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  • Les Loges et temples maçonniques de Saint-Nazaire

    La première loge maçonnique de Saint-Nazaire se nommait L’Etoile des deux mondes. Elle fut constituée par des Nazairiens membres de la loge Mars et les Arts de Nantes, en novembre 1864.

    Ces fondateurs étaient Jules Duval[1], directeur d’assurance, qui en fait le premier vénérable ; Gustave Boucard, négociant, qui passa en 1868 à la loge Mars et les arts de Nantes ; Alphonse Durand, négociant ; Foulon, de la compagnie des paquebots transatlantiques ; les frères Ernest et Francis Goy[2], capitaines, fils d’un ancien maire de Saint-Nazaire ;  Gaston Huette, dessinateur[3] ; Joys, marchand de matériaux ; Pierre-Pertieoz Loupy, médecin sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique, chevalier de la Légion d’Honneur[4] ; Pottier, mécanicien[5] ; et Evariste Quirouard, courtier maritime[6]. Ils furent rejoints par d’autres Nazairiens membres de la loge nantaise Paix et Union : Philippe-Marie Brohan, peintre vitrier[7] ; Jacques-François Daguenet, horloger[8] ; Ficher, travaillant pour la Compagnie Général Transatlantiques ; Hoquet, propriétaire ; Louis-Napoléon Pierre dit Dumas, maître serrurier, hospitalier ; Ferdinand Perdriel, entrepreneur et surtout directeur propriétaire de l'Hôtel de la Croix Verte, dans la vieille ville, passé en 1868 à la loge Paix et Union de Nantes [9] ; Émile-Louis-Marie Rio, loueur de voitures [10] ; et Subra, négociant à Saint-Nazaire.

     

    Les frères ainsi réunis restèrent un temps, attachés à leurs loges nantaises, jusqu’à ce que le Grand Orient leur accordât Constitution. Et c’est finalement le 19 octobre 1865 qu’ils inaugurèrent leur temple situé rue de La Paix, sous les auspices de la loge Mars et les Arts. Ils étaient alors au nombre de 25 membres. En ce temps là les loges avaient une activité publique, elles organisaient des galas, des fêtes de bienfaisance, et étaient jumelées avec des clubs mondains. C’était le cas de celle de Saint-Nazaire dont le temps était accouplé à un Cercle où les hommes venaient jouer au billard, aux cartes, lire la presse, en sirotant fine et café, tous les jours et jusqu’à minuit. La Tenue avait lieu tous les mercredis.

    En 1866 le vénéralat fut confié à Monnier, Boulanger rue de l'Artillerie, qui devint conseiller municipal. Le nombre de frères était de 62 en 1867. La guerre de 1870 les dispersa. Le Cercle fut transformé en hôpital de 25 lits, une mauvaise gestion endetta la Loge. Le vénéralat fut confié à Alphonse Pinguet, l’architecte des Pont et chaussées collaborateur de Leferme, puis architecte-voyer de la ville, à qui Alcide Bord commanda les plans du lotissement de Porcé, et de son château.

     

    En 1874, le Sous-préfet de Saint-Nazaire, Balleidier, trouva les agissements politiques des frères gênants : les Francs-Maçons étaient réputés pour être des athées, ce qui émouvait les politiques alors en pleine crise de catholicités et de retours sur le trône d’Henri V, le petit-fils de Charles X, exilé en Autriche sous le nom de comte de Chambord[11]. Il est vrai que Pinguet, le vénérable de la loge de Saint-Nazaire, dans une lettre adressée le 7 aout 1871 au Journal la Vérité de Lausanne, appela à une union internationale des Frères en se détachant de la géopolitique, et surtout des religions, estimant qu’elles nuisaient à la Paix des peuples, et avait proposé une ouverture de ses travaux aux profanes (c'est-à-dire aux non-initiés mais intéressé à l’être).

    Le préfet demanda une liste des francs-maçons nazairiens, elle fut bien courte, en dehors de l’ancien vénérable Monnier, il repéra : Rio, le loueur de voiture déjà cité, mais passé à la loge Paix et union de Nantes en 1868 ; Camus, chaudronnier ; Couet, pâtissier ; Couëtoux, marchand de confections ; Denigot, relieur ; Ecary, menuisier ; Feuchard, président du Comité républicain ; Guillermite, cafetier ; Lebrun, artiste ; Leroy, maître d’hôtel ; Martin, marchand de toiles ; Texier, cordonnier ; Eugène Vincent, commerçant en grain ; Violon, chaudronnier ; Charles Vonce, charcutier ; Voyer, capitaine des Pompiers. Il fut donc oublié Pinguet, le vénérable d’alors ; Vaché, son orateur ; Sorin, Sallebert et Pierre, qui en étaient officiers.

