée le 2 mai 1707 précédemment mariés, mais ayant appris qu'il étaient parents au 4e degré, renouvellement de leurs vœux à Saint-Nazaire le 22 mai 1710 ;

    2° Julien-Joseph, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 7 avril 1698, avec Marie Michel, d'où :

    A° Marie-Françoise, baptisée à Saint-Nazaire le 13 mai 1704.

  • Une famille irlandaise à Saint-Nazaire : les Archbold

     

     

    I° Walter Archbold, marchand irlandais, marié : 1° de Jeanne Hémery ; 2° Macée de Montluc, (vers 1632, inhumée dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire la 29 novembre 1710), (veuve, elle épousa en seconde noce Thomas Walsh, irlandais, voyez article à ce nom) ; d'où :

    du premier lit :

    1° Pierre, baptisé Saint-Nazaire le 8 mai 1648 ;

    2° Jeanne, baptisée Saint-Nazaire le 1er septembre 1649 :

    3° Jan, baptisé Saint-Nazaire le 10 novembre 1650 ;

    4° René, baptisé Saint-Nazaire le 28 septembre 1651 ;

    du second lit :

    5° Charles, baptisé Saint-Nazaire le 25 septembre 1653 ;

    6° Madeleine, baptisée Saint-Nazaire le 21 juillet 1655 ;

    7° Perrine, baptisée Saint-Nazaire le 26 août 1656, mariée à Saint-Nazaire avec Guillaume Chanterel, sieur des Chesnot ;

    8° Macée, baptisée Saint-Nazaire le 28 février 1658.

     

    II° Jan Archbold, époux de Janne Mahiet, (morts avant octobre 1707), d'où :

    1° Renée baptisée le 7 décembre 1690 – 18 octobre 1694 ;

    2° Jan, qui suit.

    III° Jan, marié le 11 octobre 1707 avec Renée Martin, d'où :

    1° Janne, (Saint-Nazaire 6 janvier 1709 – 11 janvier 1709 Saint-Nazaire) ;

    2 Hélène, (Saint-Nazaire 23 décembre 1709 – 26 décembre 1709 Saint-Nazaire).

  • Famille Rouaud de Villemartin

    Famille Rouaud de La Villemartin, Olim. Rouaud, sieur de La Lande, et Rouad de la Villès-Martin

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    D'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

    Famille bourgeoise dont plusieurs membres ont été anoblies par ordonnance du 9 octobre 1814 ; (Cf. vicomte A. Révérend, " Les familles titrées et anoblies au XIXe siècle ").

    Éteinte au 19e siècle, connue à Saint-Nazaire depuis René Rouaud, sergent général des armées de Bretagne, époux de Julienne Bourdic, vivant en janvier 1597 à Saint-Nazaire. On trouve diverses branches dont la filiation est compliquée à établir, à Saint-Nazaire, Donges, et Saint-André-des-Eaux.

     



     

    I° René-Claude Rouaud, sieur de La Lande, notaire et procureur de la vicomté de Saint-Nazaire, puis procureur fiscal de La Motte Alleman, notaire et procureur au Siège royal de Guérande, mort à 68ans, inhumé le 9 décembre 1706 à Saint-Nazaire dans le chœur de l'église ; marié le 11 juillet 1673 à Saint-Nazaire, avec dispense de trois degrés de parenté, avec de Périnne Berthaud, d'où :

    1° Renée, baptisée à Saint-Nazaire le 3 octobre 1674, inhumé dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire le 29 novembre 1676 ;

    2° René, baptisé à Saint-Nazaire le 13 août 1676, inhumé dans le chœur de l'église le 3 octobre 1679 ;

    3° Matthieu, qui suit.

    II° Mathieu Rouaud, sieur de La Lande, (Saint-Nazaire 5 janvier 1681 - 17 janvier 1743 Saint-Nazaire), avocat au Parlement, préfet-fiscale de la seigneurie du Boisjoalland et de Heinleix, sénéchal d'Escoublac et de La Ville-au-Févre ; marié, avec autorisation de son père, le 23 novembre 1706 à Saint-Nazaire avec Marie Chesnin, (Née à Saint-Viaud le 3 octobre 1684, baptisée le 11 - inhumée dans l'église de Saint-Nazaire le 26 janvier 1735), alors fille mineure de feu François Chesnin, sieur de La Touche, et de Françoise Bernard, mariage autorisé par décret de la Juridiction du Plessis-Mareil-en-Saint-Viaud ; elle était parente de Casard Chesnin, prêtre de Saint-Nazaire ; d'où :

    1° Marie, (Saint-Nazaire 4 décembre 1708 - 1er mars 1711 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain dans le chœur de l'église) ;

    2° Renée, (Saint-Nazaire 11 mai 1709 - le 18 septembre 1712 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain en l'église) ;

    3° Mathieu-André, qui suit ;

    4° Joseph-Vivant, né, baptisée, et inhumée le 30 décembre 1711 ;

    5° René-Mathieu, sieur de La Mode, avocat à la Cour, procureur fiscal de Saint-Nazaire, baptisé à Saint-Nazaire le 20 octobre 1713, décédé le 11 janvier 1739 et inhumé le lendemain en l'église de Saint-Nazaire ;

    6° Marie-Françoise, dite Marie, baptisée à Saint-Nazaire 22 février 1718, épouse de Jan Canuel, sieur de Maude (fief constitué de dune et de prés situé au niveau de la rue Ferdinand Gasnier, acquis de la famille Boullet,), dont l'une des filles épousa un le Royer de la Poigniardière.

    III° Mathieu-André Rouaud, baptisé à Saint-Nazaire 22 août 1710 ; inhumé le 13 février 1752 Saint-Nazaire "dans le haut de l'église", sieur de la Ville-ès-Martin (par acquisition de la famille Boullet) ; marié le 18 avril 1741 à Saint-Nazaire avec Catherine Canuel, baptisée le 13 août 1713 à Saint-Nazaire, inhumée à Guérande le 21 octobre 1787, fille de feu Etienne Canuel, et de Catherine Gicquel, d'où :

    1° Mathieu, qui suit ;

    2° Une fille morte née le 14 février 1749 et inhumée dans l'église de Saint-Nazaire.

    IV° Mathieu (de) Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au Siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, établi à Guérande en 1768, dont il était syndic et maire de Guérande de 1770 à 1771, puis à nouveau maire et député de Guérande quand il présenta le 12 novembre 1784 devant le Greffe des États de Bretagne les lettres-patentes de janvier 1784 accordée par Louis XVI, confirmant la pleine possession et jouissance de La Brière à ses habitants, que leurs avait accordé le duc François II par ordonnance du 8 aout 1461. Lettres enregistrées par arrête du Conseil le 13 janvier, et arrêt du Parlement du 13 mai, et publiée à deux milles exemplaires. Il fut député du Tiers-état pour la ville de Guérande aux Etats généraux de 1789 ; en 1782 il fit un voyage à Paris accompagné de son épouse, du chevalier de Kerpoisson et son épouse, ses cousins, voyage durant lequel il rédigea un journal, dont le manuscrit tomba en 1900 dans main du comte Louis Remacle qui le publia en confondant avec une autre famille de Rouaud ; il se déclara comme étant domicilié depuis deux ans à Guérande que il se marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Richardière, fille mineure de feu Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, dame de La Paquelais à Saint-Malo-de-Guersac, sur décret de justice de la vicomté de Donges, (elle avait pour oncle Cyprien-François Gallet, sénéchal de la seigneurie de Heinleix, et pour cousin au 3e degré René Lion, procureur de Guérande, qui furent présents à son mariage), d'où :

    1° René-Marie-Prudent, né à Guérande le 2 septembre 1772, baptisé le 4, décédé le 8 novembre 1772 à Montoir, inhumé le lendemain ;

    2° Matthieu, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 janvier 1771, anobli avec son frère Pachal-Auguste-Modeste par ordonnance du 9 octobre 1814, lettres patentes du 11 novembre 1815 avec règlement d’armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées du même, 2. 1." Receveur des Contributions Directes de Guérande, mariée le 9 juin 1806 au Croisic avec Reine-Renée Giraud des Landreaux, née le 20 octobre 1781 au Croisic, fille de Godefroy-Joseph-Martin Giraud de Landreaux, et de Renée-Marie Goupil de Meslé, d'où : 

    A° Athénaïs-Reine-Marie, née le 21 juillet 1807 à Guérande ;

    B° Nathalie-Marie, née le 18 novembre 1809 à Guérande.

    3° Pachal-Auguste-Modeste, qui suit ;

     

    4° une fille, épouse d'un Le Chauff de Kerguénec, fils du seigneur de La Motte-Allemand, qui légua son domaine de La Motte-Allemand à son neveu Charles-Evariste de Rouaud en 1840 ;

    5° Marie, épouse de Joachim Bouvais.

    V° Pachal-Auguste-Modeste Rouaud de Villemartin, né à Guérande le 17 avril 1778 et baptisé le même jour - décédé le 21 septembre 1814 à Guérande ; anobli avec son frère Mathieu par ordonnance du 9 octobre 1814 ; étant décédé avant délivrance des lettres de noblesses, ce furent ses fils qui en bénéficièrent par lettres du 24 février 1816, avec pour chacun un règlement d'armoiries particulier ; marié à Guérande le 28 janvier 1803 (8 pluviose an XI) avec Bonne Cady de Praderoy, fille de Charles Cady de Praderoy, et de Bonne-Jeanne-Carlotte de Jacquelot du Boisrouvray, d'où :

    1° Zoé-Bonne-Marie, née le 15 décembre 1803 à Guérande, épouse de Louis-Jacques Cornu, notaire à Guérande ;

    2° Pascal-Charles-Marie, né le 28 décembre 1805 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1." ; sans postérité ;

    3° Adolphe-Alexandre-Marie, né le 25 juillet 1808 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'or. " ; sans postérité ;

    4° Evariste-François-Régis-Charles-Marie dit Evariste-Charles, né le 3 décembre 1810 à Guérande ; décédé à Nantes le 3 décembre 1896, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'argent " ; fit modifier son patronymique en " de Rouaud " ; héritier de son oncle Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand qu'il vendit en 1844 ; marié à Nantes le 19 novembre 1838 avec Marie-Louise-Thérèse de Bruc de Vignac, (décédée à nantes le 14 septembre 1879), fille de Joseph-Louis de Bruc, et de Marie-Catherine Le Chauff de Kerguénec, d'où :

    A1° Thérèse-Evariste de Rouaud. 

    5° Ange-René-Marie qui suit ;

    6° Nathalie, épouse de Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux, fils de Joseph-Louis de Bruc, et de Catherine Le Chauff de La Motte-Allemand, sans postérité.

     

    VI° Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin, né le 15 décembre 1812, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure dentelée d'argent. " ; royaliste légitimiste, il s’exila au Pérou,  à la suite de sa participation à la chouanerie de 1832 ; il y épousa Josefa Paz-Soldán y Ureta, fille de Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Manuel qui suit ;
    2° Maria Del Carmen-Ines-Tomasa, (Lima 15 septembre 1840-1877), épouse de José Luis Paz Sodan Martinez, (1834-1880), dont elle eu une fille, Luisa Paz Soldan Rouaud, (Lima 1867 - Lima 16 octobre 1941), d'où postérité postérité.

