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Maires et élus

  • Pierre Toscer

    La période de l'occupation allemande durant la Seconde-guerre-mondiale reste une période trouble, dont on n'a pas encore tout à fait tiré au clair tous les événements. Nombres de documents ayant trait à la collaboration et aux délations sont toujours sous le sceau du secret car le Droit Français tient comme non communicable les données ayant moins de cent-ans. Cela complique le travail des historiens, et concernant Saint-Nazaire l'on doit se référer essentiellement à l'ouvrage de Fernand Guériff, '' Saint-Nazaire sous l'occupation allemande '', ouvrage témoignage édité en 1971, aux éditions des Paludiers, La Baule. Les autres documents publiés à la suite, ne sont en majorité que des resucées plus ou moins illustrées, avec incorporation de lieux communs et étalage d'ignorance sur l'histoire de la commune. L'histoire de Saint-Nazaire à l'heure de l'occupation reste encore à étudier en profondeur.

     

    Depuis quelque temps il semble à la mode de dénoncer comme pétainiste celui qui fut maire de la commune durant l'occupation, Pierre Toscer. C'est allé vite en besogne. Pierre Toscer ne fut pas un pétainiste pur et dur, il ne le fut pas plus que les Français en général, qui même après le débarquement continuaient d'acclamer benoîtement Philippe Pétain. Soyons francs devant notre histoire, même si cela nous dérange : La France en fut pas un pays de résistants, la majorité des gens se contentait de pourvoir à leurs besoins et d'éviter les ennuis en regardant leurs pieds et en se bouchant les oreilles. Aurions nous fait autrement que nos grands-parents et arrières-grands-parents ? Nous ne pouvons pas répondre. Combien d'entre nous se sont restés face à une agression, ou une attitude immonde, immobiles et silencieux. La résistance, la révolte face à l'injustice, qu'il convient de louer et d'admirer, qu'il faut citer en exemple, n'est pas une chose innée, ce sont les événements qui par accident font d'une personne ordinaire un héros.

     

    Parlons donc de Pierre Toscer et rétablissons la vérité à son sujet :

     

    Pierre Joseph Marie Toscer est né à Brest le 11 juin 1893, 9 rue du Rempart . Il il était fils de Joseph Henri Toscer , dessinateur au port de Brest, puis contremaître surveillant les travaux à la Marin, alors âgé de 24ans, et de Jeanne Marie Briant. Son grand-père paternel, Jean-François Toscer, fut maître principal au port. Pierre eut deux sœurs :  Jeanne Marie Philomène, (1894-1971) et Anna Augustine Marie, (1897-1970). Élève de l'École Pratique, il sortit ingénieur des Arts et Métiers, et entra comme ingénieur aux Chantiers de la Loire, (turbines). Envoyé sur le front en 1914, il fut décoré de la Croix de guerre. Démobilisé, il se maria le 6 février 1917 à Trignac à Germaine Jeanne Clotilde Lerot. Le couple eut un fils, Henri. Établit à Saint-Nazaire au 17 de la rue l'hippodrome, il partageait alors ses activités entre Saint-Denis, où il enseignait aux apprentis des Chantiers, et Saint-Nazaire. Sa sœur Anna vient s'établir à Saint-Nazaire, elle y épousa, le 5 août 1924 Paul Alfred Trouillard., elle habitait 15 avenue de Lesseps.

     

    Le 20 décembre 1940, François Blancho, maire de Saint-Nazaire, remis sa démission au Préfet, suivit par l'ensemble des conseillers socialistes de la commune. La Loi du 16 novembre 1940 modifia l'organisation de municipalités de plus de 2,000 habitants : maires et adjoins seraient à l'avenir nommé par le sous-préfet, le préfet et le ministre. François Blancho déclara alors : '' J'estime que la plus entière liberté doit être laissée à l'autorité préfectorale dans le choix de celui qui aura demain la charge d'administrer la Cité ''. En fait François Blancho anticipe sa révocation. Membre du parti SFIO, proche de Léon Blum, il savait pertinemment que Vichy voulait sa tête. Son choit fut de sortir avec un peu de dignité, et d'éviter des représailles. Étrangement, l'Amiral Darlan, devenu vice-président du Conseil, décréta le 3 mars 1941 que François Blancho devait rester en place à la tête de la municipalité. Aucune obligation ou contraints ayant été attachée à la nomination, François Blancho, mais fit savoir qu'il ne serait qu'un administrateur. Mais rapidement les décrets et ordres de Vichy sont insupportables pour lui, et il présenta sa démission le 19 mai 1941, (lettre rendue publique le 5 juillet 1941). Le 22 juin 1941 le sous-préfet Michel Douay, convoqua Pierre Toscer et lui signifia qu'il le désignait comme maire de Saint-Nazaire. Très surpris et un peu abasourdi, Pierre Toscer refusa, argumentant qu'il n'était pas un homme politique. Qu'importe pour le Sous-préfet ! Celui-ci ne laisse pas le choix à Toscer, il se devait d'accepter et de présenter une liste de vingt personnes devant constituer le Conseil municipal. Pierre Toscer tenta de se soustraire à la nomination, en argumentant qu'il lui fallait l'aval de son employeur. Il se rendit à Paris le 29 juin 1941 pour expliquer la situation à la direction des Chantier. La direction y trouva son avantage, et Pierre Toscer accepta contraint et forcé. Vichy procéda alors le 30 juin 1941 à la révocation de François Blancho, pourtant déjà parti. Geste absurde et inutile, typique du gouvernent collaborationniste. La nomination du nouveau maire fut officielle par arrêté ministériel du 16 septembre 1941. Afin de constituer le nouveau Conseil, Pierre Toscer sollicita toutes les franges politiques de Saint-Nazaire, demandant à François Blancho d'en faire partie, ce dernier refusa. Un arrêté préfectoral du 1er octobre 1941 nomma officiellement les 20 conseillers réunis par Toscer. L'entrée en fonction se fit le 6 octobre 1941Dans son discours d’ouverture, il dit : « […] Si malgré mes efforts toutes les fractions de l’opinion nazairienne n’étaient pas présente, j’entends ne tenir personne à l’écart, administrer avec tous, sans préoccupation d’opinions, de confession, ni de personnes. […] »

    La nouvelle municipalité due faire face au ravitaillement, à l'organisation de la défense passive, l'organisation scolaire et l'évacuation des enfants, et surtout les relations avec l'occupant nazi qui étaient plus que difficiles. Pierre Toscer s'illustra alors comme un grand négociateur, n'hésitant pas à discuter point par point, A chaque arrestation il se précipitait à la Kommandantur et mettait tout en œuvre pour obtenir la libération et n'hésitait pas à se présenter comme otage quand un citoyen était l'objet d'une arrestation. Le 9 janvier 1942, son fils, Henri, élève-officier, périt durant le naufrage du Lamoricière au large des Baléares.

     

    La situation à Saint-Nazaire empira à la suite de l'Opération Chariot, la nuit du 27 au 28 mars 1942. Comme nous l'avons écrit plus haut, Pierre Toscer habitait avant guerre au 17 rue de l'Hippodrome, derrière la caserne de La Briandais. Les nazis avaient fortifié la caserne en incorporant un bastion, (rasé durant l'hiver 2007-2008), ils firent démolir toutes les maisons de la rue sauf celle de Toscer qui fit des pieds et des mains pour qu'on la lui conserva. Il dut cependant déménager, officiellement il logeait au 5 rue de Villebois Mareuil, rue où les services municipaux avaient été déplacés, (la mairie était alors au 15), mais en réalité il s'installa chez sa sœur Anna. C'est là que les nazis allèrent le chercher la nuit du 30 mars 1942 pour le conduire au Collège Saint Louis avec les conseillers municipaux. Malgré sa bonne volonté, le maire ne put dissuader les nazis de fusiller en représailles 41 personnes dont 16 moururent immédiatement, ou à la suite de leurs blessures, (les autres furent sauvés grâce aux soins prodigués à l'Hôpital de Saint-Nazaire)1. Le 31 mars 1942 la municipalité fut contrainte de placarder une affiche informant la population qu'à l'avenir à chaque acte de résistance constaté, un dixième de la population du quartier où auraient lieu les faits.

     

    Le 21 avril 1943, Pierre Toscer œuvra à la libération de onze otages retenus au camp de prisonniers de Ker Faouet, une villa située à la Villès-Martin. Les arrestations avaient été ordonnée suite à un attentat dans le local de la L.V.F. Rue de l'Amiral Courbet. Les otages, tous notable de la ville, (dont Jean Guitton, qui fut par la suite maire). Entre le 1er et le 12 mars 1943, Pierre Toscer, aidé par le conseil municipal, procéda à l'évacuation des habitants de la ville. Lui-même trouva refuge à La Baule avec sa sœur, mais se rendait chaque matins à Saint-Nazaire, pour présider les services municipaux rassemblés rue de Villebois Mareuil.

     

    Le 11 mai 1945, Pierre Toscer présenta la démission collective du conseil municipale et remis officiellement ses pouvoirs le 12 mai 1945 à 9h à François Blancho. Il se retira de la vie publique. Quoiqu'il fut nommé par Vichy, et décoré en 1943 de la Francique à Vichy en présence du Pétain le même jour que la maire de Nantes, Henry Orrion, tous s'accordèrent à lui reconnaître sa droiture, son sens de la nation et du devoir. Jamais il ne se montra particulièrement attaché à Pétain. Il respectait l'homme comme maréchal de France et chef de l'État, mais sans plus.

     

    Jugement de ses contemporains :

    Maurice Grimaud, (1902-1977), nommé adjoint dans la municipalité Toscer, qui fut député de Loire-Inférieure du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955, (Groupe Républicains indépendants) : " Le Maire prit aussitôt pour lui-même la charge des constants pourparlers et adopta une attitude conforme à son caractère : discutant pied à pied les demandes qui lui étaient faites lorsqu'elles lui paraissaient excessives ou non-fondées, il exécutait loyalement les engagements qu'il avait cru devoir prendre. La netteté et la dignité de cette attitude fut assez vite comprise des chefs allemands et de la population et permit à certains moments d'appréciables résultats. " (Manuscrit de Maurice Grimaud, page 18A ; reproduit en parti par F. Guériff dans " Saint-Nazaire sous l'occupation allemande ".)

     

    Fernand Guériff : " En toutes circonstances, même les plus graves,Mr Toscer montra un courage physique et moral, " un cran "qui lui fond grandement honneur. " (F. Guériff : " Saint-Nazaire sous l'occupation allemande ".)

     

    Les Nazairiens doivent beaucoup à Pierre Toscer, car il se mit souvent en danger pour ses administrés. Il décéda le 6 avril 1967 à Saint-Nazaire.

     

    1 Furent tués sur le coup :

    Allaire Marie, (veuve), 27 janvier 1867 – 30 mars 1942
    Berlebeau Joseph, 3 mars 1909 – 30 mars 1942 
    Blanchard Fernand, 21 mars 1881 – 30 mars 1942
    Esnault Joseph, 12 janvier 1902 - 30 mars 1942
    Favannec Mathurin, 2 juillet 1902 - 30 mars 1942
    Fouquet Jules, 22 novembre 1906– 30 mars 1942
    Hoyet Pierre, 5 juillet 1874 - 30 mars 1942
    Niger Jean, 8 mai 1907 - 30 mars 1942
    Potin Louis, 7 août 1892 - 30 mars 1942
    Quéré Robert, 29 décembre 1921 - 30 mars 1942
    Stéphan Sébastien, 22 janvier 1912 - 30 mars 1942
    Zallio Angelo, 19 mars 1927 – 30 mars 1942

    Décédèrent à l'hôpital des suites de leurs blessures

    Allaire Clémentine, 9 mars 1902 – 8 avril 1942
    Giquel Henri, 23 octobre 1883 - 31 mars 1942
    Lemaitre Julien, 1er août 1885 – 31 mars 1942
    Pelven Bernard, 19 avril 1937 - 31 mars 1942 (enfant de 5ans!)

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établie à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain, dans le Forest, comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du vieux-mole, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du navire «  Nouveau Monde » ;

    2° Francis, capitaine de navire, père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

    3° une fille ;

    4° Atys, courtier, consul du Honduras, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilariter. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut d’ailleurs le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.

  • Notes sur la famille Dufrexou

    Dufrexou alias du Frexou

    Familles de la bourgeoisie de Saint-Nazaire.

     

    I° Jan Dufrexou, mort le 23 janvier 1729 à Saint-Nazaire, maître chirurgien, marié le 1er septembre 1729 à Saint-Nazaire avec Julienne Flachot, (Saint-Nazaire 25 aout 1665 – Saint-Nazaire 3 juin 1741), fille de Jacques Flachot, maître chirurgien, et de Françoise Terrier, d'où 15 enfants, dont :

    1° Julienne Dufrexou, (30 aout 1688 – 25 juillet 1747), mariée le 22 juillet 1714 à Saint-Nazaire avec René Langevin, sieur de Langle, né le 14 septembre 1685 à Saint-André-des-Eaux), avocat à la Cour, d'où postérité (voyez généalogie Langevin) ;

    2° Jan, qui suit.

