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Chroniques de Saint-Nazaire - Page 3

  • La Faunesse et L'Adolescente

     Si vous avez poussé la curiosité à vous approcher du manoir du Sable à côté du Jardin des plantes, vous avez dû voir devant la façade enduite couleur abricot de cette maison qui est la plus ancienne encore existante de Saint-Nazaire[1], sous les arbres de la cour, une sculpture figurant une femme nue. Aucune information n'est disponible à son sujet, les gens du voisinage ont interrogé la Mairie, mais personne n'a pu leur répondre. La mémoire de Saint-Nazaire tient parfois de la chasse au trésor, et cette statue est un. Oui, c'est trésor, car cette statue, couverte de mousse, oubliée dans un coin se nomme La Faunesse est l’œuvre d'un très grand sculpteur : Charles Despiau.

     

     

     

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    La Faunesse de Charles Despiau, 1925, h. 2,40 x l. 1,25 x p. 0,85, 

    (Photographies de David Silvestre)

     

    Charles Despiau, (1874-1946), était un élève de Rodin, il connue le succès et la célébrité de son vivant, on trouve ses œuvres dans plusieurs villes européennes, mais aussi aux Etats-Unis et au Japon.  En 1924 à la suite d’une maquette en plâtre et gomme laquée, Despiau fit réaliser cette statue, en réalité un bas-relief en taille directe, sous sa direction, par Decimo Passani[2], en pierre de Lens.

    L’œuvre fut présentée à l'Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925. L’État décida d'en faire l'acquisition pour la somme de 9.000 francs. Elle fut déposée au dépôt des Arts-Décoratifs, où elle resta jusqu'à ce que l’État la propose à la ville de Saint-Nazaire.

     

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    Maquette de La Faunesse, plâtre et gomme laquée, h. 48,5 x l. 24 x p. 17,5 cm, leg de madame Despiau en 1960, musée George Pompidou, (crédit photographique : © Réunion des Musées Nationaux/Agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux/Dist. RMN-GP)

     

    Les deux sculptures étaient des œuvres d'artistes reconnus, même si Jean-Baptiste Baujault était démodé, et que sa statue était dans les réserves depuis 1895.

     

    En février 1926, François Blancho, nouvellement élu maire de Saint-Nazaire, se rendit à Paris, accompagné de Lecomte, secrétaire général de la Mairie, pour négocier l'emprunt pour la construction d'habitations bon marché, de l'agrandissement de l’École pratique, discuter de l'éclairage de l'avenue de Chantonay, de la transformation de la gare, de la libération définitive des terrains des Grands champs, mais aussi convenir du protocole pour la fête donnée à l'occasion de l’inauguration prévue pour le 26 juin 1926 du Monument du débarquement américain qu'une association américaine vient d'offrir à la municipalité. Ce don poussa le Gouvernement français à confier à son tour deux statues à la ville. Nous ne pouvons pas affirmer si le choix des œuvres fut imposé ou à choisir parmi une liste de proposition. La légende dit que François Blancho aurait choisi dans les réserves, ce que semblent confirmer les articles de presse de l'époque. Le 7 février 1926, Ouest-éclair annonça l'arrivée prochaine par train de La Faunesse de Charles Despiau, en pierre calcaire, et L'Adolescente, dont le vrai nom Primitiae, un marbre de 145 x 60 x 60 cm, œuvre de Jean-Baptiste Baujault, (1828-1899).

     

    Les deux sculptures étaient des œuvres d'artistes reconnus, même si Jean-Baptiste Baujault était démodé, et que sa statue était dans les réserves depuis 1895.

     

     

    Les deux sculptures tardèrent à arriver, le 27 avril 1926 Ouest-éclair annonça leur livraison imminente, une note officielle de dotation par l'Etat ayant été publiée le 2 avril précédent. Les deux statues divisèrent l'opinion, surtout L'Adolescente que la Mairie avait décidé de placer au square Delzieux[3], espace vert qui se trouvait alors derrière l'église Saint-Nazaire. Jean-Baptiste Baujault sculptait toujours des corps adolescents, fille ou garçon, d'une grande sensualité. Placer à proximité d’une église la statue d'une jeune fille nue à l'oreille de laquelle chuchote un faune était une provocation, même si Blancho s'en défendit toujours devant la presse, personne ne fut dupe. La Faunesse devait être érigée au square de la Marine, parfois nommé square de la Gare, un petit jardin qui se trouvait au niveau du parking du supermarché devant la Base-sous-marine, on préféra l'installer dans le Nouveau jardin des plantes.

     

    La situation commença à s’envenimée quand le maire fit placer devant l'église Saint-Nazaire les deux nus pour y recevoir « le baptême civil ». Pour les anticléricaux La Faunesse était le « Symbole de la Liberté, large, tolérante, sans vain sectarisme antireligieux dont jouissent tous tes citoyens de Saint-Nazaire, et L’Adolescente, l'image de la candeur, de la pureté des intentions et de l'innocence de nos élites[4] » Les autorités religieuses et les paroissiens de l'église s'en offusquèrent. En juin 1926 les travaux du square Delzieux furent achevés : plantations, grilles autour du jardin, et piédestal destiné à L’Adolescente. Les tensions entre cléricaux et anticléricaux étaient à leur comble. Le 6 juin, jour de la Fête Dieu, à l'église Saint Gohard, les communistes de Saint-Nazaire et de Trignac, se présentèrent avec leur drapeau rouge en tête chantant l'International, devant les fidèles assemblés. Des paroissiennes s'emparèrent du drapeau rouge et le mirent pièces. Il s'ensuivit une bagarre générale durant laquelle le commissaire de police Radiguet se prit un poing dans l’œil. Le maire appela au calme, et on l'accusa d'envenimer les choses avec l’installation de L'Adolescente. François Blancho, « une main sur le cœur l'autre dans sa poche[5] », fit ce discours : « Nous savons, on nous accuse d'avoir organisé une émeute et lancé nos bataillons sur les catholiques. C'est une atroce calomnie. La preuve c'est que sur cette même place où s'est opérée la dislocation de nos troupes après nos paroles de modération et de sagesse, nous mettons cette Adolescente qui dira aux générations à venir notre innocence et sera comme le symbole permanent de notre amour pour le beau, le vrai, le bien. »

     

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    L'Adolescente de Jean-Baptiste Baujault, marbre, h. 145 x l. 60 x p. 60

     

    Le vendredi 20 juin 1926 Ouest-éclair annonça l’installation sur son socle de L'Adolescente, et la visite à la rédaction de deux dames en noir indignées par la statue, apportant des lettres de protestation. L'une d'elles dit : « Vraiment, monsieur, c'est le commencement de la fin. Par qui sommes-nous gouvernés, grands dieux !!! A-t-on idée de camper un satyre et une jeune fille nue près d'une église ! C'est abominable. Les enfants regardent et ricanent. Les écolières aux yeux trop éveillés contemplent et font leurs réflexions ! », et l'autre ajouta dans un soupir : « O tempora ! O mores ! ». La rédaction défendit la statue, tout en la critiquant : « Eh bien, là, mesdames, vous exagérez. Le Gouvernement a fait un don à la ville de Saint-Nazaire. Vous pensez qu'il n'a choisi, parmi ses statues, ni la Vénus de Milo, ni l'Athéna Promachos de Phidias. Il y avait, dans un coin, quelque part, une petite adolescente dont la hanche trop développée aurait, de suite, fait fuser les rires des Parisiens, si jamais cette effigie s'était dressée sur une place publique de la capitale. Par contre, le visage n'est pas mal et semble impassible devant le flux de paroles que doit déverser le Méphistophélès dont la tête se dresse derrière la chevelure de l'Adolescente. Avec ça on a mis un piédestal qui, par ses dimensions énormes, écrase la frêle statue. De loin, ce socle attire et retient tous les regards. Quant à cette bravade contre l'église Saint-Nazaire que personnifierait, nuit et jour, l'Adolescente du square Delzieux, laissez-moi rire le suis absolument persuadé qu'aucun membre du Conseil municipal n'y a songé. »

     La statue fut régulièrement couverte de boue ou de graffitis, puis on la vandalisa dans la nuit du 7 au 8 août 1929. Le lendemain l'Ouest-éclair titra : « Une femme décapitée et mutilée » et compara l'action à celle du citoyen Picard qui en mai 1794 avait été chargé de détruire toutes les statues de saints et les ornements héraldiques de la paroisse. Des personnes avaient escaladé les grilles du square, armés de barres de fer, brisé en plusieurs parties le bras droit de l'Adolescente et coupé sa tête qu'ils emportèrent. L'affaire fit grand bruit, les Nazairiens se précipitèrent pour constater les dégâts, même la revue L'Art vivant relata l'événement. La police fit des relevés d’empreintes de pied, collecta des témoignages. Le commissaire Pacaud, assisté par le brigadier Bodin, détermina que l'acte avait été commis peu après 2h du matin, à la fermeture des cafés, après la ronde des agents. La rédaction de l’Ouest-éclair reçu des lettres de dénonciation, anonymes, toutes plus farfelues les unes que les autres. Le journal fit plusieurs articles sur le sujet, et l'enquête piétina. La ville était pleine de rumeur qui disaient que la tête se trouvait dans un café chic de la ville, puis à Paris, une personne aurait promis de la renvoyer par caisse au musée...

