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Patrimoine

  • Quel devenir pour le patrimoine nazairien monsieur Samzun ?

    Saint-Nazaire a un nouveau maire, les Nazairiens espèrent que celui-ci traitera mieux le patrimoine communale que son prédécesseur. Bien sur à la lecture de cette phrase beaucoup en viennent à sourire, ou à rire jaune, et j'entends de l'autre bout de la pièce : '' mais enfin qu'espérez-vous du dauphin de celui que l'on a surnommé Batteușescu ? ''

     

    Eh bien les Nazairiens en attendent beaucoup ! Trop peut-être ? Probablement. Mais soyons wildien et envisageons le pire pour apprécier le meilleur. Après avoir passé des années à se faire insulter par leur ancien maire, les Nazairiens se disent que cela pourra difficilement être pire. Pour l'instant monsieur Samzun vient prendre ses fonctions et n'a pas encore fait ses preuves comme maire, et déjà se pressent tout ceux à qui son prédécesseur, qui n'avaient plus rien à faire de notre ville et de son devenir, répondait, surtout quand quand la mairie était clairement en faute comme dans l'affaire du Dolmen, avec le plus grand mépris et la plus grande arrogance, en nous signifiant clairement que nous n'avions qu'à la fermer devant sa toute-puissance.

     

    Tachons de ne plus nous formalisé sur cette attitude passée, et regardons l'avenir. Il convient de faire un état de lieu de la situation du patrimoine historique de la commune de Saint-Nazaire.

     

    Citons déjà les éléments qui sont protégés par la Loi et qui sont propriétés de la commune :

     

    Le Dolmen : classé en 1889, il a été victime de délires du maire sortant, qui se contrefoutait des lois le préservant directement, ainsi que son air. (voyez notre suite d'article classé sous la mention '' Dolmen ''). On s'interroge sur son devenir. maintenant que le site a été endommagé et passablement défiguré.

     

    La croix du Dernier ou Croix Denier, à Dissignac : Classée au titre des monuments historiques par arrêté du 9 janvier 1926., c'est un calvaire du 15e siècle, figurant le Christ crucifier d'un côté, la Vierge à l'Enfant de l'autre, de chaque côté de sa base se trouve un autel. Pour l'instant le calvaire est dans une zone peu urbanisée et ne semble pas souffrir de détériorations, on reprochera juste le manque d'entretien de la parcelle.

     

     

    Calvaire des Rochelles : classée par arrêté du 18 août 1944, longtemps isolée, cette haute croix de pierre du 16e siècle, dont il ne reste que la base et le fut, est située aujourd'hui dans un nouveau quartier, rue Ernest Hemingway, depuis plusieurs années le site est entouré de barrières de protection montée au moment du chantier de construction, et les herbes s'y agglutinent. Monument typiquement breton, il attend toujours une mise en valeur et une restauration.

     

    (Il faut signaler que la Croix de Heinlex, datant du 13e siècle, fut classée par arrêté du 18 octobre 1944, mais quelle disparu presque aussitôt suite à la manœuvre d'un camion allemand. On ignore ce que devinrent ses débris.)

     

     

    Vient ensuite le patrimoine classé de type meuble. La commune possède en propre plusieurs œuvres religieuses classées dans l'église Saint-Nazaire : deux bas-reliefs en albâtre classés le 10 novembre. Quatre statues en bois doré du 17e et 18e siècle, le tabernacle du maître autel du 17e siècle lui aussi en bois doré, provenant de l'ancienne église, ils furent classés le 23 septembre 1949, S'ajoutent deux sculptures provenant d'une poutre de gloire, datant du 15e siècle, classées le 7 octobre 1935, qui ont été placées de chaque côté d'un grand crucifix du milieux du 20e siècle réalisé par Jean Fréour, (ce crucifie appartient à l'association diocésaine). Il faut ajouter à la liste la statue de l'Ange gardien, en bois polychrome, classée le 28 juin 1962, le registre des MH dit qu'elle appartient à l'association diocésaine, mais il est cependant à noter que les MH attribue la propriété de certains éléments classés antérieurement à l'association diocésaine, alors qu'ils sont initialement propriétés de la commune. Il y a là un cafouillage qu'il faudra éclaircir.

     

    Enfin la commune est propriétaire de la Vierge à l'Enfant du 17e siècle, sculpture en bois qui se trouve dans l'église Saint Joseph de Mean, son classement fut réalisé le 7 décembre 1965.

     

     

    Il n'y a pas grand-chose de protégé par les Monuments historiques à Saint-Nazaire, la cause n'en ait pas la destruction par les bombardements, la cause en est que quand dans les années 1990 les Monuments Historiques accomplirent à la suite d'une directive gouvernementale un relevé général des éléments remarquables sur l'ensemble du territoire de la République, leur travail fut presque impossible à réaliser à Saint-Nazaire, et réduit au plus strict minimum. Il y a pourtant des éléments remarquables, surtout au niveau du patrimoine industriel, et de beaux éléments balnéaires qui mériteraient qu'on s'y intéresse.

     

    La liste des éléments protégés par les Monuments Historiques comprend aussi des éléments qui n'appartiennent pas à la commune :

     

    Le tumulus de Dissignac, '' daterait de 4300 avant J.C. '' (sic. MH). Classé monument historique en 1889, il est propriété de l'état est géré par l'Ecomusée de Saint-Nazaire.

     

    Le phare du Grand Charpentier, construit en 1887, classé MH le 22 novembre 2011, il appartient à l'état et se trouve sur un rocher au large de la pointe de Chémoulin.

     

    La Balise des Morées Construite en 1777 selon les plans de l'ingénieur Groleau, elle fut exhaussée en 1893 classé MH le 22 novembre 2011, elle appartient à l'état ( domaine public maritime ), Elle se trouve sur le rocher des Morées au large de la pointe de La Villès-Martin.

     

     

    Enfin, un bien meuble : le petit voilier '' Va pas trop vite '', ancien bateau de pêche construit en 1934. Il a a été classé le 24 septembre 1993, et appartient à l'association de la Maison de quartier de Kerlédé, qui l'a sauvé et l'entretient (voyez ici un article détailler le concernant : http://www.bateauxdupatrimoine.culture.fr/html/fichebat/vapastrop/vapastrop.htm)

     

     