    II° Jan Dufrexou, sieur de La Maillardière, (1695-1761), maître chirurgien, époux d'Elisabeth Rolland, d'où :

    1° Jean-Pierre, sieur de La Maillardière, (Saint-Nazaire 4 septembre 1749 - Saint-Nazaire 30 juillet 1806), avocat, il remplissait souvent dans ses fonctions le sénéchal de Saint-Nazaire, Chaillon, (qui résidait à Nantes), fut élu délégué pour l'assemblée générale de 1789 tenue à Guérande, devint secrétaire du Comité de permanence en août 1789 pour son recteur Sébastien Bureau de La Bessardière, il fut le premier maire de Saint-Nazaire, élu le 3 février 1790, le 25 mai suivant il fut élu membre de l'administration du département, il donna alors sa démission et fut remplacer par Sébastien Bureau de La Bessardière, en 1791 il fut élu député de la Loire-Inférieure à l'Assemblée législative ou il fut suppléant du comité de Marine, et fut remplacé à l'administration centrale du département par son frère, l'Almanach critique, de 1792 le décrit comme un "législateur ennuyeux”, il retourna à Saint-Nazaire en décembre 1792 où il fut réélu maire, fonction qu'il occupa jusqu'en décembre 1794. Le 23 décembre 1793 il eut à ravitailler, sur ordre de réquisition du général Marceau, en pain et en eau de vie, l'armée révolutionnaire qui campait dans la plaine de Montoire dans l'attente d'affronter l'Armée Catholique et Royale à Savenay. Ravitaillement qu'il ne pu accomplir que partiellement pour le pain, et aucunement pour l'alcool, faute de vivres. Nommé président du tribunal de première instance de Savenay en 1800, il légat à la ville sa maison de la rue du Port, qui en fit un hospice, puis mairie de 1836 à 1855.

    2° René-Jean-Baptiste, né en 1750, maître chirurgien, remplaça son frère à l'administration centrale du département en 1791, et en fut élu président, il se distingua par son ardeur révolutionnaire, surtout contre les prêtres insermentés.

     

  • René Guillouzo

     

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    René Guillouzo fut maire de Saint-Nazaire durant vingt-deux ans, durant la période qui vit la réalisation du port et le développement de la ville. Cependant il a été mis au purgatoire de l'histoire communale, même si une petite rue près du cimetière de Toutes-Aides perpétue son souvenir. Pourquoi ? En raison de son bonapartisme.  

     

    René Guilouzo, dessin de Maurice Riquez.

     

     

     

    René Guilouzo fut l’élu de l’Empire, enthousiasmé par la politique de développement et d’industrialisation de Napoléon III, période faste pour la France, mais qui se termina dans un vaudeville qui tourna au drame à Sedan. 

     

    Né à Guérande le 1er juillet 1816, fils d’un horloger, il fut médecin, et il s’établit en mai 1848 à Saint-Nazaire, où, suite à la purge organisée par la loi du 3 juillet 1848, il se trouva membre du Conseil municipale le 3 octobre, et y fut élu maire le 16, poste dont il fut investi le 12 novembre. Cette élection souleva une protestation : « Ce jeune homme habitant Saint-Nazaire depuis cinq mois, ancien séminariste, protégé du curé et du vicaire qui ont fait son élection à la grande indignation des habitants (1) ». 

     

    Avec ses adjoints, le nouveau maire du faire face au développement soudain de la cité, tant sur le point de vu urbain, industriel, et humain, la ville passa en vingt ans de 2000 à 14000 habitants.

     

    Dans cette poussée chaotique, qui dépassa souvent les capacités des élus municipaux, les problèmes d’hygiènes et de santé furent nombreux, l’ingénieur Leferme, qui avait en charge la réalisation du port, et avait dessiné les plans de la nouvelle ville, n’avait pas prévu les structures nécessaires liées à l’eau(2), aux égouts, ou aux structures de santé, ni même celle de l'administration, car ce n’était pas dans ses attributions. La municipalité était responsable de l'évolution et du développement urbain, elle géra très mal le dossier, rien ne fut pensé et entrepris correctement, les actions se faisaient au cas par cas, non sur la longueur, et les spéculations immobilières, n’arrangèrent rien, le prix des terrains augmentait de jour en jour, les grands propriétaires, comme la famille de  Girard de La Cantrie, qui fit pression pour que l’on ne fit pas trop de places ou de rues larges, afin de pouvoir lotir le plus possible, la Société Salamenca, propriété de l’ingénieur Chatelus et du marquis de Salamenca, banquier madrilène, proposait à la vente ses terrains qu’il savait le tracé des nouvelles voix, à des prix exorbitants (3), ou encore les actions désastreuses d’Alphonse-Nicolas Cézard qui finir en scandales financiers après avoir grugé le Conseil, et pire, les conditions de vie et de travail des ouvriers, entassés dans des bidons villes de cases en planches. Saint-Nazaire avec ses immeubles luxueux poussant comme des champignons, entre lesquels s’élevaient des masures, fut en mai 1858 qualifié par le Journal du Loiret de «  Petite  Californie bretonne », et Eugéne Fourcade, dans La Revue des deux-mondes, de septembre 1858 : fit la description suivante : «  Il faut aller à Saint-Nazaire pour avoir une idée de la façon incohérente et scandée dont s’élève une cité californienne, agglomérations d’émigrants grossissant à vue d’œil. Partout comme au hasard, s’élèvent des constructions de toutes sortes, depuis la maison parisienne à porte cochère gouvernée par un portier, jusqu’à la taverne de matelots… » ; en 1865  dans « Saint-Nazaire, son avenir », Henri Chevreau relatait: «  On cherche en vain des maisons confortables où l’on puisse établir des comptoirs, des bureaux, où les négociants puissent habiter avec leur familles. Des constructions importantes s’élèvent sur des terrains où doivent passer des avenues : les rues qui aboutissent aux quais sont mal pavées, mal macadamisées. La ville n’a pas de ressources ; elle a une mairie déjà insuffisante, une usine à gaz dont les rares réverbères éclairent à peine les quais et rues tant ils sont parcimonieusement espacés, un hôpital qui ne comporte qu’une salle unique de 14 à 15 lits, pas de halls, pas de tribunal de commerce, pas de marché, pas d’abattoirs, pas de savoirs publics, pas de bourse, pas de théâtre, pas de bibliothèque publique. Elle n’a même pas encore organisé un service d’eau : l’eau potable se vend dans les rues. »

     

    En dehors du port, créé par l'Etat, de l'instauration des lignes transatlantiques, la municipalité Guillouzo procéda à l'aménagement des voix publiques, la création du cimetière de La Briandais en 1854, (en remplacement de celui de La Poterie disparu dans la construction du premier bassin), à gérer l'ouverture de la ligne de chemin de fer 1857, (la construction de la gare fut achevée en 1866), procédé à l'installation du bureau de postes et télégraphes (23 août 1859), l'organisation des sapeurs-pompiers en compagnie (23 mai 1862), gérer l'annexion de Méan (détaché de Montoire par loi du 13 mars 1865), l'installation de la sous-préfecture en 1868. Elle du aussi faire face à la faillite des chantiers John Scott, qui entraîna la mise au chômage de plus de 2000 personnes, provocant la faillite de plusieurs commerçants, la ruine d’épargnants, la chute des loyers en quelques semaines en raison du départ de plus de 1000 familles. Certes on peut largement reprocher à René Guillouzo, pourtant médecin, de ne pas avoir su mettre en place la proposition du projet des ingénieurs Oppermann et Joret pour les eaux, adopté cependant en 1861 par le Conseil, qui ne sera jamais appliqué (4), alors que des épidémies de choléras touchèrent la ville dès août 1849, de ne pas avoir vu la situation réelle à bord de l' »Anne-Marie », navire qui apporta la fièvre jaune à Saint-Nazaire et qui coûta la vie à plusieurs centaines de personnes dans l'estuaire et la presqu’île (5), sa réaction molle face à l'épidémie, et les actions médiocres du Conseil, qui se contenta en 1849 de procédé à la création d’un atelier de charité, et de la transformation du lazaret de Penhoët en hôpital municipale avec 12 lits suite à l'épidémie de fièvre. On peut estimer que René Guillozo fut un piètre médecin, même en prenant compte des réalités de la médecine durant le Second Empire, il fut un parfait exemple de son époque, avec une réussite sociale rapide, un établissement assuré grâce au régime, malgré des capacités relativement médiocres au regard de celles qui lui étaient demandées pour gérer l'essor de Saint-Nazaire, mais il faut lui reconnaître qu'il fit de son mieux, avec les moyens à sa disposition, un Conseil municipal qui n'était pas plus capable, et probablement pas aussi volontaire que lui, mais surtout, il faut souligner qu'il fut parfaitement honnête, ne profitant pas de sa position d'élu pour s'enrichir, il n'en fut pas de même avec les maires qui lui succédèrent sous la Troisième République.

     

     

    Généalogie de René Guillouzo

     

    I° Mathurin Guillouzo, époux de Jeanne-Louise Texier, d'où :

    II° René-Marie Guillouzo, (Guérande 1er juillet 1816 – Saint-Nazaire 6 mai 1879),  maire de Saint-Nazaire  le 16 décembre 1848, (entré en fonctions le 12 novembre), jusqu'au 7 septembre 1870 ; maire de la construction et du développement portuaire de Saint-Nazaire, passée de 2000 à 14000 habitants, ainsi que le déplacement de la sous-préfecture située à Savenay, à de Saint-Nazaire en 1868, l'établissement de la ligne transatlantique vers les Antilles ; son appartenance au Parti bonapartiste, le mis au purgatoire de l'histoire communale, même si une petite rue près du cimetière de Toutes-Aides perpétue son souvenir. Docteur en médecine, à l'époque ou la ville n'en comptait que deux, il du faire face, avec les docteurs Benoist et Gestin Robert-Héristel, à la la terrible épidémie de fièvre jaune de 1861 qui fit plusieurs morts dans estuaire, dont le docteur Alphonse Chaillon, médecin de Montoire, il œuvra entre autres, pour la création d'un hôpital à Saint-Nazaire, et pour la salubrité de la ville et du port ; chevalier de la Légion d'Honneur ; époux d'Angèle Tartoué, décédée à Saint-Nazaire le 28 décembre 1856, fille d'Yves-Honoré Tartoué, capitaine au long cours, et de Marie-Josèphe Bernard, d'où :

    1° Pauline-Emilie-Angèle, née à Saint-Nazaire le 28 mars 1852, épouse d'Emile-Désiré Lecorre ;

    2° Angèle-Marie-Alphonsine, née le 11 décembre 1856, mariée le 15 novembre 1881 à Saint-Nazaire avec Emile-Charles-Pierre Malmanche ;

    3° Armand, courtier maritime, marié, il eut au moins une fille.

     

     

     

    (1) Fernand Gueriff, « Histoire de Saint-Nazaire », tome II, note en bas de la page 17.

    (2) Le problème perdurera jusqu’à la reconduction.

    (3) Au prix de 2fr. le m² en 1847 monté à 50fr. en 1857, 100fr. sur la rue Villes-Martin, et les quais ; les dunes valaient 0,60fr. l’are en 1866 à 130fr. le m² !

    (4) il fallut attendre vingt ans avant qu'on agisse, et d'autres maires y perdirent à cause de cela leur siège

    (5) Lisez à ce sujet « Relation de la fièvre jaune: survenue a Saint-Nazaire en 1861, lue à l'Académie Impériale de Médecine dans les séances des 7, 14, 21 et 28 avril 1863, suivie d'une réponse aux discours prononcés dans le cours de la discussion et de la loi anglaise sur les quarantaines », du Docteur Melier.

     

  • Notes sur la famille Durand

    La famille Durand, est à l'origine une famille de laboureurs de Saint-Nazaire. L'un de ces membres devint pilote et engendra des élus municipaux, un célèbre médecin local, et un conseiller d'Etat.

     

    I° René Durand, époux de Marguerite Hervo, d'où :

    II° Pierre Durand, laboureur, marié : 1° le 22 septembre 1682 à Saint-Nazaire avec Jeanne Pichard, d'où 11 enfants ; 2° le 8 février 1707 à Saint-Nazaire avec Yvonne Bernier, d'où quatre enfants ; dont du second lit :

    III° Jean Durand, né à Saint-Nazaire le 21 avril 1711, matelot, maître pilote lamaneur, marié à Saint-Nazaire le 28 avril 1739 avec Françoise Rastel, d'où 11 enfants, dont :

    IV° Guillaume Durand,(Saint-Nazaire 10 février 1752 - Saint-Nazaire , soldat puis sergent des gardes-côtes, employé aux douanes maritimes, maire de Saint-Nazaire du 3 juillet 1811 au 24 août 1815 ; marié : 1° le 9 juin 1769 à Jeanne Boullet, (1751-1770) ; 2° le 9 juin 1772 à Françoise Allançon, (Saint-Nazaire 5 avril 1754 – Saint-Nazaire 4 décembre 1777), sœur de Jean-François Allançon, maire de Saint-Nazaire,  ; 3° 3 mai 1784 avec Jeanne Birgand ; d'où du troisième lit :

    1° Jean-Baptiste, (1789-1832), géomètre ;

    2° René, capitaine au long cours, lieutenant de Vaisseau, (1790-1832)

    3° Joseph-René, qui suit ;

    4° Julie, (1800-1800).

