Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Léon Guillet, un académicien nazairien

    On trouve parfois dans la presse nazairienne de l’entre-deux-guerres la mention de l’académicien Léon Guillet, membre l’Académie des sciences, notamment lors de remis de prix au Collège Saint-Louis, comme ici en juillet 1933 :

     

    Léon Guillet, académicien, saint-nazaire

    Le Courrier de Saint-Nazaire, 22 juillet 1933

     

     

    Madame Nicole Chezeau lui a consacré une longue biographie et bibliographie en 1994, consultable ici : https://www.persee.fr/doc/inrp_0298-5632_1994_ant_19_1_8458

     

    Nous nous bornerons à ajouter à cet excellent travail les éléments suivants :

    Léon-Alexandre Guillet est né le 11 juillet 1873[1] au 6 de la rue de Ville-es-Martin[2] à Saint-Nazaire. Il était le septième enfant, (sur une fratrie de 8), de Pierre-Joseph Guillet, avoué licencié (en droit), âgé de 45 ans, et d’Elisabeth-Jeanne Chauveau, âgé de 38 ans. Il y avait 15 ans de différence lui et son frère aîné. Il épousa civilement[3] le 21 juillet 1898 à Paris Marie-Béatrice-Hedwige Soullier, (1871-1953), dont il eut :

    1° Béatrix, (1900-1994), épouse de Jean Cournot, (1895-1993), d’où postérité ;

    2° Léon-Pierre, (1908-1991), ingénieur métallurgiste, époux de Paule Terrien, (1909-2009), d’où postérité dont l’écrivain Christian Guillet, (°1934).

    Il décéda le 9 mai 1946 en son domicile du 30 avenue de Villiers à Paris. Son acte de décès le mentionne comme : « Grand officier de la légion d’honneur, directeur honoraire de l’École Centrale, membre de l’Institut ».

     

     

    [1] Déclaré le 12.

    [2] Actuelle avenue Général de Gaulle.

    [3] Nous ignorons la date de son mariage religieux.

  • L'Allée du château à Saint-Marc

    Il nous a été demandé : « Pourquoi à Saint-Marc l'Allée du château se trouve si loin du château ? »

     

    Cette allée se trouve sur la pointe qui domine la plage à l'Est, et celle-ci se nomme « colline du château »

    Léon Maître, (1840-1926), dans son « Guérande et la contrée guérandaise » édité par Grimaud à Nantes en 1894, explique :

    « Sur la pointe de Saint-Marc on voyait encore, il n'y a pas 50 ans d'énormes fortifications qui font penser aux terrasses que César édifia contre les oppidia des Vénêtes. Les lieu a conservé au cadastre le nom de Château, il est assez élevé pour servir de point d'observation. Les cultivateurs y on ramassé une monnaie romaine qui est dans la collection Kervilier ; leur charrue soulève des pierres taillées et des briques à rebords. »

    C'est donc le souvenir de castrum antique qui a donné son nom au lieu. On ne sait pas plus son sujet que ce que Léon Maître a écrit, car l'endroit c'est urbanisé dès la fin du 19e siècle et il n'y a pas eu de fouilles officielles. Notons aussi que la section au nord de la Colline du Château se nomme « île du Château ». A Saint-Nazaire et dans tout le pays de Guérande, on appelle « île » une grande réunion de pièces de terre entourées de chemins ou de fossés de drainage.

     

    Il n'y a donc aucun lien avec l'Allée du Château et la grande villa dite « château de Saint-Marc », dont nous avions parlé il y a quelques années : http://saint-nazaire.hautetfort.com/archive/2012/07/25/le-chateau-de-saint-marc.html

  • Du casino de Saint Nazaire au Collège Saint-Louis, 2ème partie

    En 1922, monseigneur Eugène Le Fer de La Motte, (1867-1935), évêque de Nantes[1], fit acquisition des bâtiments, annexes et terrains de l’ancien casino des Mille Colonnes et y fonda le collège Saint-Louis à l’usage exclusif des garçons[2].

