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Chroniques de Saint-Nazaire - Page 6

  • Le château de Saint-Marc

    Le château de Saint-Marc-sur-mer, dit aussi château Lourmand, se nommait à l'origine château du  Crépelet. Le nom de Crépelet est en fait le nom véritable du village de Saint-Marc, qui ne prit qu'à la fin du 19e siècle le nom du saint à qui la chapelle du bourg était dédiée. Il n'existait rien à l'emplacement du château si non quelques vignes, quand le terrain fut acquis par Henri-Joseph Lourmand, industriel nantais associé à Henri-Charles-René Serpette (1), et Édouard Lorois, dans la savonnerie " SERPETTE-LOURMAND-LOROIS ".

     

    Construite sur caves, avec un rez-de-jardin, un étage noble, et un second étage sous combles à lucarnes de façade en pierre et lucarnes de plomb, la demeure est constituée d'un corps rectangulaire simple en profondeur, encadré à l'Ouest de deux pavillons carrés accolés sous deux toitures carrées et très pointues, à l'Est d'un grand pavillon rectangulaires, dominant la baie, il est surmonté d'un très haut comble qui se fini en terrasse belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. La longueur totale est de quatre travées, à laquelle a été ajouté un pavillon sans étage d'un travée, abritant la cuisine. La disposition des pièces est : au rez-de-jardin, une galerie entrée dans le corps central, déversant les pavillons de bout, et une vaste salle à manger qui occupe tout la longueur du corps, le pavillon Est abrite un  grand salon, les pavillons Ouest un petit salon coté océan, et une office côté parc, au centre de ces pavillons se situe l'escalier. Le premier étage comporte quatre très grandes chambres. Les murs sont enduits et appareillés aux angles, les ouvertures moulurées. L'ensemble est situé sur une falaise qui domine la plage et la baie de Saint-Marc, dans un parc clos de murs. 

     

    chateau.jpg

     

    La famille Lourmand :

     

     

    I° Henri-Joseph Lourmand, (Nantes 31 décembre 1818 - Niort 18 février 1885), marié le 18 octobre 1853 à Angers, avec Lucile-Marie Lechalas, (Angers 23 octobre 1832 – Nantes 27 janvier 1933), fille de Médéric Lechalas, et de Joséphine Tharreau, d'où : 

    1° Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), mariée le 19 juin 1875, à Nantes, avec Gaston-Amédée Thubé, (voyez ci-après) ; 

    2° Marguerite-Marie (Nantes 29 novembre 1855 - Nantes 20 octobre 1938), mariée : 1er le 21 septembre 1875, à Nantes, avec Henri-Marie Couëtou, (27 mai 1849, docteur en – Dax 23 avril 1878), droit, avocat à la Cour d'appel de Paris, puis à Nantes, candidat légitimiste aux élections législatives de Saint-Nazaire en février 1876 ; 2e Victor-Amédée-Marie Sécheras, (Vannes 12 janvier 1837 - Nantes 2 novembre 1908), chef de bataillon ;

    3° Henri, (Nantes15 mai 1860 - ??).

     

     

    A la mort de la veuve d'Henri-Joseph, la propriété passa à son petit fils, Gaston Thubé.

     

     

    La famille Thubé :

     

     

    I° Gaston-Amédée Thubé, (Nantes 25 février 1851 - Nantes 29 septembre 1936), substitut de Châteaubriant le 21 décembre 1874, substitut de Saint-Brieuc le 18 novembre 1876, procureur de Guingamp le 29 mars 1879, substitut du procureur général de Rennes le 30 juin 1880, marié le 19 juin 1875, à Nantes, avec Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), d'où :

    1° Gaston-Marie, qui suit ;

    2° Henri (Saint-Brieuc 10 avril 1878 - Paris 1er mars 1943), marié le 8 mars 1913 avec Amélie Paigis, fille de Jean Paigis et d'Amélie Le Normand, d'où postérité ;

    3° Joseph-Jean, (Nantes 13 décembre 1881 - Nantes 8 août 1942), prêtre ;

    4° Jacques-Marie, (Chantenay sur Loire 20 juin 1883 – Nantes14 mai 1969), yachtman, champion olympique en 1912 à Stockholm, avec ses frères Gaston et Amédée ; marié le 16 septembre 1920, à Azay le Rideau, avec Marguerite-Berthe Pavy, fille d'Hubert Pavy et de Marie-Thérèse Vexier, d'où postérité ;

    5° Amédée-Georges-Marie, (Chantenay sur Loire 8 février 1885 - Paris 26 janvier 1941),yachtman, il participa avec ses frères Gaston et Henri, aux jeux olympiques de Stockolm en 1912, en tant qu'équipier d'avant, à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, où il remporta la médaille d'or ; marié en 1918, Saint-Marc sur Mer, avec Marguerite-Nazli Denaut, fille d'Horace-Louis-Auguste Denaut, officier de la Légion d'Honneur, d'Emma Bojano, d'où postérité ;

    6° Marc, (Saint-Nazaire 4 juillet 1886 - Sézanne 11 mars 1918), mort pour la France ;

    7° Marie-Amélie, (Nantes 19 avril 1889 - Paris 26 août 1977), mariée le1er le 11 janvier 1911 à Nantes, avec René Bolloré, (Ergué-Gabéric 28 janvier 1885 - Paris 16 janvier 1935), industriel, (papeteries OCB) ; (veuve elle se remaria). 

     

    II° Gaston-Marie Thubé, (Chateaubriant 16 juin 1876 - Paris 22 février 1974), docteur en droit, industriel, juge au Tribunal de commerce, consul de Belgique à Nantes, il participa en 1912, avec ses frères Jacques et Amédée, aux jeux olympiques de Stockholm en tant skipper à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, et remportèrent la médaille d'or ; il gagna aussi de nombreuses régates, dont le championnat de France en 1913 à Arcachon, son bateau, le Saint-Jean, construit en 1939 par l'architecte naval Talma Bertrand, mouillait dans la baie de Saint-Marc(3) ; marié le 16 octobre 1900, à Nantes, avec Madeleine Goullin,(1879-1980), fille de Gustave Goullin, et de Célestine Flornoy, sans postérité, il légat le château à son petit-neveu l'industriel Didier Pineau-Valencienne.

     

     

    Durant la Seconde-guerre-mondiale, le château servit de kommandantur, comme au château de Port-Cé, les nazis firent construire une tour fortifiée à proximité.

    A l'été 1951, Gaston Thubé prêtât à Jacques Tati le tennis du château pour une scène du film " Les vacances de Monsieur Hulot ", tourné à Saint-Marc (3) et sorti en 1953. ; 

     

     

    Monsieur Pineau-Valencienne vendit finalement la demeure en 1983 à Charles Goignard, entrepreneur en bâtiments, qui en fait sa résidence principale et entreprit de grandes rénovations. A son décès, la propriété fut acquise par monsieur Christian Seyres, son actuel propriétaire (3). 

     

     

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    vers 1960

     

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    La gloriette du parc vers 1860

     

    (1) Fils de l'un des fondateurs de l'entreprise qui fit construire la villa " La Malouine " à Pornic.

    (2) Ce bateau navigue toujours et est classé monument historique depuis 2005.

