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saint nazaire

  • Les paludiers de Saint-Nazaire

    Tous les nazairiens, qu’ils soient à Saint-Nazaire ou expatriés de l’autre côté de la planète, ont irrémédiablement du sel de Guérande dans leur cuisine. Plus qu’une habitude culturelle, c’est un besoin génétique. Le sel, qui servait à la conservation des aliments, a fait la fortune de la Presqu’île ; c’est aussi en raison du commerce du sel, dont l’Angleterre était la plus grande consommatrice, que les Bretons choisirent le camp de l’enfant Jean de Montfort. Cet attachement aux Anglais de la part des paludiers bretons fit courir la légende que ceux-ci étaient en réalités des descendants de saxons. Aujourd’hui on ne parle plus que du sel de Guérande en raison d’une IGP, (Indication Géographique Protégée), mais si c’est sur cette commune que se trouvent la majorité des œillets, il ne faut pas ignorer que l’appellation s’étant sur les œillets de Baltz et de La Turballe, et aussi à la commune de Saint-Nazaire !

    En fait, l’IGP « sel de Guérande » et « fleur de sel de Guérande », s’étend en Loire-Atlantique sur les 39 communes suivantes : ASSERAC, BATZ-SUR-MER, BAULE-ESCOUBLAC (LA), BESNE, BOUEE, CAMPBON, CHAPELLE-DES-MARAIS (LA), CHAPELLE LAUNAY (LA), CROISIC (LE), CROSSAC, DONGES, DREFFEAC, GUENROUET, GUERANDE, HERBIGNAC, LAVAU-SUR-LOIRE, MALVILLE, MESQUER, MISSILLAC, MONTOIR-DE-BRETAGNE, PIRIAC-SUR-MER, PONTCHATEAU, PORNICHET, POULIGUEN (LE), PRINQUIAU, QUILLY, SAINT-ANDRE-DES-EAUX, SAINT-GILDAS-DES-BOIS, SAINT-JOACHIM, SAINT-LYPHARD, SAINT-MALO-DE-GUERSAC, SAINT-MOLF, SAINT-NAZAIRE, SAINTE-ANNE-SUR-BRIVET, SAINTE-REINE-DE-BRETAGNE, SAVENAY, SEVERAC, TRIGNAC, TURBALLE (LA) ; et sur les 7 communes du Morbihan suivantes situées le long de la Villaine : CAMOEL, FEREL, NIVILLAC, PENESTIN, ROCHE-BERNARD (LA), SAINT-DOLAY, THEHILLAC.

     

    Le choix de l’aire géographique définie s'est fait en se basant sur les références historiques de l’activité salicole en Presqu’île guérandaise, comprenant : « les différentes routes du sel ainsi que les emplacements des marchands de sel et stockeurs hors du site de production ». Ainsi trouve-t-on historiquement des emplacements de lieux de stockage de sel et de commercialisation jusqu’aux villes de Savenay et de Campbon. Le dossier de constitution de l’IGP précise : « Le périmètre de l’aire choisie reflète la réalité de l’espace utilisé aujourd’hui pour produire, stocker en vrac et effectuer un premier conditionnement clos par les différents opérateurs. Les marais salants du bassin de Guérande et leur proximité immédiate étant intégralement situés en site classé, il est impossible de construire des bâtiments de stockage sur le site. L’ensemble de ces éléments justifient la délimitation de l’aire géographique de l’IGP ».

     

    Ce blog étant consacré à l’histoire de Saint-Nazaire, nous nous bornerons ici à ne parler que des paludiers nazairiens, car oui, il y a eu à Saint-Nazaire une production de sel qui se stoppa presque totalement en 1870 et définitivement en 1895.

     

    Parler des paludiers de Saint-Nazaire n’est pas chose facile ; on manque cruellement d’informations à leur sujet, ils étaient très peu nombreux, officiaient sur un territoire réduit qui est depuis 1900 devenu celui de la commune de Pornichet. Ce territoire se composait des lieux de vie des paludiers, les hameaux de La Villès Davaud où il ne reste que quelques longères dénaturées, dont une encore dans son jus couverte de tôle ondulée, et qui fut un temps transformée en musée ; La Gruche, (derrière le cimetière), totalement remodelé ; l’Ermur qui a pour l’instant, malgré un lotissement intensif de cette zone recherchée, a conservé son aspect historique de campagne cloisonnée de haies et de maisonnettes basse à deux travées avec dépendances ; Prieux, devenue un quartier résidentiel où a été tracée « l’avenue des Paludiers » ; et la Villès Liron, disparue depuis, en bordure même du marais salant. Enfin, le lieu d’exploitation, le marais salant de Saint-Nazaire, qui se trouvait le long de la limite des paroisses d’Escoublac et de Saint-Nazaire, a aujourd’hui disparue sous l’herbe de l’Hippodrome et du Parc paysager de Pornichet.

     

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    Le marais salant de Saint-Nazaire en 1829, (cliquer pour agrandir).

     

    Les paludiers de Saint-Nazaire n’étaient pas propriétaires de leurs œillets ; ceux-ci appartenaient aux seigneurs locaux : le vicomte de Saint-Nazaire et le seigneur de Cleux. Les partages et reventes firent que ces propriétés furent divisées durant l’Ancien-Régime entre deux co-seigneurs dans le cas de Saint-Nazaire, et trois seigneurs indépendants pour Cleuz, (Cleuz-le-Propre, Cleuz-Coyau, Cleuz-Siriac). Cleuz-Siriac fut acquise par Julie Lepennec du Bois-Jolland, veuve de Charles marquis de Sesmaisons en 1748 ; Cleuz-le-Propre et Cleuz-Coyau furent acquises vers 1780 par Jean-Baptiste-Elie Camus de Pontcarré, co-vicomte de Saint-Nazaire[1].

