Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Familles nobles et notables

  • Georges Unsworth, héros et inventeur

    George Unsworth, son nom ne dit plus rien aux Nazairiens, sauf peut-être à ceux qui sont membres des Goélands, et qui ont entendu dire que ce monsieur avait fondé leur club. Pourtant, Georges Unsworth fut une célébrité nationale, et une figure incontournable de Saint-Nazaire durant l’entre-deux-guerres.

    - C’était la maison du major qui inventa un drôle de canot à moteur.

    C’est ainsi qu’on me désignait enfant l’une des demeures de la rue de La Havanne, au 14, une maison jumelle à l’architecture simple, où dans la cour anglaise qui la sépare de la voie, poussent deux palmiers qui encadrent la fenêtre du salon. Le major, c’était le capitaine de transatlantique Georges Unsworth, qu’on désignait sous son titre nazairien de pilote-major du port.

    Les vieux Nazairiens qui l’avaient connu me le décrivaient tous à l’identique, le profil en bec d'aigle, les cheveux mi-longs dans sa tenue de capitaine d’avant la Grande-guerre, un peu passée, la chemise et la cravate nouée en lavallière impeccables, incarnation de l’une de ces gravures victoriennes qui représentent des cavaliers. Sa silhouette était si particulière, que tout le monde dans la Presqu’île le reconnaissait de loin, ce que ne manquaient pas de souligner les journaux quand ils parlaient de lui.

    george unsworth,motorskaf,saint-nazaire,canot,cnauffrage,la champagne,paquebot,transatlantique,compagnie,générale,ville-d'alger,vesailles,bourgogne

    Georges Unsworth en mai 1931, (Ouest Eclair)

     

    Dans un article du 18 février 1910 paru dans « L’Auto », Paul-Adrien Schaye, qui l’avait déjà rencontré en 1898, écrivit :

    « Ceux qui peuvent le connaître le retrouvent tel qu’il était, à l’époque, car sa physionomie singulière est de celles qui ne bougent pas. C’était déjà un grand garçon mince, à la figure hâlée, aux joues creuses et dont les yeux avaient cette couleur extraordinaire qui éclaire un visage et le rend inquiétant : des yeux d’une singulière clarté et d’une fixité si précise, que lorsqu’ils vous regardent on se sent pour ainsi dire vrillé. »

    Mes arrière-grands-parents m’en parlèrent plusieurs fois, m’en faisant la même description physique. Bonne-maman ajoutait qu’il avait des manières exquises, et me précisait, elle qui était à moitié argentine et totalement anglophile, que le major était né britannique à Buenos Aires, qu’elle aimait se promener à cheval avec lui sur les allées cavalières du remblai ou dans la campagne, à discuter avec lui en anglais ou en espagnol, langue qu’il ponctuait de quelques expressions portègnes, en roulant les R comme au pays. Il avait aussi cette habitude de venir lui baiser la main, en se courbant telle un roseau, dès qu’il la croisait, y compris dans la rue, ce qui était d’une rare audace, car on ne baise pas une main en dehors d’un salon ou d’une cérémonie, allant jusqu’à le faire sans qu’elle eut retirer ses gants, ce qui était encore plus audacieux, cela même par la portière de la voiture dans laquelle elle était assise, et en soulignant son regard cristallin d’un petit sourire coquin, car, Bonne-maman le savait, en Argentine on ne baise pas la main des dames, mais uniquement celle de sa femme ou de sa maîtresse.

     

    Georges Unsworth était né à Buenos Aires le 27 septembre 1862, cinquième des sept enfants de Georges Unsworth, né en 1830 à Lancaster, et d’Elizabeth Travis, née à Lancaster en 1832[1]. Les Unsworth s’étaient établis en Argentine vers 1851/52[2], ils y vécurent modestement, Georges père était maréchal ferrant, mais on le trouve dans les papiers français de son fils aussi désigné comme vétérinaire ; en fait à l’époque son activité faisait qu’il soignait les petites maladies des chevaux, et pratiquait la castration, d’où une assimilation au métier de vétérinaire alors peu développer en Argentine. Georges père se fit aussi éleveur de mouton en 1863 ou 64, obligeant la famille à déménager à 30 km du centre Buenos Aires, Estrella del Norte, dans le partido de San Isidro. Il y décéda en 1868, obligeant son épouse à regagner vendre leur ferme et à regagner Buenos Aires avec leurs enfants, où ils vécurent très modestement. Georges avait 6 ans au décès de son père, sa mère lui procura une solide éducation malgré la pauvreté de leur situation. Il se montra cependant doué pour les études, le dessin, les mathématiques, et les langues qu’il commença à apprendre en furetant sur le port, dont les activités le passionnaient. Très intelligent, mais à l’univers réduit par sa condition d’orphelin de père à la précarité financière, malgré les efforts de sa mère et de ses ainés obligés de travailler dès leurs 15 ans, Georges fit le choix de la marine, et se surpassa pour apprendre seul le français, langue alors internationale. Devenu un petit prodige, il s’engagea dans la marchande, et gravit rapidement les échelons par sa rigueur et sa volonté qui impressionnaient ses supérieurs. Entré au service de la Compagnie Générale Transatlantique, il emménagea au Havre, et obtînt le 21 avril 1888 la nationalité Française. Le 26 novembre 1888 il fut nommé par brevet capitaine au long cours. Le 17 février 1896 ; alors 3ème lieutenant du paquebot Bourgogne[3], qui faisait naviguait sur la ligne Le Havre-New-York, il s’illustra dans le sauvetage des passagers de paquebot l’Ailsa, de l’Atlas Line, que La Bourgogne avait percuté et coula. Il fut pour cet acte décoré de la médaille d’argent 2ème classe de sauvetage le 1er janvier 1897. Il fut alors déplacé sur La Champagne. Le 18 février 1898, vers 17 h, l’arbre de couche de l’hélice de La Champagne se brisa et bloqua les machines, alors que le navire avait quitté 5 jours auparavant le Havre, et filait à 17 nœuds par une mer déchaînée. L’arrêt brutal des machines provoqua une secousse qui fit tomber plusieurs passagers debout ou assis sur des chaises. Le paquebot se trouva à la dérive loin de la ligne de navigation, mais arriva à jeter l’ancre à 40 brasses de profondeur, sur les bancs de Terre-Neuve, par 45° 27’ de latitude nord, et 51° 52’ de longitude ouest. On tentât de réparer mais un brouillard épais rendant la visibilité impossible. Incapable de communiquer, feux de détresse allumés, sonnant sans discontinuer la cloche d’alerte, canon armés, et mais ne voyant aucun autre navire passer, le 18 février, le commandant désigna Georges Unsworth, alors 3ème officier, avec grade de lieutenant, parce qu’il était célibataire et le plus jeune officier, pour commander une chaloupe et 9 hommes, pour partir à la recherche de secours, avec des provisions pour 10 jours, sous les acclamations des passagers. La chaloupe fut mise à l’eau à midi. Au bout de six jours, trempé par le brouillard et les embruns que le froid avait transformé en glace, certains eurent les pieds et les mains gelés, et tous étaient au bord de l’hyperthermie et épuisés au pont qu’il fallut les soulever un à un, quand ils furent récupérés par le vapeur néerlandais Rotterdam, qui avait aperçu au large leurs fusées de détresse. Le premier matelot débarqué s’effondra sur le pont, si bien que l’espace d’un instant, l’équipage du Rotterdam se demanda s’il n’était pas ivre. La glace avait rendu cassante la fibre de leurs vêtements, et il fallut couper au couteau leurs bottes pour les retirer. Comme le veut l’usage, Unsworth fut le dernier à débarquer de la chaloupe. Unsworth dit au commandant du Rotterdam :

    - Nous ne sommes pas des naufrages, nous sommes des hommes qui viennent d’accomplir une mission.

    Il exposa sa mission, et demanda à comparer le point qu’il avait calculé avec celui du Rotterdam. Ils furent conduits à New-York où la ville s’empressa de les féliciter, car on croyait La Champagne perdue jusqu'à ce qu'on les découvre dans leur canot. On proposa à Unsworth de mettre les boutons d’or de de sa veste de lieutenant en loterie, ce qu’il refusa, tout comme il refusa les sommes que lui proposèrent les journaux pour une interview exclusive. Il accorda une conférence de presse dans un salon de la Compagnie Générale Transatlantique, au sortir de laquelle un journaliste lui proposa 100 dollars pour des éléments supplémentaires, ce qu’il refusa encore.

    Le 28 février la Compagnie Générale Transatlantique que les secours étaient arrivés, que tout allait bien, que l’on transbordait les 600 passagers, et que les hommes de la chaloupe allaient survivre, bien que pour l’instant, seuls Unsworth et le quartier maître Camard, qui se relayaient à la barre, pendant que les huit autres hommes s’alternaient à la rame, avaient suffisamment de force pour se lever de leur couchette. Unsworth se forçait à ne pas afficher une mine éprouver devant ses hommes et l’équipage du Rotterdam, même s’il était visible qu’il était à bout de force. Le Massepequa qui faisait la route de New-York à Amsterdam, et deux remorqueurs partis d’Halifax furent dépêchés aux secours de La Champagne. De retour au Havre en avril, Georges Unsworth reçu de la Chambre de commerce de cette ville un chronomètre en or, une médaille d’or[4], et fut fait chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 29 avril 1898. Le 22 mai 1899, il reçut aussi le prix Henri Durant, d’un montant de 4.000 fr.

    La Transatlantique lui donna le commandement du Ville d’Alger qui faisait la ligne Marseille-Alger. C’est à Marseille qu’il épousa Antonine Germain, dont il eut une fille, Jeanne[5], née en 1900. On lui donna alors le commandement du Versailles, paquebot de la ligne Saint Nazaire-Colon. C’est alors qu’il s’établit dans notre ville. Le commandement du Versailles ne fut pas de tout repos. Parti le 9 décembre 1906 de Saint-Nazaire avec à son bord des émigrants se rendant à Panama pour travailler à la construction du canal, à l’escale de Carthagène, ceux-ci voulurent descendre à terre, mais les autorités colombiennes s’y opposèrent. Le capitaine des douanes qui venait de monter à bord se trouva alors pris aux mains des passagers mécontents. Les soldats colombiens se mirent à tirer sur le navire, tuant l’un des émigrants, et blessants plusieurs autres. Unsworth ordonna de rompre les amarres et de faire machine arrière, pendant que les colombiens continuaient à nourrir le feu. Les autorités colombiennes exigèrent que le Versailles revienne dans le port pour saluer le Pavillon colombien en signe d’excuse. Mais à bord se trouvait le nouveau ministre de France à Lima, Pierre Merlou, (1849-1909), homme politique, ancien ministre des Finances, qu’on expédiait au Pérou pour s’en débarrasser, après que sa maîtresse, la comédienne Jeanne-Marie Dallemagne, qu’il avait ruiné en vivant à ses crochés, et avait abandonné parce qu’elle était atteinte d’un cancer incurable, lui avait tiré dessus quelques mois auparavant[6], qui fit en sorte de calmer le gouvernement Colombien. Le journaliste Paul Matheix, avait commenté dans l’article qu’il avait consacré à cette affaire, dans La Presse du 26 janvier 1907, avoir connus Unsworth à bord du Ville d’Alger en 1898, quand il s’apprêtait à en prendre le commandement, et ne pas avoir été surpris du sang froid qu’il avait fait preuve à Carthagène. L’ayant interviewé à propos des événements de La Champagne, Paul Matheix commenta en 1907 que Unsworth lui avait fait son récit simplement, comme gêné d'avoir à parler de lui, et ajouta :

    - Il m'a suffi de lire son nom, au sujet des incidents de Carthagène, pour le revoir, flegmatique et un peu triste, debout près de la coupée, l’œil perdu au loin, avec ce regard des marins, qui, machinalement, tout en causant, scrutent sans cesse l'horizon, comme si, pour eux, il était toujours charge de menaces. Et je n'ai pas été surpris qu'il se fût habilement tiré d'une fâcheuse aventure ; les fusils braqués sur lui par les soldats colombiens n'étaient pas faits pour l’émouvoir ; il est de ces hommes dont les pires dangers ne peuvent que grandir l’imperturbable sang-froid.

     

     

    À quelque temps de là, Georges Unsworth divorça, son épouse partie vivre avec leur fille à Paris[7]. Il épousa en secondes noces Angéle Armande Noury. On lui attribua alors le commandement du paquebot Guadeloupe en avril 1908 attaché au port du Havre. Rapidement retourné à Saint-Nazaire pour être affecté au port comme pilote-major, il fut décoré de la Médaille d’honneur de la Marine marchande le 9 janvier 1919, et fut nommé représentant suppléant de la capitainerie de Saint-Nazaire, et fut vice-président du Syndicat des capitaines au long cours de Saint-Nazaire.

     

    Issue d’un milieu modeste, Georges Unsworth, était un self-made-man à une époque ou l’ascension sociale était encore possible et encouragée, et où il était convenu de se former aux codes et usages du milieux où l’on était amené à entrer, ce qui lui fit par exemple devenir un excellant escrimeur, au point de devenir vice-président de la Société d’escrime de Saint-Nazaire, et fréquenter la haute société locale, d’être membre du Groupe artistique[8] où il exposait ses peintures, mais il ne perdit jamais de vue ses origines, et proférait des idées socialistes et syndicales, s’inquiétant de l’inégalité dans la société du 20ème siècle, idées qu’il développa durant ses travaux maçonniques à la Loge du Trait d’Union[9]. Il participa à différentes revues maritimes, nautiques et de natations, sous le pseudonyme de Geo, publia à Saint-Nazaire en 1907 et 1910 deux « Étude des Transports maritime », publiés par le Comité France- Amérique, et en 1921 « Vers la république humaine, Démocratie financière », aux Éditions de l’Imprimerie Ouvrière, republié en 1924 sous le seul titre de « Vers la république humaine ». Il fonda en 1924 les Goélands nazairiens[10], association encore existante, qui était à l’origine une société d’entraînement à la natation, water-polo, canotage et autres sports nautiques et maritimes, et qui prodigua surtout dans le port de Saint-Nazaire les premiers cours de natations à plusieurs générations de Nazairiens.

    Il fut fait officier de l’ordre du mérite maritime le 15 aout 1930, et président d’honneur à l’unanimité des Hospitaliers sauveteurs bretons.

    Le 14 avril 1931, de 9 h à 18 h, il fit sur la plage du Grand-Traict, à proximité du monument du Débarquement, les premiers essais d’un type de canot en contreplaqué qu’il avait mis au point. Ce canot était de 180 kg, 10 m de long sur 0,75 m de large, et 0,50 m de haut, ne calant qu’à 10 cm, à sept compartiments étanches, et démontable en trois tronçons. Il était doté d’un moteur à deux temps de 4 HP avec hélice réversible de 27 cm de diamètre, pouvant assurer une vitesse de 8 nœuds, pour une consommation de 4 l d’essence. Il comportait en plus des coussins et une tente pour permettre deux couchages, et devait permettre d’accoster n’importe quelle plage pour y camper. L’invention fut présentée au Salon nautique de Paris du 30 octobre 1931.

    Durant 18 mois Unsworth poursuivit ses tests par tous les temps, en compagnie de messieurs Simonneau et Porcher, et le baptisa « Motorskaf ». L’engin ressemblait à deux barques encastrées.

     

    george unsworth,motorskaf,saint-nazaire,canot,cnauffrage,la champagne,paquebot,transatlantique,compagnie,générale,ville-d'alger,vesailles,bourgogne

    Le Motorskaf, (Ouest Éclair du 14 octobre 1932).

     

     

    Georges Unsworth pris sa retraite de ses fonctions de pilote-major du port en 1932.

     

    Alors qu’il s’apprêtait à lancer la fabrication industrielle du Motorskaf, Georges Unsworth décéda d’une crise cardiaque le 17 août 1934, et son invention fut oubliée.

     

     

     

     

    [1] 1° Mary-Anne, née à Buenos Aires le 23 octobre 1852, baptisée le 26 décembre 1852 à St John's Church de Buenos Aires ;

    2° Margaret, née à Buenos Aires le 21 décembre 1854, baptisée le 25 février 1855 à St John's Church, épouse de John Matthew Ronald, d’où postérité ;

    3° Richard-Anderton, né à Buenos Aires le 18 décembre 1856, baptisée le 15 janvier 1857 à la Methodist Episcopal Church de Buenos Aires, époux de Maria C…, d’où postérité

    4° Thomas, né à Buenos Aires le 22 février 1859, baptisé à St John's le 28 avril 1861, décédé à Buenos Aires le 15 mai 1930, Argentina ; marié 1° Annie Macfarlane, (née à Arrochar en Ecosse) ; 2° le 24 juin 1880 à Buenos Aires Johanna Macfarlane, née à Arrochar 6 juillet 1861, décédée à Buenos Aires le 7 août 1899, sœur de la précédente ; d’où postérité des deux lits ;

    5° Georges ;

    6° William-Henry, né à Estrella del Norte, (partido de San Isidro), le 10 février 1865, baptisé à 29 août 1865 à St John's Church de Buenos Aires ;

    7° John, né à Buenos Aires le 16 mai 1867, baptisé à St John's Church le 27 avril 1869, après le décès son père.

     

    [2] Leurs noms ne figurent pas sur la liste des arrivants par bateau, il est fort probable qu’ils soient d’abord passés par l’Uruguay avant de traverser La Plata et faire souche à Buenos Aires. Georges père avait un frère, William-Henry, qui s’était établi à New-York.

    [3] La Bourgogne, coula le 2 juillet 1898, après être entré en collision avec un autre navire. Dans le choque les canots de sauvetage furent détruits, 500 personnes périrent.

    [4] Camard reçut une médaille de vermeille et une montre en argent.

    [5] En épousa en 1940, à Annemasse, Henri Adrien François Mieville, membre fondateur du parti ouvrier et populaire, emprisonné pour activité politique illicite. Conseiller communal de Vevey, (législatif, 1946-1964, conseiller national, (1947-1950). M. était lié d'amitié avec Le Corbusier, Romain Rolland, Charles Ferdinand Ramuz, et bien d'autres. Il fut décoré  de la Médaille de la Résistance française. D’où postérité.

    [6] Le nom Merlou en devient alors une insulte à la mode pour désigner un homme vivant au crocher d’une femme.

    [7] Établie 11 rue Dufrénoy, elle demanda en avril 1909 à ajouter à son patronymique celui de Poilpot.

    [8] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2018/07/30/le-groupe-artistique-de-saint-nazaire-et-le-groupe-de-indepe-6069504.html

    [9] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/03/02/les-loge-et-temples-maconniques-de-saint-nazaire-6132902.html

    [10] Association déclarée le 8 octobre 1924 au Journal Officiel avec parution le 16 octobre 1924, sur bureau constitué lors de l’Assemblée générale du 23 mars 1924. – Pour plus de détails, voyez l’excellant article de monsieur Michel Mahé : https://michelcmahe.com/2018/04/01/les-goelands-nazairiens-la-naissance-de-la-societe/

  • Notes sur la famille Benoist et la maison du 5 rue du Bois Savary

    Au n°5 de la Rue du Bois Savary[1] est une demeure à la façade de pierre sculptée de mascarons. Cette maison, qui intrigue beaucoup les Nazairens, fut construite pour le docteur Alcide Benoist, qui a laissé son nom à une rue de notre ville[2].

    Sans titre-6.jpg

    La maison Benoist (à gauche) en 1870. Elle faisait face au grand calvaire détruit en 1873. On voit sur l’illustration que le quartier peinait à se lotir. La maison à droite appartenait au Lechat, et fut un temps la gendarmerie.

    Le docteur Alcide Benoist fut désigné en 1867 pour diriger l’une des salles du nouvel hôpital. Il milita pour l’amélioration des logements, et fonda une société de secours mutuel des ouvriers et employés de la Compagnie Générale Transatlantique. Mais il avait cependant le démon du jeu, et s’endetta au point de devoir vendre la maison qu’il avait fait construire au n°5 de la rue du Bois Savary, il emménagea alors rue de La Villès-Martin (avenue du Général de Gaulle). Sa tombe, au cimetière de La Briandais, comporte une plaque avec l’inscription : « A la mémoire du docteur Alcide Benoist, ses concitoyens, ses amis ».

    La maison fut en 1887 la résidence d’Abel Gallet, receveur principal des Contributions indirectes, et entreposeur des tabacs[3] ; en 1931 elle était résidence de maître Clément, huissier de justice ; dans les années 1950 elle abritait le cabinet du docteur Michel Harrivelle ; elle fut ensuite le cabinet des avocats Vautier et Bellec durant plus de 20ans avant d’être mis en vente en 2011/12.

     

     

    La famille Benoist[4]

     

    La famille Benoist à Saint-Nazaire est originaire du Poitou, de Benassay et plus exactement de son hameau de Lavausseau (un temps commune). Elle est issue de :

     

    I° Augustin Benoist, (Benassay-Lavausseau 7 octobre 1799 - Benassay-Lavausseau 24 août 1857), négociant, et d’Annette Habrioux, (Aslonnes 18 avril 1799 - Benassay-Lavausseau 29 mai 1854), fille de Jean-Louis Habrioux, juge de Paix et maire d'Aslonnes. Le couple eut :

    1° Augustin-Jean-Charlemagne-Ernest, (Lavausseau 28 janvier 1825 - Saint-Nazaire 23 août 1883), conseil juridique, époux d’Agathe Clémentine Mestais, (Marnay 12 août 1832 - Granville 27 juin 1910), d’où :

    a1° Augustin-Ernest-Léon, (Benassay-Lavausseau 6 août 1855 – Orléans 25 février 1940), marin, marié le 31 janvier 1883 à Chabanais avec Gabrielle Anne Brunet, d’où postérité ;

    b1° Clément-Alcide-Henry, (Benassay 24 février 1859 - Toulon en 1908), greffier du juge de paix, agent d'assurances, marié le 21 octobre 1890 à Sancoins avec Louise-Marie-Céline Pautre, d’où postérité :

    c1° Marie-Amélie-Léontine, (Poitiers 8 avril 1868 - Mortagne-au-Perche 6 juin 1962), mariée le 25 janvier 1897 à Montargis avec Henri Coste, né le 30 mars 1869 à Saint-Nazaire, fils de Simon Coste, consul de Belgique et de Colombie[5],

    2° Alcide-Henry-Hilaire, (Benassais-Lavausseau 13 janvier 1829 – Saint Nazaire 3 janvier 1889), docteur en médecine, marié le 22 février 1854 à Poitiers avec Émilie-Françoise-Virginie Fradin, (Poitiers 26 juillet 1832 - Saint-Nazaire 25 juillet 1885), fille du député Charles Pierre, d’où :

    a2° Gabriel-Henri, (Saint-Nazaire 4 février 1859 – Vannes 12 avril 1912), docteur en médecin qui débuta dans le cabinet du docteur Charles Durant[6]. Il est parfois confondu avec son oncle prénommé comme lui. Il quitta Saint-Nazaire et devint inspecteur de l'assistance publique à Dieppe, puis à Privas en 1895, et Vannes ; marié le 16 juin 1889 à Grandes-Ventes avec Roseline-Antoinette Beaurain, (née le 28 octobre 1865 à Grandes-Ventes), dont il eut deux filles : Marcelle-Thérèse, (1895-1990), et Yvonne ;

    b2° Renée-Marie-Émilie, (Saint-Nazaire 7 août 1862 - Loroux-Bottereau 27 mars 1944), mariée le 3 juin 1882 à Saint-Nazaire avec Jules Dubois de Mont-Marin[7], (Alger 20 décembre 1859 - Rennes 4 juin 1931), dont elle eut : René-Gabriel-Alexandre-Alcide-Marie, (Saint Nazaire 10 juillet 1890 – Nantes le 12 janvier 1952), et Jean-Pol , (Nantes 7 mars 1897 – Paris 9 mars 1965) ; veuve, elle revint vivre à Saint-Nazaire dont elle fut chassée par les bombardements ; elle trouva refuge à Loroux-Bottereau où elle décéda.

    3° Gabriel, avocat, dit « Benoist Vermouth » en raison de son alcoolisme, parfois confondu avec son neveu et homonyme. Il était un ami de jeunesse d'Aristide Briand, et fut envoyé par lui comme témoin avec Hippolyte Durand, (fils du docteur Hippolyte Durant), comme témoins, le 8 septembre 1884, pour un duel de réparation exigé par Briand au conseiller municipale Esseul, (marchand de plâtre, individu sans instruction et d'une rare grossièreté et arrogance, décédé le 14 septembre 1930 à l'age de 94 ans), pour l'avoir traité de « saltimbanque ». Esseul qui ne savait pas manier une arme, déclina, et l'affaire en resta là.

     

     Il y eut aussi à Saint-Nazaire, un assureur durant plus de 40 ans rue du Traict, René Benoist, et qui était réputé être le neveu du docteur Alcide Benoist. En réalité c’était un cousin éloigné. Louis-René Benoist était né le 25 août 1857 à Neuville-du-Poitou, fils de Ferdinand-Louis-Clément Benoist, natif de Benassay-Lavausseau, cousin-germain d’Augustin Benoist, docteur en médecine, et d’Éloïse-Augustine Humequin. René Benoist avait été durant 22 ans journaliste à paris avant de s’établir à Saint-Nazaire, où il fut en plus de son activité d’assureur qu’il n’abandonna, malgré son grand âge, qu’à la suite des bombardements, correspondant de l’Agence Havas. Pratiquant l’aéronautique en ballon, il était, à l’occasion du tour de France, survolé en avion la ville le 14 juillet 1939. Il eut une fille, veuve en 1915 avec deux enfants.

     

     

     

     

     

    [1] Pour connaitre l’histoire du Bois Savary, consultez notre article : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2016/03/04/le-bois-savary-5769406.html

    [2] Il y avait aussi un square à son nom, mais il fut remplacé par le parking de la rue Louis Lumière.

    [3] Renseignements fournis par madame Mathilde Pateyron Gallet.

    [4] Sans lien avec les Benoît de La Baule-Escoublac.

    [5] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/04/08/consuls-et-vice-consuls-nazairiens-6142257.html

    [6] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/07/31/notes-sur-la-famille-durand.html

    [7] Issu d’une famille malouine, il hérita du château de Montmarin qu’il vendit.

     

     

     

  • Notes sur les familles Poussié et Thomas de Closmadeuc

    La famille Poussier est originaire de Lozère, elle s’est illustrée à Saint-Nazaire avec deux chirurgiens, et laissa son nom à une clinique située à l’angle des rues de Pornichet et François Madiot, (bâtiment actuellement muré en attente d’un avenir).

     

    clinique, Poussié, Closmadeuc, saint-nazaire

    La clinique Poussié en 1905

     

    I°  Antonin-Clément-Julien Poussié, (Marvejols 5 mars 1848 - Saint-Nazaire 4 juin 1923), Conservateur des Hypothèques à Saint-Nazaire, marié le 2 octobre 1876, à Saint-Flour, avec Andrée-Claire-Alix Reynard, (Clermont-Ferrand 7 août 1855- Saint-Nazaire 4 décembre 1928), d’où :

    1° Louise-Amédée-Claire-Jeanne (Saint-Chély-d'Apcher 22 septembre 1877 – Saint-Nazaire 22 mai 1913), épouse de Marcel-Anatole Thomas de Closmadeuc, (voyez après) ;

    2° Marc-Raoul, qui suit.

