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rouaud de la villemartin

  • Une nazairienne demoiselle de Saint-Cyr

     

    Les registres des quittances de d'Hozier pour les Preuves de Saint-Cyr conservées aux Archives Départementales des Yvelines à Versailles mentionnent d'une nazairienne élève pensionnaire de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr.

     

    La Maison royale de Saint-Louis, dites Saint-Cyr en raison de sa situation dans un village au bout du parc de Versailles, fut créée sous l'initiative de madame de Maintenon en 1684, dans le but de procurer à 180 filles de la noblesse pauvre une éducation permettant à leur établissement et à les soustraire à la misère.

     

    Ainsi, avoir des demoiselles à Saint-Cyr, ou, dans la version masculine, des pages aux Grandes ou Petites-Écuries, est une preuve de bonne noblesse, car il fallait pouvoir prouver 140ans de lignage noble, mais c'est aussi la marque d'un grand état de misère pour la famille. C'est cas d'Agathe Le Royer de la Poigniadière, nazairienne entrée à Saint-Cyr le 7 novembre 1786.

     

    Commençons par situer Agathe Le Royer de la Poigniadière dans l'histoire nazairienne :

     


    Le_Royer_de_La_Sauvagère.jpgLe Royer de la Poigniadière
    : D'azur à trois roues d'argent.

     

    Famille originaire de Jargeau en Touraine, établie à La Chapelle-sur-Erdre suite au mariage avant le 9 juin 1573 de René Le Royer de La Motte, avec Isabeau Texier, dame héritière de la maison noble de La Poignardière, puis à Grandchamps suite au mariage de Claude-François Le Royer, sieur de La Poigniadière avec Elisabeth Catreux le 20 mars 1681, maintenue noble d'extraction en Bretagne lors de la réformation de noblesse par ordonnance du 14 juin 1712 (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505), et enfin à Saint-Nazaire par le mariage de René-François Le Royer, sieur de La Poigniardière avec Catherine-Jeanne Canuel de Maude le 15 mai 1770.

     

    I° René-François Le Royer, écuyer, sieur de La Poigniardière, (en indivision avec plusieurs parents dont un oncle interné pour folie aux Cordeliers de Pont-de-Cé), né à Nantes, paroisse Saint-Donatien, domicilié à Grandchamps, fils de feu René-Joseph Le Royer, écuyer, sieur de La Poigniardière, et de dame Philibert Berthaud de La Bossière ; capitaine d'infanterie au régiment de Nantes au moment de son mariage et de la naissance de ses enfants, il était capitaine au Bataillon de Garnison de Royal la Marine en 1789 ; il épousa à Saint-Nazaire le 15 mai 1770 Catherine-Jeanne Canuel de Maude, née le 8 janvier 1745 et baptisée le même jour à Saint-Nazaire, fille de Jean Canuel, (décédé le le 21 mars 1749 et inhumé dans le chœur de l'église de Saint-Nazaire le 22 mars), et de feue Marie Rouaud, le couple fit valoir son appartenance à la noblesse pour être radié en 1775 du rôle des fouages (ancêtre des impôts locaux) ; d'où :

    1° un fil inhumé mort-né à Grandchamps 20 décembre 1771 ;

    2° René-Francois-Prudent, baptisé à Saint-Nazaire le 16 avril 1773 ;

    3° Bonne-Angélique-Philiberte, baptisée à Saint-Nazaire le 7 septembre 1774, mariée le 22 juillet 1806 à La Chapelle-sur-Erdre avec Benjamin-Valory Lagarde de La Garenne ;

    4° Clovis-Isaac-Modeste, né le 7 novembre 1775, baptisé le lendemain ;

    5° Agathe, née le 27 janvier 1777 à Saint-Nazaire, baptisée le lendemain ;

    6° Felix-Auguste, baptisé à Saint-Nazaire le 31 mars 1778, marié à La Chapelle-sur-Erdre le 2 octobre 1799 avec Anne-Pauline-Émilie Coutance.

