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  • la Villa Nelly

    La Villa Nelly est un lieu qui se rattache affectivement à nombre de familles nazairiennes. Plusieurs d'entre nous y ont déjà loué une salle (pourtant vilaines) dans l'un des batîments annexes, pour s'y réunir à l'occasion d'un mariage ou d'un baptême. Aujourd'hui propriété de l'évêché de Nantes qui songe régulièrement à s'en séparer à chaque problème de trésorerie, le domaine, situé entre le feu fixe de Porcé et la Tour du Commerce, est connu des Nazairiens, mais personne n'en sait l'histoire, l'évêché ne m'ayant jamais répondu, c'est tout à fait par hasard que j'ai trouvé son histoire, grâce à d'anciens annuaires mondains, et la généalogie de la famille Juchault qui fut le commentaire de la villa, simple maison de week-end ,qu'habite aujourd'hui le gardien du lieu.

     

    Villa Nelly.jpg

     

     

    Je porte ici à la connaissance du lecteur, la copie d'une photographie prise en 1865 de la villa, (Fonds et Collections Odoevsky Maslov). C'est à ma connaissance la seule représentation ancienne qui existe.

     

     

    La Villa Nelly fut construite à l’emplacement de la vigne du Clos du Plessis, un ancien fief attaché à la seigneurie du Plessis-Giffard, à la demande d'Amédée Juchault, baron des Jamonières, dans les années 1850-1855, période à laquelle le quartier dit de Porcé fut peu à peu transformé en lieu estival. La propriété est restée dans sa descendance jusqu'au légue fait à l'évêché de Nantes. Le nom de la villa était celui de sa fille aînée, à qui il destinait la propriété. Outre la villa, il y a avait une fermette qui assurait une exploitation de 6 ha de terrains.

     

     

    Famille Juchault des Jamonières

     

    Sans titre-2.jpgd'azur, à la fasce d'or, accompagnée de trois coquilles d'argent.

     

    Famille anoblie par une charge à la Chambre des Comptes de Nantes en 1583, maintenue lors de la réformation de noblesse par arrêt du 7 novembre 1669. (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505) 

     

     

     

    I° Amédée Juchault, baron des Jamonières, (né à Nantes, le 2 pluviôse an XI / 21 janv. 1803 -  décédé  le 29 octobre 1881 ; époux d'Augustine-Aimée de La Borde, (12 juin 1811 -  31 décembre 1878), d'où :

    1° Augustine-Nelly, (1834-1862), mariée par contrat du 12 mai 1857 avec Alfred Bascher de Souché, capitaine adjudant-major au 3e dragons, dont Maurice Bascher de Souché, mort jeune.

    2° A.-Arthur, (6 juin 1835 - 9 mars 1836) ;

    3° Arthur-Antonin Juchault, baron des Jamonières, né à Nantes, le 22 octobre 1837,  marié le 6 septembre 1870, Anna Siffait, née à Clisson, le 17 avril 1846, fille d'Albert Oswald Siffait, (héritier et commanditaire des Folies Siffait à Clisson), et de Rosalie-Marie-Anne Lorette de la Refoulais, d'où postérité ;

    4° Louise, mariée en 1870 avec Jules Pellu du Champ-Renou.

     

    Famille Pellu du Champ-Renou

     

    D'azur à deux étoiles d'or en chef et un croissant du même en pointe.Sans titre-1.jpg

     

     Famille de la bourgeoisie nantaise. 

     

     

     

     

     I° Jules Pellu du Champ-Renou , (ou Champrenou), marié en 1870 à Louise Juchault des Jamonières, fille d'Amédée Juchault, baron  des Jamonières, et d'Augustine-Aimée de La Borde, d'où :

    1° Yvonne, épouse d'André Bénier ;

    2° Charlotte, née en 1873, épouse de Frédéric-Marie-Charles de La Laurencie, lieutenant de vaisseau. 

     

    Famille Bénier 

     

    I° André Bénier époux d'Yvonne du Champ-Renou, héritière de la villa Nelly, d'où : 

    1° Edith, (Nantes 10 octobre 1899 -  23 novembre 1987 Parpeçay (36)), marié le 28 novembre 1931 à Singapour à  Alain-Gaétan-Marie-Lunaire d'Augustin de Bourguisson, (Saint Lunaire (35) le 15 juin 1906  - Parpeçay (36) le 2 février 1995), d'où postérité.

     

    Madame Yvonne Bénier loua la Villa Nelly en 1937 à l’Union Familiale de Trignac, qui y fit un centre aéré pour la jeunesse catholique. Après guerre l'évêché de Nantes en devient propriétaire. Il la possède encore en 2012.

     

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    1954

     

     

    Note ajoutée le 01/09/2014 : Je vous invite à lire de beaux souvenirs d'enfance de Michel C. Mahé à la villa Nelly sur son blog : http://michelcmahe.com/category/la-villa-nelly/ 

  • Bonnie Prince Charlie ou The Young Pretender

    Tous les Nazairiens ont un jour entendu parler d’un prince qui serait parti de Saint-Nazaire dans le but de reconquérir son trône en Angleterre. Nous allons ici vous en raconter l’histoire exacte :

     

    422_001.jpg

    Le prince Charles-Edward - Louis - Philippe - Casimir Stuart est né le 31 décembre 1720 à Rome. Son père le prince James Francis Edward Stuart de Galles, (dit le vieux chevalier), et son grand-père le roi James II, éphémère souverain d'Angleterre, d'Irlande, et d'Ecosse, qui avait eu la mauvaise idée de se convertir au catholicisme, alors que son trône était anglican… Le père Charles-Edward n’ayant pas voulu abjurer le catholicisme, celui-ci fut exilé aussi, et le trône transmis à sa sœur Mary, de confession anglicane, épouse du prince William d’Orange, stadtholder de Holland, qui régnèrent sous les noms de Mary II et William III.

     

    Représentation idéalisée du jeune comte de Chambord dans la tenue du prince Charles Stuart, dessin photographié par Constant Peigné, Nantes, 19e siècle, coll. L.O.M.

     

     

    Charles-Edward avait espéré intégrer en 1743 l’armée de Louis XV. La duchesse de Châteauroux, qui s'intéressait à la cause jacobite, avait interféré en sa faveur auprès du roi de France, qui l'autorisa à venir à Paris s'entendre avec ses partisans, et lui promit son concours pour une expédition en Angleterre. Le jeune prince, dont les déplacements hors des états du Pape pouvaient à tout moment déclencher une guerre avec l’Angleterre, s’enfuit de Rome le 9 janvier 1744, sous prétexte d'une partie de chasse. Aidé par des complices qui financèrent son expédition et le logèrent. Ayant pris le pseudonyme de chevalier de Douglas, il s’embarqua à Gênes sur une felouque espagnole à destination d’Antibes, il atteignit Paris le 20 janvier, et prit immédiatement la route de Dunkerque, où la flotte française appareillait dans le but d’affronter l'amiral John Norris, une tentative de combat eut lieu devant Dunqueness, lorsqu'une tempête dispersa les belligérants. Toujours sous le nom de chevalier de Douglas, il rejoignit le maréchal de Saxe à Gravelines le 15 mars. Le maréchal avait charge de l’occuper en lui faisant préparer une expédition qui fut annulée… Le prince espéra rencontrer le roi, mais se trouva en résidence à une lieue de Paris, ignoré de tous, et du Roi qui avait refusé de le recevoir, vexé qu’un jeune homme impétueux ait voulu lui forcer la main… Charles-Edward s’en plaignit à son père, bien impuissant devant la situation. Séjournant tantôt chez le duc de Fitz-James, puis chez le duc de Bouillon au château de Navarre près d'Évreux, Charles-Edward s’endetta à hauteur de 60.000 francs auprès du banquier Waters de Paris pour financer ses projets d’expédition. Ce fut finalement Antoine Walsh, armateur à Nantes, qui lui prêtât son concours avec l’aide des exilés jacobites en l'Estuaire. Antoine Walsh affréta L’Elisabeth, vieux navire de 67 canons, commandé par le marquis d'O, et la Du Teille, (orthographiée dans les sources anglaise sous la forme " La Doutelle"), petite frégate de 20 canons, commandée par Antoine Walsh lui-même.

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    Le prince par le peintre William Mosman.

     

    C’est ainsi qu’à la fin de juin 1745 le prince Charles-Edward arriva à Saint-Nazaire, grâce à l’entremise d’Antoine Walsh, et de sa cousine Renée Walsh, épouse de Charles Viollet du Breil, seigneur de Cordemais, procureur fiscal, et fille de feu André Walsh, en son temps sénéchal de La Motte-Allemand. Forte des relations de sa cousine et de son époux dans le pays, Antoine Walsh persuada René Galliot de Cran, sénéchal de Saint-Nazaire, d’héberger le prince en sa demeure de la Grand-rue du bourg de Saint-Nazaire.

     

    On ne sait pas exactement la date d’arrivée du prince, mais après avoir séjourné longuement à Nantes où il changeait perpétuellement de lieu de résidence dans l'espoir de ne pas y être reconnu, sa présence est attestée à Saint-Nazaire de façon certaine chez René Galliot, sieur de Cran, sénéchal de Saint-Nazaire et de Marcein, une semaine avant son embarquement pour la Grande-Bretagne. Durant son séjour, il reçut les hommages de la noblesse locale, et les dames de la paroisse, ravie d’une présence royale, et de la beauté de l’homme de 25ans, confectionnèrent pour lui une courtepointe, en soie bleue, brodée en son centre des armes de Bretagne et d'Ecosse, qu'il laissa à son hôte[1]. Le temps nécessaire pour la réalisation de cette courtepointe laisse à songer qu'il était déjà sur le territoire de la paroisse depuis plus d'une semaine, ce que semble confirmer la tradition locale, qui le dit avoir été logé par les La Haye du Sable, au manoir du Sable. 

     

    Son départ de Saint-Nazaire se fit le 2 juillet 1745, à 19h, comme nous l'apprend la lettre qu'il adressa à son père :

     

    " St. Nazaire, at the Mouth of the Loire, "July 2, 1745.