    II° Marc-Raoul Poussié (octobre 1879- La Baule-Escoublac 20 mai 1947), chirurgien, fondateur de la clinique Poussié à Saint-Nazaire, soigna en sa clinique l’aventurière Marthe Richard, (celle qui ferma les maisons closes en France), après son accident d’avion survenue le 31 août 1913 à La Roche-Bernard ; époux d’Alice Labourdette, (1884-1972), d’où :

    1° Marthe Poussié, (Saint-Nazaire 14 mars 1911 – Paris 28 septembre 2004), épouse de : 1er 29 mars 1932 à Saint-Nazaire avec Pierre-Marie Blondeau, (né le 2 avril 1905 à Auch), chirurgien, divorcée le 2 décembre 1935 ; 2ème le 25 juin 1938 à Paris avec John Linton, (Paris 2 mars 1911 – Paris 20 janvier 1948), d’où postérité du second lit ;

    2° Henry Poussié, (Saint-Nazaire 16 novembre 1914 – Saint-Nazaire 29 mars 1935) ;

    3° Louis-Raoul Poussié, (Saint-Nazaire 5 juin 1917 - La Baule-Escoublac 28 mars 1958), chirurgien, s’illustra en opérant à l’hôpital durant 48 h avec les docteurs Allaire, Jacquerod, Gentin, Avril et Jégo, les blessés du bombardement du 17 novembre 1947, qui laissa postérité.

     

    La famille Thomas de Closmadeuc est une famille de la bourgeoisie bretonne dont la filiation remonte à l’an 1598.

    Armoiries : D'azur au mât de navire, gréé d’or, pavillonne d'argent ; broché d’une fasce d'argent, chargée de trois taus de gueules.

     

    I° Marcel-Anatole Thomas de Closmadeuc, (La Roche-Bernard 25 mai 1874 - 10 mai 1952), pharmacien à Saint-Nazaire, fils d’Eugène-Hyacinthe Thomas de Closmadeuc, notaire à La Roche Bernard, (1832-1915), et de Marie Langloit, (1833-1926) ; marié : 1er le 10février 1903 à Clamecy avec Louise-Amédée-Claire-Jeanne (Saint-Chély-d'Apcher 22 septembre 1877 – Saint-Nazaire 22 mai 1913) ; 2ème le 12 février 1920 avec Marcelle Léonard ; d’où :

    Du premier lit :

    1° Geneviève-Andrée, (Saint-Nazaire 30 mars 1907 - Le Chambon-Feugerolles 31 mars 2007) ;

    2° Simone-Antoinette, (Saint-Nazaire 10 août 1909 - Les Pavillons-sous-Bois 12 août 2000) ;

    Du second lit :

    3° Armelle

    4° Jean-Yves, époux de Marguerite Louboutin, d’où postérité ;

    5° Nicole

    6° Nicole, épouse de Roger Peyrot, d’où postérité ;

    7° Rozenn, épouse de Roger Mandement, d’où postérité ;

    8° Soizick, épouse de 1er Jacques Guy ; 2ème Jean Fréour.

     

     

    Les membres des familles Poussier et Thomas de Closmadeux sont inhumés au cimetière de La Briandais.

  • Consuls et vice-consuls nazairiens

    Plusieurs de nos lecteurs ont été surpris, à la lecture de nos articles consacrés aux Protestant de Saint-Nazaire[1], à Marc Hélys[2], et à la Villa Victor[3], furent surpris, donc, d’apprendre qu’il y avait eu des représentations diplomatiques à Saint-Nazaire.

    Les Nazairiens sont tellement habitués à ne voir barboter dans les bassins du port que des géants d’acier en construction ou en réparation qu’ils ont occulté le fait que le port a été initialement construit pour le trafic maritime, et qu’il y avait, outre les voyageurs et marins en provenance du continent américain et du Nord de l’Europe, différentes communautés étrangères résidentes.

    Il est vrai qu’après la seconde-guerre-mondiale le Gouvernement décida de favoriser le Havre en matière de transport, et ne laissa à Saint-Nazaire « que » la construction navale, avec un projet de port industriel qui ne vit finalement jamais le jour, et pour lequel on avait poussé les murs des bâtiments du Vieux Saint Nazaire, de la rue Henri Gautier, et justifié le déplacement de la gare au bout d’un terre plain nouvellement gagné sur les marais de Prézégat. Projet qui, précisons-le, avait été organisé dès le bombardement de mars 1943 en s’appuyant sur un plus ancien qui voulait déjà envoyer la gare à Méan dans le but de dégager les terrains le long du bassin de Penhoët.

    Tout cela fit que tous ces ressortissants étrangers ne revinrent jamais à Saint-Nazaire, et que les représentations diplomatiques nazairiennes disparurent. Il ne reste que quelques portes drapeaux fixés à des balcons et bowwindows de demeures bordant le boulevard Wilson pour rappeler ce temps où les pavillons de pays lointains émaillaient nos rues.

     

    Le sujet des délégations diplomatiques à Saint-Nazaire a été écarté par nos deux grands historiens locaux, Henri Moret et Fernand Guériff, et nous n’avons pas trouvé de publication consacrée à ce sujet. Notre approche semble donc inédite, et nous la livrons après avoir consulté le Moniteur Universel, le Journal Officiel, les almanachs commerciaux et du Gotha, et puisé dans la mémoire nazairienne.

     

    Les dates indiquées sont celles des exequatur accordés par la France.

     

    1857, la Prusse et le Royaume de Suède-et-Norvège :

    Les royaumes de Prusse et de Suède-et-Norvège furent les premiers états à se faire représenter à Saint-Nazaire dès janvier 1857 avec la même personne : G.-H. Boulard, vice-consul du Royaume de Suède-et-Norvège, et agent consulaire pour la Prusse. En 1869 les représentations furent séparées :

     

    Suède-et-Norvège : Thierry Smits, vice-consul en mars 1869 ; remplacé par le vice-consul de Danemark Joos van Ameyden van Duym agent consulaire en 1871, promu vice-consul en février 1874, (il fut aussi représentant des Etats-Unis d’Amérique et du Danemark)[4].

     

    À la suite de l’indépendance du royaume de Norvège en 1905, Joos van Ameyden van Duym devint vice-consul de ce pays en juin 1906 ; Victor Dupin (1854-1916), directeur de la succursale nazairienne de Hailaust et Fils, vice-consul en juillet 1908, dont nous avons déjà parlé ; monsieur A.J.M Bellan vice-consul en 1919.

    Consul, consulat, saint-nazaire, Prusse Suède, Norvège, Allemagne, Espagne, Uruguay, États-Unis d’Amérique, Danemark, Salvador,Pérou,Italie, Mexique, le Guatemala, Nicaragua, Colombie, Russie,  Belgique, Pays-Bas, Chili, Venezuela   , République dominicaine,  Brésil , Haïti ,  Honduras, Portugal, Royaume-Uni , Équateur, Grèce, Autriche-Hongrie , Monténégro, Argentine, Cuba, Panama , Bolivie, Costa Rica , Roumanie

    Immeuble du 59 rue de La Paix qui abritait le consulat de Norvège,

    (Photographie David Silvestre)

     

     

    Le royaume de Suède désigna A. Gautier comme vice-consul en 1907 ; à qui succéda en 1919 H.P. Mosesson.

     

    L’empire allemand ayant été proclamé le 18 janvier 1871, la représentation de la Prusse devient celle de l’Allemagne : L.-R.-Th. Quirouard, agent consulaire en octobre 1872, puis vice-consul en 1877 ; H. Zelling, vice-consul en 1882 ; J. O’Hagan vice-consul en 1884 ; René Le Bozec, vice-consul en juin 1892.

     

    1859, L’Espagne :

     

    Luis Genú y Regio, vice-consul en juin 1859 ; Damaso Ruis de Lazurriaga en avril 1870 ; Federico Moreno y Albareda, vice-consul en décembre 1874 ; José-Maria-Fernandez Quiros, vice-consul en 1876, puis consul en mars 1877 ; Mariano Brusola y Tellez en décembre 1881[5] ; Emilio de Pereira 1889, qui fut suppléé, ainsi que ses suivants, par un vice-consul ; Rafael Acquaroni en décembre 1893 (L. Gabard vice-consul) ; Juan -Manuel Bel y Serrano consul en décembre 1902 ; Ferez del Pulgar consul en 1913 ; I. Plana en 1919 ; T. de La Guarda consul en 1922 ; Guy de La Grancière agent consulaire en juin 1929.

     

     

    1860, l’Uruguay et les États-Unis d’Amérique :

     

    Si le consulat des États-Unis d’Amérique n’eut qu’une existence éphémère, et fut rapidement remplacé par des agents consulaires, et l’Uruguay avec un vice-consulat, fut constamment présent jusqu’à l’entre-deux-guerres.

    L’Uruguay fit succéder deux membres de la même famille, Edouard Gallès père, et Edouard Gallès fils. Les Gallès ont été aussi les deux premières personnalités de confession juives qui se sont distinguées à Saint-Nazaire. Edouard Gallès père, (1801-1868), qui faisait du commerce maritime, avait débuté comme vice-consul du Brésil à Bordeaux, et s’était distingué par sa personnalité autant que par ses poésies et odes, qui ont mal vieillies mais qui eurent leur temps un certain succès[6]. Son poème « Hommage à LL. MM. L’empereur Faustin et à l’impératrice d’Haïti, le Nègre esclaves dans le Brésil élevant son âme vers l’empire haïtien », publié chez Dubuisson et C° à Paris en octobre 1858, quelque mois avant la chute du dictateur, lui valut une décoration. Il en possédait d’ailleurs un certain nombre, dont la plus importante était celle d'Officier de l’Ordre de Charles III d’Espagne. Il était aussi membre de l’Institut Historique de France[7]. C'est en grande partie à Edouard Gallès père que Saint-Nazaire doit d'avoir obtenu l'exclusivité des lignes Transatlantiques vers l'Amérique-Centrale, dite Ligne des Petites et Grandes Antilles. Consulté en 1857 par la Commission parlementaire  qui devait attribuer les lignes maritimes, il défendit bec-et-ongle Saint-Nazaire, alors que les journaux de Bordeaux et du Havre lancèrent contre lui des attaques. (il est regrettable qu'on ait pas à Saint-Nazaire donné son nom à une rue.) 

    Âgé et malade, était reparti à Bordeaux en 1867, où Charles Ceylis, mirliton local, lui écrivit une ode en martyrisant Calliope. Edouard Gallès père avait laissé ses affaires nazairiennes à son fils, qui reçue à son tour l’exequatur de l’Uruguay, et conserva cette fonction jusqu’à son décès. En 1888 B. Lagrange devint vice-consul, puis ce fut E.-Louis Bernard en octobre 1903 encore en 1912

     

    Les États-Unis d’Amérique : le nom de leur premier consul était Routrée. Il fut remplacé par Joos van Ameyden van Duym, (déjà cité) agent consulaire en octobre 1867 ; Henri-Prince Sutton, le vice-consul britannique, fut agent commercial en 1882 ; il lui succéda Thomas Saukey en juin 1899. En raison du débarquement des troupes étasunienne en 1917, qui multiplièrent par deux le nombre d’habitant à Saint-Nazaire, Gabriel Bie Ravndal reçu l'exequatur de consul général en janvier 1918.

     

    1861, le Danemark :

     

    Gustave Boucard, vice-consul en 1861; François-Clément-Constant Boudet, vice-consul en janvier 1873 ; Joos van Ameyden van Duym, vice-consul en 1881, (déjà cité comme représentants des Etats-Unis d’Amérique) ; M.A. Bourcard en 1898 ; Appolon-Aimé-Charles-Joseph La Touche, vice-consul, (fut aussi consul du Guatemala) ; Max La Touche, fils du précédent, vice-consul en 1910, (aussi consul du Guatemala en 1911 et du Portugal en 1917, puis de la République dominicaine en 1922).

     

    consul,consulat,saint-nazaire,prusse suède,norvège,allemagne,espagne,uruguay,États-unis d’amérique,danemark,salvador,pérou,italie,mexique,le guatemala,nicaragua,colombie,russie,belgique,pays-bas,chili,venezuela,république dominicaine,brésil,haïti,honduras,portugal,royaume-uni,Équateur,grèce,autriche-hongrie,monténégro,argentine,cuba,panama,bolivie,costa rica,roumanie

    Apollon-Aimé-Charles-Joseph La Touche durant la semaine maritime de 1908. Ce fut pour lui l'occasion de réceptionner le prince Axel de Danemark, cadet de la marine danoise à bord du Hendal.

     

    Les La Touche, père et fils, négocients, place des Bassins, dont les entrepôts portaient le long des quais le nom en grandes lettres, qui était se trouvaient moqués en « La Touche et la prend » en raison de leur accumulation de titres consulaires et leur course aux décorations qui frisaient le ridicule.

     

     

    1862 l’El Salvador :

     

    Eugène Rozier, vice-consul avril 1862 ; Francisco de Paolo Calcaño, vice-consul en 1879, (aussi consul du Chili) ; Charles Robert vice-consul en juillet 1892 (aussi consul du Honduras) ; A. Evain, consul en 1895, supplée d’un vice-consul. Entre 1895 et 1898 le pays fut réuni à la Grande république d’Amérique central (avec le Nicaragua et le Honduras), Eugène Carré en fut nommé consul en octobre 1896 ; à nouveau indépendant : F.-T. Laurent consul en 1921.

     

    1864, le Pérou et l’Italie :

     

    Le Pérou fut présent dès 1864 avec un consulat partagé avec Nantes : Abertini consul ; Jean-Baptiste Bourbeau, (1814-1878), surnommé « Batista », consul en 1868, (il fut aussi représentant du Chili, du Venezuela, et du Guatemala)[8] ; M. O. Rojas en 1870 ; E. Patron, consul 1877 ; Alexandre-K. Coney, consul du Mexique, fut désigné co-gérant du consulat en 1881 avec F.-F. Leblanc consul du Chili ; Gustave Laganry vice-consul en 1890 pour Nantes et Saint-Nazaire ; Manuel Uscategui Toro consul en décembre 1882 ; C. Arosemena y Jofré consul général en 1893, secondé de A. Lepré vice-consul ; Edouard de Patron consul en 1894 ; C. Arosemena y Jofré à nouveau en 1896 avec Gustave Laganry vice-consul ; A. Lepré consul pour Nantes et Saint-Nazaire en 1898 ; C. Arosemena y Jofré à nouveau en septembre 1903 ; Gaillermo de Heredia, consul avec juridiction sur les départements de Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Morbihan, et Mayenne en août 1917 ; Manuel-Angel Velarde, consul avec juridiction sur les départements de Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Morbihan, et Mayenne en septembre 1918 ; Carlos Anderson comme vice-consul en janvier 1920 ; Elie Creston consul pour Nantes et Saint-Nazaire en novembre 1906 ; E. Althaus, vice-consul en 1922 ; Max Latouche vice-consul en mars 1939 avec juridiction sur les départements de Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Morbihan, et Mayenne.

     

    Italie : Jean-Pierre Aubré, délégué consulaire du royaume d’Italie en 1864 toujours en fonction en 1890 ; Adrien Baudet agent consulaire en 1895 ; Adophe Cotton agent consulaire en novembre 1920

     

     

    1866, le Mexique, le Guatemala et le Nicaragua, la Colombie, et la Russie :

     

    Le Mexique désigna comme consul à Saint-Nazaire : Thomas Vial. Lui succédèrent : M. Maneyro, désigné comme agent commercial en 1873 ; Maneyro consul en 1875 ; Alexandre-K. Coney fut nommé consul en 1879, et assura aussi la représentation péruvienne. Ayant été promu à Paris, il fut remplacé par Carlo Americo Lera (1853-1926), dont nous avons retracé la carrière dans l’article consacré à son épouse Marie, femme de lettres sous le nom de Marc Hélys. Promu secrétaire d'ambassade de première classe au Guatemala le 6 novembre 1890 Carlos Américo Lera fut replacé par Platon Roa, consul général en décembre 1890, secondé par E. Carvalo nommé chancelier ; remplacé ensuite par : le docteur Salvador Quevedo y Zubieta consul général en mai 1908 ; Federico L. de La Barra en novembre 1911 ; G. de Heredia en 1918 ; Ramon Lera, (fils de Carlo Amicano), consul en mars 1923 avec pour vice-consul L.F. Castro.

     

    Le Guatemala et le Nicaragua furent représenté conjointement par : Adolphe Bouret, consul en août 1866.

     

    Puis le Guatemala seul par : Jean-Baptiste (Batista) Bourbeau, (déjà cité), vice-consul en mai 1867 ; Battendier consul en 1872 ; Etienne-Guillaume Robert consul en décembre 1882, (il le sera aussi d’Haïti) ; puis Appolon-Aimé-Charles-Joseph La Touche, consul décembre en 1886, (déjà comme vice-consul du Danemark) ; Max La Touche, fils du précédent, (déjà cité comme vice-consul du Danemark et du Portugal), consul en août 1911.

     

    Nicaragua seul : Auguste Saint-Ange-Bossière consul en décembre 1881, puis 

     

    La Colombie, (sous les différentes formes de son nom, (Nouvelle-Grenade, Etats-Unis de Colombie, Colombie) : Simon Coste[9], consul en mars 1866, (il le sera ensuite de Belgique) ; Proto Gornez, consul en février 1867, suppléé d’un vice-consul ; Sallustien Villar consul en mai 1868 ; Fernando Conde consul en novembre 1868 ; A. Paez consul en 1871 ; Nicolas Perdra Gamba, consul en novembre 1871 ; Rodrio S Pereira consul en janvier 1873 ; Gutierrez consul nommé fin 1873 ; Guzman consul en 1874 ; L. G. Rivas consul en 1875 ; P. Flore consul en 1876 ; L. Angulo consul en 1881 ; M. Uscategui Toro consul en 1883 ; Domingo Cajiao Caldas consul en août 1884 ; Ramon Gœnaga en novembre 1884 ; J. Laborde consul en 1886 ; Carlos Benedetti consul en novembre 1890 ; Nicolas J. Casas consul en juillet 1895 ; Nicolas Casas consul en octobre 1901 ; Rafael Osorio consul en janvier 1903 ; Francisco Vergara Baros consul en 1905 ; Luis Enrique Bonilla, consul en janvier 1907 ; Rufino Cuervo Marques consul en mars 1908 ; Ricardo Sanchez Ramirez consul en novembre 1910 ; J. Moya Vasquez consul en 1912 ; Carlos Arbelaez Urdaneta en décembre 1914 ; Julio-M. Ferandez consul en juillet 1919 ; C. Tamayo consul en 1922 qui assurait aussi la représentation du Costa Rica… Les consuls de ce pays changeaient tellement souvent que les invitations étaient rédigées au seul « monsieur le consul », sans mention du patronyme, et on les identifiait dans les salons à leurs décorations à la boutonnière !

     

    La Russie eut dès 1866 un agent consulaire et commercial pour la représenter à Saint-Nazaire : Lucas Huette, qui fut promu vice-consul en 1881, et vit ses fonctions être entendus à Nantes en 1884 ; Adrien-Eugène Daguzan, vice-consul en septembre 1915. Ce vice-consulat fut supprimé par le régime soviétique en 1922.

     

     

    1868, la Belgique, des Pays-Bas, du Chili et du Venezuela :

     

    La Belgique eut : Simon Coste, (déjà cité), consul en 1868 ; Henri Gustin-Stoll, (1826-1890), en septembre 1886 ; Henri Gustin-Stoll fils, consul en novembre 1890[10] ; J.-Emile-Adrien Daguzan, (1867-1941), consul en septembre 1935 qui était aussi vice-consul Pays-Bas.

     

    Les Pays-Bas : Thiery Smits, vice-consul en mai 1868, Luppo-Everliadus Zelling vice-consul en février 1874[11] ; Georges Fourchon vice-consul en février 1883 ; J.-Emile-Adrien Daguzan, vice-consul en juillet 1895 jusqu’à son décès en 1941.

     

    Le Chili et le Venezuela eurent pour vice-consul en commun de 1868 à 1872 Jean-Baptiste Bourbeau, (déjà cité), promu consul du Venezuela en août 1870, avec Screiber comme vice-consul.

     

    Puis le Venezuela nomma seul : Bermudez consul et Bergeaud comme vice-consul en 1876 ; Francisco de Paolo Calcaño consul en 1880, (aussi vice-consul de l’El Salvador) ; Benjamin Lagrange consul en février 1888, secondé d’un vice-consul en 1890 ; Ilosendo Blanco consul en juillet 1895 ; Lagrange en 1896 ; R. Hurtaldo consul en 1913 ; P.E. Cardenas consul en 1915 ; Asejivlo Negretti consul en juillet 1916 ; Hector Pietri consul avec juridiction sur les départements de Loire-Inférieure, Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Morbihan, Mayenne, Sarthe, Deux-Sèvres, Viennes, et Vendée en octobre 1938.

     

    Le Chili seul : Nicolas Pereira-Gamba consul en 1872 ; F.-F. Leblanc consul en 1880, (nommé cogérant du consulat du le Pérou en 1887) ; Anibal Leblanc chargé en 1890 ; Césars Flores Blanco consul en janvier 1914 L. E. Femandez consul en 1917 ; B. Flores Blanco en 1923.

    Consul, consulat, saint-nazaire, Prusse Suède, Norvège, Allemagne, Espagne, Uruguay, États-Unis d’Amérique, Danemark, Salvador,Pérou,Italie, Mexique, le Guatemala, Nicaragua, Colombie, Russie,  Belgique, Pays-Bas, Chili, Venezuela   , République dominicaine,  Brésil , Haïti ,  Honduras, Portugal, Royaume-Uni , Équateur, Grèce, Autriche-Hongrie , Monténégro, Argentine, Cuba, Panama , Bolivie, Costa Rica , Roumanie

    Le consulat du Chili vers 1905, la maison fut remplacée à la fin des années 1930 par l’immeuble actuel situé au 49 boulevard du Président Wilson.

     

     

    En 1869 la République dominicaine, le Brésil et Haïti :

     

    République dominicaine : Auguste Chérot, consul en mars 1869 ; Alfred Mercier, consul en 1884 ; François-M. L’Houen, consul en 1891 ; François Moreau consul en juillet 1907 ; Gaston-Charles La Touche en 1910, aussi consul du Portugal, mobilité en 1914, tuée en 1916[12] ; Max La Touche, son frère, le remplaça.

     

    Brésil : Émile Chevalier, vice-consul en juin 1869 ; nous ignorons les noms des représentants suivants jusqu’à celui de C. Flores Blanco, vice-consul en 1904.

     

    Haïti : Paul-Charles-Théodore Eudel consul octobre 1869, personnalité oubliée des Nazairiens mais bien connue à Nantes où une rue porte son nom, il était né au Crotoy (Somme) le 20 octobre 1837. Armateur et négociant d’abord à Nantes, puis à Saint-Nazaire. Célébre collectionneur et chroniqueur d'art en son temps, sous différents pseudonymes il produisit différents ouvrages traitant d’art et de voyages, l’opuscule « Locutions nantaises » en 1884, collabora à l’écriture de plusieurs pièces. En 1884 il fut remplacé comme consul par Etienne-Guillaume Robert, mais repris ses fonctions en 1890. Il décéda le 18 novembre 1911 à Cellettes.

    Consul, paul eudel, consulat, saint-nazaire, Prusse Suède, Norvège, Allemagne, Espagne, Uruguay, États-Unis d’Amérique, Danemark, Salvador,Pérou,Italie, Mexique, le Guatemala, Nicaragua, Colombie, Russie,  Belgique, Pays-Bas, Chili, Venezuela   , République dominicaine,  Brésil , Haïti ,  Honduras, Portugal, Royaume-Uni , Équateur, Grèce, Autriche-Hongrie , Monténégro, Argentine, Cuba, Panama , Bolivie, Costa Rica , Roumanie

    Paul Eudel

     

    En 1870 le Honduras :

     

    Atys Goy consul en juin 1870[13] ; Charles Robert consul en 1887, (aussi vice-consul de l’El Salvador) ; entre 1895 et 1898 le pays fut réuni à la Grande république d’Amérique central (avec le Nicaragua et l’El Salvador), Eugène Carré fut nommé consul en octobre 1896 ; redevenu indépendant, sa représentation nazairienne resté à Eugène Carré ; E.J. Crenaud consul en 1919 ; François Barbier consul en 1923 ; Léon Rotte, consul en juin 1926.

     

     

    1873, le Portugal :

     

     Damaso Ruiz Lazuriaga vice-consul du Portugal en janvier 1873 ; Gaston-Charles La Touche, déjà cité, en 1911.

     

     

    1874, le Royaume-Uni :

     

    L’ouverture de la ligne de la Royal Mail avec la France par Saint-Nazaire fit que le Royaume-Uni nomma Henri-Prince Sutten vice-consul, qui fut aussi agent commercial des U.S.A.. Lui succédèrent : Harry Elford Dickie vice-consul en mai 1889 ; Emile Mary, vice-consul en 1895 ; Alfred Triollot vice-consul en janvier 1908 ; Cecil William Cove agent consulaire août 1914 ; W. Cove, vice-consul en 1915 ; G.W. Huggins vice-consul en 1919 ; S.A. Mc-Intosh vice-consul en 1920.

     

     

    1877 l’Équateur :

     

    Enrique Gaspard vice-consul en 1877 ; H Dorn y Alsua, vice-consul en 1887 ; C. Rendon Perez, vice-consul en 1894 ; A. E. Calderón, vice-consul en 1898 ; Mario B. Espinel consul en novembre 1902 ; Cuellar del Bio Guarderas, consul en 1912 ; Alberto Arrate, consul en juillet 1920 ; B. Esinet, consul en janvier 1923; Fernando Maidonado, consul en août 1926.

     

    1892, la Grèce et l’Autriche-Hongrie :

     

    La représentation diplomatique de ce pays nous est mal connue. Citons cependant : Émile Mary, vice-consul 1892, (il le fut aussi du Royaume-Unis en 1895) ; Demetrius Amira, (Directeur Général de l'Énergie électrique de la Basse-Loire), vice-consul de Grèce en avril 1938.

     

    L’Autriche-Hongrie eu un représentant commercial en 1892.

     

     

     1897, le Monténégro :

     

    1. Barbier, consul en 1897 de la pricipauté puis du royaume de Monténégro. Consulat disparu avec l’annexion du Monténégro par la Serbie en 1918.

     

     

    1900, l’Argentine :

     

    1. de Nion, consul en 1900.

     

     

    1904, Cuba :

     

    1. Tejedor, vice-consul en 1904 ; Auguste Guillouet, vice-consul en août 1906 ; A.G. Garcini, vice-consul en 1908 ; Alfredo Lopez Trigo, vice-consul en décembre 1909 ; Prospero Pichardo y Arredondo, vice-consul en octobre 1911 ; Alfredo Zayas y Arrieta, vice-consul en novembre 1912 ; Luis Valdes Roig vice-consul en avril 1915

     

     

    1906 ; le Panama :

     

    José Paredes, consul en 1906 ; A. Uribe, consul en 1908 ; Fabio Rios, consul en 1910 ; Julis Valdès, consul en juillet ; Carlos Zachrisson, consul en février 1912 ; Fabio Rios, consul en avril 1913 ; C.F. Blanco consul en 1920 ; Evenor Ilay, consul en avril 1937.

