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saint-nazaire

  • Maitre Alexandre Galibourg

     

    Portrait de maître Alexandre Galibourg par Théo Prat,

    photographe à Saint-Nazaire, (vers 1930, coll. Saint Loup)

    galibourg.jpg

    I° Alexandre-Marie-Jean-Baptite Galibourg, (Nantes le 30 décembre 1846 - Saint-Nazaire le 19 janvier 1931), fut l'un des premiers historiens de Saint-Nazaire, on lui doit une série d'articles parus dans " Le Courrier de Saint-Nazaire ", et fut un collaborateur actif de Kervilers pour ses «bio-bibliographies bretonnes.  Arrivé à Saint-Nazaire à l'âge de 18mois, son grand-père maternel était Jean-Baptiste Talour, dit le capitaine Mantrelais, qui joua un tout Important dans le soulèvement des marches d'Anjou en 1793, et arrière-petit-fils du médecin rennais, Poullain de La Croix, amis de Moreau, qui accompagna les volontaires d'Ille et Villaine en 1792, et devin médecin de l'Armée du Rhin. Sa famille était fervente catholique et attachée aux idées monarchiques, aussi fut-il élève du Petit-Séminaire de Guérande. Reçu licencié en droit à Rennes le 13 août 1872, il fut avocat à Saint-Nazaire durant 58 ans ;il en fut le premier bâtonnier élu en 1890, et fut plusieurs fois réélu à ce poste. Il a laissé la réputation de défenseur des causes perdues dans le souvenir des Nazairiens. Cependant, il fut surtout un avocat spécialisé dans le Droit maritime, et on lui doit des interventions remarquées pour la défense des intérêts des marins indépendants devant les grands sociétés de navigation, durant les congrès internationaux de Navigation de Paris, Venise, et surtout d'Amsterdam, durant lequel il fit voter le textes qui régissent dans tous les pays la compétence en matière d'abordage. Membre du conseil de la Fabrique de Saint-Nazaire, il en fut l'avocat-conseil. Attaché à la paroisse Saint-Gohard, il participa activement à la construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Nazaire et a été honoré d'un portrait sculpté sur le pilier centrale situé à droite quand on entre dans le chœur de l'église Saint-Nazaire, (côté Évangile).  Domicilier 40 rue de la Villes Martin, maître Galibourg fut inhumé au cimetière de La Briandais le 22 janvier 1931. Le journal L'Ouest-Éclair du 23 janvier 1931 mentionne : " Dans le cortège, on remarquait des délégations d'avocats, dont une du barreau de Nantes, en robe. Il n'y avait ni fleurs ni couronnes, sur la demande expresse qu'avait formulée l'honorable ancien bâtonnier avant sa mort. Les cordons du poêle étaient tenus par M. Vincent, président du Tribunal civil du Mans : M° Gouzer, bâtonnier en exercice du barreau de St-Nazaire MM Féliard, procureur de la République ; chanoine Joalland, curé de la paroisse de St-Nazaire ; Gasnier, président du Tribunal de Commerce de notre ville, et Boudard, président de la Chambre des avoués ". Son éloge funèbre fut prononcée le 23 janvier 1931 au début de l'audience du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, par le président Vincent, devant tous les magistrats, les avocats, les avoués, les huissiers et les greffiers (voyez à ce sujet L'Ouest-Éclair du 24 janvier 1931). 

    Il épousa à Saint-Nazaire, le 9 juin 1880, Augustine-Elisa-Marie Offret, née en 1854, fille d'un commandant de paquebots transatlantiques, d'où :

    1° Marie-Augustin-Louis, (Saint-Nazaire 5 juillet 1881 - Paris (20e) 27 avril 1947) ;

    2° Alexandre-Aimé-Marie-Augustin (Saint-Nazaire  4 mars 1885 – Saint-Nazaire 16 novembre 1949) ;

    3° Louis-Aimé-Marie, (Saint-Nazaire 14 janvier 1887 - ??) ;

    4° Henri-Anne-Marie, (Saint-Nazaire 1er juillet 1889 - Saint-Nazaire  22 février 1988), avocat, diplômé de l'Université de Rennes en Droit en 1912, bâtonnier du barreau de Saint-Nazaire ; marié à La Baule le 1er octobre 1949 avec Marcelle-Madeleine-Léontine Abeakam ;

    5° Jean-Baptiste-Anne-Marie, (Saint-Nazaire 22 juin 1891 - décédé en 1945), docteur ès-sciences, galibourg,saint-nazaireil fut d'abord chef des essais physiques et mécaniques de l'usine Citroën Quai de Javel, puis aux usines De Dion et Bouton comme chef des services métallurgiques des établissements de Puteaux, puis ingénieur-conseil auprès de firmes, reçu docteur ès-sciences physiques en Sorbonne avec une thèse portant sur la thermo-électricité il inventa un appareil  pour la reconnaissance des nuances d'aciers, enseignant attaché au laboratoire de métallographie de l'Ecole Centrale en 1921, chef de travaux en 1923, puis maître de Conférences d'Essais des matériaux, il fut mandaté en 1926 par les dirigeants de l'International Nickel C° aux Etats-Unis et au Canada pour visiter les usines de cette entreprise, il participa à la création du Centre d'Information du Nickel, appelé à Bruxelles comme professeur d'échange en 1934, il fut chargé aux Expositions d'Aviation  de présenter l'ensemble des méthodes d'essais et y organise des rétrospectives très remarquées ; à l'Exposition Universelle de 1937, il  créa et assura le fonctionnement d'un important laboratoire de métallurgie, et fut fait chevalier de la Légion d'honneur. Il participa à tous les grands Congrès internationaux aux Etats-Unis, au Japon, à Liège, à Bruxelles, à Zurich, etc. Il était expert près des tribunaux et le Bureau Veritas l'avait prié d'être membre et rapporteur de son Comité technique. A la veille de la Seconde guerre mondiale il fut appelé à la direction du laboratoire de la S.N.C.F. (voyez au bas de l'article la liste de ses travaux.) Marié à Toulouse le 27 avril 1927 avec Marie-Amélie-Madeleine Portrait, d'où un fils.  (Jean Galibourg, photographie parue dans la Revue de la métallurgie en mars 1945)

    6° Hélène-Anne-Marie-Henriette, (Saint-Nazaire 18 juin 1897 - Saint-Nazaire 7 janvier 1995), mariée à Saint Nazaire le 17 septembre 1828 à Marie-Adolphe-Jehan de Maillard,  (château de La Combe, Puyrenier 6 juillet 1900 - 17 décembre 1975 Bordeaux), issu d'une branche cadette, dites de La Combe, de la famille de Maillard de La Faye, maintenue noble par Pellot, intendant de Guyenne, 5 mars 1668, (la branche de  La Faye a fait ses preuves en juin 1993 à l'A.N.F. - Armes : d'azur  trois pommes de pin d'argent) ; divorcés le 8 août 1974.

     

     

     

    (Remerciements à madame N.A. pour les informations complémentaires concernant la famille.)