    Sir,

    The contrary winds that have been blowing hitherto, have deferred my embarking, which will be this afternoon at seven, for to go to the rendezvous of the man-of-war, of sixty-seven guns, and seven hundred men aboard; as also a company of sixty volunteers, all gentlemen, whom I shall probably get to land with me, I mean to stay; which, though few, will make a show, they having a pretty uniform. The number of arms are just as I mentioned in my last of the 12th, that goes with this, except the augmentation I was in hopes of is of a hundred or two less than I expected, which is of no odds. I keep this open, and do not send it till I am fairly set out from Belleisle—id est the rendezvous—so that I may add a note to it, if being sea-sick does not hinder; if it does, Sir Thomas will supply in mentioning what more may occur. It is a mortification to me to want so many of your packets, which are lying at Paris, because of the daily expectation of parting. We have nothing to do now but to hope in the Almighty favouring us and recompensing our troubles; which, as you may see by the nature of the thing, were but small. I hope in God my next will bring comfortable news. In the mean time, I remain, laying myself at your Majesty's feet, most humbly asking your blessing,

     

    Your most dutiful Son, Charles P. "

     

    Le 2 juillet 1745, à 19h, donc, Charles-Edward s'embarque à Saint-Nazaire sur un bateau de pêche pour rejoindre la Du Teille, une frégate armée de dix-huit canons, financés par ses soutiens nantais, que lui loua l'armateur Walsh, et dont F.-C. Meuret, dans ses " Annales de Nantes ", publiées en 1830, nous dit qu'il la louait lui-même à la couronne de France. La Du Teille mouilla sous à Belle-Isle . Là-bas le Prince attendit L’Elisabeth, navire armé de soixante-six canons, lui aussi loué par Walsh, qui le tenait comme la Du Teille, de la Couronne de France. L'Elisabeth était commandée par le corsaire dunkerquois Pierre Dehaut, accompagné de son frère Charles, deuxième lieutenant, et de Pierre-Jean Bart, neveu du corsaire Jean Bart. (Pierre mourut, parait-il, avec son frère, dès les premiers engagements avec le HMS Lion du capitaine Percy Brett, coupé en deux par un boulet anglais le 9 juillet 1745.)

     

    De Belle-Ile il adressa le 12 juillet une lettre à monsieur Edgar, le secrétaire de son père, commencée à Saint-Nazaire :

     

    " St. Nazaire, July 2, 1745.

    This being the last note I shall write this side of the seas, I would not fail to give you adieu in it, making my compliments to Lord Dunbar, and to as many of my friends as you shall think convenient and proper. I enclose herewith letters for the king and duke. I hope in God we shall soon meet, which I am resolved shall not be but at home.

    In the mean time, I remain, &c.

    Charles P.

     P.S. —Belle Isle, de la Rode, the 12th July. — After having waited a week here, not without a little anxiety, we have at last got the escort I expected, which is just now arrived; id est, a ship of sixty-eight guns, and seven hundred men aboard. I am, thank God, in perfect good health, but have been a little sea-sick, and expect to be more so ; but it does not keep me much a-bed, for I find the more I struggle against it the better. "

     

     

    La Du Teille et L’Elisabeth appareillèrent le 12 (certains historiens disent le 14). Après une canonnade acharnée contre le Lion, un navire anglais de 58 canons, L’Elisabeth dut rentrer à Brest. Le prince continua sa route abord de la Du Teille et parvient à jeter l'ancre entre les îles de South-Uist et d’Eriska. Il finit par atteindre les côtes écossaises à Borodale, où les Highland clans lui apportèrent leur soutien. A la tête d’une armée au nombre variant de 3.000 à 6.000 hommes, il prit Édimbourg et Carliste, mais ses victoires prirent fin à la bataille de Culloden le 16 avril 1746. Contraint de fuir et de se cacher à travers l’Ecosse, le jeune prétendant regagna la France en septembre. Il y résida jusqu’au traité d’Aix-La-Chapelle, où, la France ayant besoin de l’Angleterre, il fut convenu que l’encombrant Stuart fut expulsé du royaume. Charles-Edward fit une dépression, et devint alcoolique, il ne se remit jamais de l’échec de son rêve de devenir roi. Cependant en 1759, le duc de Choiseul, alors ministre des affaires étrangères, le fit venir à Paris afin de lui présenter son plan de l’invasion de l’Angleterre, et la promesse de lui donner un trône s’il appuyait l’action de la France. Le prince fit mauvaise impression au ministre, il fut perçu comme un rêveur, inconscient des réalités. La bataille des Cardinaux mit fin au projet d’invasion[2]. Son père décéda en 1766, il avait été reconnu par le Papa comme roi, mais le Saint-Siège ne voulut pas en faire de même avec lui. Charles-Edward, qui avait une maitresse et une fille illégitime, décida de se marier en 1772 la princesse Louise de Stolberg-Gedern, le couple s’établit alors à Florence, sous le titre de comte et comtesse d’Albany (en référence au duché écossais d’Albany, attribuée au prince héritier d’Ecosse). Il n’arriva jamais à s’entendre avec son épouse qui avait pour amant le comte Vittorio Alfieri, célèbre poète, le couple se sépara en 1780, après qu’il eut tenté d’obliger par la force son épouse au devoir conjugal, on sait d‘ailleurs que dans des crises d‘ébriété il avait battu plusieurs fois sa maîtresse. Il retourna alors à Rome où il décéda d’une rupture d’anévrisme le 31 janvier 1788, non sans avoir auparavant légitimé sa fille Charlotte, née en 1753 de sa liaison avec Clementina Walkinshaw. Fort mauvais père, il l’avait fait enfermer presque toute son existence dans un couvent, la cachant et lui refusant le droit de se marier, ce qui ne n’empêcha pas Charlotte de devenir la maîtresse de Ferdinand de Rohan, archevêque de Bordeaux à qui elle donna trois enfants, confiés à sa mère et cachés à leur tour[3] ! Charles-Edward attribua à sa fille le titre de duchesse d’Albany, et obtient d’elle qu’elle resta avec lui, à le soigner jusqu’à sa mort, ce qu’elle fit durant les vingt-deux derniers mois de l’existence du prétendant.

     

     

     

    [1] La légende veut que la courtepointe fût encore en possession de la famille Galliot de Cran en 1850. Cependant, les deux derniers représentants de cette famille décédèrent en 1858 et 1860, sans postérité. L’auteur de cet article a exécuté des recherches au sujet de cette courtepointe à la demande d’une association perpétuant le souvenir de Bonnie Prince Charlie, elle semble avoir été perdue.

    [2] Du nom du plateau rocheux qui se trouve sur le lieu de la bataille. Il faut ici signaler que René Galliot de Cran, qui avait logé le prince, fit le, 20 novembre 1756, fonction de commissaire aux classes alors que se déroule au large la bataille des cardinaux. Avec ses hommes il se sauve à bord d'une embarcation quelques marins français du navire « Le Juste », il rédigea un rapport sur ces faits le 4 décembre suivant, au rapporteur Millain, document aujourd'hui conservé aux archives de la Marine.

    [3] A ce sujet, consultez les travaux de l’historien George Sherburn qui retraça le devenir des enfants de Charlotte.

  • La Villès-Martin

    Devenue au 19e siècle un lieu de détente pour la population de Saint-Nazaire, La Villès-Martin était durant l’Ancien Régime un hameau dépendant de la seigneurie d'Heinlex-Pommerais, et le siège d’une métairie noble, avec son manoir situé entre la rue Marcel Sembat et la rue des Mouettes, et un petit vignoble, nommé « Vignes de La Falaise », entre la pointe et la rue des Mouettes (à la fin du 19ème siècle, cette vigne appartenait à Gustave Bord, le propriétaire du château des Charmilles à Porcé). Il existait aussi à emplacement du fort une chapelle qui se trouvait désaffectée au début 18e siècle, elle fut transformée en corps de garde, puis remplacée par un fort, dont le commandant en 1745 était Raoul-Philippe Becquey du Renéguy, capitaine des gardes-côtes du général de Saint-Nazaire, puis aide-major de la Capitainerie des gardes-côtes de Saint-André-des-Eaux (1).

     

    La métairie noble de La Villès-Martin, était une grosse ferme constituée en bien noble, située au village du même nom, bénéficiant de fait du mode de succession propre à la noblesse de Bretagne. Il fut cependant essentiellement la propriété de familles roturières. Plusieurs historiens ont prétendu que le lieu tirerait son nom de la famille Martin de la Chambre, plus tard Martin des Bouexières (2). Personnellement nous n’y croyons pas faute de preuves, et surtout parce que le prénom et le nom Martin étant très communs, n’importe qui de ce prénom ou de ce nom pourrait être à l’origine de la nomination du lieu.

    martin.jpg

    Cadastre de 1829, Archives départementales

    Dans l’état actuel de ses recherches, l’auteur retrace la dévolution de la métairie comme suit :

     

    Famille Boullet

    Famille de la bourgeoisie de Saint-Nazaire qui laissa entre autres son nom au lieu-dit La Bouletterie, 

     

    I° Mathieu Boullet, sieur de La Bonneraye, notaire royal à Saint-Nazaire, procureur syndique de la communauté en 1670, cité comme l'un des plus anciens fabriqueurs en 1690, père de :

    II° Mathieu Boullet, sieur de Villemartin, greffier de la vicomté de Saint-Nazaire en 1709, père de :

    1° François, sieur de Maude, capitaine de vaisseau, receveur du droit à Saint-Nazaire ;

    2° Jean, sieur de La Perrière, bourgeois de Saint-Nazaire en 1709.

     

    Les fiefs de Maude et de Villemartin furent vendus respectivement à la famille Canuel et à la famille Rouaud

     

    Famille Rouaud de La Villemartin

    4092337702.jpgD'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

     

    Famille bourgeoise anoblie en 1814. Éteinte au 19e siècle.

