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Goy

  • Les Loges et temples maçonniques de Saint-Nazaire

    La première loge maçonnique de Saint-Nazaire se nommait L’Etoile des deux mondes. Elle fut constituée par des Nazairiens en novembre 1864 membre de la loge Mars et les Arts, de Nantes.

    Ces fondateurs étaient Jules Duval[1], directeur d’assurance, qui en fait le premier vénérable ; Gustave Boucard, négociant ; Alphonse Durand, négociant ; Foulon, de la compagnie des paquebots transatlantiques ; les frère Ernest et Francis Goy[2], capitaines, fils d’un ancien maire de Saint-Nazaire ;  Gaston Huette, dessinateur[3] ; Joys, marchand de matériaux ; Pierre-Pertieoz Loupy, médecin sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique, chevalier de la Légion d’Honneur[4] ; Pottier, mécanicien[5] ; et Evariste Quirouard, courtier maritime[6]. Ils furent rejoints par d’autres nazairiens membres de la loge nantaise Paix et Union : Philippe-Marie Brohan, peintre vitrier[7] ; Jacques-François Daguenet, horloger[8] ; Ficher, travaillant pour la Compagnie Général Transatlantiques ; Hoquet, propriétaire ; Pierre dit Dumas, serrurier ; Ferdinand Perdriel, entrepreneur[9] ; Émile-Louis-Marie Rio, loueur de voitures[10] ; et Subra, négociant à Saint-Nazaire.

     

    Les frères ainsi réunis restèrent un temps, attachés à leurs loges nantaises, jusqu’à ce que le Grand Orient leur accordât Constitution. Et c’est finalement le 19 octobre 1865 qu’ils inaugurèrent leur temple situé rue de La Paix, sous les auspices de la loge Mars et les Arts. Ils étaient alors au nombre de 25 membres. En ce temps là les loges avaient une activité publique, elles organisaient des galas, des fêtes de bienfaisance, et étaient jumelé avec des clubs mondains. C’était le cas de celle de Saint-Nazaire dont le temps était accouplé à un Cercle où les hommes venaient jouer au billard, aux cartes, lire la presse, en sirotant fine et café, tous les jours et jusqu’à minuit. La Tenue avait lieu tous les mercredis.

    En 1866 le vénéralat fut confier à Monnier, Boulanger rue de l'Artillerie, qui devint conseiller municipal. Le nombre de frères était de 62 en 1867. La guerre de 1870 les dispersa. Le Cercle fut transformé en hôpital de 25 lits, une mauvaise gestion endetta la Loge. Le vénéralat fut confié à A. Pinguet, l’architecte des Pont et chaussées collaborateur de Leferme, à qui Alcide Bord commanda les plan du lotissement de Porcé, et de son château.

     

    En 1874 le Sous-préfet de Saint-Nazaire, Balleidier, trouva les agissements politiques des frères gênants : les Francs-Maçons étaient réputés pour être des athées, ce qui émouvait les politiques alors en pleine crise de catholicités et de retours sur le trône d’Henri V, le petit-fils de Charles X, exilé en Autriche sous le nom de comte de Chambord[11]. Il est vrai que Pinguet, le vénérable de la loge de Saint-Nazaire, dans une lettre adressée le 7 aout 1871 au Journal la Vérité de Lausanne, appela à une union internationale des Frères en se détachant de la géopolitique, et surtout des religions, estimant qu’elles nuisaient à la Paix des peuples, et avait proposé une ouverture de ses travaux aux profanes (c'est-à-dire aux non-initiés mais intéressé à l’être).

    Le préfet demanda une liste des francs-maçons nazairiens, elle fut bien courte, en dehors de l’ancien vénérable Monnier, il repéra : Rio, le loueur de voiture déjà cité ; Camus, chaudronnier ; Couet, pâtissier ; Couëtoux, marchand de confections ; Denigot, relieur ; Ecary, menuisier ; Feuchard, président du Comité républicain ; Guillermite, cafetier ; Lebrun, artiste ; Leroy, maître d’hôtel ; Martin, marchand de toiles ; Texier, cordonnier ; Eugène Vincent, commerçant en grain ; Violon, chaudronnier ; Charles Vonce, charcutier ; Voyer, capitaine des Pompiers. Il fut donc oublié Pinguet, le vénérable d’alors, ; Vaché, son orateur ; Sorin, Sallebert et Pierre, qui en étaient officiers.

    À la fin de l’année 1874, la loge de Saint-Nazaire fut mise en sommeil.

     

    Obligé de poursuivre leurs travaux à Nantes, l’idée de récréer une loge nazairienne fut mise au débat en 1885. Une société provisoire fut fondée en 1886 sous le nom de Trait d’Union. Le Grand Orient accorda le 2 mars 1887 Constitution. La Loge se composait de 30 membres :  15 maçons, et 15 profanes, dont Aristide Briand, qui fit cependant son initiation à Nantes. Le 30 mai sous la présidence du vénérable de la Loge Paix et Union, assisté d’une délégation de 20 membres des loges Paix et Union et Libre Conscience, Adolphe Boulin fut installé vénérable. Le temple se trouvait alors rue de Villès-Martin ; il fut meublé grâce à la générosité des Frères de la loge Libre Conscience, et fut inoguré le 10 juillet 1887 par Desmons, vice-président du Conseil de l’Ordre du Grand Orient. Il y eu une fête organisé à destination des Nazairiens en la salle des fêtes du Grand-Hôtel. Ce fuent finalement 34 membres qui ouvrir les premiers travaux : Boulin ; Daguet ; Ponsin ; Gay ; Hongniard ; Danais ; Goupil ; P. Dumas ; Calimaque ; Vergne ; Deslins ; Renouf ; Chameroy ; Dumoulin ; Chenu ; Baudoin ; Nolau ; Giraudet ; Bergman ; Charvet ; Wallet ; Houisse ; Gérard ; Bomal ; Choisnel ; Gouault ; Lemarié ; Riché ; Martineuq ; Galigné ; Bredoux ; Gaborit ; Callo ; Poulard.