     

     

    Listes des travaux de Jean Galibourg : Comptes rendus Académie des Sciences Contribution à l'étude de la trempe de certains alliages d'aluminium. C.R . 1919 , 169 , p. 50 8 (en collaboration avec M M . L . GuiLLET et Jean DURAND). Utilisation de la force thermo-électromotrice de contact pour identifier quelques aciers. C.R . 1922 , 174 , p. 547 . Sur une méthode permettant de reconnaître les perles japonaises cultivées. C.R . 1922 , 174 , p. 1.01 2 (en collaboration avec M . F . RYZIGER). Sur la trempe des alliages légers aluminum-cuivre, renfermant plus de 5 % de cuivre. C.R . 1925 , 181 , p. 1.10 7 (en collaboration avec M . L . GuiLLET). Contribution à l'étude de la roentgenspectrographie des perles. C.R . 1926 , 183 , p. 96 0 (en 1 collaboration avec M . F . RYZIGER). SUT les points critiques et la trempe martensitique des fontes au nickel ci au, nickel-chrome. C.R . 1928 , 187 , p. 1 4 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et M . BALLAY). SUT le relèvement du palier de la courbe de traction des métaux par traction et vieillissement. C.R . 1929 , 188 , p. 993 . Sur les essais de traction à chaud. C.R . 1929 , 188 , p. 1.20 5 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et M . SAMSOEN). Sur les essais de traction à chaud. C.R . 1929 , 188 , p. 1.32 8 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . SAMSOEN). Sur le vieillissement des métaux écrouis, C.R . 1930 , 190 , p. 168 . Sur le traitement thermique durcissant des fontes grises. C.R , 1930 , 191 , p. 53 8 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . BALLAY). Sur la résistance à chaud des aciers ordinaires. C.R . 1931 , 192 , p. 86 1 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . SAMSOEN). Sur la limite élastique de l'acier doux étiré à la filière. C.R . 1932 , 194 , p. 1.635 . Influence de l'allongement réalisé au cours de tractions successives suivies de vieillissement sur. la limite élastique et le module d'Young d'un acier doux. C.R . 1932 , 195 , p. 1.022 , Sur les singularités des courbes de traction à chaud. C.R . 1932 , 195 , p. 1.072 . Sur les déformations subpermanentes (phénomènes de réactivité). Enfin, il y a quelques années, il fut appelé à la direction du laboratoire de la S.N.C.F. et, dans ces temps troublés, il y étudia avec succès des questions fort délicates notamment celle des pièces de frottement et des pièces d'attelage. Que dirai-je maintenant de l'homme ? II fut un de mes meilleurs amis, m'en donna maintes fois la certitude , notamment au cours des multiples et dures épreuves que je viens de subir ; il avait un caractère très droit, une franchise rare et, sous une froideur volontaire, cachait un dévouement auquel on ne faisait jamais appel en vain. Tous en abusaient ; moi-même lui avais demandé de prendre le secrétariat général de deux groupements que je préside : les « Centraux Métallurgistes » et les Parisiens de la Loire-Inférieure (« Le Muscadet »). Alors que la France a besoin de toutes ses élites, disparaît un excellent serviteur du pays. Sa mémoire sera pieusement conservée. Que notre chère amie, Mm e Galibourg, que son fils, mon filleul, en soient bien assurés. Léon GUILLET . DE JEAN GALIBOURG C.R . 1937 , 205 , p. 21 7 (en collaboration avec M . Pierre LAURENT). Sur les transformations des fontes austénitiques. C.R . 1939 , 209 , P . 105 . Revue de Métallurgie Contribution à l'étude de la trempe de certains alliages d'alumi* nium. 1920 , XVII , p. 20 2 (en collaboration avec M M . L. _ GUILLET et J. DURAND). Contrôle de l'épaisseur de cémentation sur témoins trempés. 1920 , XVU , p. 21 6 (en collaboration avec M . BALLAY); Contribution à l'étude théorique des diagrammes d'équilibre des alliages binaires. 1920 ; XVII , p. 630 . Les criques de rectification. 1921 , XVIII , p. 21 3 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et P. BEURET). Emploi de la macrographie pour la mise au point de la coulée du bronze d'aluminium. 1921 , XVIII , p. 78 0 (en collaboration avec M . BRIZON). Y Protection contre cémentation par application d'un enduit au pinceau. 1922 , XIX , p. 22 2 (en collaboration avec M . BALLAY). Quelques résultats d'essais sur pendule Herbert. 1925 , XXI I p. 23 8 (en collaboration avec M . L . GUILLET). . Les- retassures intercristallines, « Micro-retassures». 192 5 XXII , p. 25 3 (en collaboration avec MM . L . GuiLLE' et M . BALLAY). Thermo-électricité des métaux et alliages. 1925 , XXII , p. 40C p. 52 7 et 610 . Recherches sur le traitement thermique des alliages aluminium cuivre. 1926 , XXIÎI , p. 17 9 (en collaboration ave M . L . GUILLET). La métallurgie du nickel au Canada et aux Etats-Unis. 192 , XXIV , p. 627 . Le nickelage. 1927 , XXIV , p. 660 . Le nickel dans les moulages de fonte et d'acier. 1927 , XX I p. 730 . ; Recherches sur le relèvement de la limite élastique par traction vieillissement. 1929 , XXVI , p. 334 . 

     

  • Dolmen, acte 3 - scène2

    Monsieur Jean-Louis Garnier,  conseiller municipal de Saint-Nazaire, du groupe de l'opposition (UMP), nous précise au sujet de l'article  « Dolmen, acte 3 », du 16/12/2012, que la question au sujet du dolmen, durant le dernier Conseil municipal de l'année 2012, et la demande de rétablissement de « l'ordre Républicain », ont été posées par lui.

     

    Ajoutons enfin, que les propos de monsieur Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire, n'avaient pas été repris dans leur intégralité par «  http://www.saintnazaire-infos.fr », en effet, monsieur le Maire, avait ajouté : « Je vous donne l'autorisation si vous voulez aller faire quelques trous au pied du dolmen. Je peux même vous donner une petite cuillère pour aller creuser ». 

     

    Il nous semble ici important de préciser, que monsieur le Maire de Saint-Nazaire, n'a pas le pouvoir d'autoriser de fouiller, même avec une petite cuillère, la couche archéologique du site, à une personne ne possédant pas de diplômes archéologiques, et cela sans autorisation de l'Etat. (Cf. loi du 27 septembre 1941 : voyez sur le site du Ministère de la Culture : http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/fiches/fiche6.htm)

     

    Interrogé par l'Agence Bretagne Presse, monsieur Zack Moullec, élu de gauche écologiste, a relaté, que suite à la réponse de monsieur le maire : « Là j'ai réagi en lui disant qu'il répondait avec mépris et arrogance. Qu'il ne s'agissait pas de cailloux mais d'histoire. Hors conseil, il m'a répété son histoire de petite cuillère. Je lui ai répondu que je ne l'avais pas attendu, que des trous au pied du dolmen, j'en avais probablement fait il y a 30 ans lorsque j'étais gamin puisque j'habitais juste à côté et que j'allais y jouer aux billes ! ». ( http://www.agencebretagnepresse.com/voir.php?code2=8u27jxdc18got9 )

     
  • Le Dolmen de Saint-Nazaire, Acte 2

    dolmen de Saint-Nazaire

    Le dolmen, vu par Thomas Dobrée, le 10 juillet 1836, (doc. DRAC-44)

     

    Suite au tollé provoqué par les travaux entrepris par la Municipalité au Square du Dolmen, sur un espace relevant des Monuments Historiques, la Mairie de Saint-Nazaire a exprimé mercredi 12 décembre 2012, son point de vue auprès de Ouest-France. La rédaction nous a fait parvenir au  matin de ce 13 décembre l'article suivant :

     

    « La rénovation du square du Dolmen fait partie du projet global Delzieux, mené par l'aménageur Sonadev. La mairie précise que les services de l'État « ont eu connaissance de ce projet depuis 2006 ».

    Le dossier du permis de construire portant sur le programme immobilier de 95 logements, « dans lequel figurait le projet d'ensemble avec la place du Dolmen », a été transmis au Service départemental d'architecture et du patrimoine (SDAP). S'agissant d'un projet d'ampleur aux abords du monument classé, il y a eu 3 réunions avec le SDAP « dont une visite sur place, à leur demande », ainsi que des échanges de courriers et courriels pour valider les observations, qui ont été toutes prises en compte, dans le projet d'aménagement définitif qui est en cours de réalisation.

