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  • Port Gavy ou l'école des infirmières

    Connu actuellement comme " l’École des infirmières ", Port Gavy fut à l'origine une propriété comportant une villa et ses dépendances dans un vaste parc.

     

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    La villa de Port Gavy en septembre 1919, (coll. personnelle)

     

     

    Située sur la Grande île des Gavids, (du breton Gavr, qui signifie chèvre, mais qui sur les côtes de Bretagne désigne aussi un type de crabe : l'étrille (Necora puber),  à un emplacement où il n'y avait aucune construction, la propriété fut bâtie durant le Second Empire, probablement vers 1855 à la même période que le château des Charmilles à Porcé, pour William-Felix Le Besque, (1802 - 8 décembre 1877 à Nantes), capitaine de navire, et son épouse Delphine-Aimée Lefebvre, native de Saint-Florent-le-Vieil, couple domicilié à Nantes.

    Destinée a l'usage de demeure de vacances, la villa fut construite sur cave, avec au-dessus un entresol avec une cuisine carrelée munie d'un monte plat, et une salle à manger pour les domestiques ; un rez-de-chaussée surélevé sur un entresol habitant les services, avec hall, salle à manger lambrissée et plafonnée d'acajou, grand salon, et dans la tour un boudoir rond. Au 1er étage trois grandes chambres de maître avec chacune leur cabinet de toilette. Celle qui occupait la tour était dite de Monseigneur Fournier, en référence à Félix Fournier, (1803-1877), évêque du diocèse de Nantes de 1870 à sa mort, qui passait chaque été quelques semaines à Port-Gavy, car il était ami d'enfance de William-Felix Le Besque. Sa chambre était décorée de fresques du peintre Jules-Elie Delaunay, (Nantes 1828 - Paris 1891), qui représentaient en médaillon les bustes des Apôtres et des premiers disciples, avec au-dessus de chaque médaillon, en lettres gothiques dorées, un versé du credo. Les fenêtres étaient dotées de vitraux évoquant des moments de la vie d’Anne de Bretagne, et de François Ier. Au second étage étaient les quartiers des domestiques, avec un accès au grenier et au troisième niveau de la tour, ainsi qu'à la terrasse qui la somme, d'où l'on peut voir de la rade de Saint-Nazaire à la pointe Saint Gildas, et le clocher de l'Immaculée.

    Le domaine était d'une surface de 10ha, le long de 400m de côte, il y avait notamment 3ha de vignes situées à l'emplacement des bâtiments de l'université, qui donnaient encore en 1929 cents barriques de vins rosés dont la qualité était louée par ceux qui l'avaient goûté. Un verger et une prairie, un bois de chênes verts, sapins, et lauriers, une pelouse dégagée en direction de la Villès-Martin, bordée de rosiers, de camélias, et d'une allée de palmiers. Encore aujourd'hui, on pénétre en direction de l'ancienne villa par un portail du 19e siècle peint en vert, via une allée autrefois bordée de houx. Il y avait aussi un hibou de granite près de la grille, (parfois confondu avec une chouette référence  aux Chouans pour les familles royalistes), mais qui à Gavy est bien un hibou, c'est un emblème parlant qui fait référence au nom des Le Besque qui signifie hibou en breton.

     

    Au décès de William-Felix Le Besque, son fils Georges-William, né à Nantes le 25 avril 1844, hérita d'une fortune suffisamment confortable et se fit notaire à Saint-Nazaire à partir du 10 juillet 1875. membre de la Société des Bibliophiles Bretons, comme son voisin Gustave Bord, il possédait en son manoir de Gavy d'un bibliothéque réputée. A l'âge de 36ans, il rencontra Eliza Chavril, âgée de 19ans, orpheline placée sous la tutelle d'un lointain parent, Yves Martin, propriétaire domicilié à Saint-Nazaire. Eliza Chavril naquit le 12 mai 1864 à La Motte dans les Côtes-d'Armor. Sa mère, Marie Anne Le Maire, décéda à La Motte le 5 mai 1875, et son père, Louis Chavril, décéda à Saint-Nazaire le 10 juin 1880. Afin de se marier, Eliza obtint l’autorisation de son conseil de famille, par délibérations du 20 juillet 1883, validées par le juge de Paix du Canton de Saint-Nazaire. Le couple s'unit à la mairie de Saint-Nazaire le 20 août 1883. Si les témoins de Georges-William étaient ses cousins germains Lefebvre venus de Saint-Florent, Eliza eut quant à elle Victor Delaris, le vérificateur des douanes de Saint-Nazaire, cousin par alliance, et Charles Marion de Procé, procureur de la République, désigné comme son ami dans l'acte.

    Le couple s'établit rue de Villes-Martin, mais passait tous les weekends et les vacances en sa résidence de Port-Gavy.

    Ils eurent deux fils :

    1° William-Adolphe-Henri-Louis Le Besque, (Saint-Nazaire 30 mai 1885 - Dinar 27 août 1968) ;

    2° Georges-François-Marie-Félix, (Saint-Nazaire 30 septembre 1894 - 30 septembre 1979 Brest), qui épousa en premières noces, le 7 mai 1923  à Nantes, Marie Martin-Sortres ; et en secondes noces, le 16 mars 1945 à Landerneau, Andrée-Amélie  Poulain de La Fosse David, (1910-1936).

    Ajoutons que selon la tradition orale, Georges-William se lia avec Narcisse Pelletier, célèbre marin qui avait passé dix-sept années dans un clan aborigène, affecté en 1876 au gardiennage du phare d'Aiguillon, et que celui-ci le reçut chez lui plusieurs fois.

    Le 4 septembre 1929, l’inspecteur général des services hospitaliers informa le maire François Blancho que des vieillards de l'hospice de Saint-Nazaire occupaient des lits réservés aux malades à l’hôpital, et que cela n'était pas admissible. Par manque de place à hospice de rue du Traict, tenu par les Filles de la sagesse, congrégation de religieuses hospitalières, on avait du les y placer, ainsi que 70 autres vieillards nazairiens expédiés à Guérande, Blain, Savenay, et Paimboeuf.

    On chercha en urgence un nouveau lieu. Le premier adjoint et conseiller d'arrondissement, Bernard Escurat, (1862-1865), informât que le domaine de Port-Gavy qui était alors en vente depuis peu. La vente fut signée le 17 octobre 1929 une promesse d'achat auprès William-Adolphe-Henry Le Besque chargé par son frère de le représenter dans la dispersion des biens familiaux, pour la somme de 800.000 frs avec son ameublement, le matériel agricole et les animaux de la ferme, somme prise en charge par la Ville à hauteur de 50%, plus une promesse de 90.000 fr pour aider aux aménagements, les 400.000 fr restants étant à la charge de l'Hôpital. La maison était alors relativement défrichée : les marches du perron étaient disjointes, semé d'herbe, les rampes de bois des balcons auxquels s’accrochaient des rosiers, de la glycine et de la vigne vierge, étaient branlantes. La chapelle et les bâtiments de la ferme qui la complétaient, nécessitaient des travaux. Les Nazairiens trouvèrent aussi que déplacer les vieillards à 6km du centre, dans une partie de la commune mal desservie par une ligne de bus, n'était pas une bonne idée, même si tous s'accordaient sur la beauté de l'endroit. Au demeurant, la propriété n'avait ni gaz, ni électricité. Il fallu attendre plusieurs mois pour finaliser l'acquisition, car l'achat devait être financé par la Commission des Jeux (ancêtre de la Française des Jeux), et différentes aides de l'Etat.