     

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    VII° Manuel Rouaud y Paz Soldán, né à Lima (Pérou) le 19 avril 1839 ; ingénieur en géodésie et explorateur de la jungle amazonienne; il fut mandé par le gouvernement péruvien pour aider son oncle maternel, Mariano Felipe Paz Soldan, pour la rédaction et l’édition des ouvrages de Mateo Paz Soldan mort en 1857. Pour cela, il se rendit en France en 1861, prenant en charge l'édition espagnole de la « Géographie du Pérou » et collabora avec Arsène Mouqueron dans la version française du livre. De retour au Pérou, il entreprit la campagne pour suivre le cours du fleuve Amazone depuis son embouchure, dans le but d'effectuer la reconnaissance scientifique de ses eaux et de son climat. À Tabatinga, il fut nommé secrétaire de la Commission mixte péruvienne-brésilienne qui devait déterminer les limites des deux pays. Après avoir fixé les premières bornes frontières, Manuel et Paz Soldán furent chargés en 1866 de réaliser la reconnaissance du fleuve Yaraví, ce qui lui permit de rectifier les erreurs de la cartographie existante, et détermina la navigabilité de ses principaux affluents. Durant cette expédition il fut attaqué par une tribu indigène et perdit sa jambe droite à la suite d’une blessure par flèche. En 1871, il fut nommé commissaire péruvien à la Commission mixte Pérou-Brésil afin de poursuivre le travail de délimitation des frontières. Il remonta le cours de l'Amazone depuis l'Atlantique, puis il navigua jusqu’à Caquetá où les fièvres malignes touchèrent l'équipage de son bateau, le « Napo », gravement malade, il décéda d’une hémorragie cérébrale à Tefé (Brésil) le 2 septembre 1872.







    Il convient de signaler ici que les oncles maternels du dernier des Rouaud de Villemartin, étaient tous des personnes importantes de l'histoire péruvienne :

    I° Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Josefa Paz Soldán y Ureta, épouse de Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin ;

    2° José Gregorio Paz Soldán, (1808-1875), avocat, puis juge, sénateur, ministre des Affaires étrangères, et trois fois chancelier du Pérou ;

    3° Pedro Silverio Paz Soldán, président du cabinet du président Mariano Ignacio Prado, (lui-même père de Pedro Paz Soldán y Unanue, dit Juan de Arona, (1839-1895), fondateur de la lexicographie péruvien) ;

    4° Santiago José Paz Soldán, naturaliste et océanographe qui a travaillé avec le scientifique allemand Alexander von Humboldt ;

    5° Mateo Paz Soldán, géographe et astronome, auteur de l'ouvrage Géographie du Pérou ;

    6° Mariano Felipe Paz Soldán, géographe et historien, auteur du premier Atlas géographique du Pérou ;

    7° Mariano Domingo Paz Soldán, compagnon du Libérateur Bolivar, et fondateur de l'Université de Chuquisaca.

     

     

  • Famille Moyon des Bouexières

     

    Généalogie de la famille Moyon, sieurs de Trébondy, seigneurs des Bouexières, à Saint-Nazaire.

     

     

    I° Guillaume Moyon, sieur de La Rouaudière,notaire de la baronnie de Marsain, inhumé le 4 mai 1692, le capitaine de la milice bourgeoise de la paroisse de Saint-Nazaire, sénéchal de Heinleix et autres lieux, doyen des notaires, procureur de la vicomté de Donges, époux de Jacquette Deniaud :

    1° André, qui suit ;

    2° Catherine, (1683-1770) ;

    3° Jeanne, ( -1775), épouse de Jean-Olivier Kermasson de Kerisel ;

    5° Hellène, mariée le 29 aout 1701 à Pierre Brécard ;

    6° Jan, baptisé le 27 janvier 1675 ;

    7° Gille, baptisée le 11 décembre 1677 ;

    8° Marie, (1678-1765), épouse de Jean Pomier, sieur de la Durandry ;

    9° René, baptisé le 13 février 1680 ;

    10° François, baptisé le 20 juin 1681, sieur de Trebondy, époux de Juliette Rouaud, d'où :

    a° Françoise, morte le 20 juillet 1713.

    11° Jacquette, baptisée le 16 septembre 1682 ;

    12° Catherine, baptisée le 16 mars 1684 ;

    13° Charles, baptisé le 19 juillet 1685 ;

    14° Charles, baptisé le 15 novembre 1689.

    II° André Moyon, sieur de Trébondy, (1675-1731), notaire de la juridiction de La Motte-Alleman, marié le 19 avril 1695 de Jeanne Rouaud, fille de François Rouaud, et d'Anne Thuaud, d'où :

    1° André, baptisé le 20 mars 1696 ;

    2° Gilles, baptisé le 7 décembre 1697 ;

    3° Jean, qui suit ;

    4° Catherine-Renée, 

    5° Marie, (700-1718) :

    6° Jeanne, baptisée le  24 avril 1701, mariée le 7 janvier 1727 à Jean-Michaud, notaire à Saint-Nazaire.

    7° Jacquette, (6 août 1702- 26 août 1702). 

    III° Jean Moyon, baptisé le 23 janvier 1699,  notaire, acheta le fiefs des Bouexières à son parrain Jean Martin, seigneur des Bouexières, marié à Saint-Nazaire le 7 août 1724 avec Catherine Boullet, d'où :

    1° André, baptisé le 28 décembre 1725 ;

    2° Catherine-René Moyon, (1726-1795), mariée le 27 septembre 1746 Joseph du Bochet, (1722-1757) ;

    3° Jean, (1726-1731) ;

    4° Jeanne-Marie, baptisée le 15 avril 1729 ;

    5° Hellène, (1730-1776) ;

    6° Marie, baptisée le 14 juin 1731, mariée le 11 janvier 1752 à Jacques Le Bourdiec, officier de vaisseau de la marine marchande ;

    7°  Reine, baptisée le 23 avril 1734, mariée le 28 octobre 1755 à Saint-Nazaire avec Nicolas Charles.

     

    Devenue veuve, Catherine Moyon, née Boullet, revendis la seigneurie à François Le Chauff, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand, (voyez les articles sur la seigneurie de La Motte-Allemand).

     

     Des informations supplémentaires au sujet de Trébondy sur le blog de Karrikell : http://karrikell.over-blog.com/article-trebondy-en-saint-nazaire-114362214.html

  • Quel devenir pour le patrimoine nazairien monsieur Samzun ?

    Saint-Nazaire a un nouveau maire, les Nazairiens espèrent que celui-ci traitera mieux le patrimoine communale que son prédécesseur. Bien sur à la lecture de cette phrase beaucoup en viennent à sourire, ou à rire jaune, et j'entends de l'autre bout de la pièce : '' mais enfin qu'espérez-vous du dauphin de celui que l'on a surnommé Batteușescu ? ''

     

    Eh bien les Nazairiens en attendent beaucoup ! Trop peut-être ? Probablement. Mais soyons wildien et envisageons le pire pour apprécier le meilleur. Après avoir passé des années à se faire insulter par leur ancien maire, les Nazairiens se disent que cela pourra difficilement être pire. Pour l'instant monsieur Samzun vient prendre ses fonctions et n'a pas encore fait ses preuves comme maire, et déjà se pressent tout ceux à qui son prédécesseur, qui n'avaient plus rien à faire de notre ville et de son devenir, répondait, surtout quand quand la mairie était clairement en faute comme dans l'affaire du Dolmen, avec le plus grand mépris et la plus grande arrogance, en nous signifiant clairement que nous n'avions qu'à la fermer devant sa toute-puissance.

     

    Tachons de ne plus nous formalisé sur cette attitude passée, et regardons l'avenir. Il convient de faire un état de lieu de la situation du patrimoine historique de la commune de Saint-Nazaire.

     

    Citons déjà les éléments qui sont protégés par la Loi et qui sont propriétés de la commune :

     

    Le Dolmen : classé en 1889, il a été victime de délires du maire sortant, qui se contrefoutait des lois le préservant directement, ainsi que son air. (voyez notre suite d'article classé sous la mention '' Dolmen ''). On s'interroge sur son devenir. maintenant que le site a été endommagé et passablement défiguré.

     

    La croix du Dernier ou Croix Denier, à Dissignac : Classée au titre des monuments historiques par arrêté du 9 janvier 1926., c'est un calvaire du 15e siècle, figurant le Christ crucifier d'un côté, la Vierge à l'Enfant de l'autre, de chaque côté de sa base se trouve un autel. Pour l'instant le calvaire est dans une zone peu urbanisée et ne semble pas souffrir de détériorations, on reprochera juste le manque d'entretien de la parcelle.

     

     

    Calvaire des Rochelles : classée par arrêté du 18 août 1944, longtemps isolée, cette haute croix de pierre du 16e siècle, dont il ne reste que la base et le fut, est située aujourd'hui dans un nouveau quartier, rue Ernest Hemingway, depuis plusieurs années le site est entouré de barrières de protection montée au moment du chantier de construction, et les herbes s'y agglutinent. Monument typiquement breton, il attend toujours une mise en valeur et une restauration.

     

    (Il faut signaler que la Croix de Heinlex, datant du 13e siècle, fut classée par arrêté du 18 octobre 1944, mais quelle disparu presque aussitôt suite à la manœuvre d'un camion allemand. On ignore ce que devinrent ses débris.)

     

     

    Vient ensuite le patrimoine classé de type meuble. La commune possède en propre plusieurs œuvres religieuses classées dans l'église Saint-Nazaire : deux bas-reliefs en albâtre classés le 10 novembre. Quatre statues en bois doré du 17e et 18e siècle, le tabernacle du maître autel du 17e siècle lui aussi en bois doré, provenant de l'ancienne église, ils furent classés le 23 septembre 1949, S'ajoutent deux sculptures provenant d'une poutre de gloire, datant du 15e siècle, classées le 7 octobre 1935, qui ont été placées de chaque côté d'un grand crucifix du milieux du 20e siècle réalisé par Jean Fréour, (ce crucifie appartient à l'association diocésaine). Il faut ajouter à la liste la statue de l'Ange gardien, en bois polychrome, classée le 28 juin 1962, le registre des MH dit qu'elle appartient à l'association diocésaine, mais il est cependant à noter que les MH attribue la propriété de certains éléments classés antérieurement à l'association diocésaine, alors qu'ils sont initialement propriétés de la commune. Il y a là un cafouillage qu'il faudra éclaircir.

     

    Enfin la commune est propriétaire de la Vierge à l'Enfant du 17e siècle, sculpture en bois qui se trouve dans l'église Saint Joseph de Mean, son classement fut réalisé le 7 décembre 1965.

     

     

    Il n'y a pas grand-chose de protégé par les Monuments historiques à Saint-Nazaire, la cause n'en ait pas la destruction par les bombardements, la cause en est que quand dans les années 1990 les Monuments Historiques accomplirent à la suite d'une directive gouvernementale un relevé général des éléments remarquables sur l'ensemble du territoire de la République, leur travail fut presque impossible à réaliser à Saint-Nazaire, et réduit au plus strict minimum. Il y a pourtant des éléments remarquables, surtout au niveau du patrimoine industriel, et de beaux éléments balnéaires qui mériteraient qu'on s'y intéresse.

     

    La liste des éléments protégés par les Monuments Historiques comprend aussi des éléments qui n'appartiennent pas à la commune :

     

    Le tumulus de Dissignac, '' daterait de 4300 avant J.C. '' (sic. MH). Classé monument historique en 1889, il est propriété de l'état est géré par l'Ecomusée de Saint-Nazaire.

     

    Le phare du Grand Charpentier, construit en 1887, classé MH le 22 novembre 2011, il appartient à l'état et se trouve sur un rocher au large de la pointe de Chémoulin.

     

    La Balise des Morées Construite en 1777 selon les plans de l'ingénieur Groleau, elle fut exhaussée en 1893 classé MH le 22 novembre 2011, elle appartient à l'état ( domaine public maritime ), Elle se trouve sur le rocher des Morées au large de la pointe de La Villès-Martin.