    Louis-Jean-François-Népomucène-Marie Camus de Pontcarré, fils d’Elie, fut guillotiné à Paris le 30 avril 1794, ses biens furent déclarés domaine nationale le 27 octobre 1794, et mis en vente ; Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons, qui avait hérité de sa mère la part des marais dépendant de Cleuz, acquis les œillets des Camus de Pontcarré.

    De ce passé médiéval il restait les noms de certains œillets : La Grande Marquise, pour la partie acquise en 1748 par la marquise de Sesmaisons ; la Saline de Cleux pour la partie appartenant aux Camus de Poncarré.

     

    L’afferment des salines de Saint-Nazaire se faisait suivant le contrat suivant : deux tiers du sel récolté allaient aux propriétaires, un tiers aux paludiers exploitants, (à Guérande ils ne touchaient que le quart, mais le rendement était supérieur) ; l’entretien des œillets, ainsi que l’impôt spéciale que pouvait à certaines occasions lever le curé recteur de Saint-Nazaire, (malgré le fait qu’en Bretagne il n’existait pas la gabelle), étaient à la charge des paludiers.

     

    Les paludiers de Saint-Nazaire étaient beaucoup moins riches que ceux de Saillé, mais leur niveau de vie était supérieur à ceux de la majorité des nazairiens. S’ils n’étaient pas propriétaires des oeillets, ils étaient cependant propriétaires de petit domaines agricoles ce qui leur valait dans les actes la désignation de « laboureur » à côté de celle de paludier. Ils formaient une caste qui trouvait ses épouses parmi les familles des autres paludiers de la Presqu’île, ou parmi celles des laboureurs nazairiens, et après la Révolution leurs filles épousaient des agents des douanes. Parents et enfants participaient à l’exploitation des œillets que la famille avait en fermage.

     

    Parmi les familles de paludiers nazairiens, la plus anciennement connue est la famille MOUILLERON. Elle a aussi pour autre particularité d’avoir fournie les deux derniers paludiers de la commune. Cette famille était suffisamment importante pour donner son nom à un domaine agricole constitué en hameau à force de partages, La Villes Mouilleron à Pornichet, où existe encore leur ferme, au nord-ouest de l’ancien marais salant. On notera que c’est par l’intermédiaire de cette famille que la majorité des autres familles de paludiers nazairiens purent avoir des baux d’exploitation.

     

    I° Charles MOUILLERON, (Guérande vers 1674 – Saint-Nazaire 3 mai 1723), paludier et laboureur, marié le 27 novembre 1696 à Saint-Nazaire avec Françoise BRENY, (Saint-Nazaire 23 août 1671 - 12 mai 1719), d’où :