     

    V° Joseph-René Durand, capitaine au long cours, (Saint-Nazaire 20 novembre 1796 – Saint-Nazaire 22 octobre 1828), marié le 28 septembre 1826, à Nantes avec Esther Brun, (veuve elle se remaria le 9 novembre 1835 avec Charles-Alexandre Blanchard, maire remplaçant en 1830), d'où :

    VI° Hippolyte Durand, (Nantes 9 juillet 1827 – Saint-Nazaire 1892), médecin, médecin de la Santé, commissaire municipal à la mairie de Saint-Nazaire du 3 juillet 1811 au 24 août 1815, il du signer le 24 octobre 1814 un serment de fidélité au Roi après l'abdication de Napoléon, afin de rester en poste, il fut à nouveau commissaire municipal à la mairie en 1870, (une rue porte aujourd'hui son nom) ; marié le 4 février 1862 à Saint-Nazaire avec Marie-Aglaë Tahier, (1836-1919), fille de Jacques-François Tahier, capitaine au long cours, syndic des gens de mer à Saint-Nazaire, maitre de port, chevalier de la Légion d'Honneur, médaillé de Sainte-Hélène, et d'Eléonore-Aglaë Blanchard, (elle était la petite-nièce de Julien Tahier de Kervaret, maire de Saint-Nazaire de 1815 à 1823 et la nièce de Charles-Alexandre Blanchard maire remplaçant en 1830, et donc sa cousine par alliance) ; d'où, sous le nom de Durand-Tahier :

    1° Hippolyte-Marie-Alexandre, (Saint-Nazaire 14 août 1863 – Paris 7 février 1899), clerc de notaire, artiste peintre sous le pseudonyme de "Paul Froment",secrétaire général de la Société des Beaux-Arts, poète ; marié à Paris le 14 juin 1895 avec Elise-Juliette Cody, d'où postérité à Paris ;

    2° Louisa Marie Aglaë, (Saint-Nazaire 19 janvier 1865 - Le Croisic 10 juin 1941) ; mariée le 9 juin 1884, au Croisic, avec René Eudel, négociant au Croisic, puis directeur de la Maison de Santé de la rue Blomet à Paris XV, d'où postérité ;

    3° Anna Marie Joséphine, (Saint-Nazaire 10 mars 1867 -  Nantes le 10 mai 1930), mariée le 27 avril 1889 à Saint-Nazaire, avec Joseph-Léon-Paul Fraisse, (Nantes 5 mars 1864 – Sucé-sur-Erdre 2 novembre 1940), négocient, d'où postérité ; 

    4° Amélie, (Saint-Nazaire 13 juillet 1869 – Saint-Nazaire 5 décembre 1869) ;

    5° Charles, (Saint-Nazaire 25 mai 1873 - Saint-Nazaire 15 janvier 1983), docteur en médecine, marié : 1° le 4 février 1902 à Saint-Nazaire, avec Amélie Louise Rivet, décédée en 1904 ; 2° le 5 mai 1910, à Paris V, avec Marie Louise Torsat, sans postérité ;

    6° Émile-Marie, Saint-Nazaire 14 mars 1875 - Clichy 29 janvier 1950 ), conseiller d'état, commandeur de la Légion d'honneur le 22 mars 1917 ; époux de Jeanne Touron, sans postérité.

  • Chouan et royalistes qui furent maires de Saint-Nazaire

    Dans le n°210 de Saint-Nazaire magazine d'avril 2008, un article intitulé « Les maires de la Révolution française à nos jours », il est mentionné au sujet des anciens maires de Saint-Nazaire : « Certains seront républicains, d’autres un peu moins comme Bureau de la Bessardière ou Tahier de Kervaret. » (sic). La phrase est un doux euphémisme... Bureau de la Bessardière et Tahier de Kervaret n'étaient pas du tout républicains ! 

     

    Si le premier accueillit la Révolution comme ses contemporains, avec la continence de la nécessité de réformer un système qui agonissait depuis Louis XIV, il déchanta cependant quand la machine révolutionnaire s'emballa et devint incontrôlable. Le second, était lui un royaliste convaincu, attaché aux Bourbons.

     

     

    Sébastien Bureau de La Bessardière

     

    Sébastien Bureau de La Bessardière, dit aussi Bureau du Fiefheulin, fut baptisé le 13 novembre 1714 à La Boissières-du-Doré, (Maine-et-Loire), où son père, sieur du Fief-Heulin, possédait une charge de sénéchal. Sa famille fut anoblie par charge de secrétaire du roi, maison et couronne de France, anoblissement confirmé après règlement de quittance de taxe de confirmation de noblesse de 100 Livres le 28 mars 1693, (1). La charge de sénéchal exercée par le père de Sébastien était fort lucrative, mais peu commune pour un gentilhomme, cela traduit une certaine déchéance sociale, dans la mesure où, étant généralement assumées par des bourgeois, elle était considérée comme méprisable par les nobles, quoiqu'elle ne fut pas dérogeante.

     

    Entré en religion, Sébastien Bureau de La Bessardière fut d'abord vicaire à Saint-Nazaire du 21 juin 1751 au 1er juin 1755, puis promu recteur de la paroisse de Saint-Nazaire en 1763. Il y participa à la rédaction du cahier des vœux et doléances du général de la Paroisse, commencé le 23 novembre 1788, et dont les délibérations avaient conclu,  le 23 décembre 1788,  à la demande suivante (2) :

     

    28 décembre 1788

    Le Général de la Paroisse de Saint-Nazaire a arrêté :

    Que les représentants du peuple aux Etats, soit de la Province ou du Royaume, seraient priés de demander :

     

     

    1° L'abolition de toutes corvées pour le compte de l'Etat, parce que les 3 ordres la doivent supporter proportionnellement en argent et que le Tiers sera 30 ans sans contribuer à la corvée des grands chemins.

    2° Le remboursement de ce que le peuple a payé pour la capitation de plus que l'ordre de la Noblesse ;

    3° L'assistance tant aux Etats de la Province qu'à ceux du Royaume de MM. les recteurs ou vicaires ayant 10 ans d'exercice dans les paroisses pour faire moitié du Clergé.

    4° La suppression des francs-fiefs des lods et ventes en fait d'échange, le remboursement pour la grurie (3) et droits de nouveaux acquets et d'ansaisinement (4).

    5° La réunion de toutes les juridictions intérieurs dans une arrondissement donnée à une principale, sauf les droits respectifs des seigneurs.

     

    Réserve au surplus le Général à faire connaître les autres droits qu'il a à réclamer, par un des mémoires séparés et qui sera signé par MM. les Commissaires ci-dessus dénommés, par eux adressés, ou M. Chaillon, ou bien concurremment avec les autres.

     

    Arrêté en la sacristie de cette église, sous les seings de MM. les délibérants et Commissaires, Recteur, le procureur-fiscal président.

     

    Signé : Bureau, recteur ; Bertho ; Allançon ; Julien Rousselet ; Vincent Birgant ; Jean Geffroy ; Pierre Bertho ; Dufrexou ; Génnevois ; Louis Lescard ; François Boullet ; Jacques Labour ; Mathieu Dhervé ; Hardouin, procureur fiscal.

     

     

    En août 1789, il fut nommé au Comité de permanence de Saint-Nazaire, il en devient président le 3 février 1790, puis fut élu maire de Saint-Nazaire le 25 janvier 1790, investi de la fonction le 30 janvier suivant, et en poste jusqu'au 14 janvier 1791, date à laquelle il abandonna sa fonction « pour raison de santé ». 

    On arrêta sa lixalion du traitement auquel il avait droit en tant qu'ex-recteur de Saint-Nazaire, il demanda alors l'autorisation de demeurer chez son frère. Il avait prêté plus de vingt fois le semant civique depuis la Révolution, mais refusait de prêter le semant religieux, le procureur de Saint-Nazaire le poursuit afin qu'il le fit avec les autres prêtres, ce à quoi il s'exécuta le 23 janvier 1793. Deux mois après il quitta sa cure, s'établit chez son frère, puis devint aumônier de l'Armée Catholique et Royale, ce qui lui valut d'être condamné par contumace à la déportation. Il décéda à Saint-Mars-du-Désert le 11 janvier 1794 au milieu des chouans.

     

     



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    : D’azur au chevron potencé et contre potencé d’or, rempli de sable, accompagné de trois burettes d’or.

     

     

     L'une de ses nièces, fut la marraine de la cloche de al vieille église en 1778

    (cf. René de Kerviler, " Doc.pour l'hist. de St-Nazaire, III, 73 ").

     

     

     

    Les maires qui furent nommés durant la Restauration :

    Au début du 19e siècle, le conseil municipal était élu, mais le maire nommé par le préfet,  qui désignait normalement l’un des élus du conseil. Quoiqu’il fût royaliste comme nombre d’officiers de marine, et choisis pour son attachement aux Bourbons. On ne peut affirmer les idées exactes de Tahier de Kervaret, par manque de témoignages à son sujet, il semble avoir été un royaliste modéré, et non comme son suivants, Bernardin de Lesquen qui était un «  ultra », (comprenez, ultra-royaliste, c'est-à-dire pour une monarchie capétienne et absolue, ce que l'on nomme aujourd'hui « légitimiste », quoique ce terme est souvent mal compris et déformé de nos jour). Jean-Pierre Mahé, était lui aussi proche des idées des ultras, ainsi que Charles-Alexandre Blanchard, dont l'attachement aux Bourbons, et sa parenté avec Tahier de Kervaret, lui valu de ne pas conserver la fonction, au profit de Mathieu Goy, marchand et aubergiste, dont la nomination déplu aux élus municipaux, au point que le jour de son entrée en fonction le 15 décembre 1830, les conseillers municipaux, sauf un, quittèrent la salle. Une lettre collective fut adressée au préfet, reprochant à Mathieu Goy de ne pas être natif de la commune, où pourtant il était arrivé enfant quand son père acquit la ferme de la Vecquerie, de n'avoir jamais fait partie de la marine ou de l'armée, de n'avoir jamais eu de vie politique, ou de s'être investi localement dans quelconque œuvres, etc, ce qui était faux, attendu que Mathieu Goy avait été capitaine au long cours ! En fait on reprocha à Mathieu Goy ce qui avait fait qu'on l'avait nommé : être un honnête commerçant qui n'avait pas été impliqué dans quoi que ce soit du temps de l'ancien gouvernement renversé par la révolution de 1830 ; mais aussi, parce que Charles-Alexandre Blanchard, était président de la commission sanitaire, et que les décisions qu'il prenait en tant que, il les faisait exécuter entant que maire ! Mathieu Goy laissa d'ailleurs un très bon souvenir aux Nazairiens, alors que ses précédents furent oubliés ...

    Précisons enfin que comme le voulait l’usage, perpétué sous la République, puis sous l’Empire, le maire et les conseillers municipaux prêtaient serment de fidélité au Roi, et obéissance à la Charte constitutionnel.

     

     

    Nous publions ici un passage de la généalogie de la famille Tahier, liée à l'histoire de Saint-Nazaire et de Guérandes au 19e siècle.

     

    Tahier

    Famille bourgeoise guérandaise.

     

    I° Julien-Maurice Tahier, sieur de La Villesgouté, né en 1717 à Ploubalay, décédé en avant la naissance de son second fils, contrôleur aux devoirs ; marié à Guérande le 2 août 1746 à Aimable-Jeanne-Jérômine de Kerveno (issue d'une famille noble), née le 22 septembre 1719 à Donges, décédée le13 février 1786 à Guérande, d'où 12 enfants dont :

    1° Jacques-René-Claude Tahier, (Guingamp 19 septembre 1748 – Guérande 13 juillet 1816), marié à Guérande le 16 septembre 1798 avec Françoise Viaud, d'où 5 enfants dont :

    A° Jacques-François Tahier, né à Guérande le 8 février 1796, sous le nom de Viaud, reconnu par son père au mariage de ses parents le 16 septembre 1798, capitaine au long cours, syndic des gens de mer à Saint-Nazaire, maitre de port, chevalier de la Légion d'Honneur, médaillé de Sainte-Hélène, époux d'Eléonore-Aglaë Blanchard, d'où quatre enfants, dont, Marie-Aglaë, (1836-1919), épouse de Hippolyte Durand, (Nantes 9 juillet 1827 – Saint-Nazaire 1892), médecin, commissaire municipal à la mairie de Saint-Nazaire.

    2° Julien Maurice Tahier de Kervaret, qui suit.

     

    II° Julien-Maurice Tahier, sieur de Kervaret, (La Roche-Bernard le 20 septembre 1749 – Saint-Nazaire 6 décembre 1832) ; lieutenant de Frégate en 1778, de Vaisseau 1786 à nouveau en 1792, en l'an II, 18 Floréal (1793) parti à Philadelphie conduire un ambassadeur et toute sa suite, en l'an V (1796) commandant la corvette "Mercury" et la station navale de Mindin capitaine de Frégate en 1814, retraité le 1er novembre. 1817, nommé maire de Saint- Nazaire le 13 septembre 1815, il entra en fonction le 25 suivant, et resta en place jusqu'en 1823, date à laquelle il démissionna en raison de son âge et de ses infirmités ; chevalier de Saint-Louis 1821 ; propriétaire du domaine du Parc à l'Eau ; marié à Saint-Nazaire le 18 juillet 1799 à Françoise Thomas, d'où :

    1° Aimable-Geneviève, (1801-1866), hérita du domaine du Parc à l'Eau ;

    2° Claire-Eulalie, (1802-1866) ;

    3° Aimée-Gertrude, née à Saint-Nazaire le 23 octobre 1806, mariée sous le nom de Tahier du Kreset à Saint-Nazaire le 10 mai 1830 avec Pierre-François-René de Brégeot, né à Herbigniac le 14 juin 1801, licencié en droit, juge auditeur à vannes le 10 mars 1825, substitut à Savenay en 1829, juge de paix à Guérande en 1849, conseiller général de la Loire-Inférieur de 1850 à 1853, juge de paix à Briec en 1867, d'où : 

    1° Eugène-Julien-François de Brégeot, né le 4 mars 1831, décédé en 1904, maire de Guérande, marié à Guéméné-Penfao le 28 septembre 1869 avec Aline Potiron de Boisfleury, d'où postérité ;

    2° Henri-François de Brégeot, né le 7 avril 1833 ;

    3° François-Maurice de Brégeot,  né à Guérande le 10 octobre 1834, il fonda une briquerie à la Ville-au-Fève en 1862, celle-ci était en ruine en 1925 (cf. H.Moret), c'est son fils, Pierre-François-René, vendit à la paroisse le terrain de l'église Saint-Nazaire en 1886.

