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Le major général de la province d’Accadie est à Saint-Nazaire en 1710

Le registre paroissial de Saint-Nazaire mentionne à la date du 5 décembre 1710 le baptême de Charles de Gannes, fils de Louis de Gannes, écuyer, seigneur de La Falaize, major général de la province d’Accadie, et de dame Marguerite Le Neuf.

 

 

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Extrait de l'acte de baptême de Charles de Gannes.

 

Louis de Gannes de La Falaize, est né à Buxeuil, (Vienne), où il fut baptisé le 10 août 1664. Il était le fils de Louis de Gannes, écuyer, seigneur de Falaise, de Rosne et de La Chancellerie, gendarme d'une compagnie du roi, et de Françoise Le Bloy. Sa famille maintenue noble par J.H. Barentin suivant les arrêts du Conseil d'Etat des 22 mars 1666 et 5 mai 1667 dans la généralité et élection de Poitiers (A. Gouget, Armoriai du Poitou). Elle avait pour armoiries : d'hermine à huit mouchetures d'hermine de sable, posées 4, 3 et 1.

 

Garde de la marine en 1683, Louis de Gannes passa en qualité de lieutenant d’infanterie des troupes de la Marine en Canada en 1687, puis fut nommé capitaine à l'Acadie 1er mars 1696. Après deux veuvages, à l’âge de 40ans, il se maria le 5 août 1700 Rivière Saint-Jean (province de Québec), avec Marguerite Leneuf de La Vallière, âgée de 21ans, native de Beaubassin (aujourd’hui Amherst en Nouvelle-Ecosse). Elle était la nièce de sa première épouse.

Le 1er mai 1704 il fut promu major de troupes d'Acadie à Port-Royal (aujourd’hui Annapolis, Nouvelle-Ecosse).

Port-Royal fut prise par les Bostonnais le 13 octobre 1710, durant la deuxième guerre intercoloniale. Les troupes françaises quittèrent la ville et Louis de Gannes de La Falaize embarqua immédiatement avec sa famille à bord de La Dépêche. Marguerite était alors enceinte de son 9e enfant. Celui-ci naquit en mer le 11 novembre, et fut ondoyé le 12. À l’arrivée du navire en rade de Mindin, la famille débarqua à Saint-Nazaire, et le baptême de Charles fut préparé.

Charles de Gannes, neuvième enfant du couple, reçu ainsi le baptême en l’église de Saint-Nazaire, le 5 décembre 1710. Son parrain fut le frère de sa mère, Alexandre Leneuf, écuyer, seigneur de Beaubassin, capitaine de la Marine ; sa marraine fut Marie-Anne de Goutin[1], épouse de Michel du Pont de Renon[2], aide-major. Tous avaient fuis Port-Royal. Il est à noter que dans le registre le nom de la marraine est orthographié Anne des Goudains, et qu’elle signe Renon.

 

Louis de Gannes profita de son séjour forcé en France pour régler la succession de ses parents, chez maitre Gibouin, le 4 avril 1711, puis, nommé à Québec, comme major-général de l’Ile royale. Il s’en retourna en Amérique avec sa famille à la fin de juillet 1711, depuis à Rochefort, à bord du Héros, avec deux compagnies de l’Acadie, la sienne et celle du capitaine de Renon. Le 7 octobre 1711, il arrive à Québec. Le dixième enfant du couple, Louis, naquit à Québec le 25 novembre 1711. Louise-Thérèse, onzième et dernière enfant y naquit le 6 octobre 1713. Fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis le 28 juin 1713, en novembre il partit pour la France afin de voir au détail des troupes de l’Acadie restées stationnées à Oléron depuis 1710, et qui devaient se rembarquer pour l’île Royale. Il décéda le 25 février 1714 en arrivant à La Rochelle.

 

Sa veuve, décéda le 24 mars 1760 à Trois-Rivières (Québec).