    À la fin de l’année 1874, la loge de Saint-Nazaire fut mise en sommeil.

     

    Obligés de poursuivre leurs travaux à Nantes, l’idée de récréer une loge nazairienne fut mise au débat en 1885. Une société provisoire fut fondée en 1886 sous le nom de Trait d’Union. Le Grand Orient accorda le 2 mars 1887 Constitution. La Loge se composait de 30 membres :  15 maçons, et 15 profanes, dont Aristide Briand, qui fit cependant son initiation à Nantes alors qu'il devait la faire initialement à Saint-Nazaire le 1er juillet 1887. Le 30 mai sous la présidence du vénérable de la Loge Paix et Union, assisté d’une délégation de 20 membres des loges Paix et Union et Libre Conscience, Adolphe Boulin, chef de matériel aux Ateliers et Chantiers de La Loire, fut installé vénérable. Le temple se trouvait alors au 45 rue de Paris, au premier étage, à l'angle de la rue des Caboteurs ; il fut meublé grâce à la générosité des Frères de la loge Libre Conscience, et fut inauguré le 10 juillet 1887 par le pasteur Desmons, vice-président du Conseil de l’Ordre du Grand Orient. Il y eut la veille une fête organisée à destination des Nazairiens en la salle des fêtes du Grand-Hôtel, présidée par le maire Fernand Gasnier, et qui regroupa plus de 500 personnes. Ce fuent finalement 34 membres qui ouvrir les premiers travaux : Boulin ; Daguet, 1er surveillant ; Ponsin, 2ème surveillant ; Francis Goy, orateur ; Arhtur Hongniard, dessinateur, secrétaire ; Danais, expert ; Goupil, trésorier ; P. Dumas ; Paulin Calimaque (1829-1903) maître charpentier devenu entrepreneur, candidat malheureux aux municipales de mai 1888, maître de cérémonie ; Vergne, couvreur ; Deslins ; Renouf ; Chameroy ; Dumoulin ; Chenu ; Léon Bauduin ; Nolau ; Giraudet ; Bergman ; Charvet ; Wallet ; Houisse ; Gérard ; Bomal ; Choisnel ; Pierre Gouault ; Lemarié ; Riché ; Martineuq ; Galigné ; Bredoux ; Gaborit ; Callo ; Poulard.

     

    Les relations avec les Nazairiens n'étaient pas toujours simples. Le 9 novembre 1892, les Francs-maçons de Saint-Nazaire se plaignirent au Grand-Orient : « Les maçons sont en butte aux aménités des journaux cléricaux et les syndicats ouvriers nous voient d’un mauvais œil. Quand aux républicains, ni de près ni de loin, ils ne veulent de contacts avec nous. L’administration est contre nous. Nos rangs s’éclaircissent chaque jour. »

    Le 13 juillet 1897, dans une autre lettre adressée au Grand-Orient : «  La Respectable Loge Le Trait d’Union, après avoir délibéré, reconnaissant que la présence des Abbés André, vicaire de Saint-Gohard de Saint-Nazaire et Texier, desservant de la paroisse Saint-Gohard est funeste à la République en raison de la grande influence qu’exercent ces deux prêtres sur les directeurs des Forges de Trignac, Chantiers de la Loire et la Compagnie Transatlantique, influence dont ils usent et abusent pour éliminer des Chantiers tous les ouvriers désignés ou simplement soupçonnés d’être libres-penseurs ou seulement républicains. […] demandons instamment au frère Brisson, président du Conseil et ministre des Cultes, d’exiger de Monseigneur l’évêque de Nantes, le déplacement du desservent Texier et du vicaire André. »

     

    Le 30 août 1899, le Conseil Général de la Loire-Inférieur tenta de faire interdire la franc-maçonnerie en adressant un " vœux " au Gouvernement. Ce " vœux " était noyé dans une longue liste d'autres, qui allaient de la demande de prolongement de la ligne de train de Saint-Nazaire jusqu'au Croisic et à Chateaubriand, à un concours de poulain et de pouliche et du repos dominical... Les signataires étaient tous des élus catholiques, membres de la noblesse et riches propriétaires terriens.

