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Méan, chantiers et patrimoine

Méan fut au 19e siècle un haut lieu de la construction navale, c'est en ce bourg de Saint-Nazaire, encore préservé, sur les rives du Brivet, que naquit ce qui sera la fortune de Saint-Nazaire. Nombre de maisons sont encore présentes pour nous compter cette histoire, qu'elles soient demeures de marins, de capitaine au long cours, ou d'armateur.

 

Le chantier Loumeau :

 

Le chantier Loumeau fut fondé vers 1810 par Emile Loumeau, fils d'un charpentier de la marine marchande. Il forma ses fils à la construction naval, mais aussi les fils de la soeur de sa femme, dont l'un deviendra son beau-fils, et reprendra le chantier à la mort de son cousin, le réunissant au sien.

Le chantier naval Loumeau se situait sur la partie sud du quai de Méan, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres.

 

Extrait de la généalogie Loumeau :

 

I° Emile-Marie-Joseph Loumeau, (Montoir-de-Bretagne 26 avril 1783 - Méan 29 janvier 1842), marin, puis constructeur de navires à Méan, marié le 9 mai 1815, à Montoir-de-Bretagne, avec Reine Labour, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où :

1. Michel-Émile, (Méan 2 août 1816 - Méan 3 août 1853) charpentier de port, constructeur de navire à la suite de son père, il semble qu'il fut marié, ou du moins il vécut en concubinage, il n'eut cependant aucun héritier, à sa mort, le chantier Lourmeau fut acquis par son beau-frère et cousin germain Émile-Fidel Ollivaud ;

2. Louise-Éléonore, (Méan 6 juillet 1818 - Méan 22 mai 1857) ;

3. Louis-Marie, (Méan 15 août 1820 - Méan 18 octobre 1846), maître au cabotage ;

4. Gustave, Méan 10 décembre 1822 - Méan 4 avril 1824) ;

5. Marie-Anne, né à Méan le 20 janvier 1825, mariée le 18 juillet 1854, à Montoir-de-Bretagne, avec Émile-Fidel Ollivaud, son cousin germain ;

6. Jean-Jules, Méan 28 octobre 1827 - en mer 7 mars 1851), marin ;

7. Joseph-Marie, (Méan 5 février 1829, capitaine au long cours, époux d'Émilie-Julie-Honorine Loumeau, d'où une fille ;

8. Gustave, né à Méan le 27 novembre 1830 ;

9. Pierre-Marie, né à Méan le 3 septembre 1832 ; 10. Reine, née à Méan le 27 avril 1834.

 

Le chantier Olliveau :

 

Le chantier Olliveau fut fondé par Émile-Fidèle Ollivaud, neveu par alliance et beau-fils d'Emile Loumeau, il se situait à côté du chantier Loumeau, sur le quai de Méan, en remontant le Brivet, auquel il fut réuni à la mort de Michel-Émile Loumeau. Émile-Fidèle Ollivaud fut formé par son oncle, il compléta sa formation durant son service militaire accompli dans la marine. Comme le chantier naval Loumeau, on y fabriquait des bricks, des goélettes, et des lougres. Concurrencé par la construction navale de fer, et les chantiers Scott, ce chantier ferma en 1888, le lancement fut celui de la goélette " Guillaume Tell " en 1884.

 

 

I° Jean-Julien Ollivaud, (village de Trembly à Montoire (1) 3 juillet 1784 - village de Certé à Montoire (2) 16 septembre 1861), laboureur, marié le 12 octobre 1812, à Montoire-de-Bretagne, avec Anne-Françoise Labour, ( village de Certé à Montoire 31 janvier 1788 -  village de Certé à Montoire 6 janvier 1867), fille de labeur à son mariage, fille de Charles Labour, et de Marie Macé, d'où : 

1. Etienne, (Certé 16 novembre 1813 - Trembly 3 juin 1814) ;

2. Désiré, (Trembly  5 décembre 1814 – Saint-Denis-de-La-Réunion 25 août 1863) maître au cabotage, marié le 3 octobre 1843, à Montoir-de-Bretagne, avec sa cousine germaine, Louise-Éléonore Loumeau, fille d'Emile-Marie-Joseph Loumeau, constructeur de navires, et de Reine Labour, d'où postérité ;

3. Isidore, né le 16 mars 1817, marin ;

4. Anne-Françoise, née le 10 septembre 1820, cultivatrice, mariée le 27 août 1851, à Montoir-de-Bretagne, avec Etienne Labour, son oncle maternel ;

5. Émile-Fidel, qui suit ;

6. Pierre, ( Certé 25 mai 1827 -  Certé 23 juin 1890), charpentier de navire, il fonda un chantier au village de Rozé où il construisait des chalands et des chaloupes ; marié le 21 janvier 1852, à Montoir-de-Bretagne, avec Joséphine Lemay, née le 27 septembre 1828, fille de François Lemay, et de Marguerite Macé, d'où postérité.