     

    I° Mathieu-André Rouaud, baptisé à Saint-Nazaire 22 août 1710 ; inhumé le 13 février 1752 Saint-Nazaire "dans le haut de l'église", sieur de la Ville-ès-Martin (par acquisition de la famille Boullet) ; marié le 18 avril 1741 à Saint-Nazaire avec Catherine Canuel, baptisée le 13 août 1713 à Saint-Nazaire, inhumée à Guérande le 21 octobre 1787, fille de feu Etienne Canuel, et de Catherine Gicquel, d'où entre autres :

    II° Mathieu (de) Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au Siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, établi à Guérande en 1768, dont il était syndic et maire de Guérande de 1770 à 1771, député du Tiers-état pour la ville de Guérande aux Etats généraux de 1789 ; marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Richardière, fille mineure de feu Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, dame de La Paquelais à Saint-Malo-de-Guersac, sur décret de justice de la vicomté de Donges, (voir généalogie dans article Rouaud de Villemartin).

     

    (1) Raoul-Philippe Becquey du Renéguy, (baptisé à Herbigniac 28 novembre 1706 - décédé à Saint-André-des-Eaux le 20 août 1757), capitaine des garde-côtes du général de Saint-Nazaire, puis aide-major de la Capitainerie des garde-côtes de Saint-André-des-Eaux, membre d’une ancienne famille de la bourgeoisie de cette dernière commune.

    (2) La famille Martin était une branche restée bourgeoise, collatérale de la noble famille Martin de Beaulieu, elle prit le nom de La Bouëxière, petite seigneurie de la vicomté de Saint-Nazaire, suite à une alliance avec l’héritière de celle-ci.

  • La Ville-aux-Fèves

    Seigneurie de La Ville-aux-Fèves (1)

     

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    La Ville-aux-Fèves était une seigneurie dotée d'une moyenne-justice, dépendante de la paroisse de Saint-Nazaire. Elle avait été constituée pour un écuyer du nom de Moulans vers 1479. On perd ensuite la dévolution de ce fief, jusqu'à la l'année 1634 où il est propriété de Louis-François Bonfils. L'emplacement du manoir correspond à l’intersection des rues Auguste Baptiste Lechat, de Toutes Aides, Jules Guesde, et de l'avenue des Sports. Sur le cadastre, le logis seigneurial correspond au bâtiment nord, l'aile qui fait est perpendiculaire à la barre du logis était la chapelle dédiée à Saint-Jacques le mineur. Cette demeure fut à l'origine une maladrerie (Aveux de 1709. A.D.44, E 578), destinée à abriter les lépreux, dont la date de fondation nous est inconnue, et qui comprenaient 27 hommées de terre (2), ce qui veut dire qu'il y avait la possibilité d'y loger 27 malades. Devenue résidence du seigneur de La Ville-aux-Fèves, la chapelle fut désacralisée vers 1659, et remplacée par la chapelle de Toutes-Aides construite par le chapelain de la Ville-aux-Fèves, Jan Mothais de La Girauderie, qui était aussi vicaire et régent de Saint-Nazaire. la famille de La Haye de Silz n'habitait pas le manoir, lui préférant celui voisin et plus majestueux du Plessis à moins d'un kilomètre. Le domaine fut démantelé en plusieurs métairies à la Révolution. En 1857 le manoir appartient à monsieur Delange et était encore dans sa descendance en 1903.

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    Le manoir en 1903, Archives départementales de Loire-Atlantique, Fi Saint-Nazaire 9/14.

     

    Le manoir devient ensuite la propriété du sénateur Augustin Maillard, (1828-1926), qui el laissa peu à peu tomber à l'état de ruines. Seul le corps principal du logis subsistait au moment de sa destruction finale vers 1938 au profit de l'urbanisation du quartier. Un fermier y logeait encore. Le manoir était couvert d'un long toit d'ardoises entre deux pignons, dont les sommets formaient cordons en saillie. Il avait conservé une cheminée monumentale aux jambages finement sculptés. 

    La coutume de la seigneurie faisait que tout homme qui passait sa nuit de noce sur son territoire, se devait de courir la quintaine, qui consistait à une joute navale sur les bords de Loire, autour d'un poteau planté dans le fleuve, surmonté de l'écu du seigneur, les concoureurs debout sur une barque conduite par rameur, devait brisé sa lance sur le poteau, celui qui n'y arrivait pas, ou qui tombait à l'eau, devait payer une amende de 60 sols au seigneur. Quant aux femmes qui allaient se marier, elles devaient donner le baiser féodal au seigneur, ou à son sénéchal, qui le recevait, assis dans un fauteuil, sur la place du cimetière (3). 

     

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    Cadastre de 1829.

     

     

     

    La famille Bonfils

    bonfils.jpgDe gueules à trois besants d'or.

     

     

    Famille noble d'ancienne extraction originaire d'Anjou, maintenue noble lors de la réformation de noblesse par arrêt du 15 décembre 1668, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505).

     

     

    I° Louis-François Bonfils, écuyer, seigneur de La Ville-au-Fèvre, rendit aveu en 1634 (A.D.44, E 578), époux de Françoise Loysel, d'où :

    II° René Bonfils, écuyer, seigneur de La Ville-au-Fèvre et de Porterays, époux de Marguerite de Champeaux, d'où :

    1° Catherine, baptisée le 4 mars 1654 à Saint-Nazaire ;

    2° Marie baptisée le 14 juillet 1655 à Saint-Nazaire ;

    3° Julien, qui suit ;

    4° Jeanne, inhumée le 13 mars 1696 à Saint-Nazaire

    5° Marguerite, qui rendit aveu pour la seigneurie en même temps que son frère Julien en 1709.

    III° Julien Bonfils, chevalier, seigneur de La Ville-au-Fèvre, pour laquelle il rendit aveu en 1709, inhumé à Saint-Nazaire le 8 janvier 1723 ; marié le 29 juillet 1697 à Nantes avec Elisabeth-Marthe Clappier, (Nantes 16 novembre 1673 - inhumée le 16 février 1706 à Nantes), fille de Hugue Clapier et de Renée Bouffard, d'où : 

    1° Anne, dame de La Ville-au-Fèvre, mariée en la chapelle de Toute-Aide le 22 novembre 1723 avec Sébastien-Marie de La Haye de Silz, écuyer, seigneur de Silz, de Lauvergnac, de Coroller, (voyez article de La Haye de Silz) ;

    2° Renée, né le 5 août 1702 à Nantes, baptisée le 20 août 1702, inhumée le 1er février 1755, sans postérité ;

    3° Marguerite, dame de Kerduran, baptisée le 29 mai 1713 à Saint-Nazaire, mariée le 18 août 1733 à Saint-Nazaire avec Philippe-Louis Pillays, écuyer, seigneur de La Pilletière.

     

     

    Famille de La Haye de Silz


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    De gueules à trois coquilles d'argent.
     

     

    Famille d'ancienne extraction maintenue noble durant la réformation de 1668. (Cette famille n'avait aucun lien avec les de La Haye du Sable.)

     

     

     

     

     

    I° Sébastien-Marie de La Haye de Silz, écuyer, seigneur de Silz, de Lauvergnac, de Coroller, (Guérande, 13 février 1687 - Guérande le 4 avril 1743), marié en la chapelle de Toute-Aide de Saint-Nazaire le 22 novembre 1723 avec Anne Bonfils, dame de La Ville-au-Fèvre, fille de Julien Bonfils, chevalier, seigneur de La Ville-au-Fèvre, et d'Elisabeth-Marthe Clappier, d'où : 

    1° Jean-Sébastien, qui suit ;

    2° Julien, (1729-1737) ;

    3° René, né le 5 décembre 1732.

    II° Jean-Sébastien de La Haye de Silz, comte de Larre, seigneur de Silz, de Coscat, de Lauvergnac, de Trescalan, de Clis, Kermoisan, de la Ville-au-Fèvre, de Beaubois, du Plessis-Giffard, et de la Cour de Béac par achat à la famille Le Pourceau, de Saint-Denac en Beac8, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, baptisé le 29 aout 1727 à Saint-Nazaire, décédé le 14 juin 1791 à Arzal (56) ; marié : 1° le 5 janvier 1750 à Missillac avec Marie Elie ou Eslye, fille mineur de feu de Jean-Joseph Elie, sieur de Bréal, et d'Anne Payen, décédée au château de Silz la 19 décembre 1774 ; a l’occasion des fiançailles, le 30 décembre 1749 à Missillac, la fiancée est décrétée de majorité par jugement de Penestin ; 2° le 15 mai 1775 à Missilac, avec Jeanne Antoinette Cramezel de Kerhué, (18 septembre 1732 – 19 mai 1789), fille de René de Cramezel, écuyer, seigneur de Kerhué, et de Madeleine Elie, mariage possible après dispense d’affinité au deuxième degré. Ce remariage ne plait pas au fils aîné, Sébastien, car la nouvelle épouse serait autoritaire et dépensière. Jean-Sébastien va devoir vendre des propriétés, notamment celle de Lauvergnac en Assérac, qui est l’héritage du fils aîné ; d'où du premier lit :

    1° Jean-Marie, baptisé le 18 décembre 1750, décédé le 12 mars 1751 ;

    2° Jean-Marie, baptisé le 29 mars 1752, décédé la même année ;