    (3) Renseignements provenant du site du château de Saint-Marc-sur-mer, disponible à la location pour des événementiels, et gîte. ( http://www.chateau-saint-marc.com/ )

  • René de Kerviler

    René de Kerviler, (Vannes 13 novembre 1842 - Lorient 12 mai 1907), un homme incroyable, qui fit beaucoup pour l'archéologie, la Bretagne, et Saint-Nazaire, doté d'une intelligence supérieur, d'une érudition et d 'une mémoire incroyables à une époque où toutes les connaissances de l'humanité pouvaient encore tenir dans les volumes d'une encyclopédie, et qu'il y avait encore temps à découvrir. René de Kerviler était un savant, au sens premier du terme. 

    En fait un article ne suffirait pas à raconter René de Kerviler, et nous vous renvoyons vers l'essai biographie réaliser dans le cadre d'une généalogie complète de la famille Pocard du Cosquet de Kerviler, par Robert Busquet de Caumont, en 2008, pour approfondir vos connaissances. Nous vous proposons ici un résumé :

     

    Commençons par tordre le cou à une légende tenace : René de Kerviler n'était pas vicomte, et N'UTILISA JAMAIS ce titre !

     

    Pourquoi cette légende ? Il semble qu'un historien locale, impressionné par la particule, se dit que cela signifiait noblesse, et que noblesse allait avec titre, cherchant celui-ci, il découvrir qu'une terre de Kerviler, était tenue en justice vicomtale, et se dit que cela voulait dire que le propriétaire en était forcément vicomte... Un amalgame de poncifs et de raccourcis qui démontre une méconnaissance du sujet, et qui, chose fortement regrettable, fait passer René de Kerviler pour un bourgeois en mal de nobless. Au demeurant, le " Kerviler ", des Pocard du Cosquet de Kerviler, n'était pas un fief ou une seigneurie ! Soyons clair : La famille Pocard du Cosquer de Kerviler est une famille bretonne de la bourgeoisie fiefée d'Ancien Régime, qui n'a jamais eu de prétentions nobiliaires, pourtant, de mémoire d'homme, les Pocard avaient été considérés dans des temps anciens comme membres de cette petite noblesse si nombreuse en Bretagne (1), mais qui, par pauvreté, avaient dérogé définitivement en devenant laboureurs, puis notaires au 17e siècle, au demeurant, privés de tous documents pouvant attester de la qualité nobiliaire, ils s'étaient abstenus de demander à être inscrits comme nobles, durant la grande recherche de noblesse demandée par Louis XIV en 1668, « aussi nous contentons-nous de vivre désormais très bourgeoisement », avait répondu en 1768 Vience Pocard du Cosquer de Kerviler, ancêtre de René, au sénéchal de l’île d’Arz, qui réinterrogeait sur ses origines. Le livre de raison de Vincent Pocard, nous apprend aussi que la terre noble du Cosquet, simple fief, avait été acquise le 12 juin 1700, par son grand-père Jean Pocard, notaire seigneurial et rural de la juridiction de Largouët. Il assuma à partir de là le nom de sa nouvelle terre, et son fils fit de même, mais comme il y avait une famille dont le patronymique était du Cosquet, dont Vincent Pocard avait dû se défendre de toute parenté, et aussi parce qu'il était comme son père greffier dans une autre juridiction, afin de couper court aux confusions, Vincent Pocard du Cosquet, avait décidé en 1760 de prendre le nom de Kerviler, nom d'une source (fontaine) près du manoir de sa famille, où il allait jouer étant enfant, dans son livre de raison, il a laissé ces lignes : « Un jour que j’y étais allé cueillir du cresson, mon pied glissa et je tombais dans la fontaine d’où je ne pouvais plus me retirer parce que mes jambes étaient prises dans la vase qui était épaisse aux abords. On entendit heureusement mes cris : on vint me retirer de la fontaine et pour me rappeler ma mésaventure, on m’en donna par sobriquet le nom. J’y ai été tellement habitué autrefois que je l’ai gardé définitivement mais cela ne veut pas dire que je sois titulaire d’une seigneurie plus étendue que celle d’une simple fontaine ». La descendance de Vincent ne porta cependant que le nom de Pocard du Cosquet. A la Révolution, la famille devient Pocard-Kerviler, c'est une rectification par jugement du Tribunal d'Instance de Vannes qui rectifia le nom en de Pocard du Cosquer de Kerviler le 9 mai 1901, c'est pour cela que René de Kerviler signait ses ouvrages du seul nom de Kerviler, sans particule.

     

     

    Diplomé de l’Ecole Polytechnique, de l’Ecole des Ponts et Chaussées, il avait été aussi reçu à l’Ecole des Chartes, mais y renonça. Il était l'ainé des onze enfants de Joseph-Marie-Vincent Pocard-Kerviler, (1804-1879), polytechnicien et officier de marine qui fit campagnes aux Antilles, au Mexique, et Tunisie, que René adulait, et quio lui transmit l'amour de la Bretagne, et de Marie-Louise Couessurel de La Brousse. Il avait épousé à Lorient , le 26 avril 1870, Cécile Guieysse, fille de Pierre-Armand Guieysse, polytechnicien, ingénieur du génie maritime, directeur des constructions navales de Lorient, inventeur des batteries blindées flottantes, commandeur de la Légion d’Honneur, et de Jéronime Le Bastard de Kerguiffinec ; d'où :

    1° Georges, polytechnicien, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées ;

    2° Marie épouse du docteur en médecine Paul Robin ;

    3° René, polytechnicien, officier de marine ;

    4° Cécile, épouse de Joseph Loiret, polytechnicien, inspecteur général des Mines ;

    5° Armand, ingénieur, directeur d’usine du groupe industriel international « Les Cirages Français ».

     

    En 1874, à 32 ans, René Pocard-Kerviler fut nommé ingénieur du port de Saint-Nazaire en remplacement de Paul Leferme. Les travaux avaient été arrêtés par la guerre de 1870 et la chute de l'Empire, Paul Leferme avait au demeurant laissé une situation fort mauvaises, trempée de toutes sortes de magouilles, plusieurs procès avaient été engagés contre les entreprises en charge des travaux, aussi, quand il arriva à Saint-Nazaire, René dut reprendre les dossiers, refaire l'ensemble des devis de plans de Leferme à achever, régler les litiges, réaliser un projet pour l'évolution du port, le faire approuver, et seulement après il pu passer à l’exécution. En dehors du port dont il réalisa les quais et le bassin de Penhouet, multipliant par trois la surface portuaire, mais aussi les cales, nous lui devons : le phare des Charpentiers, le chenal de la Barre des Charpentiers, la voix de chemin de fer de Chateaubriand, à quoi se rajoutent des bâtiments disparus : la Grande caserne des Douanes, l’hôtel de la Chambre de Commerce, de l’hôtel des Postes, de la Bourse du Commerce ; mais aussi une intervention à titre privé pour le financement de la construction de l'église paroissiale Saint-Nazaire, où son visage est sculpté sur le pilier de droit au fond du chœur.kervile.jpg

     

    Portrait sculpté de René de Kerviler en l'église

    Saint-Nazaire, photo Odoevsky Maslov.

