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Manoir du Sable

  • La spéculation nazairienne durant le Second-Empire

    Dans notre article précédent, nous avons effleuré à nouveau le problème de la spéculation des terrains nazairiens au 19ème siècle.

     

    Saint-Nazaire s’est développé en quelques années par la création de son port, apportant richesses aux propriétaires des terrains avoisinant l’anse où l’on le creusa. Dans les abords immédiats, les grands propriétaires étaient, en 1850, les frères François-Louis-Marie (1790–1858),  et Joseph-Marie-François (1788-1860), Galliot de Cran avec le domaine du Bois Savary héritage de leur père qui l’avait rachetée au héritiers du marquis de Sesmaison en 1804 ; Aimable-Geneviève Tahier- Kervaret, (1801-1866), héritière par sa mère du Domaine du Parc à L’Eau ; la famille Girard de La Cantrie qui avait acquise le domaine du Prieuré à la Révolution ; la famille de Kermasson de Kerisac propriétaire du domaine du Lin depuis le début du 18ème siècle, par héritage de la famille Martin. Ces familles, et les quelques petits propriétaires du secteur, (concentré sur le secteur de La Ville Halluard), entreprirent une spéculation effrénée de leurs terrains, surexcitée parles hauts prix alloués en 1857 par le jury d'expropriation pour l'établissement de la gare du chemin de fer. Ils demandèrent de 40 à 100 francs du mètre-carré. Cette spéculation s’étendit à un périmètre qui devait être celui des fortifications initialement projetées, et dont le tracé « côté terre » correspond aux boulevards de ceinture du centre-ville, (Lesseps, Hugo…), ce qui concernait les domaines de Toutes-Aides aux Belliot ; La Ville au Fève à la famille Delange ; La Briandais aux Cornet et David ; et Le Sable dont nous allons parler plus longuement.

     

    La spéculation fut une des premières causes qui paralysa le premier développement de Saint-Nazaire, avec les interruptions imprévues et l’administration de la municipalité par des gens incompétents, c'est-à-dire René Guillouzo[1] devenu maire « sur une méprise » en 1848, et la mauvaise volonté de l’ingénieur Paul Leferme à qui l’on demanda de dessiner les plans de la ville alors qu’il ne voulait que s’occuper du port, estimant que c’était à la Municipalité de gérer les aménagements.

    Une mauvaise communication fit aussi qu’on éleva les premiers immeubles d’habitation à plusieurs centaines de mètres du bassin, alors que les besoins de développement étaient qu’on les édifia dans le voisinage même du port. Il y eut ainsi durant une décennie un no man's land, entre le port et le centre de la nouvelle ville qui se développa suivant au-delà du tracé de la rue de Nantes (aujourd’hui Auriol). Saint-Nazaire, entre 1848 et 1895, était ce que les urbanistes nomment « mitage », c'est-à-dire des bouquets de construction disparates le long de voies tracées dans un périmètre pourtant restreint. Cette urbanisation fut d’autant plus regrettable qu’elle ne s’accompagna pas des structures nécessaires à l’acheminement de l’eau, ni d’égout. Les logements, incommodes, tant pour les ouvriers que pour les bourgeois, ne suivaient au demeurant pas un cahier des charges commun, ce qui fit que des immeubles haussmanniens voisinaient avec des taudis. Grand exemple de ce mitage, le domaine du Bois-Savary ayant été vendus par les héritiers collatéraux du dernier frère Galliot de Cran, il se trouva constitué en une société nommée Salamanca fondée en 1868. On y traça des rues, mais les îlots peinèrent à se lotir jusqu’en 1930.

     

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    Saint-Nazaire vers 1865.

    On distingue le tracé des rues et places autour de terrains vides de bâtiment...

     

    La spéculation la plus spectaculaire fut celle entreprise par Alphonse Cézard, et a été soigneusement documentée par René de Kerviler dans son « Histoire du Port de Saint-Nazaire » publiée en 1892.

    Alphonse-Léopold-Nicolas-Louis Cézard, industriel d’origine lorraine, né le 20 février 1831 à Batavia aux Indes-Néerlandaises, (aujourd’hui Jakarta capitale de l'Indonésie). L’arrivée à Saint-Nazaire en 1857 de ce protestant, ce qui sous le Second-empire était pire qu’être juif, fils d’un armateur et raffineur sucrier, petit-fils d’un boulanger devenu « marchand mercier » grossiste des armées durant la Révolution, dérangea. Il est vrai qu’il se fit bruyamment remarquer par l’acquisition des domaines et manoirs nazairiens de Heinlex-Rohan, de la famille Havard-Duclos, et du Sables, d’Emmanuel Plessix[2]. Faisant raser Heinlex pour le remplacer par le petit château en brique et pierre qu’on voit encore, il ne toucha pas manoir féodale du Sable, heureusement toujours préservé, et plus ancienne habitation nazairienne encore existante, car remontant au début du 15ème siècle[3], mais il prévue de lotir l’ensemble du domaine, dont les dunes qui bordaient le Grand Traict. Il tenta aussi de se faire élire aux législatives de mai-juin 1863. Milliardaire, comme tous les raffineurs de sucre, (Say, Beguin, et Lebaudy), il fonda en juillet 1864 une entreprise Londres, la Saint-Nazaire Company limited, au capital astronomique de 600.000 livres sterling, elle-même actionnaire fondatrice à partir de 1865, de la Société de commerce de France, entreprise maritime au capital de 6 millions de francs, elle-même actionnaire de la Société des Crédits Généraux de Saint-Nazaire au capital de 2 millions de francs, fondée, en 1865 dans le but de lotir le domaine du Sable dont l’administration fut confiée à son frère Louis Cézard, et dont les autres actionnaires étaient le comte de Lopinot, monsieur Lucassen et monsieur Bye Colchester.

    En 1865 Alphonse Cézard, propriétaire de terrains, agissant au travers de ses trois sociétés écrans, proposa à la municipalité la réalisation d’un quartier sur 450.000 m² de terrains, réparties en 84 îlots de bâtiments d’habitations de toutes classes, délimité à 33 rues, doté de 5 grandes places, d’un parc luxuriant, et de tous les bâtiments nécessaires à la vie de la population et des administrations. Alphonse Cézard proposa en sus de céder gratuitement à la ville tous les terrains nécessaires à l'établissement des voies publiques, places et squares ; d'exécuter à ses frais le perré de protection de la dune et les escaliers de service du quai-boulevard du front de mer (qu’on aurait baptisé Napoléon III) sur 1 km ; de contribuer à la construction de l'église (rappelons qu’il était protestant) ; d'exécuter à ses frais, « dans des délais déterminés, ou à sa convenance dans certains cas », les halles, l'abattoir, la distribution d'eau, les bains et lavoirs, le théâtre, le grand hôtel, la bourse, le tribunal de commerce, le tribunal civil, la sous-préfecture, le collège et la caserne… à charge par la ville de concéder à perpétuité à sa compagnie les terrains appartenant à la commune dans le quartier à créer, le privilège du service de l'eau pour quatre-vingt-dix-neuf ans, l'exploitation des principaux lieux publics pour trente ans ; de faire ou de terminer le plus promptement possible le réseau général des égouts, les travaux d'éclairage ou d'assainissement et d'entretien des rues et voies publiques comprises dans les terrains appartenant à la compagnie ; et enfin d'exempter des droits de douane et d'octroi les matériaux employés dans les constructions nouvelles.