     

     

    A la suite Julien Tahier de Kervaret, on nomma pour maire Bernardin-Marie de Lesquen

     

    Bernardin-Marie de Lesquen, né le 24 novembre 1778 à Pontchâteau, dans une famille noble d'extraction chevaleresque maintenue en 1668 à Saint-Brieu, qui possédait la terre de Casso à Pontchâteau, il fut maire de Saint-Nazaire sur nomination 19 juin 1826, entré en fonction le 6 juillet suivant, il resta en post jusqu'à sa démission pour raison de santé le 8 juin 1829. En commémoration du sacre de Charles X qui avait eu lieu le 29 mai 1825, il organisa une grande fête publique, durant laquelle il lut une longue déclaration dithyrambique dans un style très niais, désignant le souverain sous le vocable de "bon roi Charles X"  appelant à l'allégresse générale, et finissant par  " Vive Charles X !  Vivent les Bourbon ! ". La municipalité prêta serment au Roi et à la Charte constitutionnelle maintenue le 2 avril 1826.

     

    Jean-Pierre Mahé, fut promu maire remplaçant de Saint-Nazaire  du 8 juin 1829 au 29 juillet 1830. Ce n'était pas la première fois qu'il exerça cette fonction du 28 août au 24 septembre 1815, en remplacement de Guillaume Durant, maire nommé durant l'Empire, et qui avait eu la mauvaise idée de se rallier à l'Empereur durant les Cents jours. Jean-Pierre Mahé était issu d'une très ancienne famille nazairienne de laboureurs.

     

    Suite  à la révolution de 1830, Charles-Alexandre Blanchard fut donc nommé maire remplaçant, le 26 juillet 1830, il espéra être investi définitivement, mais le 15 novembre 1830, le préfet nomma Mathieu Goy maire, à son détriment.

     

    Nous publions ici un extrait de la généalogie de la famille Blanchard, dont les alliances son intéressante au point de vue de l'histoire locale :

     

     

    Blanchard

     

    Famille bourgeoise venue de Charente, à ne pas confondre avec une famille homonyme qui habitait avant la Révolution le village de La Grande-Fontaine (6).

     

    I° Jean Blanchard, (Jurignac (Charente) 1768 – Saint-Nazaire 15 mai 1823), officier de Santé, époux de Marie-Charlotte-Elisabeth Thomas, d'où :

    1° Jean-Marie, capitaine au long cour ;

    2°  Charles-Alexandre Blanchard, (Saint-Nazaire 24 septembre 1797 – Saint-Nazaire 22 juillet 1866), médecin, officier de santé, maire remplaçant du 26 juillet au 15 novembre 1830, marié le 9 novembre 1835 à Nantes avec Ester Brun, (elle était veuve de Joseph-René Durand, et mère de Hippolite-Joseph Durant, médecin, commissaire municipal à la mairie de Saint-Nazaire du 3 juillet 1811 au 24 août 1815, qui avait signé le 24 octobre 1814 un serment de fidélité au Roi après l'abdication de Napoléon, afin de rester en poste) (7);

    3° Eléonore-Aglaë Blanchard, (Saint-Nazaire 15 juillet 1803 – Saint-Nazaire 10 février 1865), mariée à Saint-Nazaire le 26 novembre 1833 avec Jacques-François Tahier, capitaine au long cours, syndic des gens de mer à Saint-Nazaire, maître de port, chevalier de la Légion d'Honneur, médaillé de Sainte-Hélène, (neveux de  Julien Tahier de Kervaret, maire de Saint-Nazaire de 1815 à 1823), d'où quatre enfants donc une fille épouse du maire Hippolyte Durand, son cousin par alliance. 

     

      

    (1) A.N., P 3850, p. 177 - Elle fut aussi maintenue noble comme descendante d'un secrétaire du Roi lors de la réformation de noblesse par arrêt du 6 avril 1699, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505)

    (2) Relevé et publié par Gustave Bord, dans :« Saint-Nazaire sous la Révolution, 1789-1790 », Saint-Nazaire, imp. Frédéric Girard, 1881.

    (3) Grurie, ou gruerie, juridiction intérieure qui prononçait en première instance les délits forestiers. On nommait aussi gruerie le droit que percevait le Roi sur les coupes de bois. Les seigneurs ayant le même droit étaient qualifiés de seigneurs gruyers.

    (4) Ansaisinement, pour ensaisinement, mise en possession de l’acquéreur d’une propriété tenue en roture. L’ensaisinement, ou investiture, était donné par le seigneur de qui dépendait la propriété.

    (5) Famille toujours existante ayant fait ses preuves en mai 1934 à l'A.N.F. Armoiries : De sable à  trois jars d'argent, becqués et membres de gueules.

    (6) La Grande-Fontaine était un hameau situé sur la dune, avant le bourg, situé à peu près ou se trouve aujourd'hui l'église Saint-Nazaire.

    (7) Son portrait, conservé en des mains privées, a été reproduit par Fernand Guériff, en 1963, dans son "Histoire de Saint-Nazaire", tome 2, p. 241.

     

  • le Château de Porcé à Saint-Nazaire, première partie

     

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    Un château et son nom

     

    Château de Port-Cé en aout 2009, photo Saint Loup.

     

    Port-Cé ou Porcé, les cartes ne sont pas d'accord sur l'orthographe du lieu, en fait le nom original est Port Ségurand, ou encore Port Ségouran, du latin Portus-Séguranus, c'est à dire " port protégé ". Sous le règne de Louis XIV, les romains furent à la mode, et l'on chercha le lieu où s'abrita avec sa flotte Jules César durant les combats navals qui l'opposèrent aux Vénètes et aux Namnètes, entre l'estuaire de la Loire et celui de la Vilaine(1), on associa alors le nom de Port-Ségurand, orthographié parfois en Port-Sé au nom de Portus-Caesaris, en faisant alors Port-Cézaré, Port-César, puis Port-Cé, enfin Porcé(2), on y installa un corps de garde pour surveiller la côte, et le lieu fut alors cartographié Port-Cé… On trouve encore les orthographes suivantes jusqu'au début du 20e siècle : Porsay, et Porçay.

     

     

    On y a retrouvé au 19e siècles des subductions de pierres et de briques qui furent attribuées aux romains, mais faute de fouilles réelles la datation reste incertaine. 

    Port-Cé n'a jamais été une seigneurie, il n'a jamais comporté de manoir ou de château avant l'arrivée de la famille Bord. Avant la Révolution c'était un fief, (comprenez un terrain qui se transmettait en partage noble), appartenant aux seigneurs du Bois-Jolland, inféodé à la vicomté de Saint-Nazaire, où l'on piégeait dans des nasses les poissons qui venus frayer dans le ruisseau. Les propriétaires du lieu furent donc les familles Le Pennec, puis de Sesmaison.

    L'aveu du 13 septembre 1734 mentionne dans le dénombrement des biens de la famille Le Pennec seigneur de Bois-Joallan, dans ses article 36 et 37 parmi les terres sises à Gavid (Le Grand Gavy) " l'escluse de Ségurand ". Puis à l'article 52 il est écrit : " Six erraux de terres autres erreaux appartenant au seigneur de Heinleix-Pommeraie, d'autre côté erreaux appartenant à Jacques Bernard, fils de Mathurin, qu'ils tiennent dudit seigneur de Boisjollan ".

    L'emplacement de l'école Ferdinand Buisson était une vigne : " la vigne du Prieuré" ; elle appartenant en effet au Prieuré Saint-Jean-Baptiste de Saint-Nazaire, et fut saisie à la Révolution. Les terres du prieuré furent toutes rachetées par la famille Galliot de Cran. Rappelons que toutes les falaises de Saint-Nazaire étaient couvertes de vignes jusqu'à l'épidémie de phylloxéra. Seuls bâtiments existant avant la construction du lotissement de Porcé : la métairie de La Vecquerie, propriété de la famille Goy, entre 1804 et 1854, qui devint, à force de rachat de parcelle par Alcide Bord, la ferme du Château de Charmilles. Mathieu Goy, (1792 - 1860), ancien capitaine au long cours, avait hérité de la Vecquerie de son Antoine Goy, qui lui-même l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration. Il fut promu maire de Saint-Nazaire du 21 décembre 1830 au 22 octobre 1834, sous décision préfectorale. Mathieu Goy avait hérité La Vecquerie de son père, Antoine Goy, qui l'avait acquise en 1804 à la suite de la liquidation de la succession de Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons.

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    la plage de Porcé vers 1908, Coll. de l'auteur

     

    Henri Moret nous apprend que l'on tenta de créer une sorte de station balnéaire à l'image de ce qui se faisait à La Baule, Saint-Marc, et Sainte-Marguerite, le commanditaire était Alcide Bord. Ces maisons sont toutes construites à partir de 1854-55 sur les dessins de l'architecte nazairien A. Pinguet(3) comme le témoigne une pierre gravée sur l'une de ces villas qui ont toutes le mêmes style, en gré enduits, briques et tuiles mécaniques, garnitures et balcons bois découpés, toutes baptisées de noms floraux : Les Acacias, sur la falaise, dominant la plage près de l'ancien corps de garde transformé en chapelle par l'abbé Créton(4).

     

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    La plage, avec les Acacias, et l'ancien corps de garde devenu chapelle du chanoine
    Coll. de l'auteur
     

    Les Camélias, sur le chemin de La Plage, Les Glycines qui se trouve à côté de l'école et est invisible depuis la rue, et le Château des Charmilles, connu à partir de son achat par monsieur et madame Raffegeau sous le nom de " château de Porcé ". Ce type de lotissements sera encouragé par la propagation des découvertes de Pasteur qui recommandera pour la santé les séjours balnéaires et les bains de mer pris par l'impératrice Eugénie et la reine Victoria.

    Commentaires sur la Guerre des Gaules : Ouvrage d'histoire en sept livres constitué de notes rédigées au fur et à mesure de la guerre par Jules César, et rassemblées vers 52-51 av. J.-C.

    2 cf. Fernand Guériff.

    3 A. Pinguet était collaborateur de l'ingénieur Paul Leferme, il avait construit de nombreuses demeures et immeubles en ville, essentiellement autour de la place Marceau. Il était membre de la Société française pour la conservation des monuments historiques et réfuta quelques-unes des affirmations de Léon Maître en question d'archéologie (lui-même en conflit avec René de Kerviler) en s'appuyant sur les observations du sol nazairien qu'il avait pu faire durant ses chantier (cf. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Nantes en 1886). Il fut vénérable de L'Etoile des Deux-Monde, loge du Grand Orient à Saint-Nazaire.

    4 Alfred-Pierre Créton, né à Saint-Nazaire en 1842, prêtre en 1867, professeur aux petits séminaires de Nantes et de Guérande dont il fut le directeur, puis vicaire à Saint-Similien de Nantes en 1882, aumônier de l'Hôtel Dieu en 1883, curé de Montoir en 1883, curé doyen de la basique de Saint-Nicolas de Nantes en 1891. Il fut pressenti pour devenir évêque de Vannes en mars 1898, mais se fut Amédée-Jean-Baptiste Latieule qui fut nommé à sa place. Quand il possédait la villa des Accacias, le chemin côtier n'existait pas devant la maison. Il avait aussi fait aménager un portail en bois au bord de la falaise avec un escalier muni d'une rampe en fer qui descendait jusqu'aux rochers sur lesquels se trouvait en bout d'un quai en maçonnerie terminé en un belvédère arrondi doté d'une barre d'appuie demi-sphérique en fer. Il n'en reste que des vestiges, dont les premières marches de l'escalier qui s'arrête de nos jours dans le vide.

     

     

    Propriétaires successifs du Château des Charmilles, dit de Port-Cé

    On trouvera dans ces notes les généalogies et biographies des propriétaires privés. (Les prénoms soulignés sont les prénoms usuels).

     

    Première époque, le château des Charmilles, 1854-1909 :

    La famille Bord. D'Alcide à Gustave...