      1. Perrine MOUILLERON, Née le 29 septembre 1698 - Saint-Nazaire Décédée le 11 juin 1769 - Saint-Nazaire, Mariée le 24 janvier 1736, Saint-Nazaire, 44184, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France, avec Julien TARTOUÉ (Saint-Nazaire 28 janvier 1698 - 24 septembre 1777 Saint-Nazaire), tisserand, d’où :
        1. Jeanne TARTOUÉ, (Saint-Nazaire 11 février 1739 - 3 septembre 1804 Saint-Nazaire), mariée le 3 février 1766 avec René LEGAL, paludier à Saint-Nazaire, voir généalogie LEGAL ;
      2. Renée MOUILLERON, mariée le 8 février 1724 à Saint-Nazaire avec Pierre NICOL, paludier natif de Guérande, d’où entre autres :
        1. Marie NICOL, (née à Guérande), mariée le 4 novembre 1749 à Guérande avec Guillaume LÉVÊQUE, d’où :
          1. Yves LÉVÊQUE, (Guérande vers 1748 - 11 janvier 1829 La Gruche en Saint-Nazaire) paludier, marié le 18 août 1778 à Saint-Nazaire avec Guillemette LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1750 - 19 mars 1826 La Gruche en Saint-Nazaire), fille de Pierre LEGAL, paludier (voir généalogie LEGAL), d’où :
            1. Thomas LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 30 juillet 1782 - 21 septembre 1813 La Gruche en Saint-Nazaire), paludier, marié le 11 février 1808 à Saint-Nazaire, avec Julienne MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 29 novembre 1781 - 2 octobre 1870 La Gruche en Saint-Nazaire), d’où :
              1. Julienne LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 23 mai 1809 – 20 juillet 1887 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 23 janvier 1828 à Saint-Nazaire avec Guillaume GUERVEL, (né le 7 avril 1805 à Careil en Guérande), paludier à Saint-Nazaire ;
              2. Marie-Françoise LÉVÊQUE, (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec son cousin Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, (voyer généalogie LEGAL), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
    1. Thomas LÉVÊQUE, (né le 21 septembre 1813 à La Villes Liron en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie Françoise MAHÉ, (Prieux en Saint-Nazaire 5 avril 1813 - 13 mars 1843 La Gruche en Saint-Nazaire) d’où trois filles dont une mariée à un paludier de Guérande.
    2. Jean-Marie LÉVÊQUE, (Bellon en Guérande 10 décembre 1767 - 26 mars 1833 Ermur en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 mai 1795 à Saint-Nazaire avec Julienne BROHAN, (née le 23 janvier 1771 à Ermur en Saint-Nazaire), d’où :
      1. Ysabelle LEVESQUE (née le 16 février 1796 à Ermur en Saint-Nazaire) ;
      2. René Jean LÉVÊQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 27 mars 1798 - 9 avril 1798 Ermur en Saint-Nazaire) ;
      3. Marie LÉVÊQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 3 août 1799 - 10 mai 1863 Ermur en Saint-Nazaire), mariée le 31 décembre 1817 à Saint-Nazaire avec Julien-Marie LEBERT, (Beslon en Guérande 27 décembre 1797 - 19 mars 1828 Ermur en Saint-Nazaire), paludier à Saint-Nazaire, d’où :
        1. Jean Marie LEBERT, (Ermur en Saint-Nazaire 29 septembre 1819 - 3 décembre 1820 Ermur en Saint-Nazaire) ;
        2. Marie LEBERT, (née le 11 septembre à Ermur en Saint-Nazaire), mariée le 13 juin 1854 à Saint-Nazaire avec Jean-André-Marie HALLUARD, (La Villès Robert en Saint-Nazaire 8 février 1820 - 22 janvier 1899 Géraud en Saint-Nazaire), laboureur, d’où trois enfants, dont une fille mariée à un paludier de Guérande ;
    3. Thomas LEVESQUE, (Guérande 23 avril 1793 – 19 novembre 1859 Prieux en Saint-Nazaire), marié le 7 août 1822 à Saint-Nazaire avec Marie-Madelaine MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 14 mars 1798 - 15 novembre 1873 Ermur en Saint-Nazaire), d’où 6 enfants dont une fille épouse d’un paludier d’Escoublac ;
    4. Jean-Marie LEVESQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 14 mars 1803 - 17 mars 1803 Ermur en Saint-Nazaire) ;
    5. Jeanne LEVESQUE, (Ermur en Saint-Nazaire 6 février 1805 - 7 septembre 1811 Ermu en Saint-Nazaire).
    6. Martin NICOL, établi à Guérande, marié le 22 novembre 1757 à Guérande avec Julienne BERTHO, née à Guérande, d’où :
      1. Jeanne NICOL 1761, mariée, 1ère le 1er mai 1786 à Guérande, avec Julien LEGAL natif de Saint-Nazaire ; 2ème le 19 mai 1799 à Guérande avec Yves EON, (Brénahuet) Guérande 2 janvier 1769 - 19 juin 1827 - (Beslon) Guérande)
    7. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire le 15 octobre 1703 - 4 mars 1753 - Saint-Nazaire), paludier, marié, 1er le 26 septembre 1730 à Saint-Nazaire avec Marie Mothais, (Saint-Nazaire 16 février 1694 - 3 août 1731 Saint-Nazaire) ; 2ème le 29 janvier 1732 à Saint-Nazaire avec Renée GEFFROY, (Saint-Nazaire 7 février 1706 – 18 février 1767 - Saint-Nazaire) ; d’où, du second lit :
      1. Charles MOUILLERON, né à Saint-Nazaire le 30 octobre 1734 ;
      2. Julienne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 4 mars 1737 - 11 décembre 1800 Saint-Nazaire), mariée le 3 février 1770 à Saint-Nazaire avec Raoul BROHAND, paludier, (Batz-sur-Mer vers 1742 - le 3 avril 1807 Saint-Nazaire), d’où :
        1. Julienne BROHAN, mariée le 5 mai 1795 à Saint-Nazaire avec Jean LÉVÊQUE, voyez généalogie LÉVÊQUE) ;
        2. François BROHAN, (Saint-Nazaire 10 juillet 1772 - 13 juin 1773 Saint-Nazaire) ;
        3. Marie BROHAN, (Saint-Nazaire 18 juin 1774 - 3 juillet 1774 Saint-Nazaire).
      3. Pierre MOUILLERON, né le 11 décembre 1738 à Saint-Nazaire ;
      4. Françoise MOUILLERON, (Saint-Nazaire 2 octobre 1742 - 18 janvier 1749 Saint-Nazaire) ;
      5. Catherine MOUILLERON, (Saint-Nazaire 5 février 1746 - 5 mai 1747 - Saint-Nazaire).
    8. François MOUILLERON (Saint-Nazaire 30 mai 1705 - 3 février 1772 Saint-Nazaire), paludier et laboureur, marié le 22 novembre 1729 à Saint-Nazaire avec Julienne CAVARO, (Saint-Nazaire 12 février 1707 - 6 mai 1778 Saint-Nazaire), d’où :
      1. Thomas MOUILLERON, Saint-Nazaire 3 janvier 1731 - 19 septembre 1795 Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié, 1ère le 18 novembre 1754 à Saint-Nazaire avec Perrine BARBIN, (Saint-Nazaire 27 décembre 1733 - 16 avril 1756 Saint-Nazaire) ; 2ème le 23 novembre 1762 à Saint-Nazaire avec Perrine SOHIER, (Saint-Nazaire 9 février 1739 - 2 septembre 1763 Saint-Nazaire) ; 3ème le 8 avril 1766 à Saint-Nazaire avec Julienne GEFFROY, (Saint-Nazaire 22 décembre 1732 - 1er février 1810 Saint-Nazaire), d’où :

    Du premier lit :

        1. Yves MOUILLERON, (Saint-Nazaire 15 avril 1756 - 17 août 1768 Saint-Nazaire)

    du second lit :

        1. Marie MOUILLERON, (Saint-Nazaire vers 1763 - 18 novembre 1823 Saint-Nazaire), mariée le 23 novembre 1784 à Saint-Nazaire avec André BERTHO, (Saint-Nazaire 23 décembre 1750 - 25 août 1806 Saint-Nazaire), laboureur ;

    du troisième lit :

        1. Jeanne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 16 avril 1767 - 4 mai 1773 Saint-Nazaire) ;
        2. Julienne MOUILLERON, (Saint-Nazaire 15 novembre 1768 - 21 novembre 1768 Saint-Nazaire) ;
        3. Élisabeth MOUILLERON, (Saint-Nazaire 27 avril 1770 - 12 septembre 1821 Saint-Nazaire), mariée le 7 juillet 1790 à Saint-Nazaire avec Julien Nicolas, (Saint-Nazaire 12 mai 1762 - 6 août 1799 Saint-Nazaire) ;
        4. César MOUILLERON, (Saint-Nazaire 18 avril 1773 - 29 mai 1773 Saint-Nazaire) ;
        5. Denis MOUILLERON, (Saint-Nazaire 16 avril 1774 - 24 janvier 1823 Saint-Nazaire), paludier, marié, 1ère le 16 mai 1797 à Saint-Nazaire avec Françoise FOUGARÉ, (née le 30 septembre 1768 à Saint-Nazaire) ; 2ème le 18 juin 1799 à Saint-Nazaire avec Jeanne TARTOUÉ ; d’où :