 

 

 

Charles de Gannes, connu par la suite comme Charles-Thomas, fut officier de marine. Il se maria avec Madeleine-Angélique Coulon de Villiers[3] [3]le 23 octobre 1749 à Trois-Rivières. Le couple eut sept enfants, entre 1750 et 1761, dont seule une fille atteint l'âge adulte. Enseigne en second en 1733, il fut promu enseigne en pied en 1738 et lieutenant en avril 1744 ;  en garnison à Louisbourg en 1753, il fut lieutenant dans l’une des deux compagnies du Canada qui avaient été envoyées à l’île Royale ; major en 1757 au fort Saint-Frédéric ; il en fut fait capitaine le 1er janvier 1759. Sur demande du marquis de Vaudreuil faite au ministre Berryer, le 7 janvier 1761, il fut proposé pour la croix de l’ordre de Saint-Louis, avec la mention suivante : « Officier de 1733 ; homme de mauvaise santé et qui fait tout ce qu’il peut. La date de ses services et sa bonne volonté ne méritent pas de le laisser dans l’oubli ». La demande resta sans suite.

Son épouse fit publier dans La Gazette de Québec du 16 février 1767 : « Damoiselle Angélique Villiers, épouse de Monsieur Charles de Gannes, chevalier de Falaise, avertit le public que, pour son avantage et celui de ses enfants, elle a renoncé par un acte public à la communauté d’entre elle et son époux de présent en France et dans le dessein d’y rester ».

Charles embarqua pour la France en octobre 1761 à bord de La Jeanne. D’après l’état de la noblesse canadienne, recensement dressé par Carleton en 1767, il résidait à Tours à cette époque, il s’était établi à Tours.

Le 13 mars 1769, le ministre de la marine écrivait au marquis de Paulmy qu’il ne pouvait « pas nommer capitaine en la légion de l’Ile de France, le chevalier de Gannes Falaise, capitaine ci-devant du Canada, car ce serait faire injure aux lieutenants que d’y admettre des capitaines pris hors corps. »

On perd ensuite sa trace et on en le retrouve pas dans la liste des chevaliers de l'Ordre de Saint-Louis.

Son épouse, Madeleine-Angélique Coulon de Villiers, décéda 8 février 1810 à Chambly (province de Québec).

 

Son parrain, Alexandre Leneuf de La Vallière de Beaubassin, fut pris sur le Neptune et emmené prisonnier en Angleterre en août 1711, alors qu’il revenait de France porter des secours en Acadie. En octobre, il se trouva sans argent à Paris. Louis XIV, en reconnaissait ses services le fit chevalier de Saint-Louis en juin 1712. Il décéda en mer, à bord du Héros, en septembre de la même année.

 

Sa marraine, Marie-Anne de Goutin, resta en France jusqu’à ce que son époux, Michel du Pont de Redon, fut nommé aide-major de la nouvelle colonie de l’île Royale en 1714 ; en juin 1715 il en fut capitaine. Veuve le 4 septembre 1719, elle se remaria en 1724 ou 1725 épousa, avec Michel Hertel de Cournoyer, subdélégué de l’intendant à Port-Dauphin, (aujourd’hui Englishtown, Nouvelle-Ecosse).

 

[1] Elle était fille d’un roturier, Mithieu de Goutin, né Goutin, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, écrivain du roi, dont la descendance s’unit avec toutes les familles nobles du Canada français.

[2]  Membre d’une faille noble du Saintonge qui portait : d'argent, à quatre chevrons de gueules.

[3] Famille noble issue de Nicolas Coulon, seigneur de Chargny et de Boutinville, conseiller du Roi, prévôt juge civil et criminel de la ville de Mantes, anobli en 1590. Portait : D’azur à une face d’or chargé de trois têtes de maure, bandées d’argent. (La nièce de Madeleine Angélique, Charlotte Amable Coulon de Jumonville, présenta ses preuves de noblesse pour les demoiselles de Saint-Cyr le 17 février 1762 (B.N., fr. 32135, dossier n° 75).

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