     

     

    Enfin, un bien meuble : le petit voilier '' Va pas trop vite '', ancien bateau de pêche construit en 1934. Il a a été classé le 24 septembre 1993, et appartient à l'association de la Maison de quartier de Kerlédé, qui l'a sauvé et l'entretient (voyez ici un article détailler le concernant : http://www.bateauxdupatrimoine.culture.fr/html/fichebat/vapastrop/vapastrop.htm)

     

     

    Les Nazairiens s'interrogent, et interrogent leur nouveau maire, sur le devenir de certains biens municipaux : le manoir du Sable, datant de la fin du 15e siècle, c'est la plus ancienne demeure de la ville, et la municipalité sortante s'est appliquée à le dénaturer. Le château de Heinlex et pour sa part fort bien entretenu, mais il est vide depuis plusieurs années, attendant une attribution. Ce qui reste du château des Charmilles, dit de Porcé, il avait été prévu initialement par Etienne Caux d'y établir l'Ecomusée, mais on lui préféra en 1983 un hangar perdu que les rares touristes qui s'y risquent ne trouvent généralement pas, ou prennent pour une entreprise, et où les Nazairiens ne mettent jamais un pied pour biens des raisons. Le maire sortant l'a laissé tomber en ruine après avoir espéré plusieurs fois le détruire, et a laissé pour toute réponse à son sujet '' Il finira bien par tomber tout seul ! ''… La collection municipale elle aussi fait se poser des questions. Il ne reste rien des collections du musée fondé le 4 mars 1908, les caisses qui contenaient les collections furent détruites dans un bombardement à la veille de leur expédition vers un lieu sécurisé, ensevelies dans les caves du complexe qui comprenait le Musée, la Bibliothèque, et la Chambre de commerce. Ce qui constitue la collection municipale est composé du fond de l'école des beaux-arts, de donations, et d’acquisitions. Les pièces les plus intéressantes sont à l'Ecomusée et au musée Escal'Atlantic. Si certains éléments de la collection qui ne sont pas exposés comportent un intérêt historique local, il y a beaucoup d'éléments sans intérêt majeur, ou valeur marchande notable dans cette collection. Les Nazairiens sont cependant en droit de s'insurger sur le fait que et la municipalité sortante en fait le stockage d'une façon totalement inadéquate. Entassés comme à la brocante, ou dans le grenier d'une famille qui a vidé l'appartement d'une grand-tante, tableaux, gravures, petites sculptures sont oubliées dans une baraque délabrée aux vitres brisées, soumise à l'humidité, et à la possibilité du vol aussi, le bâtiment fut squatté, on peut donc s'attendre à tout. Un catalogue de mise à jour fut réalisé en 2008 par l'ancien service de la documentation, il n'est pas directement consultable. Au moment de la rédaction il fut émis l'idée de réaliser une mise en sécurité du fond. Mais le manque de collaboration entre les services, et la volonté municipale d'alors ont fait que tout est resté en place. Car le soucis est aussi de savoir qui en est en charge ? Est-ce l'Ecomusée où on est pas en capacité de vous dire si telle ou telle chose est dans une réserve ou bien exposée ? Ou bien directement la mairie à travers l'un ou l'autre de ses services ? Il faudra trancher un jour ! Enfin, depuis des années sont entreposées sous le auvent de la cour du Parc des Expositions, le groupe '' l'épave '', élément au goût discutable, mais auquel les nazairiens sont très attachés, et les deux statues d'ornementation qui encadraient à l'origine l'horloge de la façade de l'ancienne gare. ADDITION AU TEXTE ORIGINAL : Le lecteur '' bBz '' nous informe/confirme dans un commentaire du 12 juin 2014 que leur conservation ne relève pas de l'Ecomusée, et qu'il est de même pour le fond de l'ancien Musée de Saint-Nazaire.

    Il semble donc que la gestion de l'ancien fond relève de la Mairie, mais dans ce cas de quel service ?

    24 mars 2016 : On vient de nous apprendre ce jour que des acquisitions de la municipalité se trouvent stockées dans les caves du Grand-Café, et que le grenier de la chapelle des franciscains est utilisée comme réserve pour des tableaux de style art-nouveau. Ne serait-il pas judicieux aujourd'hui de rassembler toutes ces collections dans un même endroit pour leur conservation et d'en faire quelque chose à  long terme ?



  • Pierre Toscer

    La période de l'occupation allemande durant la Seconde-guerre-mondiale reste une période trouble, dont on n'a pas encore tout à fait tiré au clair tous les événements. Nombres de documents ayant trait à la collaboration et aux délations sont toujours sous le sceau du secret car le Droit Français tient comme non communicable les données ayant moins de cent-ans. Cela complique le travail des historiens, et concernant Saint-Nazaire l'on doit se référer essentiellement à l'ouvrage de Fernand Guériff, '' Saint-Nazaire sous l'occupation allemande '', ouvrage témoignage édité en 1971, aux éditions des Paludiers, La Baule. Les autres documents publiés à la suite, ne sont en majorité que des resucées plus ou moins illustrées, avec incorporation de lieux communs et étalage d'ignorance sur l'histoire de la commune. L'histoire de Saint-Nazaire à l'heure de l'occupation reste encore à étudier en profondeur.

     

    Depuis quelque temps il semble à la mode de dénoncer comme pétainiste celui qui fut maire de la commune durant l'occupation, Pierre Toscer. C'est allé vite en besogne. Pierre Toscer ne fut pas un pétainiste pur et dur, il ne le fut pas plus que les Français en général, qui même après le débarquement continuaient d'acclamer benoîtement Philippe Pétain. Soyons francs devant notre histoire, même si cela nous dérange : La France en fut pas un pays de résistants, la majorité des gens se contentait de pourvoir à leurs besoins et d'éviter les ennuis en regardant leurs pieds et en se bouchant les oreilles. Aurions nous fait autrement que nos grands-parents et arrières-grands-parents ? Nous ne pouvons pas répondre. Combien d'entre nous se sont restés face à une agression, ou une attitude immonde, immobiles et silencieux. La résistance, la révolte face à l'injustice, qu'il convient de louer et d'admirer, qu'il faut citer en exemple, n'est pas une chose innée, ce sont les événements qui par accident font d'une personne ordinaire un héros.

     

    Parlons donc de Pierre Toscer et rétablissons la vérité à son sujet :

     

    Pierre Joseph Marie Toscer est né à Brest le 11 juin 1893, 9 rue du Rempart . Il était fils de Joseph Henri Toscer , dessinateur au port de Brest, puis contremaître surveillant les travaux à la Marin, alors âgé de 24 ans, et de Jeanne Marie Briant. Son grand-père paternel, Jean-François Toscer, fut maître principal au port. Pierre eut deux sœurs :  Jeanne Marie Philomène, (1894-1971) et Anna Augustine Marie, (1897-1970). Élève de l'École Pratique, il sortit ingénieur des Arts et Métiers, et entra comme ingénieur aux Chantiers de la Loire, (turbines). Envoyé sur le front en 1914, il fut décoré de la Croix de guerre. Démobilisé, il se maria le 6 février 1917 à Trignac à Germaine Jeanne Clotilde Lerot. Le couple eut un fils, Henri. Établit à Saint-Nazaire au 17 de la rue l'hippodrome, il partageait alors ses activités entre Saint-Denis, où il était directeur  des établissements ALC-Saint-Denis, et Saint-Nazaire où il enseignait aux apprentis des Chantiers, et Saint-Nazaire. Sa sœur Anna vient s'établir à Saint-Nazaire, elle y épousa, le 5 août 1924 Paul Alfred Trouillard., elle habitait 15 avenue de Lesseps.

     

    Le 20 décembre 1940, François Blancho, maire de Saint-Nazaire, remis sa démission au Préfet, suivit par l'ensemble des conseillers socialistes de la commune. La Loi du 16 novembre 1940 modifia l'organisation de municipalités de plus de 2,000 habitants : maires et adjoins seraient à l'avenir nommé par le sous-préfet, le préfet et le ministre. François Blancho déclara alors : '' J'estime que la plus entière liberté doit être laissée à l'autorité préfectorale dans le choix de celui qui aura demain la charge d'administrer la Cité ''. En fait François Blancho anticipe sa révocation. Membre du parti SFIO, proche de Léon Blum, il savait pertinemment que Vichy voulait sa tête. Son choit fut de sortir avec un peu de dignité, et d'éviter des représailles. Étrangement, l'Amiral Darlan, devenu vice-président du Conseil, décréta le 3 mars 1941 que François Blancho devait rester en place à la tête de la municipalité. Aucune obligation ou contraints ayant été attachée à la nomination, François Blancho, mais fit savoir qu'il ne serait qu'un administrateur. Mais rapidement les décrets et ordres de Vichy sont insupportables pour lui, et il présenta sa démission le 19 mai 1941, (lettre rendue publique le 5 juillet 1941). Le 22 juin 1941 le sous-préfet Michel Douay, convoqua Pierre Toscer et, sous prétexte qu'il le savait proche des milieux de la droite conservatrice, lui signifia qu'il le désignait comme maire de Saint-Nazaire. Très surpris et un peu abasourdi, Pierre Toscer, refusa, argumentant qu'il n'était pas un homme politique. Qu'importe pour le Sous-préfet ! Celui-ci ne laisse pas le choix à Toscer, il se devait d'accepter et de présenter une liste de vingt personnes devant constituer le Conseil municipal. Pierre Toscer tenta de se soustraire à la nomination, en argumentant qu'il lui fallait l'aval de son employeur. Il se rendit à Saint-Denisle 29 juin 1941 pour expliquer la situation à la direction des établissements ALC, et à Paris auprès de celle des Chantiers. Les directions y trouvèrent avantage, et Pierre Toscer accepta contraint et forcé. Vichy procéda alors le 30 juin 1941 à la révocation de François Blancho, pourtant déjà parti. Geste absurde et inutile, typique du gouvernent collaborationniste. La nomination du nouveau maire fut officielle par arrêté ministériel du 16 septembre 1941. Afin de constituer le nouveau Conseil, Pierre Toscer sollicita toutes les franges politiques de Saint-Nazaire, demandant à François Blancho d'en faire partie, ce dernier refusa. Le nouveau Conseil se composa de Charles Garrec, président de la section locale du Parti Socialite, (qui intégrera le Parti Fasciste de Marcel Bucard, et replacé en 1943 par Paul Minot) ; Maurice Garrec, ancien leader local des " républicains de gauche ", qui comme beaucoup virait à droite pour complaire au régime ; Henri Georgelin, de l'URD, (parti conservateur), délégué du Secours National. Un arrêté préfectoral du 1er octobre 1941 nomma officiellement les 20 conseillers réunis par Toscer. L'entrée en fonction se fit le 6 octobre 1941Dans son discours d’ouverture, il dit : « […] Si malgré mes efforts toutes les fractions de l’opinion nazairienne n’étaient pas présente, j’entends ne tenir personne à l’écart, administrer avec tous, sans préoccupation d’opinions, de confession, ni de personnes. […] »

    Ombre au tableau : Pierre Toscer soutiendra activement l'engagement dans la Légion des Volontaires Français, (LVF), contre le bolchevisme, organisation collaborationniste fierté de Pétain. 

    La nouvelle municipalité due faire face au ravitaillement, à l'organisation de la défense passive, l'organisation scolaire et l'évacuation des enfants, et surtout les relations avec l'occupant qui étaient plus que difficiles. Pierre Toscer s'illustra alors comme un grand négociateur, n'hésitant pas à discuter point par point. A chaque arrestation il se précipitait à la Kommandantur et mettait tout en œuvre pour obtenir la libération et n'hésitait pas à se présenter comme otage quand un citoyen était l'objet d'une arrestation.

    Le 9 janvier 1942, son fils, Henri, élève-officier, périt durant le naufrage du Lamoricière au large des Baléares.