     

    Il fit faire des rénovations au bâtiment du Casino, supprimant au passage l’horloge en façade, transformant la grande salle devint le réfectoire, le théâtre une chapelle, et procéda à des agrandissements. Il obtint par ailleurs de la Municipalité que seule le chemin vicinal n°15, (actuelle rue André Le Nôtre), soit prolongé à travers la propriété, vers l’océan depuis l’avenue de Plaisance (actuelle avenue François Mitterrand).

     

     

    casino, collège-saint-louis, saint-nazaire

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

     

    L’établissement ouvrit en octobre 1924. L’enseignement allait des classes enfantines jusqu’à celle de philosophie et de mathématique, et conduisait aux baccalauréats A, A’, B. 

    Les élèves devaient tous être catholiques.

     

    En mars 1925 une tempête arracha une partie du revêtement de la digue du boulevard, ce qui explique pourquoi aujourd’hui la section de mur du remblai devant le collège est en béton armé.

     

    En 1932 monseigneur Le Fer de La Motte décida l’édification d’un nouveau bâtiment, (nommé actuellement bâtiment Atlantique). Il en commanda les plans à l’architecte nantais René Ménard[3], (1876-1958), Mémorial de Sainte-Anne-d'Auray à la mémoire des 240 000 Bretons morts pour la France.

     

    le fer 18 mars 33.jpg

    Visite du chantier par monseigneur Le Fer de La Motte le 13 mars 1933  (le Courrier de Saint-Nazaire 18 mars 1933)

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

     

     

     Il fut présenté achever, le 25 septembre 1933 à la presse, et ouvert à la rentrée du 1er octobre 1933.

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    Monseigneur Le Fer de La Motte le 25 septembre 1933 sur le toit du nouveau bâtiment, (le Courrier de Saint-Nazaire 30 septembre 1933)

     

    À un angle de ce bâtiment fut placée une statue en béton armé à l’effigie de Saint-Louis, œuvre de Maxime Real del Sarte[4], (1888-1954), posée sur une console sculptée par Alexandre Desmarchix, (1874-1962), aux armes de monseigneur Le Fer de La Motte, (Écartelé : aux 1 & 4, échiqueté d'or et de gueules (Le Fer) ; au 2, de gueules au vaisseau équipé d'or, habillé d'hermine, voguant sur une mer de sinople mouvant de la pointe et ondée d'argent, au chef aussi d'hermine (Nantes) ; au 3, d'argent de chef de gueules, (Avaugour), avec chapeaux et lambrequins, crosse, cri de guerre « Jhesus Maria », et devise  « Pour vos âmes », inaugurée le 8 novembre 1933[5].

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    La statue dans son état original et dans celui de 2015

    (seconde photo © Fondation du Patrimoine)

     

    Ce nouvel immeuble, équipé du chauffage central, contenait des salles de classes, un dortoir au dernier étage, et un « escalier d’honneur », aux marches en iroko.

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    700_001.jpg

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    Vues aérienne prise en 1933

     

    Le terrain à l'arrière, malgré l'aménagement d'une cour entre les bâtiments, resta un terrain vague. Au moment de l'achèvement du bâtiment de 1933, un ouvrier avait demandé à monseigneur le Fer de La Motte ce qu'il comptait en faire, l’Évêque avait répondu qu'il prévoyait d'y « organiser les prochains jeux olympiques ». En réalité s'il était projeté d'agrandir le collège en y ajoutant d'autres bâtiments, les caisses étaient vides pour plusieurs années.

     

    Le Collège Saint-Louis fut durant l’entre-deux-guerres un lieu important de la communication de l’évêché de Nantes. On y invita de nombreuses personnalités catholiques et royalistes, comme l’académicien Henry Bordeaux venu à Saint-Nazaire pour faire une conférence en janvier 1935.

     

    En 1938 les élèves reçurent à la rentrée un carnet de cartes postales du collège, et un carnet comprenant des extraits du règlements, ainsi que les tarifs de pension.