     

     

    1907, la Bolivie :

     

    Edouardo Wolff consul en mai 1907

     

     

    1914, le Costa Rica :

     

    C.F. Blanco, consul en 1914 ; Auguste Richard, consul en septembre 1924.

     

     

    1921, la Roumanie :

     

    de Rouard, consul pour Nantes et Saint-Nazaire en 1921.

     

     

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/03/08/les-protestants-de-saint-nazaire-6134427.html 

     

    [2] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/04/04/mari-lera-saint-nazaire-iyi-ak%C5%9Famlar-6141565.html 

     

    [3] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2018/06/21/la-villa-victor-a-porce-6061203.html

     

    [4] Né en 1843, il était le fils d’Abraham van Ameyden van Duym et d’Anna Dorothea Julia Nissen. Il avait épousé Jeanne-Marie Laurent, dont il eut une fille, Reine-Gabrielle, née en 1866, qui épousa le 7 octobre 1885, à Saint Nazaire, Louis-Auguste-Raymond Robinet de Plas, agent des postes et télégraphe à Saint-Nazaire (1859-1944) qui succéda à son beau-père dans le négoce.

     

    [5] Il fut ensuite envoyé en juin 1889 à Sète, puis à Paris en 1900.

     

    [6] L'Univers israélite : journal des principes conservateurs du judaïsme, de septembre 1868 lui consacra une courte nécrologie.

     

    [7] Société savante fondée en 1833 et disparue en 1957 qui avait pour but de propager et de perfectionner les études historiques.

     

    [8] Né à Poitier le 26 octobre 1814, issu d’une famille notaire dont la filiation suivie est à Poitier depuis 1516, fut capitaine de frégate, agent de la Compagnie Générale Transalantique à Saint-Nazaire, chevalier de la Légion d’Honneur. Il avait épousé le 30 juin 1845 Laure Oseli (décédée à Paris le 9 juin 1881), dont il eut :

    1° Marie-Joseph-Ravmond, (24 juin 1848 - à Saint- Nazaire 3 mars 1867) ;

    2° Eugénie-Marie-Thérèse, née le 4 juin 1850 ;

    3° Marcel-Jean-Baptiste-Julien, né à Toulon, le 10 mars 1834, marié à Paris, le 7 juillet 1887, à Eugénie

    Mein ;

    4" Marie-Louise-Georgette-Eugénie, née à Toulon le 14 juillet 1861.

     

    [9] Représentant de la maison Haentjen à Saint-Nazaire, mort à Bourguenais le 22 mars 1895. Il était originaire du Croisic, et avait épousé Amélie-Louis-Marie Béatrix, dont il eu pour fils Henri, marié avec Marie-Amélie-Léontine Benoist, nièce du docteur Alcide Benoist. - Il était le cousin des frère Émile-Joseph Coste, (1814-1878), sauveteur en mer fameux, Jules Coste, (1826-1897), supérieur du Petit-Séminaire de Valognes, et Yves-Edouard Coste, (1824-1895), maire d’Auray de 1888 à 1896.

     

    [10] Henri Gustin-Stoll, (Chantenay juillet 1826  – Saint-Nazaire 7 septembre 1890), fils de Nicaise-Urbain Gustin, et de Françoise Stoll ; fournisseur de navires au quai de la Fosse à Nantes, puis à Saint-Nazaire à l’angle des quais Wattier et du Commerce. Il habitait rue Thiers. Époux de Clémentine Fraisse, (Nantes 18 août 1826 – Saint-Nazaire 2 décembre 1910), tout deux enterrés au cimetière de La Briandais ; d'où :

    1° Henri Gustin-Stoll, (né le 6 octobre 1860- Saint-Nazaire 1935 enterré au cimetière de La Briandais), négocient et agent maritime, agent maritime et négocient, associé à Adrien-Eugène Daguzan, chevalier de la Légion d’Honneur en 1905 ; époux de Louise Sentis, (1862- Laplume en Lot-et-Garonne le 19 février 1944), d'où 9 enfants et 22 petits-enfants ;

    2° Nancy, (1863-1909) épouse de Gabriel Houis, (†1909).

     

    [11] Propriétaire de la compagnie de transport maritime Zelling et C° à Saint-Nazaire.

     

    [12] Fils d’Apollon La Touche, né le 2 mai 1881 à Saint-Nazaire, en 1914 sous-lieutenant au 62ème régiment d'infanterie, mort de ses blessures le 26 janvier 1916 à Somme-Suippe (Marne).

     

    [13] Atys, courtier, consul du Honduras, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilariter. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut d’ailleurs le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps. À Propos de sa famille voyez : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/07/19/titre-de-la-note.html

  • Marc Hélys, Marie Lera, Saint-Nazaire, iyi akşamlar

    Souper à İstanbul, conversation avec la jeune-femme à ma gauche :

    « D’où venez-vous ?

     - Je suis d’une cité qui se nomme Saint-Nazaire.

    - Comme Marc Hélys ! »

    J'ai été stupéfait quelques secondes, non du fait qu’elle ait connaissance de l’existence de Saint-Nazaire, dans tous les grands ports du monde j’ai rencontré des gens qui savent le situer sur le globe ; non, j'ai été surpris que cette Stanbouliote connaisse Marc Hélys que les Nazairiens ont oublié.

    À İstanbul ma voisine de table s’avéra lettrée, elle a lu « Kapali Bahçe », traduction turque du livre de Marc Hélys « Le jardin fermé, Scènes de la vie féminine en Turquie », publié en 1908 en France, republié en Turquie en 2011, et, comme toutes les filles de la bourgeoisie kémaliste, elle a lu de Pierre Loti « Les Désenchantées », publié en 1906 en France, en Turquie en 1940, roman qui se voulait être le témoignage de la condition des femmes dans les harems à travers la correspondance de l’auteur avec une turque.

    Or, ce livre, « Les Désenchantées », est né d’une supercherie orchestrée par une nazairienne dont fut victime Pierre Loti en 1904…

    Pierre Loti[1], auteur français adoré en Turquie, et dont le premier roman, « Aziyadé »[2], se déroule en parti à Istanbul[3], séjournait en 1904 dans la capitale ottomane quand un jour se présentèrent trois femmes voilées disant vivre dans un harem. Loti, trop heureux de pouvoir converser en français avec des doubles de sa première héroïne, les reçue, discuta longuement avec elles de la condition des femmes dans les harems, entama une correspondance durant tout son séjour stanbouliote.

    En réalité ces trois femmes étaient Hadidjé-Zennour et Nouryé, deux des filles de Mehmed Noury Bey, secrétaire général du ministre des affaires étrangères, et madame Marie Lera, une écrivaine-journaliste nazairienne connue sous le pseudonyme de Marc Hélys.

     

    Marie Lera naquit Marie-Hortense Héliard le 2 juin 1864 à Saint-Nazaire, rue de Montoir, une rue aujourd'hui disparue sous le Building, face au bassin. Fille de François Héliard, (Granville 26 juillet 1829 – Saint-Nazaire 16 mars 1901, sa tombe est au cimetière de La Briandais), capitaine au long cour, commandant à la Compagnie Générale Transatlantique, et de Marie-Philomène Laborde, (Saint-Nazaire 15 août 1836 - Saint-Nazaire 2 mars 1918), sœur de monseigneur Laborde[4]. Le couple eut pour autres enfants :

    2° Charles François Helliard, Saint-Nazaire 23 juin 1866 – Saint-Nazaire 30 aout 1884) ;

    3° Paul-Marie, (Saint-Nazaire 17 mai 1868 - Saint-Nazaire 23 juillet 1868) ;

    4° Marie Amélie, (Saint-Nazaire 23 août 1869 – Lorris 6 décembre 1964) ;

    5° Paul-Mari-Alphonse, (Saint-Nazaire 21 décembre 1870 – Berchères-les-Pierres 16 janvier 1948), marié le 4 décembre 1908 à Madeleine Marie Zuierkormski ;

    6° Pauline Marie, (Saint-Nazaire 30 avril 1872 - Le Conquet 11 décembre 1971), mariée à Saint-Nazaire le 5 septembre 1904 avec Jules-Alexandre Ruel, (Choisy-Le-Roi 6 décembre 1864 - Le Conque 22 février 1949), inspecteur principal adjoint des chemins de fer PO ;

     

    7° Alphonse-Marie-Paul, (Saint-Nazaire 30 avril 1872 – Paris 7ème 18 octobre 1951), directeur de succursale de la banque Société Général ; marié 1er avec Elise-Madeleine-Charlotte Tachard, (d'où postérité) ; 2ème avec Yvonne-Louise-Amélie Mauplin.

     

    En 1870 la famille vivait au 34 de rue Villes-Martin, (aujourd'hui avenue du Général de Gaulle).

     

    Si le père de Marie était Normand, et son grand-père Charles Laborde basque, son arrière-grand-maternel Yves-Honoré Tartoué, né à Saint-Nazaire 3 décembre 1774, qui fut chargé du ravitaillement des troupes prussiennes cantonnées à Saint-Nazaire du 12 septembre au 22 septembre 1815, était d’une très ancienne famille nazairienne de meuniers, laboureurs et charpentiers de marine.

    Marie, née dans une famille fortunée et en vue, qui avait un rang à Saint-Nazaire, reçue une éducation soignée, baignant dans le respect de la religion catholique. On lui enseigna l’anglais, l'espagnol et l’italien, et sa gouvernante suédoise lui appris sa langue. Plus tard elle apprit le polonais.

    A Saint-Nazaire, on l’a oublié avec la Reconstruction et une politique d’État qui a voulu en faire une ville uniquement habitée d’ouvriers de chantier naval, fut aussi un grand port de voyage et de commerce, à la vie culturelle et artistiques non négligeable, et possédant une mixité sociale importante, ainsi qu’une population cosmopolite. Quand Marie fit son entrée dans le monde, elle fréquenta les bals et réceptions de la Compagnie Général Transatlantiques, de la mairie, et ceux organisés par les représentants des dix-huit corps consulaires établis à Saint-Nazaire. Parmi ces diplomates, était Carlos Américo Lera, avocat nommé consul du Mexique à Saint-Nazaire en 1883. Il était né espagnol à La Havanne en 1853, d'une famille originaire de Valladolid, mais été devenu mexicain à la suite de son mariage avec Edelmira Borrel Borrá, née à Guanajuato en 1855, fille de Ramón Borrell Can, entrepreneur en fournitures militaires, et d'Edelmira Borrás Many, dont il avait deux fils, Ramón, (né en 1880), et Carlos (né en 1881). Carlos a laissé la réputation d’un homme très beau, magnétique, qui ne se privait pas de séduire toutes les femmes, d’autant que son épouse était gravement malade depuis qu’ils s’étaient installés à Saint-Nazaire. Marie était elle-même considérée comme étant la plus belle-jeune femme de Saint-Nazaire, et avait une foule de prétendants. Subjugués mutuellement l’un par l’autre, ils commencèrent à se fréquenter, avec le consentement des parents de Marie qui pariaient sur la mort prochaine de l’épouse d’un si bon parti pour leur fille. Edelmira Lera décéda à Saint-Nazaire le 26 juin 1885. Le 10 août 1886 Marie épousa Carlos. Leur couple fut le plus en vue de la ville.

    Établis ensuite à Nantes, rue Gigant c'est là que naquit leur fille, (elle dira dans les années 1950 avoir eu des jumelles, mais c'est l'un de ses nombreux mensonges)Marguerite-Marie-Amélie, le 5 novembre 1888. Marie n'eut jamais la fibre maternelle, mais à cette époque là les mère de la bourgeoisie ne s'occupaient pas de leurs enfants.

    Le 6 novembre 1890, Carlos Américo Lera fut promu secrétaire d'ambassade de première classe au Guatemala et chargé d'affaires du Mexique pour l'Amérique centrale le 6 septembre 1891. Le 12 août 1893 il devint secrétaire d'ambassade de première classe et chargé d'affaires à Rome. Le 14 novembre 1894, il fut rappelé de son poste à Rome pour devenir député le 14 décembre 1894 au Parlement mexicain.

    Alors que Carlos Américo devint secrétaire privé du ministre des Affaires étrangères, Ignacio Mariscal, le 18 décembre 1895, Marie le quitta en lui laissant leur fille, mais en conservant le passeport diplomatique que la position de son époux lui conférait, et avec une belle pension qui lui permis de prendre un appartement à Paris. Le couple ne divorça jamais.

    Il faut dire que Marie s’était aperçue être attirée par les jeunes-femmes, ce qu'elle ne l'avoua jamais, mais qui transparaît dans ses écrits publiés et personnels, ainsi que par son comportement et ses relations. Elle raconta à sa secrétaire (bénévole) à Paris en 1950, que Carlos avait eu une aventure avec « sa sœur cadette », qu'ils avaient tenté de la supprimer par le poison, et qu'elle s'était réfugiée à l'ambassade de France avec sa fille, que l'ambassadeur l'avait fait quitter de pays de nuit à bord d'un bateau... ce qui nous le savons est totalement faux !

    Libérée de son époux et de sa fille, Marie choisit de voyager à travers le monde, se fit journaliste, traductrice, écrivain, s'engagea dans le féminisme. Cela début avec l’Afrique du Sud, où elle se documenta sur la guerre du Transvaal et rédigea « Les Petits Boërs » en 1900, édité par la Librairie Gedalge à Paris. Elle collabora dès cette année à la revue Le Mois Littéraire et Pittoresque, (et jusqu’à la disparition de celle-ci en décembre 1916), avec des textes qualifiés alors de féministes, des observations de voyages, personnels ou justifiés par des visites à sa fille qui suivait Carlos Américo au grès de ses affectations, (Pologne, Guatemala, Mexique, Inde, Suède, Italie, Japon), ainsi qu'à la revue Le Correspondant, dès août 1904 sous le pseudonyme de Marc Hélys, avec des observations de voyages, puis des traductions d'anglais, de suédois, polonais, d'espagnol, et d'italien sa langue de prédilection, des portraits de femmes publiques, puis activement avec des extraits de ses livres à partir de 1914 ; elle collabora à cette revue jusqu'à son entrée au Figaro en 1929. Elle s’essaya au roman avec « Laquelle ? », en 1903, publié sous le pseudonyme de Jean d'Anin, aux éditions Plon. Ce roman, initialement publié en feuilletons dans la revue Le Correspondant, est une bluette racontant les recherches amoureuses de deux jeunes filles, l'un éduquée aux Etats-Unis, l'autre en France, le première, indépendante, trouvant le mari idéal sans tenir compte de sa fortune pour indice de valeur, la seconde restant toujours en quête. Ce roman devait avoir une suite, qui ne fut jamais écrite.

    Au début de l’année 1904 elle vivait dans la capitale ottomane, ville où elle avait déjà séjourné en 1901 sur invitation de Mehmed Noury Bey, sur invitation de Mehmed Noury Bey, secrétaire général du Département des Affaires étrangères, rencontré à la Conférence de La Haye en 1899, alors qu’utilisant son passeport diplomatique, elle espérait y composer des articles à revendre aux journaux. Mehmed Noury Bey était surnommé à Constantinople « Le Français », car il était le fils de l'ingénieur métallurgique français, Hyacinthe Ulysse de Blosset de Grand de Chateauneuf, dit le comte de Chateauneuf, (Blosset était le nom de sa mère, son père était Grand de Chateauneuf), directeur des fonderies de Samalat, devenu sujet du Sultan et musulman sous le nom de Réchad Bey, Hadidjé-Zennour (née en 1884), et d'une circassienne prénommée Safyé, fille d'un notable de la cour impériale.

    Mehmed Noury Bey l’avait logé durant un peu plus de trois mois, lui avait présenté son épouse, Safye Melmed, son fils Rechad (1892-1962), et ses trois filles, Hadidjé-Zennour (née en 1884), Nouryé (née le 25 juin 1886), et Mihrinour (1897-1961).  Il avait finalement déterminé qu’elle n’était pas une personnalité très fiable. Il trouva qu'elle avait trop d'ascendance sur ses deux filles aînées. Quand Marie revint à Constantinople en avril 1904, elle avait pris ses quartiers chez une dame française, et renoua avec les deux filles aînées de Noury Bey avec lesquelles elle avait entretenu une correspondance soutenue. Hadidjé-Zennour avait épousé le 12 novembre 1903 Abdüllatif Safa Bey, secrétaire interprète du grand vizirat, de 16 ans plus âgé. Le couple vivait dans une demeure de conception européenne, meublée en style Louis XVI, mitoyenne de celle de Noury-Bey et de la délégation de Belgique, au quartier neuf de Taksim. Elle raconta plus tard l'avoir le menaça du divorce s’il n’obtenait pas immédiatement un poste de consul en Europe ou un secrétariat d’ambassade. Elle avait alors les symptômes de la tuberculose. Sa cadette, Nouryé, célibataire, passait ses journées chez elle. Dotées d’une bonne éducation, quoique superficielle, à l'image de toutes les jeunes-filles de bonne famille, elles parlaient parfaitement le français, l'anglais, le grec, le perse, et l'arabe, et s'étaient nourries de tous les romans qu’on éditait à Paris et des idées du mouvement des Jeunes-Turcs auquel la jeunesse dorée Constantinople adhérait aveuglément. Précisons ici que, même si les deux sœurs s'affirmèrent comme de pures turques par la suite auprès des journaux européens, mais leur père, Noury-Bey répétait son orgueil de son ascendance française, et que ses filles et lui n'avaient presque pas une goutte de sang turc, attendu que leurs ascendants ottomans étaient tous issus de femmes circassiens. Les deux jeunes femmes s’ennuyaient beaucoup, Marie en profita, les manipula et les poussa à la révolte autant qu’aux bêtises.

     

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    De gauche à droite, Marie Lera, Hadidjé-Zennour, et Nouryé, photographie prise par Valentine de Dudzeele, en 1904, qui servie de couverture au livre « L’envers d’un roman, le secret des « Désenchantées »

     

    Comme toutes les bourgeoises de Constantinople, Hadidjé-Zennour et Nouryé avaient adoré « Aziyadé » et rêvaient de rencontrer Loti, elles lui avaient écrit en 1901, mais il n’avait pas fait de réponse. Le rêve prit réalité quand elles apprirent en avril la présence du Romancier en ville. Il commandait alors le Vautour, avisor-torpilleur de la marine française, comme attaché naval de l'ambassade.

     

    Pierre Loti, considéré par les Turcs comme l’ami de la Turquie, était un écrivain mondialement connu. Ses romans, dont les actions ses déroulent au Japon, à Tahiti, en Bretagne, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, ont aujourd’hui très mal vieilli, et ne sont presque plus lus. De son vivant, il inspira des vocations de voyageurs et d’aventuriers, (c’est après avoir lu ses romans qu’Isabelle Eberhardt, encore mineure, partie vivre dans le Sahara Algérien et se convertie à l’Islam). Mais l’œuvre de Loti est orientaliste, et non une peinture réelle des pays où il situait l’action de ses romans, encore moins de leur mœurs. Loti, officier de marine, l’un des pères de l’autofiction, était avant tout un rêveur qui inventait des histoires avec une vision des pays où il séjournait recomposée pour lui plaire, qui se plaignait dans son journal de l’occidentalisation du monde, (ses lignes à propos des souks de Beyrouth sont édifiantes). La Bretagne de Loti est considérée par les Bretons comme une « bignouserie », et l'on peut dire tout autant que sa vision de l’empire Ottoman  et des turcs plus qu'une « turquerie », elle est « loukoumesque », car il niait le fait que l’Empire était cosmopolite, que Constantinople et Smyrne, (aujourd’hui İzmir), villes où il séjourna, étaient surtout peuplées de chrétiens hellènes et arméniens, que les Turcs qu’ils fréquentaient appartenaient à l’élite, non au peuple réel, et que tous vivaient à l’occidentale, sauf les plus pauvres. Les gens qui connaissaient les pays où Loti situait l’action de ses romans ne manquaient de critiquer et de dénoncer les incohérences, mais Loti vivait dans un nuage de gloire, et ses lecteurs étaient essentiellement des gens qui n’avaient jamais voyagé hors d’Europe. Loti inventait un Orient de théâtre inspiré d’époques révolues, tout autant qu'il s'inventait lui-même. En Louis II de Bavière de la littérature, il écartait la réalité qui tuait ses rêves. Pourtant, Loti connaissait très bien les affaires politiques et diplomatiques ottomanes, et maîtrisait les bases de l’Islam classique.

    Pierre Loti était réputé comme étant inaccessible. Il était surtout très occupé par ses fonctions à Constantinople. Marie imagina un stratagème pour le rencontrer. Une lettre en français fut déposée à son intention : « Avez-vous oublié Aziyadé, et ses sœurs ne vous intéressent-elles donc plus ? ». Elle était signée Nour el Nissa, ce qui n'est pas anodin, car il signifie « Lumière des femmes », le mot lumière étant ici à comprendre au sens divin de guide. Loti fit répondre, en poste restante, dans l’un des bureaux d’une poste étrangère qui avait une succursale à Constantinople, par son secrétaire. Il exprima dans ce courrier tapé un doute quant à une possible mystification. Marier Lera lui répondit par une lettre courte qu'il n'y avait pas à s'inquiéter tout en employant un ton outré. Loti, piqué dans sa vanité, se laissa fléchir par curiosité. Les écrivains sont des insectes qui se nourrissent de la vie des autres plus que de la leur.

    Les harems, tel que les Occidentaux se l’imaginent, comme la polygamie (interdite en 1926), était privilège de riche, qui ne se perpétuait alors que chez une minorité de vieux messieurs qui avaient encore chez eux des odalisques, c'est à dire des esclaves chrétiennes ou juives, converties ensuite à l'Islam, (on ne pouvait rendre esclave une personne musulmane), formées à servir la famille, ou à la distraction intellectuelle et sexuelle du maître. En 1897 l’esclavagisme fut définitivement interdit, mais les esclaves ne furent pas tous libérés. Le mot harem désignait en réalité la partie privée des demeures des riches ottomans, où vivaient la famille, et où les femmes recevaient leurs amies. Les parties de la maisons réservées aux hommes et aux réceptions étaient le selamlik. Dans les familles de hauts-fonctionnaires dont étaient issues Hadidjé-Zennour et Nouryé, les femmes vivaient et s’habillaient à l’Européenne, profitaient comme toutes celles de leur milieu social d’une voiture attelée avec un cocher, pouvaient se déplacer à leur guise sans porter l’habit traditionnel et se voiler, même s’il était convenu de porter le yashmak, un léger voile de gaze, semblable aux voilettes des européennes,  couvrant le nez et la bouche. Certes leur père voulait les unir, sans qu’elle puisse donner leur avis, à des hommes de la même caste, mais c’était une chose commune aussi dans les familles riches des pays chrétiens. En 1904 la ségrégation entre homme et femme perdurait dans l’espace public ottoman : les femmes ne pouvaient se rendre seules au grand bazar, où dans tout autre espace de négoce ; les navires faisant la navette sur le Bosphore, et les trains avaient des espaces réservés exclusivement aux femmes voyageant seules ; elles n’avaient pas les mêmes droits que les hommes, l’exemple le plus courant étant le fait qu’un témoignage d’homme valait celui de deux femmes. Mais la femme musulmane dans l'Empire avait droit au divorce, à la jouissance entière de ses biens sa vie durant, devait être entretenue par son époux, droits que les femmes d'Occident n'avaient pas. On ne peut juger en fait si des femmes de l'Occident et de l'Orient d'alors, les quelles étaient les plus avantagées, ces deux monde étaient différents et aussi contraignant sur des points totalement différents. Si la condition des femmes musulmanes du peuple n’était pas la plus enviable matériellement et humainement, qu'elles avaient la contrainte de se voiler et de fuir les hommes, les filles de Noury Bey, qui vivaient dans une bulle occidentalisée, n'avaient aucune connaissance de la réalité du peuple, et Marie Lera n'eut jamais de contact direct avec ces femmes dont elle ignorait la langue, et qui n'aurait jamais pu discuter directement avec elle, non par interdit, mais par principe communautaire. Ce que Marie en rapporta était filtré par les gens de la haute société qu'elle côtoyait et qui ne s'intéressaient pas en réalité aux groupes sociaux qu'ils jugeaient inférieurs.

     

    Le samedi 16 avril 1904, les trois complices prirent le vapeur en direction de la côte asiatique pour aller pique-niquer dans un parc, au milieu des violettes dont elles se firent des bouquets, puis elles dissimulèrent leurs visages sous deux longs voiles noirs superposés nommés tcharchafs, et des feradjes robes noires couvrant le vêtement, élimés, car elles n’en avaient pas trouvé d’autres, laissant paraître leurs gants blancs neufs, leurs fins souliers et bas de soie, et sentant des parfums français. Un accoutrement dont Marie Lera dira que « le contraste augmentait le mystère ». Elles retrouvèrent Loti à proximité d'un café. Le romancier était accompagné du mécanicien du Vautour, Auguste-Laurent Masméjean.

     

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Pierre Loti et Auguste-Laurent Masméjean à la fumerie de Beïcos dans le quartier d'Eyüp à Constantinople, réserves muséographiques de la ville de Rochefort.

     

    L’écrivain, qui revêtait une tenue semblable aux bourgeois de la ville, (complet gris et tarbouche écarlate sur la tête), fut surpris de leur accoutrement qui lui sembla fantaisiste, autant que de la perfection du français de ces trois femmes qu'il pensa être âgées d'une vingtaine d'années. Marie Lera se fit prénommée Leyla pour l’occasion. Elles racontèrent vivre dans un harem, en mêlant à leur discours des balivernes que ceux qui connaissait la vie ottomane n’aurait cru, et des potins de la bourgeoisie du quartier de Péra.

    Durant l’entrevue, l’Écrivain fut peu loquace, décevant les trois femmes, mais se laissa tromper, trop heureux d’alimenter son écriture et de vivre un rêve dont il envisagea immédiatement d’en faire un roman. Sur le bateau du retour, elles décidèrent de pousser la supercherie plus loin encore. Des entrevues de loin furent organisées autour de mosquées, histoire de toujours fournir un décors de carte postale, puis ce fut un second rendez-vous, le 1er mai 1904, dans une maison modeste louée quelques heures à une veuve et redécoré dans un style pseudo orientale, pour l’essentiel composé d'objets d’origine européennes, comme des verres de Venise et de vieilles porcelaines anglaise, de quelques soieries sortie d’un fond d’armoire, apportés dans des paniers par les domestiques de sœurs Noury Bey, et d’une table à thé arabe, car le décor, composé de presque rien, comme dans toutes les maisons authentiquement ottomanes, ne faisait pas suffisamment exotique, et ne pouvait coller à l'image que Loti se faisait de l'Empire.

