Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

pornichet

  • Les paludiers de Saint-Nazaire

    Tous les nazairiens, qu’ils soient à Saint-Nazaire ou expatriés de l’autre côté de la planète, ont irrémédiablement du sel de Guérande dans leur cuisine. Plus qu’une habitude culturelle, c’est un besoin génétique. Le sel, qui servait à la conservation des aliments, a fait la fortune de la Presqu’île ; c’est aussi en raison du commerce du sel, dont l’Angleterre était la plus grande consommatrice, que les Bretons choisirent le camp de l’enfant Jean de Montfort. Cet attachement aux Anglais de la part des paludiers bretons fit courir la légende que ceux-ci étaient en réalités des descendants de saxons. Aujourd’hui on ne parle plus que du sel de Guérande en raison d’une IGP, (Indication Géographique Protégée), mais si c’est sur cette commune que se trouvent la majorité des œillets, il ne faut pas ignorer que l’appellation s’étant sur les œillets de Baltz et de La Turballe, et aussi à la commune de Saint-Nazaire !

    En fait, l’IGP « sel de Guérande » et « fleur de sel de Guérande », s’étend en Loire-Atlantique sur les 39 communes suivantes : ASSERAC, BATZ-SUR-MER, BAULE-ESCOUBLAC (LA), BESNE, BOUEE, CAMPBON, CHAPELLE-DES-MARAIS (LA), CHAPELLE LAUNAY (LA), CROISIC (LE), CROSSAC, DONGES, DREFFEAC, GUENROUET, GUERANDE, HERBIGNAC, LAVAU-SUR-LOIRE, MALVILLE, MESQUER, MISSILLAC, MONTOIR-DE-BRETAGNE, PIRIAC-SUR-MER, PONTCHATEAU, PORNICHET, POULIGUEN (LE), PRINQUIAU, QUILLY, SAINT-ANDRE-DES-EAUX, SAINT-GILDAS-DES-BOIS, SAINT-JOACHIM, SAINT-LYPHARD, SAINT-MALO-DE-GUERSAC, SAINT-MOLF, SAINT-NAZAIRE, SAINTE-ANNE-SUR-BRIVET, SAINTE-REINE-DE-BRETAGNE, SAVENAY, SEVERAC, TRIGNAC, TURBALLE (LA) ; et sur les 7 communes du Morbihan suivantes situées le long de la Villaine : CAMOEL, FEREL, NIVILLAC, PENESTIN, ROCHE-BERNARD (LA), SAINT-DOLAY, THEHILLAC.

     

    Le choix de l’aire géographique définie s'est fait en se basant sur les références historiques de l’activité salicole en Presqu’île guérandaise, comprenant : « les différentes routes du sel ainsi que les emplacements des marchands de sel et stockeurs hors du site de production ». Ainsi trouve-t-on historiquement des emplacements de lieux de stockage de sel et de commercialisation jusqu’aux villes de Savenay et de Campbon. Le dossier de constitution de l’IGP précise : « Le périmètre de l’aire choisie reflète la réalité de l’espace utilisé aujourd’hui pour produire, stocker en vrac et effectuer un premier conditionnement clos par les différents opérateurs. Les marais salants du bassin de Guérande et leur proximité immédiate étant intégralement situés en site classé, il est impossible de construire des bâtiments de stockage sur le site. L’ensemble de ces éléments justifient la délimitation de l’aire géographique de l’IGP ».

     

    Ce blog étant consacré à l’histoire de Saint-Nazaire, nous nous bornerons ici à ne parler que des paludiers nazairiens, car oui, il y a eu à Saint-Nazaire une production de sel qui se stoppa presque totalement en 1870 et définitivement en 1895.

     

    Parler des paludiers de Saint-Nazaire n’est pas chose facile ; on manque cruellement d’informations à leur sujet, ils étaient très peu nombreux, officiaient sur un territoire réduit qui est depuis 1900 devenu celui de la commune de Pornichet. Ce territoire se composait des lieux de vie des paludiers, les hameaux de La Villès Davaud où il ne reste que quelques longères dénaturées, dont une encore dans son jus couverte de tôle ondulée, et qui fut un temps transformée en musée ; La Gruche, (derrière le cimetière), totalement remodelé ; l’Ermur qui a pour l’instant, malgré un lotissement intensif de cette zone recherchée, a conservé son aspect historique de campagne cloisonnée de haies et de maisonnettes basse à deux travées avec dépendances ; Prieux, devenue un quartier résidentiel où a été tracée « l’avenue des Paludiers » ; et la Villès Liron, disparue depuis, en bordure même du marais salant. Enfin, le lieu d’exploitation, le marais salant de Saint-Nazaire, qui se trouvait le long de la limite des paroisses d’Escoublac et de Saint-Nazaire, a aujourd’hui disparue sous l’herbe de l’Hippodrome et du Parc paysager de Pornichet.

     

    paludier,pornichet,saint nazaire,guérande

    Le marais salant de Saint-Nazaire en 1829, (cliquer pour agrandir).

     

    Les paludiers de Saint-Nazaire n’étaient pas propriétaires de leurs œillets ; ceux-ci appartenaient aux seigneurs locaux : le vicomte de Saint-Nazaire et le seigneur de Cleux. Les partages et reventes firent que ces propriétés furent divisées durant l’Ancien-Régime entre deux co-seigneurs dans le cas de Saint-Nazaire, et trois seigneurs indépendants pour Cleuz, (Cleuz-le-Propre, Cleuz-Coyau, Cleuz-Siriac). Cleuz-Siriac fut acquise par Julie Lepennec du Bois-Jolland, veuve de Charles marquis de Sesmaisons en 1748 ; Cleuz-le-Propre et Cleuz-Coyau furent acquises vers 1780 par Jean-Baptiste-Elie Camus de Pontcarré, co-vicomte de Saint-Nazaire[1].

    Louis-Jean-François-Népomucène-Marie Camus de Pontcarré, fils d’Elie, fut guillotiné à Paris le 30 avril 1794, ses biens furent déclarés domaine nationale le 27 octobre 1794, et mis en vente ; Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons, qui avait hérité de sa mère la part des marais dépendant de Cleuz, acquis les œillets des Camus de Pontcarré.

    De ce passé médiéval il restait les noms de certains œillets : La Grande Marquise, pour la partie acquise en 1748 par la marquise de Sesmaisons ; la Saline de Cleux pour la partie appartenant aux Camus de Poncarré.

     

    L’afferment des salines de Saint-Nazaire se faisait suivant le contrat suivant : deux tiers du sel récolté allaient aux propriétaires, un tiers aux paludiers exploitants, (à Guérande ils ne touchaient que le quart, mais le rendement était supérieur) ; l’entretien des œillets, ainsi que l’impôt spéciale que pouvait à certaines occasions lever le curé recteur de Saint-Nazaire, (malgré le fait qu’en Bretagne il n’existait pas la gabelle), étaient à la charge des paludiers.

     

    Les paludiers de Saint-Nazaire étaient beaucoup moins riches que ceux de Saillé, mais leur niveau de vie était supérieur à ceux de la majorité des nazairiens. S’ils n’étaient pas propriétaires des oeillets, ils étaient cependant propriétaires de petit domaines agricoles ce qui leur valait dans les actes la désignation de « laboureur » à côté de celle de paludier. Ils formaient une caste qui trouvait ses épouses parmi les familles des autres paludiers de la Presqu’île, ou parmi celles des laboureurs nazairiens, et après la Révolution leurs filles épousaient des agents des douanes. Parents et enfants participaient à l’exploitation des œillets que la famille avait en fermage.

     

    Parmi les familles de paludiers nazairiens, la plus anciennement connue est la famille MOUILLERON. Elle a aussi pour autre particularité d’avoir fournie les deux derniers paludiers de la commune. Cette famille était suffisamment importante pour donner son nom à un domaine agricole constitué en hameau à force de partages, La Villes Mouilleron à Pornichet, où existe encore leur ferme, au nord-ouest de l’ancien marais salant. On notera que c’est par l’intermédiaire de cette famille que la majorité des autres familles de paludiers nazairiens purent avoir des baux d’exploitation.