     

    Le 10 février 1919, les francs-maçons étasuniens cantonnés à Saint-Nazaire organisèrent une cérémonie avant leur départ dans le nouveau temple du trait d'Union installé rue de Villès-Martin. Les Maçons nazairiens offrirent alors un drapeau tricolore chargé d'inscriptions commémoratives à leurs frères étasuniens. Ce drapeau fut après la Seconde-Guerre-mondiale remis à la Loge de Saint-Nazaire.

     

    Les vénérables se succédèrent :

    Boulin de 1887 à 1889 ; Arthur Hongmiard, de 1890  à 1896, (avec un intermède en 1891 assuré par Louis-Napoléon Pierre dit Dumas)  ; Emile Lenevé, dessinateur, de 1897 à 1898, élu au bout de trois tours, avec 4 voix, car seulement 9 votants, il fut en conflit permanent avec son prédécesseur, entraînant la mise à l’écart des frères de troisième grade, ce qui incita une partie des membre à demander la mise en sommeil de la Loge en 1898 ; Louis-Napoléon Pierre dit Dumas en janvier 1899, provisoirement suite au refus du Grand-Orient de le reconnaître élu vénérable, (l'Atelier comportait alors 23 membres) ; Louis Dumas, entrepreneur, 1899 à 1900 ; Constant Perron, agent général d'assurance, (maître en octobre 1897), en 1901 ; Louis Pinard, maître d’hôtel navigateur de 1902 à 1904 ; François Gamichon de 1905 à 1910 ; Merlhe de 1911 à 1919 ; Céléstin Godard, professeur, de 1919 à 1925 ; Armand-Henri-Joseph Brachet, directeur de l'école de Trignac, de 1925 à 1926…

     

    En mai 1925, Henri Gautier, initier à la loge de Saint-Nazaire le 21 juillet 1905, entra au Conseil municipal. le nouveau maire, François Blancho, fut initié en juillet 1925, (il aurait démissionné de la Franc-Maçonnerie en 1928, mais dans l'état actuel de nos recherche nous n'avons trouvé aucun document qui l'atteste, et ses amitiés proches, surtout après la Libération, étaient avec des initiés, d'autant que son beau-frère Robert Leroux, secrétaire de la mairie, était à la Loge, tout comme son mentor, Bernard Escurat, son adjoint, et maire provisoire entre les 18 juillet et 16 septembre 1941).

    En 1935, la Loge organisa la colonie de vacances La Clarté pour les enfants de maçons qui séjournait dans les locaux du collège Aristide Briand.

     

    Avec l’invasion allemande et les lois du régime de Pétain, les francs-maçons se cachèrent, mais nombre furent dénoncés entre août 1941 et septembre 1942. Parmi ceux du Trait d'Union, ce fut le cas de : Bernard Escurat, Instituteur retraité, (il fut celui de François Blancho), initié à Nantes à la loge Paix et Union, conseiller municipale à Saint-Nazaire, maire provisoire entre les 18 juillet et 16 septembre 1941, qui fut déclaré démissionnaire d’office de ses fonctions le 16 octobre 1941 par Pierre Pucheu le ministre de l'Intérieur du Gouvernement de Vichy ; Célestin-Marie Godard, professeur d’anglais à l’école Deshoullères, ancien vénérable de la Loge ; William-René Clavier, agent d’affaire ; Maxime-Louis Gamichon, capitaine des pompiers et rentier ; Antoine-Hippolyte Le Gat, officier mécanicien navigateur ;  Henri-Albert Liegeois, receveur de 3e classe ; Georges Lamarre, commissaire de bord du paquebot Pérou de la Compagnie Général Transatlantique ; Francis Montfort, pharmacien ; Lucien-René Jaffre, professeur à l’École pratique ; Félix-Edmond-Léonce Cazalets, professeur de mécanique et électricité à l’École pratique ; Alexandre Patrice, comptable ; Georges-Joseph Houssay, archiviste économe de la mairie ; Adrien Sébron, professeur à l’Ecole Pratique de Saint-Nazaire ; Léon-Eugène-Jacques Charrier, commis des postes et télégraphes ; Berynot professeur au collège ; Albert-Philippe Garnier, commissaire de police à Saint-Marc ; André-Henri Allaire, commissaire des douanes du Cadre de l’A.O.F .A. fut déclaré ayant souscrit une fausse déclaration 3 juillet 1942 ; William-René Clairer, fondé de pouvoir en cabinet d’affaires ; Charles Michel, garagiste rue de la Gare ; Edgar-Ludovic Pigeaud, ingénieur direction des Travaux maritime, (initié à Nantes) ; Gaston-Paul Le Berre, déclaré comme ayant fait fausse déclaration 27 février 1943, directeur d’école à Saint-Brévin. A cette liste il faut ajouter : Auguste-Émile-Marie Guyonnet, directeur de l’école Victor-Hugo, membre de la loge Réveil vendéen, (Grand-Orient) ; et André Sachot, professeur d’anglais au collège Aristide Briand, de la loge La Solidarité Nantaise (Grande Loge de France), qui devra se faire gardien de nuit jusqu'à la Libération et aidera l'épouse du résistant Jean Brossaud quand celui sera arrêté par les Allemands et mis en détention à Angers. Ainsi que des initiés du Trait d'Union partis dans d'autres villes : Edouard-Charles-Jacques Régnier, commissaire de Police à Lorient, auparavant commissaire à Saint-Nazaire, passé à la loge Nature et Philanthropie de Lorient ; et Francis Le Bris, inspecteur primaire à Calais initié passé à la Loge Indépendance et progrès de Calais.