    Du premier lit :

          1. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire 22 septembre 1798 - 21 septembre 1816 Saint-Nazaire), laboureur ;

    Du second lit :

          1. Thomas MOUILLERON, (né le 18 septembre 1800 à Saint-Nazaire), laboureur ;
          2. Jean-Marie MOUILLERON, (né le 18 mai 1803 à Saint-Nazaire), paludier ;
          3. Michel-Sébastien MOUILLERON, (né le 21 septembre 1805 à Saint-Nazaire), paludier, marié le 15 novembre 1836 à Saint-Nazaire avec Renée-Françoise lENO, (née le 22 août 1807 à Saint-Nazaire).
      1. Julien MOUILLERON (Saint-Nazaire 25 octobre 1738 - 4 janvier 1743 Saint-Nazaire) ;
      2. René MOUILLERON, (Saint-Nazaire 4 avril 1741 - 13 janvier 1743 Saint-Nazaire) ;
      3. Julien MOUILLERON, (Saint-Nazaire 19 octobre 1745 - 8 juillet 1812 Saint-Nazaire), laboureur, marié quatre fois.
      4. Charles MOUILLERON, (Saint-Nazaire 1er septembre 1707 - 10 juin 1769 Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié le 22 novembre 1729 à Saint-Nazaire, Perrine BOURY, (Saint-Nazaire 24 octobre 1700 - 1er mai 1765 Saint-Nazaire), d’où 7 enfants dont aucun ne fut paludier, ou unis à un paludier.

     

    A la lignée des Mouilleron il faut donc ajouter celle des Legal, famille devenue paludière à la suite de la Révolution :

     

    1. Pierre Legal, paludier, époux de Marie DAVIS, d’où :
    2. René LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1739 - 15 décembre 1809 Villès Davaud en Saint-Nazaire), paludier, époux de Janne TARTOUÉ, (Saint-Nazaire 11 février 1739 - 3 septembre 1804 Saint-Nazaire), d’où :
      1. Julien LEGAL (Villès-Davaud en Saint-Nazaire 11 novembre 1777 - 23 novembre 1830 Villès Davaud en Saint-Nazaire), paludier ; marié, 1ère avec Julienne ROUAUD, (Saint-Nazaire vers 1771 - Saint-Nazaire 1er mars 1801) ; 2ème le 15 juin 1802 à Saint-Nazaire avec Catherine HALGAND, (Saint-Nazaire 3 décembre 1775 - 24 décembre 1857 Ermur en Saint-Nazaire) cultivatrice, d’où :

    Du premier lit :

        1. Marie LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 24 février 1801 - 26 février 1801 La Villes Davaud en Saint-Nazaire),

    Du second lit :