     

    I° Sylvain-Alcide Bord, né le 21 février 1827 à La Chatre dans l'Indre, décédé au Pellerin le 13 octobre 1888, entrepreneur de travaux publiques. Il était le fils d'Etienne Bord, né le 5 septembre 1798 à Lachatre, et décédé en cette même commune le 27 avril 1857, menuisier comme ses ancêtres, et de Jeanne Vaury, née à Aigurande le 1er juin 1807, (elle était encore vivante et domiciliée à La Chatre à la mort de son fils). Ainsi, contrairement à ce qui a été longtemps dit et publié, les Bord sont du Berry, et non du Limousin. Cependant Alcide se maria à Limoges où il était employé des Pont-et-Chaussées en 1851, et ingénieur civil en 1859, et c'est dans cette ville que sont nés deux fils. Il s'installa à Saint-Nazaire avec eux vers 1852-1853, afin de participer à création du port de Saint-Nazaire, où il collabora d’abord avec l’ingénieur Paul Leferme, il y fonde sa propre entreprise de travaux publics maritimes, et se fait promoteur en créant le lotissement de Porcé. A la naissance de sa fille en 1864 il réside à Boulogne-sur-Mer, rue d'Alger, et est déclaré entrepreneur du bassin à flot de cette ville, (chantier commencé en 1858 et achevé en 1868). Il retourne à Saint-Nazaire, et sous la direction de Kerviler, il réalisa les travaux de construction du bassin de Penhouët (où il participa aux fouilles ce qui lui permis de se constituer une collection archéologique, composée d'objets usuels et d'armes en bronze mais aussi de poteries et de bois de cerf), et ceux du site des chantiers de la Loire, de 1875 à 1884. D'après les descendants de ses anciens employés, Acide Bord aurait aussi participé à la construction du canal de Suez, nous n'en avons pas trouvé d'informations à ce sujet, mais son fils Gustave le mentionna plusieurs fois à son entourage d'après d'autres sources, et l'on sait que pour la réalisation du canal de la Basse-Loire, une partie des machines et du matériel employé avait auparavant servi pour la construction du canal de Suez... Les travaux du canal de la Basse-Loire avaient été commencé en 1882 par Alphonse Couvreux qui ne sut pas les achever. Alcide repris le chantier le 14 novembre 1885. La reprise du chantier obligea Alcide à avancer la somme de 500.000 fr, en attendant la liquidation judiciaire de son prédécesseur. Cette avance lui posa des problèmes car les représentants de l'Etat firent traîner le dossier, et c'est sur la menace de licencient de 1.000 ouvriers que les fonds prévus lui furent enfin allouer. On lui fit promesse de lui attribuer la médaille de Légion d'Honneur, mais ne fut jamais décoré. Notons qu'Alcide possédait entre autres six dragues pour la réalisation de ses travaux, fonctionnant jour et nuit, dont les noms étaient : La Châtre, L'Indre, L'Alcide, L'Avesne, La Boulogne, et La Penhoët.

    C'est durant la construction du canal qu'Alcide décéda dans une maison du Pellerin. Son corps fut inhumé à Saint-Nazaire, et c'est René de Kerviler, dont il était l'ami, qui prononça le discours sur sa tombe. La Revue historique de L’Ouest publia : " [...] Travailleur infatigable et d’une sollicitude sans bornes pour les malheureux et les ouvriers qu’il employait, personne ne saurait dire le bien qu’il a su faire pour les pauvres, pour sa famille et ses nombreux amis. "

     

     

    A Saint-Nazaire Alcide était domicilié rue de La Paix, maison où se trouvait le siège de son entreprise dont l'associé était Arsène Nouteau, (ami d'Aristide Briand dont il fut le témoin durant un duel, qui fut conseiller général et dont une rue de S.-N. porte le nom), et qu'il laissa à son fils à son mariage, au profit d'une résidence au 20 rue Mercœur à Nantes, y transportant la raison sociale de son entreprise. A Saint-Nazaire, sa position de notable, sa fortune grandissante, le bruit constant de la ville en construction, mais surtout les épidémies régulières de choléra et de fièvres qui firent plusieurs morts, l'incitent à se faire bâtir une demeure à l'extérieur de la ville, suffisamment éloignée pour en fuir les désagréments, mais suffisamment proche pour revenir rapidement gérer ses affaires en ville. Son choix se porte alors sur Porcé où dont fait l'acquisition en 1854 de la métairie de La Vecquerie qui comprenait tout le vallon, et par la suite de l'ancienne vigne du prieuré acquise àla Révolution par la famille Galliot de Cran.

    L'ensemble du lotissement de Porcé, qui aurait dû devenir une station balnéaire, est à l'image de ce qui se fait encore en 21e siècle, nous entendons par ces termes que les matériaux sont industriels, que rien n'est personnalisés, aucun artisan d'art n'est intervenu, l'architecte ne s'est pas permis des fantaisies particulières. C'étaient des maisons de vacances aux fenêtres toutes orientées vers l'océan. Le château est en réalité une vaste villa second empire dans le style " chalet " alors très en vogue. Les pièces étaient nombreuses, spacieuses, mais pas démesurées, dotées de grandes cheminées de marbre, dont le bord des foyers était garni de carreaux de Delft, figurant des cavaliers. Tout était conçu pour profiter de l'air marin, de la lumière tout en étant abrité du soleil.

     

    A l'origine la maison ne comporte que le corps central, avec sa tour, l'ajout d'une aile à Est, pour recevoir dans un vaste espace de réception, se fait ultérieurement. Cette aile a été construite en deux campagnes. A l'origine elle est un simple pavillon ajouté, sur un niveau plus bas de deux marches, dont la profondeur ne va pas jusqu'au mur de façade du pavillon central, le mur nord était occupé par une grande cheminée. Gustave, le fils d'Alcide, transforma cette partie en la prolongeant en aile en retour avec la suppression de la cheminée, et l'ajout d'une salle de billard au plafond plus haut que le salon, auquel elle était reliée par une arcade rectangulaire. Une fenêtre à meneaux dans l'esprit Renaissance l'éclairait par l'Est. L'ajout de ce billard permis à l'étage la création de la chapelle. Toujours au temps d'Alcide l’aile Ouest, contiguë à la tour, n'existait pas. Il y avait seulement un escalier hors d'oeuvre menant les domestiques depuis le premier étage jusqu'à la cuisine qui était dans une sorte d’appentis en colombages et briques. L'aile en retour à pans coupés est un ajour de Gustave. Par ailleurs, il y avait deux petites fenêtres supplémentaires sur la façade Sud, autour de la fenêtre centrale au premier étage, qui furent supprimées lord de l'ajout de la véranda sur le balcon. Ajoutons que les volets, les lambrequins de toit, et les garde-corps des balcons étaient ajourés en moucheture d'hermine, motif héraldique symbole de la nation bretonne.

     

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    Les Chamilles durant l'hiver 1888-89, détaille d'une photographie réalisée à la demande de Gustave Bord (coll. personnelle.) - 1 cuisine dans appentis en colombages et briques et escalier de service ; 2 conduits de cheminée détruits pour la construction du billard et de la chapelle ; 3 salle à manger ; 4 hall ; 5 petit salon ; 6 grand salon dit " salle des gardes " qui servait de bibliothèque et de salon de musique.

     

    C'est sous l'impulsion de Gustave que de villa, Les Charmilles, se mutèrent en château. La maison était alors faite pour recevoir, avec au rez-de-chaussée un hall d'où part un escalier centrale en bois ouvragé à double évolution, qui se réunissaient à un inter-palier ou se trouvaient à gauche les wc, puis delà repartaient quelques marches vers un second palier menant aux couloirs des chambres ; au rez-de-chaussée donc, vers l'Est un petit salon s'ouvrant sur une loggia, qui fut par la suite vitrée en vitrail géométriques et transformée en salon d'hiver, et un second salon très vaste, nommée « salle des gardes » qui faisait office bibliothèque et billard doté, d'un parquet alors que le reste de la maison était carrelée, avec une porte fenêtre ouvrant sur le parc au sud, le plafond était garni de poutres de bois entre les quelles se trouvaient des lattes posées en chevrons, le premier tiers de la pièce était coupé par une poutre de fonte appuyée sur deux colonnes de fonte, le second tiers était très de sorte de former une alcôve. Vers l'ouest une salle à manger intime, une loggia, qui fut elle aussi vitrée avec des visseries métalliques par le docteur Raffegeau, faisant office de salon d'hiver, une cuisine et son office, à l'étage une dizaine de chambres, une véranda, et luxe extrême en cette période de catholicisme exacerbé, une chapelle, à l'imitation des familles nobles, située à l'angle Nord-Est. On y accédait par quelques marches qui conduisaient à une fusse tribune, on en redescendait pour accéder à la chapelle proprement dite, de forme octogonale avec une voûte en ogive en stuc. Les six chambres des domestiques étaient sous les combles du corps central, l'aile Est était surmontée d'un vaste grenier, l'aile ouest avait une toiture plate. Il y avait des caves en sous-sol n'occupaient que la moité de la largeur, l'accès se faisait depuis la cuisine et depuis le hall, ainsi que par un escalier extérieur sous le pallier de la cuisine à l'Ouest. Comme nous l'avons écrit les matériaux de constructions étaient simples, carreaux de ciments, lambris bas en sapin tinté, dont les moulures n'étaient que des baguettes cloutées formant des rectangles et des losanges, surmonté d'une frise de 10cm ou 15cm de hauteur, constituée de fuseaux de bois tourné, entre deux moulures, derrière lesquels était "collé du cuir rouge" d'après le souvenir d'une ancienne résidente, mais qui devaient être probablement de la moleskine. Le haut des murs étaient tapissés de lincrusta. L'escalier était en chêne, comme les portes du hall et des pièces de réception, traité dans le style breton. Les volets étaient en bois, ou métalliques, balustres et festons en bois blanc découpés mécaniquement, poutres et colonnes de soutènement en fonte, tout est produit de l'industrie, mais la forme générale du bâtiment, avec sa tourelle, ses nombreuses dépendances, et surtout le lieu de son édification, font que cette demeure a un charme unique, qui malgré sa ruine nous laisse encore rêveurs. Le parc est encore agrémenté de cèdres, palmier phénix, une vaste pelouse descend en pente douce vers la mer aboutissant à une maison de plage dotée d'un garage à bateau, les massifs de camélias ont malheureusement disparus (Loti en avait acheté ici pour les offrir à Sarah Bernhardt), ainsi que les nombreux bâtiments annexes. Le domaine était constitué de 22ha de terres qui s'étendait de la route de Vecquerie à la Plage et du chemin de la Plage jusqu'au sous-bois qui constitue l'actuel parc de Porcé. La propriété comportait plusieurs portails, le principal se trouve encore en 2012 sur la rue de La Vecquerie, entre le blockhaus-tour et l'école Ferdinand Buisson, il porte à son sommet les initiales B et V, pour "Bord" et "des Vallières", ce portail d'honneur est en fait sur une parcelle séparée du parc du château, (ancienne vigne du Prieuré) ; le chemin de Porcé passe en effet à cet endroit, Alcide Bord chercha à annexer cette partie du chemin communal mais ce chemin existaient depuis bien avant la Révolution, après de nombreuses querelles il dut abandonné son projet. Depuis le portail d'honneur on accédait dont à un second portail ouvrant sur le sommet du parc, un autre portail en fer forgé, plus modeste se trouve le long du chemin de la plage, enfin un simple portail de bois fait face à la plage, l'ensemble de la propriété était clôturé de grillages et de haie, sauf au nord le long du chemin de Porcé où il était bordé d'un mur de pierres. En dehors du château proprement dit il y avait donc de nombreuses dépendances : des écuries construites à l'ouest à peu près à l'emplacement du gymnase, un atelier en haut du chemin de la plage, une maison de gardien près de l'école Ferdinand Buisson, une autre belle maison plus tard baptisée Pornichette à l'emplacement de l'école, et bien sûr la ferme de La Vecquerie à l'emplacement du collège composée d'une maison d'habitation, d'une grange et d'un corps de bâtiment pour les animaux. Le parc était agrémenté de vases en fonte, de quelques statues, d'un colombier en bois, (simple nichoir au sommé d'un poteau entre l'aile Ouest et le chemin de La Plage), et planté d'arbres exotiques alors à la mode, dont il reste encore quelques spécimens : cèdres de l'atlas, et plusieurs espèces de palmiers qui ont mal survécu à l'étouffement provoqué par la prolifération des frênes. À propos de ces palmiers, Léon Maître, (1840-1926), historien qui dirigea les archives départementales de Loire-Inférieure à Nantes, ami de Gustave Bord, qui séjourna plusieurs fois au château, parle des " charmes de ce coin de serre qu'on nomme l'anse de Porcé ", dans son ouvrage " Guérande et la contrée guérandaise ".

     

    Alcide Bord était employé des Pont et chaussées quand il épousa à Limoges la fille de sa voisine de la rue Manigne où il résidait alors, (son oncle, Silvain Bujardet, époux de Jeanne-Adélaïde Vaury, y était entrepreneur, et fut son témoin de mariage). Le 24 février 1851, il épousa donc Marie-Joséphine Sazerat, née le 3 juin 1831 au hameau du Plantadis, à Nexon (Haute-Vienne), décédée à Nantes le 4 avril 1890, fille de Jacques, dit Louis, Sazerat, (Limoges 5 avril 1805 (15 germinal an XIII) - Nexon 9 mars 1837), propriétaire (d'une ferme à Nexon et en parti d'un immeuble à Limoges rue Manigne), et de Charlotte, dite Caroline, Cacatte, née à Limoge le 15 août 1808, décédée en octobre 1891 à Rome, fille de Jean-Baptiste Cacatte, fabricant de porcelaine, et de Suzane Sazerat. (Les Sazerat sont d'une très anciennes famille d’apothicaires et de porcelainiers ayant des ascendances nobles ; Sazerat est aussi le nom d'un des hameaux de Nexon). Un acte de consentement au mariage passé devant notaire maître Vacher à la Châtre par Etienne Bord et Jeanne Vaury le 30 janvier 1851, Alcide avait justifié de la sa libération du recrutement, et le contrat de mariage fut signé le 3 février 1851 à Limoges, chez maître Dupeytren. De cette union naquirent :

    1° Jean-Baptiste-Gustave Bord, qui suit ;

    2° Jean-Marie-Louis Bord, né à Limoge le 21 mai 1859, déclaré le lendemain, mort à Saint-Nazaire au domicile de ses parents rue de La Paix le 22 septembre 1879 ;

    3° Louise-Eulalie-Jeanne Bord, née à Boulogne-sur-Mer le 5 février 1864, le mariée civilement le 15 novembre 1884, Paris 9e, religieusement le 17 novembre, en l'église Notre Dame de Lorette à Paris, par l'abbé Auguste Touchet, avec Octave-Marie Fidière des Prinveaux, né à Versailles le 3 mai 1855, décédé à Pau le 2 mai 1904, fils d'Ernest-Louis Fidière des Prinveaux, juge d'instruction au tribunal civil de Versailles, et de Marie Lefebvre des Vallières, cousin germain de sa belle-sœur Dolorès Lefebvre-Desvallières. L'union figure dans une notice de l'Annuaire de la noblesse de France et d'Europe de 1886. Il avait fait des études de droit, et s'était adonné un temps  la peinture. Au moment de son mariage, Octave était attaché de 4e classe à la conservation du musée du Luxembourg, critique d'art, et fit la monographies du sculpteur Chapu. En 1899 il fut employé à la banque Internationale, puis devint en 1901 directeur de la Revue illustrée, mais malade, il dut abandonner cet emploi en mars 1904 ; parmi les témoins du mariage citons : Ernest Legouvé, dramaturge, académicien, (il est aussi le grand-père maternel de l'épouse du peintre George Desvallières), Louis de Ronchaud, directeur des Musées Nationaux, et Charles d'Héricault dont nous allons reparler. Le couple eut deux enfant, Bertrand, dont on ne sait rien, probablement mort jeune, et Anne-Marie qui épousa en 1914 André Bourdet, conseiller général du Loiret, qui laissa un fils, François Bourdet, qui n'eut pas d'enfant. Jeanne Bord décéda le 22 janvier 1960 en son domicile du 122 rue de Grenelle à Paris 7. Le peintre George Desvallières, cousin de son époux, avait réalisé son portrait, perdu depuis, dont il reste une esquisse.