    Mais outre la méfiance que suscitait le personnage, les élus et la préfecture se demandèrent qui voudrait venir acheter des logements sur plan, et venir y vivre. Cézard avait anticipé, par l’intermédiaire de sa Société de commerce de France, il comptait faire de Saint-Nazaire son port principal, et à court terme un port franc pour ses navires, projetant de faire de Saint-Nazaire le grand marché des chargements flottants et comme le grand entrepôt du Sud et du Nord. Cézard avait dans les ports d'Europe ainsi que dans les colonies, de puissantes relations commerciales, et possédait à Java trois maisons de commerce ayant une clientèle maritime d'une centaine de mille tonnes[4]. Les élus applaudirent et signèrent pour accord.

     

    Les dessins du projet furent publiés dans tous les journaux et revues de l’époque, dont Le Monde illustré du 15 avril 1865, dithyrambique sur le devenir du port, s’extasiant du fait que la commune avait atteint en 20 ans 15.000 habitants, (en réalité on avait dépassé les 18.000), mais soulignant cependant que « […] il ne faut pas croire que Saint-Nazaire avec ses quinze mille habitants soit déjà une ville, elle n’en a même pas l’apparence, elle n’est qu’un assemblage de maison avec une église, une mairie et une salle d’asile sans halles, sans marchés, sans théâtres, etc. C'est-à-dire que rien n’existe, tout est à faire. »

     

    alphonse césard, saint-nazaire

    Le projet Césard dans Le Monde Illustré du 15 avril 1865.

     

    On n’avait cependant pas tenu compte que pour la réalisation d’un tel chantier, il eut fallu 50.000 ouvriers, que l’on aurait dû faire camper sous des abris provisoires faute de logements.

    Cent-mille francs furent investis pour l’édification de digues, de chaussées d'empierrement, de trottoirs, d’ouvertures de rues et travaux généraux. Les terrains achetés par les investisseurs pour une somme de 6 à 15 francs étaient cotés dans l'actif de 60 à 120 francs, et l'on établit que la Société des Crédits Généraux, en joignant aux bénéfices réalisés sur les terrains les produits des différents services d'utilité publique, devait recouvrer intégralement son capital dans un bref délai et réaliser un bénéfice de 5 millions en peu d'années.

    Un autre frère d’Alphonse, Nicolas Cézard fut nommé administrateur et président honoraire du conseil d'administration en mai 1865. Louis Cézard démissionna de son poste d'administrateur de la Société des Crédits Généraux de Saint-Nazaire en octobre 1865, cette démission en fut acceptée par le Conseil de l’entreprise que le 30 avril 1866, cependant Alphonse Cézard le remplaça dès octobre, puis donna à son tour sa démission par lettre sa démission le 2 novembre 1865. Léonce Cézard, encore un frère, fut nommé administrateur conjointement avec monsieur Suermondt, le marquis de Vaugiraud, le baron Brenier, et messieurs Ruys, Lefebvre-Duruflé, Leroy de Saint-Arnaud, Roman, et Gossin… et en juillet 1866, la Société des Crédits Généraux de Saint-Nazaire fut déclarée en faillite, avec rapidement celle Société de commerce de France. Le capital annoncé par chacune était purement spéculatif !

    Il y eu un retentissant procès, Alphonse Cézard fut attaqué par ses associés Pilon, Perthuy et Derrien. Alphonse fut défendu par l'avocat nantais Edouard-Auguste Bonamy, et accusa ses anciens associés « de manœuvres frauduleuses dans le but de le ruiner » !

    Mais le montage était si bien fait, que le tribunal déclara nulle la responsabilité de la Société des Crédits Généraux de Saint-Nazaire et d’Alphonse Cézard avec ses frères, envers ses actionnaires le 28 mai 1869. Les petits porteurs d’action en furent pour leurs frais, les Nazairiens maudirent  à jamais Alphonse Cézard, et le sable du Grand Traict recouvrit rapidement les trottoirs de l’amorce de boulevard digue qu’on recouvrit finalement par l’actuelle front de mer en 1888. 

    La Société des Crédits Généraux de Saint-Nazaire disparue, ruinant plusieurs actionnaires, sans qu'Alphonse Césard et ses frères, eux aussi impliqués dans la spéculation, furent inquiétés. La Société de commerce de France survécut et resta propriétaire du domaine du Sable. L'affaire fit long feu, car c'est seulement en 1873 que le tribunal de Paris  procéda à la mise en vente, en deux lot, de ensemble du domaine du Sable le 29 mai 1873. La vente fut annoncée dans la presse le 15 mai 1873. le premier lot comportait 4230.551 m² de terrain, soit un peu plus de 42 ha, et le second le manoir avec 8.780 m² de terrain. les frère Bessard du Parc s'en portèrent acquéreurs, il n'arrivèrent pas à lotir eux aussi le domaine, et durent le revendre en 1883 au prince de Béarn qui fit tracé de nouvelles voies, et arriva à vendre certains terrains ou en échanger avec la Commune. Ses héritiers revendirent à Aymé Duquaire, un lyonnais qui paracheva finalement l'entreprise et permis en 1924 à la municipalité de devenir propriétaire du manoir, mais aussi en 1930 des rues du lotissement constitué en société sous le nom de Lotissement du Sable. C'est ce quartier qu'on surnomme « La Havanne », bien que son nom soit Le Sable, et que La Havane n’est que celui de sa plus longue rue. Précisons aussi que ce quartier s’étant en réalité jusqu’à la bordure du Grand Marais, aujourd’hui asséché pour faire place au Parc Paysager, que l’achèvement du lotissement c’est fait en 1934, et que jusqu’à la guerre, les rues de ce vaste quartier n’étaient pas pavées ou revêtues d’asphalte et dotées que partiellement d’éclairage. Les habitants se plaignirent en 1937 auprès de la Municipalité de l’état de leur voirie, et c’est finalement durant les opérations de la Reconstruction que s’accomplirent les demandes.