    Les Nazairiens s'interrogent, et interrogent leur nouveau maire, sur le devenir de certains biens municipaux : le manoir du Sable, datant de la fin du 15e siècle, c'est la plus ancienne demeure de la ville, et la municipalité sortante s'est appliquée à le dénaturer. Le château de Heinlex et pour sa part fort bien entretenu, mais il est vide depuis plusieurs années, attendant une attribution. Ce qui reste du château des Charmilles, dit de Porcé, il avait été prévu initialement par Etienne Caux d'y établir l'Ecomusée, mais on lui préféra en 1983 un hangar perdu que les rares touristes qui s'y risquent ne trouvent généralement pas, ou prennent pour une entreprise, et où les Nazairiens ne mettent jamais un pied pour biens des raisons. Le maire sortant l'a laissé tomber en ruine après avoir espéré plusieurs fois le détruire, et a laissé pour toute réponse à son sujet '' Il finira bien par tomber tout seul ! ''… La collection municipale elle aussi fait se poser des questions. Il ne reste rien des collections du musée fondé le 4 mars 1908, les caisses qui contenaient les collections furent détruites dans un bombardement à la veille de leur expédition vers un lieu sécurisé, ensevelies dans les caves du complexe qui comprenait le Musée, la Bibliothèque, et la Chambre de commerce. Ce qui constitue la collection municipale est composé du fond de l'école des beaux-arts, de donations, et d’acquisitions. Les pièces les plus intéressantes sont à l'Ecomusée et au musée Escal'Atlantic. Si certains éléments de la collection qui ne sont pas exposés comportent un intérêt historique local, il y a beaucoup d'éléments sans intérêt majeur, ou valeur marchande notable dans cette collection. Les Nazairiens sont cependant en droit de s'insurger sur le fait que et la municipalité sortante en fait le stockage d'une façon totalement inadéquate. Entassés comme à la brocante, ou dans le grenier d'une famille qui a vidé l'appartement d'une grand-tante, tableaux, gravures, petites sculptures sont oubliées dans une baraque délabrée aux vitres brisées, soumise à l'humidité, et à la possibilité du vol aussi, le bâtiment fut squatté, on peut donc s'attendre à tout. Un catalogue de mise à jour fut réalisé en 2008 par l'ancien service de la documentation, il n'est pas directement consultable. Au moment de la rédaction il fut émis l'idée de réaliser une mise en sécurité du fond. Mais le manque de collaboration entre les services, et la volonté municipale d'alors ont fait que tout est resté en place. Car le soucis est aussi de savoir qui en est en charge ? Est-ce l'Ecomusée où on est pas en capacité de vous dire si telle ou telle chose est dans une réserve ou bien exposée ? Ou bien directement la mairie à travers l'un ou l'autre de ses services ? Il faudra trancher un jour ! Enfin, depuis des années sont entreposées sous le auvent de la cour du Parc des Expositions, le groupe '' l'épave '', élément au goût discutable, mais auquel les nazairiens sont très attachés, et les deux statues d'ornementation qui encadraient à l'origine l'horloge de la façade de l'ancienne gare. ADDITION AU TEXTE ORIGINAL : Le lecteur '' bBz '' nous informe/confirme dans un commentaire du 12 juin 2014 que leur conservation ne relève pas de l'Ecomusée, et qu'il est de même pour le fond de l'ancien Musée de Saint-Nazaire.

    Il semble donc que la gestion de l'ancien fond relève de la Mairie, mais dans ce cas de quel service ?

    24 mars 2016 : On vient de nous apprendre ce jour que des acquisitions de la municipalité se trouvent stockées dans les caves du Grand-Café, et que le grenier de la chapelle des franciscains est utilisée comme réserve pour des tableaux de style art-nouveau. Ne serait-il pas judicieux aujourd'hui de rassembler toutes ces collections dans un même endroit pour leur conservation et d'en faire quelque chose à  long terme ?



  • Le monument de 1870

    A la croisée des rues (Georges de) Villebois Mareuil, de Santander et du boulevard du président Wilson, se trouve une statue dont peu de Nazairiens savent à quoi elle correspond.

    En 1909 on s’aperçut que la ville de Saint-Nazaire était l'une des rares municipalités d'importance ne disposant pas d'un monument à la mémoire des soldats morts durant les combats de la guerre de 1870. Ce n'était pas rare attendu que cette guerre avait été perdue par la France, que l'on préféra ne pas en parler durant plusieurs décennies. Saint-Nazaire étant une ville bretonne qui brassait une population venant de toutes les provinces de Bretagne, le souvenir du camp Conlie et comment Gambetta traita les Bretons, faisaient que toute allusion était mal venue. Cependant en 1909 la politique française était de rendre hommage aux morts de 1870 et d’aller dans le sens des revendications populaires et nationalistes au sujet de l'Alsace et du nord de la Lorraine. Un comité d’érection, composé de monsieur Renaud, président des vétérans, du commandant Gaté, du capitaine des pompiers Sorel, et du commissaire central Parisot de Sainte-Marie, fit son choix parmi les statues mises à disposition par l’Etat au fond des Beaux-Arts. Ils choisirent un bronze fort beau du sculpteur René-Philéas Carillon[1], fondu par Joseph Malesset, une œuvre énergique et d’une grande maîtrise. Le Gouvernement confia la sculpture choisie à la Municipalité, sur acceptation du maire, Louis Brichaux, le 28 juillet 1909. Ce fut sur l’instant perçu par plusieurs comme une insulte aux Bretons, car elle figure un soldat de l'An II, l'un de ces soldats de la République qui massacra la résistance bretonne et royaliste. Qu'importe pour la municipalité, elle n'avait d'ailleurs pas les moyens de refuser, cela les aurait tous fait qualifier d'antifrançais, de non-patriotes, d’antirépublicain. Qu'importe aussi si la sculpture avait été refusée par toutes les villes à qui elle avait été proposée et que le plâtre original attendait depuis dix-sept ans dans les réserves qu’on veuille en fait un tirage. Saint-Nazaire aurait son monument à la mémoire des soldats morts en 1870.

    Il fallut trouver un emplacement. L'entrepreneur lyonnais, Aimé Duquaire, qui possédait et lotissait le front de mer de l'ancien domaine du manoir du Sable, offrit une parcelle face à l'océan et à sa résidence personnelle[2]. Très beau cadeau quand on sait qu'il y avait la place pour construire deux maisons. La donation fut finalisée le 27 mai 1910, et le nom du donateur devint celui du square nouvellement constitué, à ceux-ci prêt qu’aucun arrêt municipale ne le nomma ainsi officiellement. On ménagea les susceptibilités de tous en ne donnant aucun nom officiel.

    Le 10 juillet, le sous-secrétaire d’État à la Guerre, Albert Sarault, vint en grande pompe inaugurer le nouveau monument. Le 64e sorti de sa caserne en grands uniformes. On avait convoqué toutes les sociétés de gymnastique pour compléter et animer le défilé, trois-cents enfants des écoles avaient été rassemblés et entonnèrent le Chant des vétérans, suivit de la Marseillaise, quand, à 11h15, le sous-secrétaire tira le voile qui couvrait le monument. Personne ne remarqua que celui-ci ne comportait pas les noms des Nazairiens morts durant ces combats. La liste aurait été bien courte, sinon inexistante, malgré le recrutement et la formation des bataillons supervisés à l’époque par le général Edmond-Frédéric Rose1[3]. Les Nazairiens enrôlés connurent le sort de l’Armée de Bretagne.

    La cérémonie fut suivie d'un banquet de quatre-cents couverts au Casino des Mille-Colonnes.

    Au milieu de sin jardinet entouré d'une grille, le monument fut rapidement ignoré. La majorité des cartes postales éditées après son érection ne mentionnent que le square, sans commenter sa présence. Henri Moret lui-même ne le mentionne pas dans son Histoire de Saint-Nazaire. On l'ignora encore quand il fut réalisé le monument aux morts de la Première-guerre-mondiale. Pour les Nazairiens, la statue était juste une statue que certains prenaient pour Surcouf ou un autre corsaire ! Durant l'occupation allemande, les Nazis voulurent la déboulonner pour l'envoyer à la fonte, on les en empêcha en leur racontant que c'était la statue du comte de Villebois Mareuil, nantais qui avait participé à la guerre de 1870, mais aussi combattu les Anglais durant la seconde guerre des Boers, acte que les Allemands approuvaient. Ce mensonge sauva la statue. En 2010 la municipalité a fait remettre en état le square et déplacé la statue de quelques mètres, elle l'a aussi orienté en direction de l'océan, alors que jusque-là elle l’était en direction du port.