     

    I° Charles MOUILLERON, (Guérande vers 1674 – Saint-Nazaire 3 mai 1723), paludier et laboureur, marié le 27 novembre 1696 à Saint-Nazaire avec Françoise BRENY, (Saint-Nazaire 23 août 1671 - 12 mai 1719), d’où :

      1. Perrine MOUILLERON, Née le 29 septembre 1698 - Saint-Nazaire Décédée le 11 juin 1769 - Saint-Nazaire, Mariée le 24 janvier 1736, Saint-Nazaire, 44184, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France, avec Julien TARTOUÉ (Saint-Nazaire 28 janvier 1698 - 24 septembre 1777 Saint-Nazaire), tisserand, d’où :
        1. Jeanne TARTOUÉ, (Saint-Nazaire 11 février 1739 - 3 septembre 1804 Saint-Nazaire), mariée le 3 février 1766 avec René LEGAL, paludier à Saint-Nazaire, voir généalogie LEGAL ;
      2. Renée MOUILLERON, mariée le 8 février 1724 à Saint-Nazaire avec Pierre NICOL, paludier natif de Guérande, d’où entre autres :
        1. Marie NICOL, (née à Guérande), mariée le 4 novembre 1749 à Guérande avec Guillaume LÉVÊQUE, d’où :
          1. Yves LÉVÊQUE, (Guérande vers 1748 - 11 janvier 1829 La Gruche en Saint-Nazaire) paludier, marié le 18 août 1778 à Saint-Nazaire avec Guillemette LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1750 - 19 mars 1826 La Gruche en Saint-Nazaire), fille de Pierre LEGAL, paludier (voir généalogie LEGAL), d’où :
            1. Thomas LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 30 juillet 1782 - 21 septembre 1813 La Gruche en Saint-Nazaire), paludier, marié le 11 février 1808 à Saint-Nazaire, avec Julienne MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 29 novembre 1781 - 2 octobre 1870 La Gruche en Saint-Nazaire), d’où :
              1. Julienne LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 23 mai 1809 – 20 juillet 1887 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 23 janvier 1828 à Saint-Nazaire avec Guillaume GUERVEL, (né le 7 avril 1805 à Careil en Guérande), paludier à Saint-Nazaire ;
              2. Marie-Françoise LÉVÊQUE, (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec son cousin Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, (voyer généalogie LEGAL), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
    1. Thomas LÉVÊQUE, (né le 21 septembre 1813 à La Villes Liron en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie Françoise MAHÉ, (Prieux en Saint-Nazaire 5 avril 1813 - 13 mars 1843 La Gruche en Saint-Nazaire) d’où trois filles dont une mariée à un paludier de Guérande.
    2. Jean-Marie LÉVÊQUE, (Bellon en Guérande 10 décembre 1767 - 26 mars 1833 Ermur en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 mai 1795 à Saint-Nazaire avec Julienne BROHAN, (née le 23 janvier 1771 à Ermur en Saint-Nazaire), d’où :
      1. Ysabelle LEVESQUE (née le 16 février 1796 à Ermur en Saint-Nazaire) ;
      2. René Jean LÉVÊQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 27 mars 1798 - 9 avril 1798 Ermur en Saint-Nazaire) ;
      3. Marie LÉVÊQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 3 août 1799 - 10 mai 1863 Ermur en Saint-Nazaire), mariée le 31 décembre 1817 à Saint-Nazaire avec Julien-Marie LEBERT, (Beslon en Guérande 27 décembre 1797 - 19 mars 1828 Ermur en Saint-Nazaire), paludier à Saint-Nazaire, d’où :
        1. Jean Marie LEBERT, (Ermur en Saint-Nazaire 29 septembre 1819 - 3 décembre 1820 Ermur en Saint-Nazaire) ;
        2. Marie LEBERT, (née le 11 septembre à Ermur en Saint-Nazaire), mariée le 13 juin 1854 à Saint-Nazaire avec Jean-André-Marie HALLUARD, (La Villès Robert en Saint-Nazaire 8 février 1820 - 22 janvier 1899 Géraud en Saint-Nazaire), laboureur, d’où trois enfants, dont une fille mariée à un paludier de Guérande ;
    3. Thomas LEVESQUE, (Guérande 23 avril 1793 – 19 novembre 1859 Prieux en Saint-Nazaire), marié le 7 août 1822 à Saint-Nazaire avec Marie-Madelaine MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 14 mars 1798 - 15 novembre 1873 Ermur en Saint-Nazaire), d’où 6 enfants dont une fille épouse d’un paludier d’Escoublac ;
    4. Jean-Marie LEVESQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 14 mars 1803 - 17 mars 1803 Ermur en Saint-Nazaire) ;
    5. Jeanne LEVESQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 6 février 1805 - 7 septembre 1811 Ermu en Saint-Nazaire).
    6. Martin NICOL, établi à Guérande, marié le 22 novembre 1757 à Guérande avec Julienne BERTHO, née à Guérande, d’où :
      1. Jeanne NICOL 1761, mariée, 1ère le 1er mai 1786 à Guérande, avec Julien LEGAL natif de Saint-Nazaire ; 2ème le 19 mai 1799 à Guérande avec Yves EON, (Brénahuet) Guérande 2 janvier 1769 - 19 juin 1827 - (Beslon) Guérande)
    7. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire le 15 octobre 1703 - 4 mars 1753 - Saint-Nazaire), paludier, marié, 1er le 26 septembre 1730 à Saint-Nazaire avec Marie Mothais, (Saint-Nazaire 16 février 1694 - 3 août 1731 Saint-Nazaire) ; 2ème le 29 janvier 1732 à Saint-Nazaire avec Renée GEFFROY, (Saint-Nazaire 7 février 1706 – 18 février 1767 - Saint-Nazaire) ; d’où, du second lit :
      1. Charles MOUILLERON, né à Saint-Nazaire le 30 octobre 1734 ;
      2. Julienne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 4 mars 1737 - 11 décembre 1800 Saint-Nazaire), mariée le 3 février 1770 à Saint-Nazaire avec Raoul BROHAND, paludier, (Batz-sur-Mer vers 1742 - le 3 avril 1807 Saint-Nazaire), d’où :
        1. Julienne BROHAN, mariée le 5 mai 1795 à Saint-Nazaire avec Jean LÉVÊQUE, voyez généalogie LÉVÊQUE) ;
        2. François BROHAN, (Saint-Nazaire 10 juillet 1772 - 13 juin 1773 Saint-Nazaire) ;
        3. Marie BROHAN, (Saint-Nazaire 18 juin 1774 - 3 juillet 1774 Saint-Nazaire).
      3. Pierre MOUILLERON, né le 11 décembre 1738 à Saint-Nazaire ;
      4. Françoise MOUILLERON, (Saint-Nazaire 2 octobre 1742 - 18 janvier 1749 Saint-Nazaire) ;
      5. Catherine MOUILLERON, (Saint-Nazaire 5 février 1746 - 5 mai 1747 - Saint-Nazaire).
    8. François MOUILLERON (Saint-Nazaire 30 mai 1705 - 3 février 1772 Saint-Nazaire), paludier et laboureur, marié le 22 novembre 1729 à Saint-Nazaire avec Julienne CAVARO, (Saint-Nazaire 12 février 1707 - 6 mai 1778 Saint-Nazaire), d’où :
      1. Thomas MOUILLERON, Saint-Nazaire 3 janvier 1731 - 19 septembre 1795 Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié, 1ère le 18 novembre 1754 à Saint-Nazaire avec Perrine BARBIN, (Saint-Nazaire 27 décembre 1733 - 16 avril 1756 Saint-Nazaire) ; 2ème le 23 novembre 1762 à Saint-Nazaire avec Perrine SOHIER, (Saint-Nazaire 9 février 1739 - 2 septembre 1763 Saint-Nazaire) ; 3ème le 8 avril 1766 à Saint-Nazaire avec Julienne GEFFROY, (Saint-Nazaire 22 décembre 1732 - 1er février 1810 Saint-Nazaire), d’où :

    Du premier lit :

        1. Yves MOUILLERON, (Saint-Nazaire 15 avril 1756 - 17 août 1768 Saint-Nazaire)

    du second lit :

        1. Marie MOUILLERON, (Saint-Nazaire vers 1763 - 18 novembre 1823 Saint-Nazaire), mariée le 23 novembre 1784 à Saint-Nazaire avec André BERTHO, (Saint-Nazaire 23 décembre 1750 - 25 août 1806 Saint-Nazaire), laboureur ;

    du troisième lit :

        1. Jeanne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 16 avril 1767 - 4 mai 1773 Saint-Nazaire) ;
        2. Julienne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 15 novembre 1768 - 21 novembre 1768 Saint-Nazaire) ;
        3. Élisabeth MOUILLERON, (Saint-Nazaire 27 avril 1770 - 12 septembre 1821 Saint-Nazaire), mariée le 7 juillet 1790 à Saint-Nazaire avec Julien Nicolas, (Saint-Nazaire 12 mai 1762 - 6 août 1799 Saint-Nazaire) ;
        4. César MOUILLERON, (Saint-Nazaire 18 avril 1773 - 29 mai 1773 Saint-Nazaire) ;
        5. Denis MOUILLERON, (Saint-Nazaire 16 avril 1774 - 24 janvier 1823 Saint-Nazaire), paludier, marié, 1ère le 16 mai 1797 à Saint-Nazaire avec Françoise FOUGARÉ, (née le 30 septembre 1768 à Saint-Nazaire) ; 2ème le 18 juin 1799 à Saint-Nazaire avec Jeanne TARTOUÉ ; d’où :