    Alphonse Cézard avait quitté la ville dès 1866 en vendant Heinlex à Henri Duval, le fondateur de l’Usine à Gaz, mais ce n’est qu’en 1883 qu’il arriva à vendre le domaine du Sable à un autre investisseur. Il décéda le 17 février 1892 au château de La Touchelais à Savenay, (site de l'hippodrome), après avoir fondé dans cette ville une fromagerie, et avoir marié ses enfants dans les meilleures familles.

     

    Toutes ses spéculations firent que les industriels nantais ne vinrent pas s’établir à Saint-Nazaire comme on l’avait espéré, et l’industrie navale ne put se développer qu’avec l’acquisition des terre-pleins conquis sur l’estuaire par les déblais des bassins à flot, pour une redevance annuelle de 50,000 francs 25 hectares de terrains.

     

    On comprend ainsi pourquoi Auguste Amaury dans son guide touristique Itinéraire de Nantes à Saint-Nazaire, publié par Hachette en 1858, traita Saint-Nazaire de « San Francisco », et de « Petite Californie bretonne », au sens le plus péjoratif que cela sous-entendait à l’époque[5],

     

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/07/05/notes-du-la-famille-guillouzo.html

    [2] À propos d’Heinlex-Rohan : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/14/le-chateau-de-heinlex-troisieme-partie.html ; du Sable : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/26/la-maison-noble-du-sable-seconde-partie.html

    [3] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/26/la-maison-noble-du-sable.html

    [4] Il y possédait aussi 7 plantations.

    [5]  http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/03/19/saint-nazaire-petite-californie-bretonne-6137164.html

  • La Faunesse et les réaménagements des abords du manoir du Sable

    Au début du mois de novembre 2015, la municipalité de Saint-Nazaire a commencé les travaux de réaménagement de l’esplanade située devant le manoir médiéval du Sable1, face au Jardin des plantes, en découpant les grilles qui fermaient l'espace du côté de la rue de Pornichet. En raison de la présence de la statue " La Faunesse " du sculpteur Charles Despiau dont nous avons retracé l'histoire ici, (http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2014/12/13/la-faunesse-et-l-adolescente-5509826.html ), nous avons signalé les faits à madame Elisabeth Lebon qui a consacré sa thèse de doctorat sur ce sculpteur et achève actuellement une biographie de Despiau qui paraîtra en 2016 et où il sera question entre autres de la statue La Faunesse et de ses aventures à Saint-Nazaire.

     

    faun.jpg

    La Faunesse de Charles Despiau, 1925, h. 2,40 x l. 1,25 x p. 0,85, 

    (Photographies de David Silvestre)

     

    En raison de son travail madame Lebon a adressé un courriel à la Municipalité le 15 novembre 2015 pour savoir ce que La Faunesse allait devenir. La Mairie a fait réponse le 22 décembre par téléphone, collectant au passage auprès de madame Lebon diverses informations historiques et artistiques tant sur l'oeuvre que sur son auteur. La personne qui a téléphoné a assuré que la statue sera replacée dans le même espace, mais avec une mise en valeur qui permettra de la voir de face depuis la rue. Un demoussage est prévu, mais pas de nouvelle restauration. L'oeuvre appartient à la République Française, et non à la Commune de Saint-Nazaire, une intervention plus au-delà d'un déplacement et d'un nettoyage en surface ne peut être entrepris par la Marie. (NB : nous ne savons pas si le Fonds national d'art contemporain responsable de la statue a été informé.)

     

    Saluons ici la Mairie de Saint-Nazaire pour sa prise de conscience de l'importance du patrimoine qui lui est confié et de son initiative pour sa mise en valeur. 

     

     

    1L'histoire du manoir du Sable est consultable ici http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/26/la-maison-noble-du-sable.html et ici http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/26/la-maison-noble-du-sable-seconde-partie.html

  • Un noble nazairien devenu facteur

    Comme nous l'avons mentionné dans l'article portant sur l'histoire de la maison noble du Sable, une légende locale rapportée par F. Guériff veut que le dernier membre de la famille de La Haye du Sable termina douanier ou facteur à Saint-Nazaire. Nous l'avons expliqué, on trouve effectivement un Honoré Delahaye, facteur des postes à Saint-Nazaire en 1843, né vers 1805, qui laissa une descendance dans cette ville, mais rien ne prouve une filiation commune avec les nobles de La Haye du Sable, le nom de La Haye, ou Delahaye est très commun, on le trouve dans toutes les provinces de France et de Belgique, il y avait d'ailleurs à Saint-Nazaire une seconde famille noble du même nom, avec laquelle elles n'avaient aucun lien. Au-delà de cette homonymie, cette légende a été entretenue par le fait qu'il existait un Saint-Nazaire une famille noble pauvre que la Révolution, réduisit à l'état de simple cultivateur, il s'agit de la branche nazairienne de la famille du Bouays de Couesbouc, dont nous allons relater ici une partie de l'histoire.

     

     

    du bouays de couesbouc,de la haye du sable,facteur,douanierLa famille du Bouays de Couesbouc est une famille guérandaise noble d'ancienne extraction maintenue lors de la réformation de noblesse par arrêt du 5 février 1669, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505), toujours existante, elle porte pour armoiries : De sable à la fasce d'argent bordée de gueules. Cette famille s'illustra durant la guerre de succession de Bretagne avec un membre qui participa au combat des Trente le 26 mars 1351, mais aussi avec deux chouans, Alexis Louis Gordien du Bouays, comte de Couësbouc, et son fils René-Benjamin.

     

    L'une de ses branches de cette illustre famille s'établit à Saint-Nazaire à la suite d'un mariage au milieu du 18e siècle.

     

     

    I° Marie-René-Jacques du Bouays de Couesbouc, écuyer, époux de Marie-Josèphe de Kerpoisson, morte le 8 nivôse an II (28 décembre 1793) à La Ville-es-Liron à Saint-Nazaire, d'où :

     

    II° Joachim-Joseph du Bouays de Couesbouc, écuyer, lieutenant des gardes-côtes avant la Révolution, inscrit le 3 août 1790 sur les contrôles de la Garde nationale de Saint-Nazaire, se déclara marin dans l'acte de décès de sa mère, père de :

     

    III° François-Marie du Bouays de Couesbouc, était simple cultivateur à Kerveloche à Saint-Lyphard en 1834, devint facteur des postes à Guérande en 1849, époux de Jeanne Le Gall, d'où :

    1° Pierre, qui suit ;

    2° François, établi pharmacien à La Chataigneraye en Vendée

    3° un autre fils pharmacien à Paris.