     

    Les actes nous apprennent que Catherine-Jeanne avait pour tante et marraine Catherine Canuel, épouse de Mathieu Rouaud, sieur de La Villemartin, et pour cousin germain Mathieu de Rouaud, sieur de La Villemartin, avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, syndic maire de Guérande. Catherine et son fils Mathieu assistèrent au mariage de leur parente ; Catherine fut la marraine de René-Francois-Prudent et d'Agathe, Mathieu fut le parrain de Bonne-Angélique-Philiberte, de Clovis-Isaac-Modeste et d'Agathe. Cette grande proximité se retrouve aussi dans le journal du voyage que fit Mathieu en 1782 à Paris, et que publia en 1900 le comte Louis de Remacle. Dans ce journal Mathieu qualifie de cousin-germain René-François Le Royer, et indique qu'il profita de ce voyage pour faire , entre autres choses, des démarches au nom de son parent pour l'admission de sa filleule Bonne-Angélique-Philiberte à Saint-Cyr :

    « Du mercredi 3 juillet 1783. - [...] J'ai été porter chez M. le vicomte du Dreneuc les titres de noblesse de M. Le Royer de la Poignardière, mon cousin germain, pour être présentés à M. d'Ormesson […] ; 9 juillet 1782. - […] J'ai pu alors aller retrouver M. de Dreneuc à l'hôtel de Berry. Nous nous sommes rendus ensemble chez M. le président d'Hozier, généalogistede France, qui a parcouru les titres de noblesse de M. Le Royer qu'il a trouvés en bonne forme. Il nous a renvoyés chez M. d'Ormesson, Conseiller d'Etat, Commissaire de la maison royale de Saint-Cyr. Nous l'avons trouvé en son hôtel en lui remettant le dossier, M. du Dreneuc lui a recommandé Bonne Angélique Philiberte Le Royer comme sa nièce de mon côté j'ai fait valoir le parti que prend à cette affaire Mme de Champlais. Il nous a promis d'être favorable à notre requête, en nous observant qu'il y avait bien des demandes et peu de places à nommer. C'est tout ce que nous pouvions espérer de cette démarche. »

     

    Les démarches furent donc entreprises pour Bonne-Angélique-Philiberte, qui ne figure pas sur les registres de Saint-Cyr, par contre sa cadette, Agathe, y fut reçue sur quittance de d'Hozier pour preuves de noblesse des demoiselles entrées à Saint-Cyr en 1786, (A.D. 78, D 439). Elle en sortit sortie 12 mars 1793, à la fermeture du pensionnat (Certificat de sortie de Saint-Cyr, 1793, A.D. 78, 3 Q 79), en même temps que sa condisciple, Elisa Bonaparte, sœur de Napoléon et future princesse de Lucques et Pombino, et grande-duchesse de Toscane, entrée en juin 1784.

     

     

  • La Villès-Martin

    Devenue au 19e siècle un lieu de détente pour la population de Saint-Nazaire, La Villès-Martin était durant l’Ancien régime un hameau, le siège d’une métairie noble, avec son manoir situé entre la rue Marcel Sembat et la rue des Mouettes, et un petit vignoble, nommé « vignes de la falaise », entre la pointe et la rue des Mouettes. Il existait aussi à emplacement du fort une chapelle qui se trouvait désaffectée au début 18e siècle, elle fut transformée en  corps de garde,  puis remplacée par un fort, dont le commandant en 1745 était Raoul-Philippe Becquey du Renéguy, capitaine des gardes-côtes du général de Saint-Nazaire, puis aide-major de la Capitainerie des gardes-côtes de Saint-André-des-Eaux (1).

     

    La métairie noble de La Villès-Martin, était une grosse ferme constituée en bien noble, bénéficiant de fait du mode de succession propre à la noblesse  de Bretagne. Il fut cependant essentiellement la propriété de familles roturières. Plusieurs historiens ont prétendu que le lieu tirerait son nom de la famille Martin de la Chambre, plus tard  Martin des Bouexières (2). Personnellement nous n’y croyons pas faute de preuves, et surtout parce que le prénom et le nom Martin étant très communs, n’importe qui de ce prénom ou de ce nom pourrait être à l’origine de la nomination du lieu.

    martin.jpg

    Cadastre de 1829, Archives départementales

    Dans l’état actuelle de ses recherches, l’auteur retrace la dévolution de la métairie comme suit :

     

    Famille Boullet

    Famille de la bourgeoisie de Saint-Nazaire qui laissa entre autres son nom au lieu-dit La Bouletterie, 

     

    I° Mathieu Boullet, sieur de La Bonneraye, notaire royal à Saint-Nazaire, procureur syndique de la communauté en 1670, cité comme l'un des plus anciens fabriqueurs en 1690, père de :

    II° Mathieu Boullet, sieur de Villemartin, greffier de la vicomté de Saint-Nazaire en 1709, père de :

    1° François, sieur de Maude, capitaine de vaisseau, receveur du droit à Saint-Nazaire ;

    2° Jean, sieur de La Perrière, bourgeois de Saint-Nazaire en 1709.