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Message de Loti confirmant le rendez-vous dans la maison louée, ancienne collection de Marie Lera

     

    À cette occasion, trois photographies d’elles voilées entourant successivement Loti furent prises avec le Folding Pocket Kodak, 13x18, de Marie.

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Pierre Loti entre Hadidjé-Zennour et Nouryé.

    Photographie prise par Marie Lera et publiée dans « L’envers d’un roman, le secret des « Désenchantées ».

     

    Durant ce rendez-vous, qui dura deux heures, elles jouèrent à faire croire à Loti qu'elles étaient amoureuses de lui, et lui dirent des expressions en argot, qu'elles affirmèrent avoir appris via leur institutrice dont le frère était « au régiment chez les chasseurs d'Afrique »... On reste surpris, tout autant que les trois femmes, que Loti accepta de se mystifier lui-même. Une correspondance riche s’établit entre lui et Marie/Leyla. Chacun d’entre eux produisant 24 lettres. Marie pasticha le style de Loti, s’épanchant dans des états d’âme artificiels théâtraux. Cette correspondance s’entremêlait avec celles de Hadidjé-Zennour et Nouryé dans une longue plainte de la condition des femmes musulmanes qu’elles exagéraient malgré une réalité qui se suffisait à elle-même. Marie avoua plus tard qu'une personne attentive aurait dû voir que les lettres des trois femmes à Loti se contredisaient et qu’elles étaient invraisemblables, tout autant que les visites organisées étaient absurdes et impossibles dans leurs formes. Si l’on écarte la méconnaissance entretenue de Loti de la société ottomane, il semble que le romancier ne lisait que les lettres de Marie, les deux sœurs étant trop immatures et bien incapables de susciter une stimulation cérébrale et d'entretenir son fantasme oriental, tout comme son besoin de vivre une relation à la fois pure, car privée du contacte charnelle, et impossible, qui ne l'obligeait pas à s'investir réellement, lui qui était un officier de marine marié, protestant, et dont l'homosexualité n'était pas un mystère dans les milieux littéraire et mondain. A la lecture des échanges entre Marie, elle aussi homosexuelle, et lui, on peut affirmer qu'elle-même prenait plaisir à ce jeu d'auteurs. Un écrivain honnête reconnaîtra que les plus belles aventures amoureuses qu'il a vécues, étaient des relations épistolières, et donc masturbatoires, du moins moralement car leurs échanges restèrent chastes. En annexe de cette excitation cérébrale, il ne faut cependant pas perdre de vue que Marie, tout au long des échanges, a toujours sollicité de la part de Loti qu'il dénonce la condition de la femme musulmane dont le statue dépendait, malgré les lois instaurées par les Sultans Califes, successifs, celles la Charia. Il y a toujours eu de la part de marie une volonté de manipulation politique qu'elle n'a jamais nié, même si elle a minimisé plus tard ses attentions véritables.

     

    Les deux filles de l'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Belgique, Gaston Errembault de Dudzeele et d'Orroir, (1847-1929), Germaine, (1874-1952) et Valentine, (née en 1875, et qui épousa le comte Sforza en 1911), furent bientôt associées à la supercherie. Elles réalisèrent des photographies des sœurs Noury Bey et de Marie déguisées caricatures d'odalisques, avec voiles blancs et collier de fleurs de soie, et acceptèrent de jouer les cautions morales en prêtant la maison de leur père un après-midi pour une visite de Loti, durant laquelle Marie resta seule avec l'écrivain dans un salon à se jouer de lui, alors que Hadidjé-Zennour et Nouryé poussaient la chansonnette au piano à côté !

    Loti invita « ses trois fantômes noires » un après-midi à bord du Vautour, leur envoyant un canot pour l'occasion. A bord elles eurent la surprise d'y voir la pierre tombale de Hatice Hanım, la femme qui inspira au romancier « Aziyadé », dont Loti avait commandité le vol pour la ramener à Rochefort, et se plaignirent après que Loti ne vivait pas à bord dans un luxe de nabab, malgré la vaisselle fine et les photographies dédicacées de monarques qui emplissait les trois pièces de ses quartiers ; qu'il n'avait pas pensé à leur offrir des fleurs ou un souvenir de lui, ni entrepris de leur offrir une traversée en mer. Le personnel de bord estima qu’elles étaient trois aventurières qui n'avaient pas de bonnes manières, et que Loti devait s'en méfier.

     

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Salle à manger du Vautour avec Choukri le domestique garde du corps de Loti

     

    L’écrivain les informa qu’il allait faire un roman de leurs lettres, et livra alors deux textes à La Revue des Deux Mondes, amorce du roman qui sera « Les Désenchantées ».

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Photographie dédicacée de Loti à « Leïla » ; ancienne collection de Marie Léra

     

    Par deux fois Marie dut faire des retours à Paris ; elle dit que son personnage devait se rendre à Smyrne, ou « où vivait son vieux mari », ce qui justifia des temps longs de circulation des courriers, car il fallait les refaire passer par des intermédiaires. C'est durant l'un de ses séjours parisiens, que Hadidjé-Zennour et Nouryé se rendirent au vieux cimetière de Topkapı, où Loti, qui devait quitter Constantinople au printemps, demanda aux sœurs de veiller sur la tombe de Hatice Hanım.

     

    En février 1905, Marie Lera était alors à Paris, et s’apprêtait à partir en Suède, quand Loti lui annonça se rendre à Smyrne dans les premiers jours de mars, et vouloir l'y voir avant son départ le 24 pour la France. Il avait organisé une équipée pour qu'ils puissent se rencontrer à l'extérieur de la ville. Elle eut toutes les peines du monde pour justifier l'impossibilité de cette rencontre, et lui adressa un portrait photographique (très retouché) d'elle en tenue ottomane.

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Marie Léra en Leyla en en costume de dame ottomane musulmane de haut rang, photographie prise à Istanbul en 1904, collection personnelle. Un photographie similaire, plus petite et dédicacée, fut adressée à Pierre Loti en mars 1905.

     

    Les échanges par intermédiaires postaux devenant impossibles à gérer, et parce qu'elle était aussi lasse de ce jeu, tout comme elle était lassée de Hadidjé-Zennour et Nouryé, (elle ignorait du jour au lendemain ses amis comme un enfant abandonne un jouet, et parlait de choses advenues deux ans au paravent comme si elles avaient eu lieu il y a 20 ans parce qu'elle les avait classées dans sa mémoire), Marie annonça en décembre 1905 le suicide de son personnage à Loti, poussant le culot en donnant du « mon amour », de quoi alimenter l’ego démesuré de Loti. Cette lettre de huit feuillets commence avec une écriture très serrées, puis se délie pour mimer l’effet du poison ingéré. Elle adressa aussi une lettre à Auguste-Laurent Masméjean, dont elle s’était aussi amusée à exciter les sens, et à l'épouse de Loti qui lui avait écrit à l'occasion. Ces trois lettres furent adressée par Nouryé à Loti, avec une lettre de sa part racontant qu'un domestique les avait apporté à l'aube, et en concluant que c'était « une lettre de folle ». Loti fut très affecté par la lecture de la lettre de suicide... mais l'écrivain prend toujours le pas sur l'homme, et Loti demanda s’il pouvait continuer la rédaction de son ouvrage à partir des faits et des lettres de Leyla/Marie, renommée « Djenane » dans le roman. Hadidjé-Zennour et Nouryé lui dirent que les lettre de leur « défunte cousine » devaient être publiées dans leur intégralité. Loti les modifia à peine et l'on peut affirmer que son roman Les Désenchantées est pour moitié l'œuvre de Marie Lera.

     

    De Suède Marie Lera envoya à La Croix des articles, collabora toujours au Correspondant et au Mois littéraire, revenue où elle signait sous son nom, puis rapidement sous le pseudonyme de Marc Hélys, employé jusque là uniquement dans Le Correspondant, annonçant toujours qu’elle était une femme. Cette pratique était alors courante, depuis Georges Sand, en Occident, une femme qui ne voulait pas être cantonnée aux romans pour enfant où jeune-fille devait employer un pseudonyme masculin. Elle publia le livre « À travers le féminisme suédois » en septembre 1906.

     

    Marie se fit aussi morte que Leyla quand elle apprit que Hadidjé-Zennour et Nouryé affolèrent l’Empire et l’Europe en fuguant le soir du 8 janvier 1906 pour Paris. Vêtues à l’européenne, munies de passeports français fournis Marcelle Weissen, dite Szumlanska-Weissen, par association du patronyme de sa mère, une amie française d'origine suisse et polonaise, fille d'un professeur de langue du lycée lazariste qui rêve depuis toujours d'avoir un haut poste administratif, dont la réputation est fort mauvaise, et d'une professeure de chant chez qui les filles de Noury Bey prenaient des cours, te par un jeune employé du bureau de la Poste Allemande à Constantinople, nommé Hensel, qui s'est fait tourné la tête par Nouryé. Conduite à la gare par sa mère, qui s'était risquée à leur donner un passeport collectif devant leur permettre l'entrée en France, et sa sœur Yvonne, elles aussi embarquées dans l'affaire, Marcelle accompagna Hadidjé-Zennour et Nouryé dans leur fuite, elles avaient pris le train à la gare de Sirkeci pour un périple de soixante heures de voyage à bord du Conventionnel, (train concurrent de l’Orient-Express). Le voyage s’arrêta le lendemain en gare de Belgrade où un diplomate ottoman et deux policiers serbes les attendaient pour les reconduire à Constantinople. Le Grand-vizir, Avlonyali Mehmed Ferid Pacha, avait écrit en personne au gouvernement Serbe, son inquiétude étant que les filles de Noury Bey ne se rendent en Suisse pour rejoindre le nationalistes Jeunes-Turcs en exil, et qui cherchent par tous les moyens à provoquer une révolution. Le Sultan est informé et demande qu'on ramène les filles de Noury Bey et qu'on punisse ceux qui les ont aidé. L'ambassadeur de France, Jean-Antoine-Ernest Constans se voit demandé de punir les Weissen, on frise l'affaire d'état !

    Hadidjé-Zennour et Nouryé contactèrent le Consul de France à Belgrade qui se dit impuissant, et une amie serbe connue à Constantinople, Nathalie Georgevitch, sœur d’un diplomate, qui, devant les menaces de suicide à l'aide de poison et d'un revolver de voyage, les aidèrent à fuir du Grand-Hôtel où elles avaient été assignées pendant que la presse serbe s’empara de l’affaire en criant au joug ottoman revenu ! Hensel voulait prévenir l'ambassade d'Allemagne, mais les trois femmes l'en dissuadèrent, et dès le lendemain il est expulsé de Belgrade. Noury Bey envoya une lettre de supplique pleine de tendresse à ses filles pour qu'elles reviennent. Comme elles refusèrent de revenir, il dut promettre à son gendre de prendre en charge le divorce d'avec Hadidjé-Zennour, et annonça son arrivé. Affolée à l'idée de voir Noury Bey, suivies par les journalistes à qui elles racontaient s’être évadées d’un harem, passèrent en Autriche, gagnèrent Venise, Milan, Nice où Hadidjé-Zennour fit un séjour dans un sanatorium en raison de sa tuberculose qui s'est empirée dans le froid serbe et l'humidité vénitienne. C'est alors que Marcelle réalisa s'être fait bernée par celles qu'elle pensait être ses amies. Ses parents étaient arrivés au Caire avec la certitude donnée par Hadidjé-Zennour et Nouryé que des princesses égyptiennes les accueilleraient. Mais ces princesses n'existaient pas, et la famille Weissen se retrouva dans une situation catastrophique, perdant toute crédibilité et son peu de fortune. Marcelle demanda des explications. Nouryé montra alors son vrai visage, assumant sans ciller son mensonge et se moquant ouvertement de la naïveté de Marcelle et des siens. Marcelle resta cependant avec les deux sœurs jusqu'en juin 1906, s'occupant de Hadidjé-Zennour dont l'état de santé était alors catastrophique, avant d'être chassée par Nouryé. Marie ne se manifestât pas, et Loti accusé par la presse ottomane, qui parla de l‘affaire à mot couvert, d’avoir organisé et financé l’aventure, envoya Masméjean à Nice. La Sublime Porte imposa alors la censure. Un lointain cousin, le diplomate Jean-Louis-Marie Allard de Chateauneuf, (1864-1937), qui avait relevé en parti le patronyme de sa mère, intervint un temps financièrement pour les aider, et les introduit auprès de quelques personnes du la bonne-société. C'est alors qu'apparue à Nice la poétesse Renée Vivien, qui crue voir dans les deux sœurs et les récits de leur fuite qu'en faisaient la presse, deux héroïnes à qui ils fallait apporter une aide financière. Renée Vivien vivait depuis l'été 1904 une relation amoureuse épistolière avec une ottomane prénommée Kérimée, (1874-1948), épouse d'Arnavut Turhan Pacha (plus tard nommé Përmeti), (1839-1927). Subtilisant Kérimiée par les deux sœurs, elle surnomma Hadidjé-Zennour « Fleure-Fragile » et Nouryé « Messagère-Lumineuse ». Renée dit intervenir au titre de la solidarité féminine en leur prêtant sa maison de Nice, mais cette lesbienne assumée commença à sortir dans les restaurants, au théâtre et au casino de Nice avec Nouryé, qui se rajeunie de sept ans en lui disant être née en 1896... Masméjean observa tout cela avec un certain dégoût, mais resta à Nice pour veiller sur Hadidjé-Zennour jusqu'à ce que Nouryé le chasse.

     

    Tous les journaux d’Europe parlaient de deux sœurs, racontant des absurdités et grossissant l'histoire. Le Petit Journal publia le 4 février 1906 une couverture illustrée complètement fausse et ridicule, intitulée « Un Scandale à Constantinople, deux musulmanes s’évadent d’une harem ».

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

     

    Quand elles arrivent à Paris, logée dans un appartement loué pour elles par Renée Vivien, Loti les aida discrètement, et finit par les recevoir chez lui à Rochefort.

    Nouryé vendit deux articles en mai 1906 au Figaro, qui les fit paraître dans son supplément littéraire, dans lesquels elle prétendit être issue des khans de Kiziltépé et avoir passé son enfance dans la région d’Éphèse, ce qui étaient des inventions. Elle signa ses lignes Neyr-el-Nissa.

    Loti acheva son roman qui parut en feuilletons dans La Revue des Deux Mondes avant de paraître chez Calman-Levy en juillet 1906. On fit le rapport entre les deux sœurs et les héroïnes des Désenchantées. Bon coup de publicité pour tout le monde… sauf pour Marie Lera qui n’alla pas à leur rencontre, ne pouvant dévoiler le mensonge qu’elle avait en grande partie bâti. Elle ne reprit jamais contact avec les deux sœurs.

    Certains critiques jugèrent que les lettres retranscrites par Loti dans son roman, avaient un style trop proche du sien pour sembler véritables sans avoir été passablement retouchées. Un fonctionnaire ottoman en poste à Paris dira dans la presse : « nos femmes ne sont pas ainsi ». Jehan d'Ivray, (1861- 1940), écrivaine épouse d’un médecin égyptien et vivant au Caire, rapporta dans La Revue illustrée les témoignages très critiques de femmes de l’aristocraties et de la bourgeoisie égyptienne musulmane, qui estimaient que Loti avait imaginé plus qu’il n’avait retranscrit ; elle rédigea ses observations sur la vie des femmes en Égypte, et joignit à son article des photographies de femmes du Caire. Le romancier breton Charles Géniaux, (1870-1931), habitué de l’Algérie et la Tunisie, et qui connaissait Marie Lera, lâcha que « ce n’est pas du tout cela, et Loti a dû se faire mystifier par des Européennes déguisées ». En réalité tout le monde littéraire parisien savait la supercherie. Marie Lera avait été comme toutes les mondaines : trop bavardes. Elle n’avait pu se priver pour se rendre brillante en racontant aux françaises qu'elle rencontrait à Constantinople, puis à son petit cercle parisien, le mauvais tour qu’elle avait joué à Loti, ce vieillard fardé dont disait depuis des décennies que sa véritable « Aziyadé » devait être un Köèek, c'est à dire un esclave travesti vivant dans un harem, et dont on vomissait les amitiés viriles trop caressantes en public. Au fur et à mesure de la parution des extraits du roman de Loti dans la Revue des Deux Monde, la comtesse de Coustin, amie de Marie, qui était informée de la supercherie, écrivit à celle-ci que le livre de Loti était presque intégralement un plagia de ses lettres, et qu'on y reconnaissait bien son style. Elle lui proposa dans une lettre du 26 août 1906 de dévoiler le pot aux roses, et de l'aider à obtenir de la part de Calman-Lévy la moitié des bénéfices. Marie refusa, cela l'aurait mise dans une situation grave, on moquait Loti, mais si elle était découverte, c'est sur elle que tout serait retombé, Loti aurait été plaint et elle définitivement perdue de réputation. Un journaliste tenta de faire cracher le morceau à Marie, elle dit alors ne rien savoir, et décida de se faire encore plus discrète. Un après-midi de juin en 1906, elle trouva devant sa porte de son petit appartement au sixième étage du 33 de la rue de Tocqueville dans le 17ème arrondissement, Marcelle, à qui Hadidjé-Zennour partie pour Fontainbleau, avait demandé qu’elle prenne contact pour elle. Marie se fit raconter par Marcelle l'intégralité de la fuite, puis entra dans une colère noir, lui disant qu'elles avaient toutes été insensées et ne plus vouloir les voir. Marcelle avait espéré de l'aide de sa part, elle s'était inscrite à une école d'infirmière. Marie la jugea incapable de suivre des cours, voulu la faire entrée comme domestique dans une institution catholique, lui proposa un prêt. Marcelle refusa ; Marie la traita de paresseuse. 

    Loti revu en privé les deux sœurs qui lui parlèrent encore et toujours de l'imaginaire Leyla, il les invita chez lui à Rochefort, et elles lui soutirèrent régulièrement de l'argent pour finance leur logement à Paris, rue du Midi, puis rue Klebert.

    Le 27 juillet 1907, le supplément littéraire Figaro publia à nouveau un texte de Nouryé à propos du voile que l’on lui aurait imposé, avec ode à la France qui rendait libre les femmes, liberté relative quand on sait comment était le pays en 1907, d’ailleurs elles finirent par désenchanter véritablement en découvrant peu à peu la réalité de la phallocratie européenne. Valentine de Dudzeele écrivit de Constantinople à une de ses amies que les deux sœurs chargeaient leur père de fautes inexistantes dans le Figaro, alors que celui-ci était en disgrâce et que le calme que le scandale venait à peine de dissiper.

    En décembre 1907, Marie Lera participa à la fondation orchestrée par la duchesse d’Uzès de la section française du Lyceum-Club, un cercle britannique réservé aux femmes, fondé à Londres en 1902. Elle profita cependant du ramdam des filles de Nouri Bey pour publier en 1908 « Le jardin fermé, Scènes de la vie féminine en Turquie », édité chez Perrin, qui devint son éditeur pour le reste de sa carrière. Le livre est un ramassis de on-dit et d’anecdotes pas vérifiables certainement datées, et d'inventions grossières qui ne collent pas avec la réalité ottomane et l'Islam, mais a surtout la particularité dans son premier chapitre de contre dire le discours qu'elle avait tenue à Loti sous son déguisement de Leyla ; ignorant ou minimisant les inconvénients de la vie féminine musulmane ottomane, et en faisant la réclame des droits et libertés que ne possédaient pas les occidentales. Dans la revue L’Opinion du 31 octobre 1908, dans la rubrique Les gens de lettres, le chroniqueur anonyme faisant réclame de son ouvrage, la dénonça comme ayant trompé Loti en se faisant passer pour femme de harem. Heureusement pour elle, l'article passa inaperçu.

    Marcelle Szumlanska-Weissen publia « Hors du Harem, histoire vraie », où elle dénonça à mot couvert la supercherie de Leyla, mais le reste du texte est en fait une continuité du mensonge de sœurs Nourri Bey, afin de ne pas perdre totalement la face, et pour récupérer de l'argent, mais son livre se vendit peu. Contrairement à ce que Marie répétera à son sujet, elle n'était pas une paresseuse, elle suivit des cours d'infirmière, complétés par d'autres à la Sorbonne, puis rejoignit sa famille au Caire, devint institutrice, fit carrière comme anthropologue, voyagea de par le monde, se spécialisa après 1945 dans l'étude de la société préhistorique ; auteur de plusieurs ouvrages ; marie deux fois et divorcée, elle décéda à Bayonne en 1965.

    Charles Géniaux publia de son côté « Les Musulmanes » en 1909, et Jehan d'Ivray, « Au cœur du harem », en 1910, corrigeant bien des absurdités.

    Les filles de Nouri Bey décidèrent de rester en France et prirent le patronyme de Blosset de Châteauneuf de leur grand-père. Nouryé se fit faire la cour par Rodin, (qui fit d'elle et de  Hadidjé-Zennour, des esquisses rehaussées à l'aquarelle, conservées au Musée Rodin), et fréquenta les salons littéraires. Une légende récente prétend que Hadidjé-Zennour qui finit sa convalescence à Fontainebleau, y accoucha le 14 août 1906 d'une fillette, mais aucun témoignage n’accrédite cette légende. Hadidjé-Zennour avait fait le choix comme lieu de guérison et de repos d'une maisonnette mise à sa disposition par des amies de Renée Vivien.

    A Constantinople Nouri Bey mourut de chagrin et de honte le 15 février 1908. 

    La polémique repris avec un extrait d'un livre de Marcelle Tinayre, écrivaine qui avait ses habitudes à Constantinople, dans la Revue des Deux Mondes du 1er novembre 1909, intitulé Notes d'une voyageuse en Turquie, dans lequel elle dénonça qu'à Constantinople personne ne croyait à l'existence de l’héroïne de Loti, ajoutant, à travers la bouche d'une dame ottomane de haut rang, que « Des Désenchantées ? Il y en avait quelques-unes à Stamboul, et ce n'étaient pas les plus intéressantes parmi mes compatriotes. Le livre de Loti en a fait éclore des douzaines. Oui, beaucoup de dames ont appris qu'elles étaient fort malheureuses. Elles ne s'en doutaient pas, avant d'avoir lu le roman. Pour moi, je me contente de ma destinée... Chacune de nous porte son bonheur en elle-même. » Dans son livre elle ajouta que pour les Turcs, Loti inventait des situations fantaisiste, ne connaissait pas réellement le pays. Marcelle Tinayre était par ailleurs informé de la supercherie car Marie la lui avait raconté, et elle n'hésitait pas à rapporter l'histoire sans nommer les protagonistes, s'amusant du mauvais tour joué à Loti. Le Romancier, furieux, demanda des comptes. On prétendit que l'ambassadeur Constans cherchait à lui nuire. Hadidjé-Zennour récusa toutes les accusations auprès de Loti, et prit à son tour la plume dans le supplément littéraire du Figaro du 21 décembre 1909, pour affirmer que Loti avait retranscrit la réalité, qu’elle était « Zyneb » dans le roman « Les Désenchantées », et sa sœur « Mélek ». Elle mentit cependant en disant que le personnage de Loti, « Djedane », était Leyla une cousine « reposant au cimetière d’Eyoub ». Entre deux compliments à Loti, trop obséquieux pour être honnêtes, elle lui reprocha de ne pas avoir été plus critique à propos de la condition des femmes musulmanes. Hadidjé-Zennour en rajouta en écrivant à propos de cette cousine imaginaire qu’« Elle n’avait point d’atavisme français, elle, et c’est peut-être pour cela qu’elle n’a jamais voulu quitter notre pays : elle était purement Circassienne ». Elle s’attaqua à nouveau aux critiques de 1906, dénonçant, avec toute la xénophobie et le racisme des adhérents au mouvement des Jeunes-Turcs, le fonctionnaire ottoman insurgé comme étant « un Arménien enquête d’avancement », se prit les pied dans le tapis en le disant ensuite être un « orthodoxe géorgien qui n’a jamais dû adresser la parole à une Turque » et qu’elle jugeait avoir eu le tort de s’exprimer au nom des musulmanes. Elle récusa aussi les critiques de Jehan d'Ivray l’accusant de ne pas avoir mis un pied à Constantinople, affirma qu’en Égypte les femmes y étaient plus libres que dans l’Empire. Hadidjé-Zennour s’insurgea aussi contre Charles Géniaux qu’elle accusa de parler d’un sujet qu’il ne connaissait pas, puis s’en prit à un Stanbouliote critique, en le désignant lui aussi comme étant un arménien. Au milieu de ces règlements de compte tardifs, elle lâcha cependant un élément intéressant en expliquant que Loti avait reproduit dans son roman les lettres qu’elles lui avaient envoyé toutes trois, n’ayant retouché que légèrement les siennes et celles de sa sœur, « mais aucunement celles de [sa] cousine » Leyla/Marie Lera. Elle osa commenter qu’« il n’ jamais voulu toucher celles de « Djenane » qui écrivaient mieux que nous toutes », et justifia que le style de leurs lettres avaient des similitudes avec celui de Loti parce qu’elles avaient été habituée à travailler leur français à partir de ses romans. Elle finit enfin disant ne pas vouloir parler de la mort de « Leyla », tombant dans le grotesque en décrivant de son imaginèrent cousine comme un modèle de femme musulmane opprimée poussée au désespoir par la souffrance de sa condition, et finit en affirmant que la Révolution Jeune-Turque avait délivré la femme musulmane, ce qui était totalement faux.

    Loti se rendit à Constantinople, chercha en vain la tombe de Leyla durant son séjour à Constantinople en 1910, on lui dit qu'il s'était fait duper, mais il ne voulu pas y croire. Des rumeurs disaient que Leyla était encore vivante, mariée à un bey ou un pacha. Louis de Robert, amant de Marcelle Tinayre, ramena le calme chez Loti en lui disant que sa maîtresse s'était faite mystifiée par une madame « Hera » alors qu'elle était à Constantinople ! Marcelle Tinayre écrivit à Loti le 7 décembre 1911 pour dire qu'elle avait été trompé par une dame française, sans jamais en citer le nom.

    L’affaire se tassa. Nouryé se convertie au catholicisme pour épouser en grandes pompes à Nice le 28 avril 1908, où elle s'établie, un comte russo-polonais, Ladislas-Eugène-Joseph Rohoziński, (Saint-Pétersbourg 7 novembre 1898 - 1938), rentier et musicien réputé, dont la famille jouait un rôle important à Nice, considéré par le frère de Nouryé comme un « chenapan d'aventurier ». Ils eurent deux garçons et deux filles. Ruinés par la Révolution de 1917, Nouryé vendit tout ce que Rodin lui avait offert, ainsi que les lettre de Loti lui avait adressé à elle et sa sœur. Elle travailla dans deux boutique de modes, puis vers 1932 dans une librairie à Paris, elle y décéda le 25 juin 1965 et fut inhumée à Nice. Seul un journaliste du Jour la retrouva en août 1934, elle lui répondit que « les Désenchantées ont été un pêché de jeunesse ».