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    signature d'Alcide Bord

     

    Au cours de l'hiver 1877-78, Marie-Joséphine Bord se rendit chez le sculpteur nazairien Alfred Caravaniez dans son atelier de la rue du Dolmen, qui était en réalité une serre (une autre version de l'histoire dit qu'elle envoya en fait Gustave mais il semble bien que c'est elle qui fit la visite). Caravaniez n'avait pas les moyens de payer de quoi se chauffer, ni de rémunérer un modèle. Il posait nu devant un miroir pour l'une de ses œuvres quand madame Bord débarqua ! Elle lui versa une pension à titre de mécénat, incita son époux à faire pression sur le conseil municipal pour qu'une bourse d'études lui soit versée, et avec l'aide de son fils l'introduit dans le milieu royaliste, ce qui lui procura des commandes.

     

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    Le château au temps de Gustave Bord, vers 1905. Coll. de l'auteur.

     
    II° Jean-Baptiste-Gustave Bord, né le 26 janvier 1852 à Limoges, décédé le 21 avril 1934 à Saint-Malo. Sans profession au moment de son mariage et à la naissance de ses deux fils, il était un érudit, passionné de mathématique, de musique qui devient historien spécialisé sur la période révolutionnaire. Dès l’adolescence il commença à collectionner les vestiges archéologiques, les livres rares, les manuscrit et autographes, les œuvres d'art. Son contrat de mariage dont nous reparlerons plus bas, donne une idée de sa précocité et de ses centres d’intérêt. 
    Royaliste légitimiste, il fut un intime et représentant du comte de Chambord, et intime de la demi-sœur de ce prince, Louise-Charlotte-Marie de Bourbon (1809-1891), par son mariage baronne de Charette, qui fut par son intermédiaire mécène de Caravaniez. Le comte de Chambord l'autorisa à porter le chef de France dans ses armoiries qui se blasonnent : d'argent à deux plumes d'écrivain au naturel, passées en sautoir ; au chef d'azur chargé de trois lys d'or. Devise : FERIR POUR GUARIR, ce qui signifie en vieux français : Frapper pour défendre.

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    Ex-Libris de Gustave Bord, collection L.O.M.

    Il fut l'un des cinq membres du Parti monarchiste autorisés à assister aux obsèques du comte de Chambord en 1883, et rédigea l'Acte d’adhésion au comte de Paris, (retouché et présenté par le baron de Lareinty). Il fonda un comité royaliste cantonal à Saint-Nazaire, et devient conseiller municipal de Saint-Nazaire de 1885 à 1889. De catholique fervent il devint fanatique, totalement antirépublicain, persuadé de la culpabilité des loges maçonniques dans la Révolution de 1789, qu'il accusa d'être " une secte religieuse matérialiste ", et il participa à répandre aussi une stupide et infamante légende qui prétendait que le comte de Chambord aurait été tué à l'aide de poudre de diamant par les francs-maçons ! 

     

    La reprise du chantier de la Basse-Loire : 

    Au décès d'Alcide Bord, le chantier du canal de la Basse-Loire n'était toujours pas achevé. En novembre 1888 Gustave proposa au Préfet de poursuivre les travaux, mais il néglige totalement le chantier qui accumule alors les retards, les malfaçons, et les malversations. Un incident fit éclater le scandale : trois ouvriers furent surpris à bord de la drague La Châtre entrain de jeter à l'eau de l'huile d'éclairage dans le but de faire croire à une consommation plus grande et à des heures supplémentaires de nuit. L'ingénieur Charron qui depuis plus de vingt-ans est chargé par les Ponts et Chaussées d'inspecter les chantiers, réclama le renvoi des coupables. Gustave s'y opposa car il manquait de personnel qualifier. L'affaire remonta jusqu'au préfet qui exigea la mise à la porte. Ce fut le début d'une surveillance permanente motivée par le désir de se débarrasser de Gustave. Paul Joly, l'ingénieur en chef chargé du service de la navigation de la Loire depuis 1854, dans une lettre du 11 décembre 1890 adressée au préfet écrit : " Il ne faut pas chercher dans ces récriminations, qu’un nouveau prétexte pour se débarrasser d’une entreprise devenue très onéreuse entre ses mains, et qu’il ne nous paraît pas en état de mener à sa bonne fin ". Le Préfet mis Gustave en demeure de terminer les travaux pour la fin de l’année 1891, ce qui lui était impossible. Le Ministre somma le Préfet d'en finir. Ce dernier décida le 12 juin 1891 de retirer à Paul Joly la direction qui fut remise aux ingénieurs Charron, Babin, et au conducteur Bechtold. Il fit aussi appliquer la mise en régie de l’entreprise Bord. Il y eu des accusations de fraude sur le cubage des pierres extraites des carrières, des contestations sur le volume des vases réellement draguées, et surtout le reproche d'un dépassement du budget annuel alloué et du retard important sur la date de mise en service prévue. Le 15 juin 1891 les Pont et Chaussées prirent possession du chantier et du matériel présent. La gendarmerie dut intervenir car les ouvriers, inquiétés de leur devenir, se révoltèrent. Gustave Bord demanda une indemnisation de 24.000.000 fr à l'Etat, qui lui versa 17.925.829,20 fr. Gustave entra en conflit avec l'Etat au sujet du montant du rachat du matériel. Ses experts évaluaient celui-ci à une valeur de 2.480.796 fr, les Ponts et Chaussées donnèrent une estimation de 1.337.976,45 fr. Le Préfet rendit deux rapports, les 18 juin et 17 juillet 1894, dans lesquels il attaqua Gustave avec messieurs Dinet et Monmerqué. Gustave demanda révision d'expertise auprès du Conseil de la préfecture le 27 octobre 1894. Finalement le Conseil d’Etat débouta Gustave le 26 décembre 1897. Les ingénieurs et hommes d'état d'alors étant presque tous des francs-maçons avéré, Gustave vit là une connivence de la part d'un groupe que ses opinons religieuses rejetait.

    De leur côté les ouvriers virent leurs salaires fortement diminués car l'on jugea qu'Alcide, puis Gustave, les payaient trop. Le canal fut mis en service le 1er septembre 1892. La société de travaux publics Bord fut liquidée. (Cf. Jean-Luc Ricordeau, " Des hommes et un canal ", Société des historiens du Pays de Retz, juillet 2010.)

     

     

    Train de vie et écriture :

     

    L'affaire du canal n'empêcha pas Gustave de continuer à vivre sur un grand pied, en dépensant sans compter et en gérant très mal ses avoirs. Il devint membre de l'Union des yachts français en 1895, suite à son acquisition en juillet d'une goélette vapeur à hélice et coque d'acier, " Olivia ", qu'il rebaptisée " Lola ", (lettres sémaphoriques : MRVD - Port de Saint-Nazaire- construite en 1883 à Glasgow par A. & J. Inglis - tonnage 105 - longueur totale 35 m - bau : 4,35 m - creux : 2,90 m -tirage d'eau 1,5 m ; 100 chevaux), et fit enregistrer comme guidon : d'azur à la bande de gueules, accompagnée de deux lions d'or.

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     Guidon de navigation de Gustave Bord

     

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    La Lola en 1898, le capitaine en était alors Fardel, qui avait succédé en avril au capitaine Tual, (coll. particulière)
     
     
    La famille Bord fit de nombreuses croisières à bord de ce yacht, accompagné par le couple Des Prinveaux-Bord et les cousins Des Vallières, notamment sur les côtes espagnoles et portugaises. Gustave Bord fut le premier (ou le second ?) nazairien à posséder une voiture.

    Il avait fondé en 1883 avec l'orléaniste Charles d'Héricault de La Revue de la Révolution, qu'il dirigea jusqu'en 1890, où il signa des article sous le pseudonyme de " vicomte B. d'Agours "(cf. sa fiche à la BNF). Il écrivit aussi des articles dans Le Correspondant, L'Éclair, collabora à L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux dont le créateur était son ami, et à partir de 1912 dans la Revue internationale des sociétés secrètes, ou encore La revue bleue. En parallèle il fut l'auteur entre autres de : 

     

    • Saint-Nazaire sous la Révolution, 1789-1790 ; Saint-Nazaire, Frédéric Girard imprimeur, 1881 ;
    •  La Prise de la Bastille, conséquences de cet événement dans les provinces jusqu'aux journées des 5 et 6 octobre 1789, Paris, Champion, 1882 ;
    • Le combat du 13 prairial an II et La légende du vengeur, Nantes Imprimerie Vincent Forest et Emile Grimaud, 1883.
    • Un épisode de l'histoire de Saint-Nazaire : les pilotes de Saint-Nazaire en 1791 ; Saint-Nazaire, Girard imprimeur, 1883 ;
    • La vérité sur la condamnation de Louis XVI : liste des membres de la Convention et de leurs suppléants, Paris, A. Sauton, éditeur. 1885 ;
    • Napoléon et ses derniers historiens, 1887.
    • Histoire du blé en France : Le pacte de famine, histoire-légende, Paris, A. Sauton, 1887 ;
    • La France moderne et l'ancien régime, Vannes, E. Lafolye, 1888 ;
    • Catalogue d'une collection importante sur la Révolution Française & L'Empire : histoire, mémoires, pamphlets, journaux, bibliographie, beaux-arts, etc., provenant de la collection de Gustave Bord, Paris, Vve. A Foulard, 1904 ;
    • La fin de deux légendes : l'affaire Léonard, le baron de Batz, Paris, H. Daragon 1909 ;
    • La conspiration révolutionnaire de 1789, les complices, les victimes, Paris, Bibliothèque d'histoire moderne, 1909 :
    • Rosinat Stoltz, Paris, H. Daragon, 1909 ;
    • La franc-maçonnerie en France des origines à 1815Tome 1er. Les ouvriers de l'idée révolutionnaire (1688-1771) ; Nouvelles Librairie nationale, Paris, 1909, (qui se voulait être une liste brûlot des loges maçonniques, mais qui est devenu malgré lui un outil de recherche pour les francs-maçons !) ;
    • Les inondations du bassin de la Seine, 1658-1910, Paris, chez l'Auteur, 1910 ;
    • Le Dauphin, Paris, E. Paul, 1911 ;
    • Étude sur la question Louis XVII – Autour du Temple (1792-1795)III Pièces justificatives, Paris, Émile-Paul, 1912 ;
    • Autour du Temple (1792-1795), (4 tomes), Paris : Emile-Paul, 1912 ;
    • Législation des grains ;
    • Changements apportés aux noms de villes pendant la Révolution ;
    • Histoire de l'épiscopat français ;
    • Une émeute à Saint Nazaire en 1791 ;
    • Lendemain de Révolution ;
    • L'histoire de la Révolution et la méthode de M. Aulard, Paris, Émile-Paul, 1914
    • Grandes et petites légendes, Saint-Nazaire, Imprimerie du Courrier de Saint-Nazaire, 1930.
    • La maison du "dix-huit brumaire ", Paris, Editions Neptune, 1930, en collaboration avec L. Bigard.

    sous le pseudonyme de Vicomte B. d'Agours :

    • Documents inédits pour servir à l'histoire des soulèvements de Mars 1793 dans le département de La Vendée, Frédéric Girard imprimeur à Saint-Nazaire, 1883 ;

    et fit éditer et annota :

    • Le patriote Bournonville, 1791-1792 : documents inédits pour servir à l'histoire de la révolution à Saint-Nazaire, Saint-Nazaire, F. Girard imprimeur, 1881 ;
    • Mes trois mois de prison dans la Vendée : mémoires d'un capitaine des volontaires de Sillé-le-Guillaume envoyé en Vendée en 1793, Nantes, Vincent Forest et Emile Grimaud, 1882 ;
    • Documents pour servir à l'histoire de la Révolution Française, en collaboration avec Charles d'Héricault, Paris, A. Saudron, 1885 ;
    • Notes sur les tribunaux criminels sous le directoire, d'après des documents inédits recueillis et annotés, Nantes, imprimerie Bourgeois, 1882 ;
    • Papiers du comte Molé, 1887.