    Du premier lit :

          1. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire 22 septembre 1798 - 21 septembre 1816 Saint-Nazaire), laboureur ;

    Du second lit :

          1. Thomas MOUILLERON, (né le 18 septembre 1800 à Saint-Nazaire), laboureur ;
          2. Jean-Marie MOUILLERON, (né le 18 mai 1803 à Saint-Nazaire), paludier ;
          3. Michel-Sébastien MOUILLERON, (né le 21 septembre 1805 à Saint-Nazaire), paludier, marié le 15 novembre 1836 à Saint-Nazaire avec Renée-Françoise lENO, (née le 22 août 1807 à Saint-Nazaire).
      1. Julien MOUILLERON (Saint-Nazaire 25 octobre 1738 - 4 janvier 1743 Saint-Nazaire) ;
      2. René MOUILLERON, (Saint-Nazaire 4 avril 1741 - 13 janvier 1743 Saint-Nazaire) ;
      3. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire 19 octobre 1745 - 8 juillet 1812 Saint-Nazaire), laboureur, marié quatre fois.
      4. Charles MOUILLERON, (Saint-Nazaire 1er septembre 1707 - 10 juin 1769 Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié le 22 novembre 1729 à Saint-Nazaire, Perrine BOURY, (Saint-Nazaire 24 octobre 1700 - 1er mai 1765 Saint-Nazaire), d’où 7 enfants dont aucun ne fut paludier, ou unis à un paludier.

     

    A la lignée des Mouilleron il faut donc ajouter celle des Legal, famille devenue paludière à la suite de la Révolution :

     

    1. Pierre Legal, paludier, époux de Marie DAVIS, d’où :
    2. René LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1739 - 15 décembre 1809 Villès Davaud en Saint-Nazaire), paludier, époux de Janne TARTOUÉ, (Saint-Nazaire 11 février 1739 - 3 septembre 1804 Saint-Nazaire), d’où :
      1. Julien LEGAL (Villès-Davaud en Saint-Nazaire 11 novembre 1777 - 23 novembre 1830 Villès Davaud en Saint-Nazaire), paludier ; marié, 1ère avec Julienne ROUAUD, (Saint-Nazaire vers 1771 - Saint-Nazaire 1er mars 1801) ; 2ème le 15 juin 1802 à Saint-Nazaire avec Catherine HALGAND, (Saint-Nazaire 3 décembre 1775 - 24 décembre 1857 Ermur en Saint-Nazaire) cultivatrice, d’où :

    Du premier lit :

        1. Marie LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 24 février 1801 - 26 février 1801 La Villes Davaud en Saint-Nazaire),

    Du second lit :

        1. Julienne LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 11 octobre 1803 - 23 juin 1804 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        2. Julien Marie LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 26 octobre 1804 - 31 octobre 1805 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        3. Jean LEGAL, (né le 16 mars 1806 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        4. Marie LEGAL, (née le 23 avril 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 8 novembre 1832 à Saint-Nazaire, avec Mathieu François HERVO, (15 janvier 1803 Rangré en Saint-Nazaire - 1er mai 1857 Saint-Nazaire), Marin, Cultivateur
        5. Pierre LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 19 mai 1810 - 25 avril 1862 La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, marié le 4 novembre 1840 à avec Julienne-Marie CAVARO, (Rangrais en Saint-Nazaire 9 août 1817 - La Villes Davaud en Saint-Nazaire 10 janvier 1885), d’où :
          1. Marie-Julienne LEGAL, (née le 31 mars 1845 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 16 octobre 1866 à Saint-Nazaire avec Jean-Marie DAUVISI, (né le 13 août 1835 à Villès Creneau en Saint-Nazaire) ;
          2. Pierre LEGAL.
      1. Julienne-Marie-Catherine LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 5 février 1813 - 28 décembre 1817 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
      2. Jean-Marie LEGAL, (né le 2 juin 1815 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), marié le 12 février 1855 à Sallertaine (Vendée), avec Rosalie VERONNEAU, (Sallertaine 13 avril 1826 - 11 décembre 1857 Saint-Gervais) ;
      3. Thomas LEGAL, (né le 4 novembre 1818 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
      4. Marie-Catherine LEGAL (née le 26 janvier 1821 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 4 novembre 1840 à Saint-Sébastien de Saint-Nazaire avec René OISEAU (né le 26 juillet 1819 à Ermur en Saint-Nazaire), charpentier.
    1. Jeanne LEGAL, (La Villes Davaud Saint-Nazaire 6 février 1742 - 9 octobre 1809 Saint-Nazaire), marié le 5 février 1771 à Saint-Nazaire avec François LE GOUAS, (Guérande vers 1746 - 26 juillet 1808 Saint-Nazaire), paludier, d’où :
      1. Marie LE GOUAS, (Prieux en Saint-Nazaire 25 mai 1773 - 31 juillet 1818 La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 21 décembre 1797 à Saint-Nazaire avec Pierre BOURDIC, (Ker Bouchard en Batz-sur-Mer 12 octobre 1772 - 19 mars 1822 Mainguisserie en Saint-Nazaire), d’où :
        1. Marie Françoise BOURDIC, (Saint-Nazaire 3 décembre 1798 – 16 mars 1844 Saint-Nazaire), mariée le 20 novembre 1826 à Saint-Nazaire avec Jean ANEZO, (Assérac 27 septembre 1791 - 20 mai 1832 Saint-Nazaire), préposé aux douanes ;
        2. René BOURDIC, (Saint-Nazaire 7 octobre 1800 - 19 août 1868 Prieux en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 juillet 1827 à Guérande avec Marie Jeanne GUERVEL, (La Thébaudais en Guérande 27 octobre 1802 – 15 décembre 1862 Prieux en Saint-Nazaire), d’où postérité de cultivateurs et de forgerons ;
        3. Jeanne BOURDIC, (née le 17 mars 1803 à La Ville Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 10 avril 1833 à Saint-Nazaire avec Jean Marie FOUGARE, (Pornichet en Saint-Nazaire 13 mai 1806 - 10 janvier 1838 à bord du navire "Les Salazes"), marin ;
        4. Jean BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 17 février 1805 – 12 mars 1806 Gruche en Saint-Nazaire) ;
        5. Julienne BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 3 janvier 1807 – 7 novembre 1811 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        6. Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie-Françoise LÉVÊQUE (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), (voyez généalogie MOUILLERON), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
        7. Pierre BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 20 mai 1810 – 12 février 1869 Pornichet en Saint-Nazaire) paludier, marié : 1ère le 5 novembre 1840 à Saint-Nazaire avec Françoise AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 15 octobre 1812 - 31 août 1845 Pornichet en Saint-Nazaire), fille de Julien AUDRAIN, (voir généalogie AUDRAIN) ; 2ème le 4 mai 1854 à Saint-Nazaire avec Marie Julienne BRENY, (née le 10 octobre 1818 à Cuy en Escoublac), d’où du premier lit :
          1. Yves BOURDIC, (né le 3 août 1843 à Pornichet en Saint-Nazaire), marié, 1ère le 14 novembre 1871 à Saint-Nazaire avec Jeanne-Françoise CAVARO (Saint-Nazaire 5 février 1837 - 28 juin 1873 Saint-Nazaire) ; 2ème le 20 juillet 1875 à Saint-Nazaire avec Marie Renée PIVEAU, née le 1er septembre 1844 à Prieux en Saint-Nazaire).
        8. Elisabeth Renée BOURDIC, (née le 10 décembre 1811 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 11 novembre 1848 à Saint-Nazaire avec Pierre François ROUSSELET, (né le 13 avril 1804 à La Montagne en Saint-Nazaire), laboureur ;
        9. Julienne BOURDIC, (née le 3 juillet 1814 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire).
      2. Pierre LE GOUAS, (né le 24 juillet 1775 à Saint-Nazaire) ;
        1. René LE GOUAS, (Saint-Nazaire 8 novembre 1778 - 17 février 1786 Saint-Nazaire).
      3. Guillemette LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1750 - 19 mars 1826 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 18 août 1778 à Saint-Nazaire avec Yves LÉVÊQUE, (vers 1748 - 11 janvier 1829 La Gruche en Saint-Nazaire) paludier, d’où :
        1. Thomas LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 30 juillet 1782 - 21 septembre 1813 La Gruche en Saint-Nazaire), paludier, marié le 11 février 1808 à Saint-Nazaire, avec Julienne MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 29 novembre 1781 - 2 octobre 1870 La Gruche en Saint-Nazaire), d’où :
          1. Julienne LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 23 mai 1809 – 20 juillet 1887 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 23 janvier 1828 à Saint-Nazaire avec Guillaume GUERVEL, (né le 7 avril 1805 à Careil en Guérande), paludier à Saint-Nazaire ;
          2. Marie-Françoise LÉVÊQUE, (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec son cousin Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, (voyer généalogie MOUILLERON), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
          3. Thomas LÉVÊQUE, (né le 21 septembre 1813 à La Villes Liron en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie Françoise MAHÉ, (Prieux en Saint-Nazaire 5 avril 1813 - 13 mars 1843 La Gruche en Saint-Nazaire) d’où trois filles dont une mariée à un paludier de Guérande.