    La municipalité se décida dans les mois suivant à remplacer la statue par un but d'Henri Gautier, un bronze de Louis Mahé, un sculpteur local oublié. Le buste semblait minuscule perché sur un socle démesuré mais incitait moins à la rébellion. L’érection de ce monument était prévue de longue date, cependant le lieu n'avait pas été fixé jusqu’à ce que L’Adolescente lui laisse sa place. On inaugura le nouveau monument le 1er mai 1930. Le devenir de L'Adolescente nous est inconnu, elle fut semble-t-il reléguée dans les réserves du musée, et ses restes détruits durant les bombardements. Le buste de Gautier fut fondu par les Nazis.

     

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    Le square Delzieux avec le monument à Henri Gautier

     

    Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1929 La Faunesse fut à son tour mutilée. Elle avait été placée au le Nouveau jardin des plantes, dans un bosquet. Le méfait fut découvert par « un vieillard aux moustaches blondes » à qui on oublia de demander qui il était, ce qui obligea à un appel à témoin pour le retrouver. Les jardiniers constatèrent que l'intrusion avait été accomplie par l'avenue de Béarn. L'enquête révéla que le crime avait eu lieu vers 19h30 le 6 décembre, alors qu'un orage faisait rage sur la ville. Madame Hautcoeur, née Félicité Huet, domiciliée 23 rue Jean Macé, dit avoir entendu alors qu'elle passait à l'angle de l'avenue Lesseps et Pornicher, « deux coups sur la pierre à quelques secondes d’intervalle, puis un martelage ininterrompu[6] ». Bien sûr on accusa les ligues catholiques de l'acte. Tout comme pour L'Adolescente, il fut impossible de trouver les coupables. La Faunesse fut restaurée, en réalité un employé municipal mis un peu de ciment sur le bras et la cuisse fracturés, et laissée à son emplacement. Elle échappa aux bombardements, et se trouva à nouveau déplacé à la suite de la transformation par la municipalité Batteux du Nouveau jardin des plantes en espace résidentiel. Espérons que la nouvelle municipalité procédera à sa restauration et à sa mise en valeur, où que le Fond National d'Art Contemporain, qui en est le légal propriétaire, agira.

     

     

     

     

    [1]  Le manoir du sable est cité la première fois dans les archives en avril 1467 quand Macé de La Haye, écuyer, seigneur de la métairie de La Paquelais, et de la maison noble du Sable, comparut armé à Cheval en habillement de brigandine à la montre de noblesse tenue à Guérande.

     

    [2] Decimo Passani, (Carrare 1884 - 1952 Florence), connu surtout pour ses terracottas.

    [3] Square nommé à la mémoire de Louis Delzieux, républicain anticlérical, décédé en 1907, qui avait légué à différentes institutions charitables laïques de la municipalité le somme de 50.000 francs.

    [4] Ouest-éclair du 27 avril 1926.

    [5] Ouest-éclair du 16 juin 1926.

    [6] Ouest-éclair du 12 décembre 1929.

     

    la plus part des information concernant La Faunesse ont été délivrées par la Base Joconde et par Elisabeth Lebon, auteur de « Charles Despiau (1874-1946) - catalogue raisonné de l'œuvre sculptée », thèse de doctorat d'Histoire de l'art, 4 vol. texte, 3 vol. planches, sous la direction de Mme Mady Ménier, Paris I-Panthéon Sorbonne, 1995. - Lire son article en ligne sur Charles Despiau sur : http://www.sculpture1940.com/wb/pages/despiau.php 

     
  • Charles Beilvaire, un peintre nazairien oublié

     

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    Le vieux Môle, Charles Beilvaire, coll. Mahé.

     

     

    Quand on recherche des vues anciennes de Saint-Nazaire, on finit par trouver des dessins à la plume réalisés par Charles Beilvaire, représentant l'ancien bourg de Saint-Nazaire au 19e siècle. L'Ecomusée de Saint-Nazaire possède trois dessins au crayon et un dessin à la plume de cet artiste. Fernand Guériff a reproduit plusieurs dessins de Beilvaire dans son livre "Le Vieux Saint-Nazaire", édité aux Éditions Jean-Maris Pierre en 1987. Certaines de ces vues furent réalisées par Charles Beilvaire entre 1882 et 1886, d'après des dessins plus anciens, conservés par des particuliers, dont une série datant des années 1830. Le bombardement de Saint-Nazaire du 28 février 1943 a anéanti la maison de la famille Beilvaire, mais aussi de les collections de Charles, qui, outre ses œuvres personnelles, comportaient des documents iconographiques, des manuscrits, des publications, anciens concernant Saint-Nazaire, l'estuaire de la Loire, la Grande-Brière1, la marine à voile, et qui devaient servir à un fond muséal projeté par Charles Beilvaire. Cette destruction a entraîné au passage la disparition pure et simple de la mémoire collective Charles Beilvaire, qui pourtant fut de son vivant un artiste reconnu, tant au protectorat du Maroc où il fut en poste, qu'en Loire-Atlantique. On trouve encore des peintures, des dessins, des aquarelles, de Charles Beilvaire. Si ses marines du Maroc ne sont pas rares, ces marines de l'Estuaire de la Loire le sont presque devenues, et il est fort difficile aujourd'hui d'en trouver des originales, fort prisées des collectionneurs.

     

    Contrairement à ce René de Kervilers a écrit dans son ''Répertoire général de bio-bibliographie bretonne'', Charles Beilvaire n'est pas natif de Saint-Nazaire, mais de Paimboeuf, où sa famille avait fait souche. Charles Beilvaire expliqua dans la dernière interview qu'il accorda à R. Montaron dans L'Ouest Éclair du 17 décembre 1943, qu'il est arrivé à Saint-Nazaire à l'âge de deux ans.

     

    Généalogie :

     

    De son vivant Charles Beilvaire prétendit qu'il était issu d'un marin espagnol venu s'établir sur l'Estuaire de la Loire, mais en réalité les Beilvaire sont une famille de cultivateurs et de marins du pays de Retz, plus précisément originaire de la rive ouest du lac de Grand-Lieu.

     

    I° Jean-Antoine-Simon Beilvaire, né en 1778, marin, domicilier à Paimboeuf, époux d'Adele-Euphrosine Séjourné, née en 1801, d'où :

    II° Charles Victor Beilvaire, (Paimboeuf 18 janvier 1832 - 10 octobre 1891 Saint-Nazaire), matelot, il passa trois années aux Indes avant de revenir se marier au pays ; décoré de la médaille d'argent 2e classe de Sauvetage le 28 février 1884 ; époux d'Anne-Elisa Nicou, (elle serait d'après l'acte de mariage de son fils Jules, décédée à Saint-Nazaire le 22 janvier 1870, mais nous n'avons pas trouvé trace de l'acte) ; le couple aménage en 1863 à Saint-Nazaire, et s'établit rue Neuve, d'où :

    1° Charles-Julien, né à Paimboeuf le 15 décembre 1861, décède après décembre 1943, probablement à Fontenay-le-Comte chez son frère, chez qui il s'était réfugié ;

    2° Jules-François, (Saint-Nazaire 17 juillet 1867 - 23 juillet 1959 Fontenay-le-Comte), technicien de la marine ; marié le 26 mai 1889 à Fontenay-le-Comte avec Alida-Anna-Anais-Marie Videt, (° Fontenay-le-Comte 4 août 1872), fille d'Ernest Auguste Vinet, chapelier à Fontenay, et de feu Eloïse-Marie-Augustine-Adèle Poupin, (+ 6 novembre 1874 Fontenay-le-Comte), d'où un fils qui hérita des droits de son oncle.

     

    Biographie :

     

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    Charles Belvaire, photographie publiée dans la revue ''France Maroc''  de mars 1925.

     

     

     

    Charles-Julien Beilivaire a donc pris en 1863 le bac à Mindin avec ses parents depuis Paimboeuf où il est né le 15 décembre 1861, pour emménager à Saint-Nazaire rue Neuve. Cette maison fut celle de sa vie, son frère y est né, ses parents y sont morts. Le port de Saint-Nazaire était alors tout neuf ; R. Montaron dans son interview de Charles Beilivaire pour L'Ouest Éclair du 17 décembre 1943, nous rapporte à ce sujet, à travers les souvenirs de Charles Beilvaire, que le port de Saint-Nazaire ne comportait alors qu'un seul bassin où « s'entassaient pêle-mêle jusqu' à 110 voiliers. Ils se tenaient si près les uns des autres qu'ils créaient comme un pont et que, sautant d'un bord à l'autre, le petit Beilvaire pouvait passer du quai Démange au quai du Commerce.

     

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    Le port de Saint-Nazaire en 1864, coll. L.O.M.