    Lors de ces échanges, « il n'a pas été évoqué l'obligation de consulter le Service régional d'archéologie, précise la mairie. Cette démarche n'a donc pas été entreprise par la Ville ».

    Le projet définitif consiste à mettre en valeur la place en limitant les interventions. Il a vocation de conserver l'esprit de l'aménagement existant : remplacement du muret en gardant les mêmes caractéristiques, en limitant les accès à la place, conservation des chênes verts existants, éclairage de mise en valeur des monuments pour remplacer l'existant, reprise de la rue Autel-des-Druides pour remettre en perspective cette place depuis la rue (élément demandé par le SDAP/ABF).

    Dernier point important, la mairie précise qu'elle prévoit « de prendre rendez-vous avec la Direction régionale des affaires culturelles rapidement ». »

     

     

    En dehors de la lenteur  de la municipalité pour répondre aussi maladroitement, et en rejetant une fois de plus ses responsabilités sur le dos d'un autre, plusieurs points nous ont fait bondir. 

     

    Cependant, avant de nous exprimer, nous avons demandé à la DRAC, qui n'avait pas connaissance de la réponse municipale, ce qui l'en était pour elle.

     

    La DRAC nous a confirmé que l'ensemble dit « Dolmen des trois pierres », est bien sur son site d'origine, et est protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1889, et que cette protection a été confirmée en 1987.

     

    Questionnée au sujet des propos de la Municipale dans Ouest-France, la DRAC nous a dit  ne pas avoir trace d'un accord des Monuments Historiques pour permis de construire. Elle nous a confirmée, que si permis il y a eu, (nous disons bien « si »), le permis n'est plus valable. En effet, la municipalité a entrepris ses démarches auprès de la SDAP, mais la SDAP n'existe plus depuis juin 2010 (1)... et un permis de construire à une durée en droit de 2ans. Enfin, la DRAC nous a confirmé que la SDAP n'aurait jamais accordé à la municipalité la démolition du muret du square, et surtout le passage d'une pelleteuse à moins de 20cm des pierres de l'ensemble néolithique, détruisant une couche archéologique de 80cm.

     

    Monsieur Alain Tournaire, architecte des bâtiments de France, attaché au secteur de Saint-Nazaire, au service territorial de l'architecture et du patrimoine de la Loire-Atlantique, nous a très aimablement expliqué, que l'étude, dont la mairie fait mention, remonte à la période d'octobre-décembre 2007. L'architecte en charge du dossier était alors monsieur Dominique Bernard, qui, après s'être entretenu avec la Municipalité, et la SONADEV, (représentée par monsieur Bertho), et avoir visité le site, rendit ses conclusions le 7 décembre 2007. Ces conclusions ne sont pas une autorisation de travaux, elles sont un ensemble de remarques et de directives, dans le cadre de la construction des immeubles du square Delzieux, relatant les volontés de modification du paysage urbain au sein du rayon de 500m autour du Dolmen, et qui relève de la protection des Monuments Historiques. La lettre relate aussi qu'une première réflexion avait eu lieu durant la construction de la Maison des associations. Dans sa lettre, monsieur Bernard indiquait :

     

    « Considérations portant sur la place du dolmen.

     

    J’estime que dans son état actuel, le caractère global, de la place du dolmen est tout à fait remarquable et qu’il participe bien de la mise en valeur du monument historique. L’ensemble formé par des arbres centenaires qui entourent le dolmen, sur une prairie cernée par un muret de pierre constituant un socle, forme à proprement parler un écrin au monument qui est d’autant plus indispensable à sa mise en valeur, que le paysage urbain périphérique ( rues, fronts bâtis) est totalement étranger à celui de ses origines. Il s’agit d’un espace « calme » dans son traitement, affirmé comme une parenthèse dans l’espace urbain, traité comme une réminiscence d’un paysage rural breton idéalisé mais sans doute assez proche de celui qui figurait aux abords du monument à ses origines ou en tout cas conforme à l’idée que l’on peut s’en faire.

     

    L’autre mérite de cet aménagement ancien est qu’il permet, en terme d’échelle, à ce monument d’échapper à la résidualité totale dans un contexte urbain qui lui a fait perdre son « échelle », c’est à dire son impact paysager en tant que signal ou repère. Ainsi, dans l’état actuel du square, c’est l’impact de l’ensemble de la scène paysagère à laquelle le monument se rattache qui compte finalement et non celui du seul monument historique.

     

    Le projet proposé remettrait totalement en cause ce parti d’aménagement, cette parenthèse paysagère, en ancrant les abords directs du monument dans une dimension très urbaine qui serait très préjudiciable à sa mise en valeur et à son expression dans le paysage urbain. Au calme de la campagne idéalisée succèderait ainsi l’évènement urbain.

     

    Cette mise en scène doit donc être respectée. Le projet pouvant proposer « à la marge »  des interventions qui devront être justifiées. Il importerait surtout de restaurer cet espace et d’améliorer ses abords actuellement encombrés de véhicules. L’idée de rendre absolument accessible de toute part le dolmen ne me paraît pas particulièrement judicieuse, ce monument méritant au contraire d’être perçu avec un certain recul à la manière d’un vestige archéologique insigne. La question de l’accessibilité de l’espace public doit être précisément appréhendée à l’échelle globale du projet et non par partie, cet espace méritant d’être moins accessible et sous certains aspects le square Delzieux, situé un peu plus loin méritant d’être au contraire amélioré dans son accessibilité pour affirmer sa composition et sa dimension publique. »

     

     

    Soulignons le passage « un paysage rural breton idéalisé ». A l'époque de la constitution du square, nous étions alors en pleine période néodruidique, la mise en scène, voulue au 19e siècle, fait elle aussi partie de l'Histoire, et donc se trouve protégée.

     

    La lettre adressée à la SONADEV par l'architecte des Monuments Historiques, est consultable ici : LT071207 à SONADEV - Square Delzieux.pdf

     (dont la Mairie a eu copie, cf. mention en fin de courrier)

    (1) elle a été remplacée par la STAP (services territoriaux de l'architecture et du patrimoine ).

  • Le Dolmen de Saint-Nazaire

    Alerté par monsieur Hubert Chémereau du CREDIB, nous avons eu la désagréable surprise de découvrir que le site du Dolmen trilithe de Saint-Nazaire, situé près du port, au bout de la rue du Bois-Savary, avait été l’objet de passages de pellleteuse !

     

    Heureusement, grâce à la vigilance du groupe archéologique de Saint-Nazaire, les autorités compétentes en matière de protection des sites archéologiques et des sites historiques, ont été saisies de l’affaire.

     

    Le Dolmen trilithe du Bois-Savary, dit aussi « des Trois pierres », ouencore « du Prieuré », est une construction datant du néolithique, composée de trois pierres : deux levées, un couchée. A cette construction s’ajoute un menhir,  c'est-à-dire une pierre levée, et quelques débris subsistants de l’ensemble original l’accompagnent. Le dolmen est en fait ce qui reste d’un tumulus semblable à celui situé au lieu dit Dissignac, mais avec des volumes bien plus importants, (avec une base enterrée de 47cm,  les piliers s’élèvent à 1m90 au dessus du sol, la structure a une hauteur de 3m60 au dessus du sol, soit un totale de 4m07 avec ses fondations, la table mesure 3m40 par 1m95, et a une épaisseur de 40cm . Cette structure était donc l’entrée de la tombe d’un chef celte, profanée et en partie détruite à l’époque romaine.

     

    Le Dolmen était un élément important du paysage durant l’Ancien régime. Il était compris dans le fief de L’Ile du Bois Savary ». La Déclaration de 1649, indique que le prieur du prieuré de Saint-Jean-Baptiste de Saint-Nazaire, devait, à titre de droit féodal, la nuit de Noël, déposé sur la pierre couchée une pinte de vin et un pain d’une valeur d’un sou, à destination du Baron de Marsaint, ou de ses représentants, (A.D.44, E539 - B. Guérande 42 – B. 1012 – E579).

