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chapelle

  • Chapelle Notre-Dame de Toutes Aides

     

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    La chapelle Notre Dame de Toutes Aide, carte postale Gaby. 

     

     

    Durant l’Ancien régime, la paroisse de Saint-Nazaire était divisée en frairies. A la périphérie de la ville fortifiée qui occupait le rocher maintenant occupé par le quartier du Petit-Maroc, se trouvait la Frairie de la Vieille-Ville, dont le nom est le souvenir du port antique de Noedunum, redécouvert par René de Kervilers, situé à proximité du Dolmen et de l’ancienne rive de la Loire dont le cours est depuis modifié.

    Cette frairie couvrait le territoire de plusieurs fiefs, dont celui de La Vieille-Ville, du Prieuré Saint-Jean-Baptiste, du Bois Savary, celui du manoir du Sable, et des deux petites seigneuries des Bouexières et de la Ville-aux-Fèves. C’est au manoir de cette dernière que se trouvait la chapelle de la Frairie, dédiée à Saint-Jacques. L’abandon progressif du manoir reconverti en ferme, entraina la ruine de la chapelle seigneuriale. Le 10 septembre 1635 Jan Mothais, sieur de La Girauderie, vicaire et régent de Saint-Nazaire, (régent signifie maitre de des petites écoles), fut nommé chapelain de la Ville-aux-Fèves. Jan Mothais de La Girauderie appartenait à la même famille que Jan Mothais, sieur de La Vielle-Ville, avocat à la Cour, cité dans les registres paroissiaux comme époux en 1655 de Catherine Bernier, et en 1661 de Perrine Le Faché. Trouvant la chapelle Saint-Jacques en ruine, le père Mothais décida de désacraliser le lieu et d’en édifier un nouveau sur un terrain qu’il avait acquis. La nouvelle chapelle, dédiée à Notre-Dame de Toutes Aides, figurée comme une vierge noire, fut achevée en 1659 comme en témoigne la date gravée sur une poutre. La chapelle est donc le plus ancien édifice catholique subsistant à Saint-Nazaire.

    A cette refondation fut associé la possession d’une maison située dans le bourg de Saint-Nazaire. Le père Mothay de La Girauderie décéda le 16 janvier 1660.

     

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    Description :

     

    Située aujourd’hui impasse de la Chapelle, située au croisement de la rue de Toutes Aides et du Boulevard de la Fraternité, l’édifice est un exemple typique de chapelle bretonne du 17e siècle. Une seule nef, longue d’une dizaine de mètre de long, sur environ 5m de large, orientée vers l’Est à la charpente soutenue par deux grosse poutre en chataigner. On y pénètre par deux portes en plein cintre, une à l’extrémité Ouest, sous un clocheton, et une autre au Sud. Elles ont chacune à droite un bénitier en granite pris dans la muraille, de taille grossière. L’autel, adossé au chevet, est éclairé latéralement par deux fenêtres en plein cintre, de 70x50cm et 79x50cm.

    La chapelle, en dehors du mardis des Rogations où l'ont y disait une messe, fut sous le Second Empire un prétexte aux promenades. Une auberge existait alors dans l’une des maisons du hameau à proximité. Les peintres amateurs ou professionnels de genre, en firent plusieurs représentations dans l’esprit et le gout bretonnant alors en vogue.

    A la création de la paroisse Saint-Gohard en Saint-Nazaire, par décret du 23 décembre 1923, c’est le curé de cette nouvelle église qui en reçu l’usage.

    Une première restauration eut lieu en 1911 à l'initiative du chanoine Blanloeil, curé de Saint-Gohard. La chepelle ne servait alors plus depuis 1903, et il fallu attendre 1915 pour qu'une procession y ait à nouveau lieu.

    Henri Moret en donne une description de l’autel en 1925. Il était alors en pierre de Crazannes, (carrière en Charentes), abondamment sculpté, et mentionne la présence de la Vierge Noire offerte par le père Jan Mothay de La Girauderie. Cet autel disparu à la suite de la guerre, probablement volé durant le déblaiement. La Vierge elle-même avait disparue durant l’Occupation. La chapelle échappa de peu à un bulldozer grâce à l’intervention d’un voisin qui avait réintégré sa maison durant le déblaiement.