     

     

    Son âme d'enfant, inconsciemment éprise d'art, s'émerveillait devant l'imagé aérienne et comme insaisissable de ces longs courriers aux voiles arachnéennes et qui frémissaient au souffle du large comme des ailes d'oiseaux. Aussi, dès qu'il put tenir entre ses menottes, un crayon, Charles Beilvaire commença à prendre des croquis. Ce n'était certes pas parfait, mais la fidélité y était incluse et, plus tard, elle devait servir à l'homme en plein épanouissement intellectuel, à reconstituer exactement tel vieux coin du ''Petit Maroc2'' ou encore tel gréement de trois mâts franc disparu. Son père, précisément, courait le grand large sur la dunette d'un de ces magnifiques bâtiments de la Marine en Bois. En ce temps-là, les records du ''Ruban Bleu'' n'existaient point... Chaque navire était tributaire du vent, des éléments comme ces mouettes incessamment balancées au-dessus des vagues et parcourant des distances considérables sans qu'on y prenne garde. Mon père, m'a confié M. Beilvaire, est resté trois ans aux Indes, avec lesquelles nous faisions jadis un gros commerce. Tous les voiliers ou presque qui fréquentaient le port de Saint-Nazaire, venaient de là-bas, avec leurs cargaisons d'épices et de fruits aux lourdes senteurs ou de sucre de Bourbon. Nous guettions leur arrivée au bout du môle. Nous reconnaissions de loin, de bien loin, à la limite d'horizon, le ''Penseur'', le ''Navigateur'',1' ''Epervier'', l' ''Isabelle'' ou encore le ''Persévérant'', à cause de leurs cacatois ou de leurs perroquets. Ceux-là appartenaient à la vraie Marine en bois. On saluait aussi le passage des ''guanotlers'', des trois mâts de 3.000 tonnes qui importaient en France le guano des îles Chiloé (Chili et Pérou). 3,000 tonnes !? Ça nous paraissait formidable !.. Je vis. un jour, aussi le plus grand voilier français '' La Victorine '', qui faisait un peu plus de 3.000tonnes et les deux ''France'', qui étaient des cinq mâts. Après les navires mixtes comme 1' ''Eugénie'', il y eût les bateaux à roues... C'était déjà l'avènement de la vapeur. La première unité qui relâcha à Saint-Nazaire fut le ''Nouveau Monde''. Il mesurait 105mètres de longueur, atteignait New-York en... 25 jours ! C'étaient, d'ailleurs, de mauvais bateaux qui ''engageaient'' par grosse mer. Et puis le progrès est venu... On a construit ''Normandie''... »

    Bon élève, il fit Ponts-et-Chaussées et fut reçu au concours de de 1882. Il fut affecté à l'emploie de conducteur des Ponts-et-Chaussées le 17 novembre 1882. Son premier poste fut à Saint-Nazaire en 1883 sur le chantier d'agrandissement du port, puis il intégra le Service des eaux dont il devint rapidement le directeur. Très intéressé par les arts, il se perfectionna au dessin, s'initia à l'aquarelle et à la peinture à l'huile. Il fonda avec monsieur Fouché la société de gymnastique et de tir ''La Nazairienne'', club sportif réservé aux hommes3. La fondation de ce club sportif et ses fonctions d'ingénieur lui valurent d'être décoré des Palmes académiques. Il fut élevé au grade d'officier académique en 1907 alors qu'il était membre de la commission du musée à Saint-Nazaire, institution qui fut inaugurée le 4 mars 1908. Charles Beilvaire était parfaitement intégré dans la vie nazairienne, sa position de conducteur des Ponts-et-Chaussées de première classe détaché au service de la ville faisait de lui une personnalité incontournable, mais un arrêté du 9 décembre 1909 le nomma dans le département de la Seine-Inférieure, au service de la navigation de la Seine (4e section). Ce changement de poste ne fut pas de son goût, il n'arriva pas à se faire à des amis à Rouen. Un arrêtés du 24 février 1911 il fut « mis en congé, hors cadres »4. Un décret du 15 mars 1911 l'autorisa à entrer au service de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité, une société privée fondée en 1907. Il réintégra la fonction publique et fut nommé le 1er juillet 1920 à la sous-direction du Chemin de fer et Travaux publics du Maroc, puis le 23 janvier 1925, il obtint sa nomination au service détaché, sur ancienneté, puis par décret du 28 mars 1925 il est admis à faire valoir ses droits à la retraite, et cesse ses fonctions à la même date.

     

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    Exemples de marines peintent à Casablanca, publiées dans la revue ''France Maroc'' de mars 1925.

     

    R. Montaron nous apprends cependant qu'il resta onze années au Maroc, il ne revint dont à Saint-Nazaire qu'en 1931, avec «  350 aquarelles ». Le 7 mars 1932 il est fait officier de l'Instruction publique « pour services rendus aux arts ». Définitivement revenu à Saint-Nazaire, on le retrouve prenant part à partir de 1932 aux différentes manifestations de ''La nazairienne'', de l’École municipale de dessin, et du Groupe artistique de Saint-Nazaire. Le groupe fit d'ailleurs plusieurs fois acquisition de certains de ces marine peinte à l'huile pour constituer des prix à sa tombola annuelle, la dernière fois pour celle du 18 mars 1940... Il exposa aussi régulièrement dans la salle de l’École municipale de dessin au côté des autres membres du Groupe artistique, et collabore activement comme illustrateur au journal Le Courrier de Saint-Nazaire, journal locale, situé politiquement du côté la droite royaliste et catholique, à qui l'ont doit de nombreux articles et publications sur le patrimoine et l'histoire de la commune. En 1943 Charles Beilvaire a alors 82ans, Montaron rapporte : « après 60 années d'efforts patients, assidus et discrets, cet artiste allait enfin pouvoir constituer son Musée personnel et l'offrir à la ville de Saint-Nazaire ou — en attendant la fin des événements, à celle de Nantes — lorsque survint l'affreux bombardement du 28 février qui, en quelques secondes, anéantit toute l'œuvre réalisée. — J'étais parti la veille de la catastrophe — nous dit encore M. Beilvaire — le 27 février, mais je n'ai rien rien pu sauver, pas même mes violons, pas même mes papiers de famille... rien... et, à mon âge, cela revêt une signification douloureuse ! Je fus à Pont-Rousseau d'où je repartis pour Fohtenay-le-Comte que Je connaissais déjà depuis longtemps. J'y vins, pour la première fois, en 1880, afin de faire les études préliminaires à l'établissement de la voie ferrée Fontenay-Cholet. Comme vous voyez, ce n'est pas une nouveauté. » On perd ensuite sa trace, il est probablement décédé à Fontenay-le-Comte chez son frère.

     

     

    1 Sur la suggestion d'un ami, il proposa sa documentation brièronne à Anatole Le Bras pour qu'il en fasse une livre, qui accepta, mais peu après, déclaré forfait. Ce fut Alphonse de Chateaubriant qui fut chargé de cette entreprise et qui en fit le roman ''La Brière'' publié en 1923, Grand Prix du roman de l'Académie française, que, ironiquement, il n'illustra pas, et qui le fut pour sa réédition de 192, par un autre nazairien, René-Yves Creston.
     
     
    2 Cette appellation saugrenue de '' Petit Maroc '' est apparue dans la presse en 1930, il est surprenant que Beilvaire utilisa ce surnom alors tout neuf pour désigner le vieux bourg de son enfance, mais attendu qu'il avait vécu au Maroc, cela devait l'amuser.
     
     
    3 Cette société souffrit de la mobilisation générale du premier conflit mondiale. Mise en sommeil durant les premiers mois de la guerre, elle ne réouvrit qu'en mars 1925, avec le concours de la municipalité. Elle était avant le première guerre-mondiale réputée pour être très prisée de la scène gay nazairienne de l'époque.
     
    4 Son poste à Rouen ne fut attribué à un autre qu'en janvier 1913 ! 
  • Famille du Matz d'Armanjo  

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    D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur. 

     

    Famille noble d'extraction chevaleresque maintenue à l'intendance en 1700 qui posséda les maisons nobles d'Armanjo, de Guindreff, et de Kerlédé.



     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, écuyer, seigneur de La Drouillay, seigneur de la maison noble d'Armanjo, pour laquelle il servit l'aveu en 1709, et qu'il vendit à Jacques Hégo, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 22 octobre 1686 avec Perrine Pasquette, dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

    1° Anne-Marquise, (vers 1689 - 7 avril 1746 Saint-Nazaire), mariée à Saint-Nazaire le 23 juillet 1708 avec Louis Le Guennec, seigneur de Kerlédé ;

    2° Marie, baptisée à Saint-Nazaire le 13 août 1690 ;

    3° Madeleine, baptisée à Saint-Nazaire le 25 septembre 1691 ;

    4° Geneviève, (Armanjo le 16 décembre 1692 – 27 octobre 1743 Kerlédé), dame de la maison noble de Guindreff, puis aussi de celle de Kerlédé ;

    5° Janne, (Saint-Nazaire 3 décembre 1694 – 20 mai 1756 Saint-Nazaire), dame des maisons nobles de Guindreff et de Kerlédé ;

    6° Renée-Clémence, ondoyée le 30 décembre 1694, baptisée à Saint-Nazaire le 5 avril 1695 ;

    7° Louis, baptisé le 11 décembre 1695 ;

    8° un petit enfant mort-né le 25 juin 1696 ;

    9° Esprit, (Saint-Nazaire 26 mai 1697 - 10 juillet 1702 Saint-Nazaire) ;

    10° Guillaume, baptisé le 8 septembre 1698 ;

    11° Jacques, (Saint-Nazaire 3 mars 1702 - 29 mai 1706 Saint-Nazaire).