    La majorité de ses publications le furent à compte d'auteur, et sa revue ne lui rapporta jamais d'argent. Gustave dépensa sans compter durant des années pour ses publications et pour l'achats de manuscrits et d'objets pour ses nombreuses collections. Si ces publications furent traitée avec exactitude, elles sont cependant dans un style laborieux.Déjà de son vivant les critiques s'en plaignaient, comme la Revue bleue, qui en 1909 à propos de Rosinat Stoltz dit : " Gustave bord écrit avec une pittoresque audace, dont son style incorrect est çà et là comme relevé ".

    Sa correspondance d'entre 1882 à 1932, tombée dans des mains étrangères, a été vendue en salle des ventes à Paris en 2005, elle comprenait des échanges avec les historiens Léon de La Sicotière, Henri Wallon, le marquis de Lescure, Alphonse Aulard, les écrivains et critiques littéraire Hippolyte Babou et Edmond Biré, Gustave Desnoiresterres, Georges Montorgueil fondateur de L'intermédiaire des chercheurs et des curieux, Henri Lavedan, l'avocat Claudio Jannet auteur antimaçonique, imprimeur-éditeur parisien, mais aussi le recteur de l'Institut Catholique de Paris monseigneur Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst, l'abbé Augustin Jouin.

    Gustave était l'ami de l'historien et sociologue Augustin Cochin, qui étudia et analysa la période révolutionnaire ainsi que la franc-maçonnerie, sans pour autant y voir dans cette dernière, comme Gustave, un groupe désireux de nuire à la monarchie. Cochin lui présenta l'historien et écrivain Jean de Pange. D'après De Pange, Gustave était " entouré de mystères ", et avait une personnalité "gaie et affable ".

    Par ailleurs passionné de théâtre, il était lié au bibliophile Auguste Rondel (1858-1934), qui avait acquis auprès de lui deux manuscrits reliés aujourd'hui à la BNF, concernant deux actricesdu 18e siècle, Mademoiselle Montansier, et Julie Talma 

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    signature de Gustave Bord

     

    Mariage, descendance et fin de vie :

     

    Gustave Bord épousa à Saint-Nazaire le 26 juillet 1880 Jeanne-Dolorès Lefebvre-Desvallières, dite des Vallières, et surnommée Lola, née le 13 août 1860 à Ville d'Avray, (anciennement en Yvelines, aujourd'hui en Haut de Seine), décédée en 1918 à Rabat (Maroc), fille d'Anatole-Marie Lefebvre-Desvallières, (né en 1838), alors receveur particulier des finances à Saint Nazaire, et de Luisa-Prospera-Francesca de Barberia, dite Louise, (1835-1917). Elle eut pour témoins son oncle paternel Ernest-Louis-Prosper Lefebvre-Desvallières, et pour second témoin son cousin germain par filiation paternelle Octave-Marie Fidière des Prinveaux. Un contrat de mariage, négocié par les mères, fut signé chez les parents de la promise, rue du Croisic, devant maître Georges Le Besque, notaire à Saint-Nazaire. Les Bord donnèrent à leur fils 30.000 fr le jour de son mariage, et la promesse du versement sur une période de huit ans de la sommes de 100.000 fr placée à 5% d’intérêt, en biens propre Gustave apportait 100.000 fr en argent comptant, une bibliothèque dont les volumes concernaient les sciences, belles-lettres, littérature et histoires et comprenait des manuscrits et autographes, estimée avec les meubles à 40.000 fr, une collection d'armes, statues, bronzes (dont des bols antiques provenant des fouilles de Penhoüet), tableaux, estimé à 5.000 fr, le mobilier d'une chambre à coucher en noyer ciré estimé à 3.000 fr, pour 4.000 fr de vêtements, linge de maison et argenterie, un cheval de selle estimé 2.000 fr, avec son équipement à 1.000 fr. Dolorès apporta un trousseau d'une valeur de 16.000 fr, (habits, vêtements, linges et effets à son usage personnel 3.000 fr ; bijoux, châles, dentelles : 10.000 fr ; piano à queue 3.000 fr), 10.000 fr le jour du mariage, et une rente annuelle de 2.500 fr payable par trimestres avec réserve de versement du capitale d'une valeur de 50.000 fr. Les sommes, (à l’exception des 3.000 fr de la mariée et de son trousseau), devaient revenir aux familles en cas de décès sans enfants. La communauté était réduite aux acquêts, en cas de séparation, Dolorès avait la possibilité de récupérer sa dote et de garder tout ce qu'elle aurait hérité ou reçu durant l'union, ce point la sauvera de la ruine en 1907 quand elle se sépara de Gustave. (En comparaison un ouvrier travaillant 15 heures par jour, 6 jours par semaine, pouvait espérer un mieux un salaire annuel de 1.450 fr, et une ouvrière 700 fr).

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    Signatures du contrat de mariage du 24 juillet 1880. On distingue : Dolorès des Vallières, Gustave Bord, Louisa des Vallières, Louis Sazerat (tante maternelle de Gustave), Alcide Bord et Josephine Bord, Caroline Sazera (grand-mère maternelle qui précède son nom de " veuve"), Anatole des Vallières, Jeanne des Vallières (sœur de Dolorès), Jeanne Bord (sœur de Gustave), une signature illisible et celle du notaire.

     

    Le mariage religieux fut célébré en l'église Saint-Nazaire le 26 juillet 1880 par le parisien abbé Auguste Touchet, Gustave fit publier en 1885 son allocution, avec celle que le même avait fait au mariage de sa sœur Jeanne, en 1884. Ils se domicilièrent à Saint-Nazaire rue de La Paix dans la maison des Bord, où naquirent :

    1. Henri-Louis-Georges Bord, né le 30 avril 1881, bachelier, vivant avec sa mère à partir de 1907 jusqu'en 1910, il demanda par publication au Journal officiel du 20 octobre 1908 à prendre le nom de " Bord de Pierrefitte " ce qui lui sera refusé. Il prit un logement en 1910 Paris, 1 square Alboni, mais il rejoignit sa mère à Rabat au Maroc, et vivait chez elle à la déclaration de guerre. Le 4 août 1914, il rejoignit la Compagnie Territoriale de la Région de Rabat et fut ensuite affecté à la Subdivision de Fez le 1er avril 1916 et fut décorer de la médaille Coloniale du Maroc, et reçu le titre d'entreposeur de tabacs (Décision 2701 du 22 avril 1917 du Général Commandant la Subdivision de Fez). Au décès de Dolorès il continua des résider au Maroc jusqu'à sa complète démobilisation en mars 1919, il regagna alors son adresse parisienne. Il hérita de sa mère le château de Bon Don, près de Vannes que celle-ci, séparée de son époux, avait acquis en 1909. Il ne contracta jamais d'alliance. Absent des annuaires mondains à partir de 1930, Le Figaro le cite présent à des conférences artistiques et des après-midis musicales à Paris entre 1932 et 1933 ; il fut le seul membre de la famille assistant aux obsèques de Gustave en 1934 ; il serait mort en 1941 au Maroc ;
    2. Henri-Sylvain-Jacques Bord, né à Saint-Nazaire le 6 août 1882, vivant avec sa mère à partir de 1907, il figure dans les annuaire mondains de cette époque sous le nom de Bord de Pierrefitte, mais c'est sous celui de Bord, que vivant, depuis 1913, 14 rue de Tocqueville à Paris, et déclaré comme " homme de lettres" de profession, qu'il se maria à Versailles le 5 mars 1915 avec Lucrèce Protopopesco, née le 29 octobre 1884 à Roman, județ de Neamț, circonscription de Moldavie, en Roumanie, déclarée dans l'acte comme vivant 71 avenue de Wagram à Paris, sans profession, fille de de Vasili et Lucrèce Protopopesco, tous deux décédés (elle soutient à Paris une thèse le 7 décembre 1928 sur " L'action du clorhydrate de la semicarbazide sur l'anhydride dinitronaphtalique ", et semble être ensuite retournée en Roumanie) ; le jour de leur union, Jacques déclara reconnaître comme sienne la fille que son épouse avait eu, Irène Protopopesco, née le 27 mars 1902 à Roman en Roumanie ; ce mariage, contracté sans contrat, fut annulé par jugement du tribunal civil de la Seine le 22 avril 1922. Durant la Première guerre mondiale, il est nommé brigadier, (25 octobre 1914), est affecté à l'équipe des bombardiers du 3ème Corps d'Armée le 5 mars 1915, passa au 59ème Régiment d'Artillerie le 2 juin 1915, puis 83ème d'Artillerie le 14 jan 1916, passa le brevet de pilote d'avion lourd (n°5336) le 19 mars 1917 (confirmé / Comité Départemental de la Seine le 6 décembre 1937 - Rayé du personnel navigant de l'Aéronautique le 13 mai 1927), il est nommé sergent le 2 septembre 1917. Retourné à Paris, il retourne au Maroc à Meknès où il travaille à l'Entrepôt des Tabacs jusqu'à son établissement en octobre 1923 9 rue Fanny Pecot à Nantes, il fut alors employé comme inspecteur par la société la Société foncière du Nord, et l'était encore quand il tua par accidentellement en août 1929 Juliette Loisel, une enfant de trois ans qui échappa à sa mère et traversa devant son automobile à proximité du village de Bel-Air en Miniac-Morvan (35). C'est sur présentation d'un acte de réputation au nom de Bord de Pierrefitte qu'il justifie de son identité quand il reconnait le 7 septembre 1926 comme son fils Philippe-Jacques-Gabriel Garnier, né à Paris 8e le 28 août 1926, qu'il eu Gabrielle-Anne Garnier ; Philippe-Jacques-Gabriel Bord de Pierrefitte, décorateur, se maria le 20 octobre 1949 à Marseille avec Régine-Mathilde-Alphonsine Guillermain, née le 21 novembre 1923 à Marseille, décédée le 18 novembre 2013 à Merseille ; Philippe décéda le 10 décembre 1955 à Paris 12e sous le nom Bort de Pierrefitte. Jacques parti vivre au Maroc avec son fils et sa concubine durant quatre années et était déclaré en 1937 domicilié à Paris 36 rue de l'Abbé Groult (15e). C'est toujours sur présentation de son acte de réputation que Jacques se remaria sous le nom Bord de Pierrefitte à Marseille le 28 septembre 1940, suivant contrat de mariage du 14 septembre chez maître Cachia, notaire à Marseille, avec Gabrielle-Anne Garnier, née le 8 décembre 1899 à Salon-de-Provence, décédée à Marseille le 20 décembre 1982, fille de Raymond Garnier et de Jeanne Joséphine Magdeleine Lugeyre, mère de son fils, légitimé de fait par ce mariage ; Jacques était alors agent général de L'Illustration et résidait 448 rue Paradis. Il décéda sous le patronymique Bord de Pierrefitte le 22 janvier 1971, en son domicile du 153 boulevard Chave à Marseille. Il n'eut pas au contraire de son frère de vie mondaine. On ignore s'il eut d'autres enfants, ni quelles furent ses publications littéraires. A la fin de s vie une tumeur lui avait perdre l’œil droit et portait donc, comme son père un œil de verre.

    A la naissance de ses fils, Gustave se déclara sans profession.

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     Dolorès Bord en 1917 à Rabat, détail d'un portrait par Jean de Gaigneron, (coll. privée).

     

    En 1897 Gustave Bord fit publier dans l'Annuaire des châteaux, qu'il résidait au château des Charmilles à Saint-Nazaire, et au 55 avenue des Champs Élysées à Paris, à l'angle de la rue de La Boétie, en 1899 son adresse parisienne change pour le 60 rue de Londres, face au pont de l'Europe, puis en 1907 le couple et leurs fils résident au 145 rue de La Pompe dans le quartier de l'Etoile, il n'est pas propriétaire de ses logements parisiens, l'immeuble de la rue de La Pompe appartient à la Compagnie d'assurance sur la Vie.

     

    Le château des Charmilles était meublé avec goût, même si les meubles acquis par le couple Gustave-Dolorès étaient de facture industrielle dans le style " néo-Louis-XIII " alors en vogue, en noyer, très coûteux à l'achat, sans une valeur marchande particulière de nos jours. (Ce mobilier fut vendu avec la maison au Raffeageau, le dressoir de la salle à manger ainsi que la table ronde et ses chaises sont toujours à Saint-Nazaire chez des propriétaires différents. Les chaises portent sur le cuir de leur dossier les lettres BV enlacés, pour Bord-Vallières). Gustave était lui un collectionneur, instruments de musique, objets d'art et de curiosités de la fin du 18e siècle s'entassent dans les pièces du château, et surtout il possédait une importante bibliothèque et une collection réputée de manuscrits révolutionnaires. Son appartement parisien comportait une vaste bibliothèque où il recevait. Ajoutons qu'en 1903, George Desvallières, fit le portrait de Dolorès sous le titre de " Portrait de madame Dolorès G. Bord ". Dans ce portrait en pied, sa cousine figurait dans une toilette très élégante avec une cape d'hermine. Dolorès en fit don à sa sœur Jeanne-Marie des Vallières, (Ville d'Avray 26 septembre 1863 - Paris 29 octobre 1924), épouse d'Albert-Louis Blondel. Transmis ensuite à des nièces par alliance, la toile est malheureusement amputée dans les années 1980 afin d'entrer dans un appartement moderne, passant des dimensions 110 x 80 cm, 43 x 31 in., à​ 75 x 61 cm, 30 x 24 in.​, (cf. Ambroselli de Bayser, Catherine, avec la collaboration de Thomas Lequeu et Priscilla Hornus, George Desvallières, Catalogue raisonné de l'œuvre complet, Paris : Somogy éditions d'art, décembre 2015. T II, p. 171, CR 828).