     

    IV° Pierre du Bouays,(Saint-Lyphard le 16 octobre 1831 – La Chataigneraye 2 mars 1861), reçu docteur en médecine à Montpellier le 2 mars 1861, maire de Guérande en 1876, époux d'Emilie Grimaud, d'où :

    1° Gaétan ;

    2° Geoffroy.

     

    C'est donc François-Marie du Bouays de Couesbouc, devenu facteur sous le Second Empire, qui est à l'origine de confusion et de légende autour de la famille de La Haye du Sable.

  • La maison noble du Sable, seconde partie

    de Charault de Mérionnec : Tiercé en pal, d'or, d'azur, et d'argent .

     

    La famille de Charault de Mérionnec est une famille de la bourgeoisie guérandaise, anoblie en la personne de Guillaume de Charault de Mérionnec, qui acheta en 1776 la maison noble du Sable à Jean-Baptiste-René de La Haye du Sable, après avoir vendu le château de Careil situé à Guérande (1).

     

    I° Guillaume de Charault de Mérionnec, (1724 - Le Croisic 17 juillet 1778), seigneur de Mérionec, Conseiller du Roi et Maître ordinaire à la Chambre des Comptes de Bretagne, par acquisition de cette charge qui l'anoblie, en achetée en 1750, pour la somme de 50 000 livres, seigneur de la maison noble du Sable achetée en 1776 à Jean-Baptiste-René de La Haye du Sable ; homme cultivé et très attentif aux phénomènes naturels provoqués par les marées et en particulier l’ensablement progressif de la côte, il rédigea un mémoire vers 1770, conservé aux Archives Nationales, dans lequel il préconisait un certain nombre de moyens pour lutter contre l’ensablement, en particulier par la plantation d’arbres, conseils innovants, qui ne furent hélas suivis qu'un siècle plus tard (2) ; marié à Nantes le 6 juillet 1751 avec Placide Fourcade (3), (Nantes 2 juillet 1728 – Guérande, 28 août 1800), fille de Jean-Louis Fourcade, ancien juge consul et échevin de Nantes, et de Marie Jouanneaulx, d'où :

    1° Placide-Marie-Louise, baptisée le 11 octobre 1752 à Nantes ;

    2° Marie-Julie, (baptisée à Nantes le 7 décembre 1753 – Andard (Maine et Loire) 1798), mariée le 2 janvier 1777, en l’église Saint Maurille d’Angers, avec Louis-René Guérin du Grandlaunay, (1751-1840) ;

    3° Joseph-Pierre, né le 3 novembre 1763 ;

    4° Marie-Honorée, (Nantes 12 février 1765 – Nantes 28 janvier 1790), mariée le 9 juillet 1786, en l'église Sainte-Croix de Nantes, avec Jean-François Tranchevent, fils de Jean-Pierre Tranchevent, et de Jeanne Taillebois, issu d'une famille de capitaines de navires originaire d'Honfleur, au diocèse de Lisieux.

     

    Guillaume étant un anobli, le partage de ses biens se fit de façon roturière comme le voulait la Coutume de Bretagne, mais ceux-ci restèrent la pleine propriété de sa veuve. Celle-ci survécut à ses enfants, dont seule l’aînée laissa une descendance, ainsi à la mort de Placide Fourcade, le Sable devint la propriété de Louis-René Guérin du Grandlaunay.

     

    Guérin du Grandlaunay (4) : D'azur, à un croissant montant d'argent, accompagné à dextre d'une épée haute du mesme, et à senestre d'une palme aussi d'argent (qui est Bault de Beaumont), chargé en coeur d'un écu de gueules, au lion d'argent, (qui est Guérin du Grandlaunay).

     

    I° Louis-René Guérin du Grandlaunay, (Angers 23 janvier 1751 – Angers 25 juillet 1840), élu échevin d’Angers le 1er juin 1784, jusqu’en 1789, nommé juge de paix du canton de Trélazé de 1795 à 1807, date à laquelle il est nommé Maire d’Andard, fonction qu’il conservera jusqu’en 1826 sauf pendant les « 100 jours » ; marié le 2 janvier 1777, en l’église Saint Maurille d’Angers, avec Marie-Julie de Charault de Mérionnec, (baptisée à Nantes le 7 décembre 1753 – Andard (Maine et Loire) 1798), dont il hérita des biens de sa famille en 1801, d'où :

    1° Jean-Baptiste ;

    2° Marie-Julie, (1777 - 1825) ;

    3° Louise, (1780-1862) ;

    4° Louis, (1782-1839) ;

    5° Henri, (1785 - ??) ;

    6° Charles, (1785-1868) ; 

    7° Jean-Henri, (1787-??) ;

    8° Alexandre, (1788-1878) ;

    9° Cécile, (1791-1832) ;

    10° Augustine, (1793-??).

     

    Plessix

    En 1829 le manoir est propriété de Joseph-Emmanuel Plessix (Vallon 28 novembre 1806 - 16 mai 1870 Saint-Nazaire, inhumé au cimetière de La Briandais), marié 1ère Céleste Durant (+ 14 juin 1855 Nantes) ; 2e à Saint-Nazaire le 28 décembre 1868 avec Elodie-Marie Brevet (°Nantes 1ernovembre 1837). Le domaine abrite alors 12 personnes réparties en 4 ménages. Il chercha à vendre la propriété, composée "d'une maison de maître, d'une métairie et de dépendances, en juin 1839, mais ne trouva pas d'acquéreur. C'est finalement sa veuve hérite qui vend à Alphonse-Léopold-Nicolas-Louis Cézard. (NB : il possédait aussi la ferme de La Fosse à Sautron.)

    sable.jpg

    Cadastre Cadastre de 1829, Archives départementales.

    On distingue à droite la manoir toujours existant, et les bâtiments de la ferme depuis détruit. 

     

    Alphonse-Léopold-Nicolas-Louis Cézard

    Cézard : Parti de gueules et d'azur à trois roses d'or brochant (2 et 1) ; au chef de … chargé d'un voilier de … navigant dans une mer agitée de … Cimier : Un dauphin nageant dans une mer. Devise : Post nubila Phœbus (Après la pluie le beau temps), (5).