     

    Il créa aussi en 1885 une Société Mixte de Tir et de Gymnastique dite « la Nazairienne », qu’il présidera durant vingt ans, il présida aussi la Société de Géographie Commerciale de Saint-Nazaire, la Commission de la Bibliothèque Municipale, la Société des Régates Internationales de l’Ouest qui donnait trois jours de régates par an et organisait des courses de chaloupes de pêche. Il devint aussi vice-président de la Société d’Instruction Populaire de Saint Nazaire, etc. 

    Il fit de nombreuse recherche archéologiques, inventant un principe de datation, dit « chronomètre préhistorique de Saint-Nazaire », qui fut l'une des premières tentative scientifique de datation des strates, il fit en sorte que bien des éléments archéologiques, ou historiques, de la commune, soient conservés, même si hélas, les bombardements ont presque tout fait disparaître, mais si aujourd'hui nous pouvons encore voir des éléments de décor de l'ancienne église, dans l'actuelle église Saint-Nazaire, c'est grâce à lui, et si le contenu des chartes et manuscrits historiques de Saint-Nazaire nous sont connus, malgré leur anéantissement, c'est aussi grâce à lui. Il publia une multitude d'ouvrages historiques et biographiques, sur la Bretagne et les Bretons, soit plus de 213 ouvrages ou articles importants ! Le 8 mai 1881, Sadi Carnot vint inaugurer solennellement le nouveau bassin : Kerviler reçut le grade d’Ingénieur en Chef, le titre de Directeur du port de Saint Nazaire, et la Légion d’Honneur, il avait aussi reçu les Palmes académiques. En 1905, René de Kerviler fut affecté à Lorient.

     

     

    Les armes des Pocard du Cosquer de Kerviler sont : De gueules au chevron d'hermine ; au chef d'azur chargé d'une mer d'argent. Le chef est une brisure adoptée au milieu du 18e siècle par Michel Pocard du Cosquer en souvenir d'un voyage aux Antilles. 

     

    Comme il était cadet, René de Kerviler brisa lui aussi ses armes, ajoutant deux livres en allusion à ses publications, deux palmes pour ses palmes académiques, et un pont pour son métier d'ingénieur des Pont-et-Chaussées, ce qui donne : De gueules au chevron d 'hermine, accompagné en chef de deux livres d'argent, en pointe de deux palmes croisées d'or ; au chef d'azur, chargé d'un viaduc d'argent, enjambant une mer du même.

     

     

    (1) Pol Potier de Courcy, dans son « Nobiliaire et Armorial de Bretagne » était persuadé d'une noblesse perdue : « les Srs du Cosquer et de Kerviler, par. de Granchamp, év. de Vannes, du nom de Pocard, paraissent issus de la famille Pocard, Srs de Kerouzanet, de Kergohen et de Tuomelin, par. de Saint-Mayeux, présents aux Montres de 1445 à 1562, par. de Corlay et Saint-Mayeux, év. de Cornouaille ».

     

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établie à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain, dans le Forest, comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du vieux-mole, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du navire «  Nouveau Monde » ;

    2° Francis, capitaine de navire, père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

    3° une fille ;

    4° Atys, courtier, consul du Honduras, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilariter. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut d’ailleurs le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.

  • Méan, chantiers et patrimoine

    Méan fut au 19e siècle un haut lieu de la construction navale, c'est en ce bourg de Saint-Nazaire, encore préservé, sur les rives du Brivet, que naquit ce qui sera la fortune de Saint-Nazaire. Nombre de maisons sont encore présentes pour nous compter cette histoire, qu'elles soient demeures de marins, de capitaine au long cours, ou d'armateur.

     

    Le chantier Loumeau :

     

    Le chantier Loumeau fut fondé vers 1810 par Emile Loumeau, fils d'un charpentier de la marine marchande. Il forma ses fils à la construction naval, mais aussi les fils de la soeur de sa femme, dont l'un deviendra son beau-fils, et reprendra le chantier à la mort de son cousin, le réunissant au sien.

    Le chantier naval Loumeau se situait sur la partie sud du quai de Méan, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres.

     

    Extrait de la généalogie Loumeau :

     

    I° Emile-Marie-Joseph Loumeau, (Montoir-de-Bretagne 26 avril 1783 - Méan 29 janvier 1842), marin, puis constructeur de navires à Méan, marié le 9 mai 1815, à Montoir-de-Bretagne, avec Reine Labour, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où :

    1. Michel-Émile, (Méan 2 août 1816 - Méan 3 août 1853) charpentier de port, constructeur de navire à la suite de son père, il semble qu'il fut marié, ou du moins il vécut en concubinage, il n'eut cependant aucun héritier, à sa mort, le chantier Lourmeau fut acquis par son beau-frère et cousin germain Émile-Fidel Ollivaud ;

    2. Louise-Éléonore, (Méan 6 juillet 1818 - Méan 22 mai 1857) ;

    3. Louis-Marie, (Méan 15 août 1820 - Méan 18 octobre 1846), maître au cabotage ;

    4. Gustave, Méan 10 décembre 1822 - Méan 4 avril 1824) ;

    5. Marie-Anne, né à Méan le 20 janvier 1825, mariée le 18 juillet 1854, à Montoir-de-Bretagne, avec Émile-Fidel Ollivaud, son cousin germain ;

    6. Jean-Jules, Méan 28 octobre 1827 - en mer 7 mars 1851), marin ;

    7. Joseph-Marie, (Méan 5 février 1829, capitaine au long cours, époux d'Émilie-Julie-Honorine Loumeau, d'où une fille ;

    8. Gustave, né à Méan le 27 novembre 1830 ;

    9. Pierre-Marie, né à Méan le 3 septembre 1832 ; 10. Reine, née à Méan le 27 avril 1834.

     

    Le chantier Olliveau :

     

    Le chantier Olliveau fut fondé par Émile-Fidèle Ollivaud, neveu par alliance et beau-fils d'Emile Loumeau, il se situait à côté du chantier Loumeau, sur le quai de Méan, en remontant le Brivet, auquel il fut réuni à la mort de Michel-Émile Loumeau. Émile-Fidèle Ollivaud fut formé par son oncle, il compléta sa formation durant son service militaire accompli dans la marine. Comme le chantier naval Loumeau, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres. Concurrencé par la construction navale de fer, et les chantiers Scott, ce chantier ferma en 1888, le lancement fut celui de la goélette " Guillaume Tell " en 1884.