    3° Sébastien-Antoine-Honoré-Marie, né le 14 mars 1756, baptisé le 7 mars 1757, tué à Grandchamps le 28 mai 1795, comte de Silz, dit " Monsieur de Lauvergnac ". Il sert un temps dans un régiment de Dragons, puis devient commandant de la garde nationale de Guérande, il est porté déserteur et, sur dénonciation de son père, capturé à Guérande, chez Me Hardouin, le 8 novembre 1781, par la police du Roi, en vertu d’une lettre de cachet. Il est emprisonné en maison de force à Angers. Il est amnistié le 18 décembre 1785, (les origines de cette situation seraient liées au remariage de son père dont la nouvelle épouse a obligé la vente de Lauvergnac), à partir de 1792 il intégre l’état-major de la conspiration de La Rouërie. Il y est présent en tant que commissaire royal pour le Morbihan. Après l’éclatement de la conspiration, il erre dans le Morbihan et travaille comme simple journalier, reste longtemps chez son frère à Vieille-Roche, et au village du Bot en Sulniac, avant de reprendre la tête des " brigands ". Son signalement est donné à cette époque par l’administration qui le recherche : " Taille 5 pieds, 3,4 pouces, taille fluette, bien étagée, droit. Le visage gravé de petite vérole, le teint bourgeonné comme un ivrogne, physionomie ronde et intéressante. Il mâche beaucoup de tabac, surtout en poudre. " En mars 1793, la colère des paysans explose contre la décision de la Convention d’une levée de 300 000 hommes, et c’est le début de l’insurrection. Sébastien prend alors la responsabilité de l’armée royaliste du Morbihan et participe avec ses deux frères Auguste et Jacques au soulèvement de l’ouest de cette région, et organise de nombreuses attaques (Prises de Guérande et du Croisic, coulage d’une frégate, maîtrise de tout le pays de Basse Vilaine). En 1795, des conférences de paix s’ouvrent au printemps. Sébastien y est présent, et sous l’influence des autres chefs chouans, il signe alors, le 20 avril 1795, à regret, les documents de reconnaissance de la République, mais quatre jours plus tard, il signe un autre document, parfaitement hostile celui-ci, appelant de nouveau à la rébellion. C’est au cours de la bataille de GrandChamp, qu'il est atteint d’un coup fatal. Après une courte fuite à cheval, il met pied à terre. Selon la tradition, les "bleus" (les républicains) firent inspecter et reconnaître le cadavre, qui fût enterré près du lieu où on le découvrit, là où le chemin qui conduit à Kervehein arrive sur la route de Loperhet. Sa sépulture a été depuis recherchée, mais plus aucun signe n’en indique l’emplacement ;
    4° Marie-Françoise, née le 18 juin 1757, arrêtée le 21 avril 1793, mais rapidement libérée. Pour éviter la confiscation du château de Silz, elle décide de le vendre à un dénommé Paul-Marie des Néttumières, le 8 prairial An 5, pour 27 000 francs. Epouse de René d’Osmond ;

    5° Auguste-Marie, Chevalier de Silz, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, né au château de Silz en 1760 et baptisé le 19 novembre. Son père demande pour lui une inscription à l’Institution des Gardes de la Marine de Brest. Les plus strictes conditions y sont exigées. Auguste reçoit sa lettre de nomination comme élève-officier de Marine. Il est incorporé le 7 septembre 1778. Sa carrière a pu être reconstituée grâce aux archives de la Marine. Il a des embarquements successifs sur : Le Sphinx (14/01/1781), L’Alexandre (16/04 au 12/06/1781), La Néréide (12/06 au 12/09/1781), Le Dauphin Royal (16/11/1782), Le Glorieux (01/04/1782 à 12/04/1782), Le Triton (08/09/1782 à 19/05/1783), Le Réfléchi (02/01 au 30/04/1784 et 28/07 au 22/11/1784), La Résolution (13/12/1785 à 11/05/1786), Le Rhône (06/04 au 19/08/1789), L’Auguste (26/06 au 30/12/1790), Le DuguayTrouin (01/01 au 29/06/1791). Enseigne de vaisseau à bord du Glorieux, il participe à la campagne d’Amérique sur le Glorieux. Il est au combat naval des Saintes et de la Dominique, le 12 avril 1782. A la suite de cette bataille, le Glorieux est pris par les Anglais et son équipage est fait prisonnier. Auguste et les autres officiers prisonniers séjournent pendant un mois à la Cité espagnole. Le 19 mai, tous les prisonniers montent à bord du bateau anglais Sandwich, qui appareille le 25 pour l’Angleterre. Ils arrivent à Portsmouth le 2 août. Ils sont enfin libérés et rejoignent la France le 12 août 1782 où un jugement de Conseil de Guerre de L’Orient (Lorient) est porté, et cite les officiers et l‘équipage du Glorieux, en louant leur conduite lors de la journée du 12 avril 1782. Promu lieutenant de vaisseau le 1er mai 1786. En 1791 il est détenu quelque temps au château de Brest pour avoir manifesté des idées royalistes. Le 10 janvier 1792, il épouse en l’église d’Arzal Jeanne Marie Olive Kermasson de Kerval, fille de Cassien Alexis Kermasson de Kerval, seigneur de Kerizel et de Heinlex-Pommeraye, et de Jeanne de Rochereul de Promarzin, promu Lieutenant de vaisseau de 2ème classe, au cours de l’été 1792, il quitte la Marine pour rejoindre son frère et le mouvement chouan, comme son frère Sébastien, il se cache et travaille comme journalier dans les paroisses environnantes. Recherché, son signalement est donné par l’administration : "Taille 5 pieds, 1 pouce (environ 1m68), gros, trapu, bien constitué, jambe forte un peu arquée ; le visage gros, rond, un peu soufflé. Il a une bonne carnation, les yeux un peu enfoncés et petits, la bouche petite, les lèvres épaisses un peu relevées surtout la supérieure. Il porte un chapeau à cuve élevée", un autre signalement de police, contradictoire, mais pas de la même année, le décrit comme suit : " 30 à 40 ans, 5 pieds, cheveux châtains, sourcils idem, yeux bleus, nez court, bouche moyenne, menton long, visage basané, maigre, effilé, vêtu d’une chemise blanche, pantalon de toile, chapeau de paysan", mais bien que se sachant recherché, Auguste accepte le risque de paraître à la demande de ses concitoyens d’Arzal pour faire office, dans certaines circonstances, d’officier public, ce qui laisse supposer une confiance réciproque, et la notoriété et le respect que lui porte la population. En 1793, il participe avec son frère au soulèvement de l’Ouest. C’est lui qui est à la tête des brigands à Rochefort-en-terre, dénoncés avec son frère comme antirévolutionnaires, la nuit du 21 avril 1793, en vertu d’un mandat, une trentaine de soldats vont à minuit heurter aux portes des inculpés au château de Silz et à Vieille-Roche, les somment d’ouvrir au nom de la Loi. Jeanne Marie Olive, enceinte de 8 mois 1/2, son père Cassien Kermasson, qui est rongé d’infirmité, ainsi que d’autres membres de la famille et des enfants en bas âge, sont arrêtés, dirigés sur Vannes et internés au Petit Couvent. Leur internement est de courte durée, puisque Jeanne Marie Olive accouche quelques jours plus tard, le 3 mai 1793, d’une petite fille, Marie-Cassienne-Augustine, à Vieille-Roche, mais elle sera a nouveau arrêté et internée avec sa fille pendant plus de deux ans. En 1794, il est nommé chef de division de l’armée royale et catholique du Morbihan, il commande la division de Muzillac, de Redon et de la Roche-Bernard. En 1796, il accepte la pacification du 16 juin et dissout ses troupes, il est un des chefs dont l’influence est la plus efficace en faveur du désarmement et sa femme contribue avec ardeur à cette tâche. Il écrit au général Hoche en ces termes : "[...] aussitôt que je fus informé le 3 juin dernier que les chefs comme les autres seraient amnistiés pourvu qu’ils ne fussent pas émigrés, je m’empressais de faire toutes les démarches auprès de ceux que nous nommons les membres de notre conseil et auprès des autres chefs pour les déterminer à profiter de la grâce qui nous est si généreusement offerte. Je me tais, Général, sur l’influence que j’ai eu pour la mise à bas des armes, mais j’ose me flatter que ce fût ma jeune épouse qui, par ses démarches dans les campagnes pour y répandre notre amnistie et les bienfaits du gouvernement, ébranla fortement le tout. Au besoin, j’en appellerai au Général Quantin, car il lui donna un passeport et mon amnistie". Néanmoins, l’administration du Morbihan, ayant retrouvé le nom de ce Silz sur la liste officielle des émigrés (alors qu’il ne l’avait jamais été), avait requis sa déportation et obligé le général Quantin à le faire arrêter. Le 14 vendémiaire (5 oct 1796), les bandes du général Quantin arrêtent à Arzal le Chevalier de Silz, cela malgré les supplications des membres de la famille présents. Il est dirigé à Vannes, jugé et condamné au bagne. Il est déporté au bagne de l’Ile de Ré, avant-poste de la Guyane. De sa captivité, il se procure divers certificats, notamment du district de la Roche-Sauveur (nom républicain de La Roche-Bernard) et du commandement militaire de l’arrondissement de Vannes, prouvant que depuis le mois de Mars 1793, il n’avait jamais quitté le pays. Il envoie à Hoche une requête des plus respectueuses afin que, lui ayant déjà reconnu les droits accordés aux chefs des chouans non émigrés de rester de France, "il ne souffrit pas de son exportation dans une terre étrangère et perfide, dont il avait toujours et très sincèrement détesté les habitants et leurs manœuvres". L’adjudant général Mermet signala au général en chef que l’emprisonnement de De Silz faisait du bruit, et que si les arrestations de ce genre se multipliaient, il pouvait en résulter de nouveaux troubles dans le Morbihan. Hoche transmit au Directoire cet avis et la requête d’Auguste, ainsi que toutes les pièces sur ce "pacifié", en émettant l’opinion qu’"il serait injuste, peut-être même dangereux, de traiter comme émigré des hommes qui ne l’étaient pas et le prouvaient d’une manière certaine". Cependant, Auguste reste interné 3 ans à l’Ile de Ré. C’est en juillet 1799 qu’il est libéré et assigné sous surveillance à Guérande. Il rentre à Arzal, retrouve sa famille, et part aussitôt avec sa femme et sa fille s’installer à Guérande pour un séjour surveillé. C’est là que le 23 février 1800 naît son 2ème enfant, Clara-Marie. Jeanne Marie Olive meurt à Vieille-Roche le 19 juin 1807 à 34 ans. Avec les effets du Concordat, la paix et le calme revenus, Auguste reprend du service dans la Marine. Il est nommé au grade de Capitaine de Frégate en 1814, puis admis à la retraite le 22 octobre 1817. Il se retire à Vieille-Roche dans la maison héritée de sa femme, appelée de nos jours la caserne des Douaniers. Il meurt à Vieille-Roche le 5 janvier 1822 à l’âge de 61 ans, d'où :

    A°Marie-Cassienne-Augustine, (3 mai 1793 – 15 mars 1831), marié le 10 août 1810 à Hyacinthe-Louis-Victor Piars Deshays ;

    B° Clara-Marie, (23 février 1800 – 5 aout 1837), mariée à Guérande le 11 juin 1817 à Henri Le Masne, (1786-1837), négociant.