    En 1828, le « Lycée Armoricain », publia dans le premier chapitre de son 11e volume, qu’on avait découvert sur le lieu des urnes, des monnaies d'or, d'argent, et de cuivre.

    En 1876, Gabriel de Mortillet, s’intéressa au lieu, puis René de Kerviler en 1877, qui, en 1893, il publia à son sujet :

    « Dolmen du Prieuré, dans la nouvelle ville de Saint-Nazaire. C'est un immense trilithe, de deux mètres de hauteur (1) et de 3m40 de table, avec des débris de galerie couchés en arrière. On l'a conservé intact au milieu d'une petite place, au milieu d'un square ; et Saint-Nazaire est sans doute la seule ville de France qui possède un dolmen authentique dans ses murs. M. Carro en a donné deux lithographies assez exactes dans son Voyage chez les Celtes. (Paris, Durand, 1857, in-8o) » (« Armorique et Bretagne, recueil d'études sur l'archéologie, l'histoire et la biographie bretonne, publiées de 1873 à 1882 », Tom I, p. 164.)

     En 1889 le site fut classé au titre des Monuments Historiques, pour sa valeur historique et  archéologique. Le lieu fut alors entouré d’un square fleuri et arboré.

     

    Jusqu’en 1928, le menhir se trouvait couché sur le sol, c’est Marcel Baudoin, (1860-1941), docteur en archéologie, ethnographe, et co-fondateur de la Société Préhistorique de France, qui le fit relever sur son emplacement original après étude du site.

     

    dolm.jpg

     

    Photographie du site par le comte Henri de Lestrange (1853-1926), au début du 20e siècle. En dehors du menih relevé, on voit clairement que les éléments aujourd'hui en place, étaient déjà ainsi situés au moment du classement par l'Etat. (source : Ministère de la Culture (France) - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine - diffusion RMN.)

     

     

     

    Durant la Seconde guerre mondiale, l’une des pierres qui dormait à proximité de la structure fut déplacée par l’occupant, qui s’en servit pour l’une de leurs fortifications à la Villes-Martin, (cf. F. Gueriff).

     

    « Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini » (2)

    On pourrait adapter ce célèbre commentaire à la ville de Saint-Nazaire !

     

    Toute ville a besoin de se développer et de se moderniser, mais la municipalité n’est pas au-dessus de la Loi. Le Dolmen est protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1889, sa protection est double, car c’est aussi un site archéologique. La Municipalité, propriétaire du lieu et de la structure, n’a pas le droit d’exécuter des travaux, ou d’autoriser à exécuter, des travaux pouvant porter atteinte au Dolmen, et à son environnement dans un rayon de 500m,  (articles L.621-1 , L.621-31 et L.621-32 du code du patrimoine).

    «  Un monument n’est en effet pas un objet isolé, posé là « par hasard » et indifférent à ce qui l’entoure : il s’inscrit dans une histoire, un contexte, et entretient des relations complexes avec son environnement. » précise le ministère.

     

    La SOCIETE NAZAIRIENNE DE DEVELOPPEMENT (SONADEV), est intervenue en ce mois de décembre à la demande de la CARENE et de la Municipalité sur le site, faisant passer un bulldozer à quelques mètres du Dolmen. Ces travaux sont illégaux. Avant d’intervenir sur le site, et dans un rayon de 500m autour du site, pour des travaux d’aménagement, ou de transformation, dans les perspectives de visibilité, une demande doit-être déposée auprès de la DRAC, et faire objet d’une autorisation après inspection de la part de l’architecte en chef des monuments historiques, qui donne sa réponse « en cohérence avec la réalité du territoire et ses enjeux » et de la nature du site. Aucune demande n’a été déposée.

    Interrogé par Ouest-France vendredi 7 décembre 2012, (3), le service Habitat et aménagement urbain de la Mairie a affirmé que « l’aménageur, la Sonadev, a pris en compte les remarques et précise que le site actuel où est érigé le dolmen n’est pas son lieu d’origine. »

    L’affirmation de la part du service municipale est à la fois, un mensonge, une ânerie, et même une insulte visant les compétences des archéologues, des historiens, et de l’architecte en chef de Monuments Historiques !

    1° Le Dolmen est à sa place d’origine, et a été classé Monument Historique en 1889 et protégé à titre archéologique, pour cette raison ;

    2° La Municipalité n’a pas pouvoir de juger de la valeur historique et archéologique d’un lieu protégé par l’Etat, elle n’a pas pouvoir d’agir sur le site sans autorisation.

    3° Rejeter la faute, l'air de rien, sur la SONADEV, est lamentable, la Municipalité commanditaire des travaux, et propriétaire du site, ne peut ignorer la loi, et doit assumer ses responsabilités en la matière.

     

     

    La DRAC n’a pas été consulté préalablement. La Municipalité a commit une faute, c’est même devenu un délit depuis le passage des pelleteuses. Maintenant elle prêche le faux pour ne pas reconnaitre son erreur.

     

     

    (1)   Kerviler cause ici de la hauteur sous l’arche.

    (2)   « Ce que n'ont pas fait les barbares, les Barberini l'ont fait » Cette phrase est un commentaire au sujet de ce qu’Urbain VIII avait fait au Panthéon en arrachant les bronzes antiques de sa toiture.

    (3)  http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Le-dolmen-du-square-est-il-une-piece-rapportee-_40829-2141556------44184-aud_actu.Htm 

  • Saint-Nazaire, les chantiers vu par François Kollar

    Photographies des chantiers de Saint-Nazaire, par François Kollar,  prises durant les années 1931 à 1935, (Crédit photo : Donation François Kollar, Ministère de la culture, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine)

     

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    1931, construction d'un paquebot ; descente le long du flanc de la coque

     

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    1931, rivetage des tôles d'un pont du " Normandie " aux chantiers et ateliers de Penhoët

     

     

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    1931, construction du " Normandie ", structures intérieures de la coque

     

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    1931, construction du " Normandie "

     

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    1932, sortie des ouvriers au chantier de Penhoët

     

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    1932, le " Normandie "

     

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    1932, le " Normandie "

     

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     29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

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    1933, le " Normandie "

     

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    1933, Le " Normandie "

     

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    1933, le " Normandie "

     

     

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    1933, Le " Normandie "

     

     

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     1934, construction du " Ville d'Alger "

     

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    1934, le " Normandie "

     

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    1934, Le " Normandie "

     

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    1934, le " Normandie " 

     

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     1934, le " Normandie "

     

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    1935, le " Normandie ", réalisation des décors

     

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    1935, le " Normandie ", canots

     

     

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    1935, le " Normandie ", canots

     

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    1935, pont du " Normandie "

     

     

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    1935, le " Normandie ", essai des machines

     

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    Saint-Nazaire, 5 mai 1935, les acteurs Gaby Morlay et Victor Boucher se promenant à bord du " Normandie "

     

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    Saint-Nazaire, 5 mai 1935, les acteurs Gaby Morlay et Victor Boucher dans une salon du " Normandie "

     

  • L'ancienne Gare

    Après bien des années d’abandon, et plusieurs années de travaux successifs, le site de l’ancienne gare de Saint-Nazaire a été totalement réhabilité, et la municipalité a fait bâtir, à l’emplacement de l’aile rasée, un théâtre. 

     

    Cette gare fut achevée en 1866, elle avait été voulue par l’Etat en remplacement de la gare provisoire qui était en bois, et qui était provisoire depuis 1857 ! La gare provisoire se trouvait près de l’actuel rond-point de l’Europe, elle fut remplacée par la petite « Gare du Morbihan », d’où les trains partaient jusqu’à Vannes, (bâtiment subsistant en 2012 et abritant des bureaux du Service Maritime Navigation 44/49).