     

    C’est probablement par vente que la Villemartin passa à la famille Rouaud

     

    Famille Rouaud de La Villemartin

    4092337702.jpgD'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

     

    Famille bourgeoise dont un membre a été anoblie en 1816. Éteinte au 19e siècle.

     

    Mathieu Rouaud, (Saint-Nazaire 22 août 1710 - 13 février 1752 Saint-Nazaire), seigneur de la Ville-ès-Martin ; marié le 18 avril 1741 à Saint-Nazaire avec Catherine Canuel, baptisée le 13 aout 1713 à Saint-Nazaire, fille de feu Etienne Canuel, et de Catherine Gicquel, d'où :

    II° Mathieu de Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), conseiller du Roi et procureur au siége royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, syndic maire de Guérande en 1772, député du Tiers-état, pour la ville de Guérande, aux Etats généraux de 1789 ; en 1782  il fit un voyage à Paris accompagné de son épouse, de sa mère, du chevalier de Kerpoisson et sa mère, ses cousins, voyage durant lequel il rédigea  un journal, dont le manuscrit tomba en 1900 dans main du comte Louis Remacle  qui le publia en confondant avec une  autre famille de Rouaud ; marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Brichardière, fille de Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, Capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, d'où :

    1° Mathieu, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 janvier 1771 ;

    2° René-Marie-Prudent, baptisé à Guérande le 4 septembre 1772, décédé le 8 novembre 1772 ;

    3° Pachal-Auguste-Modeste, qui suit ;

    4° Matthieu, né en 1784, anobli en 1816, (avec titre de baron ? Lettres d'anoblissement non trouvées), père de :

    A° Evariste-François-Régis-Charles-Marie (dit Evariste-Charles) de Rouaud, héritier de son oncle Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand qu'il vendit en 1844 ; marié à Nantes le 19 novembre 1838 avec Marie-Louise-Thérèse de Bruc, d'où :

    A1° Thérèse-Evariste de Rouaud. 

    5° une fille épouse d'un Le Chauff de Kerguénec, fils du seigneur de La Motte-Allemand, qui légua son domaine de La Motte-Allemand à son neveu Charles-Evariste de Rouaud en 1840 ;

    6° Nathalie, épouse de Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux, fils de Joseph-Louis de Bruc, et de Catherine Le Chauff de La Motte-Allemand, sans postérité ;

    7° Marie, épouse de Joachim Bouvais.

    III° Pachal-Auguste-Modeste Rouaud de Villemartin, baptisé à Guérande le 17 avril 1778, inhumé le 1er juin ; marié à Guérande le 28 janvier 1803 avec Bonne Cady de Praderoy, fille de Charles Cady de Praderoy, et de Bonne-Jeanne-Carlotte de Jacquelot du Boisrouvray, d'où :

    IV° Ange-René-Marie Rouaud de Villemartin, né à Nantes, royaliste légitimiste, il s’exila au Pérou, où il épousa Josefa Paz-Soldán y Ureta, fille de Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d'où postérité, (voir généalogie dans article Rouaud de Villemartin).

     

    (1) Raoul-Philippe Becquey du Renéguy, (baptisé à Herbigniac 28 novembre 1706 - décédé à Saint-André-des-Eaux le 20 août 1757), capitaine des gardes-côtes du général de Saint-Nazaire, puis aide-major de la Capitainerie des gardes-côtes de Saint-André-des-Eaux, membre d’une ancienne famille de la bourgeoisie de cette dernière commune.

    (2) La famille Martin était une branche restée bourgeoise, collatérale de la noble famille Martin de Beaulieu, elle pris le nom de La Bouëxière, petite seigneurie de la vicomté de Saint-Nazaire, suite à une alliance avec l’héritière de celle-ci.