     

    Alphonse-Léopold-Nicolas-Louis Cézard, (Nicolas dans sa famille, Alphonse seulement pour ses affaires, cette double nomination explique que les noms des navires qu'il possédait au port de Saint-Nazaire), armateur et banquier, était né à Batavia aux Indes-Néerlandaises, (aujourd’hui Jakarta capitale de l'Indonésie), son père, natif de Nancy, y avait fait fortune comme armateur et planteur de sucre, devenu milliardaire, il était revenu avec toute sa famille en France afin d'y marier convenablement ses enfants, dépensant pour les doter toute sa fortune, et en faisant des spéculations industrielles. Alphonse Cézard contribua à fonte de la fortune de son père en spéculant dans l'industrie et le commerce au moment de l'ouverture du port de Saint-Nazaire, il fut impliqué dans quelques scandales locaux, et perdit d'importantes sommes que son père recouvrit, il débuta comme armateur, avec deux navires, le Alphonse Cézard et le Nicolas Cézard, puis il voulut faire de la politique en se présentant pour les législatives de Saint-Nazaire contre le candidat seul et officiel (nous étions sous le Second Empire...) Anselme François Fleury, le 17 mai 1863, il ensuite fut directeur pour la France de la Saint-Nazaire Compagny, une société fondée à Londres en juillet 1864, pour l'établissement d'une nouvelle ville sur les terrains de l'ancien manoir du Sable, et fonda le 15 janvier 1865 la Société des Crédits généraux de Saint-Nazaire, filiale de son entreprise de transports maritimes, la Société du Commerce de France, lesquelles furent mise en faillite en 1866... Il avait spéculé sur les terrains du domaine du Sable, qu'il voulait lotir en une cité moderne,d’un quartier sur 450.000 m² de terrains, réparties en 84 îlots de bâtiments d’habitation étaient de toutes classes, délimitant un quartier sur 450.000 m² de terrains, réparties en 84 îlots bâtiments d’habitation étaient de toutes classes, délimité de 33 rues, doté de 5 grandes places, d’un parc luxuriant, et de tous les bâtiments nécessaires à la vie de la population et des administrations. Alphonse Cézard proposa en sus de céder gratuitement à la ville tous les terrains nécessaires à l'établissement des voies publiques, places et squares ; d'exécuter à ses frais le perré de protection de la dune et les escaliers de service du quai-boulevard du front de mer (qu’on aurait baptisé Napoléon III) sur 1 km ; de contribuer à la construction de l'église (rappelons qu’il était protestant) ; d'exécuter à ses frais, « dans des délais déterminés, ou à sa convenance dans certains cas », les halles, l'abattoir, la distribution d'eau, les bains et lavoirs, le théâtre, le grand hôtel, la bourse, le tribunal de commerce, le tribunal civil, la sous-préfecture, le collège et la caserne… à charge par la ville de concéder à perpétuité à sa compagnie les terrains appartenant à la commune dans le quartier à créer, le privilège du service de l'eau pour quatre-vingt-dix-neuf ans, l'exploitation des principaux lieux publics pour trente ans ; de faire ou de terminer le plus promptement possible le réseau général des égouts, les travaux d'éclairage ou d'assainissement et d'entretien des rues et voies publiques comprises dans les terrains appartenant à la compagnie ; et enfin d'exempter des droits de douane et d'octroi les matériaux employés dans les constructions nouvelles.

     

    Possesseur du manoir de Heinlex, qu'il avait fait totalement reconstruire, et qu'il dut vendre à Henri Duval, le président de la Chambre de commerce, avant de se retirer au château de La Touchelais à Savenay, où se trouve aujourd'hui l'hippodrome, où décéda, après fondé dans cette ville une fromagerie.

     

    Société des Crédit Généraux de Saint-Nazaire disparue, ruinant plusieurs actionnaires, sans qu'Alphonse Césard et ses frères, eux aussi impliqués dans la spéculation, furent inquiétés. La Société de commerce de France survécut et resta propriétaire du domaine du Sable. L'affaire fit long feu, car c'est seulement en 1873 que le tribunal de Paris procéda à la mise en vente, en deux lots, l'ensemble du domaine du Sable le 29 mai 1873. La vente fut annoncée dans la presse le 15 mai 1873. le premier lot comportait 423551 m² de terrain, soit un peu plus de 42 ha, et le second le manoir avec 8780 m² de terrain.

     

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    Annonce de la vente parue dans Le Monde Illustré du 15 mai 1873.

     

    Le domaine fut acquis par les frères Bessard du Parc.

     

     

    Famille Bessard du Parc

     

    Bessard du Parc : D'argent à deux fasces de gueules, accompagné de sept merlettes de sable, 3,3, 1.

    Famille de la bourgeoisie issue d'un sénéchal de la seigneurie de La Haye-de-Lavau à Savenay. 

     

    I° Julien-Marie-Alexandre Bessard du Parc, (1823-1899), époux de Claudine-Emma Mathel-Tharin, (1829-1870), d'où :

    1° Julien-Marie-Joseph, (1854-1906), époux de Marie_Métella Tulou, d'où postérité ; acheta avec son frère Olivier le domaine du Sable le 6 janvier 1883, qu'ils revendirent peu après au prince de Bearn en 1883 ;

    2° Emmanuel-Marie-Thomas, (1856-1882) ; 

    3° Olivier, époux de Blanche-Berthe Schmer, d'où postérité, co-propriétaire du domaine du Sable.

     

     

    Le prince de Béarn

     

    de Galard de Brassac de Béarn : Ecartelé : aux 1 et 4, d'argent, à trois corneilles de sable, becquées et membrées de gueules ; aux 2 et 3, d'or, à deux vaches passantes de gueules accolées, accornées et clarinées d'azur, accolées d'hermine.

    Laure-Henri-Gaston de Galard de Brassac de Béarn, comte de Brassac, comte de Béarn, comte de Béarn et de l'Empire, baron de La Rochebeaucourt, comte de Marsan, prince Béarn et de Vianna par lettres de la Reine Isabelle d'Espagne du 9 juillet 1868, duc de Cantabrie, marquis d'Excideuil, grand d'Espagne de première classe, etc., (Cassel, Grand-duché de Hesse-Cassel, (aujourd'hui en République Fédérale d'Allemagne) 9 juillet 1840 – Pau 18 juin 1893), il augmenta sa fortune en spéculant dans l'immobilier des différents projets orchestrés par le gouvernement du Second-Empire, l'achat de la propriété du Sable se fit dans ce seul but, il fit dessiner des avenues sur le domaine, et dépeça celui-ci en différents lots, une partie, dite "Le bois de sapins" (en réalité des pins plantés à la demande du prince pour stabiliser les dunes et les rendre exploitables comme à La Baule), fut acquise par la municipalité à la suite d'un échange avec le prince de Béarn, approuvé par le Conseil le 7 août 1885, afin de créer le jardin qui avait été envisagé par Alphonse Cézard, c'est le Jardin des Plantes actuel, dessiné par le paysagiste nantais Aubry. Le prince de Bearn ne vient jamais à Saint-Nazaire, mais l'une des rues perpétue le souvenir de sa possession le long du jardin : la rue de Béarn (6). (le quartier, dit aujourd'hui "de La Havane", dont le vrais nom est "Le Sable", est né de cet échange). L'aménagement ne se fait cependant pas avant le 11 juin 1886.