     

    [1] On sait peu de chose au sujet de René Philéas Carillon. Il était le fils du sculpteur Hector Philéas Carillon, son atelier était à Montmartre, était spécialisé dans les sujets militaire, et il reçut une mention honorable au salon de 1902.

    [2] La maison au fond derrière le monument était la résidence d'Aimé Duquaire, elle a été détruite à la fin des années 1960 pour faire place à l'immeuble « Palazzo San Marée ».  

     

    [3] Sa correspondance privée nous apprend qu’il y était d'ailleurs resté coincé par une sciatique durant le mois de septembre 1870.

     

     

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    La maison au fond derrière le monument était la résidence d'Aimé Duquaire, elle a été détruite à la fin des années 1960 pour faire place à l'immeuble « Palazzo San Marée ».  

     

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    Le monument à la Libération, (coll. L.O.M.)

     

     

  • Dolmen, acte 3

     

    Extrait du compte rendu du conseil municipal tenu le 14 décembre 2012 :

     

    Le quartier du Dolmen est complètement réaménagé depuis quelques années avec la construction des logements du square Delzieux. Ce qui fait la spécificité du quartier, est la présence d’un Dolmen et d’un Menhir, vestiges des origines celtes de la ville. Le projet prévoit la mise en valeur de la place du Dolmen mais pas de fouilles archéologiques, même si la ville a prévu de prendre rendez-vous avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) rapidement. « On pouvait donc s'attendre à ce que M. Provost dont le souci du respect des cultures est indiscutable, fût particulièrement soucieux de donner aux recommandations des services des monuments historiques et à l'étude scientifique du site toute leur place. Or nous apprenons, hier, que l'architecte des bâtiments de France avait fait connaître par lettre du 10/12/2007 son désaccord avec le projet présenté. Il vous appartient, M. le maire, de rétablir l'ordre républicain sur la place du Dolmen et dans les rues adjacentes en respectant, autant que faire se peut, les orientations en conclusion de la lettre de l'architecte des bâtiments de France ».
    Joël Batteux, le maire, n’a pas caché sa surprise devant un tel discours, « c’est la première fois qu’on me parle avec autant d’enthousiasme du Dolmen. J’apprends que peut-être il y aurait des trésors cachés dans le sous-sol. Pourquoi ne pas nous avoir alertés de longue date ? Jamais nous ne les aurions empêchés d’aller fouiller. Il est encore temps, tout n’a pas été creusé ». Une réplique qui n’a pas manqué de faire réagir Zack Moullec, élu d’opposition. « Vous avez vraiment une manière méprisante d’en parler ».

     (source : http://www.saintnazaire-infos.fr/quand-le-dolmen-s-invite-au-conseil-municipal-23-43-1795.html)



    Pour notre part, nous avons décidé de nous adresser madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, à monsieur Vincent Berjot, directeur général des patrimoines, et à monsieur Bertrand-Pierre Galey, directeur, adjoint au directeur général des patrimoines, chargé de l’architecture,  par courrier envoyé au  Cabinet du Directeur Général des Patrimoines, 182 rue Saint-Honoré, 75033, Paris Cedex 01.

     

  • Le Dolmen de Saint-Nazaire

    Alerté par monsieur Hubert Chémereau du CREDIB, nous avons eu la désagréable surprise de découvrir que le site du Dolmen trilithe de Saint-Nazaire, situé près du port, au bout de la rue du Bois-Savary, avait été l’objet de passages de pellleteuse !

     

    Heureusement, grâce à la vigilance du groupe archéologique de Saint-Nazaire, les autorités compétentes en matière de protection des sites archéologiques et des sites historiques, ont été saisies de l’affaire.

     

    Le Dolmen trilithe du Bois-Savary, dit aussi « des Trois pierres », ouencore « du Prieuré », est une construction datant du néolithique, composée de trois pierres : deux levées, un couchée. A cette construction s’ajoute un menhir,  c'est-à-dire une pierre levée, et quelques débris subsistants de l’ensemble original l’accompagnent. Le dolmen est en fait ce qui reste d’un tumulus semblable à celui situé au lieu dit Dissignac, mais avec des volumes bien plus importants, (avec une base enterrée de 47cm,  les piliers s’élèvent à 1m90 au dessus du sol, la structure a une hauteur de 3m60 au dessus du sol, soit un totale de 4m07 avec ses fondations, la table mesure 3m40 par 1m95, et a une épaisseur de 40cm . Cette structure était donc l’entrée de la tombe d’un chef celte, profanée et en partie détruite à l’époque romaine.

     

    Le Dolmen était un élément important du paysage durant l’Ancien régime. Il était compris dans le fief de L’Ile du Bois Savary ». La Déclaration de 1649, indique que le prieur du prieuré de Saint-Jean-Baptiste de Saint-Nazaire, devait, à titre de droit féodal, la nuit de Noël, déposé sur la pierre couchée une pinte de vin et un pain d’une valeur d’un sou, à destination du Baron de Marsaint, ou de ses représentants, (A.D.44, E539 - B. Guérande 42 – B. 1012 – E579).

    En 1828, le « Lycée Armoricain », publia dans le premier chapitre de son 11e volume, qu’on avait découvert sur le lieu des urnes, des monnaies d'or, d'argent, et de cuivre.

    En 1876, Gabriel de Mortillet, s’intéressa au lieu, puis René de Kerviler en 1877, qui, en 1893, il publia à son sujet :

    « Dolmen du Prieuré, dans la nouvelle ville de Saint-Nazaire. C'est un immense trilithe, de deux mètres de hauteur (1) et de 3m40 de table, avec des débris de galerie couchés en arrière. On l'a conservé intact au milieu d'une petite place, au milieu d'un square ; et Saint-Nazaire est sans doute la seule ville de France qui possède un dolmen authentique dans ses murs. M. Carro en a donné deux lithographies assez exactes dans son Voyage chez les Celtes. (Paris, Durand, 1857, in-8o) » (« Armorique et Bretagne, recueil d'études sur l'archéologie, l'histoire et la biographie bretonne, publiées de 1873 à 1882 », Tom I, p. 164.)

     En 1889 le site fut classé au titre des Monuments Historiques, pour sa valeur historique et  archéologique. Le lieu fut alors entouré d’un square fleuri et arboré.

     

    Jusqu’en 1928, le menhir se trouvait couché sur le sol, c’est Marcel Baudoin, (1860-1941), docteur en archéologie, ethnographe, et co-fondateur de la Société Préhistorique de France, qui le fit relever sur son emplacement original après étude du site.

     

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    Photographie du site par le comte Henri de Lestrange (1853-1926), au début du 20e siècle. En dehors du menih relevé, on voit clairement que les éléments aujourd'hui en place, étaient déjà ainsi situés au moment du classement par l'Etat. (source : Ministère de la Culture (France) - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine - diffusion RMN.)

     

     

     

    Durant la Seconde guerre mondiale, l’une des pierres qui dormait à proximité de la structure fut déplacée par l’occupant, qui s’en servit pour l’une de leurs fortifications à la Villes-Martin, (cf. F. Gueriff).

     

    « Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini » (2)

    On pourrait adapter ce célèbre commentaire à la ville de Saint-Nazaire !