    C’est le père Rene Pointhière, ancien vicaire de Vieillevigne, nommé à la Libération curé de Saint-Gohard, qui procéda en 1953 à seconde la restauration et fit resacraliser le lieu. Il choisit re rétablir l’autel par une structure en moellons, et fit daller le sol. Alors que le père Pointhière supervisait la construction de la nouvelle église Saint-Gohard, il fut mis en contact avec Gabriel Loire, peintre et vitrailliste établit à Chartres, qui avait dessiné pour l’église principale de Saint-Nazaire des grilles et des meubles en ferronneries, volés durant le déblaiement, à la demande du Chanoine Gouy entre 1937 et 1941. Après avoir réalisé les nouveaux vitraux de l’église de L’Immaculé, Gabriel Loire participa au concours organisé par la Coopérative des églises pour la réalisation des vitraux de Saint-Gohard. S’il ne fut pas retenu pour ce nouveau chantier, il fut charmé par la chapelle de Toutes-Aides, et offrit généreusement deux nouveaux vitraux pour celle-ci. Le premier illustre l'annonciation faite à Marie par l'archange Gabriel, l’autre représente la Vierge couronnée veillant sur des enfants. Monsieur Jacques Loire, fils de Gabriel, nous a ouvert les archives de l’atelier familiale, et nous a appris que c’est lui qui est l’auteur des deux vitraux offerts par son père à la paroisse. Les échanges entre le père Pointhière et Gabriel Loire nous apprennent que le curé pressa son généreux donateur dès mai 1953 afin que les vitraux promis soient installés pour la bénédiction par monseigneur Villepelet, évêque de Nantes, prévue le 28 juin 1953. Deux maquettes furent envoyées pour approbation le 11 mai, le père Pointhière craignait que les vitrages rendent obscure la chapelle, ce au sujet de quoi Gabriel Loire le rassura.  Un courrier daté du 3 juin annonça qu’on avait rendu à la paroisse la Vierge noire. Celle-ci fut placée sur une sellette de pierre au-dessus de l’autel. Malgré le délais court, Gabriel Loire apporta les vitraux à temps à Saint-Nazaire, et sur des visseries réalisées par monsieur Pilpré, menuisier rue de la Motte à Saint-Nazaire.  

    On a depuis ajouté deux volets extérieurs aux baies pour des raisons de sécurité.

    De nos jours la messe n’y est dite qu’à l’occasion du 15 août. La chapelle est ouverte tous les jeudis de 14 h à 18 h durant le mois d'août, et aussi le lundi, en période scolaire. Avant la première-guerre-mondiale il y avait à proximité du chevet une croix de calvaire en fer, on faisait passer entre la croix et la chapelle les enfants malades pour qu'ils guérissent, on faisait aussi faire leur premier pas aux enfants autour de la chapelle pour que la Vierge les prennent sous sa protection, et, suivant une tradition bretonne, les femmes des marins venaient balayer la chapelle dans le sens du vent qui serait favorable aux époux en mer.

     

  • La Motte-Allemand, quatrième partie

    Evariste-François-Régis-Charles-Marie (dit Evariste-Charles) de Rouaud, hérita de son oncle par alliance Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand.



    Par acte de vente passé chez maître Lambert, notaire à Nantes, 10 rue Crébillon, le 20 septembre 1843, il vendit le domaine, comprenant le manoir, la chapelle, des dépendances agricoles, et un terrain couvrant une superficie de 47 hectares, 22 ares 63 centiares, à Jean Guilbaud, cultivateur, pour la somme de 30.000 Francs. Pour financer son achat, Jean Guillebaud emprunta 12.000 Francs auprès du vice-amiral Halgan.

     

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    Le manoir et la chapelle, dessin publié dans Le Courrier de Saint-Nazaire du  16 octobre 1931

     

    Au moment de la vente la chapelle était alors encore lieu de culte. Elle fut désaffectée à l'érection de l'église de Immaculée en 1857. Cependant, durant quelques années encore, durant les Rogations qui partaient de la vieille église de Saint-Nazaire via la chapelle de Toutes Aides, les paroissiens se rendaient encore à la chapelle de la Motte-Allemand. Les statues furent envoyées au prestataire de l'Immaculée, il semble qu'elles aient disparu durant la seconde-guerre-mondiale.