    Jusque qu'à la Première Guerre mondiale, la zone était peu urbanisée, les avenues n'étaient que des allées sablonneuses, le long desquelles se trouvaient quelques rares villas. Le Manoir du Sable, fut vendu à Aymé Duquaire qui acheta le reste des parcelles à lotir, (sous le nom de Lotissement du Sable, l'opération ne s'acheva qu'en 1934, et les rues ne furent dotées de revêtement qu'au moment de la Reconstruction).

     

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    L'avenue de Béarn en 1900, Coll. O.M. de S.L.

     

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     Le "bois de sapins", en 1886-87, coll. F.B.

    (la prise de vue a été réalisée depuis l'avenue Ferdinand de Lesseps)

     

    Durant la période ou la Prince de Bear fut propriétaire du domaine, la ferme du manoir, située à proximité, et détruite par Aymée Duquaire, était toujours en métayage. Dans son " Précis historique du vieux Saint-Nazaire ", publié en 1907, G. Le Barbier de Pradun, décrit ainsi les lieux qui servait à la promenade des citadins : C’était au bois des Sables, on y buvait un lait délicieux à la métairie du même nom, puis jeunes gens et jeunes filles se livraient au plaisir de la danse, pour retourner tous ensemble, la journée une fois terminée, à leurs domiciles respectifs.

     

    d'Aymé Duquaire à la municipalité

     

    Aymé Duquaire, (1840-1922) était Lyonnais qui avait débuté comme avoué chez un notaire(7), puis qui se lança dans la spéculation immobilière. À Saint-Nazaire il acheva le lotissement du domaine du Sable. Il offrit à la ville une parcelle triangulaire en 1910, pour la création d'un square où fut installée la statue du Soldat de l'An II, sur la rue Villebois-Mareuil, qui aurait dû comporter deux maisons. Ce square, (parfois nommé Aymé-Duquaire, bien qu'il n'ait jamais reçu officiellement ce nom), pris le nom de Square du Souvenir Français. Ses biens avaient été regroupés en une société du nom de Société Aymé Duquaire et Cie, le domaine du Sable n'était alors plus qu'un parcelle de 2ha sur laquelle subsistaient le manoir seigneurial, et une maison à un étage à l'angle de l'avenue de Bearn et de la rue de Pornichet, construite dans les années 1860, et que la municipalité rasa dans les années 1970 pour faire place à un nouveau bâtiment. Par séance du 28 juin 1924, suite à un proposition d'achat présentée par le maire Vivan Lacour le 28 février 1924 (8), le Conseil municipal se décida d'acquérir le manoir et son parc afin de créer un second jardin botanique, le prix d'achat et d'aménagement fut de 475.000.fr, payé par un emprunt au Crédit Foncier, somme énorme à l'poque et qui souleva des indignations. Il fallut plusieurs années pour que les travaux soient réalisés, le manoir resta longtemps fermé, se délabra, son parc ressembla rapidement à une jungle. La maison seigneuriale fut affectée aux jardiniers, elle fut remise à neuf d'une façon radicale qui fit perdre une part de son cachet, ce que critiqua une part de la population, (cf. Le Courrier de Saint-Nazaire du 10 juillet 1931, sous la plume de Jacqueline Bruno) ; la seconde maison fut affectée au Patronage laïc de jeunes filles (9). Le parc de la maison, situé à l'arrière fut transformé en jardin à la française avec des serres.

     

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    Le manoir en juin 1937 (publication du Courrier de Saint-Nazaire du 5 juin 1937).

     

    Par la suite on installa différente administrations et service municipaux dans le manoir, notamment durant la guerre le bâtiment devient école en raison de la réquisition par l'occupant d'une partie des structures scolaires, puis il devint la bibliothèque municipale de 1949 à 1971, et à la fin des années 90 le foyer des Anciens à la suite de la construction de la résidence pour personnes âgées en bordure de la cour d'honneur, le long de l'avenue de Lesseps. Un second groupe d'immeubles fut ensuite bâti le long de l'avenue de Bearn.

     

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    Plan d'aménagent du manoir en bibliothéque, conservé dans les archives dites de l'Ancien Musée, aux Archives municipales de Saint-Nazaire ; cliquer pour agrandir.

     

     

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    La maison noble du Sable, au centre, et le parc aménagé au début des années 1970, on voit à gauche la maison construite dans les années 1860 qui avait été affectée par la municipalité au Patronage laïc de jeunes filles, à l'arrière du manoir, on distingue les serres municipales. (carte postal, crédit inconnu, me contacter pour mention future du nom des ayants droit, merci.)

     

    En 2008 le jardin arrière, que la municipalité n'entretenait plus, fut bétonné sur le moindre centimètre pour faire place à une résidence des plus disgracieuses, aux appartements sombres. 

     

    (1) A.D.44, E 550. — Vente de la maison noble du Sable, en Saint-Nazaire, par René de La Haie, chevalier, à Guillaume Charault, chevalier, seigneur de Merionnec. 1776.

    (2) Sources : Gaétan d’Aviau de Ternay « Dictionnaire des magistratsde la Chambre des Comptes de Bretagne », page 84 ; Les Cahiers du Pays de Guérande, N°15 ( Année 1994), pages 9 et 10 ; généalogie et histoire de la famille Guérin du Grandlaunay, établies et communiquées par monsieur Héric Guérin du Grandlaunay, ancien sous-préfet de Saint-Nazaire, et descendant direct de Guillaume Charault de Merionnec. 

    (3) Elle était la dernière représentante de la branche de la famille Fourcade, originaire de Bayonne, établie à Nantes en 1670, et qui portait : « De sinople au pairle d’argent ». (Cf. « Histoire de la Famille Fourcade », Notice historique et généalogique par François-Laurent Jacquier - informations communiquées par monsieur Héric Guérin du Granlaunay, op.cité.)

    (4) Généalogie et informations communiquées par monsieur Héric Guérin du Granlaunay, op.cité.

    (5) D'après les armoiries sculptées sur la façade sud du manoir de Henleix.

    (6) N.B. : si le nom de la rue se prononce « béarne », comme l'ancienne province, le nom de la famille de prononce lui « béhar' », (avec l'accent versaillais-pata-chaude-dans la bouche).

    (7) Son avoué était Viart à Lyon.

    (8)Vivan Lacour présenta la possibilité d'achat sans avoir entretenu le conseil en commissions, et sans que ce fut à l'ordre du jour, mais la possibilité d'acheter le reste du domaine, même avec deux maisons décrites comme étant "en mauvais état", était pour la municipalité une affaire qui manquait de jardin public et de bâtiments à affecter.