     

    A ces deux lignages de racines nazairiennes il faut ajouter celui de famille Audrain, venue de Férel, commune située de l’autre côté de la Presqu’île, à la suite de la Révolution :

     

    1. Pierre Audrain, (Férel vers 1750 - 2 décembre 1834 Saint-Nazaire), marié le 24 novembre 1778, Saint-Nazaire avec Perrine LEMARE, (Saint-Nazaire vers 1751- 30 mars 1825 Pornichet en Saint-Nazaire), d’où :
      1. Julien AUDRAIN, (né le 25 octobre 1779 à Pornichet en Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié le 19 novembre 1811 à Saint-Nazaire avec Janne PRIÉE, (La Villès Noire en Saint-Nazaire 8 juillet 1786 - 11 janvier 1834 Pornichet en Saint-Nazaire), (dont le frère Mathieu PRIÉE fut aussi paludier) ; d’où :
        1. Françoise AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 15 octobre 1812 - 31 août 1845 Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 5 novembre 1840 à Saint-Nazaire avec Pierre BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 20 mai 1810 – 12 février 1869 Pornichet en Saint-Nazaire) paludier, (voir généalogie LEGAL), d’où :
          1. Yves BOURDIC, (né le 3 août 1843 à Pornichet en Saint-Nazaire), marié, 1ère le 14 novembre 1871 à Saint-Nazaire avec Jeanne-Françoise CAVARO (Saint-Nazaire 5 février 1837 - 28 juin 1873 Saint-Nazaire) ; 2ème le 20 juillet 1875 à Saint-Nazaire avec Marie Renée PIVEAU, née le 1er septembre 1844 à Prieux en Saint-Nazaire).
          2. Julienne-Jeanne AUDRIN, (née le 24 juin 1815 à Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 15 novembre 1843 à Saint-Nazaire avec François FOUGARÉ, (né le 13 août 1818 à Pornichet en Saint-Nazaire), d’où postérité ;
          3. Jeanne AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 31 mars 1824 - 4 janvier 1825 Pornichet en Saint-Nazaire).
      2. Perrine AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 28 septembre 1781 - 23 janvier 1863 Prieux en Saint-Nazaire), mariée le 11 février 1808 à Saint-Nazaire avec Guillaume LEBRUN, (Saint-Nazaire 16 avril 1780 - 16 janvier 1849 Saint-Nazaire), laboureur ;
      3. Mathieu AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 2 février 1784 - 9 février 1784 Pornichet en Saint-Nazaire) ;
      4. Marie-Catherine AUDRAIN, (née le 29 août 1785 à Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 30 janvier 1811 à Saint-Nazaire avec Honoré DUMONT, (né le 26 avril 1781 à Coutances), receveur des douanes.

     

    Le registre contenant la correspondance au départ de la ville de Saint-Nazaire entre le 5 septembre 1815 et le 31 mai 1820, restitué en 2019 à la Ville de Saint-Nazaire, fait état à la date du 7 septembre 1819 du rôle des paludier et porteuses de sel de Saint-Nazaire   avec nom et famille.  Le lecteur y trouvera les noms des paludiers déjà cités dans les extraits généalogiques retranscrit plus haut. A la liste des personnes déjà citées, il faut ajouter donc Mathieu PRIÉE, (La Villès Noire en Saint-Nazaire 10 janvier 1791 - 7 juin 1868 Rangrais en Saint-Nazaire), laboureur et paludier, inscrit sur le rôle, mais qui n’était pas issu d’une famille exploitant les marais salants, et dont la sœur Janne avait épousé le paludier Julien AUDRAIN, déjà cités. Sur le rôle il est précisé qu’il exploitait ses œillets avec sa fille ; nous n’avons pas pu déterminer laquelle des celle qu’il avait eu de son premier mariage il s’agit. En effet, il avait épousé en premières noces le 14 novembre 1815 à Saint-Nazaire, Julienne MOLLÉ, (La Villès Chevisson en Saint-Nazaire 8 juin 1790 - 16 août 1818 La Villès Chevisson en Saint-Nazaire), dont il eut un nombre d’enfants indéterminé ; puis le 17 novembre 1821 à Saint-Nazaire, Renée MAHÉ, (Rangré en Saint-Nazaire 21 mars 1792 - 18 mai 1870 Rangré en Saint-Nazaire), dont il eut aussi postérité.

     

    paludier,pornichet,saint nazaire,guérande

    Rôle des paludiers et porteuse de sel de Saint-Nazaire en 1819, (cliquer pour agrandir)

     

    Le rôle de 1819 nous enseigne aussi que l’exploitation salicole constituait une production de 43.000 kg pour 1818, à la production des paludiers il faut ajouter 700 kg de sel transporté sur la commune par les porteuses. En effet aux paludiers s’ajoutaient des femmes qui faisait commerce du sel qu’elles apportaient des autres salines. Le trop grand nombre d’homonymie ne permet pas de les identifier aisément.

    Il convient de tenir compte que la production de sel en œillet dépend du climat, et que plus la production était important, moins elle se vendait chère. Faute de documentations concernant la production moyenne de sel en Presqu'île et à propos de son prix de vente, nous ne pouvons dire combien touchaient les paludiers en cités en 1819. Nous signalerons cependant que depuis 1814 le climats avait été très hostile, réduisant la production de céréale au point de provoquer des inquiétudes au maire de Saint-Nazaire qui craignait une famine. 

     

    La fixation des dunes de la baie de La Baule (Bôle), dont la concession avait été accordé au marquis de Sesmaisons, plus gros propriétaire foncier de Saint-Nazaire et d’Escoublac, participa à l’envasement de l’étrier de Pornichet. Le marais salant étouffa peu à peu. Les paludiers avaient charge d’entretenir le lieu de leur exploitation, mais le sel de mer rapportait de moins en moins en ce début d’ère industriel, même si en 1860 le prix de la tonne de sel passa en quelques mois de 18 fr 75 à 46 fr 90 en raison d'une pénurie, il avait tendance à se maintenir autour 15 fr la tonne. En 1870 le prix du sel tomba à 6 fr 80 la tonne, et ne fit que chuter jusqu'à tomber à 5 fr 50 la tonne en 1875. Les paludiers se constituèrent en corporation (les syndicats n'étaient pas autorisés) dans l’espoir d’obtenir des aides publiques et de faire fléchir le propriétaire des salines pour qu’il finance une part des travaux qui devaient permettre de désenvaser l’étrier. Mais face à la spéculation immobilière de la station balnéaire en constitution, le marais salant devint un potentiel lieu de construction et de développement urbain.  En 1895 le dernier paludier posa définitivement son las, malgré un prix de 16 fr 50 la tonne, l'état du marais ne prouvait plus permettre une production viable, et les baux ne furent pas renouvelés. Cinq années plus tard, Pornichet se détacha de Saint-Nazaire et devient une commune et on l'on inaugura à leur place l'hippodrome en 1907.

     

     

    [1] Voyer les articles sur la seigneurie du Bois-Joalland et Cleuz.

  • Cette Nazairienne que l’on chante

    Non, je ne vais pas vous parler de la créatrice de la marque de ticheurte, mais d’une autre Nazairienne qui fut exhumée et mise en musique par Fernand Guériff et audible ici : https://www.youtube.com/watch?v=wB4tWBhprHA

     

    Cette chanson est née entre 1861 et la première guerre mondiale. Elle fait partie de la longue liste de ces canzonettes citadines, relatant la vie locale, ses travers, crimes, et événements cocasses, que l’on entonnait dans les cafés, guinguettes et aux banquets. À la fin du 19ème siècle on composait ainsi sur un air connu facilement interprétable au piano ou l’accordéon, (très rarement composés pour), quelques couplets faciles à retenir et qui vous restaient dans la tête des heures. Il en eut beaucoup à Saint-Nazaire, certaines dues à Atys Goy, la majorité aux différentes philharmoniques, L'Harmonie de Saint-Nazaire, La Lire de la Loire à Penhouët[1], Le Trait d’Union à Saint-Marc[2], Les Tambourds et Clairons du 4e bataillon du 64e de Saint-Nazaire, parfois à des clients ou des tenanciers de beuglants.

    On trouve ainsi de temps à autre dans les brocantes des textes à chanter anonymes, imprimés, mais sans partition. C’est le cas de « Ma Nazairienne » que Fernand Guériff redécouvrit et mis en musique.