     

     

    I° Jean-Julien Ollivaud, (village de Trembly à Montoire (1) 3 juillet 1784 - village de Certé à Montoire (2) 16 septembre 1861), laboureur, marié le 12 octobre 1812, à Montoire-de-Bretagne, avec Anne-Françoise Labour, ( village de Certé à Montoire 31 janvier 1788 -  village de Certé à Montoire 6 janvier 1867), fille de labeur à son mariage, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où : 

    1. Etienne, (Certé 16 novembre 1813 - Trembly 3 juin 1814) ;

    2. Désiré, (Trembly  5 décembre 1814 – Saint-Denis-de-La-Réunion 25 août 1863) maître au cabotage, marié le 3 octobre 1843, à Montoir-de-Bretagne, avec sa cousine germaine, Louise-Éléonore Loumeau, fille d'Emile-Marie-Joseph Loumeau, constructeur de navires, et de Reine Labour, d'où postérité ;

    3. Isidore, né le 16 mars 1817, marin ;

    4. Anne-Françoise, née le 10 septembre 1820, cultivatrice, mariée le 27 août 1851, à Montoir-de-Bretagne, avec Etienne Labour, son oncle maternel ;

    5. Émile-Fidel, qui suit ;

    6. Pierre, ( Certé 25 mai 1827 -  Certé 23 juin 1890), charpentier de navire, il fonda un chantier au village de Rozé où il construisait des chalands et des chaloupes ; marié le 21 janvier 1852, à Montoir-de-Bretagne, avec Joséphine Lemay, née le 27 septembre 1828, fille de François Lemay, et de Marguerite Macé, d'où postérité.

    II° Émile-Fidel Ollivaud, né le 23 mars 1824 à Certé, marié le 18 juillet 1854, constructeur naval, à Montoir-de-Bretagne, avec Marie Anne Loumeau, sa cousine germaine, 

    1. Gustave, né à Méan le 30 juin 1855 ;

    2. Corine-Marie, née à Méan le 7 août 1856, épouse de Jean-Honoré-Mari-Arsène Leroux, notaire à Montoir-de-Bretagne ;

    3. Raoul, né à Méan le 7 mars 1858

     

     

    maison.jpgÉmile-Fidel Ollivaud fit construire une demeure qui existe toujours au 183 rue de Trignac, à proximité de la rue baptisée en son honneur.

     

    La maison Olliveau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

    La demeure se situe sur une parcelle triangulaire, située au croisement de la rue de Trigneac et du Brivet. Elle est construite sur un plan carré, sur cave avec rez-de-chaussé surélevé, avec un étage noble, a trois travées en façade, avec porte au centre, les fenêtres de l'étage sont munies de garde corps en fers forgé, le toit pyramidal, comporte une lucarne au centre de la façade, cintrée et encadrée, la toiture se fini en un belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. Les murs sont enduits, les portes et fenêtres cintrées de pierre, les arrêtes du bâtiment sont aussi en pierre, et finissent en chapiteaux corinthiens, une corniche délimite l'étage, et une seconde plus large souligne le toit, un décor en fer forgé figurant un navire à voile, orne le dessus de la fenêtre centrale du premier étage, (il a été posé avant 1960). La façade donnant sur le croisement de la rue du Brivet et de Trignac comporte deux ouvertures au rez-de-chaussée, et une lucarne au grenier, identique à celle de la façade principale, la façade arrière, sur la rue du Brivet, comporte deux ouvertures au rez de chaussée, et un jour de souffrance, et trois ouvertures à l'étage, elle fut longtemps accolé d'un hangars, un garage disgracieux a été accolé à la façade Nord-Est, on y accède par la rue du Brivet. A l'intérieur quelques éléments d'époque subsistent, notamment un parquet comprenant une rose des vents en bois clair sur bois foncé. En 1960 cette maison était en mauvais été et inhabité (3).

     

     

    forge.jpgSur la rive gauche du Brivet, se trouvaient aussi le chantier Mahé, fermé en 1873, et le chantier Lemort, fermé en 1875. La flotte issue de Méan comprenait quatre-vingt-huit navires, près de deux-cents ouvriers étaient employés.

    Associée aux chantiers, existait la forge Dandeau, qui avec dix ouvriers, assurait la fabrication des outils, clous, ancres, et autres pièces métalliques nécessaires. Les bâtiments existent toujours, à l'angle des rues de Trignac et Négrin.

     

    La forge Dandeau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

    Elle appartenait à Jean Dandeau, né le 16 août 1837 à Lagrange, dans les Landes, celui-ci avait épousé sa cousine Joséphine-Marie Dandeau, le 2 mai 1865 à Montoir-de-Bretagne.

     

     

    On verra aussi au 278 de la rue de Trignac, la maison d'André-Théodore Ricordel,  (Méan 19 décembre 1819 -  Nantes 1871), fils d'un charpentier de navire à Méan, il fut maître au cabotage, puis capitaine et armateur. Il épousa en première noce, le 2 octobre 1842 à Montoir-de-Bretagne, Jeanne Françoise Moriceau, (Saint-Malo-de-Guersac 22 mars 1822 - Méan 6 mai 1844), fille d'un agriculteur, en seconde noce, en 1854, il épousa Anna Lanferman, (Le Havre 1835 – Méan 18 septembre 1855), fille de Jacob Lanferman orfèvre venu de Middelbourg, et de Anna (??), qui apporta à son époux une dote importante, elle décéda des suites de l'accouchement de sa fille Anne-Marie, née à Méan le 15 mars 1855. En 1862 il se maria une troisième fois avec Marie-Léonide Bichon, fille du directeur de la fonderie, dont il eut un fils mort né le 25 février 1862. Il avait ouvert un magasin de fournitures de marine devant l'ancienne église de Saint-Nazaire, au rez-de-chaussé de l'hôtel Blanconnier, il possédait trois navires, dont le « André-Théodor ». Il fit construire cette maison par un architecte parisien en 1855, pour sa seconde épouse, ce qui impressionna beaucoup le pays, surtout qu'il avait pour domestique une jeune noir ramené d'un voyage aux Antilles. Le capitaine Ricordel avait fait élevé un calvaire à proximité de sa maison, qui disparut durant le Seconde-guerre-mondiale (4).

     

     

    (1) & (2) Ces villages sont aujourd'hui sur le territoire de Trignac, commune créée en 1914.

    (3) Cf. Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.

    (4) D'après Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.

     

  • Un comte polonais à Saint-Marc ?

    Du coté de Saint-Marc, les anciens propagent encore la légende d’un comte polonais qui aurait vécu dans une villa de la corniche où il recevait avant la Première-guerre-mondiale la « bonne société ».


    La noblesse polonaise n’est pas titrée, sauf quelques rares familles qui le furent par les souverains des nations occupantes de la Pologne, ou étrangers, nous fument donc surpris d’entendre ce vague souvenir. Après enquête, (reconstituer l’histoire de Saint-Nazaire en est une perpétuelle), nous avons trouvé les origines de cette légende locale.

    Il y a à Saint Marc, route de l'Océan, une villa du nom de « Villa Polonaise », elle fut la propriété d’Eugène Wieczffinski, appelé par les Nazairiens « monsieur Eugène ». Il était né à Bayonne le 18 juin 1843, il était le fils d’Ignace-Théophile Wieczffinski, membre de la petite noblesse rurale polonaise non titrée, né le 30 juillet 1807 à Komarówka, un village la partie annexée par les Russes de la Pologne. Ayant émigré en France, Ignace s’établit à Bayonne où il épousa en 1840 Jeanne Serres, (1820- Bayonne 17 novembre 1846), dont il eut deux fils : Auguste, et Auguste-Eugène, dit Eugène. Veuf, Ignace parti vivre avec ses fils à La Rochelle, où il décéda le 25 juin 1872. Eugène devint marin, et s’établit à Saint-Nazaire, à Méan, il épousa le 28 juin 1869 Marie-Emilie Bernier, (23 octobre 1850 - 1931), native de Montoire, domiciliée à Méan (1), fille de Victor Bernier, maître au cabotage, déclaré disparu depuis plus de dix ans par le tribunal de Saint-Nazaire, et de Marie-Emilie Michel. Parmi les témoins figure son frère, il semble qu’ils se soient fâchés avec leur père, car l’acte mentionne qu’ils ne savent pas où il est domicilié. Eugène semble avoir bénéficié de l'influence de l’oncle de son épouse, Jean Michel, car de simple marin à son mariage, il était capitaine au long cours à la naissance de son premier enfant. Le couple eut deux filles :

    1° Marie-Madeleine, (Saint-Nazaire 1 mai 1872 - Saint-Nazaire 7 février 1888) ;

    2° Emilienne-Marie, (Saint-Nazaire 16 juin 1874 - Saint-Nazaire 4 mars 1888).