    Hadidjé-Zennour, se déclara inadaptée à la société occidentale et décida en 1912 de retourner à Constantinople.  Son époux, Abdüllatif Safa Bey, devenu en août 1908 ambassadeur à Bucarest, avait obtenu le divorce[5].  Devenue Zenep Hanoum, elle publia à Londres une biographie fantaisiste intitulée « A Turkish woman's European impressions », qui regroupait des articles qu'elle avait fournis à une revue britannique dans lesquels elle se disait être choquée par les femmes qui  jouaient au tennis et être dérangée par les chapeaux occidentaux, dans un long discours transpirant la tristesse. Réinstallée dans sa maison de Taksim, elle se remaria en 1920 avec un Mouhoud Bey, le médecin en chef de l'Hôpital de la Marine. Devenue très dépendante de médicaments la soulageant de ses douleurs, elle commença à avoir des troubles mentaux graves après une opération en 1921. Les sources turques disent qu'elle se suicida par pendaison en 1923.

     

    Après un séjour à Copenhague, Marie Lera publia « Le famille royale de Danemark » en 1911. Elle décida en 1912 d’aller voir sa fille à Saint-Pétersbourg, où son mari était ambassadeur depuis le 20 juin 1907. Il était devenu durant leur séparation successivement chargé d'affaires pour l'Amérique centrale en septembre 1896 à Guatemala, (une aventure avec une femme mariée fit que gouvernement guatémaltèque demanda au gouvernement mexicain de le rappeler, ce qui ne fut pas exécuté), le 24 Décembre 1897, il avait été promu ministre résidant au Guatemala, le 19 février 1899, ministre résidant à Tokyo, du 6 octobre 1904 au 25 septembre 1905, ministre plénipotentiaire auprès de l’empereur Yixin à Pékin. Il resta ambassadeur auprès de sa majesté l’empereur Nicolas II de Russie à Saint-Pétersbourg jusqu'au 26 juillet 1912, et négocia en août 1909 l’accord commercial et maritime entre le Mexique et la Russie, qui fut signée le 2 octobre 1909 (dates du calendrier grégorien). 

     

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbulmari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Les lettres de créance de Carlos Américo Lera comme ambassadeur en Russie,

    (Archives du Ministère des Affaires étagères de Russie)

    carlos lera,saint-nazaire,marc hélys, russie

    Signature de Carlos Lera sur la Convention entre la Russie et le Mexique sur le commerce et la navigation,

    le 2 octobre 1909 à Saint-Pétersbourg, (Archives du Ministère des Affaires étagères de Russie)

     

    Marie profita d'une visite faite à sa fille en 1912 à Saint-Pétersbourg pour tenter d'extirper à son époux des informations à propos de l'Empereur et de sa famille pour composer un article. Mais Carlos Américo, qui allait prendre sa retraite, ne lui dit rien, à la fois par volonté de respecter sa fonction, mais aussi parce qu'il ne savait rien de l'Empereur qui vivait reclus et qui ne communiquait pas au sujet de ses enfants et de son épouse. Il l'informa de son intention de s'établir à Paris. Il y eut alors une tentative de Marie de se rapprocher de sa fille durant un peu plus d'un an, période qui correspond à une période d'inactivité littéraire.

     

    Durant le Première-guerre-mondiale, engagée comme nombre de femmes de la bourgeoisie à la Croix-Rouge, elle fut chargée de diriger d'un ouvroir et d'une cantine au Quartier Latin,  puis en 1915 affectée à la direction des cantines en province ce qui lui permis de voyager à travers la France. Elle fit de son expérience le livre « Cantinière de la Croix-Rouge 1914-1916 », publié en 1917, et « Les Provinces françaises pendant la guerre » en 1918.

    Elle abandonna cependant les cantines en 1916 pour Londres où elle attendit la fin de la guerre.

    Loti, très affaibli par une attaque cérébral depuis 1919, rendit son âme le 10 juin 1923. Le 26 juin, Marie fit paraître en feuilletons dans la Revue Française les extraits d'un livre qu’elle avait sous le coude depuis des années : « L’envers d’un roman, le secret des « Désenchantées », révélé par celle qui fut Djenane ».

    Bombe dans le monde littéraire, scandale, Loti trompé, bafoué. Seul Jacques Evrard en Belgique, dans La Liberté du 25 juin 1923, fit une critique positive du premier chapitre parue. On n’en fit pas publicité en France, mais l’ouvrage parue en septembre se vendit très bien, et fut réédité tous les ans jusqu’à la Seconde-guerre-mondiale ; à 57 ans marie connue enfin le succès en librairie. Claude Farrère, qui avait été l'enseigne de Loti à bord du Vautour, sera le seul à s’exprimer, pour défendre le souvenir de Loti, dans le Gaulois du 18 septembre 1923. Sans jamais nommer Marc Hélys, ni le titre de son ouvrage, il assura que Loti avait agi en toute honnêteté, et s’il commenta que le roman qu’il en fit était « médiocre »,  il conclue son article par «  Mais je m’étonne qu’aujourd’hui, «  celle qui fut Djenane » nous fasse sa confession publique, non seulement sans constriction aucune, mais avec une espèce d’extraordinaire vanité ».

    Nicolas Serban[6], vengea Loti dans la biographie qu’il lui consacra en 1924, « Pierre Loti, sa vie et son œuvre », en faisant ce portrait mi-figue, mi-raisin, de Marie Lera tout en évitant de faire passer Loti pour un idiot : « Marc Hélys est la femme de lettres la moins femme de lettres qui soit. C’est une de ses Parisiennes simple et gracieuse qui sont, dans le monde, la plus charmante expression de la féminité. Elle a voyagé dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique où elle a particulièrement étudié les conditions de vie féminine. Elle a rapporté de ses voyages quelques livres bien documentés et écrits avec beaucoup de charme, notamment un livre sur les femmes turques. Se trouvait à Constantinople lors du séjour qu'y fit Pierre Loti. Elle avait parmi les jeunes femmes musulmanes des amies qu'elle aimait et plaignait : le désir de leur faire du bien à toutes, inspira l'aventure d'où allait sortir les Désenchantées. À travers le voile qu'elle ne releva jamais, de peur d'être reconnue par la suite, Pierre Loti ne put distinguer que vaguement son fin profil, ses yeux et ses sourcils sombres. L'héroïne des Désenchantées, aux cheveux dorés et aux yeux d'aigue marine, est une créature de l'auteur et peut être la personnification de l'idéal de beauté que tout artiste porte en lui. Mais si Marc Hélys n 'a point les yeux verts pointillés d'or de Djénane, elle possède ce timbre de voix qui émouvait si étrangement Pierre Loti, et qu'il évoque à plusieurs reprises dans les DÉSENCHANTÉES. »

     

    Juillet 1926, après une longue maladie, Carlos Américo Lera décéda à Paris. Son corps fut ramené à Saint-Nazaire pour être déposé au cimetière de La Briandais avec sa première épouse, (sa plaque mortuaire mentionne qu'il était grand officier de la Légion d'Honneur, mais il était aussi grand cordon de Sainte-Anne de Russie, et grand cordon de l'Ordre du Soleil Levant). Seul son fils Ramón, sa femme, et son fils[7], furent présents. Carlos était en poste en Amérique du Sud[8], et Marguerite l’y avait rejoint pour quelques mois. Marie fut invitée à rester chez elle. A partir de ce jour elle dut subvenir seule à ses besoins financiers, redoublant les traductions de roman feuilleton à paraître dans les quotidien, dont L'Ouest Éclair. L’argent que lui avait laissé son père avait fondu avec les chamboulements économiques de la guerre et la dévaluation du Franc. A 65 ans, en 1929, elle devint chroniqueuse pour le Figaro, journal qui faisait depuis plusieurs années écho de ses articles dans Le Correspondant. Elle y débuta en faisait les traductions de brèves de journaux hispanophones, puis eut sa rubrique, La Vie féminine contemporaine, ce qui consistait essentiellement à relater des expositions d'aquarelles, de peintures sur soie ou porcelaine, de travaux d'aiguille, et autres activités où l'on cantonnait les femmes, avec parfois des critiques littéraires de livre écrit par des femmes, un commentaire des revendications politiques féminines, tel que le droit de vote, ou le compte-rendu d'une conférence donnée par une femme. Cette chronique était plutôt superficielle, Marie n'ayant plus de formation de journaliste d'investigation, et se cantonnant à poser des questions d'une convention bourgeoise relativement consternante, même pour l'époque. Elle poursuivit sa carrière au Figaro de façon plus ponctuelle à partir de 1932 ; elle avait alors 68 ans et aspirait à prendre sa retraite. Au Figaro, Marie fut dès son embauche un soutien actif des œuvres catholiques des Sœurs Blanches, et de la  Maison du Missionnaire, et s'éloigna de plus en plus du féminisme.

    À l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Loti, on inaugura une plaque sur la maison de Loti à Saint-Pierre-d’Oléron en septembre 1933, la presse alla rechercher les trois mystificatrices et ne trouva que Marie. Elle raconta le souvenir de sa rencontre déguisée avec Loti, dans lequel repris mot à mot l’argumentaire qu’elle avait donné dans Le secret des Désenchantées pour se justifier :

    « […] Ah! nous nous amusions bien devant le désarroi du prestigieux écrivain dont les yeux erraient de l'un à l'autre de ces sombres fantômes, et qui s'écria: « C'est terrible de parler sans voir les visages ! »

     Et voilà que quelque chose d'inattendu se produisit. Au moment de nous quitter, Pierre Loti fut pris d'une vive émotion. Il changea de couleur, ses yeux s'embuèrent.

     « Ne vous reverrai-je plus ? », demanda-t-il. Notre gaieté s'éteignit...

    Dans la cabine-harem du bateau qui nous ramenait à Constantinople, nous restions silencieuses. Il était sincère et nous ne voulions que nous amuser, pensai-je tout haut avec des remords. Eh bien ! faisons- lui vivre un roman, et préparons-lui de jolis souvenirs de ce séjour -peut-être son dernier- à Constantinople.

    Mes deux amies m'approuvèrent avec enthousiasme.

    […]

    Nos lettres furent écrites avec ferveur, avec sincérité, parfois avec des larmes. Car si nous avons fait vivre à Loti un roman, nous l'avons aussi vécu. »

    Marie Lera se dédouana en assurant avoir éprouvé de la douleur lorsqu’elle fit écrire à Loti « Leyla/Djedane » la lettre d’adieu de son personnage, commentant que « l’encre était délayée de [ses] larmes », mais la lettre en question, conservée dans aux Archive de Rochefort, ne comporte aucune trace de pleurs. Les commentaires de la presse furent durs, on en lui pardonnait pas d'avoir trahi Loti ; certains n'y croyaient pas, défendant le souvenir de Loti, tel   l'écrivain Roger Vercel, (1894-1957), qui dans L'Ouest Éclair du 22 juillet 1933, présenta Marie comme une femme qui s'ennuyait dans les représentations consulaires et les ambassades, et affirma :  « Quand un écrivain, un poète, se nomme Loti, il peut se permettre de prendre ses personnages où il les trouve, comme le statuaire prend son argile dans le premier trou venu Madame Marc Helys ne fut que l’argile, si elle veut nous faire croire aujourd’hui qu’elle fut, de surcroît, une des émouvante statues des Désenchantées, personne ne la croira. » 

    Marie donna en 1935 son manuscrits du Secret des désenchanté à la Bibliothèque Nationale, livre qui fut son best-seller. Aucun des autres ouvrages dont elle fut l'auteur n'eut autant de succès, elle commenta qu'elle n'avait jamais eu le temps d'écrire comme elle aurait voulu le faire, étant obligé de gagner sa vie en faisant des articles. En réalité Marie Lera, nous l'avons écrit plus haut, n'a été obligé de gagner sa vie qu'à partir de 1926, entre son premier livre en 1904 et l'arrêt de sa carrière à la veille de la seconde-guerre-mondiale, elle fut trop occupée à faire de son existence un roman, et malgré son talent d'écriture, sa seule idée littéraire fut le personnage de Leyla. Et quand on l'interrogea à cette époque à propos de son engagement pour le féminisme, elle nia  l’avoir été, se désignant comme « une traditionaliste » qui n'avait appartenu à « aucun mouvement ou groupe ».

    Dans son rapport sur les prix de vertu devant l’Académie, le 19 décembre 1935, André Chaumeix, dont on disait qu’il faisait et défaisait les élections des académiciens, dit à propos de Marie : « Il existe une littérature comparée des œuvres, qui a été heureusement portée à la connaissance du public par une femme écrivain. Mme Marc Hélys a une grande expérience des problèmes sociaux et une rare science des littératures étrangères. Depuis trente ans, elle s’est intéressée à toutes les causes qui touchent l’éducation des femmes, l’apprentissage, les métiers. Par ses articles de revue, par ses livres documentaires, elle a manifesté un dévouement qui s’est étendu à toutes les œuvres. Les Sœurs Blanches d’abord, la Maison du Missionnaire ensuite ont eu en elle une amie active qui a travaillé au rayonnement de la charité française. »

    Marie s'était alors énormément rapprochée du clergé catholique dans une quête mystique qui traduisait un certain mal être.

     

    Financièrement dans le besoin durant l'Occupation, elle reçue en 1942 un prix de 5.000 fr de l'Académie, grâce à ses relations, (équivalence de 1350 euros de 2019). Puis Marc Hélys disparue de la scène. Elle vivait recluse toujours dans le même petit appartement bondé de livres rue Tocqueville, avec uniquement les visites d'Anne-Marie Chiaramoti, (1904-1997), employée comme secrétaire, qu'elle ne payait pas et à qui elle racontait une version réinventé de sa vie... Marie Lera devenue une vieille dame qui perdait peu à peu la vue, songea à revenir à Saint-Nazaire… Su gibi git su gibi gel, (soit comme l’eau, va et reviens)… mais son beau-fils, Ramón, s’opposa à ce projet, argumentant que la ville était en reconstruction et qu'il n'y restait rien du passé.

    Elle tenta de se rapprocher de sa fille, qui vivait à Genève depuis qu’elle y avait épousé le 6 septembre 1930 le baron allemand Camille Aloys Eynard[9], (Dresde 2 juillet 1864 - Genève 27 août 1942). La baronne ne voulue pas avoir trop près d’elle cette mère égoïste, fantasque et mythomane qui lui infligeait une caresse et trois coups de griffes dès qu’elle passait plus d’une heure avec elle, et qui ne revenait vers elle que parce qu'elle ne savait plus se débrouiller seule. La ville de Bron, à côté de Lyon, fut décrétée comme lieu idéale de retraite pour Marie, elle s'y installa à la Pension Jésus Marie, une maison religieuse pour personnes âgées, sous le nom de Hortense Héliard, effaçant son passé de femme, et c'est au lieu-dit Le Mas des Tours, le 9 octobre 1958, qu'elle décéda, dont le joli nom cache en réalité celui du l'Asile départemental d'aliénés de Bron, où l'on avait fini par se débarrasser d'elle.

    Durant des années elle avait tenu un journal intime, remplissant plusieurs cahiers dont on ignore de devenir.

    mari lera,saint-nazaire,marc hélys,kapali bahçe,le jardin fermé,scènes de la vie féminine en turquie,les désenchantées,pierre loti,harem,hadidjé-zennour,nouryé,noury-bey,blosset de chateauneuf,marie-hortense héliard,carlos américo lera,mexique consul,ambassadeur,les petits boërs » laquelle ?,jean d'anin,choukri,aziyadé,lyceum-club,charles géniaux,les musulmanes,hayal-kadnlar,istanbuln İstanbul

    Acte de décès de Marie Lera.

     

    À Saint-Nazaire il ne reste rien d’elle, seule la famille de son époux y subsiste. À İstanbul Mack Hélys est encore parfois cité. Atatürk, le père de la Nation a donné l’égalité des droits aux femmes, les a toutes revêtues à l’occidentale et les a poussées à étudier, mais la condition de la femme en Turquie reste très fragile.

     

     

    Bibliographie :

    ‎Sous le nom de Marie Lera :

    Les Petits Boërs : épisode de la guerre du Transvaal en 1900‎, Paris, Librairie Gedalge ;

    Sous le pseudonyme de Jean d'Anin :

    Laquelle ?, Editions Plon, Collection Stella n°107 ;

     

    Sous le pseudonyme de Marc Helys :

    À travers le féminisme suédois, Plon-Nourrit et Cie, Paris, 1906 ;

    Le jardin fermé, Scènes de la vie féminine en Turquie, Perrin et Cie, Paris, 1908 ;

    Cantinière de la Croix-Rouge 1914-1916, Perrin et Cie, Paris, 1917 ;

    Le secret des désenchantées, Perrin et Cie, Paris, 1923 ;

     

    Il faut ajouter à cette liste de nombreux articles, et des traductions divers.

     

    [1] Pierre Loti séjourna à Saint-Nazaire en mars 1878, il écrivit notamment dans son journal intime à la date du 15 : « Longue promenade sur la plage du Porcet. […] Dévalisé les jardins pour remplir une caisse de camélias destinée à Sarah Bernhardt ». Une rue de la ville a été baptisée à son nom.

    [2] Une histoire d’amour entre un officier de la marine britannique et une femme du harem d’un vieillard.

    [3] Il orthographiait ainsi le nom de la ville que tout le monde nommait encore Constantinople.

    [4] Mariés à Saint-Nazaire le 8 juillet 1863. A propos de monseigneur Laborde http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2018/06/26/notes-sur-la-famille-laborde-6062599.html

    [5] En octobre 1916, il fut nommé ambassadeur à Copenhague, en décembre 1917 à Sofia où il resta en fonction jusqu'en novembre 1918. Puis, entre février et avril 1920 et octobre 1920 et juin 1921, il fut deux fois ministre des Affaires étrangères, et enfin ministre du commerce de juin 1921 à novembre 1922.

    [6] Critique littéraire et professeur de littérature française à l'Université de Jassy en Roumanie, il se nommait en réalité Nicolas Serbanesco.

    [7] Ramón Lera Borrell resta à Saint-Nazaire où il fut consul du Mexique. Il habitait au 27 rue de l’Océan. Il avait épousé Suzanne Buchy (1889 – Saint-Nazaire 27 octobre 1932) dont il eut :

    Enrique Lera Buchy, (1910-1997), docteur en médecine à Saint-Nazaire x Marion Frey, (1945-1982), d’où :

    Enrique Rodolfo Lera Frey, (Saint Nazaire 18 mars 1968 – Saint-Nazaire 4 mai 2018).

    [8] Carlos Lera Borrell fut consul à Lyon de 1904 à 1908, il s’y maria, puis fut nommé en Amérique du Sud où il fit souche.

    [9] Marguerite Lera fut la troisième épouse du baron. Elle y décéda à Genève le 22 janvier1989 sans enfant.

  • Notes sur la famille Albanel de La Sablière

    Famille anoblie par l’élection à l’échevinage de Lyon en 1716, présente au État généraux de 1789, établie en Bretagne vers 1850.

    Armes : D’azur au chevron d’argent, accompagné de deux étoiles et d’un croissant du même.

     

    albanel de la sablière, saint nazaire, cimetière de la briandais

     

    I° Louis Albanel de La Sablière, né en 1903, chaudronnier, sous-chef atelier tuyauterie, médaille d'argent d'Honneur du Travail en aout 1934, (remise en janvier 1935), domicilié d’abord au 33 rue Alcide Benoît, puis au 15 rue de La Ville-Étable, décédé à Saint-Nazaire en avril 1935, inhumé le 19 avril 1935 à 15 h 45 au cimetière de La Briandais ou sa tombe existe toujours (cf. Ouest éclaire du 19 avril 1935) ; marié à Saint-Nazaire le 14 avril 1916 avec Gabrielle Daumer, d’où :

    II° Maurice-Robert-Louis, né à Saint-Nazaire, au 33 rue Alcide Benoît en février 1917, (cf. Ouest Eclair du 13 février 1917), bachelier à Rennes en juillet 1935, puis employé à la Direction générale de l'aviation civile ; Service des personnels et de la gestion ; Sous-direction des personnels et des affaires juridiques ; Bureau personnels.

     

    La famille a quitté Saint-Nazaire.

  • Notes sur la famille Calimaque

    Au cimetière de La Briandais un gros caveau à casiers attire le regard. Sur son fronton est inscrit le nom de la famille Calimanque. Ce nom frappe par sa consonance grecque, et l’on nous interroge à son propos.

     

    La famille Calimaque n’est pas grecque, elle est originaire des Charentes.

    Paulin Calimaque, né à Magnac sur Touvre en 1829, décédé à Saint-Nazaire le 10 avril 1903, était maître charpentier et se fit entrepreneur à son établissement à Saint-Nazaire. En 1873 il habitait avec son épouse, Cécile-Marie Becigneul, (1839-1914), au 25 de la rue des Halles. Maître de cérémonie de la Loge maçonnique de Saint-Nazaire[1], c’est lui qui s’étonna auprès du vénérable du fait qu’Aristide Briand ne se présenta pas à son initiation le 1er juillet 1887, (Briand avait préféré être initié à Nantes car cela était plus prestigieux). Paulin Calimaque fut candidat malheureux aux municipales de mai 1888.

    Sur adjudication il se vit attribué le 26 décembre 1896 le chantier de construction du phare de de la pointe des Chats au sud-est de l'île de Groix. Après quelques retards, il acheva son ouvrage le 15 mai 1899.

    Il fut le père de 

    1° Pauline, (1861-1950), épouse d’Edouard Meneux, (1852-1936), d’où deux filles : Henriette-Pauline, (Saint-Nazaire 22 septembre 1880 – La Baule 12 mars 1969), marie le 10 mai 1910 à Jean-Baptiste Douarre, (1873-1941) ; et Pauline-Cécile, (Saint-Nazaire 11 juin 1884 – Saint-Nazaire 9 mai 1976) ;

    2° Paulin-Émile, né à Saint-Nazaire le 12 août 1873, s’illustra dès l’adolescence comme sculpteur et modeleur. Kerviler dans ces Bio-Bibliographie s’extase de ses oeuvres. Son talent lui valut d’entrer avant sa majorité à la Société des artistes français et d’être sélectionné pour être exposée au Palais des Champs-Elysées en 1894 au Salon des Artistes Vivants. Hélas il était décédé quelques mois avant, durant l’hiver 1893. Il fut cependant exposé, les commissaires ayant retenus : « Mon père », buste en terre cuite, et « Mes nièces » médaillon en plâtre.

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2019/03/02/les-loge-et-temples-maconniques-de-saint-nazaire-6132902.html

  • Les Protestants de Saint-Nazaire

     

    temple,saint-nazaire,protestant,protestants,jospin,le-berre,sohier

    Décor de la façade de la Fraternité de Saint-Nazaire

     

    La communauté protestante de Saint-Nazaire comporte peu de représentants à Saint-Nazaire, pourtant elle fut très active dans le développement de la ville et du port.

     

    De la réforme à l’abolition de l’Édit de Nantes :

     

    On a prétendu au 19ème siècle qu’il y avait eu un pasteur à Saint-Nazaire en 1563, élément repris et popularisé par Justin Vincent et Eugène Orieux dans « Histoire et géographie de la Loire-Inférieure », publiée en 1895. En réalité, il n’en fut jamais nommé un, en réalité le Synode tenu à La Rocher-Bernard en février 1562 avait prié les pasteurs de Guérande et du Croisic de desservir Saint-Nazaire où la communauté était de quelques âmes dont on ignore les noms, faute de registre. Certes, deux familles seigneuriales nazairiennes, les Le Pennec, seigneurs du Boisjoalland, et les Rohan-Poulduc, seigneur de Heinlex, étaient protestants, et employaient chez eux des protestants, mais ceux-ci vivaient à l’année en leur château escoublacais et manoir guérandais, plutôt qu’en leurs manoirs nazairiens.

    Quant à l’existence d’un registre protestant disparu des archives du Tribunal de Saint-Nazaire en 1920, Charles Nicol a démontré dans son ouvrage « Enfants de Luther et de Calvin », (Ed. de Matignon, 1997), qu’il y a confusion avec le registre de Blain qui se trouva aux archives du Tribunal de Saint-Nazaire par erreur, et que Kerviler identifie comme étant celui de Blain dans ses Bio-Biographies bretonnes.

    Les douze édits restrictifs envers le culte protestant émanant du Conseil du Roi entre 1661 et 1679, rendirent l’appartenance à ce culte très difficile. Une véritable machine de persécutions fut mise en place, réduisant le droit de prêche des pasteurs, nuisant jusqu’à l’ensevelissement des morts, permettant la destruction de temple au profit d’églises, incitant les catholiques à la haine, fermant les yeux sur les exactions des soldats. Beaucoup de protestant se mirent à abjurer leur Foi pour avoir la Paix. Mais l’abjuration était mal vue dans leur ville d’origine, ainsi on vit des protestant faire des centaines de kilomètre pour abjurer, et en refaire encore des centaines pour s’établir comme catholiques dans une paroisse où personne ne les connaissait. Ainsi trouve-t-on dans le registre paroissial de Saint-Nazaire, à la date du 12 décembre 1662 celles d’Antoine Charier, 25 ans, natif « de Saint-Savigné, évêché de Saintes », et de Jan Gourdon, 20 ans, natif « de Moise, évêché de La Rochelle », deux bourgades dont nous n’avons trouvé trace.

    Une troisième abjuration, celle d’Etienne Bonnet, un poitevin, eut lieu le 6 novembre 1681. Mais on ne trouve aucune abjuration de nazairien, et ce même après la révocation de l’Édit de Nantes par l’Édit de Fontainebleau du 17 octobre 1685, alors qu’on trouve dans les registres de Batz et du Croisic des abjurations d’habitants de ces communes.

    En 1687 à Paimboeuf et Saint-Nazaire, trente protestants poitevins et mayennais en fuite sur des navires anglais, (Lindever et Rebecca), furent arrêté sur dénonciation. Les armateurs nantais qui avaient armé ces navires furent mis en prison.

     

    Le retour des protestants à Saint-Nazaire :

     

    C’est le trafic maritime qui ramena le protestantisme à Saint-Nazaire.

    Le 23 novembre 1857 Thoralf August Jacobsen, fils d’un pasteur officiant au port de Kalundborg, 15 ans et demi, matelot de l’Oresund, navire danois, se tua en tombant d’un mât vers 16 h.

    saint-nazaire, protestant

    Acte de décès de Thoralf August Jacobsen

     

    Déclaré en mairie de Saint-Nazaire, c’est sur le registre protestant de Nantes qu’on le retrouve pour son inhumation en cette ville. À l’époque on ne mélangeait en effet pas les morts non-catholiques avec les catholiques. Le protestantisme ne concernant que des marins et des voyageurs étrangers. Cependant en 1858 fut créé un carré protestant à Saint-Nazaire, au cimetière de La Briandais, carré que le maire, René Guilouzo, aussi mauvais administrateur, que mauvais médecin, et exécrable individu, proposa en juin 1859 de constitué en carré « réservé aux dissidents » qu’il proposa de séparer d’un mur des catholiques, et de doter d’une porte séparée. L’idée étaient d’y mettre tous les non catholiques et aussi les suicidés… Déjà en 1855, l’épouse du commissaire de Guérande, madame Deligny, née britannique, avait manqué d’être mise avec les suicidés, et une polémique provoquée par monseigneur Jaquemet, évêque de Nantes, pourfendeur autoproclamé du protestantisme et de ses écoles, avait échauffé les esprits.