     

    L’implantation des voix de chemin de fer, et des gares, relevait de plans décidés par l’Etat, sur plans des Pont et Chaussées, on ne consulta donc pas la municipalité, le Conseil municipal s’en plaignit durant la séance du 26 mai 1867, les Nazairiens espéraient des voies d’accès supplémentaires, mais le choix de l’implantation de la gare était logique, il devait permettre un accès plus rapide à la gare maritime.

     

    Les illustrations suivantes, due à J. Leroy pour le compte des Ponts et Chaussées, montre le bâtiment en cours d'achèvement, (sources Gallica.bnf.fr)

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    La Gare des Voyageurs, dites aussi Gare de Paris-Orléans-Ouest, du nom de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) qui en avait l'attribution (1), était une gare de dimension moyenne, mais disposant d'une architecture soignée, inspirée de celle de la gare du Nord à Paris. A l'origine on n'y entrait pas par le centre de sa façade, mais par les côtés. Ce qui explique pourquoi, le nombre des arches au centre de la façade sont en nombre paire de six, et non impaire, comme toute gare dont l'entrée est centrale. Ces arches étaient en premier lieu des fenêtres devant lesquelles étaient une sorte de jardinet protégé par une grille. L'architecte s'efforça cependant de rattraper l'aspect en incorporant au centre de la façade une horloge, dont le cadran était placé dans une lucarne, encadrée de deux statues copiées sur '' L'aube et le crépuscule " de Michel Ange, qui ornent le monument funéraire de Julien de Médicis, duc de Nemours, à Florence. 

     

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    Le pavillon Ouest abritait le buffet de la gare, l'Est la billetterie

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    On accédait trois voix sous la verrière, disposées deux et une, avec un quai ''central'', deux autres étaient accessibles à l'extérieur par une galerie en prolongement de la gare, surmontée d’un auvent en acier riveté :

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    L’intérieur de la gare fut alors modifié :

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    La gare était contiguë à la gare de Tramway en provenance de La Roche-Bernard, à droite au premier plan de cette carte postale :

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    On remarque que les motrices des tramways n'étaient alors pas très différentes des locomotives des trains.

     

    Après la Première-guerre-mondiale, on décida que l'accès se ferait directement par le centre de la façade, vers 1925 on ajouta une marquise :

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    A la suite des bombardements, la gare était réparable, l'arrière avait été endommagé, les vitre soufflée, une partie des toitures incendiées, mais elle servit encore, car c'est par elle qu'arriva le Général de Gaulle le 23 juillet 1945.

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    Arrière de la gare à la libération

     

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    Le général de Gaulle devant la gare, (coll. éco-musée de Saint-Nazaire)

     

    Cependant, dans le projet de reconstruction de la ville et du port sous les directives du gouvernement, a fait déplacer le centre-ville à son emplacement actuel, le port devait se développer, entrainant la disparition prévue de tout ce qui était entre le bassin et la rue Henri Gautier, le quartier de Penhoët, portant épargné par les bombardements, aurait lui-même du disparaître au profit d'un nouveau bassin et de cales.

     

    La gare fut utilisée jusqu'à la construction de la nouvelle, inaugurée le 9 octobre 1955. Elle fut transformée en dépôt de bus, ce qui entraîna la destruction de la verrière, et d'une aile, l'horloge fut mise à bas, et les deux statues finir dans le jardin d'un entrepreneur, dont la veuve les restitua à sa mort. Elles croupissent depuis dans la cour du musée, sous un toit de tôle ondulée, avec le groupe '' l'épave ''. 

     

    Avec son regard de 2012, le lecteur se demande pourquoi on a laissé détruire ce bâtiment ? Comme nous l'avons expliqué, le développement du port devait entraîner sa disparition complète, c'est donc un miracle qu'il en reste quelque chose, ensuite, après la guerre, ce bâtiment était perçu comme peu ancien, démodé, fortement endommagé, peu pratique aussi, car les trains devaient se rendre dans un cul-de-sac, et revenir en arrière pour se rendre en suite en direction du Croisic. On avait alors envie d'une ville moderne et lumineuse, nombre de propriétaires ont laissé raser leur maison pourtant encore debout, pour en avoir une neuve, et laisser la municipalité élargir les rues.  Il nous est facile de juger après coup, et nombres idéalisent l'ancien Saint-Nazaire, qui loin d'être un paradis, était un amalgame de bâtiments hétéroclites, avec des égouts insuffisants, et l'absence d'eau courante dans les immeubles où s'entassaient autour de cours sombres et non aérées, les ouvriers, ce que les jolies cartes postales mises en scène par les photographes, car s'étaient toujours des mises en scène, ne révèlent pas. La période de la reconstruction, était une euphorie moderniste et hygiéniste accessible pour tous, et raser les restes de la ville, était oublier un passé trop douloureux. On peut ainsi se perdre en de longues et sinueuses digressions sur les biens faits et les méfaits de la modernisation de la ville, mais à l'heure, où les Nazairiens ne sont pas capables de s'organiser pour défendre le peu de patrimoine historique qu'il leur reste, et ne trouve à protester qu'une fois que les bulldozers de la municipalité sont passés, que le lecteur nous pardonne cette '' révélation '', mais de l'extérieur, cela nous fait tous passer pour des idiots aux yeux des communes avoisinantes. L'état actuel de l'ancienne gare, ainsi transformée, est relativement bien réussi, et nous estimons que pour une fois, la municipalité a réalisé un projet satisfaisant pour l'instant, mais qui n'absout pas l'actuel maire des méfaits récurrents de sa politique au niveau patrimonial.  

     

    (1) Cette compagnie avait aussi des lignes en direction de l'Aquitaine, de l'Auvergne, de la Normandie, de l'Aunis, etc.

  • Saint-Nazaire, les transatlantiques, le Mexique, et l'impératrice Charlotte

    La loi du 16 juillet 1840 institua les lignes de paquebots postaux transatlantiques avec le continent Américain, Saint-Nazaire reçut la ligne dite du Mexique, qui déversait, passant par l'Espagne, Saint-Pierre de La Martinique, Cubas, et enfin Veracruz. On pratiqua des essais, mais ils furent infructueux.