     

    Mais cette chanson, nombre de Nazairiens n’en comprennent pas les paroles, et j’ai eu, je dois l’avouer, un rire flaubertien qui a dû retentir dans tous Naples quand un professeur m’a écrit hier vouloir la faire chanter à ses élèves. Si les paroles finales sont, il me semble, plus explicites que celles de Il court le furet, Mon ami Pierrot, où Ce petit chemin, je dois accorder que sans une vraie connaissance de l’histoire nazairienne, et j’ose l’écrire, sans une ascendance pluricentenaire à Saint-Nazaire, on a du mal à comprendre toutes les subtilités du texte.

     

    Décortiquons donc notre Nazairienne. La chanson commence ainsi :

    « L'autre jour rue d'la gare, tout seul j'arpentais le trottoir

    Quand dans la rue de Nantes, je vis un'femme des plus charmantes

    J'me mis à la pister jusqu'à la rue du Prieuré

    Enfin je la suivis dans la rue du bois Savary

    Mais elle a pris une autre rue et c'est là que je l'ai perdu »

     

    Resituons nous avant la première guerre mondiale : les rues décrites sont celle qui forment la périphérie de la place Marceau, et qui est plus loin cité, « Tous les soirs place Marceau pendant une heure j'fais le poireau », avec la rue de Paris qui longeait la place, «  L'autre jour rue de Paris sans la chercher je la revis ».

     

    Sans titre-1.jpg

    Dans notre Saint-Nazaire d’aujourd’hui la place Marceau correspond à l’emplacement du site occupée par la Ruban bleu, la rue de Nantes est depuis 1919 la rue Henri Gautier, la rue du Prieuré, qui partait en biais a disparue en partie et est devenue rue de la Petite-Californie, mais la rue du Bois Savary demeure, la rue de Paris est devenue Roger Salengro, la rue de la gare est devenue Stalingrad. Il manque deux rues dans la description, volontairement omises par l’auteur de la chanson, les rues de La Ville Aubry, actuelle rue de Saintonge, et la rue de Méan, autre rue en biais, disparue à la Reconstruction.

    la nazairienne, saint-nazaire, bordel, maison close, pornichet, ker-souveraine

    Les rues de la Ville Aubry et de Méan avaient la particularité d’être les rues où étaient les deux maisons closes de Saint-Nazaire.

    Celle de la Ville Aubry était fréquentée par les officiers de marine et la gentry locale. Elle était tenue par le couple Etienne Médan et Françoise Peytoureau, qui exploitaient en 1861 sept filles : Marie Rocher, Françoise Retz, Mathurine Guillernait, Jeanne Lession, Josephine Lacly, Marie-Anne Leguenec, et Eugénie Brunian. Cette maison connue un moment de panique quand on apprit que le premier a avoir été porteur de la fièvre-jaune à Saint-Nazaire y avait passé le 25 juillet 1861 sa première soirée à terre.

    Celle de la rue de Méan était réservée aux marins et aux ouvriers. La tenancière, Véronique Maisonneuve, femme Martin, se présentait comme la propriétaire d’une pension, mais où les raccrocheuses de trottoir conduisaient leurs clients pour une passe. En plus d’une cuisinière, il y avait là en 1861 sept« pensionnaires », qui faisaient le tour du quartier entre le port et les cafés, pour rameuter le client : Julie Lebecret, Marie Bompré, Marie Mironnet, François Legac, Hortence Picard, Marie Cattana, Hélène Gouesmat.

    la nazairienne, saint-nazaire, bordel, maison close, pornichet, ker-souveraine

    Notre Nazairienne est donc l’une des filles de la « pension » de la rue de Méan.

    Elle suivait les demandes de la clientèle pour son commerce :

    « Ma Nazairienne gironde était devenue subitement blonde

    Et devant mon air baba elle me dit tu ne sais donc pas

    Qu'les blondes sont recherchées je m'suis teinté à l'oxygénée

    Mais n't'en fais pas mon gros chéri, tout ça n's'aperçoit pas dans l'lit ».

     

    Notre Nazairienne n’était pas la seule à faire commerce de ses charmes entre la place Marceau et le port, et il n’y avait pas que des femmes, nombre de marins, de garçons des chantiers, et de militaires à la Briandais arrondissaient leur fin de mois en se montrant du côté de la société de gymnastique et de tir « La Nazairienne », club sportif réservé aux hommes, avant de se rendre dans les buissons du parc de l’entrepôt des douanes (emplacement de l’ancien VIP).

    Tous les cafés avaient au moins une fille qui faisait entraîneuse. Les parents d’Aristide Briand en avaient deux en permanence, qui gardaient le petit Aristide quand madame Briand faisait le ménage et les courses. Il y avait aussi les filles employées par les hôtels…

     

    Cette présence des maisons closes dérangea certains commerçants dès 1879. Ainsi, le restaurateur Verbois, qui avait commerce rue de Nantes, écrivit une lettre au Maire, le 22 juillet 1879 ; lettre qui fut reproduite dans le Courrier de Saint-Nazaire du 27 juillet 1879 :

    la nazairienne,saint-nazaire,bordel,maison close,pornichet,ker-souveraine

    Cette lettre fit grand bruit, est-ce en réponse que fut créée la chanson Ma Nazairienne ? Possible, mais nous nos recherches actuelles ne nous permettent pas de définir l'année de la création de la chanson.

     

    Durant le stationnement des troupes étasuniennes, le haut-commandement établis deux bordels militaires à L’Immaculé.

     

    Dans les années 1930, la tenancière de la plus grosse maison close de Nantes et son époux (officiellement seule une femme pouvait alors posseder une maison close), ouvrirent chaque année à la belle saison une succursale à Saint-Marc dans la villa Nutshell, demeure qui existe encore.

    Durant l’Occupation, les pauvres femmes contraintes à abattage dans ces maisons se retrouvèrent à devoir assouvir les envies des troupes allemandes. Vers la fin de la guerre, un certain nombre d’elles furent enfermées dans la base sous-marine. Quand l’une tombait enceinte, elle « mourrait subitement », et les militaires allemands déposaient son corps dans la morgue improvisée dans l’un des garages de la rue Villebois-Mareuil, laissant aux derniers nazairiens encore présents dans les ruines de les inhumer. Celles qui survécurent à ces traitements furent interrogées par les troupes alliées, et livrées à des énergumènes qui n’avaient rien fait de brave durant 4 ans mais se trouvèrent héroïques de les tondre et/ou de les violer. On peut donc n’avoir qu’une pensée à Marthe Richard, à qui le docteur Poussié sauva la vie en sa clinique nazairienne en 1913[3], et qui œuvra la fermeture des maisons closes, et qui souligna l’hypocrisie de l’État en matière de prostitution durant la guerre.

     

    La prostitution a donc toujours été un fait à un Saint-Nazaire, (deux de nos notables actuels sont au demeurant issus de filles ayant fait commerce de leur corps). Depuis plusieurs années l’activité c’est concentré sur l’avenue de la République, côté gare, du fait de la mort des commerces classiques, même si internet a étendu géographiquement les pratiques.

     

    Enfin, terminons en mentionnant que la Villa Ker Souveraine à Pornichet, construite certes après la séparation de cette fraction de Saint-Nazaire, mais à propos de laquelle je reçois régulièrement des demandes d’information, villa inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 19 septembre 2002, fut elle aussi la succursale d’un bordel Parisien situé à proximité de l’Arc de Triomphe, propriété de Suzanne Lanoue, dite la comtesse de La Noue, amante de l’industriel Lucien Rosengart, dont elle utilisait l’emblème de la marque automobile comme armoiries : «  d’argent à la rose au naturel de gueule, tigée de sinople ». C’est ce qui explique le décor criard de la maison, ainsi que le fait que les chambres donnant sur les salons au premier étage, et aujourd’hui transformées en cuisines, soient dotées de vitre à l’emplacement des têtes de lit, pour le plaisir des voyeurs.

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/07/16/un-comte-polonais-a-saint-marc.html

    [2] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/01/18/l-allee-du-chateau-a-saint-marc-6121661.html

    [3] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/04/13/notes-sur-les-familles-poussie-et-thomas-de-closmadeuc-6143587.html

  • Saint-Nazaire cité briéronne, première partie.

    8 aout 1461, ordonnance de François II sur l'entretien et la propriété de la Grande Brière

     

    Sans titre-1.jpg

    Sceau de Pierre II en 1454, d'après Don Morice.

    coll. comte Jehan-Richard d'A. de P.