     

    Avec le temps Eugène se constitua une fortune confortable, ayant abandonné la marine dans laquelle il s'était un temps engagé, pour le poste de directeur-caissier de la caisse d’épargne de Saint-Nazaire, (probablement grâce aux relations politiques de son frère), il se fit bâtir une villa à Saint-Marc, la « Villa Polonaise ». Il s’impliqua dans la vie de la cité, devant conseiller municipal, et fonda en 1885 « La Lire de la Loire », une société musicale regroupant vingt-cinq musiciens, qui fit construire sa propre salle des fêtes à Penhoët dès 1893, de 21m sur 10m, (2).

     

    Le frère d’Eugène, Auguste, (Saint-Esprit 26 juin 1841 – Paris 20 août 1900), fut un homme brillant et doué, polytechnicien, fit aussi l’Ecole des Ponts et Chaussées, dont il sortit ingénieur, il réussit à devenir inspecteur général du chemin de fer Autrichien en ­1867, et collabora avec Gustave Eiffel, qui  lui confia la direction d’un chantier de construction de la gare de Budapest. Il changea son nom en « de Serres » et partagea sa vie entre l’Autriche-Hongrie et Paris, il fut un proche collaborateur de Gambetta, qui lui remit la Légion d’Honneur  le 18 novembre 1870, « pour brillants services contre l’ennemi », ce qui surpris, attendu qu’on ne lui avait pas connu d’activités particulières durant la guerre de 1870… Auguste épousa à Paris le 8 novembre 1885 Fanny-Marceline-Caroline Montigny-Remaury, (Pamier 22 janvier 1843 – Paris 19 juin 1913), célèbre pianiste, élèves de Liszt, muse de Fauré,  Pierné, et Saint-Saëns, belle sœur d’Antoine Thomas.

     

    Eugène reçu en sa villa de Saint-Marc intelligentsia locale en raison de sa société musicale et des personnalités de la société artistique parisienne grâce à sa belle-sœur qui faisait des séjours prolongés à Saint-Marc-en-Nazaire. Son frère et lui aiment faire état de leurs origines nobles et avaient quelques prétentions qui impressionnaient ou faisaient rire. La Lire de la Loire fut dissoute le 9 février 1920. Le 29 octobre suivant la municipalité qui s'était portée acquéreur de la salle des fêtes de la société la transforma en halles pour les marchés. Eugène Wieczffinski décéda à Saint-Nazaire le 19 septembre 1923.

     

    saint marc,saint nazaire,wieczffinski,de serresLa famille Wieczffinski portait pour armoiries : Parti de gueules et d’azur, à un lame de faucille d’argent mouvante du parti, versée vers la pointe de l’écu, au demi fer à cheval du même sur l’azur, mouvant lui aussi du parti, de telle sorte qu’il forme avec la lame de faucille un arc, à la croix de Lorraine d’or, privée de sa travée senestre inférieur, brochant sur le parti, et posée sur la composition formée par la lame et le fer.

     

    (1)   Méan fut annexé à Saint-Nazaire le 13 mars 1865.

    (2)   Le chef d’orchestre était M.F. Delvigne ; le secrétaire était Emmanuel Moyon, dessinateur aux Chantiers de la Loire, qui avait la particularité de se promener l’été sous une ombrelle blanche et verte… 

  • Les manoirs d'Armanjo et de Guindreff

    Armanjo était une métairie noble, comprenant un manoir disparu, décrit dans le terrier de 1680 comme suit : 

    Une maison, cour, jardin entouré de murs, un colombier, terre et autre propriétés situées en « l'Ile de  La Croix » et en Guindreff.

    L'aveu du 26 novembre 1748 indique au sujet du manoir d'Armanjo :

    " La maison noble consistant en une salle basse, une cave, une chambre, deux greniers, un pigeonnier, le tout couvert d'ardoises, - Etable, écurie, granges couvertes en bourre, et les terres à l'entour."

     

    Liste des seigneurs de la maison noble d'Armanjo :

     

    Le Métayer

     

    I° Jean Le Métayer, rendit aveu en 1481.

     

    Hémery : D'argent à trois chouettes de sable, becquées et membrées de gueules, accompagnée d'un annelet du même en abîme.

     

    I° Jean Hémery, seigneur la maison noble d'Armanjo en 1618.

     

    guindreff,pigeonnier,armanjo,saint -nazaireMatz (du)

     

    Famille noble d'extraction chevaleresque maintenu à l'intendance en 1700 

     

    D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur. 

     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, seigneur de La Drouillay, seigneur de la maison noble d'Armanjo, pour laquelle il servit l'aveu en 1709, et qu'il vendit à Jacques Hégo, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 22 octobre 1686 avec Perrine Pasquette, dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

    1° Anne-Marquise, (vers 1689 - 7 avril 1746 Saint-Nazaire), mariée à Saint-Nazaire le 23 juillet 1708 avec Louis Le Guennec, seigneur de Kerlédé ;

    2° Marie, baptisée à Saint-Nazaire le 13 août 1690 ;

    3° Madeleine, baptisée à Saint-Nazaire le 25 septembre 1691 ;

    4° Geneviève, (Armanjo le 16 décembre 1692 – 27 octobre 1743 Kerlédé), dame de la maison noble de Guindreff, puis aussi de celle de Kerlédé ;

    5° Janne, (Saint-Nazaire 3 décembre 1694 – 20 mai 1756 Saint-Nazaire), dame des maisons nobles de Guindreff et de Kerlédé ;

    6° Renée-Clémence, ondoyée le 30 décembre 1694, baptisée à Saint-Nazaire le 5 avril 1695 ;

    7° Louis, baptisé le 11 décembre 1695 ;

    8° un petit enfant mort né le 25 juin 1696 ;

    9° Esprit, (Saint-Nazaire 26 mai 1697 - 10 juillet 1702 Saint-Nazaire) ;

    10° Guillaume, baptisé le 8 septembre 1698 ;

    11° Jacques, (Saint-Nazaire 3 mars 1702 - 29 mai 1706 Saint-Nazaire).

     

     

    Hégo

    Famille de laboureurs de Saint-André-des-Eaux.

     

    I° Jacques Hégo, mort avant 1747, seigneur de la maison noble d'Armanjo, père de :

    II° Elisabeth Hégo, dame de la maison noble d'Armanjo en 1747, décédée en 1748, épouse de Pierre Bonneau, capitaine de navires. 