        1. Julienne LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 11 octobre 1803 - 23 juin 1804 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        2. Julien Marie LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 26 octobre 1804 - 31 octobre 1805 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        3. Jean LEGAL, (né le 16 mars 1806 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        4. Marie LEGAL, (née le 23 avril 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 8 novembre 1832 à Saint-Nazaire, avec Mathieu François HERVO, (15 janvier 1803 Rangré en Saint-Nazaire - 1er mai 1857 Saint-Nazaire), Marin, Cultivateur
        5. Pierre LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 19 mai 1810 - 25 avril 1862 La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, marié le 4 novembre 1840 à avec Julienne-Marie CAVARO, (Rangrais en Saint-Nazaire 9 août 1817 - La Villes Davaud en Saint-Nazaire 10 janvier 1885), d’où :
          1. Marie-Julienne LEGAL, (née le 31 mars 1845 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 16 octobre 1866 à Saint-Nazaire avec Jean-Marie DAUVISI, (né le 13 août 1835 à Villès Creneau en Saint-Nazaire) ;
          2. Pierre LEGAL.
      1. Julienne-Marie-Catherine LEGAL, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 5 février 1813 - 28 décembre 1817 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
      2. Jean-Marie LEGAL, (né le 2 juin 1815 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), marié le 12 février 1855 à Sallertaine (Vendée), avec Rosalie VERONNEAU, (Sallertaine 13 avril 1826 - 11 décembre 1857 Saint-Gervais) ;
      3. Thomas LEGAL, (né le 4 novembre 1818 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
      4. Marie-Catherine LEGAL (née le 26 janvier 1821 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 4 novembre 1840 à Saint-Sébastien de Saint-Nazaire avec René OISEAU (né le 26 juillet 1819 à Ermur en Saint-Nazaire), charpentier.
    1. Jeanne LEGAL, (La Villes Davaud Saint-Nazaire 6 février 1742 - 9 octobre 1809 Saint-Nazaire), marié le 5 février 1771 à Saint-Nazaire avec François LE GOUAS, (Guérande vers 1746 - 26 juillet 1808 Saint-Nazaire), paludier, d’où :
      1. Marie LE GOUAS, (Prieux en Saint-Nazaire 25 mai 1773 - 31 juillet 1818 La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 21 décembre 1797 à Saint-Nazaire avec Pierre BOURDIC, (Ker Bouchard en Batz-sur-Mer 12 octobre 1772 - 19 mars 1822 Mainguisserie en Saint-Nazaire), d’où :
        1. Marie Françoise BOURDIC, (Saint-Nazaire 3 décembre 1798 – 16 mars 1844 Saint-Nazaire), mariée le 20 novembre 1826 à Saint-Nazaire avec Jean ANEZO, (Assérac 27 septembre 1791 - 20 mai 1832 Saint-Nazaire), préposé aux douanes ;
        2. René BOURDIC, (Saint-Nazaire 7 octobre 1800 - 19 août 1868 Prieux en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 juillet 1827 à Guérande avec Marie Jeanne GUERVEL, (La Thébaudais en Guérande 27 octobre 1802 – 15 décembre 1862 Prieux en Saint-Nazaire), d’où postérité de cultivateurs et de forgerons ;
        3. Jeanne BOURDIC, (née le 17 mars 1803 à La Ville Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 10 avril 1833 à Saint-Nazaire avec Jean Marie FOUGARE, (Pornichet en Saint-Nazaire 13 mai 1806 - 10 janvier 1838 à bord du navire "Les Salazes"), marin ;
        4. Jean BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 17 février 1805 – 12 mars 1806 Gruche en Saint-Nazaire) ;
        5. Julienne BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 3 janvier 1807 – 7 novembre 1811 La Villes Davaud en Saint-Nazaire) ;
        6. Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie-Françoise LÉVÊQUE (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), (voyez généalogie MOUILLERON), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
        7. Pierre BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 20 mai 1810 – 12 février 1869 Pornichet en Saint-Nazaire) paludier, marié : 1ère le 5 novembre 1840 à Saint-Nazaire avec Françoise AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 15 octobre 1812 - 31 août 1845 Pornichet en Saint-Nazaire), fille de Julien AUDRAIN, (voir généalogie AUDRAIN) ; 2ème le 4 mai 1854 à Saint-Nazaire avec Marie Julienne BRENY, (née le 10 octobre 1818 à Cuy en Escoublac), d’où du premier lit :
          1. Yves BOURDIC, (né le 3 août 1843 à Pornichet en Saint-Nazaire), marié, 1ère le 14 novembre 1871 à Saint-Nazaire avec Jeanne-Françoise CAVARO (Saint-Nazaire 5 février 1837 - 28 juin 1873 Saint-Nazaire) ; 2ème le 20 juillet 1875 à Saint-Nazaire avec Marie Renée PIVEAU, née le 1er septembre 1844 à Prieux en Saint-Nazaire).
        8. Elisabeth Renée BOURDIC, (née le 10 décembre 1811 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), mariée le 11 novembre 1848 à Saint-Nazaire avec Pierre François ROUSSELET, (né le 13 avril 1804 à La Montagne en Saint-Nazaire), laboureur ;
        9. Julienne BOURDIC, (née le 3 juillet 1814 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire).
      2. Pierre LE GOUAS, (né le 24 juillet 1775 à Saint-Nazaire) ;
        1. René LE GOUAS, (Saint-Nazaire 8 novembre 1778 - 17 février 1786 Saint-Nazaire).
      3. Guillemette LEGAL, (Saint-Nazaire vers 1750 - 19 mars 1826 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 18 août 1778 à Saint-Nazaire avec Yves LÉVÊQUE, (vers 1748 - 11 janvier 1829 La Gruche en Saint-Nazaire) paludier, d’où :
        1. Thomas LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 30 juillet 1782 - 21 septembre 1813 La Gruche en Saint-Nazaire), paludier, marié le 11 février 1808 à Saint-Nazaire, avec Julienne MOTHAIS, (La Villes Liron en Saint-Nazaire 29 novembre 1781 - 2 octobre 1870 La Gruche en Saint-Nazaire), d’où :
          1. Julienne LÉVÊQUE, (La Gruche en Saint-Nazaire 23 mai 1809 – 20 juillet 1887 La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 23 janvier 1828 à Saint-Nazaire avec Guillaume GUERVEL, (né le 7 avril 1805 à Careil en Guérande), paludier à Saint-Nazaire ;
          2. Marie-Françoise LÉVÊQUE, (née le 24 décembre 1811 à La Gruche en Saint-Nazaire), mariée le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec son cousin Yves BOURDIC, (né le 27 mars 1808 à La Villes Davaud en Saint-Nazaire), paludier, (voyer généalogie MOUILLERON), d’où sept enfants dont aucun paludier ;
          3. Thomas LÉVÊQUE, (né le 21 septembre 1813 à La Villes Liron en Saint-Nazaire), paludier, marié le 5 février 1835 à Saint-Nazaire avec Marie Françoise MAHÉ, (Prieux en Saint-Nazaire 5 avril 1813 - 13 mars 1843 La Gruche en Saint-Nazaire) d’où trois filles dont une mariée à un paludier de Guérande.

     

    A ces deux lignages de racines nazairiennes il faut ajouter celui de famille Audrain, venue de Férel, commune située de l’autre côté de la Presqu’île, à la suite de la Révolution :

     