     

    La situation à Saint-Nazaire empira à la suite de l'Opération Chariot, la nuit du 27 au 28 mars 1942.  Il logeait au 5 rue de Villebois Mareuil, rue où les services municipaux avaient été déplacés, (la mairie était alors au 15), mais en réalité il s'installa chez sa sœur Anna. C'est là que l'occupant alla le chercher la nuit du 30 mars 1942 pour le conduire au Collège Saint Louis avec les conseillers municipaux. Malgré sa bonne volonté, le maire ne put dissuader les Allemands de fusiller en représailles 41 personnes dont 16 moururent immédiatement, ou à la suite de leurs blessures, (les autres furent sauvés grâce aux soins prodigués à l'Hôpital de Saint-Nazaire)1. Le 31 mars 1942 la municipalité fut contrainte de placarder une affiche informant la population qu'à l'avenir à chaque acte de résistance constaté, un dixième de la population du quartier où auraient lieu les faits.

     

    Le 21 avril 1943, Pierre Toscer œuvra à la libération de onze otages retenus au camp de prisonniers de Ker Faouet, une villa située à la Villès-Martin. Les arrestations avaient été ordonnées en représailles à l'attentat perpétré contre local de la L.V.F. rue de l'Amiral Courbet. Les otages, dont Jean Guitton, qui fut par la suite maire, étaient tous notables de la ville. Entre le 1er et le 12 mars 1943, Pierre Toscer, aidé par le conseil municipal, procéda à l'évacuation des habitants de la ville. Lui-même trouva refuge à La Baule avec sa sœur, mais se rendait chaque matin à Saint-Nazaire, pour présider les services municipaux rassemblés rue de Villebois Mareuil. En 1944 il fit partie des membres désignés par Vichy à la commission provisoire du Syndicat patronal de la construction métallique et naval, avec son premier adjoint Minot, et 11 cadres et contremaîtres des Chantiers.

     

    Le 11 mai 1945, Pierre Toscer présenta la démission collective du conseil municipale et remis officiellement ses pouvoirs le 12 mai 1945 à 9h à François Blancho. Il se retira de la vie publique. Quoiqu'il fut nommé par Vichy, et décoré en 1943 de la Francique à Vichy en présence du Pétain le même jour que la maire de Nantes, Henry Orrion, tous s'accordèrent à lui reconnaître sa droiture, son sens de la nation et du devoir. Jamais il ne se montra particulièrement attaché à Pétain. Il respectait l'homme comme maréchal de France et chef de l'État, mais sans plus.

     

    Jugement de ses contemporains :

    Maurice Grimaud, (1902-1977), nommé adjoint dans la municipalité Toscer, qui fut député de Loire-Inférieure du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955, (Groupe Républicains indépendants) : " Le Maire prit aussitôt pour lui-même la charge des constants pourparlers et adopta une attitude conforme à son caractère : discutant pied à pied les demandes qui lui étaient faites lorsqu'elles lui paraissaient excessives ou non-fondées, il exécutait loyalement les engagements qu'il avait cru devoir prendre. La netteté et la dignité de cette attitude fut assez vite comprise des chefs allemands et de la population et permit à certains moments d'appréciables résultats. " (Manuscrit de Maurice Grimaud, page 18A ; reproduit en parti par F. Guériff dans " Saint-Nazaire sous l'occupation allemande ".)

     

    Fernand Guériff : " En toutes circonstances, même les plus graves,Mr Toscer montra un courage physique et moral, " un cran "qui lui fond grandement honneur. " (F. Guériff : " Saint-Nazaire sous l'occupation allemande ".)

     

    Les Nazairiens doivent beaucoup à Pierre Toscer, car il se mit souvent en danger pour ses administrés. Il décéda le 6 avril 1967 à Saint-Nazaire.

     

    1 Furent tués sur le coup :

    Allaire Marie, (veuve), 27 janvier 1867 – 30 mars 1942
    Berlebeau Joseph, 3 mars 1909 – 30 mars 1942 
    Blanchard Fernand, 21 mars 1881 – 30 mars 1942
    Esnault Joseph, 12 janvier 1902 - 30 mars 1942
    Favannec Mathurin, 2 juillet 1902 - 30 mars 1942
    Fouquet Jules, 22 novembre 1906– 30 mars 1942
    Hoyet Pierre, 5 juillet 1874 - 30 mars 1942
    Niger Jean, 8 mai 1907 - 30 mars 1942
    Potin Louis, 7 août 1892 - 30 mars 1942
    Quéré Robert, 29 décembre 1921 - 30 mars 1942
    Stéphan Sébastien, 22 janvier 1912 - 30 mars 1942
    Zallio Angelo, 19 mars 1927 – 30 mars 1942

    Décédèrent à l'hôpital des suites de leurs blessures

    Allaire Clémentine, 9 mars 1902 – 8 avril 1942
    Giquel Henri, 23 octobre 1883 - 31 mars 1942
    Lemaitre Julien, 1er août 1885 – 31 mars 1942
    Pelven Bernard, 19 avril 1937 - 31 mars 1942 (enfant de 5ans!)

  • La villa Ker Louis à Bonne Anse

    L'un de nos lecteurs nous a interrogé au sujet de la villa qui domine la plage de Bonne Anse, située dans l'enceinte du Centre de loisirs et d'hébergement.

     

    Cette maison se nomme Ker Louis, (on trouve parfois le mention villa Saint Louis).

     

     

    Première moitié du 20e siècle :

     

    Avant la Première-guerre-mondiale Ker Louis était une pension de famille. Faute de documentation il est impossible de daté sa construction et d'en préciser le commanditaire.

     

    En 1933 elle fut mise en vente. La municipalité s'y intéressa car elle cherchait un lieu où établir son École de plein air, mais le choix du Conseil se porta sur le château de Heinlex et son parc de 18ha. (Voyez l'article '' http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/14/le-chateau-de-heinlex-quatrieme-partie.html '').

     

    C'est finalement le Syndicat des Métallurgistes qui s'en porta acquéreur en 1936, pour en faire une maison de repos.

     

    En 1940, l'Armée allemande réquisitionna les lieux.

     

     

    Acquisition par la Municipalité :

     

    En 1946 la municipalité chercha dans l'urgence un bâtiment pouvant abriter l’École de pleine air. Fermée depuis l'Occupation, l'école devait laisser le château de Heinlex, où elle était logée depuis 1934, au profit du nouvel hôpital de Saint-Nazaire,

     

    Le Conseil municipal décida, par délibération du 18 mai 1946, de faire l'acquisition de Ker Louis, un bâtiment comportant 18 pièces, avec une parcelle de 8.700m². Le prix en était de 1.200.000 francs, somme exorbitante justifiée par la rareté des bâtiments encore debout à Saint-Nazaire, et par l'inflation. L'Administration de Domaines, donna un avis favorable, et le Préfet délivra un arrêt d'utilité publique le 22 juillet 1946. Il fallut réaliser des travaux, l'hôtel avait été occupé par les Nazis, et la reconversion en école de pleine air engendrait des transformations indispensables. Ce ne fut donc qu'un an plus tard que les enfants purent y être reçus. Ensuite la ^propriété devint une colonie vacances laïque.

     

    2014 :

     

     

    Ker Louis est toujours propriété de la municipalité, on y accédé depuis le chemin de Porcé par une allée boisée. Devant sa façade Nord, très sobre, se trouve un petit jardin d'agrément, avec des jardinières en béton décoré d'une ligne en mosaïques bleu-roi, avec quelque éléments jaune-citron, dans le style épurée cubique  alors en vogue à la veille de la Première-guerre-mondiale. Le bâtiment est en parfait état, conserve encore l'ensemble de son ornementation extérieur : appareillage en briques et pierres blanches, murs cimentés de couleur coquille, balcons et balustrades en bois découpés, et, chose unique à Saint-Nazaire, des persiennes, éléments méditerranéennes, qui permutaient de profiter de l'air marin tout en se protégeant du soleil. La couverture et en tuiles mécaniques. L'ensemble est construit sur un plan carré, en deux pavillons accolés, un carré de trois travées, avec loggia en trois arches côté Sud, face à l'océan, composé d'un rez-de-chaussée sur cave et d'un étage, le toit est à quatre versants à faibles pentes ; l'autre rectangulaire, de deux travées de large, composé d'un rez-de-chaussée sur cave et de deux étages, avec balcon au premier étage de la façade Sud, le toit est à quatre versants à faibles pentes. Devant l'arche centrale de la loggia un escalier de quatre marche conduit à une étroite terrasse de laquelle descente un second escalier de cinq marches, situé dans l'axe du premier. L'intérieur n'offre aucune particularité, les transformations successives n'ont pas laissé trace d'un ornementation notable, de faux plafonds monté dans les années 1980 y donne un sentiment d’écrasement dans les pièces. 

     

     

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    façade sur l'océan en 1957

     

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    1957, vue du parc depuis le perron côté rue ; le haut des murés est décoré de carreaux en verre jaune et bleu

     

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    1957, vue depuis l'entrée du parc, avec au bout la villa

     

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    1957, dortoir au premier étage

     

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    2014

     

  • De La Noë de Kerlédé aux HLM de Kerlédé

     

    Les '' HLM Kerlédé '' occupent l'emplacement de la ferme seigneuriale nommée '' La Noë de Kerlédé ''. L'histoire de cette ferme est liée à celle de la seigneurie et du manoir jusqu'au milieu du 19e siècle, (voir à ce sujet les deux articles sur la seigneurie et le manoir de Kerlédé). A partir de 1844, Adèle-Marie Corbineau, épouse de Nompère de Champagny, vendit les biens qu’elle avait hérités de son père, le baron de Corbineau, à Saint-Nazaire. La ferme de La Noë fut achetée avec le manoir de Kerlédé par Emile Lasson le 2 juillet 1846, en 1869 il la revendit à un notaire natif de Noyers, en Normandie, Pierre-Louis Harel, (1814-1887), établi à Saint-Brieuc. Sa position de notaire lui permit de prendre à l'état civil le nom de Harel de La Noë, c'est sous ce nom qu'il épousa en 1848 Marguerite Jeanne Louise le Verre, (1823-1852), dont il eut Marie Clotilde-Louise, (1848-1915), épouse d'Auguste-Marie-Eugène Guichon de Grandpont, et Louis-Auguste-Marie Harel de La Noë, (1852-1931), illustre ingénieur breton des Ponts et Chaussées, qui fut le dernier à porter le nom. Pierre-Louis Harel avait profité de l’existence d'une famille noble bretonne homonyme alors éteinte pour s'inventer une filiation noble. Ces prétentions trompèrent Pol Poitier de Courcy qui dans son Nobiliaire et armorial de Bretagne, attribua à cette famille les armes des Harel bretons : D'or au lion morné de gueules.

     

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    Cadastre de 1829

     

    La ferme était composée d'un long corps abritant étable, grange et écuries, et d'un bâtiment d'habitation. La disposition est semblable à la métairie du Bois-Joalland

     

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    Une vue de la ferme au début du 20e siècle, alors exploitée par la famille Freulon

    dont deux des fils figurent sur cette carte postale.