     

    Toute ville a besoin de se développer et de se moderniser, mais la municipalité n’est pas au-dessus de la Loi. Le Dolmen est protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1889, sa protection est double, car c’est aussi un site archéologique. La Municipalité, propriétaire du lieu et de la structure, n’a pas le droit d’exécuter des travaux, ou d’autoriser à exécuter, des travaux pouvant porter atteinte au Dolmen, et à son environnement dans un rayon de 500m,  (articles L.621-1 , L.621-31 et L.621-32 du code du patrimoine).

    «  Un monument n’est en effet pas un objet isolé, posé là « par hasard » et indifférent à ce qui l’entoure : il s’inscrit dans une histoire, un contexte, et entretient des relations complexes avec son environnement. » précise le ministère.

     

    La SOCIETE NAZAIRIENNE DE DEVELOPPEMENT (SONADEV), est intervenue en ce mois de décembre à la demande de la CARENE et de la Municipalité sur le site, faisant passer un bulldozer à quelques mètres du Dolmen. Ces travaux sont illégaux. Avant d’intervenir sur le site, et dans un rayon de 500m autour du site, pour des travaux d’aménagement, ou de transformation, dans les perspectives de visibilité, une demande doit-être déposée auprès de la DRAC, et faire objet d’une autorisation après inspection de la part de l’architecte en chef des monuments historiques, qui donne sa réponse « en cohérence avec la réalité du territoire et ses enjeux » et de la nature du site. Aucune demande n’a été déposée.

    Interrogé par Ouest-France vendredi 7 décembre 2012, (3), le service Habitat et aménagement urbain de la Mairie a affirmé que « l’aménageur, la Sonadev, a pris en compte les remarques et précise que le site actuel où est érigé le dolmen n’est pas son lieu d’origine. »

    L’affirmation de la part du service municipale est à la fois, un mensonge, une ânerie, et même une insulte visant les compétences des archéologues, des historiens, et de l’architecte en chef de Monuments Historiques !

    1° Le Dolmen est à sa place d’origine, et a été classé Monument Historique en 1889 et protégé à titre archéologique, pour cette raison ;

    2° La Municipalité n’a pas pouvoir de juger de la valeur historique et archéologique d’un lieu protégé par l’Etat, elle n’a pas pouvoir d’agir sur le site sans autorisation.

    3° Rejeter la faute, l'air de rien, sur la SONADEV, est lamentable, la Municipalité commanditaire des travaux, et propriétaire du site, ne peut ignorer la loi, et doit assumer ses responsabilités en la matière.

     

     

    La DRAC n’a pas été consulté préalablement. La Municipalité a commit une faute, c’est même devenu un délit depuis le passage des pelleteuses. Maintenant elle prêche le faux pour ne pas reconnaitre son erreur.

     

     

    (1)   Kerviler cause ici de la hauteur sous l’arche.

    (2)   « Ce que n'ont pas fait les barbares, les Barberini l'ont fait » Cette phrase est un commentaire au sujet de ce qu’Urbain VIII avait fait au Panthéon en arrachant les bronzes antiques de sa toiture.

    (3)  http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Le-dolmen-du-square-est-il-une-piece-rapportee-_40829-2141556------44184-aud_actu.Htm 

  • Le bourg de Saint-Nazaire sous l'Ancien Régime

    Le bourg médiéval de Saint-Nazaire malgré ses dimensions réduites avait le statut de ville, c'était donc une agglomération fortifiée, siège d'une paroisse. Les fortifications constituaient, côtés fleuve et océan, en un ensemble de murs en pierre et un fortin, celui-ci initialement situé à l'emplacement de l'esplanade devant le Vieux-môle, puis à partir de 1756, à l'emplacement de l'entrée de la cour de l'usine élévatoire,  du côté du continental, les murs étaient en fait des palissades et des fossés que le sable envahissait, et que les tempêtes maritimes détruisaient régulièrement, cette partie du bourg, relevant de l'autorité de la baronnie de Marsain, souffrait régulièrement, et au début du 18e siècle, maisons et four banal avaient été abandonnés par les habitants. Cet ensemble formait le " château de Saint-Nazaire ", cette expression désigne l'ouvrage fortifier dans son ensemble, le logis seigneurial, (surnommé '' château Brutus'' ou '' château-forteresse ''), propriété des vicomtes de Saint-Nazaire. Ce logis était qui avait souffert de la guerre de Cent-ans, était ruiné en 1584, et presque réduit à rien en 1660 quand Jean de Carné achète la vicomté. Durant les décennies précédentes, la vicomté était en partage entre deux familles qui ne s'accordaient pas pour l'entretien du logis et de sa chapelle, aussi avaient-ils laissé la jouissance du lieu et des pierres pour l'édification d'une nouvelle église, l'église originelle, située sur le sommet de l'éperon rocheux, étant trop souvent victime des tempêtes, (au 19e siècle elle sera appelée " Notre-Dame d’Espérance "). La chapelle seigneuriale fut intégrée à la nouvelle construction, sous le nom de " chapelle du Rosaire ", et servit de caveau à la famille de Carné. Au-delà des fortifications, était le moulin de Saint-Nazaire, et plus loin le village de la Ville-Etable. Arrêtons-nous un instant sur un autre terme de vocabulaire propre à l'ancien régime : le mot village, récurant pour désigné des groupes de maisons sur le territoire de la paroisse de Saint-Nazaire, tant sur les cartes, que dans les aveux et dénombrements, désigne ce que nous appelons aujourd'hui un hameau. Ces villages n'étaient constitués en majorité que de trois à cinq maisons, pour la plupart habitées par une même famille, car nés du partage d'une ferme.

     

    Le plan que nous reproduisons, dit " plan Goinard ", du nom de l'homme qui l'a découverts aux archives de Vannes au-cours des années 1980, date du début du 18e siècle. Le bourg de Saint-Nazaire n'a pas encore subi les transformations opérées à la demande du duc d'Aiguillon pour le renfort des côtes du duché face aux intrusions anglaises. On distingue que les îlots urbains sont désignés comme des fiefs dépendants de seigneuries de la paroisse. En effet, cela était une situation commune à toutes les villes, étaient ainsi découpées en fiefs, ou en seigneuries pour les villes les plus importantes. Le bourg de Saint Nazaire était part entière de la Vicomté, mais certaines de ses maisons dépendaient des seigneuries inférieurs. Cela ne signifiait pas pour autant que les maisons étaient toutes propriétés d'un seigneur, loin s'en faut, mais simplement qu'elles dépendaient de l'autorité seigneuriale, de ses impôts, et qu'en cas de litige c'était le bailli de la seigneurie dont dépendait la maison qui intervenait, ou en cas d'absence d'héritier de la maison, celle-ci revenait au seigneur dont elle dépendait. En observant le plan, on s'aperçoit que la majorité des maisons dépendaient de la Vicomté, ou de la baronnie de Marcein, un îlots, près de l'église dépendait de la seigneurie d'Heinleix, une minorité relevaient de seigneurs inférieurs, on sait par exemple, qu'une maison à étages et un cabaret situés dans la Grand'rue, relevaient de la seigneurie des Boixières,  (A.D.44, E 572). 

     

     

     

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    (cliquer pour voir en grand)

     

    Ce plan nous permet aussi de constater, que malgré la disparition de la résidence seigneuriale des vicomtes au profit d'une nouvelle église, l'espace reste celui de l'autorité : l'auditoire où se réunit le conseil de la paroisse, la prison dit " ancien état ", le bâtiment des archives et registre ou siège le bailli dit " maison constancieuse ".