     

    La paroisse de Saint-Nazaire est bordée au nord par les marais de la Grande Brière, la prairie inondable de Prézégat, à coté de la gare, en est encore témoin vivant. Ces marais ont été depuis des temps anciens drainés de canaux afin de les rendre exploitables et de pouvoir créer des prairies en leurs bordures. Un lac de rétention, situé dans la paroisse de Montoire, débordait régulièrement, les prairies se trouvèrent inondées et les chemins anéantis en raison de l'absence d'entretien des canaux et des fossés d'écoulements durant les guerres de succession. Les habitants des paroisses voisines, et le vicomte de Saint-Nazaire, Charles de Couëme, s'en plaignirent au duc. François II manda le sénéchal de Guérande de veiller à ce que l'on mette fin aux désagréments (1) :

     

     François, par la grâce de Dieu, duc de Bretaigne, comte de Montfort, de Richemont, d'Estampes et de Vertus, à noz Sénéchal, alloué, et procureur de Guérrande, Salut : 

    De la part de notre bien-aimé cousin et féal le sieur de Cuné (2) et de Saint-Nazaire, nous a été en suppliant exposé qu'il y a certainne manière de lac en la paroisse de Montouer assez prez des pastures situées du coté devers la Brière en notre jurisdiction de Guerrande que par la grande submersion et abondance d'eaux, par défault d'avoir esté curé et tenu nest, ainsi qu'il avoit accoustume, les escours et esservouers anciens quy y souloint estre qui avoient leurs cours, essest, et agout en la mer, puis soixante ans derniers par défault de les nettoyer ont esté empeschez, et à l'occasion de ce, les prairies des environ dont partie sont le domaine du d. suppliant et autre partie de son fié proche et à autres plusieurs nobles de notre pays, sont du tout en tout amisez et réduiz comme à inutilité et non valeur.

    Et aveq ce par l'abondance desdites eaux, le chemin et voye par lesquelles le peuple de la d. paroisse de Montouer et des paroisses de Saint-Nazaire, Saint-André, Escoublac, et autres paroisses voisines souloint et avoient accoustumé aller à laditte Brière dont ils tiroient les mottes pour leur chauffaige et les foîns pour leurs bestes, sont tellement empeschez, que les gens du paîs ne y pouront aller à beufs ne charettes que paravant le souloin faire. Sans le moyen desquelles mottes et foings croissant en ladite Brière le peuple commun des d. paroisses ne se pouront bonnement passer, quelle chose estoit et est au grand préjudice et dommaige du dit suppliant et des dits nobles et sujets de nostre pays, de leurs hommes et de tout le peuple et commun des d. paroisses et des environ, et lesquelles eaux se peuvent bien et convenablement vuider et esseuer cy les dits curées, antiennes estoient nettes et ouvertes, quelles par ce moyen descendroint et auroint leur cheoist en la mer et seroint les chemins par lesquels on va à la dite Bryere tous assechez que les d. choses occupées viendroint à proffit et utilité, et que le peuple en tout temps pourront aller tous à sec et bien aisé à ladite Brière au grand bien et prouffit dud. supliant et autres nobles et sujets de nous-mêmes qui en auroient les rachaptz, et de tout le bien publique de notre dit Païs, nous suppliant sur ce pouvoir et donner nos provisions et convenable remède humblement de nous requérant ;

    Pour ce est-il que nous, les dites choses considerrees voulans le bien et utilité de nos dits féaulx et subjets et du bien publique estre fixamant garder, augmenter, nous mandons et commandons en commettant, se mestier est, ou à deux de vous, vous transporter sur les dits lieux, et appelez en notre compaignie des nobles et autres gens notables des dites paroisses qui peuvent avoir interestz en cette matiere, vous informer, dit donné entendre dessurdit et autrement, bien aplain des dites choses nécessaires à faire en la matière dessurdite pour le bien de nos dits subjets, et aussi de la finance qui sera requise pour y employer ; et ce que par ceux quy y aurez appellez cu la maire et plusieurs parties d'eux trouverez estre convenable et profitable à faire pour l'ustilité de nos dits subjets défaïtes et faïtes faire et réaument exécuter, et la finance que trouverez estre nécessaire pour l'accomplissement de ce que sera ainsy faicte lever réaumant et de fait sur ceux quy y pouront avoir profict au plus utile et moins endommagens que estre pourra par l'aviseman des dessurdits ou la plus saine, partye d'iceux.

    De ce faire duman, nous avons donné et donnons plain pouvoir, authorité, commission de par nous, mandons et commandons à tous nos féaulx et sujets en ce faisant vous obéir et diligemment entendre.

    Donné en nostre ville de Nantes le huict jour d'Aoust l'an mil quatre cens soixante ung.

     

    Et plus bas : est escript par le duc en son Conseil, Raboceau.

     

    Scellé de cire rouge et lacs jaunes.

     

    Collationné par nous Notaires royaux à Nantes soucynez et l'auctantique et présent escryt sur vellen nous aparu.

    Rendu ce six de Mai mil six cent cinquante six.

    Signés sur la minute Jucas, Notaire Royal, et Lesbaupin, aussi Notaire Royal.

    Le mot essevouers retouché approuvé.

     

    Ce texte est fondateur pour les paroisses de grande Brière, car il reconnaît à celles-ci la pleine jouissance des marais, et servira à toutes leurs revendications.

     

     

    (1) Le document original a disparu, mais les archives départementales de Loire-Atlantique conservent une retranscription, certifiée copie authentique en date du 6 Mai 1656 ; A.D.44, B 123.

    (2) Lisez : Couëme. C'est donc François de Couësme, baron de Lucé, vicomte de Saint-Nazaire, né en 1424, décédé entre 1488 et 1491.

  • La seigneurie de Cleuz, deuxième partie

    La seigneurie de Cleuz-Coyau

     

    de Rochereulpornichet,cleuz,saint-nazaire

     

    Famille bourgeoise déboutée de noblesse à Guérande en 1669

     

    D'azur au rocher d'argent, accompagné de huit yeux en orles.

     

     

     

     

     

    I° Aubin Rochereul, seigneur de Cleuz-Coyau en 1600, père de :

    II° Jean Rochereul, seigneur de Cleuz-Coyau, notaire royal et procureur de la sénéchaussée de Guérande, sénéchal de Saint-Nazaire, époux de Jeanne Robert, d'où :

    1° Françoise,  baptisée à Guérande le 9 novembre 1615 ;

    2° Jan, baptisé à Guérande le 20 juillet 1617 ;

    3° Thomas, baptisé à Guérande le 16 novembre 1621 ;

    4° Aubin Rochereul, baptisé à Guérande le 1er octobre 1623 ;

    5° Georges, qui suit ;

    6° François,  baptisé à Guérande le 13 juillet 1627.

    III° Georges Rochereul de Cleuz, né à Guérande le 8 juin 1627, baptisé le 13, enterré le 27 avril 1688 à Guérande, seigneur du Plessis-Giffard, de Cleuz-Coyau, et de Cleuz-le-Propre par achat à Julien Proust ; il était conseiller du Roi, et procureur au siège royal de Guérande, ces charges lui permirent d'assumer le titre d'écuyer, mais ne lui procura cependant pas la noblesse, ni à ses héritiers, ainsi il fut débouté de noblesse en 1669 lors du recensement de Guérande ; époux de Catherine Huré, d'où : 

    1° René, baptisé à Guérande le 7 septembre 1655

    2° Jeanne, dame de Cleux, baptisée à Guérande le 6 février 1659, mariée le 5 février 1687 à Guérande avec René Begaud, sieur de Kervoyer ; 

    3° Catherine, baptisée à Guérande le 27 juin 1660, inhumée le 3 juillet 1667 ;

    4° Georges, né à Guérande le 24 avril 1661, baptisé le 31 mai, inhumé le 4 juin ;

    5° Marie, baptisée à Guérande le 22 août 1662, inhumée le 24 août ;

    6° Georges, écuyer, seigneur de Promarzin et de Cleuz-Coyau, né le 12 novembre 1664, décédé le 18 août 1738, inhumé le 19 août en l'église Saint-Jean de Guérande, conseiller du Roi, procureur au siège royal de Guérande, marié le 21 mai 1697 à Nantes avec Françoise Moriceau, fille de François Moriceau, sieur de La Halquinière, et de Catherine Loquet, d'où postérité branche de Promarzin ;

    7° Jean, seigneur du Plessis-Giffard, né le 20 juin 1666, ondoyé à la naissance, baptisé à Saint-Nazaire le 15 août 1668, inhumé à Guérande le 20 novembre 1684 ;

    8° Charles, baptisé à Guérande le 11 mai 1672, inhumé le 10 juin ;

    9° Rodolphe-Philippe, dit Raoul-Philippe, qui suit ;

    10° Angélique, dame du Plessis-Giffard et de La Cour de Béac, et de Cleuz-le-Propre, décédée en son manoire du Plessis-Giffard, inhumée dans le choeur de l'église de Saint-Nazaire le 4 juin 1754, épouse de Julien Le Pourceau de Rollivaud, écuyer, seigneur de Rollivaud  ;

    11° Marthe,  baptisée à Guérande le 24 juin 1677, mariée le 18 février 1710 avec Michel Roger, conseiller du Roi, rapporteur du point d'honneur en la Sénéchaussée de Guérande ;