    6° Anne-Marie, née le 24 janvier 1762, décédée en 1789 ;

    7° Armande-Désiré-Marie, née le 12 octobre 1763, décédée en 1765 ;

    8° Anne-Louise, née le 16 octobre 1764 ;

    9° Jean-Marie, née le 6 février 1771, baptisée le 3 novembre 1772, décédé le 2 mai 1799, marié le 7 février 1792 à Jeanne-Louise-Antoinette Philippe ;

    10° Cassien-Jean-Marie, né le 3 mars 1767 ;

    11° Louis-Marie, né le 29 juillet 1768, marié le 17 aout 1799 à Marie-Jeanne Lizeul ;

    12° Antoinette, arrêtée dans la nuit du 21 avril 1793, condamnée à mort et dirigée à Nantes pour y être noyée. Elle échappa à la mort en épousant républicainement un garde national du nom de Robin ;

    13° Eugénie-Armande, née le 6 février 1771, baptisée le 3 novembre 1772, mariée le 13 août 1792 à René-Benjamin Thomas de La Borde, (1745-1804), président de District, inculpé sous la Terreur, d'où Prudent-Marie Thomas de Laborde, (Saint-Nazaire 11 janvier 1793 - Lorient 25 mai 1876), juge au tribunal civil de Vannes ;

    14° Jacques-Marie, né en 1773, guillotiné place du Bouffay à Nantes le 17 mars 1794 ; admis à l’institution des gardes de la marine à Brest, en 1792, il rejoint ses frères en Bretagne dans le mouvement chouan, et participe activement à la contre-révolution. Il se distingue au côté de Michel-François Thomas de Caradeuc, notamment lors de la prise du Croisic en mars 1793. C’est en ce lieu, le 18 mars 1793, qu’il prête serment de fidélité à Louis XVII. Arrêté le 15 pluviôse An II (janvier 94), il est alors dirigé vers Guérande, passe devant un jury militaire et un tribunal civil, de là, il est envoyé à Nantes où il passe devant un tribunal révolutionnaire le 7 février 1794 : " Le tribunal, d'après les dépositions des témoins, aveux et reconnaissances de Jacques-Marie Lahaye Desilz, Déclare que le dit Lahaye se joignit aux brigands dès le commencement de l'insurrection ; qu'il a eu différents grades parmi les brigands ; que lors de la prise de la ville du Croisic, il y entra accompagné de Guérif de Lanouan, leur chef ; — qu'il y prêta entre les mains de Lanouan serment de fidélité à Louis 17 ; que lorsque Caradeuc se présenta pour sommer la ville de Guérande, le même Lahaye y entra ; que le 18 mars, il entra, avec un détachement, chez le citoyen Boujus, aubergiste au Croisic, le menaça et lui enleva un sabre pour en armer un de ses camarades ", il fut alors condamné à mort avec cinq autres habitants du Croisic : " Le mois de mars 1794 apporte aux jacobins du pays la satisfaction d’apprendre le supplice de Jacques de la Haye de Silz, marin, ci-devant noble, natif d’Arzal domicilié à Penestin, guillotiné à Nantes, place du Bouffay, le 17 mars 1794 pour: s’être joint aux brigands dès le commencement de l’insurrection; avoir livré Le Croisic et Guérande avec d’autres chouans; avoir prêté serment de fidélité à Louis XVII. "

     

    Le dernier descendant dont la filiation n’est pas connue, est Pierre-Marie-Louis Charles de La Haye de Silz, né en 1827, décédé à Vannes en 1903, receveur principal des contributions indirectes.

     

    Notes :

    (1) Il existait une métairie du même nom au territoire actuelle de Pornichet, propriété de la famille Le Texier, famille de la bourgeoisie guérandaise, établie ensuite à Questember (56), qui posséda aussi le fief de Preambert. Le Texier : D'argent au sautoir engrêlé de gueules, cantonné de quatre quintefeuilles de sinople ; au chef du même ; chargé de trois molettes d'argent.

    (2) Hommée : mesure prenant pour unité la surface qu'un homme pouvait labourer en une journée.

    (3) Un légende dit qu'une femme très laide ne voulut pas embrasser le sénéchal, René-Jean Cavaro de Kergore, et se rendit chez Sébastien de Silz, qui était jeune et réputé beau. 

  • La Motte Allemand, troisième partie

    Le château de La Motte-Allemand fut fortement endommagé à la Révolution.

     

    Sans titre-3.jpgFamille Rouaud de La Villemartin

    D'azur au croissant d'argent, accompagné de trois croisettes pattées du même.

     

    Famille bourgeoise qui aurait été anoblie en 1816 avec le titre de baron, (cf. Pol Potier, baron de Courcy ; nous n'avons cependant trouvé aucune trace de cet anoblissement), éteinte au 19e siècle.

     

    Il est intéressant de noter que cette famille possédait le fief de La Villemartin, (Villès-Martin), qui consistait en un manoir, sa ferme, et des vignes.

     

     

    VI° Mathieu de Rouaud, sieur de La Villemartin, (Saint-Nazaire 26 janvier 1743 – Guérande 5 juillet 1803), avocat au Parlement, conseiller du Roi et procureur au Siège royale de Guérande et sénéchaussée de Guérande, syndic maire de Guérande en 1768, député du Tiers-état pour la ville de Guérande aux Etats généraux de 1789 ; en 1782  il fit un voyage à Paris accompagné de son épouse, de sa mère, du chevalier de Kerpoisson et sa mère, ses cousins, voyage durant lequel il rédigea  un journal, dont le manuscrit tomba en 1900 dans main du comte Louis Remacle  qui le publia en confondant avec une  autre famille de Rouaud ; il déclare comme étant domicilié depuis deux ans à Guérande que il se marié le 8 mai 1770 à Montoire avec Bonne Gallet, demoiselle de La Richardière, fille de Claude Gallet, sieur de L'Aubinay, Capitaine de navire de la rivière de Nantes et de Perrine-Rosalie Rothoux, (elle avait pour cousin au 3e degret René Lion, procureur de Guérande, qui fut présent à son mariage), d'où :

     

    1° Mathieu, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 janvier 1771, mort jeune ;

     

    2° René-Marie-Prudent, né à Guérande le 2 septembre 1772, baptisé le 4, décédé le 8 novembre 1772 à Montoir, inhumé le lendemain ;

     

    3° Pachal-Auguste-Modeste, qui suit ;

     

    4° Matthieu, né en 1784, anobli en 1816, (avec titre de baron ? Lettres d'anoblissement non trouvées), receveur des Contributions Directes de Guérande, mariée le 9 juin 1806 au Croisic avec Reine-Renée Giraud des Landreaux, née le 20 octobre 1781 au Croisic, fille de Godefroy-Joseph-Martin Giraud de Landreaux, et de Renée-Marie Goupil de Meslé, d'où :

     

    A° Athénaïs-Reine-Marie, née le 21 juillet 1807 à Guérande ;

     

    B° Nathalie-Marie, née le 18 novembre 1809 à Guérande.

     

    5° une fille, épouse d'un Le Chauff de Kerguénec, fils du seigneur de La Motte-Allemand, qui légua son domaine de La Motte-Allemand à son neveu Charles-Evariste de Rouaud en 1840 ;

     

    6° Nathalie, épouse de Joseph-Aimé comte de Bruc d'Esdrieux, fils de Joseph-Louis de Bruc, et de Catherine Le Chauff de La Motte-Allemand, sans postérité ;

     

    7° Marie, épouse de Joachim Bouvais.

     

    V° Pachal-Auguste-Modeste Rouaud de Villemartin, né à Guérande le 17 avril 1778 et baptisé le même jour, inhumé le 1er juin ; marié à Guérande le 28 janvier 1803 (8 pluviose an XI) avec Bonne Cady de Praderoy, fille de Charles Cady de Praderoy, et de Bonne-Jeanne-Carlotte de Jacquelot du Boisrouvray, d'où :

     

    1° Zoé-Bonne-Marie, née le 15 décembre 1803 à Guérande ;

     

    2° Pascal-Charles-Marie, né le 28 décembre 1805 à Guérande ;

     

    3° Adolphe-Alexandre-Marie, né le 25 juillet 1808 à Guérande ;

     

    4° Evariste-François-Régis-Charles-Marie (dit Evariste-Charles de Rouaud), né le 3 décembre 1810 à Guérande, héritier de son oncle Le Chauff de Kerguénec du domaine de La Motte-Allemand qu'il vendit en 1844 ; marié à Nantes le 19 novembre 1838 avec Marie-Louise-Thérèse de Bruc, fille de Joseph-Louis de Bruc, et de Marie-Catherine Le Chauff de Kerguénec, d'où :

     

    A1° Thérèse-Evariste de Rouaud.

     

    5° Ange-René-Marie, né le 15 décembre 1812 à Guérande, royaliste légitimiste, il s’exila au Pérou, où il épousa Josefa Paz-Soldán y Ureta, fille de Manuel Paz Soldán, ministre du Trésor royal à Arequipa, et de Gregoria de Ureta y Peralta y Araníbar, d’où postérité.

     

    Sans titre-1.jpg

    Les restes du château de La Motte Allemand par Léon-Paul Bellondeau d'après un document plus ancien, coll. archives municipales de Saint-Nazaire

     

     

    motte.jpg

    Cadastre de 1829 

     

     

  • La Motte Allemand, deuxième partie

    la motte allemand,chateau,saint-nazaire,pontcallecFamille Le Vallois

    D'azur à deux pigeons affrontés d'argent, colletés de sable, enchaînés d'or par le cou, les chaines en bande et barre mouvantes des cantons du chef.

     Famille noble originaire de Rennes.

     I° Antoine Le Vallois, écuyer, époux de Françoise de Guémadeuc, dame de La Motte-Allemand, fille de François de Guémadeuc, chevalier, seigneur de Beaulieu et de Séréac, et de Jeanne Gastinel, dame de la Motte-Allemand, d'où :

    II° Jean Le Vallois, écuyer, seigneur de Sérac et La Motte-allemand en 1562, père de 

    III° Pierre Le Vallois, seigneur de Sérac et de La Motte-Allemand, qu'il vendit en 1615 à Pierre de La Bouexière.