    1. Pierre Audrain, (Férel vers 1750 - 2 décembre 1834 Saint-Nazaire), marié le 24 novembre 1778, Saint-Nazaire avec Perrine LEMARE, (Saint-Nazaire vers 1751- 30 mars 1825 Pornichet en Saint-Nazaire), d’où :
      1. Julien AUDRAIN, (né le 25 octobre 1779 à Pornichet en Saint-Nazaire), laboureur et paludier, marié le 19 novembre 1811 à Saint-Nazaire avec Janne PRIÉE, (La Villès Noire en Saint-Nazaire 8 juillet 1786 - 11 janvier 1834 Pornichet en Saint-Nazaire), (dont le frère Mathieu PRIÉE fut aussi paludier) ; d’où :
        1. Françoise AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 15 octobre 1812 - 31 août 1845 Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 5 novembre 1840 à Saint-Nazaire avec Pierre BOURDIC, (La Villes Davaud en Saint-Nazaire 20 mai 1810 – 12 février 1869 Pornichet en Saint-Nazaire) paludier, (voir généalogie LEGAL), d’où :
          1. Yves BOURDIC, (né le 3 août 1843 à Pornichet en Saint-Nazaire), marié, 1ère le 14 novembre 1871 à Saint-Nazaire avec Jeanne-Françoise CAVARO (Saint-Nazaire 5 février 1837 - 28 juin 1873 Saint-Nazaire) ; 2ème le 20 juillet 1875 à Saint-Nazaire avec Marie Renée PIVEAU, née le 1er septembre 1844 à Prieux en Saint-Nazaire).
          2. Julienne-Jeanne AUDRIN, (née le 24 juin 1815 à Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 15 novembre 1843 à Saint-Nazaire avec François FOUGARÉ, (né le 13 août 1818 à Pornichet en Saint-Nazaire), d’où postérité ;
          3. Jeanne AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 31 mars 1824 - 4 janvier 1825 Pornichet en Saint-Nazaire).
      2. Perrine AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 28 septembre 1781 - 23 janvier 1863 Prieux en Saint-Nazaire), mariée le 11 février 1808 à Saint-Nazaire avec Guillaume LEBRUN, (Saint-Nazaire 16 avril 1780 - 16 janvier 1849 Saint-Nazaire), laboureur ;
      3. Mathieu AUDRAIN, (Pornichet en Saint-Nazaire 2 février 1784 - 9 février 1784 Pornichet en Saint-Nazaire) ;
      4. Marie-Catherine AUDRAIN, (née le 29 août 1785 à Pornichet en Saint-Nazaire), mariée le 30 janvier 1811 à Saint-Nazaire avec Honoré DUMONT, (né le 26 avril 1781 à Coutances), receveur des douanes.

     

    Le registre contenant la correspondance au départ de la ville de Saint-Nazaire entre le 5 septembre 1815 et le 31 mai 1820, restitué en 2019 à la Ville de Saint-Nazaire, fait état à la date du 7 septembre 1819 du rôle des paludier et porteuses de sel de Saint-Nazaire   avec nom et famille.  Le lecteur y trouvera les noms des paludiers déjà cités dans les extraits généalogiques retranscrit plus haut. A la liste des personnes déjà citées, il faut ajouter donc Mathieu PRIÉE, (La Villès Noire en Saint-Nazaire 10 janvier 1791 - 7 juin 1868 Rangrais en Saint-Nazaire), laboureur et paludier, inscrit sur le rôle, mais qui n’était pas issu d’une famille exploitant les marais salants, et dont la sœur Janne avait épousé le paludier Julien AUDRAIN, déjà cités. Sur le rôle il est précisé qu’il exploitait ses œillets avec sa fille ; nous n’avons pas pu déterminer laquelle des celle qu’il avait eu de son premier mariage il s’agit. En effet, il avait épousé en premières noces le 14 novembre 1815 à Saint-Nazaire, Julienne MOLLÉ, (La Villès Chevisson en Saint-Nazaire 8 juin 1790 - 16 août 1818 La Villès Chevisson en Saint-Nazaire), dont il eut un nombre d’enfants indéterminé ; puis le 17 novembre 1821 à Saint-Nazaire, Renée MAHÉ, (Rangré en Saint-Nazaire 21 mars 1792 - 18 mai 1870 Rangré en Saint-Nazaire), dont il eut aussi postérité.

     

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    Rôle des paludiers et porteuse de sel de Saint-Nazaire en 1819, (cliquer pour agrandir)

     

    Le rôle de 1819 nous enseigne aussi que l’exploitation salicole constituait une production de 43.000 kg pour 1818, à la production des paludiers il faut ajouter 700 kg de sel transporté sur la commune par les porteuses. En effet aux paludiers s’ajoutaient des femmes qui faisait commerce du sel qu’elles apportaient des autres salines. Le trop grand nombre d’homonymie ne permet pas de les identifier aisément.

    Il convient de tenir compte que la production de sel en œillet dépend du climat, et que plus la production était important, moins elle se vendait chère. Faute de documentations concernant la production moyenne de sel en Presqu'île et à propos de son prix de vente, nous ne pouvons dire combien touchaient les paludiers en cités en 1819. Nous signalerons cependant que depuis 1814 le climats avait été très hostile, réduisant la production de céréale au point de provoquer des inquiétudes au maire de Saint-Nazaire qui craignait une famine. 

     

    La fixation des dunes de la baie de La Baule (Bôle), dont la concession avait été accordé au marquis de Sesmaisons, plus gros propriétaire foncier de Saint-Nazaire et d’Escoublac, participa à l’envasement de l’étrier de Pornichet. Le marais salant étouffa peu à peu. Les paludiers avaient charge d’entretenir le lieu de leur exploitation, mais le sel de mer rapportait de moins en moins en ce début d’ère industriel, même si en 1860 le prix de la tonne de sel passa en quelques mois de 18 fr 75 à 46 fr 90 en raison d'une pénurie, il avait tendance à se maintenir autour 15 fr la tonne. En 1870 le prix du sel tomba à 6 fr 80 la tonne, et ne fit que chuter jusqu'à tomber à 5 fr 50 la tonne en 1875. Les paludiers se constituèrent en corporation (les syndicats n'étaient pas autorisés) dans l’espoir d’obtenir des aides publiques et de faire fléchir le propriétaire des salines pour qu’il finance une part des travaux qui devaient permettre de désenvaser l’étrier. Mais face à la spéculation immobilière de la station balnéaire en constitution, le marais salant devint un potentiel lieu de construction et de développement urbain.  En 1895 le dernier paludier posa définitivement son las, malgré un prix de 16 fr 50 la tonne, l'état du marais ne prouvait plus permettre une production viable, et les baux ne furent pas renouvelés. Cinq années plus tard, Pornichet se détacha de Saint-Nazaire et devient une commune et on l'on inaugura à leur place l'hippodrome en 1907.