    Le temple fut fermé, puis bientôt pillé et endommagé par les bombes. Avec l’élargissement de la rue de Villès-Martin, les restes du temps furent rasés, et l’on se décida à en construire un nouveau, plus petit, sous la forme d’une maison individuelle avec jardin, dans l’îlot urbain à l’arrière de l’emplacement du temps initial au 20 de la rue François Rude. Sa construction nécessita la sollicitation des frères dispersés par les bombardements et les persécutions. Ce fut son vénérable, Henri Allanet, économe de l’hôpital de Saint-Nazaire, à qui l’on doit le maintien durant la guerre des structures médicales de Saint-Nazaire, le rétablissement d’un hôpital à Saint-Nazaire à la Libération, et la reconstruction de l’hôpital de Saint-Nazaire, qui lança une souscription pour la reconstruction du temple. Les Frères, après avoir logé leurs réunions à la Libération à l'Hotel Familly de La Baule, (locaux occupés alors par la marie de Saint-Nazaire après avoir, au début de l'évacuation de la ville, abrité le Lycée Aristide Briand), puis dans la maison d'un frère réfugié à Pornichet en juillet 1946, la maison d'un autre à la Baule, puis l'arrière-salle d'un cafetier nazairien, se réunissaient alors provisoirement au 68 de la rue de Pornichet, (maison toujours existante), avant de ce décider à accepter le prêt de locaux à Nantes jusqu'en 1954. (notons ici qu'en 1949, Henti Allanet publia sous le pseudonyme de Henri Librec, une historiographie de la franc-maçonnerie en Loire-Inférieure, allant de 1744 à 1948, avec autorisation, et préface par Dumesnil de Gramont, grand-maitre d'honneur du Grand-Orient, fascicule initialement destiné aux seuls maçons). 

     

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    Lettre de Henri Allanet, remerciements à un vénérable et les frères d'une autre loge comme donateurs de 1000 fr à la souscription lancée pour la reconstruction du Temple en juillet 1953.

    Fonds et Collections Odoevsky Maslov.

     

    La première pierre du nouveau Temple fut posée le 26 avril 1953, et il fut inauguré le 27 juin 1954, sous la présidence de Francis Viaud, (né à Montoir le 24 juillet 1899), Grand Maître du Grand Orient de France. S'il est modeste, petit même, comme le bâtiment qui l’abrite, et réalisé avec des matériaux simples ; que la qualité de réalisation et l’aspect du mobilier surprend par comparaison à d’autres Loges, soulignons que Henri Allianet sollicita pour le décor du parvis du temple et sa voûte, le peintre nazairien Emile Guillaume[12], ancien membre du Groupe Artistique de Saint-Nazaire puis du Groupe des Indépendants et associé à l’Unvaniezh ar Seiz Breur, qui fut aussi professeur aux Beaux-Arts de Saint-Nazaire après-guerre. Ces peintures furent visibles du public durant les journées du Patrimoine de 2017.

     

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    Fresques du parvis

     

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    Le Temple

     

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    Un tablier maçonnique de la collection de la Loge de Saint-Nazaire.

     

    Ajoutons qu'en 1930 il y eut la tentative de créer à Saint-Nazaire un loge d’obédience mixte  du Droit Humain. Cela ne se concrétisa pas. Il fallut attendre que la nazairienne Madeleine Bernier, (initiée en 1935 au Trait d'Union, pourtant strictement masculin, à la demande du vénérable de la Loge nantaise du Droit Humain), fit aboutir ce projet en 1966. Nommée Loge des Deux Mondes, l'allumage officiel de ses feux eut lieu le 15 octobre 1967.

     

    Le 12 novembre 1993, la Loge Sel et Tourbe, dépendant de la Grande Loge Nationale Française, alluma ses feux avec une vingtaine de frères.

     

    Le 5 février 1992, ce fut la loge La Navicula, rattachée à la Grande Loge Féminine de France qui alluma ses feux à Saint-Nazaire, avec une vingtaine de sœurs.

     

    [1] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/08/01/notes-du-la-famille-duval.html

    [2] http://saint-nazaire.hautetfort.com/famille-goy/

    [3] Né à Nantes le 13 août 1847, il habitait au 4 rue Villes-Martin à Saint-Nazaire. Il s’y maria le 23 avril 1881 avec Marie Louise Querreaux, fille d’un pilote lamaneur.

    [4] Né le 9 septembre 1834 à Saint Denis de la Réunion, décédé le 7 octobre 1899 à Saint-Renan ; il épousa à Saint-Nazaire le 10 décembre 1870 Maria Augustine Brochard, native du Morbihan, qui lui avait déjà donné deux fils hors mariage à Saint-Nazaire dès 1867, mais qu’il reconnut à chaque fois pour siens. Après la naissance d’un troisième fils à Saint-Nazaire, le couple parti en Nouvelle-Calédonie en 1874, où naquit un quatrième fils. Établis finalement à Saint-Renan en 1885, ils y eurent une fille.

    [5] Il habitait rue du Bois-Savary.

    [6] Né le 30 août 1831 à Paimboeuf, décédé le 18 juillet 1909 à Saint-Nazaire ; marié le 1er septembre 1864 à Nantes avec Marie Amélie Pusterle de Cidrac, (1841-1893).

    [7] Né le 1er septembre 1812 à Paimboeuf, décédé le 25 mars 1887 à Saint-Nazaire, époux de Thérèse-Rosalie Juguin.

    [8] Né le 14 mai 1827 à Saint-Calais, marié le 22 novembre 1879 à Saint-Nazaire avec Marie Prudence Lefeuvre, sage-femme.

    [9] Membre d’une famille d’architectes nantais, il était domicilié alors à l’hôtel de La Croix-Verte à Saint-Nazaire, situé derrière la batterie du Port.

    [10] Né à Guérande en 1828, où il avait débuté son activité, son fils Émile-Louis-Marie reprit son entreprise après sa mort.

    [11] Rappelons ici que l’historien nazairien Gustave Bord, anti-maçon acharné, ancien représentant du comte de Chambord en Bretagne, sera persuadé que le comte de Chambord était mort d’avoir ingurgité de la poudre de diamant incorporée dans sa nourriture par une main guidée par un complot maçonnique ! (voir : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/13/le-chateau-de-porce-a-saint-nazaire-premiere-partie.html )

    [12] http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2018/07/30/le-groupe-artistique-de-saint-nazaire-et-le-groupe-de-indepe-6069504.html

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établi à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain dans le département de la Loire, (ancienne province du Forez), comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de Juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du Vieux-Môle, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie, dépôt de pharmacie, et guinguette.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du transatlantique Nouveau Monde, membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes, puis du Trait d'Union de Saint Nazaire ;

    2° Atys-Honoré, (1832 - Saint-Nazaire 3 juin 1883), courtier maritime, correspondant de la Société d'encouragement pour la navigation de plaisance maritime, reçu l'exequatur de consul du Honduras en juin 1870, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilarité. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps. Fondateur en 1866 de l'antenne nazairienne de la Société de Sauvetage en mer, organisme doté d'un canot de sauvetage, il legat à son décès la somme de 3.000 fr à celle-ci. 

    3° Anne, épouse du capitaine au long cours  Louis François Eugène Lainé (Nantes 1826 - 2 juillet 1877 Saint-Nazaire, - inhumé à La Briandais) ;

    4° Francis, (1838-1892), capitaine au long cours, membre de la Loge Mars et les Arts de Nantes puis du Trait d'Union de Saint Nazaire dont il fut l'orateur (se veuve, « quoique catholique », remis 100 fr à la loge de Saint-Nazaire au décès de son époux) ; père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.