     

    La famille Freulon eu la ferme en métayage au début du 20ème sicle, puis après la Guerre d'Espagne, ce fut monsieur et madame Uzzataro, un couple basque qui possédait une trentaine de vaches. Après guerre le propriétaire de la ferme, qui vivait à Paris, vendit à la mairie une partie de ses terres pour y construire des baraquements pour le relogement de la population en attente de relogement. Les enfants des baraques de Kerlédé se souviennent encore qu'ils allaient voir les deux ânes, et qu'il entraient dans le près pour aller au bord de la marre, au risque de se faire encorner par les vaches, et se faire poursuivre par monsieur Uzzataro armé de sa fourche. Beaucoup s'en souviennent comme le champ Pingo, parce que méchamment le métayer  était surnommé " l'Espago "abrégé en " Pingo ". Monsieur et madame Uzzataro fournissaient en lait, beurre et œuf les gens des baraquements, " La Crèmerie du Rocher du Lion ", mais aussi l'épicerie qu'ils possédaient à l'angle des rues du Bois Savary et du 28 février 1943, face au lycée Notre Dame d'Espérance.

     

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    Vue de Kerlédé dans les années 1960 : 1 le camping municipal devenu aujourd'hui parc ; 2 les baraquements ; 3 la ferme.

     

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    Le logis de la ferme de La Noë de Kerlédé avant destruction

     

    Un vaste programme de construction de 716 logements HLM fut entreprise en 1968 à la place des baraquements et de la ferme. Le chantier débuta en décembre 1968, il commença par le tracé des rues avec des voix courtes et non rectilignes afin d'empêcher les conducteurs de conduire trop rapidement. La construction s'acheva en décembre 1971, 324 logements avaient été livrés dès décembre 1970. Les 716 logements furent répartis comme suit :

     

    9 bâtiments linéaires, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 3 étages ;

    10 bâtiments ponctuels, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 4 étages ;

    5 tours, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 10 étages.

     

    logements

    Surfaces habitables

    types

    nombres

    Par types

    totales

    1-bis

    39

    33m²

    1287m²

    2 pièces

    129

    50m²

    6.450m²

    3 pièces

    291

    63m²

    1.8333m²

    4 pièces

    221

    77m²

    1.7017m²

    5 pièces

    36

    93m²

    3.348m²

    Totaux

    716

     

    46.435m²

     

    La construction fut rapide car réalisée avec des panneaux préfabriqués, isothermes, et '' revêtus de matériaux auto-lavable ''. Chaque appartement fut livré avec des volets roulants aux fenêtres, à l’exception de celles des salles-de-bain et des cuisines. Les salles-de-bain des types 1-bis et des deux pièces furent équipées de bacs de douches, celles des autres logements le furent de baignoires. Tous furent équipés pour la réception des deux chaînes de télévisions qui existaient alors...

     

    plan.JPG

    Plan d'un étage de l'une des tours

     

     

    L'ensemble bâti fut doté du chauffage collectif, alimenté par une chaufferie centrale, relayée par 8 sous-stations.

     

    On attribua les logements selon canevas suivant :

     

    En 1970/71

     

    Équivalence de la somme en euros de 2014

    Types de familles

    avec enfants de moins de 10ans

    Type de logement accordé

    Loyer mensuel avec chauffage et charges diverses

    Un couple avec 3 enfants

    4 pièces

    288,62 Fr.

    305,80 €

    Un couple avec 2 enfants

    3 pièces

    252,19 Fr.

    267,20 €

  • Sous l'étang un village ?

    Il est des légendes tenaces et communes à tous les lieux. Là où il y un château, il y a un souterrain qui traverse la campagne sur des kilométrés, là où sont des ruines il y a forcément eu un crime et un trésor est caché, et chaque fois qu'il y a une retenue d'eau, il y a un village englouti...

     

    Forcément notre bon Saint-Nazaire ne pouvait vivre sans l'une de ces légendes, (la ville d'Is n'est-elle pas bretonne ?), l'étang artificiel du Bois Joalland s'y prête. On est régulièrement venu me demander ce qu'il en était. Il revient souvent dans la bouche des Nazairiens l'histoire d'un '' village noyé par les allemands durant l'occupation ''. Avec un peu plus de détails certains vous affirmeront que '' les nazis auraient inondé un village nommé l'Epine Blanche ''. On reste cependant toujours au conditionnel en faisant ces affirmations, car au fond de soi on se demande comment cela peut être possible dans une retenue d'eau aussi peu profonde, parce que on est surpris par de telles mesures alors que les nazis brûlaient ou rasaient à coup de bulldozer les maisons pour faire répression. Inondé un village dans le bocage nazairien cela demanderait une mise en œuvre complexe et coûteuse. Toute légende à cependant son fond de vérité, et il y a bien eu un '' village '' submergé au Bois Joalland. Remettons cependant quelques éléments '' à échelle '' : le terme '' village '' est mal approprié, à Saint-Nazaire, que se soit dans les dénombrements seigneuriaux et dans les rapports des arpenteurs qui firent le cadastre de 1829, on nommait '' village '' le moindre hameau, qu'il y ait vingt maisons ou seulement trois.

     

    Voici le cadastre de 1829 à l'emplacement de l'étang du Bois Joalland :

    cadastre1.jpg

     

    Et maintenant voici la superposition avec une vue aérienne de l'étang, avec la zone inondée :

    carte 3.jpg

     

    On observe donc la présence d'une métairie nommée Les Bélaudais, et d'un village, Quelmer (Kermel), qui était le siège d'une ancienne métairie de la seigneurie du Bois Joalland.

     

    Sur le cadastre de 1829 on distingue donc une dizaine de bâtiments à usage agricole et d'habitation qui constituaient le village de Quelmer. Le plus long sur l'axe nord-sud, à droite, était la ferme médiéval, seul bâtiment partiellement en pierre, les autres  bâtiments étaient en torchis. En 1850 ces bâtiments abritaient 3 ménages, soit 14 personnes.

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

    Les Bélaudais (ou La Bellaudais), qui n'est pas sans rappeler le nom de La Bellotière, (aujourd'hui La Belle-Hautière). La racine en est la même, c'est le patronyme de la famille Belliote fort nombreuse à Saint-Nazaire, et qui laissa son nom à plusieurs lieux-dits où elle vivait et possédait des fermes.

    Une vue plus détaillée du secteur, et remontée d'après les feuilles des sections R2, E1, et D2, (la zone se trouve dans une zone de coupe entre ces sections), du cadastre de 1829, nous montre la présence de trois bâtiments et d'une croix à un carrefour :

    belaudais.jpg

     

    La métairie des Bélaudais existait encore quand les troupes américaines arrivèrent à Saint-Nazaire le 26 juin 1917, mais que cela n'était tout au plus qu'une ferme partiellement en torchis et à toit de chaume.

     

    Les Américains établirent leur Camps N°1 dans notre ville. Ils investirent des baraquements construits par des prisonniers allemands qui avaient été expédiés par Paris dans le but de remplacer les ouvriers bretons envoyés sur le front. Les Américains furent confrontés au problème redondant de l’alimentation en eau de Saint-Nazaire. L’afflux de soldats provoqua rapidement une pénurie. Le commandement décida la création d'un réservoir de 2.000.000m², sous la forme d'un lac artificiel, en inondant le vallon situer au cœur de l'ancienne seigneurie du Bois-Joalland. Ils chargèrent les soldats noirs et les prisonniers allemands de couper les arbres, de détruire les quelques maisons qui étaient présentes dans la zone à inonder, de construire une digue de barrage, et une route permettant de contourner l'étang. Cette route passa à l'emplacement du manoir du Bois-Joalland, et juste devant les maison d'un hameau nommé La Cavarderie, qui se situait entre la route du château de Beauregard et la rue Charles Garnier, comme on peut le voir sur la superposition suivante :

    la cavar.jpg

     C'est ainsi que disparurent la ferme des Bélaudais, le village de Quelmer, et la ferme médiévale  dont le ruines étaient encore visibles durant l'hiver 1933-34 suite à un été de sécheresse qui avait presque vidé l'étang, que fut aussi détruit le manoir du Bois-Joalland, (dont il reste la ferme), et que furent constitués les étangs du Bois-Jolland, de Guindreff, et de La Belle-Hautière. L'ensemble de ses retenues d'eau furent achetées par la commune sur cote du Conseil municipal du 18 mars 1920, au moment du départ des troupes américaines.

     

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

     

    Les ruines de la ferme médiéval de Quelmer durant l'hiver 1933-34, suite à la sécheresse qui vida l'étang, photographie parue dans Le courrier de Saint-Nazaire du 28 janvier 1934.

     

    Mais L’Épine Blanche ? On la retrouve dans le second tome de l'histoire de Saint-Nazaire de Fernand Guériff, publié en 1963, il mentionne sa destruction par les américains, ainsi que celui d'un autre village qu'il nomme '' Pengat ''. Henri Moret, pourtant pas avare en détails, et qui était présent sur les lieux à l'époque de la construction, ne mentionne aucun hameau à cette endroit. En fait il y a deux choses qui se superposent dans la mémoire des personnes interrogées entre 1957 et 1963 par Guériff : la mémoire de la création de l'étang, et celle de la destruction du village de L’Immaculée durant la Seconde guerre mondiale. L'Epine Blanche est le nom du coteau qui se trouve au sommet de la rue du château de Beauregard. Deux hypothèses sur l'origine du nom : la plus vraisemblable : la présence d'un important massif d'épines blanches. La seconde serait que le nom vient d'un cépage nommé en Ile-de-France épinette blanche, qui est en fait le pineau blanc, et remonte au temps où Saint-Nazaire était un pays de vignobles. Il semble en effet qu'il y avait à cet endroit des vignes, mais le cépage à Saint-Nazaire était le " Congor ", (pineau d'Aunis). [Modification du texte en date du 28 décembre 2016] Jusqu'à un courriel de monsieur P.L. en date du 27 novembre 2016, nous pension qu'il y avait confusion entre le nom du coteau et celui oublié du village de La Cavarderie, qui perdit son patronymique au profit de celui de L'Immaculée qui est en réalité celui de l'église et de la paroisse fondées sous le Second-Empire. Mais monsieur P.L. nous a fourni les preuves de l’existence d'un lieudit " L'Epine Blanche, à l’intersection de la route de Nantes au Croisic et de la route reliant la Villez-Thomas à Beauregard. " Ce lieu-dit, composé d’au moins deux maisons, était au nord du village de Quelmer, sur la section des Carrois. Son existence trop courte, située entre 1850 et 1918, fait qu'il n'a jamais été cartographié, et n'est mentionné que dans le décret d’expropriation définitif de novembre 1921.

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

    Cadastre de 1829, le X marque l'emplacement du hameau de L'Epine Blanche.

    [fin de la modification du texte en date du 28 décembre 2017]

    Et '' Pengat '' ? Hélas, si Guériff avait su, il ne l'aurait pas mentionné ! Ce '' Pengat '' qu'on pourrait croire breton, est la déformation de '' penga '' sans '' T '' finale, mot d'origine espagnole, qui en argot des soldats américains de la Première-guerre-mondiale désigne le sexe de l'homme, et par extension un lieu écarté où les hommes peuvent avoir entre eux un rapport sexuel, et à nouveau par extension où ils pouvaient avoir un rapport sexuel avec une femme... La création de l'étang et la présence d'un grand nombre de soldats alors que la majorité des hommes étaient au front avait aiguisé les appétits, (il y eut entre juin 1917 et octobre 1920, 174 mariages entre Nazairiennes et soldats américains). Il y avait autour de l'étang des bosquets, des prairies, des champs que plus personne ne cultivait faute de bras. Aussi, la zone était devenue un lieu de badinage, et de sexe à la hussarde. L'expression '' penga '' ayant une consonance bretonne, le mot fit long feu, sans que les Nazairiens n'en comprissent le sens. Les soldats stationnés à Saint-Nazaire, préféraient ainsi faire des rencontres sexuelles sur les rives de l'étang que de se rendre dans l'une des maisons closes du camp ou de la ville. Le souci fut qu'il y eut des débordements. Le secteur de l'étang était devenu un lieu de balade pour les curieux, plusieurs familles furent offusquées de ce qu'elles virent. Plus grave, la route reliant Saint-Nazaire à l'Immaculée, avait été détournée pour contourner l'étang, en logeant directement ses rives, et quelques jeunes femmes et jeunes hommes se trouvèrent harcelés par des soldats dont ils ne partageaient pas la langue. Les soldats demandaient '' Hey, wanna grab hold of my penga ? '', ('' Salut, tu veux t'occuper de ma b... ? ''), et les pauvres nazairiens pensaient qu'il leur demandaient où étaient le lieu que les américains nommaient Pengat. Plusieurs se risquèrent à faire les guides, et cela tourna mal. Au-delà du soucis de langue, les intentions n'étaient pas toujours compréhensibles pour des jeunes-gens de 1917-1920 ignorants tout des choses de la chaire. Il y eut des agressions, des attouchements, des viols. Le haut-commandement étouffa les affaires, la presse locale finie par s'en faire l'écho au début de l'année 1920, à la suite d'une bagarre dans le bourg de l'Immaculée entre soldats alcoolisés et gens du voisinage. Les troupes américaines partirent en octobre 1920 et le calme revint.

