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Phare

  • Le Phare du Grand Charpentier

    Construit sur le plateau rocheux de l'écueil des Charpentiers, par 47° 12' 50" latitude Nord et 4° 39' 21" longitude Ouest, le Phare du Grand Charpentier est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 22 novembre 2011. C’est le seul phare classé de la commune de Saint-Nazaire, les municipalités successives n’ayant jamais entrepris de demande de classement de ceux qu’elle a acquis au titre de la Ville ou de la CARENE, avec les conséquences que nous savons (Ne travaillant pas pour la Ville de Saint-Nazaire, et rappelant que ce blog est une initiative privée remontant à 2012, je saurais gré au lecteur de ne pas transformer les commentaires de ce blogue en chambre de protestation et de se plaindre directement au ministère de la Culture).


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    Le Grand Charpentier en 1907

    (Saint-Nazaire, son port et son commerce, publication de la Société de Géographie Commerciale)

     

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    (cliquer pour agrandir)

     

    Le phare du grand Charpentier est au milieu des flots de la Loire et de l’Atlantique. Avant sa construction, plusieurs projets et structures ont existé. Un projet daté du 28 juillet 1808, dû à l’architecte nantais Mathurin Crucy (1849-1826), prévoyait une structure pyramidale. Napoléon était au pouvoir, et il était de bon ton de flatter le dictateur en lui proposant des choses qui rappelaient sa campagne d’Egypte. Napoléon Ier, en visite à Nantes du 8 au 10 août 1808, poussa jusqu’au l’embouchure de l’Estuaire. Il projetait un grand port militaire à construire à Saint-Nazaire. Il fallut attendre l’année 1826 pour qu’une balise en fer soit construite à l’emplacement du phare, remplacée en 1850 par une tourelle en pierre, qui fut éventrée par une tempête en 1877 réparée, elle fut à nouveau détruite en novembre 1887. Il faut cependant signaler qu’il était prévu depuis le 7 mai 1884 de procéder à son remplacement.

    Les Ponts et Chaussées étaient alors en charge des phares et balises. Il fut décidé de remplacer la tourelle par une tour légèrement conique de 25 m 40 au-dessus du sol et à 23 m 30 au-dessus des hautes mers, avec un diamètre à la base de 11 m, et à l'assise de la corniche d’un diamètre de 5 m. 20, en maçonnerie de pierres lisses. La corniche porte une balustrade de pierres ajourées de 90 centimètres de hauteur.

    Le phare était initialement équipé d’un foyer placé à 25 m, constitué d’un feu à incandescence par le pétrole, sur roulement à galets, à éclats blancs, rouges et verts toutes les 5 secondes dont les puissances et les portées lumineuses étaient les suivantes :

    Secteur blanc. - 3.500 becs Carcel. - 22 milles.

    Secteur rouge. - 700 becs Carcel. - 18 milles.

    Secteur vert. - 435 becs Carcel. - 17 milles.

    Le feu est rouge du côté de la terre ; le vert, au sud-ouest ; le blanc en direction du chenal nord de l'entrée de la Loire. L’allumage a eu lieu le 16 janvier 1888.

    L’optique fut changée le 2 juin 1902, avec un feu à éclats toutes les 5 secondes, secteurs blancs, rouges et verts, avec renforcement du feu au pétrole qui alimenta la lumière par vapeur de pétrole.

    Le 2 mars 1937, il fut procédé au remplacement de l'appareil de rotation sur galet par une rotation sur cuve de mercure, et en 1938 il y eut un renforcement du feu.

    L’alimentation du foyer nécessitait un ravitaillement par bateau, au cours de la relève, opération qui une fois tous les dix jours faisaient changer la moitié de l’équipe de gardiennage, constituée de deux hommes, qui demeuraient 20 jours chacun. On envoyait un baliseur dont une chaloupe était mise à la mer, puis dirigée vers le phare précédé d’une jetée détrempée par les vagues de 56 m de long. La porte du phare se situant à 4 m de hauteur, et n’étant accessible que par des barreaux, il fallait hisser à l’intérieur les vivres et le carburant de la lampe, tout comme le charbon du poêle des gardiens qui n’avaient que la pêche, la lecture et le maquettisme naval pour distractions. Un plan de coupe, dessiné par Charles Beilvaire, et reproduit dans le Courrier de Saint-Nazaire du 16 avril 1938, permet de comprendre les dispositions intérieures, composées dans le pied d’un magasin, salle étanche destinée à la conservation des provisions, au niveau de l’accès d’entrée d’un bac pour le pétrole,  au premier étage d’habitation de la cuisine, de deux chambres au second et troisième, boisées, de la chambre de quart au quatrième, elle aussi boisée, et enfin de la lanterne qui avec sa machinerie occupe les deux derniers étages.

     

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    Dessins de Charles Beilvaire

     

    Le Phare des Charpentiers ouvre le chenal de la Loire. Il fut éteint durant l’Occupation, et rallumé le 13 août 1945.

    Il fut équipé en mars 1954 d’un poste émetteur-récepteur avec aérogénérateur Wind Power de 650w pour en charger les accumulateurs ; cet équipement avait été à l’origine prévu pour le phare de La Blanche en avril 1952. Son électrification fut faite le 13 juin 1966 par l’installation d’un câble électrique sous-marin de 3 000 W, avec en novembre la pose d’un feu électrique provisoire qui demeura en place jusqu’en août 1967, alors que s’achevait la construction d’une nouvelle lanterne avec une plateforme pour hélicoptère au-dessus. Le premier hélicoptère s’y posa le 9 septembre 1967.  L’automatisation de sa lanterne fut assurée seulement en 1969, et des gardiens y furent maintenus jusqu’en 1972, alors que la suppression de leurs postes était décidée depuis 1961.