     

    la motte allemand,chateau,saint-nazaire,pontcallec

     

    Famille de La Bouexière

    D'or à trois bandes de gueules.

     

    Famille d'extraction chevaleresque, aux réformations de noblesse en 1426 et en 1669, à Saint-Nazaire sur 10 générations.

     

     

     

    I° Pierre de La Bouexière, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand par achat en 1615 à Pierre Le Vallois ; marié : 1° Madeleine Barrin du Boisgeffray ; 2° à Jeanne de Saint-Aubin ; d'où du second lit :

    1° Philippe, seigneur de La Motte-Allemand, maintenu noble le 24 mai 1669, décédé à Saint-Nazaire le 8 décembre 1678 ;

    2° Pierre, seigneur de Brantonnet, maintenu noble le 24 mai 1669, un temps seigneur de Heinlex-Pommeraye en 1647 ;

    3° Jeanne, dame de La Motte Allemand, (Guérande 20 février 1606 – Guérande 3 décembre 1688), épouse de Jean Le Long, écuyer, seigneur du Dreneuc, à qui elle apporta 

    4° Perronelle, épouse de Jean Le Tresle.

     

    Famille Le Long du Dreneuc  

    D'or au quintefeuille de sable. 

    Famille guérandaise d'ancienne extraction maintenue lors de la réformation de noblesse par arrêt du 30 mars 1669 (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505) .

     

    I° Jean Le Long, écuyer, seigneur du Dreneuc, époux de Jeanne de La Bouexière, dame de la Motte-Allemand, (Guérande 20 février 1606 – Guérande 3 décembre 1688), fille de Pierre de La Bouexière, écuyer, seigneur de La Motte-Allemand, et de Jeanne de Saint-Aubin, d'où :

    1° Renée, mariée le 2 mars 1783 à Louis-René de Saint-Gilles, écuyer, seigneur du Gage ;

    2° Jean-Baptiste, (5 août 1646 – 30 juillet 1708), seigneur du Dreneuc, époux de Gabrielle Michiel ;

    3° Philippe ;

    4° Olive, dame de La Motte-Allemand, épouse de Louis de La Haye, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable. 

     

    Famille de La Haye du Sable

    la motte allemand,chateau,saint-nazaire,pontcallecDe gueule à trois bandes d'argent. 

     

    La filiation de cette famille noble nous est en grande partie connue grâce au registre manuscrit des Preuves de noblesse pour les Pages de la Grande Ecurie, tenu par Charles d'Hozier en septembre 1694, (B.N., fr. 32101, f° 107), elle sera exposée dans son intégralité dans un article sur la maison noble du Sable, pour des soucis de compréhensions, les degrés indiqués sont ceux de la généalogie complète.

     

    VII° Louis de La Haye du Sable, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable pour laquelle il rendit aveu au Roi le 10 janvier 1678, seigneur de La Motte-Allemand par héritage maternel de son épouse, maintenu noble d'extraction lors de la réformation de noblesse par arrêt du 29 janvier 1671 ; marié le 9 avril 1647 à Saint-Nazaire avec Olive Le Long du Dreneuc, dame de La Motte-Allemand par héritage de sa famille maternelle, (Saint-Nazaire 20 août 1638- Saint-Nazaire 3 novembre 1688), fille de Jean Le Long, écuyer, seigneur du Dreneuc, et de Jeanne de La Bouexière, d'où :

    1° Monique, née le 6 juillet 1675 à Saint-Nazaire, mariée le 2 mai 1707 à Guérande avec Louis-Gille du Matz, écuyer, seigneur de Gléré ;

    2° René, qui suit ;

    3° Pélagie, (Saint-Nazaire 10 mars 1680 – Saint-Nazaire 2 juin 1688) ;

    4° Olive, mariée le 7 mai 1715 à Guérande avec Pierre-François Le Flo de Tremelo, écuyer, seigneur de Kerleau, maintenue noble par ordonnance du 25 septembre 1703, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505). 

    VIII° René de La Haye du Sable, écuyer, seigneur de la maison noble du Sable et de La Motte-Allemand, né à Saint-Nazaire le 24 juillet 1676, baptisé le 29 juillet suivant, présenta ses preuves de noblesse pour les Pages de la Grande Écurie en septembre 1694, (B.N., fr. 32101, f° 107), Maintenue noble par ordonnance du 6 mai 1701, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505), établi au château de La Motte-Allemand, il participa à la conspiration de Pontcallec et fut interné un temps à Nantes ; marié à Guérande le 7 février 1702 à Marie-Madeleine Le Mintier, d'où :

    1° Jean-Marie, né le 15 février 1706 ;

    2° Marie-Olive, (6 juillet 1707 - 7 octobre 1707) ;

    3° René, qui suit.

    IX° René de La Haye du Sable, chevalier de La Motte-Allemand, époux de Marie Lefeuvre, d'où :

    1° Louis-Marie, seigneur de La Motte-Allemand et de la maison noble du Sable, mort avant 1768 ;

    2° Jean-Baptiste-René, décédé à Saint-Nazaire le 11 avril 1780, après son frère seigneur de la maison noble du Sable, (qu'il vendit entre 1774 et 1776 à Guillaume Charault de Merionnec, chevalier), seigneur de La Motte-Allemand, (qu'il vendit le 29 octobre 1770 à François Le Chauff).

     

     

    la motte allemand,chateau,saint-nazaire,pontcallecFamille Le Chauff de Kerguénec

    D'argent au pigeon d'azur, surmonté de deux croissants adossés de gueules. 

     

    Famille noble d'ancienne extraction maintenue en 1668 originaire de Vannes, apparenté à la famille de La Haye de Silz, seigneur de La Ville-au-Fève, et du Plessis-Giffard.

     

    I° François Le Chauff, écuyer, seigneur de Kerguénec, du Bois-Guimard, de La Motte-Allemand, (par achat à René de La Haye du Sable), de La Noë de Kerpoisson, des Bouexières (par achat à Catherine Boullet veuve de Jean Moyon) et du Pourceau (fief situé à Cleuz), baptisée le 21 octobre 1722 à Guérande, fils de François Charles Le Chauff, chevalier, seigneur de La Bernardière, et de Anne Cady ; maire de Guérande en 1789-1790, emprisonné en 1792, voit ses biens mis sous séquestre, libéré avant mars 1795 et récupère ses biens, il habitait le manoir de La Grillère, rue Bizienne, à Guérande ; fit aveux pour sa seigneurie de La Motte-Allemand le 30 juin 1788, passa transaction avec Jean-Baptiste-Elie Camus de Pontcarré, seigneur, co-vicomte de Saint-Nazaire, pour la propriété de la lande de Cuneix, en Saint-Nazaire ; marié à Nantes le  12 janvier 1761, en l’église conventuelle des dames de Sainte Élisabeth, à Catherine-Brigitte-Marguerite Maré (parfois nommée faussement Marrec), connue aussi sous ne nom de Maré d'Azincourt(1), suite à l’acquisition par son père de ce fief, née le 13 novembre 1740 à L’Arcahaye, (Saint-Domingue, aujourd'hui Haiti), baptisée le 09 mars 1741, fille de Jérôme Maré, planteur sucrier, capitaine de la milice du Roi à Saint-Domingue, et de Léogane-Jeanne-Julienne  Gené ;  elle hérita d'un tiers de la plantation de son père en 1760, la plantation Maré était évaluée en 1785 à 813.320 livres, et comportait 186 esclaves, à  la suite à l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804 la plantation fut confisquée, elle était veuve en 1805 ; d'où :

    1° Victoire-Brigitte-Marie-Anne-Charlotte Le Chauff, née vers 1763, décédée à Guérande le 17 octobre 1788, mariée à Saint-Nazaire, par contrat du 13 septembre 1783, puis religieusement à Guérande le  22 septembre avec René-Louis de Trévelec, chevalier ;

    2° Charlotte-Félicité, née  en 1766 ;

    3° Brigitte-Mathilde, née  en 1771 ;

    4° François-Marie-Hyacinthe Le Chauff de Kerguénec, chevalier, baptisé à Guérande le 2 novembre 1772 , voyagea à Saint-Domingue en 1792 alors que l’île est en pleine insurrection, il est porté sur la liste des émigrés durant l'emprisonnement de son père, membre de l'Armée de Condé, il fut indemnisé avec sa sœur Victoire sur décision du 4 février 1828 pour les biens perdus du fait de l'indépendance d'Haïti ; monarchiste légitimiste il participa à la révolte Vendéenne de mai-juin 1832, ce qui lui valut la condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuité par la Cour d'Assises de Blois le 20 mai 1833 ; suite à sa disparition, on prononça du fait la loi sa mort civile au bout de cinq ans, et ses enfants touchèrent leur héritage ; réapparu en 1840, désireux de bénéficier de l'amnistie du 8 mai 1837 et voulu récupérer ses biens ; ses enfants contre attaquèrent, argumentant sa mort civile sans lien avec l'amnistie, le Tribunal de Nantes les confirma comme bénéficiaires le 27 août 1840, ce qui fut confirmé en Appel par la Cour de Renne le 30 janvier 1831, la succession fut confirmée en pourvoi 1er février 1842 ; époux de Henriette Binet de Sasson, (décédée en 1819), d'où postérité ;

    5°  Catherine, née le 24 août 1778 à Guérande,  mariée en 1800 Joseph-Louis de Bruc, d'où entre autres enfants Joseph-Aimé de Bruc, qui possédait en 1850 la métairie de Cleuz qu'il avait hérité de sa mère.

    6° François-Marie, sieur de Kerguénec, décédé vers 1831, maire de Saint-Molf, marié le 15 mai 1811  à Nantes avec Thérèse-Françoise Bernard de Grand-Maison, née en 1785, d'où :

    A° Thérèse, qui épousa son cousin Henri Le Chauff de La Blanchardière, (1816-1876), d'où postérité sous le patronymique Le Chauff de Kerguénec.