     

    Les vénérables se succédèrent jusqu’à la Seconde -Guerre :

    Boulin de 1887 à 1889 ; Arthur Hongmiard, dessinateur, de 1890  à 1896 ; Emile Lenevé, déssinateur, de 1897 à 1898 ; Louis Dumas, entrepreneur, 1899 à 1900 ;  Perron en 1901 ; Louis Pinard, maître d’hotel navigateur de 1902 à 1904 ; Gamichon de 1905 à 1910 ; Merlhe de 1911 à 1919 ; Céléstin Godard, professeur, de 1919 à 1925 ; Brachet, de 1925 à 1926…

     

    Avec l’invasion allemand et les lois du régime de Pétain, les francs-maçons se cachèrent. Leur temps fut fermé, puis bientôt pillé et endommagé par les bombes. Avec l’élargissement de la rue de Villès-Martin, les restes du temps furent rasés, et l’on se décida à en construire un nouveau, plus petit, sous la forme d’une maison individuelle avec jardin, dans l’îlot urbain à l’arrière de l’emplacement du temps initial au 20 de la rue François Rude. Sa construction nécessita la sollicitation des frères dispersé par les bombardements et les persécutions. Ce fut son vénérable, Henri Allanet, économe de l’hôpital de Saint-Nazaire, à qui l’on doit le maintien durant la guerre des structures médicales de Saint-Nazaire, le rétablissement d’un hôpital à Saint-Nazaire à la Libération, et la reconstruction de l’hôpital de Saint-Nazaire, qui lança une souscription pour la reconstruction du temple. Les Frères se réunissaient alors provisoirement au 68 de la rue de Pornichet.

     

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    Lettre de Henri Allanet, remerciement un frère donateur de 1000 fr

    à la souscription lancée pour la reconstruction du Temple en juillet 1953.

     

    Si le nouveau Temple fut inauguré en 1954. S'il est modeste, petit même, comme le bâtiment qui l’abrite, et réalisé avec des matériaux simples ; que la qualité de réalisation et l’aspect du mobilier surprend par comparaison à d’autres Loges, soulignons que Henri Allianet sollicita pour le décor du parvis du temple et sa voute, le peintre nazairien Emile Guillaume[12], ancien membre du Groupe Artistique de Saint-Nazaire puis du Groupe de Indépendants et associé à l’Unvaniezh ar Seiz Breur, qui fut aussi professeur aux Beaux-Arts de Saint-Nazaire après-guerre. Ces peintures furent visibles du publique durant les journées du Patrimoine de 2017.

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    Fresques du parvis

     

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    Le Temple

     

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    Un tablier maçonnique de la collection de la Loge de Saint-Nazaire.

     

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/08/01/notes-du-la-famille-duval.html

    [2] http://saint-nazaire.hautetfort.com/famille-goy/

    [3] Né à Nantes le 13 août 1847, il habitait au 4 rue Villes-Martin à Saint-Nazaire. Il s’y maria le 23 avril 1881 avec Marie Louise Querreaux, fille d’un pilote lamaneur.

    [4] Né le 9 septembre 1834 à Saint Denis de la Réunion, décédé le 7 octobre 1899 à Saint-Renan ; il épousa à Saint-Nazaire le 10 décembre 1870 Maria Augustine Brochard, native du Morbihan, qui lui avait déjà donné deux fils hors mariage à Saint-Nazaire dès 1867, mais qu’il reconnue à chaque fois pour siens. Après la naissance d’un troisième fils à Saint-Nazaire, le couple parti en Nouvelle-Calédonie en 1874, où naquit un quatrième fils. Établis finalement à Saint-Renan en 1885, ils y eurent une fille.

    [5] Il habitait rue du Bois-Savary.

    [6] Né le 30 août 1831 à Paimboeuf, décédé le 18 juillet 1909 à Saint-Nazaire ; marié le 1er septembre 1864 à Nantes avec Marie Amélie Pusterle de Cidrac, (1841-1893).

    [7] Né le 1er septembre 1812 à Paimboeuf, décédé le 25 mars 1887 à Saint-Nazaire, époux de Thérèse-Rosalie Juguin.

    [8] Né le 14 mai 1827 à Saint-Calais, marié le 22 novembre 1879 à Saint-Nazaire avec Marie Prudence Lefeuvre, sage-femme.

    [9] Membre d’une famille d’architectes nantais, il était domicilié alors à l’hôtel de La Croix-Verte à Saint-Nazaire, situé derrière la batterie du Port.

    [10] Né à Guérande en 1828, où il avait débuté son activité, son fils Émile-Louis-Marie repris son entreprise après sa mort.

    [11] Rappelons ici que l’historien nazairien Gustave Bord, anti-maçon acharné, ancien représentant du comte de Chambord en Bretagne, sera persuadé que le comte de Chambord était mort d’avoir ingurgité de la poudre de diamant incorporée dans sa nourriture par une main guidée par un complot maçonnique ! (voir : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/13/le-chateau-de-porce-a-saint-nazaire-premiere-partie.html )

    [12] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2018/07/30/le-groupe-artistique-de-saint-nazaire-et-le-groupe-de-indepe-6069504.html

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établie à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain, dans le Forest, comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du vieux-mole, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du transatlantique «  Nouveau Monde », membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes ;

    2° Francis, capitaine au long-cours, membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

    3° une fille ;

    4° Atys, courtier, consul du Honduras, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilariter. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut d’ailleurs le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.