     

    Bonneau

     

    I° Pierre Bonneau, capitaine de navires, époux d'Elisabeth Hégo, dame de la maison noble d'Armanjo en 1747, décédée en 1748, fille de Jacques Hégo, seigneur de la maison noble d'Armanjo.

     
    Morel
     
    Le manoir appartient à un monsieur Morel en 1857.
     
     

    Guindreff était lui aussi une maison noble, associé à celui d'Armanjo par acquisition de la famille du Matz vers 1680, il en fut séparé vers 1730. Avant qu'il n'entra en possession de la famille du Matz, on sait qu'il fut le bien d'Etienne Mocquart, désigné comme " maitre de la maison noble de Guindreff " en 1634. L'ensemble du manoir fut partagé en deux lots par la famille Genevois. Du manoir de Guindreff il reste heureusement le pigeonnier, daté de 1750, pour la sauvegarde duquel les riverains se sont battus contre la municipalité au début de l'année 2012.

     

     

     

  • Le groupe sculpté « L'épave »

    Sculpture en ronde bosse mesurant 230 x 180 x 140 cm, généralement dénommé « la statue de l'épave » par les Nazairiens, ce groupe sculpté est dû au ciseau d'Antoine Bourlange, (1872 – 1951), sculpteur plus proche des pompiers que des académiques, spécialisé dans les sujets macabres, les ornements de tombeaux, et les monuments aux morts à partir de 1918. Antoine Bourlange était entré à l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse à l'âge de seize ans, puis à l’École des beaux-arts de Paris, où il fut l'élève d'Alexandre Falguière et d'Antonin Mercié. Il participa plusieurs fois au « Salon des artistes français », en 1894, 1895, 1903, 1906 et 1907. Plusieurs éléments ont laissé croire que ce fut à la suite du Salon de 1895 que le groupe fut acquis par l'Etat, et confié à la ville, et qu’il aurait été confié vers 1898 à la ville de Saint-Nazaire. On en trouve en effet rien à son propos dans les archives municipales. L’incendie criminel qui visait à faire disparaître les malversations de la municipalité Gasnier en 1898 fut désigné comme la cause… Sauf qu’une note récemment émise par le Canp nous apprend que l’œuvre fut acquise par l’Etat au Salon de 1906. Fut-il confié en même temps que la statue du monument de 1870 en juillet 1909 ou avant ? Le Canp n’a pas su nous le dire, par plus que les archives municipales. Ce qui est certain, c'est que le groupe placé dans le Jardin des Plantes à son arrivée, déplut aux Nazairiens, et il fallut bientôt le déplacer suite à des plaintes ! 

     

     

    epave1.jpg

     

     

     

     

    La séance du Conseil du 9 avril 1924 nous relate les faits d'une façon savoureuse, monsieur Vivan Lacour était alors le maire[1] :

    1. Lamoureux : La statue L'Epave, qui est un beau travail, est vraiment mal placée. Pourquoi la relègue-t-on dans un coin du jardin, où personne n'a accès ? Je demande qu'on puisse en Faire le tour.
    2. le Maire : Cette statue était, autrefois, placée dans un autre endroit à la partie supérieure du jardin. Le sujet ayant été trouvé trop macabre, des réclamations ont surgi à la suite desquelles L'Epave a été transportée à son emplacement actuel. Nous ne pouvons, tout de même, pas envisager un nouveau déplacement. Il n'y aurait pas de raison d'en finir.
    3. Lamoureux : Je ne conteste pas que le sujet soit mal choisi pour une ville maritime comme la nôtre et peu fait pour provoquer la vocation de marin. 
    4. Lemouel : Le sujet est très bien, au contraire. S'il a été jugé indésirable, ce n'est que par des gens pudibonds à l'excès qui ont été choqué par le nu de certains personnages.
    5. le Maire : Les feuilles de lierre masqueront, bientôt, l'ensemble du groupe. Il n'y aura plus, par la suite, qu'à tailler, à même, pour laisser voir, seulement, ce que l'on voudra.

     

    [1] Délibérations du Conseil du 9 avril 1924, archives municipales. 

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    " L'Epave ", à son second emplacement, avec le lier...

     

     

      En 1937, à force de courriers répétés à la Mairie, et aux journaux locaux de Nazairiens qui le jugeaient déprimant, on relégua le groupe entre le Sauron et la pointe de la Villes-Martin, sous les arbres, dos au boulevard Albert 1er, tourné vers la rade. Durant les bombardements qui précédèrent l'attaque du commando britannique, l'homme debout fut décapité, on retrouva sa tête bien après la Libération au fond d'un puits, rue de Pornichet dans le jardin de Monsieur Léac. Monsieur Geffray, des services techniques de la Ville, se chargea de la lui remettre. Le groupe se trouva par la suite entouré des baraquements dressés pour reloger la population. En 1971 le groupe fut à nouveau déplacé, pour être installé au centre du rond-point du square du 19 mars 1962 nouvellement créé. Au mois de mai 2001, des vandales décapitèrent l'homme debout. Il fut décidé de « stocker » la sculpture sous l'auvent du Parc-Expo, à côté de l'Ecomusée, faute de savoir quoi en faire L’œuvre appartient à l’Etat, mais sa conservation, son entretien, sont aux frais de la Municipalité, tout comme son déplacement et sa restauration, qui ne peuvent se faire sans un accord préalable du Cnap.

  • Les armoiries de Saint-Nazaire

    On ignore quand la municipalité de Saint-Nazaire a adopté ses armories. Ce qui est certain, c'est qu'elles le furent avant février 1867, car elles figurent sur l'entête de la revue " Le Journal illustré " N°159, de la semaine du 24 février au 3 mars 1867. L'écu reproduit est bien celui de Saint-Nazaire, à quoique le graveur a fait erreur en figurant la nef contournée(1).

     

    noujal.jpg

    « Le Journal illustré » N°159, de la semaine du 24 février au 3 mars 1867, coll. V. de K.

     

    Le choix des éléments s'explique : Une nef voguant sur la mer, allusion à la position de la ville et à  port, la clef réfère au surnom de la ville, " la Clef de la Loire ", surnom donné en raison du rôle de Saint-Nazaire  qui protégeait l'estuaire, sous l'Ancien-régime l'usage voulait que les navires tirent une salve à blanc pour se signaler quand ils entraient dans l'estuaire, le poste de garde de Saint-Nazaire procédait ensuite à l'autorisation ou à l'interdiction de remonter vers Nantes, capitale du duché, et port d'importance, les pilotes de Saint-Nazaire prenaient la barre pour conduire les navires entre les bancs de sable du fleuve, Saint-Nazaire ouvrait et fermé l'estuaire, la devise, " Aperit et nemo claudit "(" Elle ouvre, et nul ne referme "), reprends ce fait. Enfin, l'hermine, enfin, parce que Saint-Nazaire est cité du duché de Bretagne. 

     

     

    Les armoiries figurent aussi au-dessus des halles de Méan, construits en 1877 (2), on remarquera que l'écu est accompagné de la devise, (3).