    12° Marie,  baptisée à Guérande le 11 août 1679 ;

      

    IV° Rodolphe-Philippe Rochereul, dit Raoul-Philippe, seigneur de de Cleuz-Coyau, baptisé à Guérande le 9 juin 1676, inhumé à Guérande en l'église Saint-Jean e 29 janvier 1722, capitaine d'une compagnie bourgeoise, époux de Genevieve Fouquer, d'où :

    1° Pierre-François, qui suit ;

    2°Marguerite-Geneviève, née et baptisée le 16 novembre 1708 à Guérande ; 

    3° Philippe-François, né le 26 juillet 1711, baptisé à Guérande le 27 juillet ;

    4° Jeanne, inhumée à l'age de 5ans le 5 septembre 1713 à Guérande en l'église Saint-Jean ;

    5° Mathurin-Philippe,  ondoyé le 12 mars 1710 à Guérande, et inhumé le 12 mai ;

    6° Jeanne-Charlotte, baptisée à Guérande le 17 mars 1713 ;

    7° Geneviève-Michelle, baptisée à Guérande le 9 octobre 1714 ;

    8° Louise-Jeanne, née et baptisée à Guérande le 18 avril 1716, mariée à Guérande par contrat du   17 juillet 1737, puis religieusement le 19 août avec Arthur de Kercabus, chevalier, seigneur de Sourac 

     V° Pierre-François Rochereul, seigneur de de Cleuz-Coyau, né et baptisée à Guérande le 30 novembre 1707, époux de Jeanne Belliotte de La Ville-Allain, d'où :

    1° Joseph-François, né le 25 janvier 1735, baptisé le 26, 

    2° Anne-Louise-Jeanne, né et baptisée à Guérande le 26 juillet 1737, inhumée le 31 août.

     

    La seigneurie de Cleuz-Siriac

     

    Seigneurie née du démembrée de la seigneurie de Cleuz-le-Propre par Julien Proust en 1680.

     

     

    Sans titre-1.jpgde Kerpoisson

     

     

    D'argent au lion de gueules, la queue passée entre les jambes et remontant.

     

     

     

     

    I° Louise de Kerpoisson, dame de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, de Saint-André, de Cleuz-Siriac et du fief du Bois-Savary, mariée : 1° à Pierre Bonnier, écuyer, seigneur de la Chapelle-Launay, nommé gouverneur des villes de Guérande, du Croisic, et de Saint-Nazaire en 1678, membre de la confrérie de Saint-Nicolas en 1687, seigneur d'Ust du chef de sa femme, pour qui il rend l'aveu au Roi le 3 mai 1679 ; 2° Maurice Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 octobre 1728.

     

    Avril de Chauvière

     

    Famille originaire d'Anjou, anoblie par l'élection à l'échevinage d'Angers en 1666, maintenue en 1669, maintenue à l'intendance de Nantes en 1701. (Sans liens avec la famille guérandaisel Avril aliée aux Le Pennec).

     

    Armes : D'argent au pin de sinople ; au chef d'azur, chargé de trois roses d'argent. 

     

    I° Maurice I Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 octobre 1728 ; marié à Louise de Kerpoisson, dame de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, de Saint-André, et Cleuz-Siriac, d'où :

    1° Maurice Avril, qui suit ;

    2° Anne-Camille.

    II° Maurice II Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, de Trevengat, de Cleuz-Siriac, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, rendit aveu pour Ust le 30 avril 1730, décédé en janvier 1748 ; époux de Marie-Josèphe du Chastel, d'où :

    III° Anne-Camille Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, de Trevengat, de Cleuz-Siriac, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, vendit la châtellenie d'Ust et la seigneurie de Cleuz-Siriac à Julie Lepennec, dame de Lesnerac, de Trévécar et du Bois-Jollan, veuve de Charles marquis de Sesmaisons, (voyez les articles sur la seigneurie du Bois-Joalland).

  • La seigneurie de Cleuz, première partie

    Cleuz, aujourd'hui Cleux, au territoire de la commune de Pornichet, était une seigneurie qui fut démantelée au cours des siècles en trois seigneuries : Cleuz-le-Propre, Cleuz-Coyau, et Cleuz-Siriac. On sait la présence d'un château, aujourd'hui disparu, qui se situait au lieu dit « le château de Cleux », qui se trouva intégré après démembrement à la seigneurie de Cleuz-le-Propre. Détruit à la Révolution, ses ruines, entourées de faussées en eaux, appartenaient, à monsieur Picard en 1850. La métairie de Cleuz, A cette seigneurie s'ajoutaient des salines, sises à Pornichet, là où s'étant aujourd'hui le centre de cette ville, détachée de Saint-Nazaire, et constituée en commune le 9 avril 1900.

     

     

    La seigneurie de Cleuz, puis de Cleuz-le-Propre

     

     

    Sans titre-1.jpgLa famille de Cleuz

     

    D‘argent à trois coqs de sable.

     

     

     

    I° Pierre de Cleuz, écuyer, vivant en 1365, seigneur de Marcein et de Cleuz, époux Marguerite Le Vayer, dame du manoir du Gage (évêché de Dol), d’où :

    II° Jean de Cleuz, écuyer, seigneur de Marcein, de Cleuz, et du manoir du Gage, rendit aveux pour sa baronnie devant le Duc de Bretagne en 1392, puis en 1426, époux de Marguerite de Kercabus, elle rendit aveu en tant que veuve en 1430, d’où :

    1° Jean, qui suit ;

    2° Perrine, dame de Marcein et de Moutonnet, mariée en 1427 à Thibault de Malor, décédé en 1479, (voyez le chapitre consacré à Marcein)

    3° Olivier, seigneur du Gage et de Carec, lieutenant du sire de Chateauneuf, capitaine de Fougères en 1430 et 1434, commandant en 1531 de 25 hommes d'armes, et quinze de trait au siège de Pouancé, fut dépêché en 1437 à Fougère par le du Jean V pour chercher Pierre Le Porc, chambellan de Pierre II en 1451, chevalier de l'hermine le 8 janvier 1453, avec attribution de nouvelles armoiries : émanché d'or et de gueules de six pièces ; épousa sa cousine Gilette Le Vayer, fille de Bonabes Le Vayer, et de Philipotte de Montboucher, d'où descendance établie en l’évêché de Dol, éteinte en 1785, (voyez les preuves fournies lors des reformations de noblesse enregistrées à Rennes le 26 juillet 1669). 

    III° Jean de Cleuz, écuyer, seigneur de Cleuz, puis de Cleuz-Coyau, et de Moutonnet, fit montre de noblesse en 1436,  mentionné comme gentilhomme de la ville de Guérande, en le frairie de Saillé, gentilhomme de la cour ducale, reçu pour étrennes le 1er janvier 1433 une paire de lunettes d'or dont les verres étaient en beryl, maître d’hôtel de la duchesse Ysabeau d’Ecosse en 1457, démembra sa seigneurie de Cleuz et en céda une partie à Jean de Muzillac, chevalier, seigneur de Trévailly, capitaine de Guérande, il fit aussi l'aveu de la seigneurie de La Motte-Allemand au nom de Nicolas de Volvire ; d'où :

    IV° Martin de Cleuz, écuyer, seigneur de Cleuz, époux de Guyonne Le Moël, qui veuve fit aveu en 1511, d'où : 

    V° Jean de Cleuz, écuyer, fut enfant de la chambre du duc, seigneur de Cleuz-Coyau, puis seigneur seul de Cleuz en 1457, en vertu du décès sans héritier de Jean II de Muzillac ; reçu pour son mariage, avec Perrine Gaultier,  le 14 août 1433 un don de 333 livres de la part du duc, reçu encore le 1er janvier 1445 pour ses étrennes une coupe d'argent de trois marcs, et son épouse reçu " un texue de couleur long ô les garnitures dorées " (Don Morice) ; d'où postérité non connue...

     

    On retrouve la lignée avec :

    I° Guillaume, seigneur de Cleuz, qui redémembra la seigneurie de Cleuz, époux d'Anne de Cleuz qui veuve fit aveu en 1581, d'où :

    II° Pierre, seigneur de Cleuz, qui rendit aveu pour la seigneurie en 1598 à Guérande (A.D.44, B 212-1.111 – H 95.), Capitaine du duc de Mercoeur, il s'empara du château de Careil à Guerande le 11 mai 1589, jour de l'Ascension, et le pilla avec ses hommes, '' emportant jusqu'au lard ''.  Il vendit le seigneurie de Cleuz-le-Propre à François Proust et celle de Cleuz-Coyau à Aubin de Rochereul.

     

     

    Sans titre-1.jpgFamille Muzillac de Trévazillac

    Famille d'ancienne extraction maintenue durant la réformation de 1669 

     

    De gueules au léopard lionné d'hermine.