    Le premier enterrement protestant nazairien est celui d’Eugénie Borel, âgée de 30 ans, le 12 novembre 1858, et dont on ne sait hélas rien de plus, car le registre de décès de 1858 a été perdu durant la dernière-guerre.

     

    Le premier baptême protestant (connu) ayant eu lieu à Saint-Nazaire fut pratique par le célébré pasteur nantais Jean Sohier de Vermandois, (1809-1874).

    saint-nazaire, protestant

    Acte de naissance de Charles-Henry Göbelbecker

     

    L’enfant, Charles-Henry Göbelbecker, né le 13 juillet 1861, (et déclaré le 14), était fils de Charles-Louis Göbelbecker, brasseur à Saint-Nazaire, originaire de Bavière, et de Christine-Fredericka Seiche[1]. Les parrains furent les nazairiens Amélie Kauffman, (épouse de Jean-Jacques, commis chaudronnier), et Henri Violon, chaudronnier, originaire de Suisse. Ce baptême se fit au domicile des parents. Plusieurs autres eurent lieu dans l’années, et très vite plus de 30 protestants durent répertoriés par le Consistoire de Nantes, qui évalua que le nombre de nazairiens protestants, tous cultes confondus, devaient être d’une centaine. En janvier 1863 les famille Violon, Becker, Bourcard, Camus, Steifel, Smith, Zelling, ainsi que la veuve Lucion, et Jules Bagot, demandèrent l’instante assistance du Consistoire. Aussi, dans sa séance du 19 décembre 1862, le Consistoire décida de louer une pièce où le culte serait célébré une fois par semaine. On loua pour cela deux pièces de son appartement au docteur Guichet, qui officiait à Paimboeuf et intervint durant l’épidémie de fièvre jaune de 1861. Il logeait à Saint-Nazaire au-dessus des bureaux de la Compagnie Général Transatlantique, rue de La Paix.

    Le protestantisme étant toujours mal vu en France durant l’Empire, et étant assimilé aux étrangers, la première célébration du culte le 15 mars 1863 par le pasteur nantais Benjamin Vaurigaud (1818-1883), fit s’exciter les Catholiques. Le sous-préfet de Savenay, Louis-Emmanuel de Chastellux, fit un rapport et dénombra 120 à 130 personne ayant assisté au culte. On a du mal à concevoir autant de gens dans deux pièces d’un appartement, même si cela devait être deux vastes salons. Au demeurant, la municipalité de Saint-Nazaire avait été informée, et le maire, René Guilouzo, s’était vu remettre le 16 mars la somme de 65 francs 59 centimes, issus d’une collecte pour l’ouverture du culte protestant à Saint-Nazaire.

    Ce pendant le nombre de protestants augmenta à Saint-Nazaire, et bénéficia du flux constant de voyageurs et de marins désireux de suivre l’Office.

     

    La construction du temple :

     

    Les protestants nazairiens réclamaient l’édification d’un temps en 1871, espérant être appuyé par le premier adjoint, Ernest Bachelot-Villeneuve[2], un médecin républicain, que Mac-Mahon, président royaliste, releva de ses fonction avec le reste du Conseil en 1874. On commanda des plans à l’architecte nantais Georges Durant-Gasselin (1840-1911)[3], mais l’on manquait d’argent. Aussi, on se décida de louer un local rue du Prieuré, à l’épicier Brerette. Mais en décembre 1876, le loyer commença a être impayé. Brerette trouva la solution en louant le lieu pour des réceptions, sans informer le pasteur Fargues qui avait remplacé le pasteur Vaurigaud. Le mobilier, (chaises, tapis, tables), appartenait à la communauté. Le Pasteur porta plainte auprès du Procureur de La République le 9 mars 1877 pour « violation du temple protestant de Saint-Nazaire ». Il s’était en effet aperçu la veille qu’on y donnait un bal masqué pour célébrer la mi-carême. Les livres des paroissiens, et la robe du Ministre avaient étaient jetés pêlemêle dans un coin. Pire, les musiciens étaient les chantres de la paroisse Saint-Gohard, ce qui ralluma la haine entre les communautés religieuses !  Le procureur, Charles Marion de Procé se déclara incompétent dans la mesure où il n’y avait pas eu signature d’un bail, que les loyers étaient impayés. Brerette dit « ne pas avoir penser à mal ». Le Procureur dissuada le pasteur Fargues d’aller plus loin. Au demeurant il n’y avait pas de représentant autorisés de la communauté protestante à Saint-Nazaire. Il fut alors nommé un comité de trois membres pour servir de lien entre les fidèles et les pasteurs de Nantes, comité augmenté de deux membres en 1880.

    Le culte était alors bimensuel. Les fidèles emmétrèrent le vœu que deux fois par mois un service soit présidé par un laïque, et que une fois par mois il y ait un service en langue anglaise pour les marins et résidents britanniques, dont la communauté était alors importante à Saint-Nazaire.

    On loua une maison à monsieur Pelletier… Mais la location se trouva partagée avec une madame Duau, qui sous-loua à une macrelle ! Ainsi le 22 avril 1881 nouvelle plainte pour violation du Temple, par « des filles publiques » !  S’en fut trop pour les fidèles qui réclamèrent au Consistoire des comptes.

     

    Le secrétaire général de la mairie était l’un d’entre eux, il se nommait Varenne, et sollicitât le Maire d’alors, Auguste Desanges, pour une participation à l’édification d’un temple. Celui-ci ne voulait pas. Varenne pensa contourner lui forcer la main en lui demandant de lui dresser la liste des protestants de la commune, avec pour commentaire « En cas négatif, vous n’aurez qu’à me retourner la présente lettre avec le mot : néant ». La lette fut renvoyée avec un « NEANT » dans la marge…

    Le pasteur Fragues estimait ses paroissiens à « 30 à 50 », « 80 personnes à l’arbre de Noël », et « 12 à 15 élèves assidus à l’école du dimanche » ; Varren lui estimait qu’on pouvait réunir 300 personnes au culte, il est vrai qu’il comptait sur l’évangélisation des ouvrier de Penhoët et Trignac qui fuyait le culte catholique, sans imaginer que les ouvriers tendaient à l’athéisme, et aux chiffres du Consulat britannique de Nantes qui évaluait 4.000 à 7.000 marins transitant par an, susceptibles de suivre le culte. En 1889, le pasteur Lassalle, pasteur itinérant de la Société Centrale d’Évangélisation, qui assurait un culte hebdomadaire jusqu’ne 1894, informa avoir une paroisse de 50 à 60 protestants, dont 25 à 30 suivant le culte régulièrement, et une quinzaine d’enfants à l’école du dimanche.

    Ce fut finalement le banquier et industriel nantais Hyppolite Durant-Gasselin, (1839-1929), frère de l’architecte nommé plus haut, et héritier de la fortune de Thomas Dobrée, qui pris en charge le dossier[4]. Il fit faire l’acquisition d’une parcelle de 345 m² rue de Cran par le Consistoire auprès de monsieur Perthuis pour 6.000 fr. Une somme de 10.000 francs fut réunie pour l’édification du temple. Cette somme était issue de dons divers à hauteur de 6.000 fr (on avait placé des troncs dans les consulats des pays protestants), 3.000 fr collectés, d’un don du gouvernement de 1.000 fr, pour la construction du temple, confiée à nouveau à l’architecte Georges Durant-Gasselin. Celui-ci renvoya les plans du temps qu’il avait dessiné en 1872, avec quelques modifications, qu’il ne factura pas, et écrivit au pasteur Dartigue à Nantes, qu’il se refusait de reprendre le dossier, ayant été profondément découragé par les difficultés administratives que lui faisaient les autorités. La municipalité de Saint-Nazaire ne voulait pas l’édification de ce temple. À cela s’ajouta des difficultés à rassembler le reste de la somme nécessaire pour l’édification. On réduisit finalement la taille du projet pour en faire un lieu de 174 places possible, en serrant les chaises au maximum, et la Mairie valida le projet.

    st_nazaire_plan1899.jpg

     

    La première pierre fut posée le 21 juin 1888, mais l’argent manquait toujours. Comme la spéculation avait toujours cours à Saint-Nazaire, on divisa une partie de la parcelle pour la revendre aux enchères, le 21 avril 1898. La communauté protestante augmentait pourtant, ainsi que le nombre de marins scandinaves et allemands, du fait de l’ouverture en 1891 sur le port de la succursale de la société Hailaust, exportatrice de bois du Nord de l’Europe. Des dons arrivèrent de Philadelphie, d’Allemagne et de Suisse. Un emprunt de 3.000 fr remboursable en cinq annuités fut contracté.

     

    L’inauguration, sous la présidence du pasteur tourangeau Dupin de Saint-André, de Tours, eut lieu le 1er octobre 1898. On nomma le pasteur fut Biau, suppléé par le pasteur Leuba.

    temple-saint-Nazaire.jpg

     

    C’est à cette époque que la Mission Populaire Evangélique, dite « Mission Mac-All », envoya sur la Loire un navire évangélique, le Mystery dont le port d’attache fut Saint-Nazaire.

    Cependant le nombre espéré de 200 fidèles au temple ne fut jamais atteint, et quand il y avait 60 fidèle, les dimensions du temple laissaient peu de possibilité de se mouvoir.

    Les espoirs de Varenne étaient tombés : les Anglicans ne se mélangeaient pas avec les Luthériens et Calvinistes. Ils avaient leurs propres pasteurs qui venaient à bord des navires, et obtinrent du Préfet en 1898 l’édification d’une chapelle « provisoire » pour leur culte. Cette chapelle était en fait une salle du Vice-consulat britannique, où le pasteur Irby, officiait en alternance avec la chapelle de Nantes, les second et quatrième dimanches ; quand à l’évangélisation des ouvriers Trignac et Penhoët, elle fut reçu à coup de sceaux d’eau et hygiénique. On tenta d’explique ce rejet des ouvriers par le fait que les pasteurs étaient issus de la bourgeoisie, mais c’est nier la monté de l’anarchisme et des mouvements dits de gauche.

    Il y eu à la fin du 19ème siècle une baisse du nombre de protestants à Nazaire, l’argent manqua pour entretenir le temple dont la toiture fuyait. La Loi de 1905 n’arrangea pas les finances. La Mission Mac-All intervint pour soutenir la communauté et l’entretien du temple. Elle organisa des réunions d’évangélisation. Mais l’argent manquait toujours, et le Consistoire suprême des postes de pasteur. Le pasteur de la Mission Mac-All, monsieur Corby, proposa de reprendre la direction de la paroisse, mais la Mission Mac-All s’y opposa, et on lui confia finalement une communauté poitevine en mars 1911.

    Le Conseil presbytéral de Nantes fit alors une démarche auprès de la Société Centrale Évangélique, qui désigna en mars 1912 le pasteur Héliodore Jospin[5], (1873-1944), sous les conditions suivantes : que la rentrée des cotisations promises serait aussitôt organisée, que Nantes ferait à la Société Centrale une part dans son budget, que le poste de Saint-Nazaire serait indépendant de Nantes et son territoire bien délimité, et que le pasteur de Saint-Nazaire donnerait à Nantes une prédication par mois.

    pasteur-jospin, saint-nazaire, protestant

    Le pasteur Jospin

     

    Le pasteur Jospin resta en poste jusqu’en 1929. Durant la première-guerre-mondiale, il eut à charge en plus de ses fidèles, les prisonniers allemands qu’on employait comme main d’œuvre, (voir comme esclaves), sur le port. Sa mission ne s’étendit pas aux soldats étasuniens. En effet, les troupes US avaient leurs propres ministres du culte.

    En 1922, Mission Populaire installe à Saint-Nazaire un baraquement démontable nomme « La Semeuse », remplacé par la suite par une construction pierre. C’était un lieu de réunion et d’évangélisation qu’animait le pasteur nantais Henri Garnier. Les Éclaireurs Unionistes agirent aussi de leur côté. Si bien que la communauté protestante augmenta sensiblement par conversions, remplissant le temple le dimanche. Il faut cependant relativiser, le nombre de fidèles régulier est de 60 personnes le dimanche. Louis Campredon, (1863-1928), ingénieur chimiste, fondateur du laboratoire d'analyses métallurgiques de Saint-Nazaire, et de la Ligue antialcoolisme, participe au culte, il y fait figure de personnalité nazairienne de référence, et est un donateur généreux.

    temple,saint-nazaire,protestant,protestants,jospin,le-berre,sohier

    En 1920 un scaphandrier grec décéda asphyxier durant son travail au fond d’une épave de paquebot. On demanda au curé de l’église principale Saint-Nazaire Donatien Joalland, de venir procéder à une cérémonie funèbre, il refusa grossièrement sous prétexte que le mort était orthodoxe. Faute de trouver un pope, on demanda au pasteur Jospin qui accomplit le culte, ce qui provoqua un grand émoi dans la population et renforça la détestation des Catholiques nazairiens envers Joalland qui depuis sa nomination en 1909 avait réussi aussi à dépeupler son église au profit de la paroisse Saint-Gohard. Peu après l’événement, le Vice-Consul de Grèce demanda au pasteur Jospin un Nouveau-Testament, et une famille grecque le baptême pour son enfant.

    Mais en 1929, au départ du pasteur Jospin, le culte n’est assuré qu’une fois tous les quinze jours par le pasteur nantais Brunet.

     

    La vente du temple à à la Mission Mac-All :

     

    Société Centrale Évangélique vendit le temple pour la somme de 60.000 fr à la Mission Mac-All en 1931. Le Pasteur Maurice Le Berre fut alors nommé à Saint-Nazaire.

    En vendant le temple de Saint-Nazaire, la Société Centrale conserva son ancienne annexe de La Baule, avec la charge des protestants en résidence du canton de Guérande, elle construisit ainsi avec l’argent de la vente de Saint-Nazaire, le temple de La Baule, et en 1932, grâce au caprice de deux industriels de mosellans, elle se vit offrir un autre temple à Saint-Brévin-L’Océan. Ces temples n’étaient ouverts que l’été, le culte étant assuré par des pasteurs à qui on offrait la location d’une maison pour eux et leur famille durant les vacances.

     

    Guerre et Paix :

     

    Le pasteur Le Berre fut mobilisé en 1939. Rendu à son ministère nazairien en 1941. En février et mars 1943 la ville est écrasée sous les bombes et la population évacuée. La toiture du temple en flamme s’effondre, ne laissant que les murs.

    temple, saint-nazaire, protestant

     

    Replié à La Baule, le Pasteur Le Berre visitait chaque jours les fidèles dispersés dans la Poche, alternant l’office sainte entre La Baule et Saint-Brévin.

    À la Libération la Mission Mac-All remplaça le pasteur Le Verre par Albert Trubert, un baraquement pour loger la Fraternité de Saint-Nazaire est construit.

    temple,saint-nazaire,protestant,protestants,jospin,le-berre,sohier

     

    Durant les années de la Reconstruction, il y eu un rapprochement œcuménique entre protestants et catholiques nazairiens. La venue des États-Unis de « quakers », surnom donné aux fidèles de la Société religieuse des Amis, une dissidence de l’Église anglicane, durant les années de la reconstruction n’est pas à négliger dans ce rapprochement.  Ceux-ci avaient créer « le foyer des Amis » où des machines à laver et à coudre étaient mises à disposition de la population. Ils repartirent à la fin des années 1960 et ont beaucoup marqué les nazairiens.

     

    À la Libération la Mission Mac-All préféra utiliser l’argent des indemnités de guerre pour construire La Fraternité de la Mission Populaire de Saint-Nazaire, plutôt que de restaurer le temple, pourtant réparable, et qui finira détruit par les pelleteuses du Déblaiement. La Fraternité, située au 1 rue de l’Ile de France, fut inaugurée en 1955. Elle accomplie des actions à destination des plus fragiles : accueil café du matin, cours de français aux migrants, vestiaire social, aide administrative et numérique, cours d’informatique, de couture, moments festifs, activités culturelles, braderie-brocante.

     

    Depuis se sont établies à Saint-Nazaire une représentation de l’Église Protestante Baptiste Libre dont l’église couverte de bois se trouve à La Vecquerie, et une maison de l’Église Chrétienne Évangélique rue d’Ypres.

     

     

     

     

    [1] Ils furent contraints, avec les autres Bavarois et « allemands » de Saint-Nazaire, à fuir en 1870, ce qui fit disparaitre la dernière brasserie fabriquant à Saint-Nazaire. On faisait de la bière en notre ville depuis le 17e siècle, mais la Révolution avait durant plusieurs décennies stoppé cette industrie.

    [2] Ernest-Charles-Amédée Bachelot-Villeneuve, né à Pré-en-Pail le 6 juin 1840, reçu docteur en médecine à Paris le 8 août 1866, docteur en médecine à Saint-Nazaire à partir de 1868, marié à Vannes le 30 janvier 1872 avec Emilie-Rose Bachelot, Bachelot, née le 15 septembre 1852 à Piriac, fille de Vincent-Marie Bachelot et de Marie-Caroline Krieger, d'où :

    1° Rémond-Viencent-Amédé, (Saint-Nazaire 27 janvier 1873 – Saint-Nazaire 26 juillet 1873) ;

    2° Madeleine-Eugénie-Thérèse, née à Saint-Nazaire le 4 aout 1876, mariée en cette même ville le 18 mai 1903 avec Alphonse van Bredenbeck de Châteaubriant, écrivain lauréat du prix Goncourt en 1912, qui se compromis dans le nazisme.

    La famille Bachelot-Villeneuve doit la seconde partie de son patronyme à la possession d’une ferme nommé Villeneuve à Piriac-sur-Mer. Certain de ses membres étaient connus comme Bachelot de Villeneuve, ou de Villeneuve-Bachelot. ), Le 27 février 1845 sous le seul nom de Bachelot, le frère du docteur, l’avocat Alphonse-Gustave Bachelot, dit Bachelot-Villeneuve, tenta de faire rectifier son état civil, ce que le tribunal civil de Saint-Nazaire rejeta au motif que la terre de Villeneuve n'était pas une terre noble et que la volonté de l'auteur ancien du patronyme n'était pas suffisamment établie, jugement fut confirmé par la cour d'appel le 29 août 1881. les armes des Bachelot-Villeneuve sont : D'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles rangées du même, et en pointe d'un croissant d'argent.

    [3] Il était fils de l’architecte du passage Pommeraye.

    [4] Il est aussi le fondateur de l’École de commerce der Nantes.

    [5] Parent éloigné de l’ancien première ministre Lionel Jospin.

  • Léon Guillet, un académicien nazairien

    On trouve parfois dans la presse nazairienne de l’entre-deux-guerres la mention de l’académicien Léon Guillet, membre l’Académie des sciences, notamment lors de remis de prix au Collège Saint-Louis, comme ici en juillet 1933 :

     

    Léon Guillet, académicien, saint-nazaire

    Le Courrier de Saint-Nazaire, 22 juillet 1933

     

     

    Madame Nicole Chezeau lui a consacré une longue biographie et bibliographie en 1994, consultable ici : https://www.persee.fr/doc/inrp_0298-5632_1994_ant_19_1_8458

     

    Nous nous bornerons à ajouter à cet excellent travail les éléments suivants :

    Léon-Alexandre Guillet est né le 11 juillet 1873[1] au 6 de la rue de Ville-es-Martin[2] à Saint-Nazaire. Il était le septième enfant, (sur une fratrie de 8), de Pierre-Joseph Guillet, avoué licencié (en droit), âgé de 45 ans, et d’Elisabeth-Jeanne Chauveau, âgé de 38 ans. Il y avait 15 ans de différence lui et son frère aîné. Il épousa civilement[3] le 21 juillet 1898 à Paris Marie-Béatrice-Hedwige Soullier, (1871-1953), dont il eut :

    1° Béatrix, (1900-1994), épouse de Jean Cournot, (1895-1993), d’où postérité ;

    2° Léon-Pierre, (1908-1991), ingénieur métallurgiste, époux de Paule Terrien, (1909-2009), d’où postérité dont l’écrivain Christian Guillet, (°1934).

    Il décéda le 9 mai 1946 en son domicile du 30 avenue de Villiers à Paris. Son acte de décès le mentionne comme : « Grand officier de la légion d’honneur, directeur honoraire de l’École Centrale, membre de l’Institut ».

     

     

    [1] Déclaré le 12.

    [2] Actuelle avenue Général de Gaulle.

    [3] Nous ignorons la date de son mariage religieux.

  • Port Gavy ou l'école des infirmières

    Connu actuellement comme " l’École des infirmières ", Port Gavy fut à l'origine une propriété comportant une villa et ses dépendances dans un vaste parc.

     

    gav11.jpg

    La villa de Port Gavy en septembre 1919, (coll. personnelle)

     

     

    Située sur la Grande île des Gavids, à un emplacement où il n'y avait aucune construction, la propriété fut bâtie durant le Second Empire, probablement vers 1855 à la même période que le château des Charmilles à Porcé, pour William-Felix Le Besque, (1802 - 8 décembre 1877 à Nantes), capitaine de navire, et son épouse Delphine-Aimée Lefebvre, native de Saint-Florent-le-Vieil, couple domicilié à Nantes.

    Destinée a l'usage de demeure de vacances, la villa fut construite sur cave, avec au-dessus un entresol avec une cuisine carrelée munie d'un monte plat, et une salle à manger pour les domestiques ; un rez-de-chaussé avec salle à manger lambrissée et plafonnée d'acajou, grand salon, et dans la tour un boudoir rond. Au 1er étage trois grandes chambres de maître avec chacune leur cabinet de toilette. Celle qui occupait la tour était dite de Monseigneur Fournier, en référence à Félix Fournier, (1803-1877), évêque du diocèse de Nantes de 1870 à sa mort en 1877, qui passait chaque été quelques semaines à Port-Gavy, car il était ami d'enfance de William-Felix Le Besque. Sa chambre était décorée de peintures qui représentaient en médaillon les bustes des Apôtres et des premiers disciples, avec au-dessus de chaque médaillon, en lettres gothiques dorées, un versé du credo. Les fenêtres étaient dotées de vitraux évoquant des moments de la vie d’Anne de Bretagne, et de François Ier. Au second étage étaient les quartiers des domestiques, avec un accès au grenier et au troisième niveau de la tour, ainsi qu'à la terrasse qui la somme, d'où l'on peut voir de la rade de Saint-Nazaire à la pointe Saint Gildas, et le clocher de l'Immaculée.

    Le domaine était d'une surface de 10ha, le long de 400m de côte, il y avait notamment 3ha de vignes situées à l'emplacement des bâtiments de l'université, qui donnaient encore en 1929 cents barriques de vins rosé dont la qualité était louée par ceux qui l'avaient goûté. Un verger et une prairie, un bois de chênes verts, sapins, et lauriers, une pelouse dégagée en direction de la Villès-Martin, bordée de rosiers, de camélias, et d'une allée de palmiers. Encore aujourd'hui, on pénétré en direction de l'ancienne villa par un portail du 19e siècle peint en vert, via une allée autrefois bordée de houx. Il y avait aussi une chouette de granite près de la grille, référence  aux Chouans pour les familles royalistes.

     

    Au décès de William-Felix Le Besque, son fils Georges-William, né à Nantes le 25 avril 1844, hérita d'une fortune suffisamment confortable pour ne jamais avoir à travailler, et du domaine où décida de résider toute l'année. A l'âge de 36ans, il rencontra Eliza Chavril, âgée de 19ans, orpheline placée sous la tutelle d'un lointain parent, Yves Martin, propriétaire domicilié à Saint-Nazaire. Eliza Chavril naquit le 12 mai 1864 à La Motte dans les Côtes-d'Armor. Sa mère, Marie Anne Le Maire, décéda à La Motte le 5 mai 1875, et son père, Louis Chavril, décéda à Saint-Nazaire le 10 juin 1880. Afin de se marier, Eliza obtint l’autorisation de son conseil de famille, par délibérations du 20 juillet 1883, validées par le juge de Paix du Canton de Saint-Nazaire. Le couple s'unit à la mairie de Saint-Nazaire le 20 août 1883. Si les témoins de Georges-William étaient ses cousins germains Lefebvre venus de Saint-Florent, Eliza eut quant à elle Victor Delaris, le vérificateur des douanes de Saint-Nazaire, cousin par alliance, et Charles Marion de Procé, procureur de la République, désigné comme son ami dans l'acte.

     

    En 1929, la ville de Saint-Nazaire, désireuse de construire un hospice pour ses vieillards, qui se trouvait rue du Traict, tenu par les Filles de la sagesse, congrégation de religieuses hospitalières, se porta acquéreur auprès des héritiers Le Besque, du domaine de Gavy pour la somme de 800.000 frs avec son ameublement et le matériel agricole. La maison était alors relativement défrichée : les marches du perron étaient disjointes, semé d'herbe, les rampes de bois des balcons auxquels s’accrochaient des rosiers, de la glycine et de la vigne vierge, étaient branlantes. La chapelle et les bâtiments de la ferme qui la complétaient, nécessitaient des travaux. Les Nazairiens trouvèrent aussi que déplacer les vieillards à 6km du centre, dans une partie de la commune mal desservie par une ligne de bus, n'était pas une bonne idée, même si tous s'accordaient sur la beauté de l'endroit. Au demeurant, la propriété n'avaient ni gaz, ni électricité. 

    port gavy, ecole d'infirmiere

    La propriété au moment de son achat dans un reportage du Courrier de Saint-Nazaire publié le 07/12/1929.

     

     

    centre chirurgical gavy - la chapelle.jpg

    Intérieur de la chapelle en 1939. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

     

    Plusieurs projets furent discutés, le premier, dit " projet A " consistait à l'ajout d'une aile à la villa, le second, " projet B ,  prévoyait de construire en plus un vaste complexe de bâtiments construits en paravent face à la côte.

     

    Sans titre-2.jpg

    projet A, (réalisé). (Archives départementales).

    Sans titre-1.jpg

    Projet B, (Archives départementales).

    1 = villa ; 2 = aile réalisée.

     

    Ce fut le projet A qui fut réalisé, par l'ajout à la villa une aile pour les patients. L'entresol de la villa fut adapté aux services, et les niveaux supérieurs devinrent le logement du directeur. Le balcon en bois découpé de la tour fut remplacé par un balcon en ciment avec escalier ; la fenêtre du troisième étage de la tour fut retaillée en ogive, et l’ensemble fut enduit de ciment peint en blanc. Il est à noter que jusqu'à la guerre, le logement servait uniquement durant les périodes d'été, comme résidence secondaire de l'économe de l'hopital... En effet, Gavy étant à 4km du centre ville, et 3km de Saint-Marc, et l’absence d'un ligne de bus régulière, firent que son utilisation comme logement à l'année ne convenait pas à une famille.

    Ce n’est que le 30 avril 1939 que l’inauguration eut lieu.

     

     

    709_001.jpg

    Les bâtiments en 1939, (Carte Postale éditions Rosy).