     

    En juillet 1905 Gustave perdit l'œil droit suite à l'apparition d'une tumeur (son fils Jacques connu le même sort). Cette maladie ne l'empêcha pas de poursuivit plus ardemment ses activités littéraires, politiques, et antimaçonnique. Gustave perdit peu à peu le bon sens et la raison, il devint totalement fanatique, persuadé d'un complot perpétuel de la franc-maçonnerie contre le Roi, l'Eglise et la France sa fille aînée. La loi de 1905 qui sépare l'Eglise et l'Etat, la réforme des congrégations qui entraîna l'exil de millier de religieux, et surtout les inventaires des églises qui furent l'objet d'affrontements entre gendarmes et paroissiens, finissent de le conforter dans sa paranoïa, il associa dans son esprit la République et franc-maçon, au point d'affirmer que si l'on supprimait le principe d'égalité les loges-maçonniques disparaîtraient, le tout soutenu par de longues théorisations alambiquées nourries des écrits d'Augustin Barruel. C'est aussi en 1905 qu'il se retrouve en faillite en raison de ses dépenses somptuaires et de désintéressement à se constituer des revenus. Il fut contraint le 18 avril de céder la Lola à son agente change parisien, H. Lestiboudois, qui revendit le 29 avril 1907 à Southampton pour compensation des dettes.

    Gustave Bord et son épouse laissèrent à Saint-Nazaire l'image des personnes généreuses. Gustave fit de nombreux dons pour financer la construction de l'église Saint-Gohard que fit édifier l'abbé Hamel. En 1897, à la création de la salle 6 de l'Hôpital, dite salle Sainte-Anne, il donna 5.000fr et paya le mobilier. 

     

     En 1907, Gustave qui passait pour l'un des hommes les plus riches du canton de puis la mort d'Alcide en 1888, et pour " le milliardaire de la famille " pour les cousins de son épouse, se trouva ruiné. Il était réputé affable, mais en privé il devint plus en plus violant et instable psychiquement. Sa femme partit avec leurs enfants, et obtint la séparation afin de sauver ce qui reste de sa fortune personnelle, comme le lui permettait le contrat de mariage signé en 1880. Elle prit dans le monde le nom de Bord de Pierrefitte, que reprirent ses fils, au grand étonnement des nazairiens et parisiens qui la recroisèrent plus tard. Elle se domicilia avec ses enfants en 1909 au château de Bon Don à Vannes, un logis renaissance qui fut le siège d’un couvent de carmes fondé par le duc Jean V, et conserve la location du 145 rue de la Pompe à Paris. Pour payer les créanciers, Gustave céda à bas prix ses biens immobiliers à Saint-Nazaire, ses collections d'objets d'arts, ses papiers et autographes révolutionnaires, ses livres... Le contenu de sa bibliothèque et ses archives furent achetés par la marquise de Mac Mahon pour passer ensuite aux mains du collectionneur et historien Henri Parguez et enfin à l'Université de Princeton, (USA - New Jersey). Identifiée comme Collection Gustave Bord, elle comporte des livres, de la correspondance, des documents juridiques, des cahiers et des notes sur l'histoire de la France, sur une période allant de 1626 à 1877. Si le ce fond est surtout constitué de document ayant attrait à la Révolution française, il comprend un grand nombre de volumes de poésies du 19e siècle, des livres concernant les Pont-et-Chaussées ayant appartenu à Alcide, et les papiers de historiques de la famille Bord quand elle résidait à La Châtre. Une partie du mobilier archéologique récolté par son père entra dans les collections du musée Dobrée.

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    Médaille commémorative de la Fête de la fédération du 14 juillet 1790 incorporée dans une horloge de bureau, seule pièce de la collection de Gustave Bord à avoir été conservée.

     

     

    Les Charmilles furent acquises en 1907 par le docteur Raffegeau, médecin spécialisé dans le traitement de la dépression et des troubles psychiatriques, qui depuis de nombreuses années habitait une partie de la l'année à Balz, (voir seconde partie).

     

    A partir de 1908, Gustave n’apparut plus dans les annuaires mondains. Il fut fortement éprouvé par sa faillite, il troua réconfort et subsides auprès de sa tante Louise-Charotte Sazerat qui vivait à Saint-Nazaire, comme en témoigne la dédicace de son livre " La Franc-maçonnerie en France " paru cette année-là.

     

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    Dans l'acte de mariage de son fils Jacques le 5 mars 1915, Gustave est déclaré domicilié 19 boulevard Berthier à Paris, Dolorès domiciliée à Rabat au Maroc. Par la suite, la guerre et la dévaluation du Franc ayant fini de lui faire perdre ses derniers revenus, et malgré l'héritage que lui a laissé sa tante Louise-Charlotte Salzerat, Gustave s'établit à Saint-Malo où on lui avait offert le poste de professeur d'histoire à un collège libre, occupant un modeste appartement 2 rue Sainte-Marguerite, dans la ville close, ce fut sont dernier domicile. L'Académie Française lui versa une maigre subvention durant quelques années afin de continuer ses travaux historiques, il fut aussi aidé épisodiquement par Georges Montorgueil, et il contribua ponctuellement au journal Le Salut : Gazette de Bretagne. On ne reparla de lui à Saint-Nazaire qu'à la suite de la publication dans la presse d'une lettre qu'il avait adressé le 6 avril 1926 au Courrier de Saint-Nazaire. En mars précédent le Conseil d'administration de l'hôpital avait fait retirer les crucifix qui se trouvaient dans les salles. Gustave Bord fit rappeler qu'il avait payé un crucifix ainsi que tout l'aménagement de la salle 6 et que l'hôpital s'était alors engagé à respecter la présence du Christ en croix qui s'y trouvait. Le Conseil fit remettre le crucifix qui resta en place dans la salle 6 jusqu'à la destruction de l'hôpital durant les bombardements. Une nouvelle publication en 1930 financée par Le Courrier de Saint-Nazaire et publié par lui par son imprimerie, " Grandes et petites légendes "passa localement inaperçue, car presque non-concernant la Bretagne, et absolument pas Saint-Nazaire. La quatrième page de couverture de ce livre comporte la mention de onze publications majeures de Gustave, mais à l’exception de quatre, elles sont indiquées comme étant épuisées, y compris son livre sur la Franc-Maçonnerie. Gustave ne touchait presque plus de droits d'auteur. A Saint-Malo il était un vieux monsieur discret qui passait son temps aux archives de la ville et rédigeait des mémoires. Il avait parfois la visite d'érudits locaux, et les dernières années un ancien élève venait quelques heures par semaine pour ses courriers et lui faire la lecture car il était devenu presque aveugle de l’œil qui lui restait. Il décéda dans une grande misère.

     

    Alcide Bord avait fait bâtir, pour lui et les siens, une chapelle funéraire au cimetière de La Briandais, plus grosse concession de la ville (17m²). Toujours existante en 2012, elle fait face au portail d'entrée au bout de l'allée principale. Elle est construite dans le même granite que les quais de Penhoët, et avec la même méthode de jonction à l'aide de pitons de bronze. Les archives municipales sont muettes à propos des corps inhumés, est les gravures à l'intérieur sont presque illisibles et incomplètes, mais on sait la présence dans le caveau les cendres d'Alcide et de son épouse Marie-Joséphine, née Salzerat, et de leur fils Louis, ainsi que des restes de membres de la famille Salzerat, rapporté de Limoges : Jacques dit Louis-Jacques Salzerat, père de madame Bord, déjà cité, et son épouse Charlotte-Caroline Cacatte, déjà citée ; deux frères de madame Bord : Antoine-Aimé Sazerat son fils, né à Limoges le 5 mars 1929 (déclaré le lendemain),décédé à Nexon le 26 mai 1829 et Pierre-Gustave Sazerat, né à Limoges le 5 février 1828, décédé à Limoges le 11 mai 1842, ainsi que leur sœur Louise-Charlotte Sazerat, morte à Saint-Nazaire le 19 septembre 1919. Enfin, quoi qu’aucune gravure le cite, Gustave Bord repose lui aussi dans cette chapelle. Son corps fut transporté de Saint-Malo pour être inhumé le 1er mai 1934 à Saint-Nazaire en présence de son fils Georges qui avait fait le déplacement seul depuis Paris. D'anciens employés, des gens qui avaient bénéficié de ses largesses, quelques royalistes nazairiens, la famille Nouteau, des religieuses de l'hôpital, la veuve de Raymond Gasnier ancien maire, le peintre Charles Beilvaire, et A. Bernard, directeur du Courrier de Saint-Nazaire, journal de droite-catholique, virent lui rendre hommage. Jean de Pange lui consacra un article hommage, sous le titre " Gustave Bord et la franc-maçonnerie ", totalement antimaçonnique, en première page du journal La Croix du mercredi 20 juin 1934, et y affirma que le manuscrit du second tome que Gustave consacrait contre les Francs-Maçons, avait disparu à l'imprime où il avait été envoyé.

     

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    La chapelle funéraire de la famille Bord, (photo Galahad L.)

     

    Bord de Pierrefitte ?

    Comme nous l'avons expliqué, les Bord sont issus d'une famille du Berry enrichies par les politiques de grands travaux et de modernisation de la France au 19e siècle. Mais d'où vient cette particule et ce nom de terre que Dolorès, femme séparée de Gustave Bord, et ses fils portèrent dans le monde, puis à l'état civil ?

    Pour comprendre il faut savoir avant tout qu'il exista en Limousin une famille chevaleresque du nom de Bort, avec une particule et un T et non un D à la fin de son patronyme, qui posséda la seigneurie de Bort-les-Orgues en Corrèze. Cette très ancienne famille noble s'illustra durant la quatrième croisade, fonda le monastère de Bort, donna des chevaliers à l'Ordre du Temple qui seront appelés à témoigner lors du fameux procès intenté à l'Ordre par Philippe le Bel. Très riches et très puissants, ils héritèrent par mariage de la seigneurie de Pierrefitte, où dès 1471, Charles de Bort, gentilhomme de la Chambre de Charles VIII, époux d'Antoinette de Saint Avit, ordonna la construction en cet emplacement du château de Pierrefitte située maintenant sur la commune de Sarroux en Corrèze, où durant trois siècles, dix générations de Bort se succéderont dans une admirable résidence médiévale toujours existante. Cette famille s'éteignit avec deux frères, Léonard-Antoine de Bort de Pierrefitte, (1758-1822), qui n'eut de Béatrice de Laforet-Bulhon, un fils, Jean mort jeune, et une fille, Sophie Antoinette, épouse de Guillaume de Lagrange, (qui ne laissa elle-même que deux enfants mort jeune), et Octavien de Bort de Pierrefitte, né en 1767, chevalier de Malte, fait prisonnier par les troupes de Bonaparte en 1798 au siège de La Valette, et qui sous la Restauration fut maire de la ville de Bort de 1816 à 1830. Resté célibataire, il décéda très âgé le 14 novembre 1859. Le nom de Bort de Pierrefitte s'éteignit, mais il subsistait une branche, celle de Tessonnière, issue de Charles de Bort, seigneur de Pierrefitte, et de Louise de Murat, nommée de Bort à l'état-civil, ayant des droits sur le nom de Pierrefitte (cette famille est toujours existante).

     

    A sa séparation d'avec Gustave en 1907, Dolorès et ses fils prirent le nom de Bord de Pierrefitte et les armoiries de cette famille, d'or au sautoir de gueules, (blasonnement de l'enregistrement du 27 février 1699 à l'Armorial général, cependant la famille de Bort de Pierrefitte portait en réalité le sautoire denché). L'homophonie patronymique et le lieu de naissance de Gustave furent suffisants pour asseoir leur prétentions.

    C'est Georges qui, nous l'avons écrit plus haut, fit la demande de changement de nom publiée au Journal officiel du 20 octobre 1908. La demande ne fit pas l'objet d'un décret, elle fut donc refusée faute de preuves de filiation recevables, et parce qu'elle consistait en une usurpation. Jacques, nous l'avons écrit plus haut, présentait pour papier d'identité un acte de réputation, (acte dressé devant notaire en présence de deux témoins certifiants), il reconnut son fils sous le nom Bord de Pierrefitte, faisant passer le nom officiellement, mais c'est toujours sur présentation de son acte de réputation qu'il se remaria en 1940. Son acte de décès et celui de son épouse furent dressés au nom de Bord de Pierrefitte. Il ne semble pas avoir obtenu de rectification d'état civil.

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    demande de changement de nom émise par Georges Bord, Journal officiel du 20 octobre 1908

     

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    Gravure aux armes des Bort de Pierrefitte sur le briquet de Jacques Bord.

     

    Note : la famille Lefebvre des Vallières porte depuis le 18e siècle : d'azur au chevron d’or accompagné de deux épis de blé tigés et feuillés d'or en chef, couchés dans le sens du chevron, et d’une fève de haricot d'argent en pointe.

     

    (Sources : Archives de Saint-Nazaire, Paris, et Marseilles ; BNF ; René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, 1899 ; Histoire de Saint-Nazaire par Fernand Guerrif ; Annuaire des Châteaux, 1898 à 1935 ; L'intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1938 ; La franc-Maçonnerie, Christian Jacq, Paris, Robert-Laffont éditeur, 1975 ; Ésotérisme, occultisme, franc-maçonnerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles. Explorations bio-bibliographiques, Marie-France James, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1981 ; Archives du Courrier de Saint-Nazaire ; Journal officiel ; Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin ; parentés de la famille Bord et anciens employés. - Remerciements particuliers à monsieur G.M. qui nous a fourni de nombreux détails et document et plusieurs iconographies, et à madame Catherine Ambroselli de Bayser.)