    Autre branche :



    I° Claude du Matz, écuyer, sieur du Gléré, époux de Charlotte de Vaugiraud, vivant en la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, d'où :

    1° Louis-Gilles, écuyer, de la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, marié : 1° Jeanne de La Bourdonnaye, originaire de Montoire, publication de bans à Saint-Nazaire le 16 décembre 1692, avec la mention '' à présent demeurant à Saint-Nazaire '' ; 2° Monique de La Haye du Sable, née le le 6 juillet 1675 à Saint-Nazaire, mariée le 2 mai 1707 précédemment mariés, mais ayant appris qu'il étaient parents au 4e degré, renouvellement de leurs vœux à Saint-Nazaire le 22 mai 1710 ;

    2° Julien-Joseph, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 7 avril 1698, avec Marie Michel, d'où :

    A° Marie-Françoise, baptisée à Saint-Nazaire le 13 mai 1704.

  • Une famille irlandaise à Saint-Nazaire : les Archbold

     

     

    I° Walter Archbold, marchand irlandais, marié : 1° de Jeanne Hémery ; 2° Macée de Montluc, (vers 1632, inhumée dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire la 29 novembre 1710), (veuve, elle épousa en seconde noce Thomas Walsh, irlandais, voyez article à ce nom) ; d'où :

    du premier lit :

    1° Pierre, baptisé Saint-Nazaire le 8 mai 1648 ;

    2° Jeanne, baptisée Saint-Nazaire le 1er septembre 1649 :

    3° Jan, baptisé Saint-Nazaire le 10 novembre 1650 ;

    4° René, baptisé Saint-Nazaire le 28 septembre 1651 ;

    du second lit :

    5° Charles, baptisé Saint-Nazaire le 25 septembre 1653 ;

    6° Madeleine, baptisée Saint-Nazaire le 21 juillet 1655 ;

    7° Perrine, baptisée Saint-Nazaire le 26 août 1656, mariée à Saint-Nazaire avec Guillaume Chanterel, sieur des Chesnot ;

    8° Macée, baptisée Saint-Nazaire le 28 février 1658.

     

    II° Jan Archbold, époux de Janne Mahiet, (morts avant octobre 1707), d'où :

    1° Renée baptisée le 7 décembre 1690 – 18 octobre 1694 ;

    2° Jan, qui suit.

    III° Jan, marié le 11 octobre 1707 avec Renée Martin, d'où :

    1° Janne, (Saint-Nazaire 6 janvier 1709 – 11 janvier 1709 Saint-Nazaire) ;

    2 Hélène, (Saint-Nazaire 23 décembre 1709 – 26 décembre 1709 Saint-Nazaire).

  • Famille Rouaud de Villemartin

    Famille Rouaud de La Villemartin, Olim. Rouaud, sieur de La Lande, et Rouad de la Villès-Martin

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    D'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

    Famille bourgeoise dont plusieurs membres ont été anoblies par ordonnance du 9 octobre 1814 ; (Cf. vicomte A. Révérend, " Les familles titrées et anoblies au XIXe siècle ").

    Éteinte au 19e siècle, connue à Saint-Nazaire depuis René Rouaud, sergent général des armées de Bretagne, époux de Julienne Bourdic, vivant en janvier 1597 à Saint-Nazaire. On trouve diverses branches dont la filiation est compliquée à établir, à Saint-Nazaire, Donges, et Saint-André-des-Eaux.

     



     

    I° René-Claude Rouaud, sieur de La Lande, notaire et procureur de la vicomté de Saint-Nazaire, puis procureur fiscal de La Motte Alleman, notaire et procureur au Siège royal de Guérande, mort à 68ans, inhumé le 9 décembre 1706 à Saint-Nazaire dans le chœur de l'église ; marié le 11 juillet 1673 à Saint-Nazaire, avec dispense de trois degrés de parenté, avec de Périnne Berthaud, d'où :

    1° Renée, baptisée à Saint-Nazaire le 3 octobre 1674, inhumé dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire le 29 novembre 1676 ;

    2° René, baptisé à Saint-Nazaire le 13 août 1676, inhumé dans le chœur de l'église le 3 octobre 1679 ;

    3° Matthieu, qui suit.

    II° Mathieu Rouaud, sieur de La Lande, (Saint-Nazaire 5 janvier 1681 - 17 janvier 1743 Saint-Nazaire), avocat au Parlement, préfet-fiscale de la seigneurie du Boisjoalland et de Heinleix, sénéchal d'Escoublac et de La Ville-au-Févre ; marié, avec autorisation de son père, le 23 novembre 1706 à Saint-Nazaire avec Marie Chesnin, (Née à Saint-Viaud le 3 octobre 1684, baptisée le 11 - inhumée dans l'église de Saint-Nazaire le 26 janvier 1735), alors fille mineure de feu François Chesnin, sieur de La Touche, et de Françoise Bernard, mariage autorisé par décret de la Juridiction du Plessis-Mareil-en-Saint-Viaud ; elle était parente de Casard Chesnin, prêtre de Saint-Nazaire ; d'où :

    1° Marie, (Saint-Nazaire 4 décembre 1708 - 1er mars 1711 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain dans le chœur de l'église) ;

    2° Renée, (Saint-Nazaire 11 mai 1709 - le 18 septembre 1712 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain en l'église) ;

    3° Mathieu-André, qui suit ;

    4° Joseph-Vivant, né, baptisée, et inhumée le 30 décembre 1711 ;

    5° René-Mathieu, sieur de La Mode, avocat à la Cour, procureur fiscal de Saint-Nazaire, baptisé à Saint-Nazaire le 20 octobre 1713, décédé le 11 janvier 1739 et inhumé le lendemain en l'église de Saint-Nazaire ;

    6° Marie-Françoise, dite Marie, baptisée à Saint-Nazaire 22 février 1718, épouse de Jan Canuel, sieur de Maude (fief nazairien acquis de la famille Boullet), dont l'une des filles épousa un le Royer de la Poigniardière.

    III° Mathieu-André Rouaud, baptisé à Saint-Nazaire 22 août 1710 ; inhumé le 13 février 1752 Saint-Nazaire "dans le haut de l'église", sieur de la Ville-ès-Martin (par acquisition de la famille Boullet) ; marié le 18 avril 1741 à Saint-Nazaire avec Catherine Canuel, baptisée le 13 août 1713 à Saint-Nazaire, inhumée à Guérande le 21 octobre 1787, fille de feu Etienne Canuel, et de Catherine Gicquel, d'où :

    1° Mathieu, qui suit ;

    2° Une fille morte née le 14 février 1749 et inhumée dans l'église de Saint-Nazaire.

    IV° Mathieu (de) Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au Siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, établi à Guérande en 1768, dont il était syndic et maire de Guérande de 1770 à 1771, député du Tiers-état pour la ville de Guérande aux Etats généraux de 1789 ; en 1782 il fit un voyage à Paris accompagné de son épouse, du chevalier de Kerpoisson et son épouse, ses cousins, voyage durant lequel il rédigea un journal, dont le manuscrit tomba en 1900 dans main du comte Louis Remacle qui le publia en confondant avec une autre famille de Rouaud ; il déclare comme étant domicilié depuis deux ans à Guérande que il se marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Richardière, fille mineure de feu Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, dame de La Paquelais à Saint-Malo-de-Guersac, sur décret de justice de la vicomté de Donges, (elle avait pour oncle Cyprien-François Gallet, sénéchal de la seigneurie de Heinleix, et pour cousin au 3e degré René Lion, procureur de Guérande, qui furent présents à son mariage), d'où :

     René-Marie-Prudent, né à Guérande le 2 septembre 1772, baptisé le 4, décédé le 8 novembre 1772 à Montoir, inhumé le lendemain ;

    2° Matthieu, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 janvier 1771, anobli avec son frère Pachal-Auguste-Modeste par ordonnance du 9 octobre 1814, lettres patentes du 11 novembre 1815 avec règlement d’armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées du même, 2. 1." Receveur des Contributions Directes de Guérande, mariée le 9 juin 1806 au Croisic avec Reine-Renée Giraud des Landreaux, née le 20 octobre 1781 au Croisic, fille de Godefroy-Joseph-Martin Giraud de Landreaux, et de Renée-Marie Goupil de Meslé, d'où : 

    A° Athénaïs-Reine-Marie, née le 21 juillet 1807 à Guérande ;

    B° Nathalie-Marie, née le 18 novembre 1809 à Guérande.

    3° Pachal-Auguste-Modeste, qui suit ;

     

    4° une fille, épouse d'un Le Chauff de Kerguénec, fils du seigneur de La Motte-Allemand, qui légua son domaine de La Motte-Allemand à son neveu Charles-Evariste de Rouaud en 1840 ;

    5° Marie, épouse de Joachim Bouvais.

    V° Pachal-Auguste-Modeste Rouaud de Villemartin, né à Guérande le 17 avril 1778 et baptisé le même jour - décédé le 21 septembre 1814 à Guérande ; anobli avec son frère Mathieu par ordonnance du 9 octobre 1814 ; étant décédé avant délivrance des lettres de noblesses, ce furent ses fils qui en bénéficièrent par lettres du 24 février 1816, avec pour chacun un règlement d'armoiries particulier ; marié à Guérande le 28 janvier 1803 (8 pluviose an XI) avec Bonne Cady de Praderoy, fille de Charles Cady de Praderoy, et de Bonne-Jeanne-Carlotte de Jacquelot du Boisrouvray, d'où :

    1° Zoé-Bonne-Marie, née le 15 décembre 1803 à Guérande, épouse de Louis-Jacques Cornu, notaire à Guérande ;

    2° Pascal-Charles-Marie, né le 28 décembre 1805 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1." ; sans postérité ;

    3° Adolphe-Alexandre-Marie, né le 25 juillet 1808 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'or. " ; sans postérité ;

    4° Evariste-François-Régis-Charles-Marie dit Evariste-Charles, né le 3 décembre 1810 à Guérande ; décédé à Nantes le 3 décembre 1896, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'argent " ; fit modifier son patronymique en " de Rouaud " ; héritier de son oncle Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand qu'il vendit en 1844 ; marié à Nantes le 19 novembre 1838 avec Marie-Louise-Thérèse de Bruc de Vignac, (décédée à nantes le 14 septembre 1879), fille de Joseph-Louis de Bruc, et de Marie-Catherine Le Chauff de Kerguénec, d'où :

    A1° Thérèse-Evariste de Rouaud. 