    Plan M. Goinard in Vieux saint-Nazaire Gueriff.jpg

     

    L'urbanisation du rocher était compliquée, les parcelles étaient étroites, et les bâtiments d'une même habitation se trouvaient en majorité sur plusieurs niveaux de sol. Les maisons du bourg étaient toutes en pierres, mais les toitures et l'existence d'étages variaient en fonction de la fortune des propriétaires, avant la révolution industrielle du Second Empire, les classes sociales se mélangeaient, côte à côte se trouvaient des demeures bourgeoises, ou des demeures d'artisans qui pouvaient n'être que de simples masures, cette situation perdura jusqu'à la Première guerre mondiale, la maison où naquit le sculpteur Alfred Caravanniez tenait ainsi de la cave et de la grange, la maison du sénéchal Galliot de Cran, construite comme un hôtel particulier, était moyenne de petites échoppes surmontées d'un grenier, et les maison des capitaines et des pilotes avaient des allures de manoirs faisant face à la mer, avec leurs tourelles contenant les escaliers qui déversaient les étages. Le bourg comprenait plusieurs cabarets, de nombreuse échoppes, et deux foires commerciales s'y tenaient par an.  L'alimentation en eau laissait à désirée, les point d'eau étaient saumâtres, et il fallait faire venir l'eau potable depuis les terres. 

     

    En 1789, le bourg comprenait 200 maisons majoritairement couvertes de chaume, où logeaient 900 individus.

     

    Dans une lettre du 13 février 1792, le lieutenant Besson, en fait le descriptif suivant :

     

    " Saint-Nazaire, ville dévote ; des femmes à plein l'église et des hommes à genoux jusque dans la rue. Des Bonnes Vierges au dessus des portes ; à certains jours, des cierges qu'on allume, et des neuvaines qu'on fait au vent, à la pluie, n'étant arrêté par rien. Il y a force de matelot dans le pays. Quand ils partent, ils font des vœux, ou ce sont leurs femmes qui en font pour eux ; des vœux aussi quand il y a tempête, si bien qu'au retour on prie, on accroche des drapeaux, des avirons, des rames aux piliers de la nef, et tout cela produit de bonnes sommes au curé et à deux prêtres qui le secondent. La Révolution à un peu troublé ces pratiques ; on se divise.

    Il y a des incrédules ; mais e grand nombre va toujours, prie toujours, craint et paye toujours, ce qui met le pasteur – car il ne faut rien celer – à même de secourir bien des familles pauvres, que sans lui, on verrait sans pain.

     

    Du bien et du mal : partout ainsi... " (1)

     

     

    Saint-Nazaire, une ville bretonne, comme toute les autres... 

     

     

    1) Lettre rédigée à Savenay. Cf. " le patriote Bournonville ", de Gustave Bord ; et " Lettres, mémoires et documents publiés avec des notes sur la formation, le personnel, l'esprit du 1er bataillon français des Volontaires de Maine-et-Loire et sur sa marche à travers la crise de la Révolution Française ", Par Grillet, Ed. Amyot, 1850.

  • Saint-Nazaire, les chantiers vu par François Kollar

    Photographies des chantiers de Saint-Nazaire, par François Kollar,  prises durant les années 1931 à 1935, (Crédit photo : Donation François Kollar, Ministère de la culture, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine)

     

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    1931, construction d'un paquebot ; descente le long du flanc de la coque

     

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    1931, rivetage des tôles d'un pont du " Normandie " aux chantiers et ateliers de Penhoët

     

     

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    1931, construction du " Normandie ", structures intérieures de la coque

     

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    1931, construction du " Normandie "

     

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    1932, sortie des ouvriers au chantier de Penhoët

     

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    1932, le " Normandie "

     

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    1932, le " Normandie "

     

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     29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

     

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    29 octobre 1932, lancement du " Normandie "

     

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    1933, le " Normandie "

     

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    1933, Le " Normandie "

     

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    1933, le " Normandie "

     

     

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    1933, Le " Normandie "

     

     

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     1934, construction du " Ville d'Alger "

     

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    1934, le " Normandie "

     

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    1934, Le " Normandie "

     

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    1934, le " Normandie " 

     

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     1934, le " Normandie "

     

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    1935, le " Normandie ", réalisation des décors

     

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    1935, le " Normandie ", canots

     

     

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    1935, le " Normandie ", canots

     

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    1935, pont du " Normandie "

     

     

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    1935, le " Normandie ", essai des machines

     

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    Saint-Nazaire, 5 mai 1935, les acteurs Gaby Morlay et Victor Boucher se promenant à bord du " Normandie "

     

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    Saint-Nazaire, 5 mai 1935, les acteurs Gaby Morlay et Victor Boucher dans une salon du " Normandie "

     

  • L'ancienne Gare

    Après bien des années d’abandon, et plusieurs années de travaux successifs, le site de l’ancienne gare de Saint-Nazaire a été totalement réhabilité, et la municipalité a fait bâtir, à l’emplacement de l’aile rasée, un théâtre. 

     

    Cette gare fut achevée en 1866, elle avait été voulue par l’Etat en remplacement de la gare provisoire qui était en bois, et qui était provisoire depuis 1857 ! La gare provisoire se trouvait près de l’actuel rond-point de l’Europe, elle fut remplacée par la petite « Gare du Morbihan », d’où les trains partaient jusqu’à Vannes, (bâtiment subsistant en 2012 et abritant des bureaux du Service Maritime Navigation 44/49).

     

    L’implantation des voix de chemin de fer, et des gares, relevait de plans décidés par l’Etat, sur plans des Pont et Chaussées, on ne consulta donc pas la municipalité, le Conseil municipal s’en plaignit durant la séance du 26 mai 1867, les Nazairiens espéraient des voies d’accès supplémentaires, mais le choix de l’implantation de la gare était logique, il devait permettre un accès plus rapide à la gare maritime.

     

    Les illustrations suivantes, due à J. Leroy pour le compte des Ponts et Chaussées, montre le bâtiment en cours d'achèvement, (sources Gallica.bnf.fr)

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    La Gare des Voyageurs, dites aussi Gare de Paris-Orléans-Ouest, du nom de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) qui en avait l'attribution (1), était une gare de dimension moyenne, mais disposant d'une architecture soignée, inspirée de celle de la gare du Nord à Paris. A l'origine on n'y entrait pas par le centre de sa façade, mais par les côtés. Ce qui explique pourquoi, le nombre des arches au centre de la façade sont en nombre paire de six, et non impaire, comme toute gare dont l'entrée est centrale. Ces arches étaient en premier lieu des fenêtres devant lesquelles étaient une sorte de jardinet protégé par une grille. L'architecte s'efforça cependant de rattraper l'aspect en incorporant au centre de la façade une horloge, dont le cadran était placé dans une lucarne, encadrée de deux statues copiées sur '' L'aube et le crépuscule " de Michel Ange, qui ornent le monument funéraire de Julien de Médicis, duc de Nemours, à Florence. 

     

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    Le pavillon Ouest abritait le buffet de la gare, l'Est la billetterie

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    On accédait trois voix sous la verrière, disposées deux et une, avec un quai ''central'', deux autres étaient accessibles à l'extérieur par une galerie en prolongement de la gare, surmontée d’un auvent en acier riveté :

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    L’intérieur de la gare fut alors modifié :

    ancienne gare,saint-nazaire,theatre

     

    La gare était contiguë à la gare de Tramway en provenance de La Roche-Bernard, à droite au premier plan de cette carte postale :

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    On remarque que les motrices des tramways n'étaient alors pas très différentes des locomotives des trains.