II° Émile-Fidel Ollivaud, né le 23 mars 1824 à Certé, marié le 18 juillet 1854, constructeur naval, à Montoir-de-Bretagne, avec Marie Anne Loumeau, sa cousine germaine, 

1. Gustave, né à Méan le 30 juin 1855 ;

2. Corine-Marie, née à Méan le 7 août 1856, épouse de Jean-Honoré-Mari-Arsène Leroux, notaire à Montoir-de-Bretagne ;

3. Raoul, né à Méan le 7 mars 1858

 

 

maison.jpgÉmile-Fidel Ollivaud fit construire une demeure qui existe toujours au 183 rue de Trignac, à proximité de la rue baptisée en son honneur.

 

La maison Olliveau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

 

La demeure se situe sur une parcelle triangulaire, située au croisement de la rue de Trigneac et du Brivet. Elle est construite sur un plan carré, sur cave avec rez-de-chaussé surélevé, avec un étage noble, a trois travées en façade, avec porte au centre, les fenêtres de l'étage sont munies de garde corps en fers forgé, le toit pyramidal, comporte une lucarne au centre de la façade, cintrée et encadrée, la toiture se fini en un belvédère muni d'un garde-corps en fer forgé. Les murs sont enduits, les portes et fenêtres cintrées de pierre, les arrêtes du bâtiment sont aussi en pierre, et finissent en chapiteaux corinthiens, une corniche délimite l'étage, et une seconde plus large souligne le toit, un décor en fer forgé figurant un navire à voile, orne le dessus de la fenêtre centrale du premier étage, (il a été posé avant 1960). La façade donnant sur le croisement de la rue du Brivet et de Trignac comporte deux ouvertures au rez-de-chaussée, et une lucarne au grenier, identique à celle de la façade principale, la façade arrière, sur la rue du Brivet, comporte deux ouvertures au rez de chaussée, et un jour de souffrance, et trois ouvertures à l'étage, elle fut longtemps accolé d'un hangars, un garage disgracieux a été accolé à la façade Nord-Est, on y accède par la rue du Brivet. A l'intérieur quelques éléments d'époque subsistent, notamment un parquet comprenant une rose des vents en bois clair sur bois foncé. En 1960 cette maison était en mauvais été et inhabité (3).

 

 

forge.jpgSur la rive gauche du Brivet, se trouvaient aussi le chantier Mahé, fermé en 1873, et le chantier Lemort, fermé en 1875. La flotte issue de Méan comprenait quatre-vingt-huit navires, près de deux-cents ouvriers étaient employés.

Associée aux chantiers, existait la forge Dandeau, qui avec dix ouvriers, assurait la fabrication des outils, clous, ancres, et autres pièces métalliques nécessaires. Les bâtiments existent toujours, à l'angle des rues de Trignac et Négrin.

 

La forge Dandeau en janvier 2009, photo Odoevsky Maslov.

 

Elle appartenait à Jean Dandeau, né le 16 août 1837 à Lagrange, dans les Landes, celui-ci avait épousé sa cousine Joséphine-Marie Dandeau, le 2 mai 1865 à Montoir-de-Bretagne.

 

 

On verra aussi au 278 de la rue de Trignac, la maison d'André-Théodore Ricordel,  (Méan 19 décembre 1819 -  Nantes 1871), fils d'un charpentier de navire à Méan, il fut maître au cabotage, puis capitaine et armateur. Il épousa en première noce, le 2 octobre 1842 à Montoir-de-Bretagne, Jeanne Françoise Moriceau, (Saint-Malo-de-Guersac 22 mars 1822 - Méan 6 mai 1844), fille d'un agriculteur, en seconde noce, en 1854, il épousa Anna Lanferman, (Le Havre 1835 – Méan 18 septembre 1855), fille de Jacob Lanferman orfèvre venu de Middelbourg, et de Anna (??), qui apporta à son époux une dote importante, elle décéda des suites de l'accouchement de sa fille Anne-Marie, née à Méan le 15 mars 1855. En 1862 il se maria une troisième fois avec Marie-Léonide Bichon, fille du directeur de la fonderie, dont il eut un fils mort né le 25 février 1862. Il avait ouvert un magasin de fournitures de marine devant l'ancienne église de Saint-Nazaire, au rez-de-chaussé de l'hôtel Blanconnier, il possédait trois navires, dont le « André-Théodor ». Il fit construire cette maison par un architecte parisien en 1855, pour sa seconde épouse, ce qui impressionna beaucoup le pays, surtout qu'il avait pour domestique une jeune noir ramené d'un voyage aux Antilles. Le capitaine Ricordel avait fait élevé un calvaire à proximité de sa maison, qui disparut durant le Seconde-guerre-mondiale (4).

 

 

(1) & (2) Ces villages sont aujourd'hui sur le territoire de Trignac, commune créée en 1914.

(3) Cf. Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.

(4) D'après Fernand Guerrif, dans « Histoire de Saint-Nazaire », tome I, 1960.

 

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