    5° Ange-René-Marie qui suit ;

    6° Nathalie, épouse de Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux, fils de Joseph-Louis de Bruc, et de Catherine Le Chauff de La Motte-Allemand, sans postérité.

     

    VI° Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin, né le 15 décembre 1812, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure dentelée d'argent. " ; royaliste légitimiste, il s’exila au Pérou,  à la suite de sa participation à la chouanerie de 1832 ; il y épousa Josefa Paz-Soldán y Ureta, fille de Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Manuel qui suit ;
    2° Maria Del Carmen-Ines-Tomasa, (Lima 15 septembre 1840-1877), épouse de José Luis Paz Sodan Martinez, (1834-1880), dont elle eu une fille, Luisa Paz Soldan Rouaud, (Lima 1867 - Lima 16 octobre 1941), sans postérité.

     

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    VII° Manuel Rouaud y Paz Soldán, né à Lima (Pérou) le 19 avril 1839 ingénieur en géodésie et explorateur de la jungle amazonienne; il fut mandé par le gouvernement péruvien pour aider son oncle maternel, Mariano Felipe Paz Soldan, pour la rédaction et l’édition des ouvrages de Mateo Paz Soldan mort en 1857. Pour cela, il se rendit en France en 1861, prenant en charge l'édition espagnole de la « Géographie du Pérou » et collabora avec Arsène Mouqueron dans la version française du livre. De retour au Pérou, il entreprit la campagne pour suivre le cours du fleuve Amazone depuis son embouchure, dans le but d'effectuer la reconnaissance scientifique de ses eaux et de son climat. À Tabatinga, il fut nommé secrétaire de la Commission mixte péruvienne-brésilienne qui devait déterminer les limites des deux pays. Après avoir fixé les premières bornes frontières, Manuel et Paz Soldán furent chargés en 1866 de réaliser la reconnaissance du fleuve Yaraví, ce qui lui permit de rectifier les erreurs de la cartographie existante, et détermina la navigabilité de ses principaux affluents. Durant cette expédition il fut attaqué par une tribu indigène et perdit sa jambe droite à la suite d’une blessure par flèche. En 1871, il fut nommé commissaire péruvien à la Commission mixte Pérou-Brésil afin de poursuivre le travail de délimitation des frontières. Il remonta le cours de l'Amazone depuis l'Atlantique, puis il navigua jusqu’à Caquetá où les fièvres malignes touchèrent l'équipage de son bateau, le « Napo », gravement malade, il décéda d’une hémorragie cérébrale à Tefé (Brésil) le 2 septembre 1872.







    Il convient de signaler ici que les oncles maternels du dernier des Rouaud de Villemartin, étaient tous des personnes importantes de l'histoire péruvienne :

    I° Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Josefa Paz Soldán y Ureta, épouse de Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin ;

    2° José Gregorio Paz Soldán, (1808-1875), avocat, puis juge, sénateur, ministre des Affaires étrangères, et trois fois chancelier du Pérou ;

    3° Pedro Silverio Paz Soldán, président du cabinet du président Mariano Ignacio Prado, (lui-même père de Pedro Paz Soldán y Unanue, dit Juan de Arona, (1839-1895), fondateur de la lexicographie péruvien) ;

    4° Santiago José Paz Soldán, naturaliste et océanographe qui a travaillé avec le scientifique allemand Alexander von Humboldt ;

    5° Mateo Paz Soldán, géographe et astronome, auteur de l'ouvrage Géographie du Pérou ;

    6° Mariano Felipe Paz Soldán, géographe et historien, auteur du premier Atlas géographique du Pérou ;

    7° Mariano Domingo Paz Soldán, compagnon du Libérateur Bolivar, et fondateur de l'Université de Chuquisaca.

     

     

  • Famille Moyon des Bouexières

     

    Généalogie de la famille Moyon, sieurs de Trébondy, seigneurs des Bouexières, à Saint-Nazaire.

     

     

    I° Guillaume Moyon, sieur de La Rouaudière,notaire de la baronnie de Marsain, inhumé le 4 mai 1692, le capitaine de la milice bourgeoise de la paroisse de Saint-Nazaire, sénéchal de Heinleix et autres lieux, doyen des notaires, procureur de la vicomté de Donges, époux de Jacquette Deniaud :

    1° André, qui suit ;

    2° Catherine, (1683-1770) ;

    3° Jeanne, ( -1775), épouse de Jean-Olivier Kermasson de Kerisel ;

    5° Hellène, mariée le 29 aout 1701 à Pierre Brécard ;

    6° Jan, baptisé le 27 janvier 1675 ;

    7° Gille, baptisée le 11 décembre 1677 ;

    8° Marie, (1678-1765), épouse de Jean Pomier, sieur de la Durandry ;

    9° René, baptisé le 13 février 1680 ;

    10° François, baptisé le 20 juin 1681, sieur de Trebondy, époux de Juliette Rouaud, d'où :

    a° Françoise, morte le 20 juillet 1713.

    11° Jacquette, baptisée le 16 septembre 1682 ;

    12° Catherine, baptisée le 16 mars 1684 ;

    13° Charles, baptisé le 19 juillet 1685 ;

    14° Charles, baptisé le 15 novembre 1689.

    II° André Moyon, sieur de Trébondy, (1675-1731), notaire de la juridiction de La Motte-Alleman, marié le 19 avril 1695 de Jeanne Rouaud, fille de François Rouaud, et d'Anne Thuaud, d'où :

    1° André, baptisé le 20 mars 1696 ;

    2° Gilles, baptisé le 7 décembre 1697 ;

    3° Jean, qui suit ;

    4° Catherine-Renée, 

    5° Marie, (700-1718) :

    6° Jeanne, baptisée le  24 avril 1701, mariée le 7 janvier 1727 à Jean-Michaud, notaire à Saint-Nazaire.

    7° Jacquette, (6 août 1702- 26 août 1702). 

    III° Jean Moyon, baptisé le 23 janvier 1699,  notaire, acheta le fiefs des Bouexières à son parrain Jean Martin, seigneur des Bouexières, marié à Saint-Nazaire le 7 août 1724 avec Catherine Boullet, d'où :

    1° André, baptisé le 28 décembre 1725 ;

    2° Catherine-René Moyon, (1726-1795), mariée le 27 septembre 1746 Joseph du Bochet, (1722-1757) ;

    3° Jean, (1726-1731) ;

    4° Jeanne-Marie, baptisée le 15 avril 1729 ;

    5° Hellène, (1730-1776) ;

    6° Marie, baptisée le 14 juin 1731, mariée le 11 janvier 1752 à Jacques Le Bourdiec, officier de vaisseau de la marine marchande ;

    7°  Reine, baptisée le 23 avril 1734, mariée le 28 octobre 1755 à Saint-Nazaire avec Nicolas Charles.

     

    Devenue veuve, Catherine Moyon, née Boullet, revendis la seigneurie à François Le Chauff, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand, (voyez les articles sur la seigneurie de La Motte-Allemand).

     

     Des informations supplémentaires au sujet de Trébondy sur le blog de Karrikell : http://karrikell.over-blog.com/article-trebondy-en-saint-nazaire-114362214.html

  • Quel devenir pour le patrimoine nazairien monsieur Samzun ?

    Saint-Nazaire a un nouveau maire, les Nazairiens espèrent que celui-ci traitera mieux le patrimoine communale que son prédécesseur. Bien sur à la lecture de cette phrase beaucoup en viennent à sourire, ou à rire jaune, et j'entends de l'autre bout de la pièce : '' mais enfin qu'espérez-vous du dauphin de celui que l'on a surnommé Batteușescu ? ''

     

    Eh bien les Nazairiens en attendent beaucoup ! Trop peut-être ? Probablement. Mais soyons wildien et envisageons le pire pour apprécier le meilleur. Après avoir passé des années à se faire insulter par leur ancien maire, les Nazairiens se disent que cela pourra difficilement être pire. Pour l'instant monsieur Samzun vient prendre ses fonctions et n'a pas encore fait ses preuves comme maire, et déjà se pressent tout ceux à qui son prédécesseur, qui n'avaient plus rien à faire de notre ville et de son devenir, répondait, surtout quand quand la mairie était clairement en faute comme dans l'affaire du Dolmen, avec le plus grand mépris et la plus grande arrogance, en nous signifiant clairement que nous n'avions qu'à la fermer devant sa toute-puissance.

     

    Tachons de ne plus nous formalisé sur cette attitude passée, et regardons l'avenir. Il convient de faire un état de lieu de la situation du patrimoine historique de la commune de Saint-Nazaire.