     

    Après la Première-guerre-mondiale, on décida que l'accès se ferait directement par le centre de la façade, vers 1925 on ajouta une marquise :

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    A la suite des bombardements, la gare était réparable, l'arrière avait été endommagé, les vitre soufflée, une partie des toitures incendiées, mais elle servit encore, car c'est par elle qu'arriva le Général de Gaulle le 23 juillet 1945.

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    Arrière de la gare à la libération

     

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    Le général de Gaulle devant la gare, (coll. éco-musée de Saint-Nazaire)

     

    Cependant, dans le projet de reconstruction de la ville et du port sous les directives du gouvernement, a fait déplacer le centre-ville à son emplacement actuel, le port devait se développer, entrainant la disparition prévue de tout ce qui était entre le bassin et la rue Henri Gautier, le quartier de Penhoët, portant épargné par les bombardements, aurait lui-même du disparaître au profit d'un nouveau bassin et de cales.

     

    La gare fut utilisée jusqu'à la construction de la nouvelle, inaugurée le 9 octobre 1955. Elle fut transformée en dépôt de bus, ce qui entraîna la destruction de la verrière, et d'une aile, l'horloge fut mise à bas, et les deux statues finir dans le jardin d'un entrepreneur, dont la veuve les restitua à sa mort. Elles croupissent depuis dans la cour du musée, sous un toit de tôle ondulée, avec le groupe '' l'épave ''. 

     

    Avec son regard de 2012, le lecteur se demande pourquoi on a laissé détruire ce bâtiment ? Comme nous l'avons expliqué, le développement du port devait entraîner sa disparition complète, c'est donc un miracle qu'il en reste quelque chose, ensuite, après la guerre, ce bâtiment était perçu comme peu ancien, démodé, fortement endommagé, peu pratique aussi, car les trains devaient se rendre dans un cul-de-sac, et revenir en arrière pour se rendre en suite en direction du Croisic. On avait alors envie d'une ville moderne et lumineuse, nombre de propriétaires ont laissé raser leur maison pourtant encore debout, pour en avoir une neuve, et laisser la municipalité élargir les rues.  Il nous est facile de juger après coup, et nombres idéalisent l'ancien Saint-Nazaire, qui loin d'être un paradis, était un amalgame de bâtiments hétéroclites, avec des égouts insuffisants, et l'absence d'eau courante dans les immeubles où s'entassaient autour de cours sombres et non aérées, les ouvriers, ce que les jolies cartes postales mises en scène par les photographes, car s'étaient toujours des mises en scène, ne révèlent pas. La période de la reconstruction, était une euphorie moderniste et hygiéniste accessible pour tous, et raser les restes de la ville, était oublier un passé trop douloureux. On peut ainsi se perdre en de longues et sinueuses digressions sur les biens faits et les méfaits de la modernisation de la ville, mais à l'heure, où les Nazairiens ne sont pas capables de s'organiser pour défendre le peu de patrimoine historique qu'il leur reste, et ne trouve à protester qu'une fois que les bulldozers de la municipalité sont passés, que le lecteur nous pardonne cette '' révélation '', mais de l'extérieur, cela nous fait tous passer pour des idiots aux yeux des communes avoisinantes. L'état actuel de l'ancienne gare, ainsi transformée, est relativement bien réussi, et nous estimons que pour une fois, la municipalité a réalisé un projet satisfaisant pour l'instant, mais qui n'absout pas l'actuel maire des méfaits récurrents de sa politique au niveau patrimonial.  

     

    (1) Cette compagnie avait aussi des lignes en direction de l'Aquitaine, de l'Auvergne, de la Normandie, de l'Aunis, etc.

  • Les douches de Penhoët

     

    Les douches publiques de Penhoët se trouvent à l'angle des rues de Trignac et Victor Marre, à coté des halles. C'est suite à un projet hygiéniste, entrepris par la municipalité en 1912, que les travaux de construction débutèrent en 1914, hélas, la première-guerre-mondiale, l'absence de manœuvre et de capitaux, firent que le bâtiment ne fut achevé qu'en 1923. A une époque où Penhoët était le cœur ouvrier de Saint-Nazaire, et où l'eau courante n'était pas dans toutes les maisons, l'établissement municipal avait un rendement de 200 à 300 douches par semaine ! 

     

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    D'après une carte postale des années 60', les grilles et murets ont depuis disparu... 

     

    Quoiqu'il fut reproduit comme symbole du quartier sur des enveloppes pré-timbrées éditées par le bureau de poste Penhoët en 2005, le bâtiment est aujourd'hui menacé, avec sa politique habituelle en la matière, le maire actuel laisse se dégrader la structure, (la technique à fait largement ses preuves à Saint-Nazaire), et prévoit de la raser...

     

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    d'après une enveloppe "pret-à-poster" de 2005...

     

     

    Il reste peu de bâtiments de douches municipales sur le territoire français, celui de Penhoët a une architecture agréable, il est parfaitement intégré dans le paysage urbain du quartier, il est aussi le témoignage vivant de la société ouvrière du 20e siècle. 


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    les douches de Penhoët durant l'hiver 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

     

     
  • Le château de Saint-Marc

    Le château de Saint-Marc-sur-mer, dit aussi château Lourmand, se nommait à l'origine château du  Crépelet. Le nom de Crépelet est en fait le nom véritable du village de Saint-Marc, qui ne prit qu'à la fin du 19e siècle le nom du saint à qui la chapelle du bourg était dédiée. Il n'existait rien à l'emplacement du château si non quelques vignes, quand le terrain fut acquis par Henri-Joseph Lourmand, industriel nantais associé à Henri-Charles-René Serpette (1), et Édouard Lorois, dans la savonnerie " SERPETTE-LOURMAND-LOROIS ".

     

    Construite sur caves, avec un rez-de-jardin, un étage noble, et un second étage sous combles à lucarnes de façade en pierre et lucarnes de plomb, la demeure est constituée d'un corps rectangulaire simple en profondeur, encadré à l'Ouest de deux pavillons carrés accolés sous deux toitures carrées et très pointues, à l'Est d'un grand pavillon rectangulaires, dominant la baie, il est surmonté d'un très haut comble qui se fini en terrasse belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. La longueur totale est de quatre travées, à laquelle a été ajouté un pavillon sans étage d'un travée, abritant la cuisine. La disposition des pièces est : au rez-de-jardin, une galerie entrée dans le corps central, déversant les pavillons de bout, et une vaste salle à manger qui occupe tout la longueur du corps, le pavillon Est abrite un  grand salon, les pavillons Ouest un petit salon coté océan, et une office côté parc, au centre de ces pavillons se situe l'escalier. Le premier étage comporte quatre très grandes chambres. Les murs sont enduits et appareillés aux angles, les ouvertures moulurées. L'ensemble est situé sur une falaise qui domine la plage et la baie de Saint-Marc, dans un parc clos de murs. 