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    La propriété au moment de son achat dans un reportage du Courrier de Saint-Nazaire publié le 07/12/1929.

     

     

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    Intérieur de la chapelle en 1939. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

     

    Plusieurs projets furent discutés, on devait en effet réaliser un espace pouvant contenir 200 lits. Ce fut Andrés-Laurent Batillat, membre des Seiz Breur, qui fut retenu avec deux projets de sa main. Le premier, dit " projet A " consistait à l'ajout d'une aile à la villa, le second, " projet B ,  prévoyait de construire en plus un vaste complexe de bâtiments construits en paravent face à la côte.

     

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    projet A, (réalisé). (Archives départementales).

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    Projet B, (Archives départementales).

    1 = villa ; 2 = aile réalisée.

     

    C'est le projet A qui fut réalisé, par l'ajout à la villa une aile pour les patients. L'entresol de la villa fut adapté aux services, et les niveaux supérieurs devinrent le logement du directeur. Le balcon en bois découpé de la tour fut remplacé par un balcon en ciment avec escalier ; la fenêtre du troisième étage de la tour fut retaillée en ogive, et l’ensemble fut enduit de ciment peint en blanc. Initialement cela devait couter 30.000 fr de remise à neuf, mais des problèmes de structures dus au manque d'entretient durant des années firent monter la facture à 96.000 fr. (cf. délibérations municipales de janvier 1939). Il est à noter que jusqu'à la guerre, le logement servait uniquement durant les périodes d'été, comme résidence secondaire de l'économe de l'hôpital En effet, Gavy étant à 4km du centre ville, et 3km de Saint-Marc, et l’absence d'une ligne de bus régulière, firent que son utilisation comme logement à l'année ne convenait pas à une famille.

     

    D'une grande modernité et pensé avec toute la technologie disponible, (y compris un monte plat électrique objet d'un concours en juillet 1938), le projet avait alors une telle importance, que le ministre de la Santé Publique, Marc Rucart, vint visiter le chantier le 5 novembre 1938, avant de visiter les bâtiments nouvellement modifiés ou construits, toujours par André-Laurent Batillat, sur la commune, de l'Hôpital, du centre de santé scolaire, de la maternité, etc.

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    Le Travailleur de l'Ouest du 8 octobre 1938

     

    Ce n’est que le 30 avril 1939, que l’inauguration eut lieu par le maire François Blancho, qui félicita chaleureusement l'architecte André-Laurent Batillat pour sa réalisation..

     

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    Le Populaire de Nantes du 1 mai 1939

     

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    Le Travailleur de l'Ouest du 6 mai 1939

     

     

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    Les bâtiments en 1939, (Carte Postale éditions Rosy).

     

    Occupé par les Allemands durant la guerre, qui peignirent les bâtiments en vert pour les camoufler, puis par les troupes française, le site fut restitué en septembre 1945 à la municipalité. Après une remise en état des lieux, effectuées par 180 prisonniers allemands, Henri Allanet, ancien économe devenu directeur, à qui l'on doit entre autres la reconstruction de l'hôpital de Saint-Nazaire, y installa l'ensemble du service chirurgical de la ville, toujours en collaboration avec les Filles de la sagesse. C'est sœur Gustave, (née Anne-Marie Barreteau), qui en assura la gestion. Trois chirurgiens y officiaient : Jagot, Gentin, et Delouche.

    Henry Allanet emménagea dans l'apparentement de fonction avec sa famille, au grand dam de son épouse qui se plaignait de l'isolement géographique du site (Cf. " Henri Allanet, un citoyen du XXe siècle ", de Pierre H. Allanet). Ils y restèrent jusqu'à la construction de leur maison square des Acacias, actuellement square Henri Allanet.

    En janvier 1947, le Centre chirurgicale de Gavy était équipé de 90 lits. En décembre de cette année, la ministre de la Santé, Germaine Poinso-Chapuis, vint visiter les installations hospitalières de Saint-Nazaire. 

    En 1951 il comportait 100 lits.

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    Salle des malades du centre Chirurgicale en 1939. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

    A la suite de la construction d'un nouvel hôpital, inauguré en 1960, le Centre chirurgical fut déplacé, et Gavy devient un institut de formation en soins infirmiers en 1961 après de nouveaux travaux de transformation. L’inauguration eut lieu en septembre 1962 et l'enseignement débuta avec 30 élèves en formation de 3 ans.

     

    (Remerciements particuliers à monsieur S. Paquet pour le complément d'information.)

     

  • Le Groupe Artistique de Saint-Nazaire et le Groupe de Indépendants

    La création du Groupe Artistique :

     

    En 1904 et 1905, l'ingénieur des Pont-et-Chaussées et peintre amateur Beilvaire Charles (Paimboeuf 1861 - 1952 Nantes)[1], aidé financièrement par Gustave Bord[2], organisa deux expositions au Cercle de Géographie de Saint-Nazaire, regroupant les œuvres d’artistes nazairiens. Malheureusement le succès fut mitigé, et la ruine du mécène de ces expositions laissa les artistes sans possibilité.

     

    En 1912 Victor Lamoureux[3], directeur de la caisse d'épargne et de prévoyance de Saint-Nazaire, qui s'adonnait en amateur à la sculpture en réalisant des modelages, décida de réunir des collectionneurs de ses relations afin de créer une société artistique regroupant artistes et amateurs d’art, et qui aurait pour but de promouvoir les créateurs locaux en les sortant de leurs ateliers. Il poussa l’idée avec la création d’une école de beaux-arts. le projet se nomma initialement Les Amis des Arts, mais après la création d'un comité provisoire, il fut choisi de la baptiser Groupe Artistique.

    Le Groupe Artistique de Saint-Nazaire fut ainsi fondé en 1913 par Victor Lamoureux, avec le concours de monsieur Pied, de Geroges Dommée[4], et du docteur Meloche[5]. Dès le mois d'août 1913, la Commission du Musée fit acquisition d'aquarelles et de tableaux ayant un "caractère local " auprès de ce groupe.

     

    La Première-Guerre-mondiale mit en sommeil le Groupe artistique, et il fallut attendre 1919 pour que celui-ci reprenne son activité, toujours sous l’impulsion de ses fondateurs, et avec l’aide du journaliste Pierre Norange[6] qui combattit l’opposition que souleva la réouverture des cours d’art. En récompense il devint le secrétaire de l’association. Le comité central du Groupe, composé de 15 membres renouvelables part tiers chaque année, était présidé par le docteur Méloche, suppléé par Victor Lamoureux, (membre de la commission du Musée de Saint-Nazaire depuis décembre 1914), et Louis Joubert, (président de la chambre de commerce de Saint-Nazaire, remplacé par Louis Brichaux en 1938), choisit de placer les activités d’enseignement de l’école qu’il fonda sous la direction du peintre impressionniste Georges Eveillard[7], qui donna des cours de dessin et de peinture, et qui fut rejoint par messieurs Chartier et Périgo.

    Georges Eveillard (Nantes le 2 juillet 1879 - Nantes le 25 février 1965), était un peintre d’inspiration postimpressionniste, représente essentiellement des marines et paysages bretonnants de l’Estuaire de la Loire et quelques scènes de genre, décoré de la médaille d'Argent de l'Ecole d'Art des Batignolles, lauréat du Concours général de la ville de Paris en 1900, grande médaille d'argent de l'école d'Art de Montparnasse en 1901, premier prix de l'Ecole des Beaux Arts de Nantes en 1902, premier prix de l'Ecole des Beaux Art de Rouen en 1903, il fut officier d'Académie en 1911. Affecté au service d'illustration des armées durant la guerre comme peintre militaire, il réalisa des aquarelles des soldats, et fut chargé de réaliser les portraits des officiers. Il devint alors le portraitiste des officiels, laïc, militaire ou religieux, du département, comme Aristide Briand ; le maire de Nantes, Paul Bellamy ; Brichaud, maire de Saint-Nazaire ; le père Ricodel, le chanoine Guillon. En 1923 il devient officier de l'Instruction publique en 1923, chevalier la Légion d'Honneur en 1936, puis officier en 1953.

     

    Le groupe publia en mai 1919 ses statuts, imprimé à mille exemplaires, (facturés 71 fr par l'imprimeur, comme le montre le seul livre de compte qui est parvenu jusqu'à nous et qui se trouve dans le fonds Dommée aux Archives de Saint-Nazaire, cote 5J75). Il donna sa première exposition en 1919, avec un succès d’estime, sans frais particuliers, mais sa seconde exposition qui débuta le 31 janvier 1920 dans la salle de la Fraternité 3 boulevard de l’Océan attira beaucoup de visiteurs et d’acheteurs. Ouverte avec une conférence, l’exposition perdura jusqu’au 22 février. L’exposition n’était pas réservée aux seuls sociétaires du groupe, on pouvait, moyennant 3 frs, y participer. Chaque artiste pouvait exposer 5 œuvres. Les deux murs du passage qui conduisait de la rue à la salle d'exposition, à l'éclairage zénithal, qu'on divisait avec des panneaux de bois, furent réservés à deux peintres que le groupe voulait mettre à l'honneur, et qui avaient la possibilité d'exposer chacun 20 à 30 tableaux. L’exposition était réservée aux professionnels ou semi-professionnels, présentant peintures, sculptures, dessins, aquarelles, pastels, miniatures, gravures, lithographies, travaux d’architectures, arts-décoratifs, céramiques, vitraux, dentelles, bijoux, arts-appliqués. La restriction d’admission se faisait aux peintures, aquarelles et dessins non encadrés, ainsi que les copies, sauf celles qui reproduisaient une œuvre originale par procédé d'une technique différente. Le groupe se chargeait de vendre les œuvres exposées moyennant 15% de commission, et payait les frais de voyage et de résidence des peintres venant d'autres villes, comme le font les galeristes. L’exposition fut renouvelée chaque année jusqu’en 1940, mais, ne disposant pas toujours de la salle de la Fraternité, il fallait se replier au musée, dans la « salle Greuze », en réalité un ancien bureau au plafond bas, avec une cheminée comme on en voyait dans les chambres de bonne. On se plaignit durant quinze ans par voie de presse que la municipalité ne possédait pas une salle d'exposition digne de ce nom, et que le musée était lui même trop petit et dans un état lamentable. Cependant, le Groupe Artistique conclut un contrat avec la Galerie Mignon-Massart à Nantes pour la promotion de ses artistes les plus talentueux et organisa aussi régulièrement des conférences. A la fin de l'année 1920, les bénéfices étaient de 5.901 fr pour 1.288,80 fr de dépenses. L'essentiel des revenus cette année-là reposant sur les cotisations, variant de 12 fr, 20 fr, 50 fr, et 100 fr ; la vente à l'exposition avait  rapporté 1.254 fr.

     

    Le 13 novembre 1924, l’inspecteur des Beaux-Arts fut délégué par le Ministère pour présider la distribution des prix remis aux élèves en présence d’un adjoint au maire, du secrétaire de la sous-préfecture, de l’inspecteur primaire et des membres du comité central du Groupe Artistique, alors sous la présidence du docteur Méloche. On considéra dès lors au Ministère que le Groupe Artistique était suffisamment important pour bénéficier à chaque remise de prix la présence de l’inspecteur des Beaux-Arts.

    L'exposition annuelle de janvier-février, mit à l'honneur en 1921 le peintre et illustrateur Luc-Olivier Merson, (Paris 21 mai 1846 - 13 novembre 1920 Paris), spécialisé dans le religieux et l'historique, qui avait une résidence au Croisic. En signe de deuil, son nom figura dans un encadré noir, avec ses honneurs : « membre de l'Institut, commandeur de la Légion d'Honneur, Grande Médaille d'Honneur [du Salon des artistes français pour l'ensemble de son œuvre] ». Dix-neuf œuvres sorties de son atelier du Croisic, majoritairement des études furent présentées, dont dix-sept à la vente, pour des sommes allant de 500 fr à 10.000 fr. Un tiers des exposants venait de Paris, le second de Nantes, un quart de Saint-Nazaire, et le reste de la Cote Ouest et d'Anjou.

     

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    Extrait du catalogue d'exposition de 1921.

     

    En 1926 le Groupe Artistique réunissait 500 sociétaires. La mairie en municipalisa alors l'école, et concevra Georges Eveillard à sa direction. A son exposition annuelle, cela peut surprendre, car on ignore souvent qu'elle débuta par le dessin, Odette du Puigaudeau y exposa à côté de son père des aquarelles. On y remis des médailles, l'une d'entre elles, de bronze, ciselée par Henri Dubois, (1859-1943), second prix de Rome 1878, fut remise à Jacques Dommée, nous en reproduisons ici la photographie.

     

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    © Fonds et Collections Odoevsky Maslov.

     

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    L'exposition de 1929 dans la salle de la Fraternité

     

    En 1929, fut fondée la Foire commerciale de Saint-Nazaire[8], on réserva chaque année un stand au Groupe Artistique qui y participa sans pouvoir concourir aux prix et récompenses.

    À partir de juillet 1929, le Groupe organisa des visites de musées dans le département en affrétant un autocar. Les frais de transport et le déjeuner étaient offerts par le Groupe à ses sociétaires. La première fut sous la forme d’une récompense accordé à chaque meilleur élèves de chaque école, publiques et privées, de Saint-Nazaire, soit 26 enfants qui purent se rendre au Château de Nantes. Cette visite récompense devint annuelle et par la suite fixée au 21 juin. Pour nombre de ces enfants cette visite était alors la première fois qu’ils allaient à Nantes. Il faut ici préciser qu'Eveillard avait pour grand ami le peintre Charles Perron, (Plessé 22 août 1893 - Nantes 18 avril 1958) ; cet ancien élève des Beaux-Arts de Nantes et de Paris, professeur à Nantes avait obtenu le deuxième Grand prix de Rome en 1921, la médaille d'or au Salon des artistes français en 1928. Charles Perron fut l'un des membre actifs du groupe, participant à chaque exposition avec plusieurs toiles, (paysages et portraits), et usa de son influence en sa faveur, jusqu'à sa nomination en 1936 comme conservateur du Musée des beaux-arts de Nantes  (poste qu'il conserva jusqu'en 1935). 

    Les expositions suivantes virent l'arrivée d'artistes reconnus à Paris, notamment Alice Carissan, artiste que les conservateurs français redécouvrent, qui peignait des paysages et des intérieurs, mais dont la réputation est surtout basée sur ses tableaux de fleurs. Née à Saint-Nazaire 13 novembre 1869, fille d'un commissaire sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique, qui vécu à Saint-Jean d'Angély avant de s'établir à Paris où elle fit une brillante carrière, vendant nombre de ses toiles à des musées français et étrangers, qui participa aux expositions à partir de 1931, accompagnée par son amante, Yvonne Carro qui peignait elle aussi des fleurs essentiellement, et des scènes d'intérieur, et qui eut l'honneur de la couverture du catalogue de 1933.

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    En février 1933, Emile Dezaunay, fondateur du Salon d'Automne, vient présenter six toiles, Constantin Font, (Auch 11 janvier 1890 - janvier 1954 Paris), Grand prix de Rome 1921, médaille d'or du Salon en 1922, Alexandre Jacob, (1876-1972), Médaille d'or au Salon, Marcel Jacquier, (1877-1957), Mention au Salon, Jules Ribeaucourt, (Maubeuge 2 avril 1866 - Gravelines 28 août 1932), un peintre qui connaissait bien la Loire-Inférieur et les rives de la Loire, où il avait trouvé refuge en 1918 quand les Allemands déferlèrent sur Maubeuge. Mais cette exposition, pourtant prestigieuse, fit surtout parler d'elle pour avoir été l'objet d'un achat par le marchand de charbon Michel van den Broucke en nature, qui fut le sujet d'un reportage du Courrier de Saint-Nazaire :

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    Achat d'un tableau payé en charbon, Le Courrier de Saint-Nazaire du 25 février 1933 ; (cliquer pour agrandir). On remarque au-dessus de la port, un panneau en grès émaillé dessiné par Georges Dommée et commandé aux Etablissement Gentil & Bourdet à Billancourt en mai 1933, pour un montant de 520 fr, (Fonds Domméee, Archives de Saint-Nazaire, 5J75).

     

    En 1933 toujours, avec l’aide des Réseaux de Chemins de Fer Français, le Groupe Artistique organisa une exposition itinérante des œuvres de ses sociétaires. 

     

    L’exposition du 27 janvier au 27 février 1934 fut réalisée dans un état de tensions. Le Groupe Artistique de Saint-Nazaire était en perte de vitesse, et qualifié par certains de ses sociétaires de « réunion de vieilles barbes ». Il est vrai que le Comité central était toujours composé de ses fondateurs réélus chaque année, qui avaient tous un âge avancé, et regardaient avec un certain mépris les styles nouveaux s’éloignant du figuratif et de l’impressionnisme convenu, et qu’ils estimaient comme des phénomènes de mode qui passeraient. Georges Eveillard ne voyait pas les choses ainsi, et tentait de pousser le Comité central à plus d’ouverture. Rares étaient les artistes professionnels nazairiens et du canton à ne pas être sociétaires, mais ceux de l’Unvaniezh ar Seiz Breur, (les peintres René Yves Creston et Suzanne Candré-Creston, l’architecte André Batillat, etc.), étaient mis de côté, considérés comme des décorateurs, leur innovation artistique déconcertait ces messieurs. Émile Guillaume avait eu plus de chance auprès du Comité central en 1934, exposant trente-trois toiles, soit tout un mur, avec l'illustration de la couverture du catalogue.

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    Assimilable au symbolisme et au néo-bretonnisme, avec des personnages aux teints rouges ; il n'avait pas encore adopté les formes circulaires qui fut ensuite son style, et qui fait ressembler ses sujets à des pantins plus ou moins désarticulés. Il était pourtant à la mode, mais outre que son style déconcertait ces messieurs du Comité central, il était perçu comme un peintre décorateurs car il exerçait ce travail dans des studios de cinéma, et qu’il ne refusait pas les commandes que lui faisaient les commerçants ou les particuliers désireux d’une fresque sur leurs murs[9]. Au demeurant il avait le tors de vivre à La Baule. On accorda la même largesse aux œuvres de Ferdinand du Puigaudeau, mort quatre ans plus tôt, et dont la vente des œuvres devait se faire au profit de sa veuve qu’il avait laissée démunie et qui depuis un an exposait ses dessins. celle-ci avait été une peintre reconnue avant son mariage, mais s'était vu interdire de produire par son tyrannique époux. Bellaudeau, l'illustrateur du Courrier de Saint-Nazaire, y signa le 20 janvier, sous le pseudonyme d'Aristarque, un article dans lequel il fit la liste de ce qui n'allait pas en matière de dessin, (seul art qu'il maîtrisait), dans l'ensemble des œuvres accrochées, allant chercher le moindre détail secondaire pour cela, démolissant finalement chaque travail, à l'exception de ceux d'Alexis de Broca et de Charles Beilvaire. Ecrit dans son style habituel et reconnaissable entre tous, il y distilla du fiel, et s'attaqua à Charles Perron, professeur aux Beaux Arts de Nantes, deuxième Grand prix de Rome en 1921, et plus particulièrement à Madeleine Massonneau, artiste parisienne reconnue, deuxième Grand prix de Rome en 1928, qui avait à Saint-Nazaire réalisé des fresques à école Jean Jaurès, (restaurée en 2019-2020), et qui exposa alors quatre toiles, dont un portrait de Mlle C..., c'est à dire mademoiselle Isabey Campredon, la fille du chimiste et industriel. Bellaudeau écrivit : « Mlle Massonneau est-elle portraitiste ou caricaturiste ? Elle expose sur fond bleu charron une interprétation rappelant Mlle C… Un si charmant modèle méritait mieux. » Ce fut la seule participation de Madeleine au Salon de Saint-Nazaire, et, elle ne renouvela pas son adhésion au Groupe !

    Le jour même de l’exposition l’Ouest Eclair dans la colonne précédent celle consacrée à l’exposition du Groupe Artistique publia que l’idée d’une exposition de photographie était dans l’air du temps, et s’étonnait que la Groupe Artistique ait écarté cet art. La révolte grondait parmi les sociétaires, car outre le rejet de certains styles ou de certains médiums d’expression artistique, il y avait aussi une censure concernant les nus. Pourtant il y avait des cours de dessin anatomique, mais dans l’esprit du Comité Central, le nu était forcément pornographique, et la peur d’avoir les protestations des biens pensants avait même relégué les nus académiques d’Eveillard pourtant bien innocents.

     

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    L'Ouest Eclair 27 janvier 1934,

    (cliquer pour agrandir)

     

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    Le courrier de Saint-Nazaire 24 février 1934

     

    En avril-mai 1934 le Groupe ouvrit une exposition commune de dessin avec les écoles d’Art de Brest, Orléans, Nantes, Angers, Tours, Le Mans, Rennes et Laval, en présence de monsieur Bayard, inspecteur général des Beaux-Arts. René Geoffroy, le critique artistique de L’Ouest Eclair, commenta que le niveau était plus élevé dans les écoles de Rennes, Angers et Nantes, et nota que le cubisme était dans les travaux exposés en minorité.

    L’exposition commune fut couplée d’une seconde sous forme de concours réservé aux dessins de Nazairiens de moins de 15 ans, organisé par l’Université Populaire sur la supervision de George Eveillard qui cherchait à renouveler le groupe. Il y eu 560 participants sur la thématique : « Ce que je vois par ma fenêtre ». Un tri garda 300 dessins qui furent exposés le dimanche 29 avril 1930 et 10 gagnants furent désignés. Le succès fut tel que le concours devint annuel.

     

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    L'exposition concours des dessins des moins de 15 ans,

    L'Ouest Eclair 30 avril 1934.

     

    La réunion du Comité central qui suivit, avec la remise des prix, furent réalisés devant une assistante clairsemée. L'actif du Groupe Artistique avait atteint 16.346 frs, contre 17.115 frs, l'année précédente. Les sociétaires étaient passés de 472 à 464 en un an, ce nombre continua de chuter les années suivantes.

     

    Pourtant l'exposition du 27 janvier au 24 février 1935 se fit avec le concours du peintre Paul Chabas, président des Artistes Français, et André Dauchez, président de la Société Nationale des Beaux-Arts, qui avait déjà exposé à Saint-Nazaire en 1932. Plusieurs artistes Nazairiens qui avaient été médaillés au Salon des Artistes Français : Yvonne Carro; Alice Carissan ; les postes impressionnistes Michel Collé, Émile Simon, Alexis de Broca, (grand-père du réalisateur Philippe de Broca), et d’autres au Salon du Société Nationale des Beaux-Arts, dont Hélène Lacoulomère, (qui vivait en Vendée).

    Aux côtés des sociétaires du Groupe Artistiques ont exposa 50 tableaux provenant du Salon des Artistes Français, dont : Marie-Louise Lustremant, Gabrielle Henriette Rieunier-Rouzaud, Maurice Joron, Jean Vincent-Darasse, Alexandre Jacob, Gaston Galey, Robert Genicot, Fernand Maillaud, Cesar Mammes, Jules Merle, Henri Barnoin, (qui devint sociétaire, mais décéda l’année suivante), ainsi que le graveur Jacques Derrey, le sculpteur Roger Favin, et Luc Lanel créateur de mobilier et d'objet de décoration en métal émaillé qui travailla pour les Chantiers.

    Le Normandie était alors en réalisation, et pour l’occasion on exposa des maquettes de ses décors, ainsi que des projets pour d’autres paquebots, dont Ville d’Alger.

    Le Groupe Artistique acheta 20 œuvres qui furent reparties au tirage entre les visiteurs qui avaient acquis le catalogue illustré de l’exposition.

     

    Le groupe des indépendants :

     

    L'exposition du Groupe Artistique de 1936 fut un four. On sentait que toute l’énergie dont pouvaient faire preuve les organisateurs et les soutiens extérieurs dont ils pouvaient bénéficier avait été épuisée par l'exposition de 1935, et ceux malgré une volonté de renouveler l'effet en faisant venir quelques personnes du Salon d’Automne dont le président se demanda ce qu’il faisait là le jour du vernissage où André Astoul, portraitiste vendéen, . Il y eut des différents entre le Comité Central et René-Yves Creston, proue des artistes de style contemporain. Le bateau coulait inexorablement et le nombre des sociétaires toujours à la baisse. Le torchon brûlait entre Creston et le Comité depuis des décennies. En février 1919, dans la revue nazairienne Le Réveille Artistique, il avait reproché que l'association se bornât aux seuls arts graphiques et manqua d'ambition. Il participait, avec sa femme, Suzanne Candré-Creston, depuis 1926 aux expositions annuelles ; lui avec des tableaux, elle avec des faïences, et à partir de 1927 avec l’architecte André Batillat, pour le projet d'hydro-aéroport de Bretagne, et dès 1928 dans le groupe Ar-Seiz-Breuz. En 1929, René-Yves Creston reçut la Médaille d'or aux Arts décoratifs.

     

    Il existait à Nantes un Salon des Indépendants, qui longtemps n’exposa que des refusés des beaux-Arts de Nantes, et dont les œuvres étaient de mauvaise qualité. En 1935, ce Salon des Indépendants nantais commença à regrouper quelques artistes dont le talent était indéniable, mais qui n’étaient finalement pas à leur place et n’y participaient qu’en raison de mésententes avec les Beaux-Arts de Nantes. C’est alors que René Yves Creston et André Batillat, lassés d’être déconsidérés par le Groupe Artistique de Saint-Nazaire, décidèrent de créer à Saint-Nazaire un Salon des Indépendants. Ils débauchèrent sans mal les peintres Pierre Wagner, (1897-1943), ancien élève d'Emile Simon, professeur aux Beaux-Arts de Nantes, lui aussi membre du Groupe Artistique et sociétaire des groupes des Indépendants de Bordeaux et Bourges, et Edmond Bertreux, (1911-1991), mais attirèrent aussi à eux des nazairiens mécontents du Groupe Artistique : Michel Brun (qui avait tenté sa chance aux indépendants de Nantes), Émile Guillaume, Berthe Riboulleau-Margotton, née à Niort, vivant au 1 rue Villebois-Mareuil, une miniaturiste et illustratrice spécialisée dans le genre néo-médiéval au rendu d'une rare laideur, elle exposa au Salon des Artistes français en 1937 ; Marthe Danard Puig connue essentiellement pour ses bouquets de fleurs, et surtout Georgette Nivert, (1900 - 1960), peintre de nus féminins sensuels et de couples saphiques [10]. Batillat et Creston eurent l’idée d’ouvrir leur groupe aux photographes. Créé en février 1936, ce nouveau groupe se finança au début avec une tombola, et avec les fonds avancés par René-Yves Creston et André Batillat, qui logeait chez lui, 18 rue Villebois Mareuil[11], le bureau de ce nouveau groupe, et avec l’aide de l’agence Havas de Saint-Nazaire.

     

    La première exposition eut lieu durant la foire commerciale de Saint-Nazaire, du 25 au 30 mai 1936. Affichant un panneau « fondé en 1936 », (l'enregistrement ne fut déposé cependant que le 13 juin), le Groupe des Indépendants avait disposé quelques œuvres de ses sociétaires, et Émile Guillaume faisait des démonstrations de dessin, tout en proposant des cours gratuits aux visiteurs. Batillat fit la réclame de son groupe en organisant un concours réservé aux amateurs « Le meilleur croquis de la Foire Commerciale », avec pour jury les membres du bureau de la Foire et du Groupe des Indépendants, et de ses professeurs.

    Le Groupe Artistique, qui participait aussi à la Foire, qui était sous le pavillon de l’alimentation, semblait bien poussiéreux avec son exposition d’un portrait réalisé par un inconnu de Victor Lamoureux, et les dessins d’enfants sous le thème des fables de La Fontaine.

     

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    Emile Guillaume à la Foire de Saint-Nazaire,

    L'Ouest Eclair 27 mai 1936.

     

    La première exposition organisée par les Indépendants eut lieu le weekend du 30 et 31 mai 1936 au cercle du Club d’aviation populaire et des Officiers républicains, 7 rue de Villès-Martin 1936, qui fut aussi le siège du bureau du Groupe. Devant le succès de cette exposition, le Cercle proposa de prêter ses locaux pour l’année suivante. Mais les Seiz Breurs avaient été sollicités en 1935 pour réaliser le pavillon de Bretagne à L'Exposition universelle de 1937[12]. Cela impressionna tant la municipalité de Saint-Nazaire, que le maire, François Blancho, proposa pour l’exposition du Groupe des Indépendant la salle des Halles, un vaste espace que la mairie avait destinée à y déplacer le musée, située rue du Bois Savary. Cela n’alla pas sans créer des tensions avec le Groupe Artistique qui y avait fait son exposition annuelle.

    En effet, ayant quitté les locaux du boulevard de l’Océan, le 6 février 1937, la 19e exposition du groupe Artistique eut lieu dans la salle des halles, une vaste pièce qui se trouvait à l’étage des halles, et en avait la même surface. L’exposition avait réuni 600 œuvres, elle eut lieu sous le patronage de François Blanche, sous-secrétaire d'État, du Sous-Préfet de Saint-Nazaire et sous la présidence effective de M. Leroy, préfet de la Loire-Inférieure. Un déjeuner payant, (19 frs), fut organisé au Grand Hôtel et réservés aux personnalités de la ville et du département, les membres honoraires, les sociétaires et les artistes participants. Là aussi, l’événement fut rendu annuel.

    Pour ménager le Comité central du Groupe Artistique, François Blancho proposa aux Indépendants un autre lieu d’exposition… le vieux Musée municipal ! On s’étrangla devant ce choix du maire qui consacrait des artistes qui avaient été refusés ou mal traités jusque-là, mais il n’était pas possible de protester. Les Indépendants de Saint-Nazaire exposèrent ainsi au Musée les 29 mai au 30 juin 1937. René Geoffroy, le critique artistique de L’Ouest Eclair, fut dithyrambique, mais avoua aussi dans son article 4 juin 1937, qu’il était l’ami et le cousin de René Yves Creston… Il y a eu durant cette exposition plusieurs conférences sur les arts, dont celle de Hibrant, le directeur de l'Ecole pratique, sur « le rôle social de l’art », et une causerie avec le club des philatélistes dont le président était pradier, le directeur du collège. En effet la force des Indépendants fut de rassembler autour d'eux les membres du corps enseignant nazairien.

     

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    Le Comité central le jour du déjeuner donné pour le 25e annivarsaire de la fondation du Groupe Artistique,

    L'Ouest éclair du 30 novembre 1937.

     

    La paix avec les Indépendants :

     

    La 20e exposition du Groupe Artistique, eut lieu du 30 janvier au 27 février 1938. Elle regroupa les œuvres des artistes locaux, d’un choix d’artistes d'autres régions françaises et de quelques Parisiens, qui travaillaient en collaboration avec les fabricants de tapisseries d'art d'Aubusson. Les ateliers envoyèrent pour l’occasion des tapisseries et du mobilier contemporains et anciens, dont des œuvres du 16e siècles, 17e et 18e siècles qui éblouirent les visiteurs.

    Parmi les invités officiels pour le vernissage et le déjeuner, il y eut André Batillat et René-Yves Creston. L’Exposition universelle de 1937 leur avait donné une importance auprès des autorités.

     

    René-Yves Creston participa à la 21e exposition en 1938, exposition qui pour la première fois fut réellement novatrice, et fut placée sous le haut patronage du Ministère de l'Éducation Nationale, subventionné par le département de la Loire-Inférieure, la Ville et la Chambre de Commerce de Saint-Nazaire. Le Salon des indépendants disparu dans cette réconciliation, échange de bons procédés et réalités économiques obligeants. Cependant, le Groupe des Indépendants demeura encore un an, sous la présidence de maitre Jules Russacq, avocat, (Orléans 13 novembre 1870 – 20 mai 1966 La Baule, en prodiguant des cours de dessins et organisant des conférences, avec pour enseignant en peinture et dessin Guillaume, et en arts décoratif Batillat.

    Cette année-là, l’adhésion des sociétaires fut fixée à 20 frs par an. 

     

    La fin du Groupe Artistique :

     

    Il n’y eut pas d’exposition en janvier 1939 en raison d’un problème financier.

     

    La 22e exposition, en 1940, fut retardée et n’ouvrit que le 25 février, avec 500 tableaux malgré la mobilisation de certains artistes. Elle se déroula dans une sale de l’école Jean Jaurès, boulevard Victor Hugo.

     

    Après avoir obtenu une subvention municipale de 1.000 frs, la 23e exposition se déroula avant la date classique, du 1er décembre 1940 au 22 décembre 1940 au Syndicat d’Initiative 4 rue de l’Océan. On lui avait accordé une semaine de prolongement devant le succès qu’elle suscita. Il est vrai qu’à ce moment-là il y avait peu de distractions à Saint-Nazaire. Il avait eu une semaine de prolongement. Parmi les peintres exposés citons, venue de Stenay en Meuse, Germaine Lantoine-Neveux, (1892-1978) exposa des portraits, Berthe Riboulleau-Margotton et Émile Guillaume revenus au bercail. Celui-ci fut, avec Ulysse Gorrin, (1884-1965), éreinté par la critique de René Geoffroy.

    L’exposition s’acheva avec un tirage au sort de numéro d’acheteurs de l’exposition précédente, de catalogue d’exposition acheté, et de cartes de sociétaire, qui gagnèrent des aquarelles et des tableaux des têtes de pont du Groupe, mais aussi une toile de Puigaudeau.

     

    Le 24 mai 1941, dernier concours des enfants. La guerre fit son œuvre, et le groupe disparu dans les ruines de la ville. Mais l'école d'enseignement d'art plastique, fondée en 1919, et municipalisée en 1926, fut rétablie. Emile Guillaume y fut professeur, (il enseigna aussi à l'Ecole Normale de Savenay).

     

    Le Groupe Artistique de Saint-Nazaire : une école ?

     

    Peut-on parler d’une école nazairienne ? Nous pensons que oui, en ce qui concerne la peinture.

     

    Si l’on excepte les membres de l’Unvaniezh ar Seiz Breur, qui forme une école particulière et clairement identifiée, et bien sûr Émile Guillaume qui est inclassable, ainsi que Georgette Nivert aux nus sensuels et sexuels, et Félix Lorioux (1872-1964), illustrateur et dessinateur de bande dessinée qui participa à la dernière exposition de 1940 mais dont on ne peut affirmer qu’il fut sociétaire, on s’aperçoit qu’il y a une cohérence des œuvres des peintres membre du Groupe Artistique de Saint-Nazaire pour ceux qui nous sont aujourd’hui connus.

     

    Nous avons pu établir à la lecture des articles de presse et des rares catalogues d’exposition qui nous sont parvenus une liste de nom de peintres qui sont aujourd’hui reconnus par les marchands d’arts comme des peintres de tallent :

     

    Auffray Alexandre (1869-1942)[13] ;

    Beilvaire Charles (1861-1943)[14] ;

    Bouillon Gaston (1881-1958) ;

    Broca Alexis (de) (1868-1948), médaille d'argent Salon des artistes français 1922 ;

    Brun Michel ;

    Carro Yvonne(-Antoinette), (Meaux 25 novembre 1895 - Luçon  31 décembre 1946), membre de l'Union des Femmes Peintres et Sculpteurs, sociétaire des Artistes Français, mention honorable au Salon des artiste français 1928 et médaille d'argent 1933, surtout connue pour ses fleurs, que pour ses intérieurs et paysages, ou ses illustrations ;

    Chaney Lester Joseph (Zala, Nagy Kanisza, Hongrie, 19 avril 1907 -  New Lenox, Illinois, USA, 14 septembre 1998), né hongrois, il s’exila aux USA dans les année 1920 obtint la nationalité ; il étudia à l'Art Institute of Chicago, auprès de Charles H. Woodbury et Leon Lundmark. Entre 1935 et 1939 il vient vivre à Saint-Nazaire : à la déclaration de guerre il s'établit dans l'état du Maine.

    Collé Michel-Auguste (Baccarat 7 janvier 1872 - Kervalet en Batz-sur-Me 15 septembre 1949), formé comme doreur à la cristallerie de Baccarat, il exposa à partir de 1903 à la Société nationale des beaux-arts, puis au salon des Tuileries et obtint la mention honorable au  Salons des Artiste Français en 1920, puis la médaille d'argent en 1921, époque où il commença  séjourner en Presqu'île et s'y établit définitivement au village de Kervalet en 1940 ;

    Cylkow Louis ( Varsovie 1877 - 1934), élève à l’Académie Julian, c'est en 1923 qu'il découvrit la Presqu'île guérandaise, le musée de Nantes lui achètera deux toiles en 1920 et 1925 ;

    Deboute Maurice-Pierre, né à Saint-Nazaire le 23 octobre 1901, dessinateur à Paris en 1923, (s'éloigna en peignant des paysages d'Ile de France) ;

    Eveillard Georges (1879-1965) ;

    Evein Claude-René-Pierre ;

    Gauffriaud Émile (Brest 1877-1957), peintre, aquarelliste et graveur, il fut l'un des artiste bretons les plus prisé de sa génération, traitant presque exclusivement de sa province natale, à l'exception de quelques œuvres réalisée durant un séjour sur la Côte d'Azur ; il stoppa toute activité artistique quatorze-ans avant son décès ;

    Gauthier Stany (Joseph dit) (1883-1969), peintre, architecte-décorateur et sculpteur, diplômé de l'Etat pour l'enseignement de la composition décorative, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes en 1911, conservateur du Musée d'Art populaire régional de Nantes de 1922 à 1969, il publia cinquante ouvrage sur les la décoration, l’ameublement et l'architecture ;

    Gautier Émile (1920-2013), peintre et aquarelliste très connu en Presqu'île ;

    Géo François, Georges François dit Geo, (1880 - 1968), peintre paysagiste voyageur, élève de Jean-Paul Laurens, il exposa à Saint-Nazaire à partir de 1928. Il fut mentionné au Salon des Artistes Français.

    Gorrin Ulysse (1884-1965), médaille d'argent du Salon des artistes français 1936, prix Corot et médaille d'or 1949 ;

    Guyot Paul (1906-1960), peintre, puis journaliste, rédacteur en chef de France Soir il fut aussi romancier), auteur de trois  romans publiés chez Caman-Levy : Les Bois du Nord en 1925 ; Belle Amie en 1957 ; et Un été en Brière en 1958 ;

    Jacquier Marcel (1877-1957), « Inscrit à l’Ecole des Beaux Arts de Nantes en 1889, il fréquente ensuite l’académie Julian à Paris en 1907. Il revient en Bretagne chaque été entre 1903 et 1911; à la belle saison, depuis Tréboul, il part à la recherche de motifs, sillonnant ainsi le Finistère. Il est l’auteur de plusieurs affiches pour des syndicats d’initiative. Il est récompensé au Salon des Artistes Français de 1933, Il reçoit la médaille d’argent pour son levure Les Veuves. Peintre de Douarnenez, il est aussi l’auteur de paysages de bière et de scènes de pardons. Il peint également à Concarneau, vers 1910. » (source : La modernité en Bretagne : Tome 2, Silvana Editoriale, 1er juillet 2017 ;

    Labitte Eugène Léon (1858-1936), peintre et aquarelliste ;

    Lacouloumère Hélène,  (Fontenay-le-Comte 17 septembre 1873 - Bleneau 16 juillet 1960) ;

    Lemasson Paul (Saint-Mars-du-Désert 10 janvier 1897 - Nantes 22 septembre 1971), élève de l'Ecole des Beaux Arts de Nantes, il exposa au Salon de 1934 et de 1969, ces œuvres étaient inspirées des paysages des anciennes maîtres flamands ; il fut membre de l'association La Fresque, (tout comme Madeleine Massonneau) ; (son frère Albert était lui aussi peintre) ;

    Lusseau Georges (Clisson 1897-1989), médaille d'argent de l'exposition internationale des arts décoratifs en 1925, il réalisa plusieurs fresque dans le département ; après guerre il fut professeur à l'école des Beaux Arts de la ville de Paris ;

    Massonneau Madeleine-Valentine, (New-York 21 mai 1901- ...), domiciliée chez ses parents au 44, rue de Villers, Levallois-Perret jusqu'en 1933, inscrite à l’école des Beaux-Arts en 1920, admise à la section de peinture de l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1923, second-prix de Rome en 1928, membre de l'association La Fresque, (tout comme Paul Lemasson), elle exposa au Salon des artistes français de 1925 à 1932, concourra sans succès au prix de Rome de 1928, exposa au Salon des Indépendants à partir de 1930 l'état et la ville de Paris lui achetèrent et commendataire plusieurs œuvres, notablement des fresques, la ville de Saint-Nazaire lui commanda en 1932 une fresque pour le stade du Plessis, et le 24 octobre 1933 la fresque toujours existante qui couvre les quatre murs du hall de l'ancienne école Jean Jaurès, au 25 boulevard Victor Hugo pour la somme de 18.256 fr (soit 400 fr du m²) (cf. article du L'Ouest Éclair du 5 novembre 1933) ; elle fut aussi connue pour avoir membre à partir de 1931 du Cercle Féminin de Paris comme internationale de cross ;

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    (source : L'intran : le plus grand hebdomadaire sportif, 22 novembre 1932.)

     

    Maxence Jean (1901-1962), médaille d'argent Salon des artistes français 1920, médaille d'or 1925 et prix Madagascar ;

    Puigaudeau Ferdinand (du) (1864-1930), issu de l'école de Pont-Aven ;

    Simon Émile (1890-1976), professeur aux Beau Arts de Nantes, mention honorable Salon des artistes français, médaille d'argent 1934, médaille d'or 1935 ;

     

    Ces peintres, dont la liste est non exhaustive, (le Groupe artistique ayant eu jusqu’à 500 sociétaires, et cumulat le même chiffre en nombre de tableaux exposés), ont en commun d’avoir peint à l’huile et à l’aquarelle des marines du port de Saint-Nazaire, des côtes d’Amour et de Jade, de l’Estuaire et de la Loire maritime, des marais salants, de la Grande Brière, des environs paysage de Guérande, Saint-Nazaire et Pornic, et des scènes bretonnes de la Loire Atlantique, dans le style postimpressionniste de l’entre-deux-guerres, sur une période allant de 1919 à 1941.

     

    On peut aussi pousser la thèse d'une école nazairienne à une école parallèle consacrée à la présentation florale dont nous citerons :

    Carissan Alice-Emilie-Elise-Marie, (Saint-Nazaire 13 novembre 1869 - Paris 7e 13 juin 1964), fille d'un commissaire de paquebot de la Compagnie Général Transatlantique, et sœur du lieutenant de vaisseau Edmond-Eugène-Ambroise Carissan, et demi-sœur de Jacques Carissan, enseigne de vaisseau, commandant en second du Mousquet, tombé pour la France à l’hôpital de Sanpang (Sumatra) le 1er novembre 1914, nièce  de Célanie Carissan (1843-1927), pianiste compositrice, et romancière et d’Eugène Carissan (1830-1883), professeur agrégé d’histoire et de géographie, littérateur et membre de la Société académique de Nantes, elle fut membre de la Société des Artistes Français. Prix de l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs en 1912, Mention honorable des Artistes Français en 1930, Médaille d'argent au Salon de 1934 avec une toile figurant un intérieur en clair obscur qu'il offrit le 4 juin 1945 à la Ville pour la reconstitution du musée, intitulée " Mystère des reflets ", (130x97), Prix Marceron-Maille en 1936.

    Carro Yvonne, déjà nommée plus haut ;

    Danard-Puig Marthe.

     

     

     

    [1] Cf : L’Ouest éclair du 30 novembre 1934. Pour sa biographie, voir notre article : http://saint-nazaire.hautetfort.com/charles-beilvaire/

    [2] A propos de Gustave Bord voir : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/06/13/le-chateau-de-porce-a-saint-nazaire-premiere-partie.html

    [3]  Victor Lamoureux (1864-1954), tailleurs pour homme, sculpteur amateur, époux de Marguerite Janvin, (1867-1930), dont la boutique, ouverte en 1855, existe toujours à Saint-Nazaire, quoiqu’elle ait changé de nom en devenant « Territoire des hommes ». La fondation par lui du Groupe artistique de Saint-Nazaire le fit nommer officier de l’instruction publique le 1er février 1930 pour services rendus aux arts. Le 12 février 1931, il reçut la médaille d’argent de la Prévoyance sociale.

    [4] Georges Dommée, (1861-1943).  devient l’archiviste du Groupe, il fut rejoint par son fils, Claude Dommée, architecte, qui fut nommé trésorier adjoint. Claude Dommé fut l'architecte des halls à la Reconstruction, et de différents immeubles.

    [5] Le docteur Pierre-Ernest Méloche, (1860-1946), ancien interne des hôpitaux de Nantes, avait son cabinet 24 rue Henri Gautier à Saint-Nazaire. Il fut la risée de la ville et de la profession à la suite d’une erreur de diagnostic : le 18 mars 1896 le juge d’instruction de Saint-Nazaire, Jules Batillat, (père de l'architecte André-Laurent Batillat), convoqua le docteur Méloche pour examiner une prévenue, la veuve Billy, arrêtée sous l'inculpation d'infanticide. La femme nia l’accusation, et affirma être toujours enceinte. Le docteur Méloche se déplaça, examina, et dit que la femme avait déjà accouchée. Deux jours plus tard, la veuve Billy accoucha en prison d'un enfant de cinq mois qui ne vécut que quelques minutes. Elle porta plainte conte le médecin, et lui réclama 1.000 frs de dédommagement, (la consultation qui avait coûté 6 frs au Tribunal de Saint-Nazaire). Le tribunal de Saint-Nazaire condamna le docteur Méloche le 26 février 1897. Il gagna en appel à Rennes le 2 juin 1898. Son honneur étant lavé, il reprit sa place à Saint-Nazaire, et la ville fit comme si rien ne s’était passé, tout en ricanant dans son dos. Appuyé par ses confrères, et ses relations politiques et maçonniques, il fut promu en 1911 médecin chef du comité de la Croix Rouge de Saint-Nazaire. Durant la Première-Guerre-mondiale il fut médecin-chef de l’hôpital bénévole des sœurs de Saint-Vincent de Paul, puis il dirigea l’Œuvre Antituberculeuse de Saint-Nazaire, vice-président de la Ligue antialcoolisme de Saint-Nazaire, fondée en 1918 par Louis Campredon, et fut nommé président du syndicat des médecins de Saint-Nazaire le 28 septembre 1930. Durant l'entre-deux-guerres il fut aussi président du Conseil d’Administration de l’École de musique, membre de la Commission du Musée à partir de novembre 1920, et était de toutes les inaugurations. Personnalité incontournable et indéboulonnable, il se faisait moquer par les chroniqueurs de L'Ouest-Éclair. Réfugié à La Baule à la suite des bombardements, il y décéda en 1946. Si le caveau familial au cimetière de La Briandais comporte une plaque mentionnant " Docteur Méloche 1860 - 1946 ", son corps ne s'y trouve pas. Il fut en effet inhumé à La Baule dans une sépulture provisoire, mais, dans la confusion de l'après-guerre et de la reconstruction, ses cendres ne furent jamais transférées, la tombe provisoire fut reprise par les services de La Baule et ses restes déposés en l'ossuaire.

    [6] Journaliste militant socialiste, de son vrai nom Georges Pierre, né le 25 avril 1871 à Bléneau, décédé le 9 février 1958 à Saint-Nazaire.

    [7] Georges-Alexandre Eveillard, né à Nantes le 2 juillet 1879, marié à Nantes le 11 mai 1917 à Augustine Louise-Marie Carrière, décédé à Nantes le 25 février 1965 ; il fut le premier professeur de l'école des Beaux-Arts de Saint-Nazaire. En 1938 il devint directeur du musée municipal, et œuvra à reconstituer un nouveau musée à la Libération à la demande de la mairie. Le projet n'aboutit pas, mais il fit plusieurs acquisitions jusqu'en 1955 au nom de la ville. A sa mort, la municipalité Blancho fit acheter au nom de la ville plusieurs toiles de sa collection mise aux enchères à Nantes, dont un tableau copie de l'entourage de Goya, une esquisse de Manet, et quelques toiles du 17 et 18ème siècle à la qualité discutable.

    [8] Elle eut d’abord le nom de Foire Exposition.

    [9] Membre de la Loge Le Trait d’Union, Emile Guillaume réalisa les décors de la nouvelle loge à la demande de son vénérable, Henri Allanet, chirurgien et directeur de l’Hôpital de Saint-Nazaire. Il illustra aussi des cartes postales avec des scènes bretonnes, dont une série ayant pour thème les côtes de la province. Ajoutons qu'Emile Guillaume était né à Paris dans une famille originaire de Questembert, et dont la grand-mère maternelle vivait au Pouliguen, s'était établi à La Baule en 1928.

    [10]  Sa biographie officielle la dit née à Lorient en 1900, mais aucun acte n'y existe à ce nom à cette date. Elle vivait en 1932 au 18 rue Leconte de Lisle à Paris 16ème, puis au 26 rue des Plantes à Paris 14ème en 1935, ville où elle exposa au Salon des indépendants de 1932 et au Salon de la Société d'Automne de 1935. A la Libération, elle se consacra à des représentations d’enfants. Non mariée, elle eut une fille, Paulette Nivert, née en 1921, qui fut aussi artiste peintre, et qui exposa durant l'occupation à Biarritz, où sa mère avait une villégiature, où elles avaient trouvé refuge.

     ,saint-nazaire, georgette-nivert

    (source : L’Écho de Paris, 26 février 1930)

    [11] Par la suite il se fit construire une maison sur ses plans 82 rue Jean Macé.

    [12] Ce fut sous l’impulsion de Joseph Stany Gauthier, conservateur du musée des beaux-arts de Nantes, que le comité de l’Exposition universelle choisit les Seiz Breur. Le secrétariat général pour la réalisation de ce pavillon étant attribué à René-Yves Creston.

    [13] Voir notre article : http://saint-nazaire.hautetfort.com/alexandre-affray/

    [14] Voir notre article : http://saint-nazaire.hautetfort.com/charles-beilvaire/

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