     

    Jean Guilbaud eut pour seul enfant une fille, Marie-Françoise Guilbaud (°1831), qui épousa Julien Creton, (°1822), laboureur, dont la famille vivait depuis des temps anciens à Ust. Le couple eut cinq enfants, trois fils et deux filles, dont Marie-Augustine (dite Marie) Creton, née le 24 novembre 1858 à Saint-Nazaire.

     

    En 1897 les enfants Creton firent détruire les murs de la chapelle alors totalement ruinée, ne laissant subsister que la sacristie encore visible en octobre 1931, il restait encore une porte murée et une croix sur le pignon. Marie Creton fit élever un calvaire le long de la route à l'emplacement de la chapelle.

     

    Le calvaire, constitué d'une croix de granite, fut brisé par les ouvriers de l'entreprise nantaise Force et Lumière le 8 septembre 1931 alors qu'ils étaient en train de poser des poteaux dans le but d'électrifier le secteur. L'accident donna l'occasion à Jacqueline Bruno, journaliste spécialisée du patrimoine et de l'histoire de Saint-Nazaire pour le journal Le courrier de Saint-Naizaire de rendre visite à Marie Creton, alors âgée de 73ans. Voici la retranscription du témoignage de Marie Creton, paru le 9 octobre 1931 :

    « En 1897, mes frères, ma sœur et moi fûmes dans l'obligation de faire démolir les murs croulants de notre vieille chapelle. Un carrier de la Rivière, Jean Rio1, déblaya neuf toises de pierres qui furent répartie entre nous tous. C'est alors que je songeai à élever sur ce terrain béni un calvaire commémoratif, composé uniquement du plus beau granite tiré du pieux édifice. Mes frères et sœur accédèrent de grand cœur à mon désir et m'autorisèrent à vendre le surplus de pierres pour couvrir les frais que m'occasionnait cette erection. Monsieur Louis Pitois, marbrier, rue de la Paix à Saint-Nazaire, fut chargé de tailler le granit d'y creuser l'inscription que vous voyez là dans le socle : En souvenir de la Chapelle de la Motte et de la Mission de 1898. Érigé par Marie Creton. Et de fournir le Christ bronzé. L'un de mes frères, maçon, se chargea du montage et de tous les scellements nécessaires. Je fis planter les cyprès que vous admirez, une bordure de fusains à peu près disparue aujourd'hui et tracer de chaque côté de la croix, symbole de Foi, deux parterres, d'un en forme d'ancre, emblème de l’espérance, l'autre en forme de cœur, emblème de la charité. Avec quel soin et quel amour, ma sœur et moi-même, avons-nous durant de longues années entretenu, abondamment fleuris, ces deux humbles tertres, hélas ma sœur n'est plus, et la vieillesse a brisé mes forces. Aussi, voyez, l'herbe à tout effacé... « Après une minute de silence que j'ai pieusement respecté, elle murmure d'une voix lointaine, en cassant de son bâton l'herbe si épaisse et si douce ''  ma mère à prié là. '' Et elle ajoute avec un sourie où tremble encore une larme : bien des vides se sont creusés autour de moi ; mais je garde de chers, de précieux souvenirs. '' Puis sans transition, dans la crainte, peut-être, de s'attendrir une seconde fois : '' Venez chez moi, dit-elle gaiement nous allons feuilleter l'histoire de La Motte. '' Et Bientôt, tandis que e compulse les papiers, si aimablement mis à ma disposition, on n'entend plus, dans la chambre basse, chichement éclairée par une étroite fenêtre, que le tic-tac monotone du réveil et, à de fréquents intervalles, le grondement assourdi d'un lourd convoi qui passe sur la voie ferrée, toute proche, de Saint-Nazaire au Croisic. »

     

    Le calvaire fut restauré. Il existe toujours, il se trouve dans le jardin du 40 route de La Motte-Allemand. Mais ce qui restait du manoir fut détruit depuis pour laisser place à des maisons contemporaines.

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    Le manoir et le calvaire, dessin publié le 16 octobre 1931 dans Le Courrier de Saint-Nazaire.

     

     

    1 Pour une raison inconnue, Fernand Guerrif a publié dans son histoire de Saint-Nazaire que ce monsieur Rio aurait été propriétaire des lieux. Il n'en est rien.