    La plateforme d’hélicoptère a été démontée en 1987.

     

    Le phare mesure actuellement 27, 35 m, il a une lanterne cylindrique à montants obliques SH, à deux niveaux de vitrage, un feu scintillant à 6 secteurs blancs, rouges et verts, avec optique d'horizon de focale 0, 25 m. Sa lampe est à incandescence 150w sur changeur de lampe Siden, et sa portée 14 milles.

     

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    le Grand Charpentier en 2004, photographie de Francis Dreyer, © Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises ; © Ministère de la culture.

     

  • Acquisition de La Tour du Commerce par la mairie de Saint-Nazaire

     On le murmurait depuis quelques temps, on ne pouvait pas assurer que cela se ferait, les élections avaient mis en péril le projet, cela n’était pas au programme des candidats, mais c’est officiel ce matin : la Mairie de Saint-Nazaire fait l’acquisition de La Tour du Commerce et de son logis.

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     Initialement construites au 18ème siècle, par l'ingénieur de Marine Michel Alexandre Magin, sur financement des commerçants de la ville, d’où son nom, les bâtiments actuels datant du 19ème, la Tour est la troisième en réalité ; en effet, la première fut édifiée à partir de 1756 et achevée 12ans après sur financement des commerçants maritimes de Nantes, Paimboeuf et Saint-Nazaire, d'où son nom ; la seconde en 1829 ; et l'actuel date de 1856.

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    La Tour du Commerce dans sa première version, ici nommée incorrectement tour d'Aiguillon, sur la Carte géométrique de l'Entrée de la Rivière de Loire par l'ingénieur de la Marine et de l'Académie de Marine, Michel Alexandre Magin, en 1757.

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    Seconde tour sur le cadastre de 1829

     

    Ce feu fixe, « tour de paradis », fut éteint en novembre 1898 avec son remplacement par celui de la Tour de Kerlédé et des feux de Porcé. La Tour fut conservée pour servir d'amer. Ouverte à tous les vents, elle devint un lieu d'excursion pour les nazairiens et les touristes qui montaient les 176 marches pour voir d'en haut l'ensemble de l'estuaire, le marais de Brière et la Presqu'ile. En novembre 1930 on y voyait encore les noms de soldats étasuniens qui avaient marqué leur passage sur les murs, (cf. Le Courrier de Saint-Nazaire du 22 novembre 1930).

     Le logis, surélevé d’un étalage vers 1880, vit durant 150ans défilé des générations de gardiens, en charge de La Tour du commerce, puis de Kerlédé et des feux de Forcé, et de leurs familles. C’est dans ce logis que naquit, le 10 janvier 1877, Pitre Grenapin, résistant et maire de Saint-Nazaire.

     En mai 1938 la tour devint un radio phare, par déplacement du poste émetteur initialement situé au Ford de Villès-Martin, l'accès fut alors interdit au public et le haut modifier.

     Les Phares et Balises, avaient vendu l’ensemble à un particulier en 2006. L’entretient de la Tour entraîna des frais que celui-ci n’arriva pas à couvrir totalement, et en novembre 2019 le site fut proposé à la vente, dans une annonce qui ne précisait pas qu’en plus du logis, la tour était comprise dans l’état. Deux acheteurs contactèrent la mairie pour savoir ce que l’acquisition aurait comme impacte sur leur vie. Ils furent surpris d’apprendre qu’ils ne pourraient pas raser la tour (oui l’un d’entre eux y songeait), et qu’un arrêt de péril était envisagée, la tour menaçant de s’effondrer si des travaux n’étaient pas entrepris, (en cas d’effondrement, une dizaine de maisons seraient impactée, ainsi que le centre de Bonne Anse et la route de la Côte d’Amour). C’est monsieur David Samzun, maire de Saint-Nazaire, qui a proposé l’acquisition par la ville. La restauration va s’inscrire dans le projet de restauration et de mise en valeur des villa Ker Louis (centre de Bonne Anse), et le pavillon de plage du château des Charmilles, (villa bordant la plage de Porcé). Ajoutons que la Tour a conservé son « mobilier technique », ce qui est important pour la compréhension de son fonctionnement et une future muséographie.

     

     Agréable surprise et soulagement pour les Nazairiens, inquiets depuis plusieurs mois de ce qu’allait devenir ces bâtiments chers à leur cœur, qui démontre que la labellisation de la Saint-Nazaire, comme Ville et Pays d’Arts et d’histoire, n’est pas « un label en l’air » (sic !), et que monsieur David Samzun, accompagné de l’équipe de l’administration municipale en charge des patrimoines, a aujourd’hui conscience des enjeux future en matière de patrimoine historique et culturel, de leur pérennisation et de leur transmission. Une évolution et des travaux sur l’ensemble de la ville qui auront une véritable visibilité d’ici deux ans. Après des années d’inertie, de décisions calamiteuses de la part de plusieurs municipalités successives, ce tournant dans la politique municipale est une très bonne chose pour les Nazairiens. L'acquisition a été faite pour la somme de 590.000 euros, plus 10.000 euros de frais.