     

     

    [1] Voyer les articles sur la seigneurie du Bois-Joalland et Cleuz.

  • Notes sur la famille Albanel de La Sablière

    Famille anoblie par l’élection à l’échevinage de Lyon en 1716, présente au État généraux de 1789, établie en Bretagne vers 1850.

    Armes : D’azur au chevron d’argent, accompagné de deux étoiles et d’un croissant du même.

     

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    I° Louis Albanel de La Sablière, né en 1903, chaudronnier, sous-chef atelier tuyauterie, médaille d'argent d'Honneur du Travail en aout 1934, (remise en janvier 1935), domicilié d’abord au 33 rue Alcide Benoît, puis au 15 rue de La Ville-Étable, décédé à Saint-Nazaire en avril 1935, inhumé le 19 avril 1935 à 15 h 45 au cimetière de La Briandais ou sa tombe existe toujours (cf. Ouest éclaire du 19 avril 1935) ; marié à Saint-Nazaire le 14 avril 1916 avec Gabrielle Daumer, d’où :

    II° Maurice-Robert-Louis, né à Saint-Nazaire, au 33 rue Alcide Benoît en février 1917, (cf. Ouest Eclair du 13 février 1917), bachelier à Rennes en juillet 1935, puis employé à la Direction générale de l'aviation civile ; Service des personnels et de la gestion ; Sous-direction des personnels et des affaires juridiques ; Bureau personnels.

     

    La famille a quitté Saint-Nazaire.

  • 28 octobre 1915, le port de Saint-Nazaire

     Quand on parle de la première guerre mondiale à Saint-Nazaire, on a tendance à ne mentionner que la période « américaine », qui marqua profondément la ville, en raison de l’important débarquement de troupe et de matériel volumineux, (on débarqua même des locomotives), des travaux engagés par les troupes des USA pour l’amélioration du port et des structures d’alimentation en eau de la ville. On oublie alors qu’au moment de la déclaration de guerre, le port de Saint-Nazaire était un port important pour ses lignes transatlantiques, mais aussi marchand, céréalier, et charbonnier. En septembre 1915 on débarquait 2500 tonnes de blé par jour, des milliers de chevaux furent aussi débarqués, des tonnes de nitrates du Chili pour la défense nationale, etc. En raison de l’importance logistique, et du fait que presque tous les hommes étaient au front, il fut décidé que les prisonniers allemands dont la profession était celle de docker, seraient envoyés dans les ports français. 3000 hommes originaires de Brême et d'Hambourg, furent envoyés à Saint-Nazaire. Vêtus de sarraus bleus, ils travaillaient en trois-huit sous la direction de leurs propres officiers, eux-mêmes supervisés par des officiers français.

     

    Les photographies qui suivent ont été réalisées le 28 ocotbre 1915, (auteur inconnu, collection Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine).

     

     

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    Arrivée du paquebot Venezia, apportant des chevaux d'Amérique pour l'armée française et l'armée belge

     

     

     

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    Arrivée du paquebot Venezia, apportant des chevaux d'Amérique pour l'armée française et l'armée belge

     

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    Arrivée du paquebot Venezia, apportant des chevaux d'Amérique pour l'armée française et l'armée belge

     

     

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    Prisonniers allemands travaillant à l'empierrement des quais


     

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    Déchargement de charbon d'un bateau, et chargement dans un wagon, par les prisonniers

     

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    Camp de prisonniers, allemands jouant aux cartes

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    les cuisines du camp

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    la lingerie

     

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    l'infirmerie

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    les douches

  • Un comte polonais à Saint-Marc ?

    Du coté de Saint-Marc, les anciens propagent encore la légende d’un comte polonais qui aurait vécu dans une villa de la corniche où il recevait avant la Première-guerre-mondiale la « bonne société ».


    La noblesse polonaise n’est pas titrée, sauf quelques rares familles qui le furent par les souverains des nations occupantes de la Pologne, ou étrangers, nous fument donc surpris d’entendre ce vague souvenir. Après enquête, (reconstituer l’histoire de Saint-Nazaire en est une perpétuelle), nous avons trouvé les origines de cette légende locale.

    Il y a à Saint Marc, route de l'Océan, une villa du nom de « Villa Polonaise », elle fut la propriété d’Eugène Wieczffinski, appelé par les Nazairiens « monsieur Eugène ». Il était né à Bayonne le 18 juin 1843, il était le fils d’Ignace-Théophile Wieczffinski, né le 30 juillet 1807 à Komarówka, un village la partie annexée par les Russes de la Pologne, membre de la noblesse polonaise, dont la famille fut ruinée à la suite de sa participation aux insurrections menées contre les Russes entre novembre 1830 et septembre 1831. Ayant émigré en France, Ignace s’établit à Bayonne où il épousa en 1840 Jeanne Serres, (1820- Bayonne 17 novembre 1846), dont il eut deux fils : Auguste, et Auguste-Eugène, dit Eugène. Veuf, Ignace parti vivre avec ses fils à La Rochelle, où il décéda le 25 juin 1872. Eugène devint marin, et s’établit à Saint-Nazaire, à Méan, il épousa le 28 juin 1869 Marie-Emilie Bernier, (23 octobre 1850 - 1931), native de Montoire, domiciliée à Méan (1), fille de Victor Bernier, maître au cabotage, déclaré disparu depuis plus de dix ans par le tribunal de Saint-Nazaire, et de Marie-Emilie Michel. Parmi les témoins figure son frère, il semble qu’ils se soient fâchés avec leur père, car l’acte mentionne qu’ils ne savent pas où il est domicilié. Eugène semble avoir bénéficié de l'influence de l’oncle de son épouse, Jean Michel, car de simple marin à son mariage, il était capitaine au long cours à la naissance de son premier enfant. Le couple eut deux filles :

    1° Marie-Madeleine, (Saint-Nazaire 1 mai 1872 - Saint-Nazaire 7 février 1888) ;

    2° Emilienne-Marie, (Saint-Nazaire 16 juin 1874 - Saint-Nazaire 4 mars 1888).