     

    Occupé par les Allemands durant la guerre, puis par les troupes française, les bâtiments furent restitués en septembre 1945 à la municipalité. Après une remise en état des lieux, effectuées par 180 prisonniers allemands, Henri Allanet, ancien économe devenu directeur, à qui l'on doit entre autre la reconstruction de l'hôpital de saint-Nazaire, y installa l'ensemble du service chirurgicale de la ville, toujours en collaboration avec les Filles de la sagesse. C'est sœur Gustave, (née Anne-Marie Barreteau), qui en assura la gestion. Trois chirurgiens y officiaient : Jagot, Gentin, et Delouche.

    Henry Allanet emménagea dans l'apparentement de fonction avec sa famille, au grand dam de son épouse qui se plaignait de l'isolement géographique du site (Cf. " Henri Allanet, un citoyen du XXe siècle ", de Pierre H. Allanet). Ils y restèrent jusqu'à la construction de leur maison square des Acacias, actuellement square Henri Allanet.

    En janvier 1947, le Centre chirurgicale de Gavy était équipé de 90 lits. En décembre de cette année, la ministre de la Santé, Germaine Poinso-Chapuis, vint visiter les installations hospitalières de Saint-Nazaire. 

    En 1951 il comportait 100 lits.

    778_001.jpg

    Salle des malade du centre Chirurgicale en 1939. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

    A la suite de la construction d'un nouvelle hôpital, inauguré en 1960, le Centre chirurgical fut déplacé, et Gavy devient un institut de formation en soins infirmiers en 1961 après de nouveaux travaux de transformation. L’inauguration eut lieu en septembre 1962 et l'enseignement débuta avec 30 élèves en formation de 3 ans.

     

    (Remerciements particuliers à monsieur S. Paquet pour le complément d'informations.)

     

     

  • Auffray, juge au tribunal civil de Saint-Nazaire

     Auffray : Famille bourgeoise originaire de Lamballe.

     

    Sans titre-1.jpg

     De sinople à trois besants d'argent posés en barre, à la bordure d'argent chargée de huit mouchetures d'hermine de sable. (cf. Armorial général de 1696, cachets, et Frotier de La Messelière.)

     

     

    I° Paul-Louis Auffray, né à Lamballe le 14 septembre 1848, sous-lieutenant de mobilisés des Côtes-du-Nord en 1870, titulaire de la médaille de 1870-1871, demeurant à Lamballe en 1925 ; marié à Pontivy le 8 janvier 1878 à Cécile-Berthe Cravin, fille de Pierre Cravin, greffier en chef du tribunal civil de Pontivy, et de Marie-Grâcieuse Labordette, d'où :

    1° Pierre-Alfred-Marie, né à Lamballe le 23 avril 1880, docteur en médecine de la Faculté de Paris, médecin à Morlaix en 1905, mobilisé à l'ambulance 4/14 pendant la première guerre mondiale, puis médecin chef de l'hôpital Luxembourg, à Vesoul (Haute-Saône) jusqu'à sa démobilisation, propriétaire-éleveur au manoir de Kerminizy, en Saint-Tugdual, en 1925 ; marié à Lorient le 11 novembre 1909, avec Amélie-Françoise-Gertrude Marchai, fille de Maurice Marchai, ingénieur en chef de la marine, puis directeur des Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, chevalier de la Légion d'honneur, et de Marie Jan de La Gillardais ;

    2° Joseph-Marie, né à Lamballe le 17 mars 1883, licencié en droit et avocat stagiaire à Rennes en 1906, docteur en droit en 1907, avocat du barreau de Saint-Brieuc, membre du Conseil de l'Ordre de 1912 à 1914, mobilisé de 1914 à 1918, magistrat en 1919, juge au tribunal civil de Saint-Nazaire en 1920, juge d'instruction à Ploërmel, depuis le 19 janvier 1921, procureur de la République à Ploërmel en 1925 ; titulaire de la médaille interalliée de la Grande Guerre et de la médaille des Y. M. C. A. Franco-Américains ;

    3° Joseph, né à Lamballe le 2 juillet 1886, mobilisé de 1914 à 1918, titulaire de la médaille interalliée de la Grande Guerre et de la médaille des Y. M. C. A. Franco-Américains ;

    4° Louis-Joseph-Marie, né à Lamballe le 6 juin 1890, licencié en droit en 1912, avocat stagiaire à Rennes, mobilisé simple soldat au front, bien que reçu avec la note 18/20 au concours d'admission à l'Ecole de l'Intendance de Vincennes, blessé 3 fois, avec cinq citations, dont : du 1" juin 1918, à l'ordre de l'armée ; du 20 juin 1918, à l'ordre du corps d'armée n° 373. Décoré de la Croix de Guerre avec une palme, 2 étoiles d'or et une de bronze, proposé deux fois pour la Légion d'honneur par le colonel du 41e d'infanterie ; après l'armistice du n novembre 1918, substitut au Conseil de guerre de la Xe armée, à Mayence (Rhénanie); lieutenant de réserve au 41e d'infanterie et avoué près le tribunal civil de Pontivy depuis 1920, chevalier de la Légion d'honneur en juin 1920; marié à Saint-Michel de Saint-Brieuc, le 15 avril 1920, Anne-Félicité Lemée, fille de Mathurin Lemée, négociant, et d'Aline Roussin.

  • Notes sur la famille Laborde

    La famille Laborde s'établie à Saint-Nazaire, dans la Grand Rue, durant la Restauration avec Charles Laborde, (Bayonne en 1798 - Saint-Nazaire 15 avril 1875, sa tombe est au cimetière de La Briandais), officier de marine, fils de Jean-Baptiste Laborde, capitaine, et de Marie Billard ; de son épouse d’Anne-Françoise Tartoué, (née à Saint-Nazaire 19 novembre 1801, fille du marchand boucher Yves-Honoré Tartoué) 

    il laissa :

    1° Charles-Honoré, né le 1er novembre 1826 à Saint-Nazaire (déclaré le 2), baptisé le 16 ; il fit ses études au petit séminaire de Guérande. Il fut ordonné prêtre en 1850, par monseigneur Sibour, à Saint-Sulpice, dont il avait dirigé les catéchismes. Il devint secrétaire de monseigneur Jaquemet évêque de Nantes, qui le nomma, en 1855, chanoine honoraire. En 1857 il fut élevé à la dignité de vicaire général honoraire, puis, en 1859, à celle de vicaire général titulaire. En 1869, le chapitre de l’Église de Nantes le nomma vicaire capitulaire, avec l’abbé François Richard de La Vergne (futur archevêque de Paris, puis cardinal). Durant la guerre de 1870 il fut aumônier des mobiles de la Loire-Inférieure et s’illustra en Eure durant les combats par son abnégation et de sa charité. Il y contracta une pleurésie dont il souffrait encore, quand monseigneur Fournier, évêque de Nantes, lui confia en avril 1870, la cure de Saint-Similien à Nantes, composée de vingt mille âmes, « surtout d’ouvriers et de gens du peuple ». Il y veilla au développement des œuvres de charités, et fut un pasteur très actif après de ses ouailles. Il fut nommé évêque de Blois, par un décret ministériel du 9 juin 1877, ce que confirma la Vatican le 25 juin par préconisation du pape Pie IX, « étonné d’abord, il a dû obéir. bien qu’ayant le cœur déchiré » (cf. Revue de Bretagne et de Vendée). Il prit pour armoiries : d’azur à Notre Dame des Aides sur un nuage, tout d’argent ; au chef du même chargé de cinq mouchetures d’hermine de sable. Monsiegneur Laborde, quoiqu'évêque de Blois, célébra la grand-messe, le dimanche 2 août 1891 en l'église principale de Saint-Nazaire, qui avait été inaugurée cinq jours auparavant. Son visage a été sculpté sur l'un des chapiteaux des transepts cette l'église, côté Évangile (c'est à dire à droite quand on est face au chœur).  Il décéda le 18 mai 1907.

    2° Cécile-Marie-Amélie, née à Saint-Nazaire le 6 février 1831, mariée le 15 juin 1857 à Saint-Nazaire avec Marie-Louis-Alfred Picard, (né à Brest le 25 mai 1827), lieutenant de vaisseau ;

    3° Joseph-Marie-Athanase, né le 29 juillet 1838 à Saint-Nazaire. D’abord engagé dans la Marine marchande, il entra dans la Marine militaire le 15 juillet 1859. Lieutenant de vaisseau au 3e Bataillon de fusiliers marins, il fut affecté août en 1870 à l’Armée de Paris, comme capitaine de la 6e compagnie. « Au cours du siège de Paris, le 21 décembre 1870, l'Armée de Paris tenta une sortie dans le nord de la capitale. Le corps d'armée de Saint-Denis, commandé par le vice-amiral de La Roncière, fut chargé de s'emparer du village du Bourget, fortement défendu par les troupes ennemies. Le 3e Bataillon, commandé par le capitaine de frégate Lamothe-Tenet, réussit à s'installer au centre du village, mais privé du soutien du 134e Régiment d'infanterie qui n'avait pu attaquer par le sud comme prévu, il dut se replier après avoir été soumis à un feu intense et avoir subi de lourdes pertes. Dans cette attaque, les marins perdirent 254 hommes dont 7 officiers parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Laborde ». Son acte de décès fut inscrit au rôle d'équipage de la 3e annexe du vaisseau Louis XIV, établi à Saint-Denis le 22 décembre 1870. Une place de Saint Nazaire fut baptisée en son honneur (place avec les pots rouges) ;

    4° Marie-Philomène Laborde, (Saint-Nazaire 15 août 1836 - Saint-Nazaire 2 mars 1918), mariée le 8 juillet 1863 à Saint-Nazaire avec François Hélard, (Grandville 26 juillet 1829 – Saint-Nazaire 16 mars 1901), capitaine au long cour, commandant à la Compagnie Générale Transatlantique, (d'où Marie-Hortense, épouse du diplomate mexicain Calos Lera, femme de lettre sous le nom de marc Hélys, qui fut célèbre pour avoir dupé Pierre Loti en montant un canular à Constantinople en 1904).

    5° Anne, née à Saint-Nazaire le 9 février 1842 ;

    6° Edouard-Marie Laborde, né à Saint-Nazaire le 19 avril 1846.

     

    laborde nazaire blois

    La France illustrée, 25 août 1877

    laborde,eveque,blois,athanase,saint-nazaire

    Armoiries de monseigneur Laborde :

    De gueules à la Vierge d'argent sur un nuage du même tenant dans ses bras l'Enfant Jésus aussi d'argent ; au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermines de sable.

     

    laborde2.jpg

     

    laborde.jpg

     

    laborde4.jpg

  • Maitre Alexandre Galibourg

     

    Portrait de maître Alexandre Galibourg par Théo Prat,

    photographe à Saint-Nazaire, (vers 1925/26, coll. L.O.M.)

    galibourg.jpg

    I° Alexandre-Marie-Jean-Baptiste Galibourg, (Nantes le 30 décembre 1846 - Saint-Nazaire le 19 janvier 1931), fut l'un des premiers historiens de Saint-Nazaire, on lui doit une série d'articles parus dans " Le Courrier de Saint-Nazaire ", et fut un collaborateur actif de Kervilers pour ses «bio-bibliographies bretonnes.  Arrivé à Saint-Nazaire à l'âge de 18mois, son grand-père maternel était Jean-Baptiste Talour, dit le capitaine Mantrelais, qui joua un tout Important dans le soulèvement des marches d'Anjou en 1793, et arrière-petit-fils du médecin rennais, Poullain de La Croix, amis de Moreau, qui accompagna les volontaires d'Ille et Villaine en 1792, et devin médecin de l'Armée du Rhin. Sa famille était fervente catholique et attachée aux idées monarchiques, aussi fut-il élève du Petit-Séminaire de Guérande. Reçu licencié en droit à Rennes le 13 août 1872, il fut avocat à Saint-Nazaire durant 58 ans ;il en fut le premier bâtonnier élu en 1890, et fut plusieurs fois réélu à ce poste. Il a laissé la réputation de défenseur des causes perdues dans le souvenir des Nazairiens. Cependant, il fut surtout un avocat spécialisé dans le Droit maritime, et on lui doit des interventions remarquées pour la défense des intérêts des marins indépendants devant les grands sociétés de navigation, durant les congrès internationaux de Navigation de Paris, Venise, et surtout d'Amsterdam, durant lequel il fit voter le textes qui régissent dans tous les pays la compétence en matière d'abordage. Membre du conseil de la Fabrique de Saint-Nazaire, il en fut l'avocat-conseil. Attaché à la paroisse Saint-Gohard, il participa activement à la construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Nazaire et a été honoré d'un portrait sculpté sur le pilier centrale situé à droite quand on entre dans le chœur de l'église Saint-Nazaire, (côté Évangile). Maître Galibourg était passionné d'histoire locale, il avait connu enfant les reste du prieuré Saint-Jean de Saint-Nazaire et en avait fait un dessin de mémoire qui avait servi à illustrer un vitrail de l'Eglise principale, malheureusement détruit par les bombes anglaises en 1942. Il intervenait régulièrement dans la la presse, surtout dans L'Ouest éclair, pour distiller des souvenirs et des détails historiques, pestant de temps à autre contre ce qu'il considérait comme des oublis impardonnables de Henri Moret, qui, avec son ouvrage, avait réalisé ce que maître Galibourg ne fit jamais : écrire un ouvrage historique à propos de Saint-Nazaire. C'est aussi sous le pseudonyme de " vieux nazairien " qu'il exprimait son avis sur l'évolution de la ville en comparaison de ce qu'il avait connu étant jeune, sans ménager ses mots. Maître Galibourg faisait partie des riches et multipropriétaires d'immeubles en ville. Il avait notamment loué par deux fois un appartement au compositeur Berlioz, au 9 rue de la Villès-Martin. Le compositeur lui avait laissé un ouvrage dédicacé. Domicilier 40 rue de la Villes Martin, maître Galibourg fut inhumé au cimetière de La Briandais le 22 janvier 1931. Le journal L'Ouest-Éclair du 23 janvier 1931 mentionne : " Dans le cortège, on remarquait des délégations d'avocats, dont une du barreau de Nantes, en robe. Il n'y avait ni fleurs ni couronnes, sur la demande expresse qu'avait formulée l'honorable ancien bâtonnier avant sa mort. Les cordons du poêle étaient tenus par M. Vincent, président du Tribunal civil du Mans : M° Gouzer, bâtonnier en exercice du barreau de St-Nazaire MM Féliard, procureur de la République ; chanoine Joalland, curé de la paroisse de St-Nazaire ; Gasnier, président du Tribunal de Commerce de notre ville, et Boudard, président de la Chambre des avoués ". Son éloge funèbre fut prononcée le 23 janvier 1931 au début de l'audience du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, par le président Vincent, devant tous les magistrats, les avocats, les avoués, les huissiers et les greffiers (voyez à ce sujet L'Ouest-Éclair du 24 janvier 1931). 

    Il épousa à Saint-Nazaire, le 9 juin 1880, Augustine-Elisa-Marie Offret, née en 1854, décédée au château de La Courbe à Puyrenier le 5 mars 1944,  fille d'un commandant de paquebots transatlantiques, d'où :

    1° Marie-Augustin-Louis, (Saint-Nazaire 5 juillet 1881 - Paris (20e) 27 avril 1947) ;

    2° Alexandre-Aimé-Marie-Augustin (Saint-Nazaire  4 mars 1885 – Saint-Nazaire 16 novembre 1949) ;

    3° Louis-Aimé-Marie, (Saint-Nazaire 14 janvier 1887 - ??) ;

    4° Henri-Anne-Marie, (Saint-Nazaire 1er juillet 1889 - Saint-Nazaire  22 février 1988), avocat, diplômé de l'Université de Rennes en Droit en 1912, bâtonnier du barreau de Saint-Nazaire ; marié à La Baule le 1er octobre 1949 avec Marcelle-Madeleine-Léontine Abeakam ;

    5° Jean-Baptiste-Anne-Marie, (Saint-Nazaire 22 juin 1891 - décédé en 1945), docteur ès-sciences, galibourg,saint-nazaireil fut d'abord chef des essais physiques et mécaniques de l'usine Citroën Quai de Javel, puis aux usines De Dion et Bouton comme chef des services métallurgiques des établissements de Puteaux, puis ingénieur-conseil auprès de firmes, reçu docteur ès-sciences physiques en Sorbonne avec une thèse portant sur la thermo-électricité il inventa un appareil  pour la reconnaissance des nuances d'aciers, enseignant attaché au laboratoire de métallographie de l'Ecole Centrale en 1921, chef de travaux en 1923, puis maître de Conférences d'Essais des matériaux, il fut mandaté en 1926 par les dirigeants de l'International Nickel C° aux Etats-Unis et au Canada pour visiter les usines de cette entreprise, il participa à la création du Centre d'Information du Nickel, appelé à Bruxelles comme professeur d'échange en 1934, il fut chargé aux Expositions d'Aviation  de présenter l'ensemble des méthodes d'essais et y organise des rétrospectives très remarquées ; à l'Exposition Universelle de 1937, il  créa et assura le fonctionnement d'un important laboratoire de métallurgie, et fut fait chevalier de la Légion d'honneur. Il participa à tous les grands Congrès internationaux aux Etats-Unis, au Japon, à Liège, à Bruxelles, à Zurich, etc. Il était expert près des tribunaux et le Bureau Veritas l'avait prié d'être membre et rapporteur de son Comité technique. A la veille de la Seconde guerre mondiale il fut appelé à la direction du laboratoire de la S.N.C.F. (voyez au bas de l'article la liste de ses travaux.) Marié à Toulouse le 27 avril 1927 avec Marie-Amélie-Madeleine Portrait, d'où un fils.  (Jean Galibourg, photographie parue dans la Revue de la métallurgie en mars 1945)

    6° Hélène-Anne-Marie-Henriette, (Saint-Nazaire 18 juin 1897 - Saint-Nazaire 7 janvier 1995), mariée à Saint Nazaire le 17 septembre 1828 à Marie-Adolphe-Jehan de Maillard,  (château de La Combe, Puyrenier 6 juillet 1900 - 17 décembre 1975 Bordeaux), issu d'une branche cadette, dites de La Combe, de la famille de Maillard de La Faye, maintenue noble par Pellot, intendant de Guyenne, 5 mars 1668, (la branche de  La Faye a fait ses preuves en juin 1993 à l'A.N.F. - Armes : d'azur  trois pommes de pin d'argent) ; divorcés le 8 août 1974.

     

     

     

    (Remerciements à madame N.A. pour les informations complémentaires concernant la famille.)

     

     

    Listes des travaux de Jean Galibourg : Comptes rendus Académie des Sciences Contribution à l'étude de la trempe de certains alliages d'aluminium. C.R . 1919 , 169 , p. 50 8 (en collaboration avec M M . L . GuiLLET et Jean DURAND). Utilisation de la force thermo-électromotrice de contact pour identifier quelques aciers. C.R . 1922 , 174 , p. 547 . Sur une méthode permettant de reconnaître les perles japonaises cultivées. C.R . 1922 , 174 , p. 1.01 2 (en collaboration avec M . F . RYZIGER). Sur la trempe des alliages légers aluminum-cuivre, renfermant plus de 5 % de cuivre. C.R . 1925 , 181 , p. 1.10 7 (en collaboration avec M . L . GuiLLET). Contribution à l'étude de la roentgenspectrographie des perles. C.R . 1926 , 183 , p. 96 0 (en 1 collaboration avec M . F . RYZIGER). SUT les points critiques et la trempe martensitique des fontes au nickel ci au, nickel-chrome. C.R . 1928 , 187 , p. 1 4 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et M . BALLAY). SUT le relèvement du palier de la courbe de traction des métaux par traction et vieillissement. C.R . 1929 , 188 , p. 993 . Sur les essais de traction à chaud. C.R . 1929 , 188 , p. 1.20 5 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et M . SAMSOEN). Sur les essais de traction à chaud. C.R . 1929 , 188 , p. 1.32 8 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . SAMSOEN). Sur le vieillissement des métaux écrouis, C.R . 1930 , 190 , p. 168 . Sur le traitement thermique durcissant des fontes grises. C.R , 1930 , 191 , p. 53 8 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . BALLAY). Sur la résistance à chaud des aciers ordinaires. C.R . 1931 , 192 , p. 86 1 (en collaboration avec MM . L . GuiLLET et M . SAMSOEN). Sur la limite élastique de l'acier doux étiré à la filière. C.R . 1932 , 194 , p. 1.635 . Influence de l'allongement réalisé au cours de tractions successives suivies de vieillissement sur. la limite élastique et le module d'Young d'un acier doux. C.R . 1932 , 195 , p. 1.022 , Sur les singularités des courbes de traction à chaud. C.R . 1932 , 195 , p. 1.072 . Sur les déformations subpermanentes (phénomènes de réactivité). Enfin, il y a quelques années, il fut appelé à la direction du laboratoire de la S.N.C.F. et, dans ces temps troublés, il y étudia avec succès des questions fort délicates notamment celle des pièces de frottement et des pièces d'attelage. Que dirai-je maintenant de l'homme ? II fut un de mes meilleurs amis, m'en donna maintes fois la certitude , notamment au cours des multiples et dures épreuves que je viens de subir ; il avait un caractère très droit, une franchise rare et, sous une froideur volontaire, cachait un dévouement auquel on ne faisait jamais appel en vain. Tous en abusaient ; moi-même lui avais demandé de prendre le secrétariat général de deux groupements que je préside : les « Centraux Métallurgistes » et les Parisiens de la Loire-Inférieure (« Le Muscadet »). Alors que la France a besoin de toutes ses élites, disparaît un excellent serviteur du pays. Sa mémoire sera pieusement conservée. Que notre chère amie, Mm e Galibourg, que son fils, mon filleul, en soient bien assurés. Léon GUILLET . DE JEAN GALIBOURG C.R . 1937 , 205 , p. 21 7 (en collaboration avec M . Pierre LAURENT). Sur les transformations des fontes austénitiques. C.R . 1939 , 209 , P . 105 . Revue de Métallurgie Contribution à l'étude de la trempe de certains alliages d'alumi* nium. 1920 , XVII , p. 20 2 (en collaboration avec M M . L. _ GUILLET et J. DURAND). Contrôle de l'épaisseur de cémentation sur témoins trempés. 1920 , XVU , p. 21 6 (en collaboration avec M . BALLAY); Contribution à l'étude théorique des diagrammes d'équilibre des alliages binaires. 1920 ; XVII , p. 630 . Les criques de rectification. 1921 , XVIII , p. 21 3 (en collaboration avec MM . L . GUILLET et P. BEURET). Emploi de la macrographie pour la mise au point de la coulée du bronze d'aluminium. 1921 , XVIII , p. 78 0 (en collaboration avec M . BRIZON). Y Protection contre cémentation par application d'un enduit au pinceau. 1922 , XIX , p. 22 2 (en collaboration avec M . BALLAY). Quelques résultats d'essais sur pendule Herbert. 1925 , XXI I p. 23 8 (en collaboration avec M . L . GUILLET). . Les- retassures intercristallines, « Micro-retassures». 192 5 XXII , p. 25 3 (en collaboration avec MM . L . GuiLLE' et M . BALLAY). Thermo-électricité des métaux et alliages. 1925 , XXII , p. 40C p. 52 7 et 610 . Recherches sur le traitement thermique des alliages aluminium cuivre. 1926 , XXIÎI , p. 17 9 (en collaboration ave M . L . GUILLET). La métallurgie du nickel au Canada et aux Etats-Unis. 192 , XXIV , p. 627 . Le nickelage. 1927 , XXIV , p. 660 . Le nickel dans les moulages de fonte et d'acier. 1927 , XX I p. 730 . ; Recherches sur le relèvement de la limite élastique par traction vieillissement. 1929 , XXVI , p. 334 . 

     

  • La Galicheraie

    Il nous a été demandé des informations sur l'ancien fief de La Galicheraie. Voici ce que nous avons trouvé :

     

    En 1696 la terre de La Galicheraie appartenait à Charles-Pierre Fouquer, qui fit enregistrer ses armes à l'Armorial général de Bretagne : De gueules à l'écureuil d'argent ; à la barre camponnée d'or et d'azur.

    gali.jpg

     

     

     

     

     

     

     

    La famille Fouquer, ou Foucquer, est une famille guérandaise. Elle posséda partir du milieu du XVIIe jusqu'à la fin la Révolution le manoir de Kersalio à Guerande. 

     

    I° Charles-Pierre Fouquer, sieur de La Galicheraie, fut procureur du siège royal de Guérande en 1707. Il était le fils du seigneur du manoir de Kersalio et avait pour frère aîné Raoul Philippe Fouquer, sieur de Kersalio, (1652-1733), qui ne laissa qu'une fille. Le manoir de Kersalio revient au fils de Charles-Pierre :

    II° Mathieu Fouquer, sieur de Kersalio et de La Galicheraie, Conseiller du Roi et son procureur au siège royal de Guérande, époux de Marie Duhil, d'où :

    III°  François Mathieu Foucquer, sieur de Kersalio, conseiller du Roi, maître en la Chambre des Comptes de Bretagne, mariée en la paroisse Saint-Nicolas de Nantes le 16 novembre 1745 à Charlotte Trochon, (1721-1800), d'où :

    1° Paule-Marie Fouquer de Kersalio,  mariée à Guérande le 12 décembre 1786 avec René-Louis-Joseph-Célestin Guitton, chevalier, seigneur du Plessic et de la Ville-Juhel ;

    2° Marie-Françoise de Fouquer Kersalio, née en 1748, épouse d'Ollivier-Joseph-Marie de France ;

    3° François qui suit ;

    4° Madeleine-Julienne, épouse de Clément-François de Collobel, chevalier,  seigneur du Bot, du Prédic, et du Bodel,  capitaine au régiment de Royal-Piémont, chevalier de Saint-Louis.

    III° François Fouquer, sieur de Kersalio, capitaine de mousquetaires marié à Vannes le 5 février 1784 à Charlotte-Maximilienne de La Grandière, (1764-1823).

    En 1829 la Galicheraie était une métairie  avec deux bâtiments séparés par une cour avec un four. 

    plan.jpg

     

    En 1850 elle appartient à Edouard Lorieux.

  • Famille du Matz d'Armanjo  

    arman.jpg

     

     

    D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur. 

     

    Famille noble d'extraction chevaleresque maintenue à l'intendance en 1700 qui posséda les maisons nobles d'Armanjo, de Guindreff, et de Kerlédé.



     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, écuyer, seigneur de La Drouillay, seigneur de la maison noble d'Armanjo, pour laquelle il servit l'aveu en 1709, et qu'il vendit à Jacques Hégo, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 22 octobre 1686 avec Perrine Pasquette, dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

    1° Anne-Marquise, (vers 1689 - 7 avril 1746 Saint-Nazaire), mariée à Saint-Nazaire le 23 juillet 1708 avec Louis Le Guennec, seigneur de Kerlédé ;

    2° Marie, baptisée à Saint-Nazaire le 13 août 1690 ;

    3° Madeleine, baptisée à Saint-Nazaire le 25 septembre 1691 ;

    4° Geneviève, (Armanjo le 16 décembre 1692 – 27 octobre 1743 Kerlédé), dame de la maison noble de Guindreff, puis aussi de celle de Kerlédé ;

    5° Janne, (Saint-Nazaire 3 décembre 1694 – 20 mai 1756 Saint-Nazaire), dame des maisons nobles de Guindreff et de Kerlédé ;

    6° Renée-Clémence, ondoyée le 30 décembre 1694, baptisée à Saint-Nazaire le 5 avril 1695 ;

    7° Louis, baptisé le 11 décembre 1695 ;

    8° un petit enfant mort-né le 25 juin 1696 ;

    9° Esprit, (Saint-Nazaire 26 mai 1697 - 10 juillet 1702 Saint-Nazaire) ;

    10° Guillaume, baptisé le 8 septembre 1698 ;

    11° Jacques, (Saint-Nazaire 3 mars 1702 - 29 mai 1706 Saint-Nazaire).