     

    Citons déjà les éléments qui sont protégés par la Loi et qui sont propriétés de la commune :

     

    Le Dolmen : classé en 1889, il a été victime de délires du maire sortant, qui se contrefoutait des lois le préservant directement, ainsi que son air. (voyez notre suite d'article classé sous la mention '' Dolmen ''). On s'interroge sur son devenir. maintenant que le site a été endommagé et passablement défiguré.

     

    La croix du Dernier ou Croix Denier, à Dissignac : Classée au titre des monuments historiques par arrêté du 9 janvier 1926., c'est un calvaire du 15e siècle, figurant le Christ crucifier d'un côté, la Vierge à l'Enfant de l'autre, de chaque côté de sa base se trouve un autel. Pour l'instant le calvaire est dans une zone peu urbanisée et ne semble pas souffrir de détériorations, on reprochera juste le manque d'entretien de la parcelle.

     

     

    Calvaire des Rochelles : classée par arrêté du 18 août 1944, longtemps isolée, cette haute croix de pierre du 16e siècle, dont il ne reste que la base et le fut, est située aujourd'hui dans un nouveau quartier, rue Ernest Hemingway, depuis plusieurs années le site est entouré de barrières de protection montée au moment du chantier de construction, et les herbes s'y agglutinent. Monument typiquement breton, il attend toujours une mise en valeur et une restauration.

     

    (Il faut signaler que la Croix de Heinlex, datant du 13e siècle, fut classée par arrêté du 18 octobre 1944, mais quelle disparu presque aussitôt suite à la manœuvre d'un camion allemand. On ignore ce que devinrent ses débris.)

     

     

    Vient ensuite le patrimoine classé de type meuble. La commune possède en propre plusieurs œuvres religieuses classées dans l'église Saint-Nazaire : deux bas-reliefs en albâtre classés le 10 novembre. Quatre statues en bois doré du 17e et 18e siècle, le tabernacle du maître autel du 17e siècle lui aussi en bois doré, provenant de l'ancienne église, ils furent classés le 23 septembre 1949, S'ajoutent deux sculptures provenant d'une poutre de gloire, datant du 15e siècle, classées le 7 octobre 1935, qui ont été placées de chaque côté d'un grand crucifix du milieux du 20e siècle réalisé par Jean Fréour, (ce crucifie appartient à l'association diocésaine). Il faut ajouter à la liste la statue de l'Ange gardien, en bois polychrome, classée le 28 juin 1962, le registre des MH dit qu'elle appartient à l'association diocésaine, mais il est cependant à noter que les MH attribue la propriété de certains éléments classés antérieurement à l'association diocésaine, alors qu'ils sont initialement propriétés de la commune. Il y a là un cafouillage qu'il faudra éclaircir.

     

    Enfin la commune est propriétaire de la Vierge à l'Enfant du 17e siècle, sculpture en bois qui se trouve dans l'église Saint Joseph de Mean, son classement fut réalisé le 7 décembre 1965.

     

     

    Il n'y a pas grand-chose de protégé par les Monuments historiques à Saint-Nazaire, la cause n'en ait pas la destruction par les bombardements, la cause en est que quand dans les années 1990 les Monuments Historiques accomplirent à la suite d'une directive gouvernementale un relevé général des éléments remarquables sur l'ensemble du territoire de la République, leur travail fut presque impossible à réaliser à Saint-Nazaire, et réduit au plus strict minimum. Il y a pourtant des éléments remarquables, surtout au niveau du patrimoine industriel, et de beaux éléments balnéaires qui mériteraient qu'on s'y intéresse.

     

    La liste des éléments protégés par les Monuments Historiques comprend aussi des éléments qui n'appartiennent pas à la commune :

     

    Le tumulus de Dissignac, '' daterait de 4300 avant J.C. '' (sic. MH). Classé monument historique en 1889, il est propriété de l'état est géré par l'Ecomusée de Saint-Nazaire.

     

    Le phare du Grand Charpentier, construit en 1887, classé MH le 22 novembre 2011, il appartient à l'état et se trouve sur un rocher au large de la pointe de Chémoulin.

     

    La Balise des Morées Construite en 1777 selon les plans de l'ingénieur Groleau, elle fut exhaussée en 1893 classé MH le 22 novembre 2011, elle appartient à l'état ( domaine public maritime ), Elle se trouve sur le rocher des Morées au large de la pointe de La Villès-Martin.

     

     

    Enfin, un bien meuble : le petit voilier '' Va pas trop vite '', ancien bateau de pêche construit en 1934. Il a a été classé le 24 septembre 1993, et appartient à l'association de la Maison de quartier de Kerlédé, qui l'a sauvé et l'entretient (voyez ici un article détailler le concernant : http://www.bateauxdupatrimoine.culture.fr/html/fichebat/vapastrop/vapastrop.htm)

     

     

    Les Nazairiens s'interrogent, et interrogent leur nouveau maire, sur le devenir de certains biens municipaux : le manoir du Sable, datant de la fin du 15e siècle, c'est la plus ancienne demeure de la ville, et la municipalité sortante s'est appliquée à le dénaturer. Le château de Heinlex et pour sa part fort bien entretenu, mais il est vide depuis plusieurs années, attendant une attribution. Ce qui reste du château des Charmilles, dit de Porcé, il avait été prévu initialement par Etienne Caux d'y établir l'Ecomusée, mais on lui préféra en 1983 un hangar perdu que les rares touristes qui s'y risquent ne trouvent généralement pas, ou prennent pour une entreprise, et où les Nazairiens ne mettent jamais un pied pour biens des raisons. Le maire sortant l'a laissé tomber en ruine après avoir espéré plusieurs fois le détruire, et a laissé pour toute réponse à son sujet '' Il finira bien par tomber tout seul ! ''… La collection municipale elle aussi fait se poser des questions. Il ne reste rien des collections du musée fondé le 4 mars 1908, les caisses qui contenaient les collections furent détruites dans un bombardement à la veille de leur expédition vers un lieu sécurisé, ensevelies dans les caves du complexe qui comprenait le Musée, la Bibliothèque, et la Chambre de commerce. Ce qui constitue la collection municipale est composé du fond de l'école des beaux-arts, de donations, et d’acquisitions. Les pièces les plus intéressantes sont à l'Ecomusée et au musée Escal'Atlantic. Si certains éléments de la collection qui ne sont pas exposés comportent un intérêt historique local, il y a beaucoup d'éléments sans intérêt majeur, ou valeur marchande notable dans cette collection. Les Nazairiens sont cependant en droit de s'insurger sur le fait que et la municipalité sortante en fait le stockage d'une façon totalement inadéquate. Entassés comme à la brocante, ou dans le grenier d'une famille qui a vidé l'appartement d'une grand-tante, tableaux, gravures, petites sculptures sont oubliées dans une baraque délabrée aux vitres brisées, soumise à l'humidité, et à la possibilité du vol aussi, le bâtiment fut squatté, on peut donc s'attendre à tout. Un catalogue de mise à jour fut réalisé en 2008 par l'ancien service de la documentation, il n'est pas directement consultable. Au moment de la rédaction il fut émis l'idée de réaliser une mise en sécurité du fond. Mais le manque de collaboration entre les services, et la volonté municipale d'alors ont fait que tout est resté en place. Car le soucis est aussi de savoir qui en est en charge ? Est-ce l'Ecomusée où on est pas en capacité de vous dire si telle ou telle chose est dans une réserve ou bien exposée ? Ou bien directement la mairie à travers l'un ou l'autre de ses services ? Il faudra trancher un jour ! Enfin, depuis des années sont entreposées sous le auvent de la cour du Parc des Expositions, le groupe '' l'épave '', élément au goût discutable, mais auquel les nazairiens sont très attachés, et les deux statues d'ornementation qui encadraient à l'origine l'horloge de la façade de l'ancienne gare. ADDITION AU TEXTE ORIGINAL : Le lecteur '' bBz '' nous informe/confirme dans un commentaire du 12 juin 2014 que leur conservation ne relève pas de l'Ecomusée, et qu'il est de même pour le fond de l'ancien Musée de Saint-Nazaire.

    Il semble donc que la gestion de l'ancien fond relève de la Mairie, mais dans ce cas de quel service ?

    24 mars 2016 : On vient de nous apprendre ce jour que des acquisitions de la municipalité se trouvent stockées dans les caves du Grand-Café, et que le grenier de la chapelle des franciscains est utilisée comme réserve pour des tableaux de style art-nouveau. Ne serait-il pas judicieux aujourd'hui de rassembler toutes ces collections dans un même endroit pour leur conservation et d'en faire quelque chose à  long terme ?



  • Pierre Toscer

    La période de l'occupation allemande durant la Seconde-guerre-mondiale reste une période trouble, dont on n'a pas encore tout à fait tiré au clair tous les événements. Nombres de documents ayant trait à la collaboration et aux délations sont toujours sous le sceau du secret car le Droit Français tient comme non communicable les données ayant moins de cent-ans. Cela complique le travail des historiens, et concernant Saint-Nazaire l'on doit se référer essentiellement à l'ouvrage de Fernand Guériff, '' Saint-Nazaire sous l'occupation allemande '', ouvrage témoignage édité en 1971, aux éditions des Paludiers, La Baule. Les autres documents publiés à la suite, ne sont en majorité que des resucées plus ou moins illustrées, avec incorporation de lieux communs et étalage d'ignorance sur l'histoire de la commune. L'histoire de Saint-Nazaire à l'heure de l'occupation reste encore à étudier en profondeur.