     

     

     

  • Maisons et métairies nobles de Saint-Nazaire

     

    Nous avons déjà parlé de plusieurs fiefs, maisons et métairies nobles de Saint-Nazaire. L'histoire de certaines nous sont connues en détails, d'autres n'ont laissé que des mentions dans les actes notariés et paroissiaux. Voici quelques informations que nous avons pu glaner.



    La maison noble d'Armenjo :



    Hémery, famille noble: D'argent à trois chouettes de sable, becquées et membrées de gueules, accompagnée d'un annelet du même en abîme.

     

    I° Jan Hémery, seigneur de la maison noble d'Armanjo, (vivant en 1618), époux de Françoise Diron, dame d'Armanjo, d'où :

    1°Pétronille, baptisée le 26 mai 1599 ;

    2° Jacques, qui suit.

     

    II° Jacques Hémery, époux de Jacquotte de Boisbrassu, seigneur et dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

     

    1° Marguerite née entre le 14 et le 25 juillet 1638.

     

     

    Matz (du), Famille noble d'extraction chevaleresque maintenu à l'intendance en 1700 qui posséda les maisons nobles d'Armanjo, de Guindreff, et de Kerlédé (voyez ces articles) : D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur.

     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, seigneur de La Drouillay, et de la maison noble d'Armanjo pour laquelle il servit l'aveu en 1709, époux de Perrine Paquet. Il la vendit à Jacques Hégo.

     

    Hégo, famille de laboureurs

     

    I° Jacques Hégo, mort avant 1747, seigneur de la maison noble d'Armanjot, père de :

    II° Elisabeth Hégo, dame de la maison noble d'Armanjot en 1747, décédée en 1748, épouse de Pierre Bonneau, capitaine de navires.

     

    En 1850 le domaine d'Armanjot était propriété de la famille Morel.



     

    Maison noble d'Avalix

     

     

    Chotard, famille de la bourgeoisie de la paroisse de Donges : D'or à la croix ancrée de sable.



    I° Pierre Chotard rendit aveu à Gabriel de Goulaine au nom des enfants mineur du sieur d'Avalix en 1638.

     

    La maison noble d'Avalix disparaît ensuite.

     

    maison noble du Lin (ou Lain)

     

     

    I° Jean Le Baud, sieur du Lain, époux d'Anne de la Chenaye, aveux du 2 février 1647.

     

    Située au niveaux de la rue de L'Ile du Lin, le domaine était propriété de la famille de Kermasson en 1850, il comportait alors un manoir.

     

     

    Les métairies de :



    La Ville-ès-Molle, terre franche constituée en faveur de 1484 en faveur de Pierre Mole. Par la suite le domaine devient hameau.

     

     

    métairie de Grandpré



    I° Charles Bernard, (1650-1700), sieur de Grandpré, notaire royale à Saint-Nazaire, époux de Madeleine Belliotte, (1645-1735), d'où :

    II° Renée Bernard, (Saint-Nazaire 1684 - Saint-Nazaire 1735), sieur de Grandpré,, mariée le 23 janvier 1720 à Saint-Nazaire avec Ambroise Lorieux, sieur de La Mainguisserye, seigneur de Tréballe, (voyez le chapitre sur cette seigneurie)



    Fief d'Issignac, aujourd'hui Dissignac.



    I° David Belliote, décédé à Montoir-de-Bretagne le 13 décembre 1680, inhumé dans le cœur de l'église ; greffier de la vicomté de Donges.

     

     

    Fief de La Ville-Halluard, dit aussi de La Vieille-Ville.

     

    I° ?? Hemery, écuyer, sieur de La Vieille-Ville, époux de Claude Tavat, d'où :

     

    1° Françoise, baptisée le 9 juillet 1609 à Saint-Nazaire.



  • La Belle-Hautière

    La Bellotière, ou Blotière, orthographié depuis 1829  '' La Belle-Hautière '', était un village tenu en fief noble qui appartenait Jégo, famille guérandaise qui fut anoblie en 1460, mais qui est tombée en roture après la réformation de 1513.



    Jégo de La Fleuriays : D'argent à trois chevrons de gueules besantés d'or.

     

     

    I° François Jégo de La Fleuriays, sieur de La Bellotière, inhumé en la chapelle du Rosaire de l'église de Saint-Nazaire le 15 octobre 1704 ; avocat au parlement, sénéchal seul juge de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marcein, par achat de la charge de Jean Coquard en 1672, puis de celle de Guillaumes des ailleurs en 1686, et greffe de la baronnie de Marcein par achat en 1690, époux de Jeanne Bertho, d'où :

    1° Jan-François, (Saint-Nazaire le 15 octobre 1671 - baptisé à Guérande le 22 octobre 1671 – 13 décembre 1674 Saint-Nazaire) ;

    2° Perrinne, baptisée à Saint-Nazaire le 16 février 1676, mariée à Saint-Nazaire le 5 septembre 1701 avec Jacques Thomas, sieur de Trémondu ;

    3° Francois, (Saint-Nazaire le 18 septembre 1677 – 15 octobre 1707 Saint-Nazaire) ;

    4° une fille, baptisée à Saint-Nzaire le 18 décembre 1679 :

    5° Jan, né à Saint-Nazaire le 25 janvier 1682

    6° René, (Saint-Nazaire 3 septembre 1684 - 16 décembre 1684) ;

    7° René, qui suit ;

    7° André, (Saint-Nazaire 28 octobre 1686 – 14 octobre 1705 Saint-Nazaire) ;

    8° Pierre, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 septembre 1691

    9° Janne, (Saint-Nazaire 2 décembre 1695 – 12 mai 1743 Saint-Nazaire), mariée à Saint-nazaire, après dispense du 3e degré de parenté, le 3 novembre 1710 avec Joseph Belliotte, né le 28 février 1714, sieur de La Ville-Allain,puis seigneur de Heinlex-Pommeraye, conseiller du Roi, commissaire vérificateur des fourrages au département de Guérande, avocat à la Cour, procureur du Roi à Guérande en 1742, procureur fiscale puis sénéchal de la vicomté de Donges.



    II° René Jégo, sieur de La Bellotière, époux de Jeanne Jégo, d'où :

    1° Jeanne, (Saint-Nazaire le 30 avril 1713 – 2 décembre 1713 Saint-Nazaire) ;



     

     

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    Cadastre de 1829

  • Frais de voyage du prince Jérôme Bonaparte, de Saint-Nazaire à Nantes.

     Le 7 août 1852 le prince Jérôme Bonaparte, (1784-1860), prince de Montfort, ex-roi de Westphalie, plus jeune-frère de Napoléon Ier, et oncle de Napoléon III, débarqua à Saint-Nazaire. La visite d'un si haut personnage du régime alors en place engendra des dépenses que le préfet de la Loire-Inférieure eut quelque mal à se faire rembourser :

     

     

     

    Lettre de M. de Mentque, préfet de la Loire-Inférieure, au ministère de l'intérieur.

     

     

    Nantes, août 1852.

     

    MONSIEUR LE MINISTRE,

     

    A la date du 6 août, j'ai reçu de Votre Excellence une dépêche télégraphique ainsi conçue :

     

    '' Le Prince Jérôme arrive, selon toute probabilité, demain samedi, 7 courant, à Saint-Nazaire. Veuillez prendre immédiatement les dispositions nécessaires pour assurer convenablement le transport de Son Altesse et de sa suite de Saint-Nazaire à Nantes. Mon département se chargera des frais. ''

     

    Par une autre dépêche, Votre Excellence me recommandait de recevoir S.A. le Prince Jérôme avec tout l'éclat dû à son rang.

    Je pris mes dispositions ; un bateau à vapeur fut frété à prix débattu. Je fis marché avec un restaurateur pour que le Prince et sa suite trouvassent à bord un dîner convenable.

    Désirant que la présence du Prince fût environnée d'un certain éclat, comme vous l'aviez ordonné, j'ai fait un arrangement avec un chef d'orchestre pour que vingt musiciens fussent placés sur le bateau; enfin, j'ai fait élever des arcs de triomphe sur plusieurs points.

    Le total de ces dépenses, faites uniquement pour le voyage du Prince, de Saint-Nazaire à Nantes, s'est élevé à la somme de 1,828 francs, que j'ai soldée aux différents fournisseurs.

     

    J'ose espérer, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien m'en faire tenir le montant.

     

    Ci-joint les quittances, sauf celles relatives aux arcs de triomphe, qui se répartissent sur un trop grand nombre d'individus.

     

    Je suis avec un profond respect, Monsieur le Ministre, de Votre Excellence le très-humble et très-obéissant serviteur.

     

    Le Préfet de la Loire-Inférieure,

    E. DE MENTQUE.

     

     

    P. S. Votre Excellence voudra bien remarquer qu'il ne s'agit ici que des dépenses du voyage du Prince, de Saint-Nazaire à Nantes, selon les prescriptions de la dépêche télégraphique. Quant à la réception qui a eu lieu à la préfecture, il ne peut question ici ; c'est un grand honneur, dont je resterai toujours profondément reconnaissant.

     

     

     

     

    État des dépenses du voyage de S. A. le Prince Jérôme, de Saint-Nazaire à Nantes.

    (En exécution de la dépêche télégraphique du Ministre de l'intérieur, du 6 août 1832.).

    Location d'un bateau à vapeur

    500 fr

    Ornementation de ce bateau par le tapissier .

    125 fr.

    Orchestre sur le bateau

    0,58 fr.

    Au maître de poste de Guérande, pour chevaux conservés pour le Prince

    51 fr.

    Au sous-préfet de Paimboeuf, chargé d'une mission pour le Prince, déboursés en frais de poste

    87 fr.

    Plusieurs arcs de triomphe élevés sur les deux rives du fleuve.

    555 fr.

    Repas de vingt personnes, à bord du bateau à vapeur, pour le Prince et sa suite

    550 fr.

    Total

    1.828 fr.

     

     

    jeromexo5.jpg

    Le prince Jérôme vers 1860

  • Saint-Nazaire en 1864

    Article du Journal illustré de la semaine du 29 mai au 5 juin 1864

     

    026.jpg

    027.jpg

     

  • Le prieuré

    Saint-Nazaire avait un prieuré dédié à Saint-Jean-Baptite, il s'élevait à l'emplacement du Ruban bleu. 
     