    Autre branche :



    I° Claude du Matz, écuyer, sieur du Gléré, époux de Charlotte de Vaugiraud, vivant en la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, d'où :

    1° Louis-Gilles, écuyer, de la paroisse de Rieu, diocèse de Vannes, marié : 1° Jeanne de La Bourdonnaye, originaire de Montoire, publication de bans à Saint-Nazaire le 16 décembre 1692, avec la mention '' à présent demeurant à Saint-Nazaire '' ; 2° Monique de La Haye du Sable, née le le 6 juillet 1675 à Saint-Nazaire, mariée le 2 mai 1707 précédemment mariés, mais ayant appris qu'il étaient parents au 4e degré, renouvellement de leurs vœux à Saint-Nazaire le 22 mai 1710 ;

    2° Julien-Joseph, marié en la chapelle de La Motte-Alleman le 7 avril 1698, avec Marie Michel, d'où :

    A° Marie-Françoise, baptisée à Saint-Nazaire le 13 mai 1704.

  • Une famille irlandaise à Saint-Nazaire : les Archbold

     

     

    I° Walter Archbold, marchand irlandais, marié : 1° de Jeanne Hémery ; 2° Macée de Montluc, (vers 1632, inhumée dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire la 29 novembre 1710), (veuve, elle épousa en seconde noce Thomas Walsh, irlandais, voyez article à ce nom) ; d'où :

    du premier lit :

    1° Pierre, baptisé Saint-Nazaire le 8 mai 1648 ;

    2° Jeanne, baptisée Saint-Nazaire le 1er septembre 1649 :

    3° Jan, baptisé Saint-Nazaire le 10 novembre 1650 ;

    4° René, baptisé Saint-Nazaire le 28 septembre 1651 ;

    du second lit :

    5° Charles, baptisé Saint-Nazaire le 25 septembre 1653 ;

    6° Madeleine, baptisée Saint-Nazaire le 21 juillet 1655 ;

    7° Perrine, baptisée Saint-Nazaire le 26 août 1656, mariée à Saint-Nazaire avec Guillaume Chanterel, sieur des Chesnot ;

    8° Macée, baptisée Saint-Nazaire le 28 février 1658.

     

    II° Jan Archbold, époux de Janne Mahiet, (morts avant octobre 1707), d'où :

    1° Renée baptisée le 7 décembre 1690 – 18 octobre 1694 ;

    2° Jan, qui suit.

    III° Jan, marié le 11 octobre 1707 avec Renée Martin, d'où :

    1° Janne, (Saint-Nazaire 6 janvier 1709 – 11 janvier 1709 Saint-Nazaire) ;

    2 Hélène, (Saint-Nazaire 23 décembre 1709 – 26 décembre 1709 Saint-Nazaire).

  • Famille Rouaud de Villemartin

    Famille Rouaud de La Villemartin, Olim. Rouaud, sieur de La Lande, et Rouad de la Villès-Martin

    4092337702.jpg

    D'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

    Famille bourgeoise dont plusieurs membres ont été anoblies par ordonnance du 9 octobre 1814 ; (Cf. vicomte A. Révérend, " Les familles titrées et anoblies au XIXe siècle ").

    Éteinte au 19e siècle, connue à Saint-Nazaire depuis René Rouaud, sergent général des armées de Bretagne, époux de Julienne Bourdic, vivant en janvier 1597 à Saint-Nazaire. On trouve diverses branches dont la filiation est compliquée à établir, à Saint-Nazaire, Donges, et Saint-André-des-Eaux.

     



     

    I° René-Claude Rouaud, sieur de La Lande, notaire et procureur de la vicomté de Saint-Nazaire, puis procureur fiscal de La Motte Alleman, notaire et procureur au Siège royal de Guérande, mort à 68ans, inhumé le 9 décembre 1706 à Saint-Nazaire dans le chœur de l'église ; marié le 11 juillet 1673 à Saint-Nazaire, avec dispense de trois degrés de parenté, avec de Périnne Berthaud, d'où :

    1° Renée, baptisée à Saint-Nazaire le 3 octobre 1674, inhumé dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire le 29 novembre 1676 ;

    2° René, baptisé à Saint-Nazaire le 13 août 1676, inhumé dans le chœur de l'église le 3 octobre 1679 ;

    3° Matthieu, qui suit.

    II° Mathieu Rouaud, sieur de La Lande, (Saint-Nazaire 5 janvier 1681 - 17 janvier 1743 Saint-Nazaire), avocat au Parlement, préfet-fiscale de la seigneurie du Boisjoalland et de Heinleix, sénéchal d'Escoublac et de La Ville-au-Févre ; marié, avec autorisation de son père, le 23 novembre 1706 à Saint-Nazaire avec Marie Chesnin, (Née à Saint-Viaud le 3 octobre 1684, baptisée le 11 - inhumée dans l'église de Saint-Nazaire le 26 janvier 1735), alors fille mineure de feu François Chesnin, sieur de La Touche, et de Françoise Bernard, mariage autorisé par décret de la Juridiction du Plessis-Mareil-en-Saint-Viaud ; elle était parente de Casard Chesnin, prêtre de Saint-Nazaire ; d'où :

    1° Marie, (Saint-Nazaire 4 décembre 1708 - 1er mars 1711 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain dans le chœur de l'église) ;

    2° Renée, (Saint-Nazaire 11 mai 1709 - le 18 septembre 1712 Saint-Nazaire, inhumée le lendemain en l'église) ;

    3° Mathieu-André, qui suit ;

    4° Joseph-Vivant, né, baptisée, et inhumée le 30 décembre 1711 ;

    5° René-Mathieu, sieur de La Mode, avocat à la Cour, procureur fiscal de Saint-Nazaire, baptisé à Saint-Nazaire le 20 octobre 1713, décédé le 11 janvier 1739 et inhumé le lendemain en l'église de Saint-Nazaire ;

    6° Marie-Françoise, dite Marie, baptisée à Saint-Nazaire 22 février 1718, épouse de Jan Canuel, sieur de Maude (fief nazairien acquis de la famille Boullet), dont l'une des filles épousa un le Royer de la Poigniardière.

    III° Mathieu-André Rouaud, baptisé à Saint-Nazaire 22 août 1710 ; inhumé le 13 février 1752 Saint-Nazaire "dans le haut de l'église", sieur de la Ville-ès-Martin (par acquisition de la famille Boullet) ; marié le 18 avril 1741 à Saint-Nazaire avec Catherine Canuel, baptisée le 13 août 1713 à Saint-Nazaire, inhumée à Guérande le 21 octobre 1787, fille de feu Etienne Canuel, et de Catherine Gicquel, d'où :

    1° Mathieu, qui suit ;

    2° Une fille morte née le 14 février 1749 et inhumée dans l'église de Saint-Nazaire.

    IV° Mathieu (de) Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au Siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, établi à Guérande en 1768, dont il était syndic et maire de Guérande de 1770 à 1771, puis à nouveau maire et député de Guérande quand il présenta le 12 novembre 1784 devant le Greffe des États de Bretagne les lettres-patentes de janvier 1784 accordée par Louis XVI, confirmant la pleine possession et jouissance de La Brière à ses habitants, que leurs avait accordé le duc François II par ordonnance du 8 aout 1461. Lettres enregistrées par arrête du Conseil le 13 janvier, et arrêt du Parlement du 13 mai, et publiée à deux milles exemplaires. Il fut député du Tiers-état pour la ville de Guérande aux Etats généraux de 1789 ; en 1782 il fit un voyage à Paris accompagné de son épouse, du chevalier de Kerpoisson et son épouse, ses cousins, voyage durant lequel il rédigea un journal, dont le manuscrit tomba en 1900 dans main du comte Louis Remacle qui le publia en confondant avec une autre famille de Rouaud ; il se déclara comme étant domicilié depuis deux ans à Guérande que il se marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Richardière, fille mineure de feu Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, dame de La Paquelais à Saint-Malo-de-Guersac, sur décret de justice de la vicomté de Donges, (elle avait pour oncle Cyprien-François Gallet, sénéchal de la seigneurie de Heinleix, et pour cousin au 3e degré René Lion, procureur de Guérande, qui furent présents à son mariage), d'où :

    1° René-Marie-Prudent, né à Guérande le 2 septembre 1772, baptisé le 4, décédé le 8 novembre 1772 à Montoir, inhumé le lendemain ;

    2° Matthieu, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 janvier 1771, anobli avec son frère Pachal-Auguste-Modeste par ordonnance du 9 octobre 1814, lettres patentes du 11 novembre 1815 avec règlement d’armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées du même, 2. 1." Receveur des Contributions Directes de Guérande, mariée le 9 juin 1806 au Croisic avec Reine-Renée Giraud des Landreaux, née le 20 octobre 1781 au Croisic, fille de Godefroy-Joseph-Martin Giraud de Landreaux, et de Renée-Marie Goupil de Meslé, d'où : 

    A° Athénaïs-Reine-Marie, née le 21 juillet 1807 à Guérande ;

    B° Nathalie-Marie, née le 18 novembre 1809 à Guérande.

    3° Pachal-Auguste-Modeste, qui suit ;

     

    4° une fille, épouse d'un Le Chauff de Kerguénec, fils du seigneur de La Motte-Allemand, qui légua son domaine de La Motte-Allemand à son neveu Charles-Evariste de Rouaud en 1840 ;

    5° Marie, épouse de Joachim Bouvais.

    V° Pachal-Auguste-Modeste Rouaud de Villemartin, né à Guérande le 17 avril 1778 et baptisé le même jour - décédé le 21 septembre 1814 à Guérande ; anobli avec son frère Mathieu par ordonnance du 9 octobre 1814 ; étant décédé avant délivrance des lettres de noblesses, ce furent ses fils qui en bénéficièrent par lettres du 24 février 1816, avec pour chacun un règlement d'armoiries particulier ; marié à Guérande le 28 janvier 1803 (8 pluviose an XI) avec Bonne Cady de Praderoy, fille de Charles Cady de Praderoy, et de Bonne-Jeanne-Carlotte de Jacquelot du Boisrouvray, d'où :

    1° Zoé-Bonne-Marie, née le 15 décembre 1803 à Guérande, épouse de Louis-Jacques Cornu, notaire à Guérande ;

    2° Pascal-Charles-Marie, né le 28 décembre 1805 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1." ; sans postérité ;

    3° Adolphe-Alexandre-Marie, né le 25 juillet 1808 à Guérande, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'or. " ; sans postérité ;

    4° Evariste-François-Régis-Charles-Marie dit Evariste-Charles, né le 3 décembre 1810 à Guérande ; décédé à Nantes le 3 décembre 1896, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure d'argent " ; fit modifier son patronymique en " de Rouaud " ; héritier de son oncle Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand qu'il vendit en 1844 ; marié à Nantes le 19 novembre 1838 avec Marie-Louise-Thérèse de Bruc de Vignac, (décédée à nantes le 14 septembre 1879), fille de Joseph-Louis de Bruc, et de Marie-Catherine Le Chauff de Kerguénec, d'où :

    A1° Thérèse-Evariste de Rouaud. 

    5° Ange-René-Marie qui suit ;

    6° Nathalie, épouse de Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux, fils de Joseph-Louis de Bruc, et de Catherine Le Chauff de La Motte-Allemand, sans postérité.

     

    VI° Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin, né le 15 décembre 1812, anobli par lettres du 24 février 1816, avec pour armoiries : " d'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croix pattées d'or, 2. 1. ; à la bordure dentelée d'argent. " ; royaliste légitimiste, il s’exila au Pérou,  à la suite de sa participation à la chouanerie de 1832 ; il y épousa Josefa Paz-Soldán y Ureta, fille de Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Manuel qui suit ;
    2° Maria Del Carmen-Ines-Tomasa, (Lima 15 septembre 1840-1877), épouse de José Luis Paz Sodan Martinez, (1834-1880), dont elle eu une fille, Luisa Paz Soldan Rouaud, (Lima 1867 - Lima 16 octobre 1941), d'où postérité postérité.

     

    saint-nazaire,villès-martin,boullet,rouaud de la villemartin

    VII° Manuel Rouaud y Paz Soldán, né à Lima (Pérou) le 19 avril 1839 ; ingénieur en géodésie et explorateur de la jungle amazonienne; il fut mandé par le gouvernement péruvien pour aider son oncle maternel, Mariano Felipe Paz Soldan, pour la rédaction et l’édition des ouvrages de Mateo Paz Soldan mort en 1857. Pour cela, il se rendit en France en 1861, prenant en charge l'édition espagnole de la « Géographie du Pérou » et collabora avec Arsène Mouqueron dans la version française du livre. De retour au Pérou, il entreprit la campagne pour suivre le cours du fleuve Amazone depuis son embouchure, dans le but d'effectuer la reconnaissance scientifique de ses eaux et de son climat. À Tabatinga, il fut nommé secrétaire de la Commission mixte péruvienne-brésilienne qui devait déterminer les limites des deux pays. Après avoir fixé les premières bornes frontières, Manuel et Paz Soldán furent chargés en 1866 de réaliser la reconnaissance du fleuve Yaraví, ce qui lui permit de rectifier les erreurs de la cartographie existante, et détermina la navigabilité de ses principaux affluents. Durant cette expédition il fut attaqué par une tribu indigène et perdit sa jambe droite à la suite d’une blessure par flèche. En 1871, il fut nommé commissaire péruvien à la Commission mixte Pérou-Brésil afin de poursuivre le travail de délimitation des frontières. Il remonta le cours de l'Amazone depuis l'Atlantique, puis il navigua jusqu’à Caquetá où les fièvres malignes touchèrent l'équipage de son bateau, le « Napo », gravement malade, il décéda d’une hémorragie cérébrale à Tefé (Brésil) le 2 septembre 1872.







    Il convient de signaler ici que les oncles maternels du dernier des Rouaud de Villemartin, étaient tous des personnes importantes de l'histoire péruvienne :

    I° Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où :

    1° Josefa Paz Soldán y Ureta, épouse de Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin ;

    2° José Gregorio Paz Soldán, (1808-1875), avocat, puis juge, sénateur, ministre des Affaires étrangères, et trois fois chancelier du Pérou ;

    3° Pedro Silverio Paz Soldán, président du cabinet du président Mariano Ignacio Prado, (lui-même père de Pedro Paz Soldán y Unanue, dit Juan de Arona, (1839-1895), fondateur de la lexicographie péruvien) ;

    4° Santiago José Paz Soldán, naturaliste et océanographe qui a travaillé avec le scientifique allemand Alexander von Humboldt ;

    5° Mateo Paz Soldán, géographe et astronome, auteur de l'ouvrage Géographie du Pérou ;

    6° Mariano Felipe Paz Soldán, géographe et historien, auteur du premier Atlas géographique du Pérou ;

    7° Mariano Domingo Paz Soldán, compagnon du Libérateur Bolivar, et fondateur de l'Université de Chuquisaca.

     

     

  • Famille Moyon des Bouexières

     

    Généalogie de la famille Moyon, sieurs de Trébondy, seigneurs des Bouexières, à Saint-Nazaire.

     

     

    I° Guillaume Moyon, sieur de La Rouaudière,notaire de la baronnie de Marsain, inhumé le 4 mai 1692, le capitaine de la milice bourgeoise de la paroisse de Saint-Nazaire, sénéchal de Heinleix et autres lieux, doyen des notaires, procureur de la vicomté de Donges, époux de Jacquette Deniaud :

    1° André, qui suit ;

    2° Catherine, (1683-1770) ;

    3° Jeanne, ( -1775), épouse de Jean-Olivier Kermasson de Kerisel ;

    5° Hellène, mariée le 29 aout 1701 à Pierre Brécard ;

    6° Jan, baptisé le 27 janvier 1675 ;

    7° Gille, baptisée le 11 décembre 1677 ;

    8° Marie, (1678-1765), épouse de Jean Pomier, sieur de la Durandry ;

    9° René, baptisé le 13 février 1680 ;

    10° François, baptisé le 20 juin 1681, sieur de Trebondy, époux de Juliette Rouaud, d'où :

    a° Françoise, morte le 20 juillet 1713.

    11° Jacquette, baptisée le 16 septembre 1682 ;

    12° Catherine, baptisée le 16 mars 1684 ;

    13° Charles, baptisé le 19 juillet 1685 ;

    14° Charles, baptisé le 15 novembre 1689.

    II° André Moyon, sieur de Trébondy, (1675-1731), notaire de la juridiction de La Motte-Alleman, marié le 19 avril 1695 de Jeanne Rouaud, fille de François Rouaud, et d'Anne Thuaud, d'où :

    1° André, baptisé le 20 mars 1696 ;

    2° Gilles, baptisé le 7 décembre 1697 ;

    3° Jean, qui suit ;

    4° Catherine-Renée, 

    5° Marie, (700-1718) :

    6° Jeanne, baptisée le  24 avril 1701, mariée le 7 janvier 1727 à Jean-Michaud, notaire à Saint-Nazaire.

    7° Jacquette, (6 août 1702- 26 août 1702). 

    III° Jean Moyon, baptisé le 23 janvier 1699,  notaire, acheta le fiefs des Bouexières à son parrain Jean Martin, seigneur des Bouexières, marié à Saint-Nazaire le 7 août 1724 avec Catherine Boullet, d'où :

    1° André, baptisé le 28 décembre 1725 ;

    2° Catherine-René Moyon, (1726-1795), mariée le 27 septembre 1746 Joseph du Bochet, (1722-1757) ;

    3° Jean, (1726-1731) ;

    4° Jeanne-Marie, baptisée le 15 avril 1729 ;

    5° Hellène, (1730-1776) ;

    6° Marie, baptisée le 14 juin 1731, mariée le 11 janvier 1752 à Jacques Le Bourdiec, officier de vaisseau de la marine marchande ;

    7°  Reine, baptisée le 23 avril 1734, mariée le 28 octobre 1755 à Saint-Nazaire avec Nicolas Charles.

     

    Devenue veuve, Catherine Moyon, née Boullet, revendis la seigneurie à François Le Chauff, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand, (voyez les articles sur la seigneurie de La Motte-Allemand).

     

     Des informations supplémentaires au sujet de Trébondy sur le blog de Karrikell : http://karrikell.over-blog.com/article-trebondy-en-saint-nazaire-114362214.html

  • Le château de Saint-Marc

    Le château de Saint-Marc-sur-mer, dit aussi château Lourmand, se nommait à l'origine château du  Crépelet. Le nom de Crépelet est en fait le nom véritable du village de Saint-Marc, qui ne prit qu'à la fin du 19e siècle le nom du saint à qui la chapelle du bourg était dédiée. Il n'existait rien à l'emplacement du château si non quelques vignes, quand le terrain fut acquis par Henri-Joseph Lourmand, industriel nantais associé à Henri-Charles-René Serpette (1), et Édouard Lorois, dans la savonnerie " SERPETTE-LOURMAND-LOROIS ".

     

    Construite sur caves, avec un rez-de-jardin, un étage noble, et un second étage sous combles à lucarnes de façade en pierre et lucarnes de plomb, la demeure est constituée d'un corps rectangulaire simple en profondeur, encadré à l'Ouest de deux pavillons carrés accolés sous deux toitures carrées et très pointues, à l'Est d'un grand pavillon rectangulaires, dominant la baie, il est surmonté d'un très haut comble qui se fini en terrasse belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. La longueur totale est de quatre travées, à laquelle a été ajouté un pavillon sans étage d'un travée, abritant la cuisine. La disposition des pièces est : au rez-de-jardin, une galerie entrée dans le corps central, déversant les pavillons de bout, et une vaste salle à manger qui occupe tout la longueur du corps, le pavillon Est abrite un  grand salon, les pavillons Ouest un petit salon coté océan, et une office côté parc, au centre de ces pavillons se situe l'escalier. Le premier étage comporte quatre très grandes chambres. Les murs sont enduits et appareillés aux angles, les ouvertures moulurées. L'ensemble est situé sur une falaise qui domine la plage et la baie de Saint-Marc, dans un parc clos de murs. 

     

    chateau.jpg

     

    La famille Lourmand :

     

     

    I° Henri-Joseph Lourmand, (Nantes 31 décembre 1818 - Niort 18 février 1885), marié le 18 octobre 1853 à Angers, avec Lucile-Marie Lechalas, (Angers 23 octobre 1832 – Nantes 27 janvier 1933), fille de Médéric Lechalas, et de Joséphine Tharreau, d'où : 

    1° Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), mariée le 19 juin 1875, à Nantes, avec Gaston-Amédée Thubé, (voyez ci-après) ; 

    2° Marguerite-Marie (Nantes 29 novembre 1855 - Nantes 20 octobre 1938), mariée : 1er le 21 septembre 1875, à Nantes, avec Henri-Marie Couëtou, (27 mai 1849, docteur en – Dax 23 avril 1878), droit, avocat à la Cour d'appel de Paris, puis à Nantes, candidat légitimiste aux élections législatives de Saint-Nazaire en février 1876 ; 2e Victor-Amédée-Marie Sécheras, (Vannes 12 janvier 1837 - Nantes 2 novembre 1908), chef de bataillon ;

    3° Henri, (Nantes15 mai 1860 - ??).

     

     

    A la mort de la veuve d'Henri-Joseph, la propriété passa à son petit fils, Gaston Thubé.

     

     

    La famille Thubé :

     

     

    I° Gaston-Amédée Thubé, (Nantes 25 février 1851 - Nantes 29 septembre 1936), substitut de Châteaubriant le 21 décembre 1874, substitut de Saint-Brieuc le 18 novembre 1876, procureur de Guingamp le 29 mars 1879, substitut du procureur général de Rennes le 30 juin 1880, marié le 19 juin 1875, à Nantes, avec Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), d'où :

    1° Gaston-Marie, qui suit ;

    2° Henri (Saint-Brieuc 10 avril 1878 - Paris 1er mars 1943), marié le 8 mars 1913 avec Amélie Paigis, fille de Jean Paigis et d'Amélie Le Normand, d'où postérité ;

    3° Joseph-Jean, (Nantes 13 décembre 1881 - Nantes 8 août 1942), prêtre ;

    4° Jacques-Marie, (Chantenay sur Loire 20 juin 1883 – Nantes14 mai 1969), yachtman, champion olympique en 1912 à Stockholm, avec ses frères Gaston et Amédée ; marié le 16 septembre 1920, à Azay le Rideau, avec Marguerite-Berthe Pavy, fille d'Hubert Pavy et de Marie-Thérèse Vexier, d'où postérité ;

    5° Amédée-Georges-Marie, (Chantenay sur Loire 8 février 1885 - Paris 26 janvier 1941),yachtman, il participa avec ses frères Gaston et Henri, aux jeux olympiques de Stockolm en 1912, en tant qu'équipier d'avant, à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, où il remporta la médaille d'or ; marié en 1918, Saint-Marc sur Mer, avec Marguerite-Nazli Denaut, fille d'Horace-Louis-Auguste Denaut, officier de la Légion d'Honneur, d'Emma Bojano, d'où postérité ;

    6° Marc, (Saint-Nazaire 4 juillet 1886 - Sézanne 11 mars 1918), mort pour la France ;

    7° Marie-Amélie, (Nantes 19 avril 1889 - Paris 26 août 1977), mariée le1er le 11 janvier 1911 à Nantes, avec René Bolloré, (Ergué-Gabéric 28 janvier 1885 - Paris 16 janvier 1935), industriel, (papeteries OCB) ; (veuve elle se remaria). 

     

    II° Gaston-Marie Thubé, (Chateaubriant 16 juin 1876 - Paris 22 février 1974), docteur en droit, industriel, juge au Tribunal de commerce, consul de Belgique à Nantes, il participa en 1912, avec ses frères Jacques et Amédée, aux jeux olympiques de Stockholm en tant skipper à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, et remportèrent la médaille d'or ; il gagna aussi de nombreuses régates, dont le championnat de France en 1913 à Arcachon, son bateau, le Saint-Jean, construit en 1939 par l'architecte naval Talma Bertrand, mouillait dans la baie de Saint-Marc(3) ; marié le 16 octobre 1900, à Nantes, avec Madeleine Goullin,(1879-1980), fille de Gustave Goullin, et de Célestine Flornoy, sans postérité, il légat le château à son petit-neveu l'industriel Didier Pineau-Valencienne.

     

     

    Durant la Seconde-guerre-mondiale, le château fut occupé par l'état-major de le Vème brigade de Flak de Marine, en charge de la défense anti-aérienne de Saint-Nazaire. Celle-ci édifia à proximité un vaste complexe fortifié doté d'une tour, la Flakturm Nz 304,qui servait de centre opérationnel pour le PC. 

     

    A l'été 1951, Gaston Thubé prêtât à Jacques Tati le tennis du château pour une scène du film " Les vacances de Monsieur Hulot ", tourné à Saint-Marc (3) et sorti en 1953. ; 

     

     

    Monsieur Pineau-Valencienne vendit finalement la demeure en 1983 à Charles Goignard, entrepreneur en bâtiments, qui en fait sa résidence principale et entreprit de grandes rénovations. A son décès, la propriété fut acquise par monsieur Christian Seyres, son actuel propriétaire (3). 

     

     

    saint-marc,saint-nazaire,chateau,lourmand,thubé,pineau-valencienne,vaconces dde monsieur hulot,jacques tati

    vers 1960

     

    saint-marc,saint-nazaire,chateau,lourmand,thubé,pineau-valencienne,vaconces dde monsieur hulot,jacques tati

    La gloriette du parc vers 1860

     

    (1) Fils de l'un des fondateurs de l'entreprise qui fit construire la villa " La Malouine " à Pornic.

    (2) Ce bateau navigue toujours et est classé monument historique depuis 2005.

    (3) Renseignements provenant du site du château de Saint-Marc-sur-mer, disponible à la location pour des événementiels, et gîte. ( http://www.chateau-saint-marc.com/ )

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établie à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain dans le département de la Loire, (ancienne province du Forez), comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du vieux-mole, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du transatlantique Nouveau Monde, membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes, puis du Trait d'Union de Saint Nazaire ;

    2° Francis, (décédé en 1892), capitaine au long-cours, membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes puis du Trait d'Union de Saint Nazaire dont il fut l'orateur (se veuve, « quoique catholique », remis 100 fr à la loge de Saint-Nazaire au décès de son époux) père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

    3° une fille ;

    4° Atys, courtier maritime, correspondant de la Société d'encouragement pour la navigation de plaisance maritime, reçu l'exequatur de consul du Honduras en juin 1870, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilarité. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.