     

    Depuis quelque temps il semble à la mode de dénoncer comme pétainiste celui qui fut maire de la commune durant l'occupation, Pierre Toscer. C'est allé vite en besogne. Pierre Toscer ne fut pas un pétainiste pur et dur, il ne le fut pas plus que les Français en général, qui même après le débarquement continuaient d'acclamer benoîtement Philippe Pétain. Soyons francs devant notre histoire, même si cela nous dérange : La France en fut pas un pays de résistants, la majorité des gens se contentait de pourvoir à leurs besoins et d'éviter les ennuis en regardant leurs pieds et en se bouchant les oreilles. Aurions nous fait autrement que nos grands-parents et arrières-grands-parents ? Nous ne pouvons pas répondre. Combien d'entre nous se sont restés face à une agression, ou une attitude immonde, immobiles et silencieux. La résistance, la révolte face à l'injustice, qu'il convient de louer et d'admirer, qu'il faut citer en exemple, n'est pas une chose innée, ce sont les événements qui par accident font d'une personne ordinaire un héros.

     

    Parlons donc de Pierre Toscer et rétablissons la vérité à son sujet :

     

    Pierre Joseph Marie Toscer est né à Brest le 11 juin 1893, 9 rue du Rempart . Il il était fils de Joseph Henri Toscer , dessinateur au port de Brest, puis contremaître surveillant les travaux à la Marin, alors âgé de 24ans, et de Jeanne Marie Briant. Son grand-père paternel, Jean-François Toscer, fut maître principal au port. Pierre eut deux sœurs :  Jeanne Marie Philomène, (1894-1971) et Anna Augustine Marie, (1897-1970). Élève de l'École Pratique, il sortit ingénieur des Arts et Métiers, et entra comme ingénieur aux Chantiers de la Loire, (turbines). Envoyé sur le front en 1914, il fut décoré de la Croix de guerre. Démobilisé, il se maria le 6 février 1917 à Trignac à Germaine Jeanne Clotilde Lerot. Le couple eut un fils, Henri. Établit à Saint-Nazaire au 17 de la rue l'hippodrome, il partageait alors ses activités entre Saint-Denis, où il enseignait aux apprentis des Chantiers, et Saint-Nazaire. Sa sœur Anna vient s'établir à Saint-Nazaire, elle y épousa, le 5 août 1924 Paul Alfred Trouillard., elle habitait 15 avenue de Lesseps.

     

    Le 20 décembre 1940, François Blancho, maire de Saint-Nazaire, remis sa démission au Préfet, suivit par l'ensemble des conseillers socialistes de la commune. La Loi du 16 novembre 1940 modifia l'organisation de municipalités de plus de 2,000 habitants : maires et adjoins seraient à l'avenir nommé par le sous-préfet, le préfet et le ministre. François Blancho déclara alors : '' J'estime que la plus entière liberté doit être laissée à l'autorité préfectorale dans le choix de celui qui aura demain la charge d'administrer la Cité ''. En fait François Blancho anticipe sa révocation. Membre du parti SFIO, proche de Léon Blum, il savait pertinemment que Vichy voulait sa tête. Son choit fut de sortir avec un peu de dignité, et d'éviter des représailles. Étrangement, l'Amiral Darlan, devenu vice-président du Conseil, décréta le 3 mars 1941 que François Blancho devait rester en place à la tête de la municipalité. Aucune obligation ou contraints ayant été attachée à la nomination, François Blancho, mais fit savoir qu'il ne serait qu'un administrateur. Mais rapidement les décrets et ordres de Vichy sont insupportables pour lui, et il présenta sa démission le 19 mai 1941, (lettre rendue publique le 5 juillet 1941). Le 22 juin 1941 le sous-préfet Michel Douay, convoqua Pierre Toscer et lui signifia qu'il le désignait comme maire de Saint-Nazaire. Très surpris et un peu abasourdi, Pierre Toscer refusa, argumentant qu'il n'était pas un homme politique. Qu'importe pour le Sous-préfet ! Celui-ci ne laisse pas le choix à Toscer, il se devait d'accepter et de présenter une liste de vingt personnes devant constituer le Conseil municipal. Pierre Toscer tenta de se soustraire à la nomination, en argumentant qu'il lui fallait l'aval de son employeur. Il se rendit à Paris le 29 juin 1941 pour expliquer la situation à la direction des Chantier. La direction y trouva son avantage, et Pierre Toscer accepta contraint et forcé. Vichy procéda alors le 30 juin 1941 à la révocation de François Blancho, pourtant déjà parti. Geste absurde et inutile, typique du gouvernent collaborationniste. La nomination du nouveau maire fut officielle par arrêté ministériel du 16 septembre 1941. Afin de constituer le nouveau Conseil, Pierre Toscer sollicita toutes les franges politiques de Saint-Nazaire, demandant à François Blancho d'en faire partie, ce dernier refusa. Un arrêté préfectoral du 1er octobre 1941 nomma officiellement les 20 conseillers réunis par Toscer. L'entrée en fonction se fit le 6 octobre 1941. La nouvelle municipalité due faire face au ravitaillement, à l'organisation de la défense passive, l'organisation scolaire et l'évacuation des enfants, et surtout les relations avec l'occupant nazi qui étaient plus que difficiles. Pierre Toscer s'illustra alors comme un grand négociateur, n'hésitant pas à discuter point par point, A chaque arrestation il se précipitait à la Kommandantur et mettait tout en œuvre pour obtenir la libération et n'hésitait pas à se présenter comme otage quand un citoyen était l'objet d'une arrestation. Le 9 janvier 1942, son fils, Henri, élève-officier, périt durant le naufrage du Lamoricière au large des Baléares.

     

    La situation à Saint-Nazaire empira à la suite de l'Opération Chariot, la nuit du 27 au 28 mars 1942. Comme nous l'avons écrit plus haut, Pierre Toscer habitait avant guerre au 17 rue de l'Hippodrome, derrière la caserne de La Briandais. Les nazis avaient fortifié la caserne en incorporant un bastion, (rasé durant l'hiver 2007-2008), ils firent démolir toutes les maisons de la rue sauf celle de Toscer qui fit des pieds et des mains pour qu'on la lui conserva. Il dut cependant déménager, officiellement il logeait au 5 rue de Villebois Mareuil, rue où les services municipaux avaient été déplacés, (la mairie était alors au 15), mais en réalité il s'installa chez sa sœur Anna. C'est là que les nazis allèrent le chercher la nuit du 30 mars 1942 pour le conduire au Collège Saint Louis avec les conseillers municipaux. Malgré sa bonne volonté, le maire ne put dissuader les nazis de fusiller en représailles 41 personnes dont 16 moururent immédiatement, ou à la suite de leurs blessures, (les autres furent sauvés grâce aux soins prodigués à l'Hôpital de Saint-Nazaire)1. Le 31 mars 1942 la municipalité fut contrainte de placarder une affiche informant la population qu'à l'avenir à chaque acte de résistance constaté, un dixième de la population du quartier où auraient lieu les faits.

     

    Le 21 avril 1943, Pierre Toscer œuvra à la libération de onze otages retenus au camp de prisonniers de Ker Faouet, une villa située à la Villès-Martin. Les arrestations avaient été ordonnée suite à un attentat dans le local de la L.V.F. Rue de l'Amiral Courbet. Les otages, tous notable de la ville, (dont Jean Guitton, qui fut par la suite maire). Entre le 1er et le 12 mars 1943, Pierre Toscer, aidé par le conseil municipal, procéda à l'évacuation des habitants de la ville. Lui-même trouva refuge à La Baule avec sa sœur, mais se rendait chaque matins à Saint-Nazaire, pour présider les services municipaux rassemblés rue de Villebois Mareuil.

     

    Le 11 mai 1945, Pierre Toscer présenta la démission collective du conseil municipale et remis officiellement ses pouvoirs le 12 mai 1945 à 9h à François Blancho. Il se retira de la vie publique. Quoiqu'il fut nommé par Vichy, et décoré en 1943 de la Francique à Vichy en présence du Pétain le même jour que la maire de Nantes, Henry Orrion, tous s'accordèrent à lui reconnaître sa droiture, son sens de la nation et du devoir. Jamais il ne se montra particulièrement attaché à Pétain. Il respectait l'homme comme maréchal de France et chef de l'État, mais sans plus.

     

    Les Nazairiens doivent beaucoup à Pierre Toscer, car il se mit souvent en danger pour ses administrés. Il décéda le 6 avril 1967 à Saint-Nazaire.

     

    1 Furent tués sur le coup :

    Allaire Marie, (veuve), 27 janvier 1867 – 30 mars 1942
    Berlebeau Joseph, 3 mars 1909 – 30 mars 1942 
    Blanchard Fernand, 21 mars 1881 – 30 mars 1942
    Esnault Joseph, 12 janvier 1902 - 30 mars 1942
    Favannec Mathurin, 2 juillet 1902 - 30 mars 1942
    Fouquet Jules, 22 novembre 1906– 30 mars 1942
    Hoyet Pierre, 5 juillet 1874 - 30 mars 1942
    Niger Jean, 8 mai 1907 - 30 mars 1942
    Potin Louis, 7 août 1892 - 30 mars 1942
    Quéré Robert, 29 décembre 1921 - 30 mars 1942
    Stéphan Sébastien, 22 janvier 1912 - 30 mars 1942
    Zallio Angelo, 19 mars 1927 – 30 mars 1942

    Décédèrent à l'hôpital des suites de leurs blessures

    Allaire Clémentine, 9 mars 1902 – 8 avril 1942
    Giquel Henri, 23 octobre 1883 - 31 mars 1942
    Lemaitre Julien, 1er août 1885 – 31 mars 1942
    Pelven Bernard, 19 avril 1937 - 31 mars 1942 (enfant de 5ans!)