    1079, fondation du prieuré de Saint-Nazaire 

    Saint-Nazaire était l'une des vingt-cinq paroisses de la vicomté de Donges. Au temps des premiers de la féodalité, une vicomté était une circonscription juridique, soumise à l'autorité d'un vicomte, qui était subordonné au comte de Nantes, lui-même subordonné au duc de Bretagne. Les vicomtes étaient à l'origine nommés pour une période, puis leurs fonctions devinrent héréditaires, et la propriété des domaines attachés à leur fonction devinrent leur pleine propriété. Au milieu du 11e siècle, la vicomté de Donges appartient à Rotald, celui-ci eut pour fils Friold, qui fonda à Donges un prieuré qu'il donna à l'Abbaye de Marmoutier, et en 1079, conjointement avec ses fils, Roald et Gaufrid, un prieuré à Saint-Nazaire, doté d'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, qu'il donna à l'abbaye Saint-Aubin d'Angerset à son abbé Girard. Friold ajouta au prieuré des vignes situées à Porcé2, des terres en labour, avec une partie des dîmes de la paroisse, et un four qu'il avait dans le bourg. C'est donc une ferme qu'il offre aux moines de Saint-Aubin d'Angers, avec espoir qu'ils y installent une communauté régulière de quelques moines. En même temps, il institua une foire pour la fête de saint Jean-Baptiste.

     

    1157, mise en bail-viager du prieuré à un laïc

    Le prieuré il fut mis en location à des laïcs, situation commune à nombre de prieurés. Ces lieux de résidence monastique fondés par des donateurs se multiplièrent durant une période qui va du 11e au 13e siècle. Les fermes offertes aux abbayes étaient plus nombreuses que ce que les vocations monastiques pouvaient offrir en hommes, et la vocation de prière et d'étude n'allait pas de paire avec l'éclatement des communautés en groupe de moins de dix personnes. Il était donc nécessaire pour les communautés monastiques de garder au sein des abbayes leurs religieux et novices, et de louer les fermes à des paysans qui en assuraient l'entretien et la mise en valeur, et le cas échéant, pourvoyaient à la vie d'un ou deux moines que les évêques y obligeaient à résidence. Ainsi le prieuré Saint-Jean-Baptiste de Saint-Nazaire fut mis en bail-viager au moins dès le 12e siècle3 :

    '' Sachent les présents et les successeurs des présents que Jean, fils de Guillaume Chornout, venant dans le chapitre de Saint-Aubin , a donné à ladite abbaye sa personne et ses biens déjà acquis ou à acquérir. Or, moi, Guillaume, par la grâce de Dieu, élu abbé dudit monastère, et tout le couvent des religieux, nous avons concédé audit Jean notre prieuré de Saint-Nazaire, avec tout ce qui lui appartient, pour le posséder sa vie durant, à condition qu'il y entretiendra honnêtement avec lui un de nos moines, lui donnant tout ce qui lui sera nécessaire en vivres et vêtements. En outre, il rendra annuellement, le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, à notre cellerier à Angers, mille sèches, grandes et bonnes , et 10 sous à la fête de Saint-Clair, 12 deniers à l'armoirier4 et 1 denier au porteur de bref5. Si nos frères vont lui demander l'hospitalité, il les recevra avec honneur et respect. Il ne faut pas passer sous silence qu'il acquittera toutes les dettes du prieuré, et, selon son pouvoir, en conservera les revenus et les possessions en bon état, il faut savoir aussi que, si l'évêque de Nantes veut nous astreindre à tenir deux moines dans le prieuré, ledit Jean fera renoncer le seigneur évêque à cette prétention ou entretiendra avec lui deux moines.  Quant à nous, nous serons témoins et défenseurs de cette convention, dans le cas où il éprouverait quelque dommage ou serait appelé en justice de la part de l'un de nos moines ; et, de son côté, le susdit Jean a prêté serment, la main levée sur le texte de l'Évangile , qu'il exécuterait fidèlement tout ce qui est écrit ci-dessus.  De cette chose sont témoins: d'abord le seigneur Guillaume, abbé de Saint-Aubin; Guérin , prieur-claustral ; Lembard ; Jean, chantre; Geoffroi de Virgal ; Geoffroi, cellerier ; Guillaume, censier ; Geoffroi Cormerel, Pierre Encombre-Rue, Geoffroi d'Alencé, moines ; Daniel et Guillaume, chanoines de Guérande, Guillaume Comout et plusieurs autres clercs. ''



    1178, conflit entre le prieur et le chapelain

    En 1178, il y eut une contestation entre Mathieu, chapelain qui desservait l'église de Saint-Nazaire et Fromont le prieur de Saint-Jean-Baptiste. Ce dernier voulait participer aux oblations de l'église, et le chapelain n'était pas disposé à le satisfaire. Robert II, évêque de Nantes, informé de ces contestations, les termina par un jugement qui portait que la communauté du prieuré ne pouvait avoir aucune prétention sur les revenus de l'église, comme le chapelain n'en avait aucunes sur ceux du prieuré6. Cependant le Prieur de Saint Aubin, de l'ordre bénédictin, '' présentait '', c'est-à-dire choisissait les prieurs de Saint Nazaire, du Corset, de Sainte Opportune à Saint-Père-en-Retz, et d'Oudon, mais aussi les curés de Couffé, de Saint Nazaire, du Corset, de Sainte Opportune, et d'Oudon, au diocèse de Nantes, qui étaient ensuite validés par Rome, ce qui explique pourquoi les religieux de ces paroisses et prieuré furent nombreux à être angevins, et cela jusqu'à la Révolution.

     

    De 1599 à 1793

    L'histoire du prieuré se perd un peu, les noms de prieurs ne nous sont pas parvenus, on sait cependant qu'en 1599 il se nommait Armelle Nicollas, et qu'en 1641 il se nommait Urbain de Fontenay. Attendu que le prieur nommé à sa tête n'y venait jamais, il s'y faisait représenté par un moine qui y vivait plus ou moins en permanence, pour les redevances seigneuriales. Le prieuré rapportait 2000 livres de revenu net, auquel s'ajoutait une dîme au trentième sur l'ensemble de la paroisse de Saint Nazaire. En dehors des revenus et privilège lié au prieuré, il y avait des devoirs envers le vicomte de Saint Nazaire, la déclaration de Saint-Nazaire de 1673 nous apprend que le prieur devait au vicomte '' a la feste de Noël, entre les messes de minuict et du point du jour, deux pains de froment d'un sol pièce et deux justes aultrement pintes de vin, le tout rendu audit Saint-Nazaire, au lieu appelé le Plaisir, soubs peine de 60 sols monnoie d'amende ''.

     

    En 1696 les armoiries du prieuré furent enregistrées à l'Armorial Général : d'or à la croix alésée de sable, soutenue d'une macle du même, et cantonnée en chef de deux autres macles de sable.

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    A partir de 1719 il n'y eut plus de moine au Prieuré, et la chapelle fut désaffectée, les bâtiments en dehors de la grange, furent très peu entretenus par René Galliot, sieur de Cran, (Saint-Nazaire 1693 – Saint-Nazaire 8 février 1772), qui obtint le bail d'exploitation de l'ensemble du domaine, et qui fut par la suite sénéchal de la vicomté, (voir article : http://saint-nazaire.hautetfort.com/famille-galliot-de-cran/ )

     

     

    Etienne Chaillon (Montoire (village du Pin) 8 février ou avril 1736 – Montoire 25 mars 1796), avocat au Parlement, dit l'avocat de la Brière, notaire de la juridiction de Montoir, procureur fiscal de Heinleix, signa avec Hardoin et Dufrexou, commissaires généraux de la Paroisse de Saint-Nazaire, une adresse au Roi en 1785 afin d'obtenir que les bâtiments du Prieuré qui était inhabité depuis un siècle soient transformés en hôpital pour les marins. Le prieur en était alors le père Richard, directeur du séminaire Saint-Sulplice à Paris, ne semble pas avoir fait d'effort pour reconvertir les bâtiments, le 14 février 1790 l'inventaire du contenu de la chapelle fut fait en son nom. 

    La Révolution changea la donne, les biens de l'Église furent nationalisés, La veuve de Louis-François-René Girard de La Cantrie, (avocat au parlement décédé en 1789 à Nantes), née Julie-Victoire-Rose Bonamy, (Nantes 6 septembre 1755 - Saint-Nazaire 24 juin 1819), acheta le domaine dont il avait repris le bail à la suite de son père. Ce domaine de 7 ou 8 ha comprenait les bâtiments du prieuré, ensemble composé d'une chapelle rapidement rasée, d'une grange, d'un logis, et ce qui devait être un pigeonnier, transformé par la suite en moulin, et que l'on nommait au 20e siècle la Tour du Prieuré, une construction fortement retouchée prise dans un îlot urbain, qui avait résisté aux bombardements, mais que l'on flanqua parterre au moment de la reconstruction. Les reste des bâtiments, divisés en plusieurs habitations, appartenaient, toujours en 1857, à la famille Girard de La Cantrie, Il y avait alors 20 habitants répartis en quatre ménages.

     

     

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    Cadastre de 1829, le point rouge correspond au pigeonnier/tour

     

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    Le Prieuré sur la vue panoramique du Port en 1858

     

    L’extension de la ville entraîna la disparition des bâtiments du Prieuré vers 1880, sur subsista au milieu d’un îlot urbain la tour-ancien-pigeonnier, restaurée et transformée en habitation, nous est connue par deux photographies l'une prise en 1936, où elle s’aperçoit par dessus les toits depuis la rue, et une autre prise à la suite des bombardement Alliés, par Alex Bernard, le directeur du journal  Le Courrier de Saint-Nazaire, et publié dans celui-ci le 20 août 1943.

     

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    La tour en 1936

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    La '' tour du prieuré '' en  août 1943, photo d'Axe Bernard.

     

    1 Copie partielle, B.N.F., latin 17126, fol. 161 ; Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 170 ; Dom Morice, Preuve de l'histoire de Bretagne, I, 453 ; comte Bertrand de Broussillon, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, T. 2 p. 394 ; cf. l'Abbé Guillotin de Corson, Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne, p. 111.

    2 Ces vignes, nommées vignes du Chapitre, se situaient sur la parcelle sise entre la rue de La Vecquerie et le chemin de Porcé, à l'emplacement de l'école Ferdinand Buisson.

    3 Abbaye de Saint- Aubin, rentes et redevances sur les prieurés, A.D.49 : H110, vol. V, fol. 31. ; traduction de monsieur de Marchgay pour la Société archéologique de Nantes et de Loire-Inférieure, tome IX, 1869.
    4 C'est en fait l'archiviste.
    5 Moine qui portait la liste des morts de l'abbaye aux églises avec lesquelles la communauté avait établi une association de prières. 

    6 Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, II, 348 ; Dom Morice, Preuve de l'histoire de Bretagne, I, 671 ; comte Bertrand de Broussillon, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, T. 2 p. 395 ; BNF, 5027, fol. 402.

     

  • Le monument de 1870

    A la croisée des rues (Georges de) Villebois Mareuil, de Santander et du boulevard du président Wilson, se trouve une statue dont peu de Nazairiens savent à quoi elle correspond.

    En 1909 on s’aperçut que la ville de Saint-Nazaire était l'une des rares municipalités d'importance ne disposant pas d'un monument à la mémoire des soldats morts durant les combats de la guerre de 1870. Ce n'était pas rare attendu que cette guerre avait été perdue par la France, que l'on préféra ne pas en parler durant plusieurs décennies. Saint-Nazaire étant une ville bretonne qui brassait une population venant de toutes les provinces de Bretagne, le souvenir du camp Conlie et comment Gambetta traita les Bretons, faisaient que toute allusion était mal venue. Cependant en 1909 la politique française était de rendre hommage aux morts de 1870 et d’aller dans le sens des revendications populaires et nationalistes au sujet de l'Alsace et du nord de la Lorraine. Un comité d’érection, composé de monsieur Renaud, président des vétérans, du commandant Gaté, du capitaine des pompiers Sorel, et du commissaire central Parisot de Sainte-Marie, fit son choix parmi les statues mises à disposition par l’Etat au fond des Beaux-Arts. Ils choisirent un bronze fort beau du sculpteur René-Philéas Carillon[1], fondu par Joseph Malesset, une œuvre énergique et d’une grande maîtrise. Le Gouvernement confia la sculpture choisie à la Municipalité, sur acceptation du maire, Louis Brichaux, le 28 juillet 1909. Ce fut sur l’instant perçu par plusieurs comme une insulte aux Bretons, car elle figure un soldat de l'An II, l'un de ces soldats de la République qui massacra la résistance bretonne et royaliste. Qu'importe pour la municipalité, elle n'avait d'ailleurs pas les moyens de refuser, cela les aurait tous fait qualifier d'antifrançais, de non-patriotes, d’antirépublicain. Qu'importe aussi si la sculpture avait été refusée par toutes les villes à qui elle avait été proposée et que le plâtre original attendait depuis dix-sept ans dans les réserves qu’on veuille en fait un tirage. Saint-Nazaire aurait son monument à la mémoire des soldats morts en 1870.

    Il fallut trouver un emplacement. L'entrepreneur lyonnais, Aimé Duquaire, qui possédait et lotissait le front de mer de l'ancien domaine du manoir du Sable, offrit une parcelle face à l'océan et à sa résidence personnelle[2]. Très beau cadeau quand on sait qu'il y avait la place pour construire deux maisons. La donation fut finalisée le 27 mai 1910, et le nom du donateur devint celui du square nouvellement constitué, à ceux-ci prêt qu’aucun arrêt municipale ne le nomma ainsi officiellement. On ménagea les susceptibilités de tous en ne donnant aucun nom officiel.

    Le 10 juillet, le sous-secrétaire d’État à la Guerre, Albert Sarault, vint en grande pompe inaugurer le nouveau monument. Le 64e sorti de sa caserne en grands uniformes. On avait convoqué toutes les sociétés de gymnastique pour compléter et animer le défilé, trois-cents enfants des écoles avaient été rassemblés et entonnèrent le Chant des vétérans, suivit de la Marseillaise, quand, à 11h15, le sous-secrétaire tira le voile qui couvrait le monument. Personne ne remarqua que celui-ci ne comportait pas les noms des Nazairiens morts durant ces combats. La liste aurait été bien courte, sinon inexistante, malgré le recrutement et la formation des bataillons supervisés à l’époque par le général Edmond-Frédéric Rose1[3]. Les Nazairiens enrôlés connurent le sort de l’Armée de Bretagne.

    La cérémonie fut suivie d'un banquet de quatre-cents couverts au Casino des Mille-Colonnes.

    Au milieu de sin jardinet entouré d'une grille, le monument fut rapidement ignoré. La majorité des cartes postales éditées après son érection ne mentionnent que le square, sans commenter sa présence. Henri Moret lui-même ne le mentionne pas dans son Histoire de Saint-Nazaire. On l'ignora encore quand il fut réalisé le monument aux morts de la Première-guerre-mondiale. Pour les Nazairiens, la statue était juste une statue que certains prenaient pour Surcouf ou un autre corsaire ! Durant l'occupation allemande, les Nazis voulurent la déboulonner pour l'envoyer à la fonte, on les en empêcha en leur racontant que c'était la statue du comte de Villebois Mareuil, nantais qui avait participé à la guerre de 1870, mais aussi combattu les Anglais durant la seconde guerre des Boers, acte que les Allemands approuvaient. Ce mensonge sauva la statue. En 2010 la municipalité a fait remettre en état le square et déplacé la statue de quelques mètres, elle l'a aussi orienté en direction de l'océan, alors que jusque-là elle l’était en direction du port.

     

    [1] On sait peu de chose au sujet de René Philéas Carillon. Il était le fils du sculpteur Hector Philéas Carillon, son atelier était à Montmartre, était spécialisé dans les sujets militaire, et il reçut une mention honorable au salon de 1902.

    [2] La maison au fond derrière le monument était la résidence d'Aimé Duquaire, elle a été détruite à la fin des années 1960 pour faire place à l'immeuble « Palazzo San Marée ».  

     

    [3] Sa correspondance privée nous apprend qu’il y était d'ailleurs resté coincé par une sciatique durant le mois de septembre 1870.

     

     

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    La maison au fond derrière le monument était la résidence d'Aimé Duquaire, elle a été détruite à la fin des années 1960 pour faire place à l'immeuble « Palazzo San Marée ».  

     

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    Le monument à la Libération, (coll. L.O.M.)

     

     

  • Odette du Puigaudeau

     

    On a reparlé cet été de la nazairienne Odette du Puiguaudeau dont le nom avait été proposé pour être celui du nouveau collège, finalement baptisé Anita Conti '' première femme océanographe française '', mais qui n'a pas de lien avec l'histoire locale. Nous laisserons les lecteurs débattre entre eux le pour et le contre de l'évincement du nom d'Odette du Puiguaudeau pour nous concentrer sur la personne.

     

     

    Nous rappellerons qu'Odette-Yvanne-Marie-Gabrielle Loyen du Puigaudeau est née le 20 juillet 1894 à Saint-Nazaire, dans la maison de son grand-père paternel rue du Traict, qu'elle décéda le 19 juillet 1991 à Rabat au Maroc, et invitons le lecteur à consulter un article précédent pour en savoir plus sur sa famille ( http://saint-nazaire.hautetfort.com/famille-loyen-de-puigaudeau/ ), et à lire la biographie que lui consacra Monique Vérité aux éditions Payot en 2001. Sa carrière ethnographique, son amour profond pour la Bretagne et la culture berbère, ses quelques fourvoiements durant l'année 1940 avec la frange extrémiste/pétainiste/collaborationniste de l'Action Française sous l'influence du cousin germain de son père, l'écrivain collaborateur Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant, (faisant oublier qu'elle comprit cependant très vite les réalités  de l'époque et se détourna des pétainistes en ayant des actions  au sein de la Résistance), ou encore de son histoire d'amour avec l'artiste peintre Marion Sénones avec qui elle vécut quarante-cinq années, (amour saphique qui après-guerre la fit considérer comme une paria),  font oublier ses années de jeunesse à Saint-Nazaire et au Croisic, et qu'elle commença sa vie professionnelle depuis le manoir de Kervaudu en se consacrant à sa première passion, la mode, et notamment le crochet. Quoiqu'issue d'une famille de la bourgeoisie d'Ancien régime, petite fille de l'architecte nazairien Henri-Auguste van den Brouke qui réalisa les plus belles villas de Pornichet, elle eut une enfance pauvre et humiliante en raison du caractère de son père, le peintre Ferdinand du Puigaudeau, qui ne gagna jamais convenablement sa vie et l'attendit vainement l'héritage d'une tante angevine avec qui il se fâcha et qui le raya de son testament, et en raison de la discorde qui finit en procès à la faveur de sa grand-mère paternelle et de son oncle maternelle, au moment du partage de la succession du grand-père architecte entre 1898 et 1900. Odette fut donc obligée très tôt à gagner sa vie, en 1912, l'âgée de 18ans, elle eut la chance de pouvoir être publiée par les Editions Cartier-Bresson pour ses travaux de crochets, dans une série de publications qui eurent un grand succès et connurent plusieurs rééditions, sous le nom de " mademoiselle du Puygaudeau ''. Nous publions ici les photographies de quelques exemplaires et quelques pages de leur contenu. Ce publications lui ont permis de trouver ensuite de travailler pour des maisons de couture parisiennes, devenant styliste chez Jeanne Lanvin.

     

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    (Merci à Catherine Le C. de nous avoir confier ces ouvrages)

     

     

     

  • Saint-Marc, avril 1941...

    Photographie prise par un soldat allemand, il est écrit au dos :

    " Sie läßt sich nicht gern fotografieren - April 1941 "

    (Elle n'aime pas être prise en photo - Avril 1941)

     

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    (6x9) Coll. L.O. M.

    Derrière, les bâtiments de Saint-Eugène...

  • La Providence à Saint-Marc

    Il nous a été demandé où se trouve la '' plage de la Providence '' à Saint-Marc ? La plage de la providence est en fait le nom que portait au début du 20e siècle la plage Saint-Eugène. Le nom de " Providence " vient du fait que les fillettes du sanatorium de la Providence, un établissement religieux de petite taille dirigé par les Filles de la Sagesse de Nantes, qui se trouvait au 14 de la rue Adrien Pichon, à l'emplacement de la résidence " Alizé ", à côté de l'église Saint-Marc. On y soignait uniquement des filles qui souffraient du manque de soleil et de petits maux de poitrine. Il est à souligné que c'est parce que cet établissement existait à Saint Marc jusqu'à la seconde guerre mondiale, que la veuve du Docteur Raffegeau avait dans son testament envisagé que la château de Porcé soit transformé en sanatorium, ce que la municipalité avait après guerre écarté en prétextant que le climat de Saint-Nazaire ne s'y prêtait pas !

    La communauté religieuse de La Providence perdura jusqu'à la Seconde-guerre-mondiale. Le 25 février 1943 les chanoines Crespel, curé de Saint-Gohard, et Gouy, archiprêtre de Saint-Nazaire,  y trouvèrent refuge. Le 24 juin suivant, la communauté est forcée de partir car leur maison fut réquisitionnée par l'Occupant. Les sœurs partirent à Nantes ; les deux curés trouvèrent à se loger dans une petite maison voisine nommée " Le calme plat ". La communauté revient à la Libération.

     

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    les fillettes sur la plage en 1905

     

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    les fillettes sur la plage en 1916

     

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    le sanatorium et l'église en 1903

     

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    Le sanatorium en 1903

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    l'église et le sanatorium en 1925

     

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    1928

     

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    1930

     

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    dans les années 1960

     

  • Dolmen, acte 3 - scène2

    Monsieur Jean-Louis Garnier,  conseiller municipal de Saint-Nazaire, du groupe de l'opposition (UMP), nous précise au sujet de l'article  « Dolmen, acte 3 », du 16/12/2012, que la question au sujet du dolmen, durant le dernier Conseil municipal de l'année 2012, et la demande de rétablissement de « l'ordre Républicain », ont été posées par lui.

     

    Ajoutons enfin, que les propos de monsieur Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire, n'avaient pas été repris dans leur intégralité par «  http://www.saintnazaire-infos.fr », en effet, monsieur le Maire, avait ajouté : « Je vous donne l'autorisation si vous voulez aller faire quelques trous au pied du dolmen. Je peux même vous donner une petite cuillère pour aller creuser ». 

     

    Il nous semble ici important de préciser, que monsieur le Maire de Saint-Nazaire, n'a pas le pouvoir d'autoriser de fouiller, même avec une petite cuillère, la couche archéologique du site, à une personne ne possédant pas de diplômes archéologiques, et cela sans autorisation de l'Etat. (Cf. loi du 27 septembre 1941 : voyez sur le site du Ministère de la Culture : http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/fiches/fiche6.htm)

     

    Interrogé par l'Agence Bretagne Presse, monsieur Zack Moullec, élu de gauche écologiste, a relaté, que suite à la réponse de monsieur le maire : « Là j'ai réagi en lui disant qu'il répondait avec mépris et arrogance. Qu'il ne s'agissait pas de cailloux mais d'histoire. Hors conseil, il m'a répété son histoire de petite cuillère. Je lui ai répondu que je ne l'avais pas attendu, que des trous au pied du dolmen, j'en avais probablement fait il y a 30 ans lorsque j'étais gamin puisque j'habitais juste à côté et que j'allais y jouer aux billes ! ». ( http://www.agencebretagnepresse.com/voir.php?code2=8u27jxdc18got9 )