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

     

    Cliquer pour agrandir les textes

    20190112_091746.jpg

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    20190112_091806.jpg

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    Couverts d'un demi-pensionnaire de 1925, portant initiales et chiffre de l’économat

     

    L’établissement, qui jusque-là avait échappé aux réquisitions de l’occupant[6], ferma le 18 novembre 1942 en raison de l’évacuation des élèves de toutes les écoles nazairiennes ordonnée par la municipalité. Investi par les troupes allemandes, celle-ci édifièrent blockhaus de 1 500 m2, à l’angle des rues André le Nôtre et de Pornichet, (dont la destruction ne fut entreprise qu’en juillet 2018 et nécessita plus de 5 mois de travail).

     

    Le Collège réouvrit en octobre 1945 dans les locaux de l’hôtel des Edelweiss, au 127 avenue de Paris à La Baule. En 1951, bénéficiant des indemnités de dommages de guerre, l'évêché fit détruire les bâtiments du Casino et des bains turcs pour faire place à un nouvelle immeuble copié sur celui construit en 1933, avec une aile en retour, et l’ajout d’une conciergerie entre les deux. Ce n’est qu’en 1953 qu’il retrouva ses locaux nazairiens. Le bâtiment de 1933 fut agrandi d'une aile en 1957.

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    © éditions Gaby

     

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    © éditions Gaby

     

    Du casino des Mille Colonnes il ne resta que les grilles et murés d’enceinte, si celles-ci disparurent dans les années 80, l’observateur peux encore voir dans les reprises de maçonnerie du muré les traces de l’ancien casino et des bains turcs.

    casino, saint-nazaire, collège-saint-louis

    © éditions Gaby

     

     

    [1] Évêque de Nantes du 28 mai 1914 au 8 juillet 1935, date de sa démission pour raison de santé ; évêque émérite de Nantes et in partibus d'Ionopolis du 8 juillet 1935 à sa mort le 20 juillet 1936.

    [2] Très phallocrate, il avait poussé jusqu’à interdire en 1928 la présence simultanée d'acteurs de sexe opposé, dans les représentations théâtrales organisées par ses paroissiens, contraignant au travestissement des hommes en femmes !

    [3] On lui doit la restauration et l’agrandissement de plusieurs châteaux et manoirs dans le département, mais aussi la réalisation d‘églises, et du mémorial de Sainte-Anne-d'Auray.

    [4] Catholique enflammé et royaliste militant, il plaida avec Henry Bordeaux en 1952 la grâce médicale de Charles Maurras après du président Auriol.

    [5] Cette statue, fortement érodée, fait l’objet depuis 2015 d’un appel aux dons pour son remplacement, car sa restauration s’avère impossible : https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/statue-saint-louis-du-college-lycee-saint-louis-a-saint-nazaire ; seul la console à pour l’instant été restaurée en juin 2017.

    [6] Les écoles de Méan et la cantine des écoles située dans le bâtiment des halles avaient été requestionnées à l’arrivée des troupes allemandes.

  • Du casino de Saint Nazaire au Collège Saint-Louis, 1ère partie

     

    À la fin du 19e siècle, Saint-Nazaire n’était pas uniquement un port d’où l’on partait vers les Antilles et l’Amérique Centrale, c’était aussi une station balnéaire. On y prenait les bains de mer à La Villès-Martin, à Porcé, à Saint-Marc, à Sainte-Marguerite et Pornichet (Pornichet n’est devenu une commune qu’en 1905) et aussi au Grand-Traict, que l’on désigne aujourd’hui comme « plage du centre-ville »

    Sur cette plage du Grand-Traict,  qui n’était pas encore envasée à cause des brises lames de la Nouvelle-entrée, il y avait un établissement nommé d’après celui de son propriétaire : « Les Bains Jaguin ». Le boulevard Albert Ier n’existait pas encore ; le boulevard de l’Océan, (qui devint Wilson en 1925), stoppait à l’angle de l’avenue de Lesseps et du bois de pins planté pour fixer les dunes, et qui  ne deviendra qu’à partir de 1887 le Jardin des Plantes. On était alors à l’extérieur de la ville, le quartier du Sable (avenue de La Havane) commençait à être loti, il ne le fut véritablement qu’au milieu des années 1930.

     

    Les Bains Jaguin était un baraquement de bois tout en longueur, contenant une salle de café, avec à chaque bout un vestiaire par sexe. