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saint-nazaire - Page 2

  • Le château de Saint-Marc

    Le château de Saint-Marc-sur-mer, dit aussi château Lourmand, se nommait à l'origine château du  Crépelet. Le nom de Crépelet est en fait le nom véritable du village de Saint-Marc, qui ne prit qu'à la fin du 19e siècle le nom du saint à qui la chapelle du bourg était dédiée. Il n'existait rien à l'emplacement du château si non quelques vignes, quand le terrain fut acquis par Henri-Joseph Lourmand, industriel nantais associé à Henri-Charles-René Serpette (1), et Édouard Lorois, dans la savonnerie " SERPETTE-LOURMAND-LOROIS ".

     

    Construite sur caves, avec un rez-de-jardin, un étage noble, et un second étage sous combles à lucarnes de façade en pierre et lucarnes de plomb, la demeure est constituée d'un corps rectangulaire simple en profondeur, encadré à l'Ouest de deux pavillons carrés accolés sous deux toitures carrées et très pointues, à l'Est d'un grand pavillon rectangulaires, dominant la baie, il est surmonté d'un très haut comble qui se fini en terrasse belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. La longueur totale est de quatre travées, à laquelle a été ajouté un pavillon sans étage d'un travée, abritant la cuisine. La disposition des pièces est : au rez-de-jardin, une galerie entrée dans le corps central, déversant les pavillons de bout, et une vaste salle à manger qui occupe tout la longueur du corps, le pavillon Est abrite un  grand salon, les pavillons Ouest un petit salon coté océan, et une office côté parc, au centre de ces pavillons se situe l'escalier. Le premier étage comporte quatre très grandes chambres. Les murs sont enduits et appareillés aux angles, les ouvertures moulurées. L'ensemble est situé sur une falaise qui domine la plage et la baie de Saint-Marc, dans un parc clos de murs. 

     

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    La famille Lourmand :

     

     

    I° Henri-Joseph Lourmand, (Nantes 31 décembre 1818 - Niort 18 février 1885), marié le 18 octobre 1853 à Angers, avec Lucile-Marie Lechalas, (Angers 23 octobre 1832 – Nantes 27 janvier 1933), fille de Médéric Lechalas, et de Joséphine Tharreau, d'où : 

    1° Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), mariée le 19 juin 1875, à Nantes, avec Gaston-Amédée Thubé, (voyez ci-après) ; 

    2° Marguerite-Marie (Nantes 29 novembre 1855 - Nantes 20 octobre 1938), mariée : 1er le 21 septembre 1875, à Nantes, avec Henri-Marie Couëtou, (27 mai 1849, docteur en – Dax 23 avril 1878), droit, avocat à la Cour d'appel de Paris, puis à Nantes, candidat légitimiste aux élections législatives de Saint-Nazaire en février 1876 ; 2e Victor-Amédée-Marie Sécheras, (Vannes 12 janvier 1837 - Nantes 2 novembre 1908), chef de bataillon ;

    3° Henri, (Nantes15 mai 1860 - ??).

     

     

    A la mort de la veuve d'Henri-Joseph, la propriété passa à son petit fils, Gaston Thubé.

     

     

    La famille Thubé :

     

     

    I° Gaston-Amédée Thubé, (Nantes 25 février 1851 - Nantes 29 septembre 1936), substitut de Châteaubriant le 21 décembre 1874, substitut de Saint-Brieuc le 18 novembre 1876, procureur de Guingamp le 29 mars 1879, substitut du procureur général de Rennes le 30 juin 1880, marié le 19 juin 1875, à Nantes, avec Marie-Amélie (Nantes 26 juin 1854 – Nantes 9 mai 1932), d'où :

    1° Gaston-Marie, qui suit ;

    2° Henri (Saint-Brieuc 10 avril 1878 - Paris 1er mars 1943), marié le 8 mars 1913 avec Amélie Paigis, fille de Jean Paigis et d'Amélie Le Normand, d'où postérité ;

    3° Joseph-Jean, (Nantes 13 décembre 1881 - Nantes 8 août 1942), prêtre ;

    4° Jacques-Marie, (Chantenay sur Loire 20 juin 1883 – Nantes14 mai 1969), yachtman, champion olympique en 1912 à Stockholm, avec ses frères Gaston et Amédée ; marié le 16 septembre 1920, à Azay le Rideau, avec Marguerite-Berthe Pavy, fille d'Hubert Pavy et de Marie-Thérèse Vexier, d'où postérité ;

    5° Amédée-Georges-Marie, (Chantenay sur Loire 8 février 1885 - Paris 26 janvier 1941),yachtman, il participa avec ses frères Gaston et Henri, aux jeux olympiques de Stockolm en 1912, en tant qu'équipier d'avant, à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, où il remporta la médaille d'or ; marié en 1918, Saint-Marc sur Mer, avec Marguerite-Nazli Denaut, fille d'Horace-Louis-Auguste Denaut, officier de la Légion d'Honneur, d'Emma Bojano, d'où postérité ;

    6° Marc, (Saint-Nazaire 4 juillet 1886 - Sézanne 11 mars 1918), mort pour la France ;

    7° Marie-Amélie, (Nantes 19 avril 1889 - Paris 26 août 1977), mariée le1er le 11 janvier 1911 à Nantes, avec René Bolloré, (Ergué-Gabéric 28 janvier 1885 - Paris 16 janvier 1935), industriel, (papeteries OCB) ; (veuve elle se remaria). 

     

    II° Gaston-Marie Thubé, (Chateaubriant 16 juin 1876 - Paris 22 février 1974), docteur en droit, industriel, juge au Tribunal de commerce, consul de Belgique à Nantes, il participa en 1912, avec ses frères Jacques et Amédée, aux jeux olympiques de Stockholm en tant skipper à bord du " Mac-Miche ", dans la série des 6 mètres, et remportèrent la médaille d'or ; il gagna aussi de nombreuses régates, dont le championnat de France en 1913 à Arcachon, son bateau, le Saint-Jean, construit en 1939 par l'architecte naval Talma Bertrand, mouillait dans la baie de Saint-Marc(3) ; marié le 16 octobre 1900, à Nantes, avec Madeleine Goullin,(1879-1980), fille de Gustave Goullin, et de Célestine Flornoy, sans postérité, il légat le château à son petit-neveu l'industriel Didier Pineau-Valencienne.

     

     

    Durant la Seconde-guerre-mondiale, le château fut occupé par l'état-major de le Vème brigade de Flak de Marine, en charge de la défense anti-aérienne de Saint-Nazaire. Celle-ci édifia à proximité un vaste complexe fortifié doté d'une tour, la Flakturm Nz 304,qui servait de centre opérationnel pour le PC. 

     

    A l'été 1951, Gaston Thubé prêtât à Jacques Tati le tennis du château pour une scène du film " Les vacances de Monsieur Hulot ", tourné à Saint-Marc (3) et sorti en 1953. ; 

     

     

    Monsieur Pineau-Valencienne vendit finalement la demeure en 1983 à Charles Goignard, entrepreneur en bâtiments, qui en fait sa résidence principale et entreprit de grandes rénovations. A son décès, la propriété fut acquise par monsieur Christian Seyres, son actuel propriétaire (3). 

     

     

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    vers 1960

     

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    La gloriette du parc vers 1860

     

    (1) Fils de l'un des fondateurs de l'entreprise qui fit construire la villa " La Malouine " à Pornic.

    (2) Ce bateau navigue toujours et est classé monument historique depuis 2005.

    (3) Renseignements provenant du site du château de Saint-Marc-sur-mer, disponible à la location pour des événementiels, et gîte. ( http://www.chateau-saint-marc.com/ )

  • René de Kerviler

    René de Kerviler, (Vannes 13 novembre 1842 - Lorient 12 mai 1907), un homme incroyable, qui fit beaucoup pour l'archéologie, la Bretagne, et Saint-Nazaire, doté d'une intelligence supérieur, d'une érudition et d 'une mémoire incroyables à une époque où toutes les connaissances de l'humanité pouvaient encore tenir dans les volumes d'une encyclopédie, et qu'il y avait encore temps à découvrir. René de Kerviler était un savant, au sens premier du terme. 

    En fait un article ne suffirait pas à raconter René de Kerviler, et nous vous renvoyons vers l'essai biographie réaliser dans le cadre d'une généalogie complète de la famille Pocard du Cosquet de Kerviler, par Robert Busquet de Caumont, en 2008, pour approfondir vos connaissances. Nous vous proposons ici un résumé :

     

    Commençons par tordre le cou à une légende tenace : René de Kerviler n'était pas vicomte, et N'UTILISA JAMAIS ce titre !

     

    Pourquoi cette légende ? Il semble qu'un historien locale, impressionné par la particule, se dit que cela signifiait noblesse, et que noblesse allait avec titre, cherchant celui-ci, il découvrir qu'une terre de Kerviler, était tenue en justice vicomtale, et se dit que cela voulait dire que le propriétaire en était forcément vicomte... Un amalgame de poncifs et de raccourcis qui démontre une méconnaissance du sujet, et qui, chose fortement regrettable, fait passer René de Kerviler pour un bourgeois en mal de nobless. Au demeurant, le " Kerviler ", des Pocard du Cosquet de Kerviler, n'était pas un fief ou une seigneurie ! Soyons clair : La famille Pocard du Cosquer de Kerviler est une famille bretonne de la bourgeoisie fiefée d'Ancien Régime, qui n'a jamais eu de prétentions nobiliaires, pourtant, de mémoire d'homme, les Pocard avaient été considérés dans des temps anciens comme membres de cette petite noblesse si nombreuse en Bretagne (1), mais qui, par pauvreté, avaient dérogé définitivement en devenant laboureurs, puis notaires au 17e siècle, au demeurant, privés de tous documents pouvant attester de la qualité nobiliaire, ils s'étaient abstenus de demander à être inscrits comme nobles, durant la grande recherche de noblesse demandée par Louis XIV en 1668, « aussi nous contentons-nous de vivre désormais très bourgeoisement », avait répondu en 1768 Vience Pocard du Cosquer de Kerviler, ancêtre de René, au sénéchal de l’île d’Arz, qui réinterrogeait sur ses origines. Le livre de raison de Vincent Pocard, nous apprend aussi que la terre noble du Cosquet, simple fief, avait été acquise le 12 juin 1700, par son grand-père Jean Pocard, notaire seigneurial et rural de la juridiction de Largouët. Il assuma à partir de là le nom de sa nouvelle terre, et son fils fit de même, mais comme il y avait une famille dont le patronymique était du Cosquet, dont Vincent Pocard avait dû se défendre de toute parenté, et aussi parce qu'il était comme son père greffier dans une autre juridiction, afin de couper court aux confusions, Vincent Pocard du Cosquet, avait décidé en 1760 de prendre le nom de Kerviler, nom d'une source (fontaine) près du manoir de sa famille, où il allait jouer étant enfant, dans son livre de raison, il a laissé ces lignes : « Un jour que j’y étais allé cueillir du cresson, mon pied glissa et je tombais dans la fontaine d’où je ne pouvais plus me retirer parce que mes jambes étaient prises dans la vase qui était épaisse aux abords. On entendit heureusement mes cris : on vint me retirer de la fontaine et pour me rappeler ma mésaventure, on m’en donna par sobriquet le nom. J’y ai été tellement habitué autrefois que je l’ai gardé définitivement mais cela ne veut pas dire que je sois titulaire d’une seigneurie plus étendue que celle d’une simple fontaine ». La descendance de Vincent ne porta cependant que le nom de Pocard du Cosquet. A la Révolution, la famille devient Pocard-Kerviler, c'est une rectification par jugement du Tribunal d'Instance de Vannes qui rectifia le nom en de Pocard du Cosquer de Kerviler le 9 mai 1901, c'est pour cela que René de Kerviler signait ses ouvrages du seul nom de Kerviler, sans particule.

     

     

    Diplomé de l’Ecole Polytechnique, de l’Ecole des Ponts et Chaussées, il avait été aussi reçu à l’Ecole des Chartes, mais y renonça. Il était l'ainé des onze enfants de Joseph-Marie-Vincent Pocard-Kerviler, (1804-1879), polytechnicien et officier de marine qui fit campagnes aux Antilles, au Mexique, et Tunisie, que René adulait, et quio lui transmit l'amour de la Bretagne, et de Marie-Louise Couessurel de La Brousse. Il avait épousé à Lorient , le 26 avril 1870, Cécile Guieysse, fille de Pierre-Armand Guieysse, polytechnicien, ingénieur du génie maritime, directeur des constructions navales de Lorient, inventeur des batteries blindées flottantes, commandeur de la Légion d’Honneur, et de Jéronime Le Bastard de Kerguiffinec ; d'où :

    1° Georges, polytechnicien, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées ;

    2° Marie épouse du docteur en médecine Paul Robin ;

    3° René, polytechnicien, officier de marine ;

    4° Cécile, épouse de Joseph Loiret, polytechnicien, inspecteur général des Mines ;

    5° Armand, ingénieur, directeur d’usine du groupe industriel international « Les Cirages Français ».

     

    En 1874, à 32 ans, René Pocard-Kerviler fut nommé ingénieur du port de Saint-Nazaire en remplacement de Paul Leferme. Les travaux avaient été arrêtés par la guerre de 1870 et la chute de l'Empire, Paul Leferme avait au demeurant laissé une situation fort mauvaises, trempée de toutes sortes de magouilles, plusieurs procès avaient été engagés contre les entreprises en charge des travaux, aussi, quand il arriva à Saint-Nazaire, René dut reprendre les dossiers, refaire l'ensemble des devis de plans de Leferme à achever, régler les litiges, réaliser un projet pour l'évolution du port, le faire approuver, et seulement après il pu passer à l’exécution. En dehors du port dont il réalisa les quais et le bassin de Penhouet, multipliant par trois la surface portuaire, mais aussi les cales, nous lui devons : le phare des Charpentiers, le chenal de la Barre des Charpentiers, la voix de chemin de fer de Chateaubriand, à quoi se rajoutent des bâtiments disparus : la Grande caserne des Douanes, l’hôtel de la Chambre de Commerce, de l’hôtel des Postes, de la Bourse du Commerce ; mais aussi une intervention à titre privé pour le financement de la construction de l'église paroissiale Saint-Nazaire, où son visage est sculpté sur le pilier de droit au fond du chœur.kervile.jpg

     

    Portrait sculpté de René de Kerviler en l'église

    Saint-Nazaire, photo Odoevsky Maslov.

     

    Il créa aussi en 1885 une Société Mixte de Tir et de Gymnastique dite « la Nazairienne », qu’il présidera durant vingt ans, il présida aussi la Société de Géographie Commerciale de Saint-Nazaire, la Commission de la Bibliothèque Municipale, la Société des Régates Internationales de l’Ouest qui donnait trois jours de régates par an et organisait des courses de chaloupes de pêche. Il devint aussi vice-président de la Société d’Instruction Populaire de Saint Nazaire, etc. 

    Il fit de nombreuse recherche archéologiques, inventant un principe de datation, dit « chronomètre préhistorique de Saint-Nazaire », qui fut l'une des premières tentative scientifique de datation des strates, il fit en sorte que bien des éléments archéologiques, ou historiques, de la commune, soient conservés, même si hélas, les bombardements ont presque tout fait disparaître, mais si aujourd'hui nous pouvons encore voir des éléments de décor de l'ancienne église, dans l'actuelle église Saint-Nazaire, c'est grâce à lui, et si le contenu des chartes et manuscrits historiques de Saint-Nazaire nous sont connus, malgré leur anéantissement, c'est aussi grâce à lui. Il publia une multitude d'ouvrages historiques et biographiques, sur la Bretagne et les Bretons, soit plus de 213 ouvrages ou articles importants ! Le 8 mai 1881, Sadi Carnot vint inaugurer solennellement le nouveau bassin : Kerviler reçut le grade d’Ingénieur en Chef, le titre de Directeur du port de Saint Nazaire, et la Légion d’Honneur, il avait aussi reçu les Palmes académiques. En 1905, René de Kerviler fut affecté à Lorient.

     

     

    Les armes des Pocard du Cosquer de Kerviler sont : De gueules au chevron d'hermine ; au chef d'azur chargé d'une mer d'argent. Le chef est une brisure adoptée au milieu du 18e siècle par Michel Pocard du Cosquer en souvenir d'un voyage aux Antilles. 

     

    Comme il était cadet, René de Kerviler brisa lui aussi ses armes, ajoutant deux livres en allusion à ses publications, deux palmes pour ses palmes académiques, et un pont pour son métier d'ingénieur des Pont-et-Chaussées, ce qui donne : De gueules au chevron d 'hermine, accompagné en chef de deux livres d'argent, en pointe de deux palmes croisées d'or ; au chef d'azur, chargé d'un viaduc d'argent, enjambant une mer du même.

     

     

    (1) Pol Potier de Courcy, dans son « Nobiliaire et Armorial de Bretagne » était persuadé d'une noblesse perdue : « les Srs du Cosquer et de Kerviler, par. de Granchamp, év. de Vannes, du nom de Pocard, paraissent issus de la famille Pocard, Srs de Kerouzanet, de Kergohen et de Tuomelin, par. de Saint-Mayeux, présents aux Montres de 1445 à 1562, par. de Corlay et Saint-Mayeux, év. de Cornouaille ».

     

  • La famille Goy

    Mathieu Goy, (12 avril 1792 - 1860), son père, Antoine Goy s’était établie à Saint-Nazaire au moment de la Révolution, où il acquis la métairie de La Vecquerie. Une légende voulait que les Goy soient originaires de Suisse, où l’on trouve effectivement une famille de ce nom au canton de Vaud, il n’en est rien, Antoine Goy était originaire de Saint-Romain, dans le Forest, comme son épouse, Claudine Monmartin, ils eurent plusieurs enfants, dont Claude,  menuisier dans la Grand’Rue de Saint-Nazaire, un autre fils qui partit aux Amériques, et que Mathieu suivit. Un temps capitaine au long cours, il revient à Saint-Nazaire s’établir commerçant, le 15 décembre 1830 il fut nommé, par le préfet, maire de Saint-Nazaire, en remplacement de Charles Blanchard, qui était trop impliqué dans le régime des Bourbon fraichement renversé par la révolution de juillet 1830, et qui, parce qu’il était président de la Commission sanitaire, faisait exécuter ses décision comme maire.  Charles Blanchard était de plus parents avec tous les notables en poste à la mairie et au port de Saint-Nazaire durant la Restauration, et la majorité de la bourgeoisie locale était pour les Bourbon et voyait d’un mauvais œil le duc d’Orléans devenu roi, ainsi que les gens qui pouvaient servir sa politique. Dans cette atmosphère de personnes pensant le pouvoir municipal comme un bien de famille, et  estimaient Louis-Philippe comme un usurpateur, les membres du Conseil protestèrent en adressant au préfet une lettre collective calomnieuse, affirmant  : « Monsieur Goy, habitant d’un autre monde depuis l’enfance, dès lors étranger à ce pays et à sa patrie pour laquelle il n’a jamais rien fait, ni comme homme public, ni comme homme privé, pas même satisfait aux lois sur le recrutement de terre et de mer… » (1)

     

    On reprochait surtout à Mathieu Goy de ne pas être parent de la bourgeoisie locale, (établie pour la plus grande partie depuis seulement une génération à Saint-Nazaire), et d’être ce pour quoi il avait été établi par le préfet : être un honnête commerçant qui n’avait été impliqué dans aucune affaire politique ! A son entrée en fonction le 21 décembre, les conseillers, sauf un, sortir tous de la salle en signe de protestation.

     

    Il démissionna le 6 octobre 1834, suite à un différant avec monsieur Aurin, l’ingénieur en charge de la construction du vieux-mole, dont le transport des pierres pour sa construction, depuis la carrière de Saint-Marc, dans des chars tirés par des bœufs, avait détruisait la chaussée (2).

     

    Mathieu Goy  était l'héritier de la métairie de La Vecquerie. Son père, Antoine Goy, l'avait acquise en 1804 suite à la liquidation de la succession de  Claude-Louis-Gabriel-Donatien marquis de Sesmaisons. Mathieu Goy vendit en 1854 la métairie de la Vecquerie à Alcide Bord, qui constitua ainsi le domaine de Porcé. Mathieu Goy conserva pour son usage la maison, qui fait l'angle de la rue de La Vecquerie et de la route de Saint Marc, qui était à la fois son logement et son commerce d'épicerie et de restauration.

     

    Il avait épousé Anne-Augustine Giraud des Vrillères, d’une vieille famille de juloded de Couëron, dont il eut :

    1° Ernest, mort  à 33ans en 1868, capitaine du navire «  Nouveau Monde » ;

    2° Francis, capitaine de navire, père d’une fille, madame Salle, née en 1877, qui fut la dernière représentante de sa famille.

    3° une fille ;

    4° Atys, courtier, consul du Honduras, conseiller municipal, (il provoqua la démission du maire Auguste Desanges le 18 mai 1884), chansonnier qui publia en 1869, chez l’éditeur nazairien Fronteau, « Hilariter. Les Chants de La Vécrie » un recueil de chanson à boire, il fut d’ailleurs le grand ami de Gustave Nadaud, chansonnier célèbre en son temps.

     

    La famille possédait plusieurs maisons dans le vieux Saint-Nazaire.

     

     

    (1)   Cf. Henri Moret.

    (2)  Le Conseil dans ses délibérations 6 novembre 1836 et 8 février 1837 déplorait ne pas avoir l’argent pour réparer la route.

  • Le groupe sculpté « L'épave »

    Sculpture en ronde bosse mesurant 230 x 180 x 140 cm, généralement dénommé « la statue de l'épave » par les Nazairiens, ce groupe sculpté est dû au ciseau d'Antoine Bourlange, (1872 – 1951), sculpteur plus proche des pompiers que des académiques, spécialisé dans les sujets macabres, les ornements de tombeaux, et les monuments aux morts à partir de 1918. Antoine Bourlange était entré à l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse à l'âge de seize ans, puis à l’École des beaux-arts de Paris, où il fut l'élève d'Alexandre Falguière et d'Antonin Mercié. Il participa plusieurs fois au « Salon des artistes français », en 1894, 1895, 1903, 1906 et 1907. Plusieurs éléments ont laissé croire que ce fut à la suite du Salon de 1895 que le groupe fut acquis par l'Etat, et confié à la ville, et qu’il aurait été confié vers 1898 à la ville de Saint-Nazaire. On en trouve en effet rien à son propos dans les archives municipales. L’incendie criminel qui visait à faire disparaître les malversations de la municipalité Gasnier en 1898 fut désigné comme la cause… Sauf qu’une note récemment émise par le Canp nous apprend que l’œuvre fut acquise par l’Etat au Salon de 1906. Fut-il confié en même temps que la statue du monument de 1870 en juillet 1909 ou avant ? Le Canp n’a pas su nous le dire, par plus que les archives municipales. Ce qui est certain, c'est que le groupe placé dans le Jardin des Plantes à son arrivée, déplut aux Nazairiens, et il fallut bientôt le déplacer suite à des plaintes ! 

     

     

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    La séance du Conseil du 9 avril 1924 nous relate les faits d'une façon savoureuse, monsieur Vivan Lacour était alors le maire[1] :

    1. Lamoureux : La statue L'Epave, qui est un beau travail, est vraiment mal placée. Pourquoi la relègue-t-on dans un coin du jardin, où personne n'a accès ? Je demande qu'on puisse en Faire le tour.
    2. le Maire : Cette statue était, autrefois, placée dans un autre endroit à la partie supérieure du jardin. Le sujet ayant été trouvé trop macabre, des réclamations ont surgi à la suite desquelles L'Epave a été transportée à son emplacement actuel. Nous ne pouvons, tout de même, pas envisager un nouveau déplacement. Il n'y aurait pas de raison d'en finir.
    3. Lamoureux : Je ne conteste pas que le sujet soit mal choisi pour une ville maritime comme la nôtre et peu fait pour provoquer la vocation de marin. 
    4. Lemouel : Le sujet est très bien, au contraire. S'il a été jugé indésirable, ce n'est que par des gens pudibonds à l'excès qui ont été choqué par le nu de certains personnages.
    5. le Maire : Les feuilles de lierre masqueront, bientôt, l'ensemble du groupe. Il n'y aura plus, par la suite, qu'à tailler, à même, pour laisser voir, seulement, ce que l'on voudra.

     

    [1] Délibérations du Conseil du 9 avril 1924, archives municipales. 

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    " L'Epave ", à son second emplacement, avec le lier...

     

     

    Les journaux locaux recevaient régulièrement des courriers à son sujet de la part de Nazairiens qui jugeaient déprimante l'oeuvre. Jacqueline Bruno, lassée des lettres qu'elle recevait à son propos écrivit dans Le Courrier de Saint-Nazaire du 18 juillet 1931 qu'on devrait la déplacer au cimetière. Quinze jours après, un groupe d'anciens combattants organisa une pétition pour que le groupe soit déplacer sur le boulevard, devant un ancien portail du parc qu'on avait condamné, afin d'en faire un monument commémoratif pour les disparus et tués en mer. Cela n'aboutie pas.

    En 1937, à force de courriers répétés à la Mairie, on relégua le groupe entre le Sauron et la pointe de la Villes-Martin, sous les arbres, dos au boulevard Albert 1er, tourné vers la rade. Durant les bombardements qui précédèrent l'attaque du commando britannique, l'homme debout fut décapité, on retrouva sa tête bien après la Libération au fond d'un puits, rue de Pornichet dans le jardin de Monsieur Léac. Monsieur Geffray, des services techniques de la Ville, se chargea de la lui remettre. Le groupe se trouva par la suite entouré des baraquements dressés pour reloger la population. En 1971 le groupe fut à nouveau déplacé, pour être installé au centre du rond-point du square du 19 mars 1962 nouvellement créé. Au mois de mai 2001, des vandales décapitèrent l'homme debout. Il fut décidé de « stocker » la sculpture sous l'auvent du Parc-Expo, à côté de l'Ecomusée, faute de savoir quoi en faire L’œuvre appartient à l’Etat, mais sa conservation, son entretien, sont aux frais de la Municipalité, tout comme son déplacement et sa restauration, qui ne peuvent se faire sans un accord préalable du Cnap.

  • Les armoiries de Saint-Nazaire

    On ignore quand exactement la municipalité de Saint-Nazaire a adopté ses armories. Elle n'en possédait pas durant l'Ancien Régime, seul le Prieuré fit enregistrer son écu à l'Armorial Général de 1696. Ce qui est certain, c'est que ses armories, typique du gout du 19e siècle, le furent adoptées avant le 1er juillet 1866, car elles figurent en quatrième de couverture (page numérotée 208) de la revue " Le Journal illustré " N°125 de la semaine du 1er au 8 juillet 1866.

    armoiries,saint-nazaire

    extrait de la revue « Le Journal illustré » N°123, de la semaine du 1er au 8 juillet 1866, coll. de l'auteur.

     

    Cette même revue l'employa à nouveau pour illustrer l'entête du N°159, de la semaine du 24 février au 3 mars 1867. L'écu reproduit par deux fois est bien celui de Saint-Nazaire, à quoique le graveur a fait erreur en figurant la nef contournée(1).

     

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    « Le Journal illustré » N°159, de la semaine du 24 février au 3 mars 1867, coll. de l'auteur.

     

    Le choix des éléments s'explique : Une nef voguant sur la mer, allusion à la position de la ville et à port, la clef réfère au surnom de la ville, " la Clef de la Loire ", surnom donné en raison du rôle de Saint-Nazaire qui protégeait l'estuaire, sous l'Ancien-régime l'usage voulait que les navires tirent une salve à blanc pour se signaler quand ils entraient dans l'estuaire, le poste de garde de Saint-Nazaire procédait ensuite à l'autorisation ou à l'interdiction de remonter vers Nantes, capitale du duché, et port d'importance, les pilotes de Saint-Nazaire prenaient la barre pour conduire les navires entre les bancs de sable du fleuve, Saint-Nazaire ouvrait et fermé l'estuaire, la devise, " Aperit et nemo claudit "(" Elle ouvre, et nul ne referme "), reprends en bas latin ce fait. Enfin, l'hermine est présente parce que Saint-Nazaire est ville du duché de Bretagne depuis le moyen-âge. 

     

    Les armoiries figurent aussi au-dessus des halles de Méan, construits en 1877 (2), on remarquera que l'écu est accompagné de la devise, (3).

     

     

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    Les armories de la ville de Saint-Nazaire sur la façade des halles de Penhoët,

    photo. L.O.M.

     

    Ces armes se blasonnent comme suit :

    D'azur à la nef équipée d'argent, navigant sur une mer du même, la voile chargée d'une clef de sable posée en fasce ; au chef d'argent chargé de cinq moucheture d'hermine de sable, brochées d'une clef d'or posée en face. L'écu timbré d'une couronne murale de quatre tours d'or, et soutenu par deux rameaux de trois branches de chêne d'or ployées vers l'écu, liée par un ruban d'argent, et retenant un listel aussi d'argent, chargé de la devise en lettres romaines de sable " Aperit et nemo claudit ".

     

     

    Le 9 mai 1881, durant les festivités de l’inauguration du bassin de Penhoët, en présence de Sadi-Carnot pas encore président, mais alors ministre des Travaux publics, on décora la ville et le port de panneaux armoriés aux armes des villes de Nantes et de Saint-Nazaire. Les peintres firent une erreur en peignant le champ de l'écu de gueules, (c'est-à-dire le fond en rouge au lieu de le faire bleu). Cela causa un fort émoi, au point que même le journaliste Louis de Kerjean, qui couvrait l'événement pour le compte de la " Revue de Bretagne et de Vendée ", mentionna l'incident : 

    " […] seul reproche qu'on ait pu faire aux organisateurs de cette fête remarquable, a été de s'être tellement attachés à l'exactitude extérieure qu'ils en ont oublié de veiller à leurs propres insignes. Nous ne pensons pas que ce soit par amour de Nantes que tous les cartouches aux armes de Saint-Nazaire aient été peints, ce jour-là, sur fond de gueules comme aux armes de Nantes. La galère de Saint-Nazaire doit être portée sur fond d'azur. "

     

     

    En 1891, dans l'opuscule intitulé " Nouvelle église de Saint-Nazaire ", édité pour l'inauguration de l'église paroissiale dans laquelle sont sculptées sur la voûte du cœur les armoiries de la ville, le blasonnement est décrit comme suit : " D'azur à la galère d'argent, la voile chargée d'une clef de sable, chef d'hermine chargé d'une clef d'or. Devise : Aperit et nemo claudit. " (elle ouvre, et nul ne referme).

    Cette description est erronée, il manque la mer, le navire est une nef, non une galère, (autrement il aurait eu des rames), et de plus le chef est chargé de cinq mouchetures d'hermine, non d'hermine, ce qui aurait voulu dire que le chef aurait été semé de mouchetures sans nombre. 

     

     

    En 1910, en prévision de la visite du président Armand Fallières qui devait avoir lieu le 16 septembre, le maire, Louis Brichaux, s'inquiéta de l'existence de représentations contradictoires des armoiries municipales. Il diligenta une enquête interne pour connaître le blasonnement initial, ainsi que l'origine de son adoption. On ne trouva rien aux archives municipales car celles-ci avaient en majorité brûlées durant un incendie criminel du 14 février 1895 qui avait pour but de faire disparaître les malversations de la municipalité Gasnier. On ne trouva rien non plus à la bibliothèque, ni à la Chambre de Commerce qui ne su expliquer l'origine d'un écu qu'elle employait elle aussi. On s'adressa auprès des archives nationales par l'entremise du Sous-préfet, au cas où elles y auraient été déposées officiellement. Le 9 avril le Sous-préfet écrivit au maire qu'il n'y avait aucune trace d'enregistrement, et le 27 mai, le maire demanda au Conseil le droit de procédé au dépôt auprès de la Chancellerie, " afin d'éviter dans l'avenir. toutes divergences et toutes fantaisies " Un document, aujourd'hui aux archives départementales de Loire-Atlantique, réalisé en 1910.

     

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    Document de 1910, figurant les armoiries de la ville, avec blasonnement erroné, A.D. 44.

    L'écu peint sur le document y figure une nef, non une galère, on a oublié le pavillon qui figure par usage héraldique au sommet du mât, le navire est voguant sur une mer d'azur alors qu'elle est normalement d'argent, le chef y est d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable, brochées d'une clef d'or posée en face, en fait le dessin reprend les armes des halles avec des erreurs, c'est de l'approximatif et de l'amateurisme typique. 

    Le blasonnement, (c'est à dire la phrase qui décrit en termes héraldique l'écu), quant à lui, a dû faire se retourner dans sa tombe Pierre Choque, le héraut d'armes d'Anne de Bretagne dans sa tombe, car il ne correspond pas au dessin, et qui pire, comporte des erreurs héraldiques : " D'azur à la galère d'argent portant une clef de sable sur la voile au chef d'hermine cousu d'une clef en bande. Devise Aperit et nemo claudit " !

    Or, le problème, est qu'en héraldique, ce qui compte, c'est le blasonnement, c'est à dire la description des armoiries. Un armoriste, (ainsi ce nomme celui qui dessine des armoiries), peut dessiner de plusieurs façons un écu en suivant son style personnel ou celui demandé par son client, et en le réalisant toujours juste, mais un blasonnement établit par un héraldiste, (ainsi ce nomme le théoricien de l’héraldique), n'a pas de variation possible (sauf sur quelques termes qui ne nous concernent pas ici). C'est donc la phrase qui décrit en termes héraldiques qu'il faut enregistrer durant les délibérations municipales, et non le dessin en lui-même qui n'est que l'interprétation du blasonnement.

     

    Les nombreuses erreurs faites dans le document de 1910 ne furent pas relevées, attendu que personne n'était versé dans l'art héraldique à l'Hôtel de ville.

    La Chancellerie ne reçut jamais le document. En effet durant le conseil du 28 novembre 1910, on réalisa que faire estampiller le document ne servait à rien : " Messieurs : Vous nous aviez autorisé, le 27 mai 1910, à effectuer, à la Chancellerie, le dépôt d'un modèle officiel, avec légende, des Armes de nôtre Ville. Ce modèle était, d'ailleurs, conforme à celui de la Chambre de Commerce. La Chancellerie nous fait savoir, à la date du l0 septembre dernier, qu'une dépense de 400 francs incomberait à la Ville, si nous persistons à demander l'estampille officielle. Cette estampille n'enlevant pas aux Conseils municipaux successifs le droit de modifier les Armes, nous croyons qu'il est inutile, pour l'obtenir, de sacrifier un crédit de 400 francs. Nous estimons qu'il est tout aussi simple de conserver le modèle et la légende que vous avez adoptés. Nous les déposerons dans nos Archives municipales et en ferons usage, le cas échéant. "

    En fait la Chancellerie n'avait pas rôle à enregistrer les armoiries. Son action aurait été de donner un caractère officiel supplémentaire au document. Celui-ci resta aux archives municipales. En fait, l'usage a valeur d'enregistrement, et que l'adoption en séance officielle a valeur juridique. Comme le mentionna le maire en novembre 1910, le Conseil municipal a pouvoir de modifier les armoiries, voir d'en adopter de nouvelle. 

    Soulignons au passage que les municipalités ne sont pas tenues de posséder des armories..

     

     

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    Les armes de la ville sur l'Usine Élévatoire, 1911, réalisée d'après le dessin de 1910,

    photo. L.O.M.

     

     

    armoiries,saint-nazaire

    Les armoiries de la ville sur la couverture de la revue "La semaine nazairienne", entre 1924 et 1925

     

    En 1925, Henri Moret publia le premier ouvrage sur l'histoire de Saint-Nazaire. Il y relate la séance du 27 mai 1910, et retranscrit le blasonnement erroné, en y ajoutant une erreur, dans son texte, l'azur y est dit de gueules (4), alors que le dessin d'illustration d'Alexandre Auffray figure cependant le champ d'azur, mais avec un chef d'hermine...

     Au demeurant, contrairement à ce qui est écrit dans l'article de Wikipedia concernant les armoiries de la ville, Henry Moret ne parle pas dans son ouvrage de l'erreur commise à l'occasion l'inauguration de 1881.

     

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    Illustration d'Alexandre Auffray pour l'ouvrage d'Henri Moret, 1925.

     

    Durant l'empochage de Saint-Nazaire, la Chambre de commerce fut contrainte d'éditer des timbres afin de palier à pénurie de timbres postaux, sur autorisation du préfet du 30 mars 1945, le graveur s'inspira de la description des armes de la ville en figurant une galère, équipée de ses rames, et à la voile chargée d'une clef, voguant (5).

     

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    Timbres émis le 30 mars 1945 par la Chambre de commerce de Saint-Nazaire

    durant la poche de Saint-Nazaire, coll. de l'auteur.

     

    Il fallut attendre l'année 1952 pour que les armoiries de la ville soient enfin enregistrées avec plus d'exactitude par le Conseil.

     

    La Ville de Saint-Nazaire ayant été faite chevalier de La Légion d'Honneur, et s'étant vue l'attribution de la Croix de guerre avec palmes 28 février 1949, par le président Vincent Auriol, on décida de faire figurer ces décorations sur les armoiries municipales. On s'adressa enfin à un véritable héraldiste afin de remédier à l'imbroglio qui perdurait depuis quarante ans, Rober Louis, qui rendit la description suivante :

    " D'azur à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur une mer du même mouvant de la pointe, la voile chargée d'une clef de sable posée de fasce ; au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable et d'une clef d'or brochant en fasce sur les mouchetures, le panneton à senestre vers la pointe et découpé en croix. L'écu timbré d'une couronne murale de trois tours d'or, et soutenu par deux palmes d'or ployées vers l'écu, et retenant un listel parcheminé chargé de la devise en lettres romaines de sable " Aperit et nemo claudit ", les décorations de la légion d'honneur à dextre et de la croix de guerre 1939-45 avec palme à sénestre, au naturel, appendues à la pointe de l'écu, les rubans brochant sur les palmes, et passant sous le listel. "

     

    Le Conseil adopta officiellement ces armoiries durant la séance du 13 décembre 1952.

     

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    Armoiries de la Ville de Saint-Nazaire dessinée en 1959 par Annick Baudry-Souriau (5)

    et publiées dans " Histoire de Saint-Nazaire " de Fernand Guériff, (tome I, 1960).

     

     

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    Peinture de R. Geffray, 1971, illustration pour le magasine municipal " Activités nazairiennes "

     

     

     

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    La nef de Saint-Nazaire figure encore sur plusieurs bâtiments, comme à Saint-Marc, sur le théâtre Jean Bart, ou encore de façon inspirée sur la grille du théâtre Icare, anciens bains municipaux, dans le centre-ville. Un particulier, dans l'ouest de la ville, fit réaliser dans les années 1960, un balcon en fer forgé pour sa maison, avec l'écu municipal.

    Il existe aussi une tapisserie des réalisée après 1952, dans le bureau du maire.

     

    Façade du théâtre Jean Bart de Saint-Marc, photo L.P.

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     Grilles du théâtre Icare, photo L.O.M.

     

     

    La municipalité Batteux préfère utiliser un logo (très 90') en deux teintes de bleu, figurant un " SN " sur un drapeau flottant brochant un autre.

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    Logo municipalité Batteux

     

     

     

     

    A la demande du CREDIB, dont Jakez Lhéritier, Romuald Renaud a créé un drapeau, reprenant la tradition et les usages du Duché de Bretagne, et en y incorporant au premier quartier, une partie des armes municipales, en supprimant le chef, et en changeant la clef de sable de la voile, pour la clef d'or du chef, plus visible sur un drapeau.

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    Drapeau de Saint-nazaire, création de monsieur Jakez Lhéritier.

     

     

     

     

    (1) C'est-à-dire dans le sens contraire de la figuration normal en héraldique.

    (2) Elles était à l'origine dans le centre-ville, rue du Bois-Savary, on les déplaça suite à la construction de plus grandes, en béton, avec une salle des fêtes à l'étage, en 1937.

    (3) C'est la première mention qui nous en est pour l'heure connue. Les latinistes, dont Henti Moret, soulignent une faute, elle devrait être : " Aperist et neque claudit ", ou " Aperist et nec quisquam claudit ".

    (4) Fernand Gueriff, dans son livre sur l'histoire de Saint-Nazaire en 1960, reprend la citation d'Henri Moret, il n'avait donc pas consulté les archives départementales.

    (5) Monsieur Daniel Sicard, directeur de l'Ecomusée, dans son ouvrage " La Poche de Saint-Nazaire ", Editions Siloe, 2005, n'a malheureusement pas saisi les raisons du choix de cette galère, qu'il qualifie de " drakkar ".

    (6) Madame Annick Souriau, (Toulouse 1907 – Nantes 1975), parente de l'archiviste nantais Émile Gabory, elle fit des études à l’école des Beaux-arts, elle entra en 1928 à la Société archéologique et historique de Nantes, dont elle fut rapidement secrétaire adjointe puis secrétaire générale, après la Libération elle devient membre de la commission urbaine d'héraldique départementale, (les fonctions de cette commission étaient purement consultatives comme l'est actuellement celle qui siège à Paris), dont elle fut littéralement l'âme. Mariée en 1939 à Gustave-Paul Baudry, elle eut une fille, qui légat les archives manuscrites de sa mère à la Société archéologique et historique de Nantes, (Fonds A. Baudry-Souriau (157 J 41-81)).

  • 25 mai 1740, la vicomtesse de Saint-Nazaire et le droit maritime

    Nous portons à la connaissance du lecteur ce document imprimé, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Nationale de France, publie officiellement une décision de justice concernant les droits maritimes des vicomtes de Saint-Nazaire. Les Conseillers généraux des Droits Maritimes, décidèrent, suite à l'étude des lettres définissant les droits et privilèges des vicomtes de Saint-Nazaire sur les côtes et rives de leur domaine, de rendre un jugement définissant avec exactitudes les droits de Perrine de Carné, vicomtesse de Saint-Nazaire, baronne de Marcein, épouse de Joseph du Boisbaudry, chevalier, comte de Langan. On y apprend entre autres choses, le détail de pièces manuscrites aujourd'hui détruites, concernant les droits d'ancrage, de pêches, de récolte du varech, de bris, etc.

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    Crédit photo. Gallica.BNF.fr

  • Saint-Nazaire cité briéronne, première partie.

    8 aout 1461, ordonnance de François II sur l'entretien et la propriété de la Grande Brière

     

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    Sceau de Pierre II en 1454, d'après Don Morice.

    coll. comte Jehan-Richard d'A. de P.

     

    La paroisse de Saint-Nazaire est bordée au nord par les marais de la Grande Brière, la prairie inondable de Prézégat, à coté de la gare, en est encore témoin vivant. Ces marais ont été depuis des temps anciens drainés de canaux afin de les rendre exploitables et de pouvoir créer des prairies en leurs bordures. Un lac de rétention, situé dans la paroisse de Montoire, débordait régulièrement, les prairies se trouvèrent inondées et les chemins anéantis en raison de l'absence d'entretien des canaux et des fossés d'écoulements durant les guerres de succession. Les habitants des paroisses voisines, et le vicomte de Saint-Nazaire, Charles de Couëme, s'en plaignirent au duc. François II manda le sénéchal de Guérande de veiller à ce que l'on mette fin aux désagréments (1) :

     

     François, par la grâce de Dieu, duc de Bretaigne, comte de Montfort, de Richemont, d'Estampes et de Vertus, à noz Sénéchal, alloué, et procureur de Guérrande, Salut : 

    De la part de notre bien-aimé cousin et féal le sieur de Cuné (2) et de Saint-Nazaire, nous a été en suppliant exposé qu'il y a certainne manière de lac en la paroisse de Montouer assez prez des pastures situées du coté devers la Brière en notre jurisdiction de Guerrande que par la grande submersion et abondance d'eaux, par défault d'avoir esté curé et tenu nest, ainsi qu'il avoit accoustume, les escours et esservouers anciens quy y souloint estre qui avoient leurs cours, essest, et agout en la mer, puis soixante ans derniers par défault de les nettoyer ont esté empeschez, et à l'occasion de ce, les prairies des environ dont partie sont le domaine du d. suppliant et autre partie de son fié proche et à autres plusieurs nobles de notre pays, sont du tout en tout amisez et réduiz comme à inutilité et non valeur.

    Et aveq ce par l'abondance desdites eaux, le chemin et voye par lesquelles le peuple de la d. paroisse de Montouer et des paroisses de Saint-Nazaire, Saint-André, Escoublac, et autres paroisses voisines souloint et avoient accoustumé aller à laditte Brière dont ils tiroient les mottes pour leur chauffaige et les foîns pour leurs bestes, sont tellement empeschez, que les gens du paîs ne y pouront aller à beufs ne charettes que paravant le souloin faire. Sans le moyen desquelles mottes et foings croissant en ladite Brière le peuple commun des d. paroisses ne se pouront bonnement passer, quelle chose estoit et est au grand préjudice et dommaige du dit suppliant et des dits nobles et sujets de nostre pays, de leurs hommes et de tout le peuple et commun des d. paroisses et des environ, et lesquelles eaux se peuvent bien et convenablement vuider et esseuer cy les dits curées, antiennes estoient nettes et ouvertes, quelles par ce moyen descendroint et auroint leur cheoist en la mer et seroint les chemins par lesquels on va à la dite Bryere tous assechez que les d. choses occupées viendroint à proffit et utilité, et que le peuple en tout temps pourront aller tous à sec et bien aisé à ladite Brière au grand bien et prouffit dud. supliant et autres nobles et sujets de nous-mêmes qui en auroient les rachaptz, et de tout le bien publique de notre dit Païs, nous suppliant sur ce pouvoir et donner nos provisions et convenable remède humblement de nous requérant ;

    Pour ce est-il que nous, les dites choses considerrees voulans le bien et utilité de nos dits féaulx et subjets et du bien publique estre fixamant garder, augmenter, nous mandons et commandons en commettant, se mestier est, ou à deux de vous, vous transporter sur les dits lieux, et appelez en notre compaignie des nobles et autres gens notables des dites paroisses qui peuvent avoir interestz en cette matiere, vous informer, dit donné entendre dessurdit et autrement, bien aplain des dites choses nécessaires à faire en la matière dessurdite pour le bien de nos dits subjets, et aussi de la finance qui sera requise pour y employer ; et ce que par ceux quy y aurez appellez cu la maire et plusieurs parties d'eux trouverez estre convenable et profitable à faire pour l'ustilité de nos dits subjets défaïtes et faïtes faire et réaument exécuter, et la finance que trouverez estre nécessaire pour l'accomplissement de ce que sera ainsy faicte lever réaumant et de fait sur ceux quy y pouront avoir profict au plus utile et moins endommagens que estre pourra par l'aviseman des dessurdits ou la plus saine, partye d'iceux.

    De ce faire duman, nous avons donné et donnons plain pouvoir, authorité, commission de par nous, mandons et commandons à tous nos féaulx et sujets en ce faisant vous obéir et diligemment entendre.

    Donné en nostre ville de Nantes le huict jour d'Aoust l'an mil quatre cens soixante ung.

     

    Et plus bas : est escript par le duc en son Conseil, Raboceau.

     

    Scellé de cire rouge et lacs jaunes.

     

    Collationné par nous Notaires royaux à Nantes soucynez et l'auctantique et présent escryt sur vellen nous aparu.

    Rendu ce six de Mai mil six cent cinquante six.

    Signés sur la minute Jucas, Notaire Royal, et Lesbaupin, aussi Notaire Royal.

    Le mot essevouers retouché approuvé.

     

    Ce texte est fondateur pour les paroisses de grande Brière, car il reconnaît à celles-ci la pleine jouissance des marais, et servira à toutes leurs revendications.

     

     

    (1) Le document original a disparu, mais les archives départementales de Loire-Atlantique conservent une retranscription, certifiée copie authentique en date du 6 Mai 1656 ; A.D.44, B 123.

    (2) Lisez : Couëme. C'est donc François de Couësme, baron de Lucé, vicomte de Saint-Nazaire, né en 1424, décédé entre 1488 et 1491.

  • Notes sur la famille Dufrexou

    Dufrexou alias du Frexou

    Familles de la bourgeoisie de Saint-Nazaire.

     

    I° Jan Dufrexou, mort le 23 janvier 1729 à Saint-Nazaire, maître chirurgien, marié le 1er septembre 1729 à Saint-Nazaire avec Julienne Flachot, (Saint-Nazaire 25 aout 1665 – Saint-Nazaire 3 juin 1741), fille de Jacques Flachot, maître chirurgien, et de Françoise Terrier, d'où 15 enfants, dont :

    1° Julienne Dufrexou, (30 aout 1688 – 25 juillet 1747), mariée le 22 juillet 1714 à Saint-Nazaire avec René Langevin, sieur de Langle, né le 14 septembre 1685 à Saint-André-des-Eaux), avocat à la Cour, d'où postérité (voyez généalogie Langevin) ;

    2° Jan, qui suit.

    II° Jan Dufrexou, sieur de La Maillardière, (1695-1761), maître chirurgien, époux d'Elisabeth Rolland, d'où :

    1° Jean-Pierre, sieur de La Maillardière, (Saint-Nazaire 4 septembre 1749 - Saint-Nazaire 30 juillet 1806), avocat, il remplissait souvent dans ses fonctions le sénéchal de Saint-Nazaire, Chaillon, (qui résidait à Nantes), fut élu délégué pour l'assemblée générale de 1789 tenue à Guérande, devint secrétaire du Comité de permanence en août 1789 pour son recteur Sébastien Bureau de La Bessardière, il fut le premier maire de Saint-Nazaire, élu le 3 février 1790, le 25 mai suivant il fut élu membre de l'administration du département, il donna alors sa démission et fut remplacer par Sébastien Bureau de La Bessardière, en 1791 il fut élu député de la Loire-Inférieure à l'Assemblée législative ou il fut suppléant du comité de Marine, et fut remplacé à l'administration centrale du département par son frère, l'Almanach critique, de 1792 le décrit comme un "législateur ennuyeux”, il retourna à Saint-Nazaire en décembre 1792 où il fut réélu maire, fonction qu'il occupa jusqu'en décembre 1794. Le 23 décembre 1793 il eut à ravitailler, sur ordre de réquisition du général Marceau, en pain et en eau de vie, l'armée révolutionnaire qui campait dans la plaine de Montoire dans l'attente d'affronter l'Armée Catholique et Royale à Savenay. Ravitaillement qu'il ne pu accomplir que partiellement pour le pain, et aucunement pour l'alcool, faute de vivres. Nommé président du tribunal de première instance de Savenay en 1800, il légat à la ville sa maison de la rue du Port, qui en fit un hospice, puis mairie de 1836 à 1855.

    2° René-Jean-Baptiste, né en 1750, maître chirurgien, remplaça son frère à l'administration centrale du département en 1791, et en fut élu président, il se distingua par son ardeur révolutionnaire, surtout contre les prêtres insermentés.

     

  • René Guillouzo

     

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    René Guillouzo fut maire de Saint-Nazaire durant vingt-deux ans, durant la période qui vit la réalisation du port et le développement de la ville. Cependant il a été mis au purgatoire de l'histoire communale, même si une petite rue près du cimetière de Toutes-Aides perpétue son souvenir. Pourquoi ? En raison de son bonapartisme.  

     

    René Guilouzo, dessin de Maurice Riquez.

     

     

     

    René Guilouzo fut l’élu de l’Empire, enthousiasmé par la politique de développement et d’industrialisation de Napoléon III, période faste pour la France, mais qui se termina dans un vaudeville qui tourna au drame à Sedan. 

     

    Né à Guérande le 1er juillet 1816, fils d’un horloger, il fut médecin, et il s’établit en mai 1848 à Saint-Nazaire, où, suite à la purge organisée par la loi du 3 juillet 1848, il se trouva membre du Conseil municipale le 3 octobre, et y fut élu maire le 16, poste dont il fut investi le 12 novembre. Cette élection souleva une protestation : « Ce jeune homme habitant Saint-Nazaire depuis cinq mois, ancien séminariste, protégé du curé et du vicaire qui ont fait son élection à la grande indignation des habitants (1) ». 

     

    Avec ses adjoints, le nouveau maire du faire face au développement soudain de la cité, tant sur le point de vu urbain, industriel, et humain, la ville passa en vingt ans de 2000 à 14000 habitants.

     

    Dans cette poussée chaotique, qui dépassa souvent les capacités des élus municipaux, les problèmes d’hygiènes et de santé furent nombreux, l’ingénieur Leferme, qui avait en charge la réalisation du port, et avait dessiné les plans de la nouvelle ville, n’avait pas prévu les structures nécessaires liées à l’eau(2), aux égouts, ou aux structures de santé, ni même celle de l'administration, car ce n’était pas dans ses attributions. La municipalité était responsable de l'évolution et du développement urbain, elle géra très mal le dossier, rien ne fut pensé et entrepris correctement, les actions se faisaient au cas par cas, non sur la longueur, et les spéculations immobilières, n’arrangèrent rien, le prix des terrains augmentait de jour en jour, les grands propriétaires, comme la famille de  Girard de La Cantrie, qui fit pression pour que l’on ne fit pas trop de places ou de rues larges, afin de pouvoir lotir le plus possible, la Société Salamenca, propriété de l’ingénieur Chatelus et du marquis de Salamenca, banquier madrilène, proposait à la vente ses terrains qu’il savait le tracé des nouvelles voix, à des prix exorbitants (3), ou encore les actions désastreuses d’Alphonse-Nicolas Cézard qui finir en scandales financiers après avoir grugé le Conseil, et pire, les conditions de vie et de travail des ouvriers, entassés dans des bidons villes de cases en planches. Saint-Nazaire avec ses immeubles luxueux poussant comme des champignons, entre lesquels s’élevaient des masures, fut en mai 1858 qualifié par le Journal du Loiret de «  Petite  Californie bretonne », et Eugéne Fourcade, dans La Revue des deux-mondes, de septembre 1858 : fit la description suivante : «  Il faut aller à Saint-Nazaire pour avoir une idée de la façon incohérente et scandée dont s’élève une cité californienne, agglomérations d’émigrants grossissant à vue d’œil. Partout comme au hasard, s’élèvent des constructions de toutes sortes, depuis la maison parisienne à porte cochère gouvernée par un portier, jusqu’à la taverne de matelots… » ; en 1865  dans « Saint-Nazaire, son avenir », Henri Chevreau relatait: «  On cherche en vain des maisons confortables où l’on puisse établir des comptoirs, des bureaux, où les négociants puissent habiter avec leur familles. Des constructions importantes s’élèvent sur des terrains où doivent passer des avenues : les rues qui aboutissent aux quais sont mal pavées, mal macadamisées. La ville n’a pas de ressources ; elle a une mairie déjà insuffisante, une usine à gaz dont les rares réverbères éclairent à peine les quais et rues tant ils sont parcimonieusement espacés, un hôpital qui ne comporte qu’une salle unique de 14 à 15 lits, pas de halls, pas de tribunal de commerce, pas de marché, pas d’abattoirs, pas de savoirs publics, pas de bourse, pas de théâtre, pas de bibliothèque publique. Elle n’a même pas encore organisé un service d’eau : l’eau potable se vend dans les rues. »

     

    En dehors du port, créé par l'Etat, de l'instauration des lignes transatlantiques, la municipalité Guillouzo procéda à l'aménagement des voix publiques, la création du cimetière de La Briandais en 1854, (en remplacement de celui de La Poterie disparu dans la construction du premier bassin), à gérer l'ouverture de la ligne de chemin de fer 1857, (la construction de la gare fut achevée en 1866), procédé à l'installation du bureau de postes et télégraphes (23 août 1859), l'organisation des sapeurs-pompiers en compagnie (23 mai 1862), gérer l'annexion de Méan (détaché de Montoire par loi du 13 mars 1865), l'installation de la sous-préfecture en 1868. Elle du aussi faire face à la faillite des chantiers John Scott, qui entraîna la mise au chômage de plus de 2000 personnes, provocant la faillite de plusieurs commerçants, la ruine d’épargnants, la chute des loyers en quelques semaines en raison du départ de plus de 1000 familles. Certes on peut largement reprocher à René Guillouzo, pourtant médecin, de ne pas avoir su mettre en place la proposition du projet des ingénieurs Oppermann et Joret pour les eaux, adopté cependant en 1861 par le Conseil, qui ne sera jamais appliqué (4), alors que des épidémies de choléras touchèrent la ville dès août 1849, de ne pas avoir vu la situation réelle à bord de l' »Anne-Marie », navire qui apporta la fièvre jaune à Saint-Nazaire et qui coûta la vie à plusieurs centaines de personnes dans l'estuaire et la presqu’île (5), sa réaction molle face à l'épidémie, et les actions médiocres du Conseil, qui se contenta en 1849 de procédé à la création d’un atelier de charité, et de la transformation du lazaret de Penhoët en hôpital municipale avec 12 lits suite à l'épidémie de fièvre. On peut estimer que René Guillozo fut un piètre médecin, même en prenant compte des réalités de la médecine durant le Second Empire, il fut un parfait exemple de son époque, avec une réussite sociale rapide, un établissement assuré grâce au régime, malgré des capacités relativement médiocres au regard de celles qui lui étaient demandées pour gérer l'essor de Saint-Nazaire, mais il faut lui reconnaître qu'il fit de son mieux, avec les moyens à sa disposition, un Conseil municipal qui n'était pas plus capable, et probablement pas aussi volontaire que lui, mais surtout, il faut souligner qu'il fut parfaitement honnête, ne profitant pas de sa position d'élu pour s'enrichir, il n'en fut pas de même avec les maires qui lui succédèrent sous la Troisième République.

     

     

    Généalogie de René Guillouzo

     

    I° Mathurin Guillouzo, époux de Jeanne-Louise Texier, d'où :

    II° René-Marie Guillouzo, (Guérande 1er juillet 1816 – Saint-Nazaire 6 mai 1879),  maire de Saint-Nazaire  le 16 décembre 1848, (entré en fonctions le 12 novembre), jusqu'au 7 septembre 1870 ; maire de la construction et du développement portuaire de Saint-Nazaire, passée de 2000 à 14000 habitants, ainsi que le déplacement de la sous-préfecture située à Savenay, à de Saint-Nazaire en 1868, l'établissement de la ligne transatlantique vers les Antilles ; son appartenance au Parti bonapartiste, le mis au purgatoire de l'histoire communale, même si une petite rue près du cimetière de Toutes-Aides perpétue son souvenir. Docteur en médecine, à l'époque ou la ville n'en comptait que deux, il du faire face, avec les docteurs Benoist et Gestin Robert-Héristel, à la la terrible épidémie de fièvre jaune de 1861 qui fit plusieurs morts dans estuaire, dont le docteur Alphonse Chaillon, médecin de Montoire, il œuvra entre autres, pour la création d'un hôpital à Saint-Nazaire, et pour la salubrité de la ville et du port ; chevalier de la Légion d'Honneur ; époux d'Angèle Tartoué, décédée à Saint-Nazaire le 28 décembre 1856, fille d'Yves-Honoré Tartoué, capitaine au long cours, et de Marie-Josèphe Bernard, d'où :

    1° Pauline-Emilie-Angèle, née à Saint-Nazaire le 28 mars 1852, épouse d'Emile-Désiré Lecorre ;

    2° Angèle-Marie-Alphonsine, née le 11 décembre 1856, mariée le 15 novembre 1881 à Saint-Nazaire avec Emile-Charles-Pierre Malmanche ;

    3° Armand, courtier maritime, marié, il eut au moins une fille.

     

     

     

    (1) Fernand Gueriff, « Histoire de Saint-Nazaire », tome II, note en bas de la page 17.

    (2) Le problème perdurera jusqu’à la reconduction.

    (3) Au prix de 2fr. le m² en 1847 monté à 50fr. en 1857, 100fr. sur la rue Villes-Martin, et les quais ; les dunes valaient 0,60fr. l’are en 1866 à 130fr. le m² !

    (4) il fallut attendre vingt ans avant qu'on agisse, et d'autres maires y perdirent à cause de cela leur siège

    (5) Lisez à ce sujet « Relation de la fièvre jaune: survenue a Saint-Nazaire en 1861, lue à l'Académie Impériale de Médecine dans les séances des 7, 14, 21 et 28 avril 1863, suivie d'une réponse aux discours prononcés dans le cours de la discussion et de la loi anglaise sur les quarantaines », du Docteur Melier.

     

  • Jehan d'Ust, sauveur de Saint-Nazaire

    Octobre 1379, les Espagnols attaquent Saint-Nazaire

     

    En 1379 (1), peu après le siège de Guérande par Olivier Clisson (2) que la garnison guérandaise mit en fuite et poursuivit jusque dans ses terres de Blain, la flotte espagnole tenta une entrée dans l'estuaire de la Loire et attaqua Saint-Nazaire. L'histoire nous est rapporté par maitre Guillaume de Saint-André (3), ambassadeur et secrétaire du duc Jean IV dans un long texte rimé (4). La flotte espagnole croisait au large de la presqu'île, elle devait initialement porter aide au connétable de Clisson qui voulait se rendre maître de Guérande, mais le siège de Guérande fut très vite levé. Ayant abordé au Croisic, la flotte espérait toucher terre en prenant la ville de Saint-Nazaire, et contrôler l'entrée de la Loire. Or à cette époque Saint-Nazaire était une cité fortifiée, dotée d'une puissante artillerie, et siège d'une importante garnison commandée par le capitaine des gardes-côte de la paroisse, Jehan d'Ust. Le capitaine et ses hommes défendirent la cité dominée par un castel au sommet duquel flottait la bannière ducale. Devant la résistance de la garnison et des habitants, l'amiral envoya un écuyer auprès de Jehan d'Ust afin de négocier, et lui proposa d'envoyer un représentant auprès de l'amiral. Le capitaine envoya son lieutenant Jehan de Heinlex (5) négocier auprès de l'amiral. L'écuyer espagnol avait charge d'observer la place, Jehan d'Ust le savait, mais comme il ne craignait rien, il renvoya très courtoisement l'otage au retour de Heinlex, qui n'avait rien conclu de son côté. L'écuyer espagnol retourna faire son rapport, qui fit perdre l'envie à l'Amiral d'attaquer Saint-Nazaire, en effet les Espagnols étaient affamés, et se trouvaient face aux Bretons retrancher dans leur ville pleine de vives. L'amiral espagnol envoya deux galères (6) remonter la Loire jusqu'à Nantes, devant laquelle elles pavoisèrent avant de redescendre dans l'estuaire. Il chercha à poser pied à la pointe de Chemoulin où ils furent repoussés par Guillaume du Chastel et ses archers, il tenta un autre débarquement dans la presqu'île de Rhuys, mais Jehan de Malestroit et ses lanciers le mirent en fuite (7).

     

    Sans titre-1.jpgJehan d'Ust était le fils du chevalier Olivier d'Ust, seigneur de la châtellenie d'Ust, une seigneurie dépendant en partie de la paroisse de Saint-Nazaire, et pour l'essentiel de la paroisse de Saint-André-des-Eaux. En 1369 il suivit Bertrand du Guesclin en Espagne, et prit part à la bataille de Montiel. Il fut nommé capitaine des gardes-côtes de Saint-Nazaire en 1371. En 1372, il se mit à la tête des paysans de Cornouailles, pour courir sus aux Anglais, que le duc avait mis en garnison dans la plupart des places du duché. Retourné Saint-Nazaire, il défendit la ville en 1379. Seigneur de la châtellenie d'Ust, rendit aveu au duc pour celle-ci en 1380. Le duc Jean IV en fit son chambellan. Il décéda en 1421, laissant un fils prénommé comme lui. 

    Les armes de la famille d'Ust sont : D'argent frété de sable. Cimier : Une tête de chien colletée. Lambrequins d'argent et de sable.

     

    Sceau de Jehan d'Ust en 1392, d'après Don Morice (l'azurage y est faux car figuré de gueules)

     

     

    Le 9 mai 1881, durant les festivités de l’inauguration du bassin de Penhoët, une grande reconstitution historique de l’attaque espagnole fut donnée  en présence du président Sadi-Carnot (8).

     

    L'avenue de la République porta jusqu'en 1953 le nom de ce capitaine (9) qu'on avait voulu honorer au 19e siècle, et l'on vous indiquera aussi un quartier, limitrophe de la commune de Saint-André-des-Eaux, du nom d'Ust, où se trouvait son domaine (voyez notre article sur la seigneurie d'Ust). Il existe aussi une rue Clos d'Ust, c'est le nom d'un fief enclavé en Saint-Nazaire, qui dépendait de la seigneurie de Saint-André-des-Eaux, et qui en fut séparé lors de la vente de la seigneurie de Saint-André par Gabriel de Goulaine à René de Kerpoisson en 1634.

     

    «  Jehan d'Ust » fut aussi le pseudonyme de  l'avocat nazairien François-Marie-Edmond Clavier,  quand il signait durant l'année 1891, les articles de tête du journal royaliste locale « Le Courrier de Saint-Nazaire », en 1891.

     

     

     

    (1) Henri Moret dans son Histoire de la ville de Saint-Nazaire date l'événement de juin 1380, mais il se trompe, c'est bien en l'an 1379, quelques jours après la levée du siège de Guérande.

    (2) Olivier V de Clisson, (1336-1407), comte de Porhoët, baron de Pontchâteau, d'abord ennemi des Valois ayant fait exécuter son père, il se retourne contre son suzerain le duc Jean IV, alors allié aux Anglais, pour se mettre au service des rois de France Charles V puis Charles VI, qui le fit connétable de France, avant de se réconcilier avec Jean IV et devenir tuteur du fils et successeur de celui-ci, Jean V. Sa cruauté au combat lui vaut d'être surnommé « le Boucher ». 

    (3) Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 1708, p. 747 à 749.

    (4) Voyez les preuves de l'Histoire de Bretagne de Don Lobineau (734-740) ; et le supplément à la Chronique de Du Gueselin, par Cuvelier, aux Documents inédits sur l'Histoire de France (II, 324-345) ; Les deux textes ne diffèrent que par l'orthographe.

    (5) (Le texte le nomme Jehan de Henlée) Jehan de Heinlex, lieutenant de Jehan d'Ust, était le plus jeune fils de Bonabes de Rochefort, seigneur de Heinlex, époux de Marie d'Ancenis, dont nous avons parlé dans l'article sur la seigneurie de Heinlex. Jehan de Heinlex reçut une part de la seigneurie de Heinlex pour héritage, cette partie de la seigneurie pris par la suite le nom de Heinlex-Pommeraye. Il fit montre de noblesse le 28 août 1421 parmi les quarante-six écuyers de l'hôtel et compagnie de monseigneur Richard de Bretagne, chevalier banneret. 

    (6) C'est le seul nombre qui nous est rapporté sur les navires de la flotte espagnole, le chiffre de 19 galères rapporté par Moret est totalement arbitraire, Moret confond l'attaque de Saint-Nazaire avec le séjour à La Rochelle en 1480 de la flotte espagnole financée par Charles V. 

    (7) Les chiffres donnés par Saint-André pour dénombrer les soldats ne sont pas ici reproduit, car, si nul ne doute de la vaillance et du courage des Bretons, les proportions entre les combattants semblent exagérées, tant pour les historiens bretons et français, que pour les historiens espagnols.

    (8) Lisez le descriptif par Louis de Kerjean, dans la « Revue de Bretagne et de Vendée » de 1881.

     (9) et malgré les protestations des habitants et de certains élus municipaux dont ceux du PCF...

  • Notes du la famille Duval

    La Famille Duval, et une famille bourgeoise de Bois établie à Nantes en 1848, puis à Saint-Nazaire vers 1866, avec Henri Duval, directeur du Gaz, et président de la chambre de commerce de Saint-Nazaire, (le troisième depuis la fondation de celle-ci). On baptisa en son honneur le vapeur Henri-Duval. Il fut propriétaire de Heinleix à la suite d'Alphonse Cézard, que ses fils vendirent au préfet Cassé-Barthe après la Premier-guerre mondiale. (Voyez les articles sur le château de Heinlex.)

     

    I° Denis-Charles Duval, propriétaire domicilié à Blois, époux de Marie-Geneviève-Adélaïde Jeannolle, d'où :

    II° Charles-Jules Duval, né à Rouen le 11 décembre 1811, directeur d'assurances à Nantes en 1848, publia des brochures sur l'« organisation du crédit » et sur l'« impôt unique », marié le 10 décembre 1832 à Blois, avec Louise-Adélaïde Pillotte, née le 8 juillet 1814, fille de Pierre-Louis Pillotte, et de Thérèse-Adélaïde Guéricault, d'où :

    III° Charles-Marie-Henry Duval, né à Blois le 27 juin 1834, décédé en 1905, entrepreneur nantais des usines à gaz des villes de Niort et de Saint-Nazaire, il devient directeur du Gaz de Saint-Nazaire, suite à la création de l'usine à gaz de Saint-Nazaire, suivant un traité passé le 15 mai 1861 entre le maire et lui, pour l'éclairage de la ville, (cette usine employa 6 personnes à ses débuts, elle située à l'emplacement du supermarché de l'avenue de la République, elle échappa aux bombardements et servit de repaire au milieux des ruines pour retracer la rue Jean d'Ust, actuelle avenue de la République, elle fut définitivement fermée et démantelée en 1961), président de la Chambre de commerce de Saint-Nazaire, chevalier de la Légion d'Honneur, il appuya auprès du Préfet la demande d'établissement de la garnison de gendarmes à Saint-Nazaire en 1886 en faisant jouer ses relations avec le Général Boulanger, dont il avait été le condisciple ; proche de Gasnier, le maire de Saint-Nazaire, marchand de bois, il se trouva nommé dans un article d'Aristide Briand publier le 28 janvier 1886 dans le journal nézairien La Démocratie de l'Ouest, il envoya ses témoins,  messieurs Mercier et Biarnais, à Aristide. Un duel à l'épée eut lieu le 31 janvier, durant lequel Briand, qui n'avait alors qu'une vague connaissance de l'escrime, fut légèrement touché. - Epoux de Justine-Elisabeth-Julie-Jeanne Fournier,  (1849-1878), d'où :

    1° Pierre-Henry-Raymond, né à Saint-Nazaire le 6 février 1868, il aurait été imprimeur éditeur à Saint-Nazaire, et aurait publié les premières oeuvres poétiques de Hippolyte-Marie-Alexandre Durand (voyez l'article sur cette famille) ;

    2° Jules-Marie-Emile, (Saint-Nazaire, 3 mars 1872 – Saint-Martin-Vésubie, 18 juillet 1935), compositeur de musique, homme de lettres, et industriel, marié le 5 février 1903 à Paris VIII, avec Marie-Elisabethj Lemonnier, (1873-1959), d'où :

    A° Denyse, (Nantes 10 juin 1907 – Bully 24 novembre 1973), suite à son adoption par Marcel Alfred Philippe à Nice le 23 juin 1960, son patronymique évolua en Duval-Philippe ; mariée le 16 avril 1927 à Nice, avec Jean-Pierre Favareille, (Paris VIII 14 février 1901 – Neuilly-sur-Seine 4 mai 1991), agent de change, graphologue.

     
  • Notes sur la famille Durand

    La famille Durand, est à l'origine une famille de laboureurs de Saint-Nazaire. L'un de ces membres devint pilote et engendra des élus municipaux, un célèbre médecin local, et un conseiller d'Etat.

     

    I° René Durand, époux de Marguerite Hervo, d'où :

    II° Pierre Durand, laboureur, marié : 1° le 22 septembre 1682 à Saint-Nazaire avec Jeanne Pichard, d'où 11 enfants ; 2° le 8 février 1707 à Saint-Nazaire avec Yvonne Bernier, d'où quatre enfants ; dont du second lit :

    III° Jean Durand, né à Saint-Nazaire le 21 avril 1711, matelot, maître pilote lamaneur, marié à Saint-Nazaire le 28 avril 1739 avec Françoise Rastel, d'où 11 enfants, dont :

    IV° Guillaume Durand,(Saint-Nazaire 10 février 1752 -  5 avril 1823 - Saint-Nazaire), soldat puis sergent canonnier des gardes-côtes, employé aux douanes maritimes, maire de Saint-Nazaire du 3 juillet 1811 au 24 août 1815, domicilié dans la Grande Rue ; marié : 1° le 9 juin 1769 à Jeanne Boullet, (1751-1770) ; 2° le 9 juin 1772 à Françoise Allançon, (Saint-Nazaire 5 avril 1754 – Saint-Nazaire 4 décembre 1777), sœur de Jean-François Allançon, maire de Saint-Nazaire,  ; 3° 3 mai 1784 avec Jeanne Birgand ; d'où du troisième lit :

    1° Jean-Baptiste, (Saint-Nazaire 27 janvier 1789 - 25 mai 1832 Saint-Nazaire), marin, puis géomètre, époux de Jeann-Marie Danto, d'où :

    1a° Célestine-Adelle, (Saint-Nazaire 13 avril 1816 -  29 avril 1816 - Saint-Nazaire) ;

    2° René, capitaine au long cours, lieutenant de Vaisseau, (Saint-Nazaire 2 octobre 1790 - 1832 Guérande) ;

    3° Jeanne, née à Saint-Nazaire le 11 octobre 1793 ;

    4° Zacarie, (Saint-Nazaire 17 octobre 1795 - 31 octobre 1795 Saint-Nazaire) ;

    5° Joseph-René, qui suit ;

    6° Auguste né à Saint-Nazaire le 8 avril 1799 ;

    7° Julie, (1800-1800) ;

    8° Marie-Céleste-Prudance (Saint-Nazaire 5 juillet 1802 - 29 novembre 1802 Saint-Nazaire) ;

    9° Catherine-Céleste, née à Saint-Nazaire le 31 décembre 1803 ; mariée à Saint-Nazaire le 17 février 1835, Saint-Nazaire avec René Auguste Loiseau, capitaine ;

    10° Auguste-Alexandre, (Saint-Nazaire le 24 février 1806 - 3 mai 1828 Saint-Nazaire), étudiant en chirurgie ;

    11° Julie-Joseph, (Saint-Nazaire 19 janvier 1808 - 18 mars 1808 Saint-Nazaire).

     

    V° Joseph-René Durand, capitaine au long cours, (Saint-Nazaire 20 novembre 1796 –  22 octobre 1828 Saint-Nazaire), commissaire municipal à la mairie de Saint-Nazaire du 3 juillet 1811 au 24 août 1815, il du signer le 24 octobre 1814 un serment de fidélité au Roi après l'abdication de Napoléon, afin de rester en poste ; marié le 28 septembre 1826, à Nantes avec Esther Brun, (veuve elle se remaria le 9 novembre 1835 avec Charles-Alexandre Blanchard, officier de santé, maire remplaçant en 1830), d'où :

    VI° Hippolyte-Joseph Durand, (Nantes 9 juillet 1827 – 17 juin 1892 Saint-Nazaire), diplômé docteur en médecine à Parios le 9 octobre 1860, médecin de la Santé, il se spécialisa dans la lutte contre le choléras, et obtint la médaille du Choléras en Meuse en 1854 ; en 1861, il fit le premier diagnostique de l''épidémie de fièvre jaune qui frappa Saint-Nazaire, un patient agité par la fièvre le frappa à l’œil par accident, il dut subir une énucléation, l'Empereur lui décerna une médaille d'honneur le 15 janvier 1862 ; il fut commissaire municipal à la mairie en 1870 et resta conseiller jusqu'en 1888 ; la Croix Rouge lui décerna sa Croix de bronze en 1871 en récompense de son dévouement ; il assura durant la seconde épidémie de fièvre jaune de 1881, le service durant 21 jours au lazaret de Mindin -  une rue porte aujourd'hui son nom ; marié le 4 février 1862 à Saint-Nazaire avec Marie-Aglaë Tahier, (1836-1919), fille de Jacques-François Tahier, capitaine au long cours, syndic des gens de mer à Saint-Nazaire, maitre de port, chevalier de la Légion d'Honneur, médaillé de Sainte-Hélène, et d'Eléonore-Aglaë Blanchard, (elle était la petite-nièce de Julien Tahier de Kervaret, maire de Saint-Nazaire de 1815 à 1823 et la nièce de Charles-Alexandre Blanchard second époux de sa mère, et donc sa cousine par alliance) ; d'où :

    1° Hippolyte-Marie-Alexandre (Durand-Tahier), (Saint-Nazaire 14 août 1863 – 7 février 1899 Paris), clerc de notaire, artiste peintre sous le pseudonyme de "Paul Froment", secrétaire général de la Société des Beaux-Arts, poète, journaliste ; marié Graville (commune du Havre) le 14 juin 1895 avec Elise-Juliette Cody,(Graville 6 mars 1870 - 5 avril 1956 Paris), fille de Pierre "Raymond" Cody, directeur des Forges et Chantiers de la Méditerranée, Chevalier de la Légion d'Honneur, et de Catherine-Elisa Mazeline, d'où:

    1° Françoise, (Paris 15 juin 1897 - 7 mai 1982 Paris), mariée à Paris le 12 octobre 1921 avec Pierre-Hippolyte Hillemand, (Paris 7 avril 1895 - 10 août 1979 Paris) , médecin des hôpitaux de Paris, d'où postérité ;

    2° Marie-Juliette-Hippolyte,  décédée au berceau le 31 juillet 1899 Graville

    2° Louisa-Marie-Aglaë, (Saint-Nazaire 19 janvier 1865 - Le Croisic 10 juin 1941) ; mariée le 9 juin 1884, au Croisic, avec René Eudel, négociant au Croisic, puis directeur de la Maison de Santé de la rue Blomet à Paris XV, d'où postérité ;

    3° Anna-Marie-Joséphine, (Saint-Nazaire 10 mars 1867 -  10 mai 1930 Nantes), mariée le 27 avril 1889 à Saint-Nazaire, avec Joseph-Léon-Paul Fraisse, (Nantes 5 mars 1864 – 2 novembre 1940 Sucé-sur-Erdre), négocient, d'où postérité ; 

    4° Amélie, (Saint-Nazaire 13 juillet 1869 – 5 décembre 1869 Saint-Nazaire) ;

    5° Charles, (Saint-Nazaire 25 mai 1873 - 15 janvier 1983 Saint-Nazaire), docteur en médecine, marié : 1° le 4 février 1902 à Saint-Nazaire, avec Amélie Louise Rivet, décédée en 1904 ; 2° le 5 mai 1910, à Paris V, avec Marie Louise Torsat, sans postérité, ils éduquèrent leur nièce Fernande Torsat, (1907-1982) ;

    6° Émile-Marie, Saint-Nazaire 14 mars 1875 - Clichy 29 janvier 1950 ), secrétaire particulier du sous-préfet de Reims en novembre 1899, chef de cabinet du préfet de 1900 à 1906 ;: secrétaire général de la Haute–Saône du 25 février 1906 au 1er juin 1906, puis de la Loire, de 1906 à 1913 ; chef adjoint au cabinet de Clemenceau  de 1906 à 1909, chef du cabinet Briand en 1910 ;  conseiller de préfecture de la Seine en 1911 ; chef du cabinet Briand en 1912 ; directeur de cabinet du personnel au ministère de l'Intérieur en 1913, rédacteur principal au ministère de l'Intérieur et directeur de la sûreté générale ;  nommé conseiller d'état en service ordinaire au tour extérieur le 6 septembre 1923 ; président de la 3ème sous-section du contentieux ; officier académique le 6 février 1903, chevalier du mérite agricole en mars 1905, commandeur de la Légion d'honneur le 22 mars 1917 ; marié à Paris le 22 mars 1917 avec  Jeanne Touron, (1873-1939), d'où :

    1° Marcelle, adoptée.

     

    La famille Durand à son caveau au cimetière de La Briandais, (B16).

  • Notes sur la famille van Bredenbeck de Chateaubriant

    van Bredenbeck de Chateaubriant : D'azur au cygne d'argent surmonté d'une étoile de même (cf. cachets). Devise : Stella fide adveniatn. 

     

    Famille bourgeoise originaire d'Utrecht, établie à la fin du 17e siècle à Saumur, où elle acquit la terre de Chateaubriant à Sainte-Gemmes-sur-Loire. Protestante à son arrivée, elle abjura à la révocation de l'Edit de Nantes.

     

    I° Gaspard van Bredenbeck de Chateaubriant né vers 1796, marié en 1819 avec marie-Estelle Pichard du Paty, née en 1800, fille d'Alexis Pichard du Paty, et de Geneviève de Boisfossé ; d'où  :

    1° Clothilde Ferdinande Louise Radegonde, épouse de Emile-Ferdinand  Loyen de Puigaudeau, (voyez article Loyen de Puigaudeau) ;

    2° Alphonse, qui suit :

    II° Alphonse van Brédenbeck de Châteaubriant, (1841-1914), artiste peintre, (cousin germain de Ferdinand Loyen du Puigaudeau, voyez l'article à ce nom), marié le 12 mars 1876 à Rennes, avec  Marie-Louise Arnaud, (1856-1883), d'où :

    1° Alphonse, qui suit ;

    2° Louise, née en 1879, épouse de Casimir Boutillier de Saint-André ;

    3° Guy, (1881-1967), marié le 20 mai 1913 avec Renée de Vuillefroy de Silly, (1884-1972).

    II° Alphonse van Bredenbeck de Châteaubriant, (Rennes 25 mars 1877 – Kitzbühel (Autriche) 2 mai 1951), quoiqu'il fit l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, il n'eut pas de carrière militaire, et devint  un grand écrivain de la littérature française, il fut notamment lauréat du prix Goncourt en 1912 pour son roman " Monsieur des Lourdines " (1),   et reçut en 1923 le Grand prix du roman de l'Académie française pour " La Brière " (2) ; servant comme ambulancier durant la Première-guerre-mondiale, il fut profondément  bouleversé par les combats, il devient alors convaincu de la nécessité d'une réconciliation de la France avec l'Allemagne afin d'éviter une nouvelle guerre. Mais au lieu de verser dans une idée de l'Europe des peuples, il tomba dans la germanophile. Catholique enflammé, sinon illuminé, et horrifié par le communisme athée, partisan de l'ordre, le national-socialisme devient pour lui un idéal politique. Son livre " La Réponse du Seigneur ", traduit son aveuglement devant Hitler, et sa croyance en un retour à l'esprit de la chevalerie, mêle de mystique catholique. A l'issue d'un voyage en Allemagne en 1937, il publie " La Gerbe des forces ", livre où il s'engage en faveur de l'idéologie hitlérienne, son aveuglement est telle qu'il croit voir une sorte de compatibilité entre le christianisme et le nazisme, (qui pourtant prônait le paganisme germanique), allant jusqu'à proclamer suite à l'entrevue que lui accorda le chef nazi le 13 août 1938, à Berchtesgaden, qu'Adolf Hitler était " un nouveau Messie " ! (Il n'a probablement jamais lu " Mein Kampf ".) Dès le début de l'Occupation il s'engagea dans la voie de la collaboration (voulue par Pétain), et créa le 11 juillet 1940 " La Gerbe ", un périodique qui sous des prétextes littéraires, enrôlant dans les colonnes, Paul Morand, Marcel Aymé, Abel Bonnard, Claude Farrère, Sacha Guitry, Jean de La Varende, Jean Giono, André (Storm-)Castelot (qui était aussi son secrétaire et dont la mère Gabrielle Storms-Castelot, était la maîtresse d'Alphonse !), mais encore sa cousine germaine la nazairienne Odet du Puygaudeau,  qui comme les autres réalisa bien vite que malheureusement la revue tournait à la propagande en faveur de l'Occupant, et de l'eugénisme ! Alphonse dirigea la revue jusqu'en mai 1941, aidé par Marc Augier, (qui entrera dans de la Waffen-SS),  puis il se perdit dans des soutiens anticommunistes tintés de pseudo catholicisme... Au moment de la débâcle  il se réfugia en Autriche, à Kitzbühel, où il vécu sous le pseudonyme de " Dr. Alfred Wolf ". jugé par contumace, il fut frappé d'indignité nationale, (il avait été fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1925), et condamné à mort le 25 octobre 1945, par la sixième section de la Cour de justice de La Seine. Un mandat d'arrêt, avec ordre de le conduire au fort de Charenton à Maisons-Alfort, fut lancé contre lui, afin d'y échapper, il se cacha dans un monastère où il mourut en 1951 après avoir publié une " Lettre à la chrétienté mourante " ; l'ensemble de son œuvre est tombée dans l'oubli et a subit la purge de l'après-guerre. Il avait épousé à Saint-Nazaire le 18 mai 1903, Marguente-Eugéme-Therèse Bachelot-Villeneuve, née à Saint-Nazaire le 4 août 1876, fille de Ernest-Charles-Amédée Bachelot-Villeneuve, docteur en médecine à Saint-Nazaire, et de Emilie-Rose Bachelot, Bachelot, dont il eut deux fils, (voyez l'article Bachelot-Villeneuve). Il vivait avec sa famille à Saint-Nazaire au 16 de la rue des Halles jusqu'à la guerre.

     

     

    (1) Adopté en 1942 par Pierre de Hérain, (dont la mère avait épousé en seconde noce le maréchal Pétain), sur dialogues de l'auteur, avec Jacques Castelot, fils de sa maîtresse, parmi les acteurs.
    (2) Ce roman fut l'un des plus forts tirages de l'entre-deux-guerres avec 600 000 exemplaires vendus. Il fut adapté en 1924 au cinéma par Léon Poirier.  (Il existe une édition sortie en 1940 illustrée par le nazairien et résistant R.Y. Creston.)
     
     
     
     
     
     
  • Notes sur la famille Loyen de Puigaudeau

    Loyen de Puigaudeau : Armes inconnues. 

    Olim Loyen ; devenue Loyen du Puisgaudeau à la veille de la Révolution.

    Famille bourgeoise originaire de Couëron.

     

    I° Emile-Ferdinand  Loyen de Puigaudeau, né en 1839, époux de Clotilde-Ferdinande-Louise-Radegonde van Bredembec de Chateaubrillant (soeur du père de l'écrivain), d'où :

    1° Ferdinand-Auguste-Marie, qui suit ;

    2° Louis Auguste Gaspard (1865-1865) ;

    3° André-Emmanuel-Marie, née en 1867 ;

    4° Emilie-Laurence-Louise, née en 1871.

    II° Ferdinand-Auguste-Marie Loyen du Puigaudeau, (Nantes 4 avril 1864 – Le Croisic 15 septembre 1930), artiste peintre, membre de l'école de Pont-Aven à partir de 1886, époux de Blanche-Henriette-Idalie Vandenbrouke, (1874-1948), fille d’Henri Vandenbrouke, architecte à Saint-Nazaire, d'abord établis rue de Pornichet à Saint-Nazaire, le couple s'établit définitivement en 1907 au Croisic au manoir de Kervaudu (que lui louait monsieur Le Breton des Fontenelles) : d’où :

    III° Odette-Jeanne-Marie-Gabriel Loyen du Puigaudeau, (Saint-Nazaire 20 juillet 1894 – Rabat 20 juillet 1991), fut l’une des premières femmes à s’embarquer sur des thoniers entre 1929 et 1931. Éconduite par le commandant Charcot qui refusait d'embarquer une femme dans une expédition au Groenland, elle découvre par la suite d’autres grands espaces avec le désert du Sahara. Son travail ethnographique est un hommage aux peuples du désert. Elle a décrit d’une façon remarquable la vie dans les îles bretonnes de l’entre-deux-guerres comme dans son livre Grandeur des îles. Fondatrice en août 1940 à Paris du Service féminin français. Embarqué dans le projet de la revue La Gerbe, fondée par son cousin germain l'écrivain Alphonse de Chateaubriant, elle s'éloigna rapidement de celui-ci en raison du pangermanisme dont il faisait preuve. Elle s'établit à Rabat en 1961, où elle réalisa pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, devint documentaliste au ministère de l'Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au Musée des antiquités de Rabat de 1970 à 1977. Elle eut pour compagne l'artiste peintre Marion Sénones, (1886-1977), qui partagea sa vie de 1932 jusqu'à son décès à Rabat en octobre 1977.

  • Notes sur la famille Bachelot-Villeneuve

    Bachelot-Villeneuve : D'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles rangée du même, et en pointe d'un croissant d'argent.

    Famille de la bourgeoisie originaire de Piriac-sur-Mer où elle possédait la terre de Villeneuve en 1745.

     

    I° Jean-Baptite Bachelot de Villeneuve, officier de Marine, propriétaire du domaine de Villeneuve à Piriac-sur-Mer, père de :

    II° Marie-Amédée Bachelot-Villeneuve, dit de Villeneuve-Bachelot, (Le Croisic 1807 - Saint-Nazaire 19 octobre 1866), receveur de l'Enregistrement des Domaines à Saint-Nazaire, en retraite en 1870, il fut nommé en raison de ses convictions républicaines, le 7 septembre 1870, par le préfet, commissaire à la commission d'administration provisoire qui remplaça le conseil municipal à la chute du Second-Empire, puis adjoint de la même commission le 5 octobre 1870, il fut élu adjoint au maire durant les nouvelles élections municipales tenues en mai-juin 1871, en mars 1874 il défendit face à l'administration le maire Alexandre-Marie Vezin, qui avait été promus par le gouvernement Thiers (républicain), et déposé par le gouvernement Mac-Mahon (royaliste) ; époux de Rose-Françoise Taupin, d'où :

    1° Ernest-Charles-Amédée, qui suit ;

    Alphonse-Gustave Bachelot, dit Bachelot-Villeneuve, déclaré à sa naissance à Pré-en-Pail (53), le 27 février 1845 sous le seul nom de Bachelot, il tenta de faire rectifier son état civil, de que le tribunal civil de Saint-Nazaire rejeta au motif que la terre de Villeneuve dont se titrait son père et ses ancêtres avant lui (depuis 1755) n'était pas une terre noble et que la volonté de l'auteur ancien n'était pas suffisamment établie, jugement fut confirmé par la cour d'appel le 29 août 1881 ;  avocat à Saint-Nazaire, puis à Lorient dont il fut adjoint au maire de 1878 à 1880, nommé procureur à Quimper le 20 août 1880, puis vice-président du tribunal de 1ère instance de Nantes,  chevalier de la Légion d'Honneur le 16 juillet 1912, marié le 30 janvier 1872 à Vannes avec Jeanne-Marie Bachelot, née le 15 septembre 1852 à Piriac, fille de Vincent-Marie Bachelot et de Marie-Caroline Krieger, d'où :

    a° Madeleine-Caroline-Rose, Madeleine-Caroline-Rose, (Saint-Nazaire 28 aout 1873 – Billiers 10 décembre 1945) ;

    b° Maurice-Amédée-Charles, né le 10 février 1878 à Lorient.

     

    III° Ernest-Charles-Amédée Bachelot-Villeneuve, (Pré-en-Pail le 6 juin 1840 Saint-Nazaire 25 janvier 1927), reçu docteur en médecine à Paris le 8 août 1866, docteur en médecine à Saint-Nazaire à partir de 1868, entra à l'hôpital en 1879 à la mort de René Guillouzo, et en devint médecin-chef en 1880 à la mort du docteur Benoist, il fut aussi médecin de la Santé ; marié à Vannes le 30 janvier 1872 avec Emilie-Rose Bachelot, Bachelot, née le 15 septembre 1852 à Piriac, fille de Vincent-Marie Bachelot et de Marie-Caroline Krieger, d'où :

    1° Rémond-Vincent-Amédé, (Saint-Nazaire 27 janvier 1873 – Saint-Nazaire 26 juillet 1873) ;

    Madeleine-Eugénie-Thérèse, née à Saint-Nazaire le 4 aout 1876, mariée en cette même ville le 18 mai 1903 avec Alphonse van Bredenbeck de Châteaubriant, écrivain lauréat du prix Goncourt en 1912, qui se compromit dans le nazisme.

     

    Ernest-Charles-Amédée Bachelot-Villeneuve fit l'objet d'un article sur sa famille par Louis de Giaffieri, intitulée " Destinée " et dédiée à la famille Bachelot-Villeneuve, dans " L'Avenir de Saint-Nazaire " du 6 août 1876.

     

    La famille Bachelot-Villeneuve était de confession protestante.

  • Alexandre Auffray, peintre nazairien

    L'ouvrage historique d'Henri Moret, sur la ville de Saint-Nazaire, édité en 1925, est illustré de dessin d'Alexandre Auffray. Mais qui était Alexandre Auffray ? 

     

    Eugéne-Alexandre Auffray est né à Saint-Nazaire le 14 mai 1869, dans une maison de la Grand'rue du vieux bourg de Saint-Nazaire. Son père Eugène Auffray, était pilote lamaneur, sa mère Philomène Barreau était femme au foyer. Les Auffray semblent originaires de Saint-Etienne-de-Montluc. Henri Moret nous apprend à son sujet qu'il aurait voulu être marin, mais que sa famille s'y opposa, et le poussa à entrer aux Chantiers et Ateliers de Penhoët, où il fut successivement ajusteur mécanicien et dessinateur. A l'age de 24 ans il abandonna son travail et parti pour Paris, où il fut reçu élève à l'Ecole Nationale des Beaux Arts, la municipalité de Saint-Nazaire lui accorda une bouse le 27 décembre 1896. Il y fut l'élève de Léon Bonnat, Jean-Paul Laurens et Benjamin-Constant, 

    Peintre de genre à ses débuts, il exposa deux toiles au Salon des Indépendant à Paris en 1920. Puis il devint peintre à fresque. L'Etat Argentin lui passa une commande officielle pour la décoration de la Banco de la Nación Argentina, il résida deux ans à Buenos Aire et à Mendoza, travaillant aussi pour des particuliers. A son retour en France, il faut employé par différents collectionneurs désireux de décorer leurs appartements ou leurs demeures. Il expose au Salon d'automne en 1928 et au Salon des Tuileries des natures mortes et des vues de Cahors. Pour l'Exposition universelle de 1937 il réalisa une décoration pour le Palais des Métiers. Il fut membre du Groupe Artistique de Saint-Nazaire.

     

    Il épousa le 15 septembre 1906, au Vésinet, Polonie-Blanche-Georgette Vacquetrel. Il décéda le 18 juillet 1942 à Paris.

    Par ailleurs il fut chevalier de la Légion d'Honneur.

     

     

    Il ne faut pas confondre la famille Auffray de Saint-Nazaire, avec celle de Joseph-Marie Auffray, juge au tribunal civil de Saint-Nazaire en 1920,  originaire de Lamballe.

     

  • Notes sur la famille de Brégeot

    Brégeot (de) : D'azur à l'épée haute d'argent accompagnée de trois étoiles de même. 

    Famille issue de Jean de Bréchet, né près d'Epinal, capitaine de cavalerie au régiment de Fourgny, anobli par le duc de Lorraine le 28 mai 1663.

     

    I° François-Privat de Brégeot, (21 aout 1767 – 10 avril 1845), capitaine au régiment de l'Ile de France, puis émigré, lieutenant-colonel sous la Restauration, s'établit à Guérande où il épousa Maguerite-Pélagie Yvicquel de L'Escly, d'où :

    1° Henri-Philippe, né à Guérande le 3 juin 1804, élève de l'école militaire de Saint-Cyr, fit la campagne de Crimée, se retira colonel, chevalier de la Légion d'Honneur et du Medjidié, resté célibataire ;

    2°Pierre-François, qui suit ;

     

    II° Pierre-François-René de Brégeot, né à Herbigniac le 14 juin 1801, décédé en 1871 ; licencié en droit, juge auditeur à vannes le 10 mars 1825, substitut à Savenay en 1829, juge de paix à Guérande en 1849, conseiller général de la Loire-Inférieur de 1850 à 1853, juge de paix à Briec en 1867, marié à Saint-Nazaire le 12 mai 1830 avec Aimée-Gertrude Tahier de Kervaret du Kreset, fille de Julien-Maurice Tahier de Kervaret, maire de Saint-Nazaire, (voyez article sur les maires "royalistes" de Saint-Nazaire), d'où :

    1° Eugène-Julien-François, né le 4 mars 1831, décédé en 1904, maire de Guérande, marié à Guéméné-Penfao le 28 septembre 1869 avec Aline Potiron de Boisfleury, d'où postérité ;

    2° Henri-François, né le 7 avril 1833 ;

    3°  François-Maurice, qui suit.

    III° François-Maurice de Brégeot, né à Guérande le 10 octobre 1834, décédé en 1906 ;  employé aux Ponts et Chaussées, il fonda une briquerie à la Ville-au-Fève en 1862, celle-ci était en ruine en 1925 (cf. H. Moret - f. Guériff la situe à proximité du collège de garçon sur la route de Saint-André) ; il au Conseil de fabrique le terrain qu'il possédait le terrain et sur lequel a été édifiée l'actuelle église Saint-Nazaire . époux de Josèphine Rose Baymé, (1839-1924), d'où :

    1° Maurice Prosper ;
    2° Alain °1866, mort au berceau ;
    3° Henri-Théodore (1869-1903) ;
    4° Joseph Marie Louis (1870-1944) ;
    5° Allain (1872-1877) ;
    6° Louis-Pierre-Marie (1874-1944) ;
    7° Paul-Eugene-Marie (1876-1914) ;
    8° Anne-Marie (1883-1973)
    9° Gaston.

    IV° 

  • La Seigneurie des Bouexières

    La seigneurie des Bouexières était une petite seigneurie inféodée à la vicomté de Saint-Nazaire, dépendant de sa paroisse, constituée de terres labourables sises en l'Ile-Savary, de vignes, de cetet seigneurie dépendaient une maison à étage située dans la Grand'rue de la ville, et un cabaret (A.D.44, E 572), une moyenne-justice y était attachée. 

     

     

    Liste des seigneurs des Bouexières

     

    Famille de Besné 

    Armes : D'argent au lion morné de sinople.

     

    I° Pierre de Besné, écuyer, seigneur de La Haye, marié : 1° Louise du Houlle ; 2° en 1568 avec Louise du Boisguehenec ; d'où du premier lit :

    1° Isaac, seigneur de La Haye et de La Savarière, époux de Julienne Loazel, d'où postérité ;

    2° Philippe, sieur des Bouexières ;

    3° Pierre, seigneur de La Haye, époux de Marguerite de Launay, d'où postérité.

     

    Nous ignorons comment la seigneurie est passée de Philippe de Besné à Catherine Bernard

     

    Bernard

     

    I° Catherine Bernard, dame des Bouexières en 1634, épouse de Jacques Martin, sieur de La Chambre.

     

    Sans titre-1.jpgMartin des Bouexières

    Branche restée roturière cousine de la famille guérandaise Martin de Beaulieu.

     

    D'azur à trois besants d'or.

     

     

     

    I° Jacques Martin, sieur de La Chambre, époux de Catherine Bernard, dame des Bouexières, d'où :

    1° Jacques, seigneur de La Chambre, né le 6 décembre 1634 à Saint Nazaire ;

    2° Jean, qui suit.

    II° Jean Martin, sieur des Bouexières, marié à Saint-Nazaire le 19 février 1675 avec Claudine Denyaud, d'où :

    1° Julienne, née le 28 juillet 1677 à Saint Nazaire ;

    2° Claudine, dame des Bouexières, (1680 – 6 avril 1758), mariée à Saint-Nazaire le 26 novembre 1709 à Jean Le Mauguen, capitaine de navire. Ils firent aveu pour leur fief les 8 avril 1744 et juin 1755, et le vendirent à Jean Moyon et son épouse Catherine Boullet ;

     

    Moyon 

     

    I° Jean Moyon, baptisé le 23 janvier 1699,  notaire, acheta le fief des Bouexières à son parrain Jean Martin, seigneur des Bouexières, marié à Saint-Nazaire le 7 août 1724 avec Catherine Boullet, d'où :

    1° André, baptisé le 28 décembre 1725 ;

    2° Catherine-René Moyon, (1726-1795), mariée le 27 septembre 1746 Joseph du Bochet, (1722-1757) ;

    3° Jean, (1726-1731) ;

    4° Jeanne-Marie, baptisée le 15 avril 1729 ;

    5° Hellène, (1730-1776) ;

    6°Marie, baptisée le 14 juin 1731, mariée le 11 janvier 1752 à Jacques Le Bourdiec, officier de vaisseau de la marine marchande ;

    7°  Reine, baptisée le 23 avril 1734, mariée le 28 octobre 1755 à Saint-Nazaire avec Nicolas Charles.

     

    Devenue veuve, Catherine Moyon, née Boullet, revendit la seigneurie à François Le Chauff, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand, (voyez les articles sur la seigneurie de La Motte-Allemand).

  • La Châtellenie d'Ust

    Ust était une châtellenie relevant directement du domaine ducal de Guérande, elle était de la paroisse de Saint-André-des-Eaux où ses seigneurs avaient les droits de prééminences, armoiries, banc et enfeu dans l'église, ainsi que tombe et enfeu dans la chapelle Notre-Dame du bourg de Saint-André, ainsi que dans l'église conventuelle Saint-Yves des Dominicains de Guérandes. Doté de droit de haute-justice sise en la paroisse de Saint-Andres-des-Eaux, elle étendait son autorité sur les paroisses limitrophes car cette seigneurie était plus grande que la paroisse de Saint-André, qui avaient été soustraite à la paroisse de Saint-Nazaire. Par ailleurs, les seigneuries dépendantes de la paroisse de Saint-André-des-Eaux, (Trévecar, Coëtcas, Saint-Denac (1), Kerpoisson, etc.), relevaient de la châtellenie d'Ust. Le seigneur d'Ust jouissait des prééminences, armoiries, banc et enfeu dans l'église paroissiale de Saint-André-des-Eaux, il avait tombe et enfeu dans la chapelle Notre-Dame de Saint-André et dans l'église conventuelle Saint-Yves des dominicains de Guérande. Il présentait les chapellenies de Saint-Vincent-du-Quisio et de Saint-Jacques-des-Rivières, desservies dans la chapelle de son manoir d'Ust (2). Ce manoir était, non pas au lieu-dit le Marais d'Ust (3), à Saint-Nazaire, mais plus au nord, à Ust, sur la commune de Saint-André-des-Eaux. Il n'en reste rien, une ferme à pris son emplacement, près d'un étang ovoïde cité dans les actes de dénombrements. Le manoir était doté d'une chapelle et d'une fuie (pigeonnier), dans un parc de 120 journaux (4) de terres, composé de l'étang et de bois de hautes futaies. Outre ce manoir, les seigneurs d'Ust possédaient en propre les manoirs de la Ville-Savary, de Trevenegat, de Kerfrézou avec sa métairie, les métairies nobles de la Ville-Rouaud, de Péhant, de la Ville-Josse, du Bois de Marlan, de Beauvron, de Pontbihan, de Keroland, de Villeco, du Biho, de Tréhé, et du Groschêne, de plusieurs moulins à vent, de près et de bois, de salines sises à Saillé (5). De la châtellenie dépendait aussi un fief, nommé "Clos d'Ust", situé là où se trouve aujourd'hui la rue du même nom à proximité de la rue du Commandant Gustave Gäte, et où se trouvait un grand moulin à vent, encore existant avant le Première-guerre-mondiale. Les seigneurs d'Ust avaient des droits seigneuriaux particuliers tels que un droit de philiponage consistant dans l'autorisation de prendre une robe ou 5 sols des hommes et femmes mourant dans les fiefs, et d'exiger de certains vaisseaux une paire de gants blancs, à ceux de pêche un certain nombre de lamproies (6).

     

    Liste des seigneurs d'Ust :

     

    famille d'Ust

    Sans titre-1.jpg

    (illustration d'après Don Morice)

    D'argent frété de sable.

    Cimier : Une tête de chien colletée.

    Lambrequins d'argent et de sable.

     

     

    I° Olivier d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust, décédé après 1336 ; père de :

     

    II° Jan (ou Jehan) I d'Ust,  suivit en 1369 Bertrand du Guesclin en Espagne, et prit part à la bataille de Montiel ; fut nommé capitaine des gardes-côtes de Saint-Nazaire en 1371 ; en 1372, il se mit à la tête des paysans de Cornouailles, pour courir sus aux Anglais, que le duc avait mis en garnison dans la plupart des places du duché ; rRetourné Saint-Nazaire, il défendit la ville en 1379. Seigneur de la châtellenie d'Ust, rendit aveu au duc pour celle-ci en 1380. Le duc Jean IV en fit son chambellan. Il décéda en 1421. Père de :

     

    III° Jan II d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust, décédé avant 1462, marié avant 1439 à Marguerite Lesvesque, dame du Molant, décédée le 20 janvier 1464, d'où :

     

    IV° François d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust et du Molant, trésorier et receveur général du duc de Bretagne puis président de a Chambre des comptes, maintenu noble durant la réformation de noblesse de 1462, décédé le 9 mai 1483 ; père de :

    1° Jean, qui suit ;

    2° Jeanne, épouse de Jean de La Motte, écuyer, seigneur de Vauvert.

     

    V° Jan III d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust et du Molant, donné en otage au roi d'Angleterre  par la duchesse Anne lors du traité passé entre elle et ce prince en 1488 ; maintenu noble durant la réformation de noblesse de 1513, décédé en janvier 1518 ; époux de Guyonne de La Blintinais, fille du seigneur de La Grigonnais, d'où :

     

    VI° Olivier d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust et du Molan, maintenu noble durant la réformation de noblesse de 1513, fit aveu pour en avril 1518, contribua à la construction de l'église Saint-Yves de Guérande ; père de :

     

    VII° Jan IV d'Ust, chevalier, seigneur de la châtellenie d'Ust et du Molan, décédé le 1 mars 1558 ; époux de Marguerite Lenfent, fille de Guillaume Lenfent, chevalier, et de Janne de Monfort, dame du sang de Bretagne(7), le couple fit un acte de fondation en 1482 pour leur terre et maison du Mollant, situé en la paroisse du Breal, évêché de Saint-Malo,  d'où :

    1° Janne d'Ust, dame de la châtellenie d'Ust et du Molan, mariée : 1° en 1559 à Jacques de Champaigne, seigneur de La Montagne ; 2° en 1574 à François Perrault ; 3° en 1601 à Jean de La Bourdonnais ; partagea la succession de son père avec sa sœur le 30 août 1571 ; sans enfants, et suite à un acte de transaction en 1577, elle adopta le fils de sa sœur ;

    2° Françoise, mariée le 30 août 1562 à Vincent II du Boberil, seigneur de l'Hermitage, d'où postérité qui suit.

     





    famille du Boberil (8)

     

     Généalogie établie d'après l'arrêt de maintenue de noblesse rendu à Rennes le 22 octobre 1668.

     

    ust,saint-nazaire

     

     

    D'argent à trois fleurs d'ancolie d'azur, tigées de sinople.



    I° Vincent II du Boberil, chevalier, seigneur du Boberil et de l'Hermitage, pour lesquelles il rendit aveu au Roi le 28 avril 1557, janvier 1581, novembre 1586, et janvier 1588, obtint l'érection du Boberil en châtellenie, capitaine des arquebusiers de l'évêché de Rennes, lieutenant de la compagnie des gentilshommes du ban et arrière-ban du même évêché ; marié le 30 août 1562 à Françoise d'Ust, d'où :

    1° Jacques, qui suit ;

    2° Françoise, épousa, par contrat du 6 janvier 1590, de Pierre Julienne, écuyer, seigneur de Buris ;

    3° Marguerite.

     

    II° Jacques du Boberil, chevalier, seigneur de l'Hermitage, du Molant, et des châtellenies du Boberil et d'Ust par adoption par sa tante maternelle Jeanne d'Ust, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, décédé vers 1614, eu une main levée de la Chambre des Comptes le 12 mai 1610 sur sa maison et sa terre du Molan, rendit aveu pour la châtellenie du Boberil le 9 et 25 juillet 1614, et 9 décembre 1612 ; marié en 1582 avec Marguerite de Coetlognon, fille de Noël de Coetlogon et de Marie de Goesbriant, d'où :

    1° Jan qui suit ;

    2° Jacques, qui fit partage des bien de ses parents avec son frère le 8 juillet 1629 ;

    3° Guionne, mariée par contrat du 4 décembre 1619 à Nicolas de La Landelle, écuyer, sieur de La Gras

     

    III° Jan III du Boberil, chevalier, seigneur de l'Hermitage, des châtellenie d'Ust, du Boberil, et du Molant, décédé en 1639 ; marié par contrat du 26 mai 1609 à Hélène du Bouexic, fille de Louis du Bouexic, écuyer, juge criminel de rennes, d'où postérité établie à Saint-Malo. Il rendit l'aveu pour Ust en 1618 , mais vendit la châtellenie par contrat du 7 août 1626 à René de Kerpoisson, écuyer, seigneur de Trevenegat et son épouse Louise de Goesbriant.



    famille de Kerpoisson (9)

     

    Sans titre-1.jpg

    D'argent au lion de gueules, la queue passée entre les jambes et remontant.



    I° René I de Kerpoisson, écuyer, seigneur de Trevenegat, acheta avec son épouse la châtellenie d'Ust à Jean III du Boberil, par contrat du 7 août 1626 ; en 1634, il acheta au vicomte de Saint-Nazaire, la seigneurie de Saint-André des Eaux, sauf l'enclave d'Ust (c'est le clos d'Ust en Saint-Nazaire) ; marié en novembre 1620 à Louise de Goesbriant, fille de François de Goebriant et de Renée de La Martellière, d'où :

     

    II° René II de Kerpoisson, écuyer, seigneur de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, époux de Louise de La Porte d'Artois, dame d'Artois, fille de Jean de La Porte d'Artois, seigneur d'Artois, conseiller au parlement, et d'Emmanuelle Le Meneust de Bréquigny, dame de Bréquigny, d'où :

     

    III° Louise de Kerpoisson, dame de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, de Saint-André, de Cleuz-Siriac et du fief du Bois-Savary, mariée : 1° en 1681 à Pierre Bonnier, écuyer, seigneur de Launay, nommé gouverneur des villes de Guérande, du Croisic, et de Saint-Nazaire en 1678, membre de la confrérie de Saint-Nicolas en 1687, seigneur d'Ust du chef de sa femme, pour qui il rend l'aveu au Roi le 3 mai 1679 ; 2° Maurice Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 octobre 1728, d'où :

    1° Maurice Avril, qui suit ;

    2° Anne-Camille.



    famille Avril (10)

    D'argent au pin de sinople ; au chef d'azur, chargé de trois roses d'argent.

     

    ust,saint-nazaire

    Armorial général de 1696, enregistrement des armoiries du couple Avril-Kerpoisson, l'écu Kerpoisson est fauté.

     

    I° Maurice I Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 octobre 1728 ; marié à Louise de Kerpoisson, dame de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, d'où :

    1° Maurice Avril, qui suit ;

    2° Anne-Camille.

     

    II° Maurice II Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, rendit aveu pour Ust le 30 avril 1730, décédé en janvier 1748 ; époux de Marie-Josèphe du Chastel, d'où :

     

    III° Anne-Camille Avril, écuyer, seigneur de La Chauvière, de Trevengat, de la châtellenie d'Ust, et de Saint-André, vendit la châtellenie d'Ust à Julie Lepennec, dame de Lesnerac, de Trévécar et du Bois-Jollan, veuve de Charles marquis de Sesmaisons, (voyez les articles sur la seigneurie du Bois-Joallan).

     

     ust,saint-nazaire

    Le village d'Ust, photographie parue le 10 juillet 1941 dans Le Courrier de Saint-Nazaire.

     

     

     

    1 C'est en fait la déformation du nom Sadenac ; il n'a jamais existé de saint nommé Denac.

    2 Déclarations d'Ust de 1679 et 1730 ; cf. l'Abbé Guillotin de Corson, Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne, p. 427.

    3 Fernand Guériff se trompe en le situant au Marais d'Ust.

    4 Un journal correspondait à une journée de labour.

    5 Déclarations d'Ust de 1730

    6 Déclarations d'Ust de 1679 ; cf. Fernand Guériff, historique de Saint-Nazaire, tome I, p. 101, 1963.

    7 Mention dans l'Arrêt de maintenue de noblesse de la famille du Boberil le 22 octobre 1668.

    8 Famille d'extraction chevaleresque de 1379, (réformations de 1427 à 1536), maintenue par arrêt du 28 octobre 1668 sur preuves de 10 générations, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505), dont une branche fut seigneur de la châtellenie d'Ust ; Une branche subsistante a été admise aux Honneurs de la Cour en 1788, (A.N., MM 817 - B.N., fonds Chérin n° 28) et fait ses preuves en décembre 1951 à l'A.N.F.

    9 Famille maintenue noble d'extraction lors de la réformation de noblesse par arrêt du 28 octobre 1668, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505 - cf Michel Authier et Alain Galbrun, Etat de la noblesse française subsistante, volume n° 24)

    10 Famille originaire d'Anjou, anoblie par l'élection à l'échevinage d'Angers en 1666, maintenue en 1669, maintenue à l'intendance de Nantes en 1701.

  • La ville-ès-Allain

    Petite seigneurie inféodée à la châtellenie d'Ust, dépendante de la paroisse de Saint-Nazaire, La Ville-Allain, aujourd'hui Ville-ès-Allain, était constituée d'un village (en fait un hameau) situé au nord de la commune, entre Le Marais d'Ust et Saint-André-des-Eaux, les documents manquent à son sujet, on ne trouve sa trace qu'à partir de 1635, quand Jeanne Bertho, dame de La Ville-Allain, épousa  Macé Belliote, sieur de La Poterie et des Grassières, qui fut sénéchal de la vicomté de Saint-Nazaire en 1646. 

     

    saint-nazaire,montoire,belliote de la ville-allainville-es-allain

    Cadastre de 1829

     

    La famille Belliote de La Ville-Allain

     

    Famille de la bourgeoisie de Saint-Nazaire, il existe plusieurs branches dont l'origine commune ne nous est pas connue, elle a laissé son nom au lieu-dit La Belle-Hautière, (Bellotière).

     

     

     

    I° Macé Belliote, sieur de La Poterie et des Grassières, sénéchal de la vicomté de Saint-Nazaire en 1646, marié en 1635 à Jeanne Bertho, dame de La Ville-Allain, décédée le 12 octobre 1686 ; d'où :

    1° Jacques, sieur de La Gressière, de la paroisse de Saint-Nazaire, avocat à la cour, procureur fiscal des réguaires de Guérande, avocat au siège royale de Guérande, procureur de Donges, membre de la confrérie de Saint-Nicolas de Guérande en 1652, marguillier, marié en première noce avec   Magdeleine Davy, puis avec Olive Tanguy, en en troisièmes noces avec Guérande avec Suzanne Laragon, le 27 juillet 1677 à Guérande, dont est issue la branche de La Gressière ; Jacques avait était imposé d'office à l'Armorial général et s'était vu attribué les armes suivante pour lui et sa descendance : de gueules à un bélier passant d'or  ;

    2° Macée, née en 1637 ;

    3° François, baptisé à Saint-Nazaire le 18 novembre 1640 ;

    4° Jan, né le 1er mai 1644 à à Saint-Nazaire, baptisé le 4 mai 1644 ;

    5° François, né le mai 20 mai 1646 à Saint-Nazaire, baptisé le 23 mai 1646 ;

    6° Marguerite, dame de La Pollays, (1656 - 14 juin 1709), mariée le 4 mars 1680 à Jean Chauveau, sieur des Champs-Rochoux, (1642-1707) ;

    7° David, sieur de Signac, baptisé à Saint-Nazaire le 26 aout 1648, marié le 23 janvier 1773 à Guérande avec Jeanne Cramezel ;

     Pierre, qui suit ;

    9° Perrine, baptisée à Saint-Nazaire le 21 novembre 1650.

     

    II° Pierre Belliote, sieur de La Ville-Allain, (25 janvier 1651, baptisé le 25 avril – inhumé dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire le 17 septembre 1708), Conseiller du Roi, avocat à la Cour, procureur fiscal de la vicomté de Donges en 1678 suite au procès qu'il intenta contre Jacques de Lopriac, marquis de Coëtmadeuc, seigneur de Donges et d'Assérac, qui refusait de lui céder la charge héréditaire de son père, malgré les clauses d'un contrat signé en d’août 1677, marguillier en 1693, commissaire vérificateur des rôle des levées de deniers qui se font par ordre du Roi en 1696, commissaire vérificateur des fouages au département de Guérande et à Saint-Nazaire, membre de la confrérie Saint-Nicolas de Guérande en 1693, marié : 1° avec dispense de parenté au 3° degré à Julienne Mollé, décédée le 10 juillet 1686 ; 2° à Saint Nazaire le 4 février 1687 avec Louise Legrand ; 3° en 1694 avec Janne Le Mauguen ; d'où du premier lit :

    du premier lit :

    1° Jan, baptisé à Saint-Nazaire le 23 janvier 1679, inhumé le 28 avril 1681 dans le choeur de l'église ;

    2° Jeanne, (2 juin – 4 juillet 1680)

    2° Alain Belliotte, sieur de La Ville-Allain, (24 aout 1684 – 22 octobre 1746), procureur du Roi au siège de Guérande ;

    3° Joseph, qui suit.

     

    III° Jan-Joseph Belliote, sieur de La Ville-Allain, seigneur de Heinlex-Pommeraye, conseiller du roi, commissaire vérificateur des Fouages au territoire de Guérande et autres lieux,  avocat à la Cour et procureur fiscal et sénéchal de la vicomté de Donges, marié par contrat le 8 octobre 1710 devant Moyon notaire à Saint-Nazaire, puis religieusement le 3 novembre 1710 avec Jeanne Jego de La Belottière, fille de François Jego, sieur de La Belottière, avocat à la cour, sénéchal de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marcein, d'où :

    1° Jean-Joseph, né le 24 mars 1714, baptisé le 28 à Saint-Nazaire, 

    2° Jean-Baptiste, qui suit ;

    3° Mathieu, né le 1er avril 1715 à Montoir, décédé le 11 avril 1715 dans cette même ville ; 

    4° Jeanne, née et baptisée à Saint-Nazaire le 1er octobre 1711, inhumée le 9 octobre dans le choeur de l'église ;

    5° Jeanne, inhumée à Guérande le 21 février 1776 à l'age de 73ans, le mariée le 6 avril 1734 à Pierre-François de Rochereul seigneur de Cleuz, (voyez seigneurie de Cleuz) ;

    5° Mathieu, né le 1er avril 1715 à Montoir, décédé le 11 avril 1715 dans cette même ville ; 

    6° Reine-Marie, dite Régine, dame de Heinlex-Pommeraye, née le 1er juin 1718 à Montoir, inhumée le 6 février 1748 en l'église de Saint-Nazaire ; mariée le 26 août 1746 à Nantes avec Pierre de Kermasson de Kerisel (voyez article Heinlex-Pommeraye) ;

    7° Julienne, née le 27 mai 1721 à Montoire, inhumée à Saint-Nazaire le 17 juillet 1624 ;

    8° Marie-Marguerite, baptisée à Saint-Nazaire le 9 novembre 1723

    IV° Jan-Baptiste-Joseph Beliotte, sieur de La Ville-Allain, (24 février 1714 – 17 décembre 1778 Guérande), Conseiller du Roi, procureur au Siège Royal de la Police et de la Ville de Guérande le 5 avril 1737, sénéchal de la vicomté de Donges, député de la communauté de Guérande en 1766 ; marié avec dispense de consanguinité le 18 juin 1753 à Guérande avec Marie-Thérèse Monton de Kergentil, fille de Louis Mouton de Kergentil, avocat à cour, sénéchal du marquisat de Becdelièvre, ancien maire de la ville et communauté de Guérande, d'où :

    1° Jean-Louis-Marie-Joseph, baptisé à Guérande le 14 décembre 1754, mort le 17 janvier 1802 à Guerande ;

    2° Pierre-Philippe-Marie, qui suit ;

    3° Gabriel-René, baptisé le 27 mars 1759 à Guérande, mort le 23 septembre 1786, inhumé le lendemain à Guérande ;

    4° Jean-Marie-François, né et baptisé le 31 mai 1761 à Guérande, mort à careil le 23 juin 1761, inhumé à Guérande le 24 ;

    5° Marie-Françoise-Thérèse, baptisée à Guérande le 11 aout 1763 ;

    6° Jean-Baptiste-Marie, né et baptisé le 20 juin 1766 à Guérande, mort à Saillé le 19 juillet, inhumé à Guérande le 20 juillet 1766.

     

    V° Pierre-Philippe-Marie Belliote, sieur de La Ville-Allain et de Bouchardé, né à Guérande le 29 juin 1756,  marguillier, parrain de la cloche " Perrine " à Guérande, le 26 juillet 1790 ; figure sur la liste des 100 personnes les plus imposées de la ville de Guérande en 1812, déclaré comme propriétaire domicilié à Rennes en 1822, marié le 4 novembre 1797 à Guérande avec Marie-Louise-Sainte Bachelot, d'où :

    1° Eugène, (Guerande 17 janvier 1801 – Nancy 29 décembre 1874), ingénieur puis inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées, chevalier de la Légion d'Honneur puis officier le 14 aout 1861, marié : 1° à Bourges (18) avec une Marie-Louise Cornet ; 2° le 14 avril 1853 à Nancy avec Caroline-Juliette Cornet (Bar-le-Duc 6 novembre 1824 - 23 août 1909 Bouxières-aux-Dames) ; d'où du second lit :

    A1° Marie-Caroline-Alice-Geneviève (Nancy 20 octobre 1858 - 19 juillet 1872 Bouxières-aux-Dames)

    B1° Marthe-Marie-Caroline mariée dans le département du Cher avec Eugéne-Edme Ducharmet-Salmon, natif des Yvelines, décédé durant les combats de 1870, sa veuve fut pensionnée. Elle hérita de son père des biens dans le Morbihan.

    2° Achille-Jean-Baptiste qui suit.

    VI° Achille-Jean-Baptiste Belliote de La Ville-Allain, (Guerande 3 mai 1802 - 26 juin 1866 Piriac-sur-Mer), propriétaire de la métairie de La Ville Étable, époux de Maire-Adélaïde Bureau, d'où :

    1° Achille, né en 1836, employé des Postes ;

    2° Marie-Louise-Adélaïde, (Piriac 16 aout 1841 - 1888 Pontchateau), propriétaire, mariée le 10 septembre 1872 à Piriac avec René Vezin, né à Pontchateau 12 juillet 1836 ;

    3° Charles Belliote de La Ville-Allain, trésorier de l'Union des femmes de France, receveur municipal à Saint-Nazaire en 1882.

     

    La famille Belliote de La Ville-Allain semble avoir encore des représentants à Paris.