    Par la loi du 17 juin 1857, après que Saint-Nazaire ait bataillé contre Le Havre, Bordeaux, Lorient et Cherbourg, l'État concéda finalement la ligne postale par paquebots à vapeur à la compagnie Union Maritime, les lignes des Antilles et d'Aspinwall (ancien nom de Colón) au Panama. Le directeur de l'Union Maritime était Victor Marziou, qui était aussi directeur de ligne des Chemins de fer d'Orléans. L' Union Maritime fut remplacée en 1860 par la Compagnie Générale Maritime, dirigée par Émile Péreire, par le décret du 22 juillet 1861. La Compagnie Générale Maritime signa une convention postale avec l'État, dans laquelle elle s'engageait à desservir, sur 20 ans, des lignes transatlantiques en direction de l'Amérique du nord, et l'Amérique centrale. Ainsi naquirent la Le Havre-New York, avec escale à Brest, et surtout les lignes Saint-Nazaire-Isthme de Panama, avec escale à Fort de France. La Compagnie Générale Maritime prit alors le nom de Compagnie Générale Transatlantique (CGT), et le lundi 14 avril 1862, la ligne de de l'isthme de Panama fut inaugurée, avec le départ à 14h30, durant la marée de l'après-midi, du Louisiane, pavoisé aux couleurs des nations des deux mondes. Ce paquebot, à coque de fer, alliant voile et propulsion par roues à aube (1) mues par une machine de 600 chevaux-vapeur, allant à 11 nœuds, long de 86,44 mètres pour une largeur de 11,90 mètres, jaugeant 2045 grt, avec un port en lourd de 1800 tonnes, il avait été racheté en 1861, en Ecosse, aux chantiers J. & G. Thomson, alors qu'il était en construction sous le nom de Cortes pour un autre commendataire qui s'était désisté. Il avait été lancé le 17 décembre 1861. Deux coups de canon saluèrent son départ et ceux des ses 210 passagers qui atteignirent fort de France treize jours après. Ce même mois d'avril 1862, le Gouvernement, engagé dans la guerre du Mexique depuis janvier, pria la Compagnie Générale Transatlantique d'ouvrir une ligne jusqu'à Veracruz, afin de pourvoir à l'effort de guerre. La Transat', acheta trois autres navires : La Floride, de même tonnage et puissance que le Louisiane, pouvant transporter 152 passagers, et deux plus petits, les Vera-Cruz et Tampico, de 1200 tonnes, allants à 10 nœuds, pouvant transporter 135 passagers. Les navires assuraient alors deux lignes : Aspinwall, passant par Fort de France, et la seconde Veracruz, par La Havane. En 1865 les services furent étendus depuis Saint-Nazaire à Saint Thomas aux Îles Vierges. L'ouverture de la Ligne transatlantique boosta le développement de la ville, et donna lieu à de nombreuses spéculations immobilières. Saint-Nazaire fut durant cette période le pont de l'armée française vers le Mexique, la ville louait pour 3000fr les Grande et Petite cités de Penhoët, anciens logements des travailleurs du port, d'une capacité de logement de 500 hommes. Mais la situation s'enlisa, et Napoléon III chercha par tous les moyens de se sortir du guêpier qui ne profitait qu'au maréchal Bazaine, être peu recommandable, qui auréolé de la campagne de Crimée, profitait de la situation du Mexique, (il fut ensuite le principal responsable de la défaite de Sedan), l'empereur Maximilien se retrouvait de son coté dans une panade inimaginable. Le 8 août 1868, après une escale à La Havanne, où les autorités Espagnoles lui avaient donné les honneurs, et trois semaines de mer, l'impératrice Charlotte, femme de l'empereur Maximilien du Mexique, fille du roi Léopold Ier des Belges, arriva à Saint-Nazaire, à bord du paquebot Impératrice Eugénie, lancé en 1864 par les chantiers John Scott de Saint-Nazaire.

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    Le paquebot Impératrice Eugénie, 108m de long, 3200 tonnes, 2676 chevaux vapeur, 10 nœuds par temps calme.

     

     

    Le gouvernement n'ayant donné aucun ordre aux autorités locales, rien n'avait été organisé, le préfet n'avait pas fait le déplacement, seuls attendaient Charlotte le général Juan Nepomuceno Almonte, représentant du Mexique en France, et son épouse, qui tendit d'un sourire gêné un bouquet de fleurs déjà fanées par la chaleur, l'arrivée n'ayant été annoncée qu'à la dernière minute à la municipalité, le maire, René Guilouzo, avait eu à peine le temps d'enfiler un frac, ignorant totalement les usages diplomatiques. Il était entouré d'une partie des élus, qui étaient arrivés comme ils étaient, certains portant des sabots ! René Guilouzo, fort embarrassé, présenta des excuses, et proposa une visite improvisée de la ville. charlotte du méxique,saint-nazaire,guillouzon,transatlantique,paquebot

     

    Charlotte du Méxique, par Franz Xaver Winterhalter.

     

    L'impératrice fut très irritée de cette accueil, et dit au maire son étonnement de ne voir aucun officiel du gouvernement, l'absence de tout détachement militaire, et qu'elle ne pouvait visiter la ville sans escorte. Elle demanda à ce qu'on la conduise à la gare afin de gagner Paris, mais aucun train n'était disponible, aussi elle finit par accepter une collation proposée par le maire, qui réquisitionna dans l'urgence un fiacre de louage pour transporter la souveraine et sa dame d'honneur, sa suite impériale suivit à pied ! L'impératrice fut conduite très lentement jusqu'à l'hôtel Bely, ou monsieur Bely et son personnel s'activaient dans l'urgence pour la recevoir. L'impératrice reconnut que l'hôtel était confortable, et profita de son séjour forcé pour télégraphier à Napoléon II, qui lui fit répondre qu'il prenait les eaux à Vichy, d'où il disait être alité, et dans une pirouette grossière, finissait son télégramme par «  Si comme je le suppose, Votre Majesté va d'abord en Belgique, Elle me donnera le temps de me remettre. » ce n'est que le lendemain après-midi que la souveraine eut un train qui la conduisit à Paris, avant de pouvoir en trouver un autre pour Bruxelles. Profitant du banqué que Paris avait donné en l'honneur de Charlotte, le général Woll, aide de camp de l'empereur Maximilien, porta un toast de salut et de voeux de prospérité à Saint-Nazaire.

     

    (1) En 1867, en réparations au Havre, elles furent remplacées par une hélice à pales.

  • Les douches de Penhoët

     

    Les douches publiques de Penhoët se trouvent à l'angle des rues de Trignac et Victor Marre, à coté des halles. C'est suite à un projet hygiéniste, entrepris par la municipalité en 1912, que les travaux de construction débutèrent en 1914, hélas, la première-guerre-mondiale, l'absence de manœuvre et de capitaux, firent que le bâtiment ne fut achevé qu'en 1923. A une époque où Penhoët était le cœur ouvrier de Saint-Nazaire, et où l'eau courante n'était pas dans toutes les maisons, l'établissement municipal avait un rendement de 200 à 300 douches par semaine ! 

     

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    D'après une carte postale des années 60', les grilles et murets ont depuis disparu... 

     

    Quoiqu'il fut reproduit comme symbole du quartier sur des enveloppes pré-timbrées éditées par le bureau de poste Penhoët en 2005, le bâtiment est aujourd'hui menacé, avec sa politique habituelle en la matière, le maire actuel laisse se dégrader la structure, (la technique à fait largement ses preuves à Saint-Nazaire), et prévoit de la raser...

     

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    d'après une enveloppe "pret-à-poster" de 2005...

     

     

    Il reste peu de bâtiments de douches municipales sur le territoire français, celui de Penhoët a une architecture agréable, il est parfaitement intégré dans le paysage urbain du quartier, il est aussi le témoignage vivant de la société ouvrière du 20e siècle. 


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    les douches de Penhoët durant l'hiver 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

     

     
  • Le château de Saint-Marc

    Le château de Saint-Marc-sur-mer, dit aussi château Lourmand, se nommait à l'origine château du  Crépelet. Le nom de Crépelet est en fait le nom véritable du village de Saint-Marc, qui ne prit qu'à la fin du 19e siècle le nom du saint à qui la chapelle du bourg était dédiée. Il n'existait rien à l'emplacement du château si non quelques vignes, quand le terrain fut acquis par Henri-Joseph Lourmand, industriel nantais associé à Henri-Charles-René Serpette (1), et Édouard Lorois, dans la savonnerie " SERPETTE-LOURMAND-LOROIS ".

     

    Construite sur caves, avec un rez-de-jardin, un étage noble, et un second étage sous combles à lucarnes de façade en pierre et lucarnes de plomb, la demeure est constituée d'un corps rectangulaire simple en profondeur, encadré à l'Ouest de deux pavillons carrés accolés sous deux toitures carrées et très pointues, à l'Est d'un grand pavillon rectangulaires, dominant la baie, il est surmonté d'un très haut comble qui se fini en terrasse belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. La longueur totale est de quatre travées, à laquelle a été ajouté un pavillon sans étage d'un travée, abritant la cuisine. La disposition des pièces est : au rez-de-jardin, une galerie entrée dans le corps central, déversant les pavillons de bout, et une vaste salle à manger qui occupe tout la longueur du corps, le pavillon Est abrite un  grand salon, les pavillons Ouest un petit salon coté océan, et une office côté parc, au centre de ces pavillons se situe l'escalier. Le premier étage comporte quatre très grandes chambres. Les murs sont enduits et appareillés aux angles, les ouvertures moulurées. L'ensemble est situé sur une falaise qui domine la plage et la baie de Saint-Marc, dans un parc clos de murs. 