    7° un autre fils né vers 1782, marié à une Rouaud de La Villemartin, celle-ci hérita de son époux et laissa sa succession en 1840 à son neveu Évariste de Rouaud ;

    8° & 9° inconnus

     
    (1) La famille Maré d'Azincourt portait : d'azur au chevron d'or  accompagné de trois merlettes de même.
  • La Motte Allemand, première partie

    La Motte Allemand (1) était une seigneurie au nord de la paroisse de Saint-Nazaire, elle est, en dehors de la vicomté, la seigneurie la plus ancienne de la paroisse. Cette seigneurie détenait haute, moyenne et basse-justice, ainsi que le droit d'épave gallois dit aussi de déshérences de lignes, (droit qui accordait la propriété des biens des gens décédés qui n'avaient pas d'héritier), de succession bâtarde, etc. 

    Ses seigneurs y possédaient un manoir, transformé en ferme après la Révolution, avec une chapelle seigneuriale dans la cour, consacrée à saints Côme et Damien, qui, bien qu'elle fût ruinée à la Révolution, conservât un chapelain jusqu'en 1851. En 1857 elle fut définitivement désaffectée. Tombée en ruine, elle a été rasée en 1898 par la famille Créton alors propriétaire du manoir.

     

    Liste des seigneurs de La Motte Allemand :

     

    Sans titre-2.jpgFamille de La Motte-Allemand

    D'or plein ; au chef de sable, chargé d'un lambel d'argent.

     

     

     

     

     

    I° Guillaume de La Motte, dit l'Allemand, époux d'Isabelle du Chastelier, née vers 1355, fille de Guillaume du Chastelier, et d'Amice de Léon, (veuve vers 1374 elle se remaria avec Briand de Chateaubriand, dont elle eut postérité) ; parents probables de :

    II° Thibaud de La Motte-Allemand.

     

     

    Famille de Volvire

    Sans titre-3.jpgBurelé d'or et de gueules de dix pièces ; au franc-canton de vaire. 

     

    Famille noble originaire du Poitou, entré en possession de la seigneurie de La Motte-Allemand par achat.

     

     

    I° Hervé de Volvire, chevalier, vicomte de Volvire, seigneur de La Motte-Allemand par acquisition de Thibaud de La Motte-Allemand en 1383, baron de Ruffec par mariage avec Alénor de Ruffec, d'où :

    1° Maurice, seigneur de La Motte-Allemand, époux d'Isabeau de Rochefort, décédé en 1403 sans postérité ;

    2° Nicolas, qui suit.

    II° Nicolas de Volvire, chevalier, vicomte de Volvire, baron de Ruffec, seigneur de la Rocheservière, Nieuil sur l'Autize, Chassenon, Châteaumur, la Motte-Allemand, chambellan du duc de Bretagne ; époux de Marie de Bazôges, d'où :

    1° Joachim, qui suit ;

    2° Renaud ;

    3° Maurice ;

    4° Jeanne, épouse de Briand de Varèze ;

    5° Aliénor, épouse de François de Tehillac, seigneur de Beaumont ;

    6° Jean, mort le 3 mars 1433, époux de Marie Goulard, fille de Lean Goulard, écuyer, seigneur de La Martinière, et de Jeanne Mauclerc ;

    7° Guillaume.

    III° Joachim de Volvire, chevalier, vicomte de Volvire, baron de Ruffec, seigneur de la Rocheservière, Nieuil sur l'Autize, Chassenon, Châteaumur, La Motte-Alleman, etc., (1405-1440), époux de Marguerite Harpedanne de Belleville, (1414-1461), fille de Jean Harpedanne, seigneur de Belleville, et de Jovine de Montaut, d'où :

    1° Jean, qui suit ;

    2° Françoise, épouse de Joachim Rouault, sénéchal de Beaucaire.

    IV° Jean de Volvire, chevalier, baron de Ruffec, du Fresnay, seigneur de Nieuil, Châteauneuf, d'Ardenne, de Paisay-Naudouin et de Bernac, etc., vendit à vendit en 1468 à Françoise d'Amboise, veuve du duc Pierre II de Bretagne, la seigneurie de la Motte-Alemand, pour 2000 écus d'or, afin de venir en secours au dauphin Charles de France, en compagnie du duc Arthur III ; marié en 1460 à Catherine de Comborn, fille de Jean de Comborn, chevalier, et de Jeanne de Rochechouart, d'où :

    1° Francois, qui suit ;

    2° Charles, seigneur du Courret et d'Aunac, marié le 14 novembre 1491 avec Marguerite de La Rochefoucault, d'où postérité ;

    3° Jeanne, mariée le 23 mai 1495 avec Antoine Guy, écuyer, seigneur du Breuil ;

    4° Louise, épouse de Cérisy.

    V° François de Volvire, écuyer, baron de Ruffec et du Fresnay, seigneur de La Roche-Cervière, chambellan du Roi, récupère la seigneurie de La Motte-Allemand vendue par son père, peut-être par son mariage avec une nièce de la duchesse Françoise qu'il épousa le 25 octobre 1503 avec Françoise d'Amboise, veuve de Grisegonnelle Frotier, chevalier, baron de Preuilly, fille de Jean d'Amboise, chevalier, seigneur de Bussy, conseiller chambellan de Louis XI, et de Catherine de Saint-Belin, d'où :

    VI° René de Volvire, écuyer, seigneur de Ruffec et de La Motte-Allemand, (1505-1545), époux de Catherine de Montauban, dame du Bois-de-La-Roche, fille de Philippe de Montauban, vicomte du Bois-de-La-Roche, chancelier de Bretagne, (qui fit l'aveu de la seigneurie de La Motte-Allemand en 1525), et d'Anne du Chastelier, d'où postérité. René de Volvire vendit la seigneurie de La Motte-Allemand à Jean Gastinel.

     

    Famille Gastinel

    D'azur à trois colonnes d'or.

     

    Famille de la noblesse normande en possession de la seigneurie de La Motte-Allemand au début du 14e siècle.

     

    I° Jean Gastinel, chevalier, seigneur de La Motte-Allemand par acquisition de René de Volvire ; époux de Marguerite du Dréseuc de Kercabus, d'où :

    1° Jeanne Gastinel, dame de La Motte-Allemand en 1535, épouse de François de Guémadeuc.

     

    guemadeu.jpg

     Famille de Guémadeuc, (olim Madeuc)

     

     

    De sable au léopard (ou lion léopardé) d'argent accompagné de six coquilles du même, trois rangées en chef et trois rangées en pointe. 

    Famille noble d'extraction chevaleresque maintenue durant les réformations et montres de 1423 à 1478, et de 1670, en possession de La Motte-Allemand au 16e siècle.

     

     

     I° François de Guémadeuc, chevalier, seigneur de Beaulieu et de Séréac, époux de Jeanne Gastinel, dame de la Motte-Allemand, fille de Jean Gastinel, chevalier, seigneur de La Motte-Allemand, et de Marguerite du Dréseuc de Kercabus, d'où :

    1° Françoise, dame de La Motte-Allemand, épouse de Antoine Le Vallois.

     

     

     

     

    (1) Il ne faut pas confondre la seigneurie de La Motte Allemand avec la maison noble de La Motte Allemand, sise en Montoire, qui fut le bien de la noble famille de L'Estoubillon, famille encore présente à Saint-Nazaire en 2012.

  • Le manoir de Beauregard à Saint-Nazaire, deuxième partie

     Famille de Guériff de Lanouan

     


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    D'argent à trois feuilles de houx de sinople.

     

    Famille noble d'ancienne extraction, maintenue noble lors de la réformation de noblesse par arrêt du 14 juin 1670, sur preuve de huit générations, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505).

     

     

     

    I° Honoré-Jacques de Guerriff de Lanouan, chevalier, seigneur de Lanouan et de L'Isle, né et ondoyé à Carentoir (56) le 21 février 1699, baptisé le 2 mars 1699, promis par contrat du 26 février 1724 à Guérande puis marié le 24 avril 1724 à Renée Hémery, dame de Beauregard, née le 15 septembre 1700, fille de Gilles, Hémery écuyer, sieur de Préhambert et seigneur de la maison noble de Beauregard, et de Charlotte du Hill, d'où :

     

    II° François-René-Marie de Guériff de Lanouan, chevalier, seigneur de la maison noble de Beauregard, (Saint-Nazaire 7 septembre 1741 – La Pommeraye 24 novembre 1793), présenta ses preuves de noblesse pour les Pages de la Grande Ecurie du 11 décembre 1756, (B.N., fr. 32108, f° 173), adhère en 1792 à "L'Association bretonne" du marquis de La Rouërie qui le nomme responsable pour le district de Guérande, en même temps que Thomas Caradeuc pour La Roche-Bernard et Gaudin de La Bérillais pour Saint-Etienne de Montluc. Le Département de Loire-Inférieure est au courant de ses agissements dès le mois d'août 1792 et sait que le noyau du complot est à Guérande, mais ne peut intervenir faute de moyens (il n'ont en effet que 40 militaires à Guérande). François-René constitue une armée avec l'aide d'enrôleurs et recrute des soldats déserteurs pour fabriquent de la poudre et des balles et prend le commandement des Insurgés arrivés à Saint-Nazaire. Le samedi 16 mars 1793, il met son argenterie et sa vaisselle fine dans une caisse qu’il enterre dans le bois de Beauregard. Mais espionné par un habitant de La Cavarderie, (village depuis nommé Immaculée), l’emplacement de la caisse est dénoncé aux Républicains de Savenay qui envoient des hommes la déterrer le lendemain. A la tête de 4000 hommes, il campe devant Guérande avec ses hommes le 17 mars, attaque la ville le 18, avec l'aide de Thomas de Caradeuc, de Couesbouc, Jego, Lenormand dit Lucifer commandant des paludiers de Saillé, de Rochefort, Thomazeau le chef de la Garde Nationale de Batz et du Pouliguen rallié à Lanouan. et se rend maître le 19 mars, il investit Le Croisic le lendemain. Le 30 mars il évacue Guérande avec ses hommes, car les troupes républicaines de Beysser arrivent de Rennes, et part se réfugier avec 200 hommes, avant de partir, il rétablit dans leurs fonctions les élus républicains , et remet une somme de 3315 livres de la caisse municipale, il gagne les îles de Brière avec 200 hommes, il est signalé de différents côtés, en particulier par Clemenceau le maire de Montoire, et par le Général des Dorides, le 4 juillet. Grâce à des émissaires, il apprend que les Vendéens vont attaquer Nantes. Il compte sur leur victoire pour reprendre le combat, mais ils sont repoussés le 30 juin. Sa présence est signalée en Brière jusqu'en octobre. Le 5 de ce mois, un mandat d'amener est lancé contre lui par le tribunal révolutionnaire de Guérande. Il se décide alors à passer la Loire à Montjean et à se rendre dans les Mauges pour se joindre aux Vendéens. Il s'arrête à La Pommeraye où il meurt brutalement de maladie. Marié en 1774 à Marie-Marguerite de L'Estoubillon, (1759-1789), fille de Maurice de L'Estoubillon, et de Marie-François du Pas, (voyez article l'Estoubillon), d'où quatre enfants dont : 

    1° Marie-Joséphine, décédée à Nantes le 11 mai 1879 ; mariée le 28 avril 1823 à Nantes avec François Mosnier de Thouaré.