     

     

    I° Jean I de Muzillac, chevalier, seigneur de Trévailly, devint seigneur de Cleuz-le-Propre, sur démembrement de la seigneurie de Cleuz par Jean de Cleuz, seigneur de de Cleuz, décéda en 1449 ; père de :

    II° Jean II de Muzillac, chevalier, seigneur de Trévailly et de Cleuz-le-Propre, capitaine de Guérande, assista à la tête d'une troupe de 200 guérandais à la prise de Bordeaux, maître d’hôtel de la duchesse Ysabeau d’Ecosse en 1457, à sa mort la seigneurie retourna au patrimoine de la famille de Cleuz.

     


    Famille Proust

    Famille anoblie en la personne de Julien Proust, maire de Nantes en 1693.

    D'azur à la tête d'aigle arrachée d'or. 

    pornichet,cleuz,saint-nazaire, proust

     (Armorial général de 1696)

     

    I° François Proust, seigneur du Port-la-Vigne et de Cleuz-le-Propre par achat à Pierre de Cleuz, marié le 16 février 1632 à Nantes avec Marie Loriot, baptisée à Nantes le 2 février 1598, fille de Jehan Loriot, sieur du Fief et de La Houssinière, et d'Yzabeau Daragon, qui veuve fit aveu en 1660, d'où :

    II° Pierre Proust (Nantes 23 octobre 1638 – Bourguenais 4 aout 1669), époux d'Anne-Claude de Ruays, fille de Julien de Ruays, écuyer, et de Marguerite Botherel, (veuve elle se remaria avec Joseph Péraud de La Nicolière), d'où :

    1° Julien-Joseph, qui suit ;

    2° Jeanne, née à Bourguenais le 31 octobre 1666, baptisée le 31 octobre 1667 à Bourguenais ;

    3° Marie-Anne, (Bourguenais 2 avril 1670 – Bourguenais 7 avril 1670).

    III° Julien-Joseph Proust, (Bouguenais 10 août 1665 – Rennes 26 mai 1715), seigneur du Port-la-Vigne et de Cleuz-le-Propre qu'il vendit en 1681 à Georges de Rochereul, après en avoir démembré la seigneurie de Cleuz-Siriac, vendu à la même date à Louise de Kerpoisson ; conseiller du Roi, maire perpétuel de Nantes de 1693 à sa mort, élection qui lui apporta la qualité nobiliaire, fit enregistrer ses armoiries à l'armorial général en octobre 1697, marié à Nantes le 21 aout 1665 avec Marie-Bonne Letourneulx, (1673-1749)

     
     

    pornichet,cleuz,saint-nazaireFamille de Rochereul
     
     
    Famille bourgeoise déboutée de noblesse à Guérande en 1669
     
     
    D'azur au rocher d'argent, accompagné de huit yeux en orles.
     
     
    I° Georges Rochereul de Cleuz, né à Guérande le 8 juin 1627, baptisé le 13, enterré le 27 avril 1688 à Guérande, seigneur du Plessis-Giffard, de Cleuz-Coyau, et de Cleuz-le-Propre par achat à Julien Proust ; il était conseiller du Roi, et procureur au siège royal de Guérande, ces charges lui permirent d'assumer le titre d'écuyer, mais ne lui procura cependant pas la noblesse, ni à ses héritiers, ainsi il fut débouté de noblesse en 1669 lors du recensement de Guérande ; époux de Catherine Huré, d'où : 

    1° René, baptisé à Guérande le 7 septembre 1655

    2° Jeanne, dame de Cleux, baptisée à Guérande le 6 février 1659, mariée le 5 février 1687 à Guérande avec René Begaud, sieur de Kervoyer ; 

    3° Catherine, baptisée à Guérande le 27 juin 1660, inhumée le 3 juillet 1667 ;

    4° Georges, né à Guérande le 24 avril 1661, baptisé le 31 mai, inhumé le 4 juin ;

    5° Marie, baptisée à Guérande le 22 août 1662, inhumée le 24 août ;

    6° Georges, écuyer, seigneur de Promarzin et de Cleuz-Coyau, né le 12 novembre 1664, décédé le 18 août 1738, inhumé le 19 août en l'église Saint-Jean de Guérande, conseiller du Roi, procureur au siège royal de Guérande, marié le 21 mai 1697 à Nantes avec Françoise Moriceau, fille de François Moriceau, sieur de La Halquinière, et de Catherine Loquet, d'où postérité branche de Promarzin ;

    7° Jean, seigneur du Plessis-Giffard, né le 20 juin 1666, ondoyé à la naissance, baptisé à Saint-Nazaire le 15 août 1668, inhumé à Guérande le 20 novembre 1684 ;

    8° Charles, baptisé à Guérande le 11 mai 1672, inhumé le 10 juin ;

    Rodolphe-Philippe Rochereul, dit Raoul-Philippe, seigneur de de Cleuz-Coyau, baptisé à Guérande le 9 juin 1676, inhumé à Guérande en l'église Saint-Jean e 29 janvier 1722, capitaine d'une compagnie bourgeoise, époux de Genevieve Fouquer, d'où  postérité ;

    10° Angélique, dame du Plessis-Giffard et de La Cour de Béac, et de Cleuz-le-Propre, décédée en son manoire du Plessis-Giffard, inhumée dans le choeur de l'église de Saint-Nazaire le 4 juin 1754, épouse de Julien Le Pourceau de Rollivaud, écuyer, seigneur de Rollivaud  ; ;

    11° Marthe,  baptisée à Guérande le 24 juin 1677, mariée le 18 février 1710 avec Michel Roger, conseiller du Roi, raporteur du point d'honneur en la Sénéchaussée de Guérande ;

    12° Marie,  baptisée à Guérande le 11 août 1679.

     
     
     
    pornichet,cleuz,saint-nazaireLe Pourceau de Rolivault
     
    Famille anoblie en 1436, maintenue noble d'extraction lors de la réformation de noblesse par arrêt du 3 juillet 1669, 5 générations, recensement de Guérande (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505).
     
     
    D'azur à trois dauphins couronnés d'argent, accompagnés d'une étoile du même en cœur. 
      
     
    I° Julien Le Pourceau, écuyer, seigneur de Rolivault, marié : 1° le 30 janvier 1663 au Croisic à Janne Coquard de Kerougas, (1643-1711), fille de Thomas Coquard de Kerougas, et de Marie Le Mauguen ; 2° Angélique de Rochereul de Cleuz, dame de Cleuz-le-Propre, du Plessis-Giffard, et de la Cour de Béac, décédée en 1754, fille de Georges Rochereul de Cleuz, écuyer, seigneur de Cleuz, et du Plessis-Giffard, conseiller du Roi, procureur au siège royal de Guérande, et de Catherine Huré ; d'où :
    du premier lit :
    1° René, né en 1676 ;
    2° Pierre, né en 1677 ;
    3° Jeanne, ne 1679 ;
    4° Thomas, marié le 29 mars 1718 avec René Bagot ; 
    5° Jean, marié ; 1° Marie Bernard ; 2° à Baltz-sur-Mer le 12 janvier 1692 avec Suzane Quélas, d'où postérité ;
    du second lit :
    6° Renée-Jeanne, baptisée à Saint-Nazaire le 19 mars 1716, décédée le 25 juin 1716 à la Ville-Allain ;
    7° Julien-François-René, baptisé le 17 juillet 1717 ;
    8° Rosalie-Marguerite, baptisée le 23 aout 1718 ;
    9° Jean, baptisé le 4 octobre 1719 ;
    10° Jeanne, dame de Cleuz-le-Propre, (vendu Jean-Baptiste-Elie Camus de  Pontcarré, co-vicomte de Saint-Nazaire), à  du Plessis-Giffard, et de la Cour de Béac (vendus à Jean-Sébastien de La Haye de Silz) et d'un fief nommé fief du Pourceau, (vendu vers 1780 à François Le Chauff de Kerguennec, maire de Guérande en 1789-1790, ce fief constitue par la suite la métairie de Cleuz dont hérite des Le Chauf Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux qui en est propriétaire en 1850), baptisée le 21 octobre 1722, épouse de Pierre d'Entrechaux, chevalier, colonel d'infanterie, gouverneur de Port-Louis (1) ;
    11° Marie, baptisée le 29 mai 1724.
     
     
    Devenue propriété de la famille Camus de Pontcarré, la seigneurie est déclarée domaine nationale le 27 octobre 1794. En 1850 les ruines est faussés du château sont propriétés de monsieur Picard.
     
     
     
    (1) Issu d'une famille bourgeoise de Toulon, il fut anobli par le service. Geoffroy d'Entrechaux : Parti ; au 1° d'or à l'aigle de sable ; au 2° de sinople au lévrier rampant d'argent ; au chef général d'azur, chargé de trois étoiles d'or.