     

    Avec le temps Eugène se constitua une fortune confortable, ayant abandonné la marine dans laquelle il s'était un temps engagé, pour le poste de directeur-caissier de la caisse d’épargne de Saint-Nazaire, (probablement grâce aux relations politiques de son frère), il se fit bâtir une villa à Saint-Marc, la « Villa Polonaise ». Il s’impliqua dans la vie de la cité, devant conseiller municipal, et fonda en 1885 « La Lire de la Loire », une société musicale regroupant vingt-cinq musiciens, qui fit construire sa propre salle des fêtes à Penhoët dès 1893, de 21m sur 10m, (2).

     

    Le frère d’Eugène, Auguste, (Saint-Esprit 26 juin 1841 – Paris 20 août 1900), fut un homme brillant et doué, polytechnicien, fit aussi l’Ecole des Ponts et Chaussées, dont il sortit ingénieur, il réussit à devenir inspecteur général du chemin de fer Autrichien en ­1867, et collabora avec Gustave Eiffel, qui  lui confia la direction d’un chantier de construction de la gare de Budapest. Il changea son nom en « de Serres » et partagea sa vie entre l’Autriche-Hongrie et Paris, il fut un proche collaborateur de Gambetta, qui lui remit la Légion d’Honneur  le 18 novembre 1870, « pour brillants services contre l’ennemi », ce qui surpris, attendu qu’on ne lui avait pas connu d’activités particulières durant la guerre de 1870… Auguste épousa à Paris le 8 novembre 1885 Fanny-Marceline-Caroline Montigny-Remaury, (Pamier 22 janvier 1843 – Paris 19 juin 1913), célèbre pianiste, élèves de Liszt, muse de Fauré,  Pierné, et Saint-Saëns, belle sœur d’Antoine Thomas.

     

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    La Villa Polonaise

     

    Eugène reçu en sa villa de Saint-Marc intelligentsia locale en raison de sa société musicale et des personnalités de la société artistique parisienne grâce à sa belle-sœur qui faisait des séjours prolongés à Saint-Marc-en-Nazaire. Son frère et lui aiment faire état de leurs origines nobles et avaient quelques prétentions qui impressionnaient ou faisaient rire. La Lire de la Loire fut dissoute le 9 février 1920. Le 29 octobre suivant la municipalité qui s'était portée acquéreur de la salle des fêtes de la société la transforma en halles pour les marchés. Eugène Wieczffinski décéda à Saint-Nazaire le 19 septembre 1923.

     

    saint marc,saint nazaire,wieczffinski,de serresLa famille Wieczffinski portait pour armoiries : Parti de gueules et d’azur, à un lame de faucille d’argent mouvante du parti, versée vers la pointe de l’écu, au demi fer à cheval du même sur l’azur, mouvant lui aussi du parti, de telle sorte qu’il forme avec la lame de faucille un arc, à la croix de Lorraine d’or, privée de sa travée senestre inférieur, brochant sur le parti, et posée sur la composition formée par la lame et le fer.

     

    (1)   Méan fut annexé à Saint-Nazaire le 13 mars 1865.

    (2)   Le chef d’orchestre était M.F. Delvigne ; le secrétaire était Emmanuel Moyon, dessinateur aux Chantiers de la Loire, qui avait la particularité de se promener l’été sous une ombrelle blanche et verte… 

  • 1655, la flotte espagnole croise dans l'estuaire

    Depuis 1635 la France est en guerre contre l'Espagne, officiellement une paix avait été conclue en 1648, mais les Espagnols profitèrent de la guerre civile orchestrée par les grands seigneurs en révoltes contre Mazarin, aussi l'armada manœuvre le long des côtes, et fait parfois des intrusions. La Bretagne à leur préférence, car le Roi d'Espagne avait des prétentions sur le duché. Le 25 mars 1655, des frégates espagnoles passent devant Saint-Nazaire et remonte la Loire. Les gardes de côtes en référent au sénéchal de Saint-Nazaire, Marcel Beliotte, sieur de La Poterie, qui envoie un courrier au maréchal de Melleraye à Nantes, qui aussitôt descend le fleuve avec des navires armés, mais les Espagnols, n'étant pas guidés par des pilotes au fait du fleuves, décident de rebrousser chemin, le sénéchal envoie un second courrier, qui rejoint le maréchal déjà arrivé au Pèlerin, et qui lui répond (1) :

     

    Du Pèlerin, le 24e mars 1655.

    Monsieur le Séneschal, aussytost votre lettre receu, je me suis mis en batteau avec ce que j'ay peu de monde pour m'en aller à vous, affin de donner touts les ordres qu'il m'eust esté possible pour la coste ; mais ayant receu votre seconde qui m'apprent que les frégattes espaignolles se sont retirées de la rivière, et voyant que je serès la entièrement inutile, je m'en retourne, voyant que je serés inutile au service du roy et à votre soulagement. Si j'y puis quelque chose, aussytost que m'en aurés averty, je seray prest à retourner et vous tesmoigner le désir que j'ay de vous faire paraistre en touttes occasions que je suis, votre très affectionné à vous faire service.

     

    LA MELLERAYE. 

     
     
    Et au dos, la lettre portait la mention :
     
    Le Soubzigné Marcel Belliote, sénéchal de la Vicomté de Saint-Nazaire, a délivré la présente lettre a honorable homme Mathieu Bernart, seieur de Querloz et François Bonneazu, marguilliers en fabrique et paroisse de Saint-Nazaire. Faict ce troysième jour de janvier 1668, Belliote.
     
     
     
    (1) relevé de rené de Kerviler, op.cit.