     

     

    blasonhall.jpg

    Les armories de la ville de Saint-Nazaire sur la façade des halles de Penhoët,

    photo. Loup Odoevsky Maslov.

     

    Ces armes se blasonnent comme suit :

    D'azur à la nef équipée d'argent, navigant sur une mer du même, la voile chargée d'une clef de sable posée  en fasce ; au chef d'argent chargé de cinq moucheture d'hermine de sable, brochées d'une clef d'or posée en face. L'écu timbré d'une couronne murale de quatre tours d'or, et soutenu par deux rameaux de trois branches de chêne d'or ployées vers l'écu, liée par un ruban d'argent, et retenant un listel aussi d'argent, chargé de la devise en lettres romaines de sable " Aperit et nemo claudit ".

     

     

    Le 9 mai 1881, durant les festivités de l’inauguration du bassin de Penhoët, en présence du président Sadi-Carnot, on décora la ville et le port de panneaux armoriés aux armes des villes de Nantes et de Saint-Nazaire. Les peintres firent une erreur en peignant le champ de l'écu de gueules, (c'est-à-dire le fond en rouge au lieu de le faire bleu). Cette erreur est due au fait que les armes de Nantes ont un fond de gueules. Cela causa un fort émoi, au point que même le journaliste Louis de Kerjean, qui couvrait l'événement pour le compte de la " Revue de Bretagne et de Vendée ", mentionna l'incident : 

    " […] seul reproche qu'on ait pu faire aux organisateurs de cette fête remarquable, a été de s'être tellement attachés à l'exactitude extérieure qu'ils en ont oublié de veiller à leurs propres insignes. Nous ne pensons pas que ce soit par amour de Nantes que tous les cartouches aux armes de Saint-Nazaire aient été peints, ce jour-là, sur fond de gueules comme aux armes de Nantes. La galère de Saint-Nazaire doit être portée sur fond d'azur. "

     

     

    En 1891, dans l'opuscule intitulé " Nouvelle église de Saint-Nazaire ", édité pour l'inauguration de l'église paroissiale dans laquelle sont sculptées sur la voûte du cœur les armoiries de la ville, le blasonnement est décrit comme suit : " D'azur à la galère d'argent, la voile chargée d'une clef de sable, chef d'hermine chargé d'une clef d'or. Devise : Aperit et nemo claudit. " (elle ouvre, et nul ne referme).

    Cette description est erronée, il manque la mer, le navire est une nef, non une galère, (autrement il aurait eu des rames), et de plus le chef est chargé de cinq mouchetures d'hermine, non d'hermine, ce qui aurait voulu dire que le chef aurait été semé de mouchetures sans nombre. 

     

     

    En 1910, en prévision de la visite du président Armand Fallières qui devait avoir lieu le 16 septembre, le maire, Louis Brichaux, s'inquiéta de l'existence de représentations contradictoires des armoiries municipales. Il diligenta une enquête interne pour connaître le blasonnement initial, ainsi que l'origine de son adoption. On en trouva rien aux archives municipales car celles-ci avaient en majorité brûlé durant un incendie criminel visant à faire disparaître les malversations de la municipalité Gasnier. On en trouva rien à la bibliothèque, auprès des archives nationales contactées par l'entremise du Sous-préfet, au cas où elles y auraient été déposées officiellement. On interrogea même la chambre de commerce qui en faisait usage, et qui ne sut quoi répondre. Le 9 avril le Sous-préfet écrit au maire qu'il n'y avait aucune trace d'enregistrement, et le 27 mai, le maire demanda au Conseil le droit de procédé au dépôts auprès de la chancellerie. Un document, aujourd'hui aux archives départementales de Loire-Atlantique, réalisé en 1910, figure les armes peintes de Saint-Nazaire, avec un blasonnement, qui ne correspond pas au dessin, et qui pire, comporte des erreurs héraldiques : " D'azur à la galère d'argent portant une clef de sable sur la voile au chef d'hermine cousu d'une clef en bande. Devise Aperit et nemo claudit. "

     

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    Document de 1910, figurant les armoiries de la ville, avec blasonnement erroné, A.D. 44.

     

    L'écu peint sur le document y figure une nef, non une galère, on a oublié le pavillon qui figure par usage héraldique au sommet du mât, (ce qui n'est pas grave et ne constitue pas une erreur en soi), le navire est voguant sur une mer d'azur alors qu'elle est normalement d'argent, le chef y est d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable, brochées d'une clef d'or posée en face, en fait le dessin reprend les armes des halles avec des erreurs, c'est de l'approximatif et de l'amateurisme typique. La description, quant à elle, a dû faire se retourner tous les hérauts d'armes du duché de Bretagne dans leurs tombes !

     

    Les nombreuses erreurs ne furent pas relevées, attendu que personne n'était versé dans l'art héraldique à la mairie, et la Chancellerie ne releva pas non plus, car elle ne reçut jamais le document ! Celui-ci resta à la mairie, en effet on fit savoir que le droit d'enregistrement était de 400fr, ce que le Conseil jugea dépense inutile durant les délibérations du 28 novembre. Soulignons au passage que les municipalités ne sont pas tenues de posséder des armories, que l'usage a valeur d'enregistrement, et que l'adoption en séance officielle a valeur juridique.

     

     

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    Les armes de la ville sur l'usine Elévator, 1911, réalisée d'après le dessin de 1910,

    photo. Loup Odoevsky Maslov.

     

     

    En 1925, Henri Moret publia le premier ouvrage sur l'histoire de Saint-Nazaire. Il y relate la séance du 27 mai 1910, et retranscrit le blasonnement erroné, en y ajoutant une erreur, dans son texte, l'azur y est dit de gueules (4), alors que le dessin d'illustration d'Alexandre Auffray figure cependant le champ d'azur, mais avec un chef d'hermine, et il a lui aussi oublié le pavillon...

     

     

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    Illustration d'Alexandre Auffray pour l'ouvrage d'Henri Moret, 1925.

     

    Durant l'empochage de Saint-Nazaire, la Chambre de commerce fut contrainte d'éditer des timbres afin de palier à pénurie de timbres postaux, sur autorisation du préfet du 30 mars 1945, le graveur s'inspira de la description des armes de la ville en figurant une galère, équipée de ses rames, et à la voile chargée d'une clef, voguant (5).

     

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    Timbres émis le 30 mars 1945 par la Chambre de commerce de Saint-Nazaire

    durant la poche de Saint-Nazaire, coll. de l'auteur.

     

    Il fallut attendre l'année 1952 pour que les armoiries de la ville soient enfin enregistrées avec plus d'exactitude par le Conseil.

     

    La Ville de Saint-Nazaire ayant été faite chevalier de La Légion d'Honneur, et s'étant vue l'attribution de la Croix de guerre avec palmes 28 février 1949, par le président Vincent Auriol, on décida de faire figurer ces décorations sur les armoiries municipales. On s'adressa enfin à un véritable héraldiste afin de remédier à l'imbroglio qui perdurait depuis quarante ans, Rober Louis, qui rendit la description suivante :

    " D'azur à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur une mer du même mouvant de la pointe, la voile chargée d'une clef de sable posée de fasce ; au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable et d'une clef d'or brochant en fasce sur les mouchetures, le panneton à senestre vers la pointe et découpé en croix. L'écu timbré d'une couronne murale de trois tours d'or, et soutenu par deux palmes d'or ployées vers l'écu, et retenant un listel parcheminé chargé de la devise en lettres romaines de sable " Aperit et nemo claudit ", les décorations de la légion d'honneur à dextre et de la croix de guerre 1939-45 avec palme à sénestre, au naturel, appendues à la pointe de l'écu, les rubans brochant sur les palmes, et passant sous le listel.  "

     

    Le Conseil adopta officiellement ces armoiries durant la séance du 13 décembre 1952.