  • La villa Ker Louis à Bonne Anse

    L'un de nos lecteurs nous a interrogé au sujet de la villa qui domine la plage de Bonne Anse, située dans l'enceinte du Centre de loisirs et d'hébergement.

     

    Cette maison se nomme Ker Louis, (on trouve parfois le mention villa Saint Louis).

     

     

    Première moitié du 20e siècle :

     

    Avant la Première-guerre-mondiale Ker Louis était une pension de famille. Faute de documentation il est impossible de daté sa construction et d'en préciser le commanditaire.

     

    En 1933 elle fut mise en vente. La municipalité s'y intéressa car elle cherchait un lieu où établir son École de plein air, mais le choix du Conseil se porta sur le château de Heinlex et son parc de 18ha. (Voyez l'article '' http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/14/le-chateau-de-heinlex-quatrieme-partie.html '').

     

    C'est finalement le Syndicat des Métallurgistes qui s'en porta acquéreur en 1936, pour en faire une maison de repos.

     

    En 1940, l'Armée allemande réquisitionna les lieux.

     

     

    Acquisition par la Municipalité :

     

    En 1946 la municipalité chercha dans l'urgence un bâtiment pouvant abriter l’École de pleine air. Fermée depuis l'Occupation, l'école devait laisser le château de Heinlex, où elle était logée depuis 1934, au profit du nouvel hôpital de Saint-Nazaire,

     

    Le Conseil municipal décida, par délibération du 18 mai 1946, de faire l'acquisition de Ker Louis, un bâtiment comportant 18 pièces, avec une parcelle de 8.700m². Le prix en était de 1.200.000 francs, somme exorbitante justifiée par la rareté des bâtiments encore debout à Saint-Nazaire, et par l'inflation. L'Administration de Domaines, donna un avis favorable, et le Préfet délivra un arrêt d'utilité publique le 22 juillet 1946. Il fallut réaliser des travaux, l'hôtel avait été occupé par les Nazis, et la reconversion en école de pleine air engendrait des transformations indispensables. Ce ne fut donc qu'un an plus tard que les enfants purent y être reçus. Ensuite la ^propriété devint une colonie vacances laïque.

     

    2014 :

     

     

    Ker Louis est toujours propriété de la municipalité, on y accédé depuis le chemin de Porcé par une allée boisée. Devant sa façade Nord, très sobre, se trouve un petit jardin d'agrément, avec des jardinières en béton décoré d'une ligne en mosaïques bleu-roi, avec quelque éléments jaune-citron, dans le style épurée cubique  alors en vogue à la veille de la Première-guerre-mondiale. Le bâtiment est en parfait état, conserve encore l'ensemble de son ornementation extérieur : appareillage en briques et pierres blanches, murs cimentés de couleur coquille, balcons et balustrades en bois découpés, et, chose unique à Saint-Nazaire, des persiennes, éléments méditerranéennes, qui permutaient de profiter de l'air marin tout en se protégeant du soleil. La couverture et en tuiles mécaniques. L'ensemble est construit sur un plan carré, en deux pavillons accolés, un carré de trois travées, avec loggia en trois arches côté Sud, face à l'océan, composé d'un rez-de-chaussée sur cave et d'un étage, le toit est à quatre versants à faibles pentes ; l'autre rectangulaire, de deux travées de large, composé d'un rez-de-chaussée sur cave et de deux étages, avec balcon au premier étage de la façade Sud, le toit est à quatre versants à faibles pentes. Devant l'arche centrale de la loggia un escalier de quatre marche conduit à une étroite terrasse de laquelle descente un second escalier de cinq marches, situé dans l'axe du premier. L'intérieur n'offre aucune particularité, les transformations successives n'ont pas laissé trace d'un ornementation notable, de faux plafonds monté dans les années 1980 y donne un sentiment d’écrasement dans les pièces. 

     

     

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    façade sur l'océan en 1957

     

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    1957, vue du parc depuis le perron côté rue ; le haut des murés est décoré de carreaux en verre jaune et bleu

     

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    1957, vue depuis l'entrée du parc, avec au bout la villa

     

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    1957, dortoir au premier étage

     

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    2014

     

  • De La Noë de Kerlédé aux HLM de Kerlédé

     

    Les '' HLM Kerlédé '' occupent l'emplacement de la ferme seigneuriale nommée '' La Noë de Kerlédé ''. L'histoire de cette ferme est liée à celle de la seigneurie et du manoir jusqu'au milieu du 19e siècle, (voir à ce sujet les deux articles sur la seigneurie et le manoir de Kerlédé). A partir de 1844, Adèle-Marie Corbineau, épouse de Nompère de Champagny, vendit les biens qu’elle avait hérités de son père, le baron de Corbineau, à Saint-Nazaire. La ferme de La Noë fut achetée avec le manoir de Kerlédé par Emile Lasson le 2 juillet 1846, en 1869 il la revendit à un notaire natif de Noyers, en Normandie, Pierre-Louis Harel, (1814-1887), établi à Saint-Brieuc. Sa position de notaire lui permit de prendre à l'état civil le nom de Harel de La Noë, c'est sous ce nom qu'il épousa en 1848 Marguerite Jeanne Louise le Verre, (1823-1852), dont il eut Marie Clotilde-Louise, (1848-1915), épouse d'Auguste-Marie-Eugène Guichon de Grandpont, et Louis-Auguste-Marie Harel de La Noë, (1852-1931), illustre ingénieur breton des Ponts et Chaussées, qui fut le dernier à porter le nom. Pierre-Louis Harel avait profité de l’existence d'une famille noble bretonne homonyme alors éteinte pour s'inventer une filiation noble. Ces prétentions trompèrent Pol Poitier de Courcy qui dans son Nobiliaire et armorial de Bretagne, attribua à cette famille les armes des Harel bretons : D'or au lion morné de gueules.

     

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    Cadastre de 1829

     

    La ferme était composée d'un long corps abritant étable, grange et écuries, et d'un bâtiment d'habitation. La disposition est semblable à la métairie du Bois-Joalland

     

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    Une vue de la ferme au début du 20e siècle

     

    La ferme de la Noë de Kerlédé existait encore après la guerre, du temps des baraquements la majeure partie du terrain en front d'océan fut réquisitionné pour le logement provisoire des familles. Les enfants des baraques de Kerlédé se souviennent encore qu'ils allaient voir les vaches de la ferme, que leur mère y achetait lait, beurre et œuf. Certains marmots entrés dans les enclos se firent même courser par des taurillons, passablement réprimandés par le fermier pour l'occasion et corrigés par leurs parents !

     

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    Vue de Kerlédé dans les années 1960 : 1 le camping municipal devenu aujourd'hui parc ; 2 les baraquements ; 3 la ferme.

     

     

    Un vaste programme de construction de 716 logements HLM fut entreprise en 1968 à la place des baraquements et de la ferme. Le chantier débuta en décembre 1968, il commença par le tracé des rues avec des voix courtes et non rectilignes afin d'empêcher les conducteurs de conduire trop rapidement. La construction s'acheva en décembre 1971, 324 logements avaient été livrés dès décembre 1970. Les 716 logements furent répartis comme suit :

     

    9 bâtiments linéaires, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 3 étages ;

    10 bâtiments ponctuels, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 4 étages ;

    5 tours, constitués d'un sous-sol, un rez-de-chaussée et 10 étages.

     

    logements

    Surfaces habitables

    types

    nombres

    Par types

    totales

    1-bis

    39

    33m²

    1287m²

    2 pièces

    129

    50m²

    6.450m²

    3 pièces

    291

    63m²

    1.8333m²

    4 pièces

    221

    77m²

    1.7017m²

    5 pièces

    36

    93m²

    3.348m²

    Totaux

    716

     

    46.435m²

     

    La construction fut rapide car réalisée avec des panneaux préfabriqués, isothermes, et '' revêtus de matériaux auto-lavable ''. Chaque appartement fut livré avec des volets roulants aux fenêtres, à l’exception de celles des salles-de-bain et des cuisines. Les salles-de-bain des types 1-bis et des deux pièces furent équipées de bacs de douches, celles des autres logements le furent de baignoires. Tous furent équipés pour la réception des deux chaînes de télévisions qui existaient alors...

     

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    Plan d'un étage de l'une des tours

     

     

    L'ensemble bâti fut doté du chauffage collectif, alimenté par une chaufferie centrale, relayée par 8 sous-stations.

     

    On attribua les logements selon canevas suivant :

     

    En 1970/71

     

    Équivalence de la somme en euros de 2014

    Types de familles

    avec enfants de moins de 10ans

    Type de logement accordé

    Loyer mensuel avec chauffage et charges diverses

    Un couple avec 3 enfants

    4 pièces

    288,62 Fr.

    305,80 €

    Un couple avec 2 enfants

    3 pièces

    252,19 Fr.

    267,20 €