     

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    La famille Lourmand :

     

     

    I° Henri-Joseph Lourmand, (Nantes 31 décembre 1818 - Niort 18 février 1885), marié le 18 octobre 1853 à Angers, avec Lucile-Marie Lechalas, (Angers 23 octobre 1832 – Nantes 27 janvier 1933), fille de Médéric Lechalas, et de Joséphine Tharreau, d'où : 

    1° Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), mariée le 19 juin 1875, à Nantes, avec Gaston-Amédée Thubé, (voyez ci-après) ; 

    2° Marguerite-Marie (Nantes 29 novembre 1855 - Nantes 20 octobre 1938), mariée : 1er le 21 septembre 1875, à Nantes, avec Henri-Marie Couëtou, (27 mai 1849, docteur en – Dax 23 avril 1878), droit, avocat à la Cour d'appel de Paris, puis à Nantes, candidat légitimiste aux élections législatives de Saint-Nazaire en février 1876 ; 2e Victor-Amédée-Marie Sécheras, (Vannes 12 janvier 1837 - Nantes 2 novembre 1908), chef de bataillon ;

    3° Henri, (Nantes15 mai 1860 - ??).

     

     

    A la mort de la veuve d'Henri-Joseph, la propriété passa à son petit fils, Gaston Thubé.

     

     

    La famille Thubé :

     

     

    I° Gaston-Amédée Thubé, (Nantes 25 février 1851 - Nantes 29 septembre 1936), substitut de Châteaubriant le 21 décembre 1874, substitut de Saint-Brieuc le 18 novembre 1876, procureur de Guingamp le 29 mars 1879, substitut du procureur général de Rennes le 30 juin 1880, marié le 19 juin 1875, à Nantes, avec Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), d'où :

    1° Gaston-Marie, qui suit ;

    2° Henri (Saint-Brieuc 10 avril 1878 - Paris 1er mars 1943), marié le 8 mars 1913 avec Amélie Paigis, fille de Jean Paigis et d'Amélie Le Normand, d'où postérité ;

    3° Joseph-Jean, (Nantes 13 décembre 1881 - Nantes 8 août 1942), prêtre ;

    4° Jacques-Marie, (Chantenay sur Loire 20 juin 1883 – Nantes14 mai 1969), yachtman, champion olympique en 1912 à Stockholm, avec ses frères Gaston et Amédée ; marié le 16 septembre 1920, à Azay le Rideau, avec Marguerite-Berthe Pavy, fille d'Hubert Pavy et de Marie-Thérèse Vexier, d'où postérité ;

    5° Amédée-Georges-Marie, (Chantenay sur Loire 8 février 1885 - Paris 26 janvier 1941),yachtman, il participa avec ses frères Gaston et Henri, aux jeux olympiques de Stockolm en 1912, en tant qu'équipier d'avant, à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, où il remporta la médaille d'or ; marié en 1918, Saint-Marc sur Mer, avec Marguerite-Nazli Denaut, fille d'Horace-Louis-Auguste Denaut, officier de la Légion d'Honneur, d'Emma Bojano, d'où postérité ;

    6° Marc, (Saint-Nazaire 4 juillet 1886 - Sézanne 11 mars 1918), mort pour la France ;

    7° Marie-Amélie, (Nantes 19 avril 1889 - Paris 26 août 1977), mariée le1er le 11 janvier 1911 à Nantes, avec René Bolloré, (Ergué-Gabéric 28 janvier 1885 - Paris 16 janvier 1935), industriel, (papeteries OCB) ; (veuve elle se remaria). 

     

    II° Gaston-Marie Thubé, (Chateaubriant 16 juin 1876 - Paris 22 février 1974), docteur en droit, industriel, juge au Tribunal de commerce, consul de Belgique à Nantes, il participa en 1912, avec ses frères Jacques et Amédée, aux jeux olympiques de Stockholm en tant skipper à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, et remportèrent la médaille d'or ; il gagna aussi de nombreuses régates, dont le championnat de France en 1913 à Arcachon, son bateau, le Saint-Jean, construit en 1939 par l'architecte naval Talma Bertrand, mouillait dans la baie de Saint-Marc(3) ; marié le 16 octobre 1900, à Nantes, avec Madeleine Goullin,(1879-1980), fille de Gustave Goullin, et de Célestine Flornoy, sans postérité, il légat le château à son petit-neveu l'industriel Didier Pineau-Valencienne.

     

     

    Durant la Seconde-guerre-mondiale, le château servit de kommandantur, comme au château de Port-Cé, les nazis firent construire une tour fortifiée à proximité.

    A l'été 1951, Gaston Thubé prêtât à Jacques Tati le tennis du château pour une scène du film " Les vacances de Monsieur Hulot ", tourné à Saint-Marc (3) et sorti en 1953. ; 

     

     

    Monsieur Pineau-Valencienne vendit finalement la demeure en 1983 à Charles Goignard, entrepreneur en bâtiments, qui en fait sa résidence principale et entreprit de grandes rénovations. A son décès, la propriété fut acquise par monsieur Christian Seyres, son actuel propriétaire (3). 

     

     

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    vers 1960

     

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    La gloriette du parc vers 1860

     

    (1) Fils de l'un des fondateurs de l'entreprise qui fit construire la villa " La Malouine " à Pornic.

    (2) Ce bateau navigue toujours et est classé monument historique depuis 2005.

    (3) Renseignements provenant du site du château de Saint-Marc-sur-mer, disponible à la location pour des événementiels, et gîte. ( http://www.chateau-saint-marc.com/ )

  • Méan, chantiers et patrimoine

    Méan fut au 19e siècle un haut lieu de la construction navale, c'est en ce bourg de Saint-Nazaire, encore préservé, sur les rives du Brivet, que naquit ce qui sera la fortune de Saint-Nazaire. Nombre de maisons sont encore présentes pour nous compter cette histoire, qu'elles soient demeures de marins, de capitaine au long cours, ou d'armateur.

     

    Le chantier Loumeau :

     

    Le chantier Loumeau fut fondé vers 1810 par Emile Loumeau, fils d'un charpentier de la marine marchande. Il forma ses fils à la construction naval, mais aussi les fils de la soeur de sa femme, dont l'un deviendra son beau-fils, et reprendra le chantier à la mort de son cousin, le réunissant au sien.

    Le chantier naval Loumeau se situait sur la partie sud du quai de Méan, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres.

     

    Extrait de la généalogie Loumeau :

     

    I° Emile-Marie-Joseph Loumeau, (Montoir-de-Bretagne 26 avril 1783 - Méan 29 janvier 1842), marin, puis constructeur de navires à Méan, marié le 9 mai 1815, à Montoir-de-Bretagne, avec Reine Labour, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où :

    1. Michel-Émile, (Méan 2 août 1816 - Méan 3 août 1853) charpentier de port, constructeur de navire à la suite de son père, il semble qu'il fut marié, ou du moins il vécut en concubinage, il n'eut cependant aucun héritier, à sa mort, le chantier Lourmeau fut acquis par son beau-frère et cousin germain Émile-Fidel Ollivaud ;

    2. Louise-Éléonore, (Méan 6 juillet 1818 - Méan 22 mai 1857) ;

    3. Louis-Marie, (Méan 15 août 1820 - Méan 18 octobre 1846), maître au cabotage ;

    4. Gustave, Méan 10 décembre 1822 - Méan 4 avril 1824) ;

    5. Marie-Anne, né à Méan le 20 janvier 1825, mariée le 18 juillet 1854, à Montoir-de-Bretagne, avec Émile-Fidel Ollivaud, son cousin germain ;

    6. Jean-Jules, Méan 28 octobre 1827 - en mer 7 mars 1851), marin ;

    7. Joseph-Marie, (Méan 5 février 1829, capitaine au long cours, époux d'Émilie-Julie-Honorine Loumeau, d'où une fille ;

    8. Gustave, né à Méan le 27 novembre 1830 ;

    9. Pierre-Marie, né à Méan le 3 septembre 1832 ; 10. Reine, née à Méan le 27 avril 1834.

     

    Le chantier Olliveau :

     

    Le chantier Olliveau fut fondé par Émile-Fidèle Ollivaud, neveu par alliance et beau-fils d'Emile Loumeau, il se situait à côté du chantier Loumeau, sur le quai de Méan, en remontant le Brivet, auquel il fut réuni à la mort de Michel-Émile Loumeau. Émile-Fidèle Ollivaud fut formé par son oncle, il compléta sa formation durant son service militaire accompli dans la marine. Comme le chantier naval Loumeau, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres. Concurrencé par la construction navale de fer, et les chantiers Scott, ce chantier ferma en 1888, le lancement fut celui de la goélette " Guillaume Tell " en 1884.