     

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    La famille Lourmand :

     

     

    I° Henri-Joseph Lourmand, (Nantes 31 décembre 1818 - Niort 18 février 1885), marié le 18 octobre 1853 à Angers, avec Lucile-Marie Lechalas, (Angers 23 octobre 1832 – Nantes 27 janvier 1933), fille de Médéric Lechalas, et de Joséphine Tharreau, d'où : 

    1° Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), mariée le 19 juin 1875, à Nantes, avec Gaston-Amédée Thubé, (voyez ci-après) ; 

    2° Marguerite-Marie (Nantes 29 novembre 1855 - Nantes 20 octobre 1938), mariée : 1er le 21 septembre 1875, à Nantes, avec Henri-Marie Couëtou, (27 mai 1849, docteur en – Dax 23 avril 1878), droit, avocat à la Cour d'appel de Paris, puis à Nantes, candidat légitimiste aux élections législatives de Saint-Nazaire en février 1876 ; 2e Victor-Amédée-Marie Sécheras, (Vannes 12 janvier 1837 - Nantes 2 novembre 1908), chef de bataillon ;

    3° Henri, (Nantes15 mai 1860 - ??).

     

     

    A la mort de la veuve d'Henri-Joseph, la propriété passa à son petit fils, Gaston Thubé.

     

     

    La famille Thubé :

     

     

    I° Gaston-Amédée Thubé, (Nantes 25 février 1851 - Nantes 29 septembre 1936), substitut de Châteaubriant le 21 décembre 1874, substitut de Saint-Brieuc le 18 novembre 1876, procureur de Guingamp le 29 mars 1879, substitut du procureur général de Rennes le 30 juin 1880, marié le 19 juin 1875, à Nantes, avec Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), d'où :

    1° Gaston-Marie, qui suit ;

    2° Henri (Saint-Brieuc 10 avril 1878 - Paris 1er mars 1943), marié le 8 mars 1913 avec Amélie Paigis, fille de Jean Paigis et d'Amélie Le Normand, d'où postérité ;

    3° Joseph-Jean, (Nantes 13 décembre 1881 - Nantes 8 août 1942), prêtre ;

    4° Jacques-Marie, (Chantenay sur Loire 20 juin 1883 – Nantes14 mai 1969), yachtman, champion olympique en 1912 à Stockholm, avec ses frères Gaston et Amédée ; marié le 16 septembre 1920, à Azay le Rideau, avec Marguerite-Berthe Pavy, fille d'Hubert Pavy et de Marie-Thérèse Vexier, d'où postérité ;

    5° Amédée-Georges-Marie, (Chantenay sur Loire 8 février 1885 - Paris 26 janvier 1941),yachtman, il participa avec ses frères Gaston et Henri, aux jeux olympiques de Stockolm en 1912, en tant qu'équipier d'avant, à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, où il remporta la médaille d'or ; marié en 1918, Saint-Marc sur Mer, avec Marguerite-Nazli Denaut, fille d'Horace-Louis-Auguste Denaut, officier de la Légion d'Honneur, d'Emma Bojano, d'où postérité ;

    6° Marc, (Saint-Nazaire 4 juillet 1886 - Sézanne 11 mars 1918), mort pour la France ;

    7° Marie-Amélie, (Nantes 19 avril 1889 - Paris 26 août 1977), mariée le1er le 11 janvier 1911 à Nantes, avec René Bolloré, (Ergué-Gabéric 28 janvier 1885 - Paris 16 janvier 1935), industriel, (papeteries OCB) ; (veuve elle se remaria). 

     

    II° Gaston-Marie Thubé, (Chateaubriant 16 juin 1876 - Paris 22 février 1974), docteur en droit, industriel, juge au Tribunal de commerce, consul de Belgique à Nantes, il participa en 1912, avec ses frères Jacques et Amédée, aux jeux olympiques de Stockholm en tant skipper à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, et remportèrent la médaille d'or ; il gagna aussi de nombreuses régates, dont le championnat de France en 1913 à Arcachon, son bateau, le Saint-Jean, construit en 1939 par l'architecte naval Talma Bertrand, mouillait dans la baie de Saint-Marc(3) ; marié le 16 octobre 1900, à Nantes, avec Madeleine Goullin,(1879-1980), fille de Gustave Goullin, et de Célestine Flornoy, sans postérité, il légat le château à son petit-neveu l'industriel Didier Pineau-Valencienne.

     

     

    Durant la Seconde-guerre-mondiale, le château servit de kommandantur, comme au château de Port-Cé, les nazis firent construire une tour fortifiée à proximité.

    A l'été 1951, Gaston Thubé prêtât à Jacques Tati le tennis du château pour une scène du film " Les vacances de Monsieur Hulot ", tourné à Saint-Marc (3) et sorti en 1953. ; 

     

     

    Monsieur Pineau-Valencienne vendit finalement la demeure en 1983 à Charles Goignard, entrepreneur en bâtiments, qui en fait sa résidence principale et entreprit de grandes rénovations. A son décès, la propriété fut acquise par monsieur Christian Seyres, son actuel propriétaire (3). 

     

     

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    vers 1960

     

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    La gloriette du parc vers 1860

     

    (1) Fils de l'un des fondateurs de l'entreprise qui fit construire la villa " La Malouine " à Pornic.

    (2) Ce bateau navigue toujours et est classé monument historique depuis 2005.

    (3) Renseignements provenant du site du château de Saint-Marc-sur-mer, disponible à la location pour des événementiels, et gîte. ( http://www.chateau-saint-marc.com/ )

  • René de Kerviler

    René de Kerviler, (Vannes 13 novembre 1842 - Lorient 12 mai 1907), un homme incroyable, qui fit beaucoup pour l'archéologie, la Bretagne, et Saint-Nazaire, doté d'une intelligence supérieur, d'une érudition et d 'une mémoire incroyables à une époque où toutes les connaissances de l'humanité pouvaient encore tenir dans les volumes d'une encyclopédie, et qu'il y avait encore temps à découvrir. René de Kerviler était un savant, au sens premier du terme. 

    En fait un article ne suffirait pas à raconter René de Kerviler, et nous vous renvoyons vers l'essai biographie réaliser dans le cadre d'une généalogie complète de la famille Pocard du Cosquet de Kerviler, par Robert Busquet de Caumont, en 2008, pour approfondir vos connaissances. Nous vous proposons ici un résumé :

     

    Commençons par tordre le cou à une légende tenace : René de Kerviler n'était pas vicomte, et N'UTILISA JAMAIS ce titre !