     

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    Armoiries de la Ville de Saint-Nazaire dessinée en 1959 par Annick Baudry-Souriau (5)

    et publiées dans " Histoire de Saint-Nazaire " de Fernand Guériff, (tome I, 1960).

     

     

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    Peinture de R. Geffray, 1971, illustration pour le magasine municipal " Activités nazairiennes "

     

     

     

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    La nef de Saint-Nazaire figure encore sur plusieurs bâtiments, comme à Saint-Marc, sur le théâtre Jean Bart, ou encore de façon inspirée sur la grille du théâtre Icare, anciens bains municipaux, dans le centre-ville. Un particulier, dans l'ouest de la ville, fit réaliser dans les années 1960, un balcon en fer forgé pour sa maison, avec l'écu municipal.

    Il existe aussi une tapisserie des réalisée après 1952, dans le bureau du maire.

     

    Façade du théâtre Jean Bart de Saint-Marc, photo L.P.

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     Grilles du théâtre Icare, photo Odoevsky Maslov.

     

     

    L'actuelle municipalité préfère utiliser un logo (très 90') en deux teintes de bleu, figurant un " SN " sur un drapeau flottant brochant un autre.

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    Logo municipalité Batteux

     

     

     

     

    A la demande du CREDIB, dont Jakez Lhéritier, Romuald Renaud a créé un drapeau, reprenant la tradition et les usages du Duché de Bretagne, et en y incorporant au premier quartier, une partie des armes municipales, en supprimant le chef, et en changeant la clef de sable de la voile, pour la clef d'or du chef, plus visible sur un drapeau.

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    Drapeau de Saint-nazaire, création de monsieur Jakez Lhéritier.

     

     

     

     

    (1) C'est-à-dire dans le sens contraire de la figuration normal en héraldique.

    (2) Elles était à l'origine dans le centre ville, rue du Bois-Savary, on les déplaça suite à la construction de plus grandes, en béton,  avec une salle des fêtes à l'étage, en 1937.

    (3) C'est la première mention qui nous en est pour l'heure connue. Les latinistes, dont Henti Moret, soulignent une faute, elle devrait être : " Aperist et neque claudit ", ou " Aperist et nec quisquam claudit ".

    (4) Fernand Gueriff, dans son livre sur l'histoire de Saint-Nazaire en 1960, reprend la citation d'Henri Moret, il n'avait donc pas consulté les archives départementales.

    (5) Monsieur Daniel Sicard, directeur de l'Ecomusée, dans son ouvrage " La Poche de Saint-Nazaire ", Editions Siloe, 2005, n'a malheureusement pas saisi les raisons du choix de cette galère, qu'il qualifie de " drakkar ".

    (6) Madame Annick Souriau, (Toulouse 1907 – Nantes 1975), parente de l'archiviste nantais  Émile Gabory, elle fit des études à l’école des Beaux-arts, elle entra en 1928 à la Société archéologique et historique de Nantes, dont elle fut rapidement secrétaire adjointe puis secrétaire générale, après la Libération elle devient membre de la commission urbaine d'héraldique départementale, (les fonctions de cette commission étaient purement consultatives comme l'est actuellement celle qui siège à Paris),  dont elle fut littéralement l'âme. Mariée en 1939 à Gustave-Paul Baudry, elle eut une fille, qui léga les archives manuscrites de sa mère à la Société archéologique et historique de Nantes, (Fonds A. Baudry-Souriau (157 J 41-81)).

  • 25 mai 1740, la vicomtesse de Saint-Nazaire et le droit maritime

    Nous portons à la connaissance du lecteur ce document imprimé, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Nationale de France, publie officiellement une décision de justice concernant les droits maritimes des vicomtes de Saint-Nazaire. Les Conseillers généraux des Droits Maritimes, décidèrent, suite à l'étude des lettres définissant les droits et privilèges des vicomtes de Saint-Nazaire sur les côtes et rives de leur domaine, de rendre un jugement définissant avec exactitudes les droits de Perrine de Carné, vicomtesse de Saint-Nazaire, baronne de Marcein, épouse de Joseph du Boisbaudry, chevalier, comte de Langan. On y apprend entre autres choses, le détail de pièces manuscrites aujourd'hui détruites, concernant les droits d'ancrage, de pêches, de récolte du varech, de bris, etc.

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    Crédit photo. Gallica.BNF.fr

  • 1655, la flotte espagnole croise dans l'estuaire

    Depuis 1635 la France est en guerre contre l'Espagne, officiellement une paix avait été conclue en 1648, mais les Espagnols profitèrent de la guerre civile orchestrée par les grands seigneurs en révoltes contre Mazarin, aussi l'armada manœuvre le long des côtes, et fait parfois des intrusions. La Bretagne à leur préférence, car le Roi d'Espagne avait des prétentions sur le duché. Le 25 mars 1655, des frégates espagnoles passent devant Saint-Nazaire et remonte la Loire. Les gardes de côtes en référent au sénéchal de Saint-Nazaire, Marcel Beliotte, sieur de La Poterie, qui envoie un courrier au maréchal de Melleraye à Nantes, qui aussitôt descend le fleuve avec des navires armés, mais les Espagnols, n'étant pas guidés par des pilotes au fait du fleuves, décident de rebrousser chemin, le sénéchal envoie un second courrier, qui rejoint le maréchal déjà arrivé au Pèlerin, et qui lui répond (1) :

     

    Du Pèlerin, le 24e mars 1655.

    Monsieur le Séneschal, aussytost votre lettre receu, je me suis mis en batteau avec ce que j'ay peu de monde pour m'en aller à vous, affin de donner touts les ordres qu'il m'eust esté possible pour la coste ; mais ayant receu votre seconde qui m'apprent que les frégattes espaignolles se sont retirées de la rivière, et voyant que je serès la entièrement inutile, je m'en retourne, voyant que je serés inutile au service du roy et à votre soulagement. Si j'y puis quelque chose, aussytost que m'en aurés averty, je seray prest à retourner et vous tesmoigner le désir que j'ay de vous faire paraistre en touttes occasions que je suis, votre très affectionné à vous faire service.

     

    LA MELLERAYE. 

     
     
    Et au dos, la lettre portait la mention :
     
    Le Soubzigné Marcel Belliote, sénéchal de la Vicomté de Saint-Nazaire, a délivré la présente lettre a honorable homme Mathieu Bernart, seieur de Querloz et François Bonneazu, marguilliers en fabrique et paroisse de Saint-Nazaire. Faict ce troysième jour de janvier 1668, Belliote.
     
     
     
    (1) relevé de rené de Kerviler, op.cit.