     

    Les héritiers de François-René de Guériff vendirent  Beauregard à Jean-Baptiste Gallerand, juge de paix, maire du Croisic.

     

    Famille Gallerand

    Famille de la bourgeoisie du Croissic.

     

    I° Jean-Baptiste Gallerand, (le Croisic, 2 aout 1768 – 21 septembre 1832), fils d'un horloger, négocient, juge de paix, maire du Croisic de 1806 à 1820, acheta le manoir de Beauregard ; marié le 28 juillet 1799 au Croisic avec de Julie Bertho, (Le Croisic 8 mars 1775 – Le Croisic 19 septembre 1832), fille de Joseph Bertho, capitaine de navire, et de Renée Raoul, d'où :

    1° Marie-Eulalie, née le 18 octobre 1799 à Guérande, mariée au Croisic le 29 mai 1825 avec Emile Vaillant ;

    2° Gérôme-René-Lucien, (Guérande 13 février 1801 – Guérande 13 aout 1813) ;

    3° Désirée-Armandine née au Croisic le 27 octobre 1803 avec Emile-Pierre Culine-Leroux, employé des Contributions indirectes ;

    4° Virgine-Josèphe, (le Croisic 24 septembre 1806 – Le Croisic 30 novembre 1871) ;

    5° Marie-Joséphine, (Le Croisic 31 janvier 1815 – Le Croisic 31 octobre 1815) ;

    6° Stéphanie, née au Croisic le 22 avril 1819, mariée à Saint-Malo en 1837,  mariée à Saint-Malo en 1837 avec Hippolyte-Léon Culine-Leroux, (frère d'Emile-Pierre Culine-Leroux).

     

    Famille Culine-Leroux, puis Culine de Roux

     

    Famille de la bourgeoisie originaire du Périgord, établie à Saint-Malo à la fin du 18e siècle. Contrairement à ce que Léon fit croire aux Nazairiens, sa famille n'était pas noble, et n'avaient aucun lien avec la famille noble périgourdine de Roux.

     

    I° Hippolyte-Léon Culine-Leroux, puis Culine de Roux, (Saint-Malo 25 novembre 1795 - , négocient à Saint-Nazaire, employé des contributions directes, conseiller municipal (conservateur) de la section de l'Immaculée en 1878, marié à Saint-Malo en 1837 avec Stéphanie Gallerand, née au Croisic le 22 avril 1819, héritière du manoir de Beauregard, fille de feu Jean-Baptiste Gallerand, juge de paix, maire du Croisic, et de Julie Bertho, d'où :

    1° Léon-Emile, (Saint-Malo 2 juillet 1839 - 10 mars 1915 - Saint-Nazaire), conseiller municipal de l'Immaculé durant 31 ans ;

    2° Stéphanie, (Dol-de-Bretagne16 mai 1841 -  26 novembre 1925 au Manoir de Beauregard), sans alliance ;

    3° Blanche-Stéphanie, (Dinard 30 avril 1853 – Dinard 18 juillet 1853 au Manoir de Beauregard), sans alliance ;

    4° Blanche-Marie, (Dinard 30 mars 1857 - 9 août 1934 au Manoir de Beauregard), sans alliance

     

    Les héritiers vendirent le manoir de Beauregard à la famille Laurent après la mort de Blanche en 1935.

     

    La famille Laurent, qui possédait une quincaillerie à Saint-Nazaire, s'en porta acquéreurs, et fit restaurer la maison par un architecte parisien, Max Alers, architecte spécialisé dans la construction dans le style 17e, et à qui l'on doit par exemple la réalisation de l'immeuble du 21 place Dauphine à Paris, imitation parfaite des ses voisins datant du règne Louis XIV.

     

    (Ajout du 10 mai 2015 : Depuis une vingtaine d'années, il appartient à monsieur Dominique Moris qui a ouvert sa résidence à la presse : http://www.lechodelapresquile.fr/2015/04/10/chateau-de-beauregard-par-ici-la-visite/ )

     

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    Beauregard dans les années 1950, coll. Archives municipales de Saint-Nazaire

     

  • Le manoir de Beauregard à Saint-Nazaire, première partie

    Maison noble de Beauregard

     

    La maison noble de Beauregard existe encore en 2012, elle consiste en un corps de logis rectangulaire, avec rez-de-chaussée sur cave, et un étage sous toits à forte pente, au centre se trouve un pavillon à trois étages, avec à l'Est un corps de ferme bordant la cour d'honneur, qu'elle sépare d'une cour de servitude. L'ensemble a été restauré aux 19e  et au 20e siècle. 

    20 beauregard BIS.jpg

     

    Beauregard au début du 20e siècle, dessin de Paul Bellaudeau, archives municipales de Saint-Nazaire

     

    J'insiste sur le fait que Beauregard est une maison noble, c'est donc un bâtiment dont la dévolution se faisait en "partage noble", celons les règles définies par "La Coutume de Bretagne", ce n'était pas le siège d'une seigneurie, c'était un arrière-fief, aucune justice n'y était rattachée, mais elle bénéficiait  de certains privilèges particuliers aux " biens nobles ".

     

     

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    Cadastre de 1829

     

     

     

    Liste des propriétaires :

     

    Famille du Coudray de La Mouidaye

     

    Armes : D'or à la bande de gueules, chargée de trois coquilles d'argent, et accostée de deux cotices d'azur.

    Famille noble d'ancienne extraction, maintenue lors de la réformation de noblesse par arrêt et ordonnance des 17 novembre 1668, (6 générations), 16 janvier 1699 et 11 décembre 1701, (Bibliothèque Municipale de Rennes, Ms. 504 et 505).

     

    I° Briand du Couldray, écuyer, sieur de Condé, seigneur de La Mouidais en Montoire, et de la maison noble de Beauregard, décédée en 1626 ; époux de Françoise Delalande, d'où :

    1° Denis, seigneur de La Mouidais, et de la maison noble de Beauregard ;

    2° Guy, qui suit.

     

    II° Guy du Couldray, écuyer, seigneur de La Mouidais, et de la maison noble de Beauregard, marié en 1667 à Marguerite de Besné, d'où :

     

    III° Isaac du Couldray, écuyer, seigneur de La Mouidais, et de la maison noble de Beauregard, vendit celle-ci à Pierre Hémery, époux de Jeanne de France, d'où :

    1° Françoise, (11 octobre 1668 – 5 février 1673) ;

    2° Jacques, (1er octobre 1670 – 28 janvier 1673) ;

    3° Olivier, (25 septembre 1672 – 20 février 1673) ;

    4° Françoise, (28 mai 1674 – 28 novembre 1674). 

     

     

    La famille Hémery

     

    Armes : D'argent à trois chouettes de sable, becquées et membrées de gueules, accompagnées d'un annelet du même en abîme.

    (NB : le nom de Hémery revient plusieurs fois dans l'histoire de Saint-Nazaire, certaines branches avaient accédé à la noblesse, d'autres sont restées roturières.)

     

    I° Pierre Hémery, écuyer, sieur de Préambert, de La Rivière et seigneur de la maison noble de Beauregard par achat à Isaac du Couldray ; marié en 1615 à Saint-Nazaire à Guillemette Le Guennec, fille de Prégent Le Guennec, écuyer, seigneur de Kron, Bogat, Trévran et La Chaussée, et de Julienne de Bogat, dame de Bogat et de Trévran ; d'où :

    1° Jeanne, baptisée le 30 avril 1617 à Saint-Nazaire, dame de Préambert, mariée le 27 janvier 1660 à Guérande avec Pierre Le Texier, procureur et notaire royal à Guérande, sénéchal de La Ville-aux-Fèvres ;

    2° Gilles, qui suit ;

    3° Suzanne, dame de La Rivière, (Saint-Nazaire 18 novembre 1619 - 27 avril 1673 Saint-Nazaire ;

    4° Françoise, dame de Beauregard, épouse de François Jegat ;

    5° Anne, dame de Lisle.

    II° Gilles Hémery, écuyer, sieur de Préhambert, (Guérande 5 avril 1618 - 10 novembre 1686 Saint-Nazaire) , époux de Claude Pasquette, d'où :

    1° Françoise, baptisée à Saint-Nazaire le 29 janvier 1653 ;

    2° François, qui suit.

    III° François Hémery, écuyer, seigneur de la maison noble de Beauregard, (par héritage de sa tante Françoise Hémery-Jegat), sieur de Préhambert, (né en 1654 - inhumé le 11 mars 1731 à Guérande), marié 1e avec Lia Yviquelle ; 2e à Guérande le 3 septembre 1697 avec Charlotte du Hill, d'où :

    1° Charlotte, (Saint-Nazaire, 29 juin 1699 – 24 septembre 1699 Saint-Nazaire) ;

    2°Renée, dame de Beauregard, (Saint-Nazaire 15 septembre 1700 – 19 février 1757 Saint-Nazaire), mariée le 24 avril 1724 à Honoré-Jacques de Guériff, chevalier, seigneur de Lanouan, (voir seconde partie Beauregard) ;

    3° Rose, née le 5 janvier 1702 à Saint-Nazaire ;

    4° fils mort né, inhumé le 5 octobre 1702 à Saint-Nazaire ;

    5° un fils mort le jour de sa naissance le 29 août 1704 à Saint-Nazaire.