     

    Pourquoi cette légende ? Il semble qu'un historien locale, impressionné par la particule, se dit que cela signifiait noblesse, et que noblesse allait avec titre, cherchant celui-ci, il découvrir qu'une terre de Kerviler, était tenue en justice vicomtale, et se dit que cela voulait dire que le propriétaire en était forcément vicomte... Un amalgame de poncifs et de raccourcis qui démontre une méconnaissance du sujet, et qui, chose fortement regrettable, fait passer René de Kerviler pour un bourgeois en mal de nobless. Au demeurant, le " Kerviler ", des Pocard du Cosquet de Kerviler, n'était pas un fief ou une seigneurie ! Soyons clair : La famille Pocard du Cosquer de Kerviler est une famille bretonne de la bourgeoisie fiefée d'Ancien Régime, qui n'a jamais eu de prétentions nobiliaires, pourtant, de mémoire d'homme, les Pocard avaient été considérés dans des temps anciens comme membres de cette petite noblesse si nombreuse en Bretagne (1), mais qui, par pauvreté, avaient dérogé définitivement en devenant laboureurs, puis notaires au 17e siècle, au demeurant, privés de tous documents pouvant attester de la qualité nobiliaire, ils s'étaient abstenus de demander à être inscrits comme nobles, durant la grande recherche de noblesse demandée par Louis XIV en 1668, « aussi nous contentons-nous de vivre désormais très bourgeoisement », avait répondu en 1768 Vience Pocard du Cosquer de Kerviler, ancêtre de René, au sénéchal de l’île d’Arz, qui réinterrogeait sur ses origines. Le livre de raison de Vincent Pocard, nous apprend aussi que la terre noble du Cosquet, simple fief, avait été acquise le 12 juin 1700, par son grand-père Jean Pocard, notaire seigneurial et rural de la juridiction de Largouët. Il assuma à partir de là le nom de sa nouvelle terre, et son fils fit de même, mais comme il y avait une famille dont le patronymique était du Cosquet, dont Vincent Pocard avait dû se défendre de toute parenté, et aussi parce qu'il était comme son père greffier dans une autre juridiction, afin de couper court aux confusions, Vincent Pocard du Cosquet, avait décidé en 1760 de prendre le nom de Kerviler, nom d'une source (fontaine) près du manoir de sa famille, où il allait jouer étant enfant, dans son livre de raison, il a laissé ces lignes : « Un jour que j’y étais allé cueillir du cresson, mon pied glissa et je tombais dans la fontaine d’où je ne pouvais plus me retirer parce que mes jambes étaient prises dans la vase qui était épaisse aux abords. On entendit heureusement mes cris : on vint me retirer de la fontaine et pour me rappeler ma mésaventure, on m’en donna par sobriquet le nom. J’y ai été tellement habitué autrefois que je l’ai gardé définitivement mais cela ne veut pas dire que je sois titulaire d’une seigneurie plus étendue que celle d’une simple fontaine ». La descendance de Vincent ne porta cependant que le nom de Pocard du Cosquet. A la Révolution, la famille devient Pocard-Kerviler, c'est une rectification par jugement du Tribunal d'Instance de Vannes qui rectifia le nom en de Pocard du Cosquer de Kerviler le 9 mai 1901, c'est pour cela que René de Kerviler signait ses ouvrages du seul nom de Kerviler, sans particule.

     

     

    Diplomé de l’Ecole Polytechnique, de l’Ecole des Ponts et Chaussées, il avait été aussi reçu à l’Ecole des Chartes, mais y renonça. Il était l'ainé des onze enfants de Joseph-Marie-Vincent Pocard-Kerviler, (1804-1879), polytechnicien et officier de marine qui fit campagnes aux Antilles, au Mexique, et Tunisie, que René adulait, et quio lui transmit l'amour de la Bretagne, et de Marie-Louise Couessurel de La Brousse. Il avait épousé à Lorient , le 26 avril 1870, Cécile Guieysse, fille de Pierre-Armand Guieysse, polytechnicien, ingénieur du génie maritime, directeur des constructions navales de Lorient, inventeur des batteries blindées flottantes, commandeur de la Légion d’Honneur, et de Jéronime Le Bastard de Kerguiffinec ; d'où :

    1° Georges, polytechnicien, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées ;

    2° Marie épouse du docteur en médecine Paul Robin ;

    3° René, polytechnicien, officier de marine ;

    4° Cécile, épouse de Joseph Loiret, polytechnicien, inspecteur général des Mines ;

    5° Armand, ingénieur, directeur d’usine du groupe industriel international « Les Cirages Français ».

     

    En 1874, à 32 ans, René Pocard-Kerviler fut nommé ingénieur du port de Saint-Nazaire en remplacement de Paul Leferme. Les travaux avaient été arrêtés par la guerre de 1870 et la chute de l'Empire, Paul Leferme avait au demeurant laissé une situation fort mauvaises, trempée de toutes sortes de magouilles, plusieurs procès avaient été engagés contre les entreprises en charge des travaux, aussi, quand il arriva à Saint-Nazaire, René dut reprendre les dossiers, refaire l'ensemble des devis de plans de Leferme à achever, régler les litiges, réaliser un projet pour l'évolution du port, le faire approuver, et seulement après il pu passer à l’exécution. En dehors du port dont il réalisa les quais et le bassin de Penhouet, multipliant par trois la surface portuaire, mais aussi les cales, nous lui devons : le phare des Charpentiers, le chenal de la Barre des Charpentiers, la voix de chemin de fer de Chateaubriand, à quoi se rajoutent des bâtiments disparus : la Grande caserne des Douanes, l’hôtel de la Chambre de Commerce, de l’hôtel des Postes, de la Bourse du Commerce ; mais aussi une intervention à titre privé pour le financement de la construction de l'église paroissiale Saint-Nazaire, où son visage est sculpté sur le pilier de droit au fond du chœur.kervile.jpg

     

    Portrait sculpté de René de Kerviler en l'église

    Saint-Nazaire, photo Odoevsky Maslov.

     

    Il créa aussi en 1885 une Société Mixte de Tir et de Gymnastique dite « la Nazairienne », qu’il présidera durant vingt ans, il présida aussi la Société de Géographie Commerciale de Saint-Nazaire, la Commission de la Bibliothèque Municipale, la Société des Régates Internationales de l’Ouest qui donnait trois jours de régates par an et organisait des courses de chaloupes de pêche. Il devint aussi vice-président de la Société d’Instruction Populaire de Saint Nazaire, etc. 

    Il fit de nombreuse recherche archéologiques, inventant un principe de datation, dit « chronomètre préhistorique de Saint-Nazaire », qui fut l'une des premières tentative scientifique de datation des strates, il fit en sorte que bien des éléments archéologiques, ou historiques, de la commune, soient conservés, même si hélas, les bombardements ont presque tout fait disparaître, mais si aujourd'hui nous pouvons encore voir des éléments de décor de l'ancienne église, dans l'actuelle église Saint-Nazaire, c'est grâce à lui, et si le contenu des chartes et manuscrits historiques de Saint-Nazaire nous sont connus, malgré leur anéantissement, c'est aussi grâce à lui. Il publia une multitude d'ouvrages historiques et biographiques, sur la Bretagne et les Bretons, soit plus de 213 ouvrages ou articles importants ! Le 8 mai 1881, Sadi Carnot vint inaugurer solennellement le nouveau bassin : Kerviler reçut le grade d’Ingénieur en Chef, le titre de Directeur du port de Saint Nazaire, et la Légion d’Honneur, il avait aussi reçu les Palmes académiques. En 1905, René de Kerviler fut affecté à Lorient.

     

     

    Les armes des Pocard du Cosquer de Kerviler sont : De gueules au chevron d'hermine ; au chef d'azur chargé d'une mer d'argent. Le chef est une brisure adoptée au milieu du 18e siècle par Michel Pocard du Cosquer en souvenir d'un voyage aux Antilles. 

     

    Comme il était cadet, René de Kerviler brisa lui aussi ses armes, ajoutant deux livres en allusion à ses publications, deux palmes pour ses palmes académiques, et un pont pour son métier d'ingénieur des Pont-et-Chaussées, ce qui donne : De gueules au chevron d 'hermine, accompagné en chef de deux livres d'argent, en pointe de deux palmes croisées d'or ; au chef d'azur, chargé d'un viaduc d'argent, enjambant une mer du même.

     

     

    (1) Pol Potier de Courcy, dans son « Nobiliaire et Armorial de Bretagne » était persuadé d'une noblesse perdue : « les Srs du Cosquer et de Kerviler, par. de Granchamp, év. de Vannes, du nom de Pocard, paraissent issus de la famille Pocard, Srs de Kerouzanet, de Kergohen et de Tuomelin, par. de Saint-Mayeux, présents aux Montres de 1445 à 1562, par. de Corlay et Saint-Mayeux, év. de Cornouaille ».