    (9) Délibérations du Conseil municipal, (arch. Mun. De S.-N.), (cf. Henri Moret « Hitoire de Saint-Nazaire », 1925).

  • Le maison noble du Sable, première partie

     

    sable.jpg

     

    Façade arrière en 1931, gravure de Paul Bellaudeau,

    parue dans Le Courrier de Saint-Nazaire du 10 juillet 1931.

     

     

    Le bâtiment se trouve coincé entre des immeubles, ses façades dénaturées par un enduit de ciment repeint de couleur abricot en 2008, aucune démarche n'a été entreprise pour le faire répertorier par la DRAC et le faire protéger par les Monuments Historiques. Il est cependant le dernier témoin de ce que fut Saint-Nazaire à l'époque médiéval, et de son histoire d'avant la Révolution française. Durant trois siècle et demi, il fut la résidence et propriété de la famille de La Haye du Sable, qui posséda aussi la métairie de La Paquelais (qui pris le nom du village de Kerlédé), et la seigneurie de La Motte-Allemand. Jusqu'à la Révolution, le manoir comportait une chapelle seigneuriale. Ajoutons que le manoir était à l'origine protégé des vents par un bois de hautes futaies qui servait d'amer pour la navigation dans l'Estuaire.

     

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    Le bois du manoir du Sable sur la Carte géométrique de l'Entrée de la Rivière de Loire par l'ingénieur de la Marine et de l'Académie de Marine, Michel Alexandre Magin, 1757.

     

     

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    de La Haye du Sable : De gueule à trois bandes d'argent. 

     

     

    La filiation de cette famille noble nous est en grande partie connue grâce au registre manuscrit des Preuves de noblesse pour les Pages de la Grande Ecurie tenu par Charles d'Hozier en septembre 1694, (B.N., fr. 32101, f° 107), et dans le « Nobiliaire de Bretagne (1668-1671) », Tome II, manuscrit, contenant les maintenus de la noblesse bretonne, (B.N., fr. 8318, f°157), et par les Mémoires généalogiques des familles de la noblesse de Bretagne, de la réformation de la noblesse faite dans cette province en exécution des lettres patentes du Roi de l'année 1668, rédigées par Refuge de Pompone, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505).

     

     

    I° Macé (ou Mahé) de La Haye, écuyer, seigneur de métairie La Paquelais, et de la maison noble du Sable, fils de Goffroy de la Haye, seigneur du Plessis, cité en 1448; il comparut armé à Cheval en habillement de brigandine à la montre de noblesse d'avril 1467 tenue à Guérande ; époux de Jeanne Gautrot, d'où :

    1° Jean, cité dans la réformation de noblesse de l'Evêché de Nantes comme noble demeurant à Saint-Nazaire le 14 janvier 1457 ; marié le 13 juillet 1447 à Montoire avec Jeanne Gautevot, fille de Geofroi Gautevot, écuyer, et de Duvable de La Chernaië, sans postérité.

    2° Gille, qui suit. 

     

    II° Gille de La Haye, écuyer, seigneur de la métairie de La Paquelais, et de la maison noble du Sable, époux de Marguerite David, d'où :

    1° Guillaume, qui suit ;

    2° Perronne, épouse de Mathurin Roiné, elle fit partage avec son frère de la succession noble de leur père le 25 janvier 1478.

     

    III° Guillaume de La Haye, écuyer, seigneur de la métairie de La Paquelais, et de la maison noble du Sable, marié : 1° par contra du 1er janvier 1476 passé à Nantes avec Jeanne de Bruc, fille de Guillaume de Bruc, écuyer, seigneur de Bruc et de Vieillecourt, et de Guillemette d'Esdrieux ; 2° Jeanne de Kersac, d'où :

    1° François, seigneur de La Paquelais, et de la maison noble du Sable, époux de Françoise Joüan, qui fit cession le 16 novembre 1553 des seigneuries de son époux à son beau-frère Jean ; fille de Jean Joüan, seigneur de Remzegac, et de Marguerite du Val, dame du Boisarnai ;

    2° Jean, qui suit ;

    3° Poncet, écuyer, seigneur de La Paquelais et de la maison noble de Kerlédé, marié en 1622 à Jeanne Le Guennec, baptisée le 28 août 1600 à Guérande, fille de Guillaume Le Guennec, écuyer, seigneur de Kersallio, et de Suzanne de Beaubois, d'où :

    a° René de La Haye, seigneur de La Paquelais et de la maison noble de Kerlédé, baptisé le 5 février 1624 à Guérande, décédé le 11 juin 1655 à Nantes, paroisse Saint-Vincent, inhumé le 13 juin en l'église des Carmes ; époux de Louise Mocquard, dont il n'eu pas d'enfant. Restée dame de La Paquelais et de la maison noble de Kerlédé par héritage de son époux, elle se remaria le 4 décembre 1659 à Nantes avec Gabriel Michaël, écuyer, seigneur de La Rolandière, dont elle n'eut pas non plus d'enfant. La Paquelais passa par héritage aux Le Guennec, plus proches parents de son époux. (Voyez article Kerlédé)

     

    VI° Jean de La Haye, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable, pour laquelle il rendit aveu et dénombrement le 10 juillet 1560 à Odet de Bretagne d'Avaugour, vicomte de Saint-Nazaire ; époux de Marguerite Savari, d'où :

    1° Pierre, qui suit ;

    2° Julienne, mariée sur consentement de son frère, par contrat le 27 juin 1610 à Saint-Nazaire avec Artus de Chévigné, écuyer, seigneur de La Sicaudaie, fils aîné de Christophe de Chévigné, et de Claude de Bouteillet.

     

    V° Pierre de La Haye, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable, pour laquelle il fit hommage au Roi le 29 avril 1617, (mort avant le 3 juillet 1638), marié par contrat du 15 février 1609 à Saint-Nazaire avec Jeanne de Châteautro, dame du Cartier, de Kerlouais, de La Villejan, et de Plaisanse, à Plumieux (22), fille de René de Chateautro, sieur du Cartier, de Kerlouais, de La Villejan, et de Plaisanse, et de Jeanne de Francheville-Saveuse, veuve, elle fit le dénombrement de la maison noble du Sable le 3 juillet 1638 auprès de Gabriel de Goulaine, vicomte de Saint-Nazaire ; d'où :

    1° François, qui suit ;

    2° Jean, né le 21 septembre 1628 au Cartier, (Plumieux 22), baptisé le 28 décembre 1628 à Plumieux ;

    3° François, sieur de Kerloys, prénommé comme son frère, avec lequel il fit partage des biens de leur père le 24 avril 1649, maintenus nobles sur arrêt du 24.01.1669 ; époux de Julienne du Boscher, d'où :

    a° Mathurin, sieur du Cartier, époux d'Anne de La Carbinnière ;

    b° René-Louis ;

    c° Joseph ;

    d° François ;

    e° François, sieur du Kerloys.

    4° Guillaume, inhumé à La Trinité-Porhoët le 8 janvier 1649.

     

    VI° François de La Hayer, écuyer, (mort avant le 29 janvier 1671), seigneur de Pouveus, du Cartier et de la maison noble du Sable pour laquelle il fit dénombrement le 2 mai 1654 à Claude du Chastel, vicomtesse de Saint-Nazaire ; déclaré majeur et responsable en octobre 1642 afin qu'il épouse Julienne-Andrée du Boschier, dame de Coësmellen, d'où :

    1° Louise, née à Ménéac (56) le 17 octobre 1643 ;

    2° Claude, dame de La Villejan, née à Ménéac le 4 janvier 1649 ;

    4° Renée-Claude, née à Plumieux le 10 novembre 1650, baptisée le 1er décembre suivant, épouse de Louis-Guillaume Le Tenours, écuyer, seigneur du Plessis-Bruslé :

    5° Louis-Mathurin, né le 13 juin 1651 à Plumieux, seigneur du Cartier, époux d'Anne de La Corbinière, fille de François de La Corbinière, écuyer, seigneur du Fresne, et d'Yvonne Gouro, d'où postérité sous le nom de de La Haye du Cartier jusqu'en 1834, éteinte dans la famille de Careil, en Morbihan ;

    6° Sébastien, né à Plumieux le 31 août 1652, baptisé le 4 septembre suivant ;

    7° Louis, qui suit ;

    8° René-Joseph, né à Plumieux le 3 janvier 1655, baptisé le 20 suivant ;

    9° François, né à Plumieux le 4 août 1656, baptisé le 10 suivant ;

    10° Joseph.

     

    VII° Louis de La Haye du Sable, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable pour laquelle il rendit aveu au Roi le 10 janvier 1678, seigneur de La Motte-Allemand par héritage maternel de son épouse, maintenu noble d'extraction lors de la réformation de noblesse par arrêt du 29 janvier 1671 - inhumé à Guérande le 17 mars 1700 ; marié le 9 avril 1647 à Saint-Nazaire avec Olive Le Long du Dreneuc, dame de La Motte-Allemand par héritage de sa famille maternelle, (Saint-Nazaire 20 aout 1638- Saint-Nazaire 3 novembre 1688), fille de Jean Le Long, écuyer, seigneur du Dreneuc, et de Jeanne de La Bouexière, d'où :

    1° Monique, née le 6 juillet 1675 à Saint-Nazaire, mariée le 2 mai 1707 à Guérande avec Louis-Gille du Matz, écuyer, seigneur de Gléré, (natif de la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, établi à Saint-Nazaire suite à son premier mariage avec Jeanne de La Bourdonnaye, native de Montoire), il fut constaté qu'ils étaient parents au 4e degré, ils durent renouveler leurs veux après dispense le 22 mai 1710 ;

    2° René, qui suit ;

    3° Pélagie, (Saint-Nazaire 10 mars 1680 – Saint-Nazaire 2 juin 1688) ;

    4° Olive, dite mademoiselle de La Motte, mariée le 7 mai 1715 à Guérande avec Pierre-François Le Flo de Tremelo, écuyer, seigneur de Kerleau, maintenue noble par ordonnance du 25 septembre 1703, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505). 

     

    VIII° René de La Haye du Sable, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable et de La Motte-Allemand, né à Saint-Nazaire le 24 juillet 1676, baptisé le 29 juillet suivant, présenta ses preuves de noblesse pour les Pages de la Grande Écurie en septembre 1694, (B.N., fr. 32101, f° 107), maintenue noble par ordonnance du 6 mai 1701, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505), établi au château de La Motte-Allemand, il participa à la conspiration de Pontcallec et fut interné à Nantes ; marié à Guérande le 7 février 1702 à Marie-Madeleine Le Mintier, d'où :

    1° Jean-Marie, né le 14 février 1706 à Guérande, ondoyé le 15 février, baptisé le 10 mars ;

    2° Marie-Olive,né le 6 juillet 1707 à Guérande, baptisée le lendemain, décédée le 7 octobre 1707 ;

    3° René, qui suit.

     

    IX° René de La Haye du Sable, chevalier de La Motte-Allemand, époux de Marie Lefeuvre, d'où :

    1° François-René,  né et baptisé à Guérande le 25 janvier 1722, décédé et inhumé à Guérande le 31 janvier 1722 ;

    2° Louis-Marie, seigneur de La Motte-Allemand et de la maison noble du Sable, mort avant 1768 ;

    3° Jean-Baptiste-René, décédé à Saint-Nazaire le 11 avril 1780, après son frère seigneur de la maison noble du Sable, (qu'il vendit en 1776 (1) à Guillaume Charault de Merionnec, chevalier), seigneur de La Motte-Allemand, (qu'il vendit le 29 octobre 1770 à François Le Chauff).

     

     

    Une légende local rapportée par F. Guériff veut que le dernier membre de cette famille terminât douanier ou facteur à Saint-Nazaire, on trouve effectivement un Honoré Delahaye, facteur des postes à Saint-Nazaire en 1843, né vers 1805, qui laissa une descendance dans cette ville, mais rien ne prouve une filiation commune avec les nobles de La Haye du Sable, le nom de La Haye, ou Delahaye est très commun, on le trouve dans toutes les provinces de France et de Belgique, il y avait d'ailleurs à Saint-Nazaire une seconde famille noble du même nom, avec laquelle elle n'avait aucun lien. Au-delà de cette homonymie, cette légende a été entretenue par le fait qu'il existait un Saint-Nazaire une famille noble que la Révolution, réduisit à l'état de simple cultivateur, il s'agit de la famille du Bouays de Couesbouc, dont nous parlerons dans un autre article.

     

    Durant la période ou la famille de La Haye du Sable résida au château de La Motte-Allemand, la maison noble du Sable fut affectée à la famille Walsh, qui exerça la fonction de sénéchal de la seigneurie de La Motte-Allemand, plusieurs membres de cette famille sont mentionnés comme étant nés au manoir du Sable dans les registres paroissiaux.

     

    (1) A.D.44, E 550. — Vente de la maison noble du Sable, en Saint-Nazaire, par René de La Haie, chevalier, à Guillaume Charault, chevalier, seigneur de Merionnec. 1776.