     

     

    I° Jean-Julien Ollivaud, (village de Trembly à Montoire (1) 3 juillet 1784 - village de Certé à Montoire (2) 16 septembre 1861), laboureur, marié le 12 octobre 1812, à Montoire-de-Bretagne, avec Anne-Françoise Labour, ( village de Certé à Montoire 31 janvier 1788 -  village de Certé à Montoire 6 janvier 1867), fille de labeur à son mariage, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où : 

    1. Etienne, (Certé 16 novembre 1813 - Trembly 3 juin 1814) ;

    2. Désiré, (Trembly  5 décembre 1814 – Saint-Denis-de-La-Réunion 25 août 1863) maître au cabotage, marié le 3 octobre 1843, à Montoir-de-Bretagne, avec sa cousine germaine, Louise-Éléonore Loumeau, fille d'Emile-Marie-Joseph Loumeau, constructeur de navires, et de Reine Labour, d'où postérité ;

    3. Isidore, né le 16 mars 1817, marin ;

    4. Anne-Françoise, née le 10 septembre 1820, cultivatrice, mariée le 27 août 1851, à Montoir-de-Bretagne, avec Etienne Labour, son oncle maternel ;

    5. Émile-Fidel, qui suit ;

    6. Pierre, ( Certé 25 mai 1827 -  Certé 23 juin 1890), charpentier de navire, il fonda un chantier au village de Rozé où il construisait des chalands et des chaloupes ; marié le 21 janvier 1852, à Montoir-de-Bretagne, avec Joséphine Lemay, née le 27 septembre 1828, fille de François Lemay, et de Marguerite Macé, d'où postérité.

    II° Émile-Fidel Ollivaud, né le 23 mars 1824 à Certé, marié le 18 juillet 1854, constructeur naval, à Montoir-de-Bretagne, avec Marie Anne Loumeau, sa cousine germaine, 

    1. Gustave, né à Méan le 30 juin 1855 ;

    2. Corine-Marie, née à Méan le 7 août 1856, épouse de Jean-Honoré-Mari-Arsène Leroux, notaire à Montoir-de-Bretagne ;

    3. Raoul, né à Méan le 7 mars 1858

     

     

    maison.jpgÉmile-Fidel Ollivaud fit construire une demeure qui existe toujours au 183 rue de Trignac, à proximité de la rue baptisée en son honneur.

     

    La maison Olliveau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

    La demeure se situe sur une parcelle triangulaire, située au croisement de la rue de Trigneac et du Brivet. Elle est construite sur un plan carré, sur cave avec rez-de-chaussé surélevé, avec un étage noble, a trois travées en façade, avec porte au centre, les fenêtres de l'étage sont munies de garde corps en fers forgé, le toit pyramidal, comporte une lucarne au centre de la façade, cintrée et encadrée, la toiture se fini en un belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. Les murs sont enduits, les portes et fenêtres cintrées de pierre, les arrêtes du bâtiment sont aussi en pierre, et finissent en chapiteaux corinthiens, une corniche délimite l'étage, et une seconde plus large souligne le toit, un décor en fer forgé figurant un navire à voile, orne le dessus de la fenêtre centrale du premier étage, (il a été posé avant 1960). La façade donnant sur le croisement de la rue du Brivet et de Trignac comporte deux ouvertures au rez-de-chaussée, et une lucarne au grenier, identique à celle de la façade principale, la façade arrière, sur la rue du Brivet, comporte deux ouvertures au rez de chaussée, et un jour de souffrance, et trois ouvertures à l'étage, elle fut longtemps accolé d'un hangars, un garage disgracieux a été accolé à la façade Nord-Est, on y accède par la rue du Brivet. A l'intérieur quelques éléments d'époque subsistent, notamment un parquet comprenant une rose des vents en bois clair sur bois foncé. En 1960 cette maison était en mauvais été et inhabité (3).

     

     

    forge.jpgSur la rive gauche du Brivet, se trouvaient aussi le chantier Mahé, fermé en 1873, et le chantier Lemort, fermé en 1875. La flotte issue de Méan comprenait quatre-vingt-huit navires, près de deux-cents ouvriers étaient employés.

    Associée aux chantiers, existait la forge Dandeau, qui avec dix ouvriers, assurait la fabrication des outils, clous, ancres, et autres pièces métalliques nécessaires. Les bâtiments existent toujours, à l'angle des rues de Trignac et Négrin.

     

    La forge Dandeau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

     

    Elle appartenait à Jean Dandeau, né le 16 août 1837 à Lagrange, dans les Landes, celui-ci avait épousé sa cousine Joséphine-Marie Dandeau, le 2 mai 1865 à Montoir-de-Bretagne.

     

     

    On verra aussi au 278 de la rue de Trignac, la maison d'André-Théodore Ricordel,  (Méan 19 décembre 1819 -  Nantes 1871), fils d'un charpentier de navire à Méan, il fut maître au cabotage, puis capitaine et armateur. Il épousa en première noce, le 2 octobre 1842 à Montoir-de-Bretagne, Jeanne Françoise Moriceau, (Saint-Malo-de-Guersac 22 mars 1822 - Méan 6 mai 1844), fille d'un agriculteur, en seconde noce, en 1854, il épousa Anna Lanferman, (Le Havre 1835 – Méan 18 septembre 1855), fille de Jacob Lanferman orfèvre venu de Middelbourg, et de Anna (??), qui apporta à son époux une dote importante, elle décéda des suites de l'accouchement de sa fille Anne-Marie, née à Méan le 15 mars 1855. En 1862 il se maria une troisième fois avec Marie-Léonide Bichon, fille du directeur de la fonderie, dont il eut un fils mort né le 25 février 1862. Il avait ouvert un magasin de fournitures de marine devant l'ancienne église de Saint-Nazaire, au rez-de-chaussé de l'hôtel Blanconnier, il possédait trois navires, dont le « André-Théodor ». Il fit construire cette maison par un architecte parisien en 1855, pour sa seconde épouse, ce qui impressionna beaucoup le pays, surtout qu'il avait pour domestique une jeune noir ramené d'un voyage aux Antilles. Le capitaine Ricordel avait fait élevé un calvaire à proximité de sa maison, qui disparut durant le Seconde-guerre-mondiale (4).

     

     

    (1) & (2) Ces villages sont aujourd'hui sur le territoire de Trignac, commune créée en 1914.

    (3) Cf. Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.

    (4) D'après Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.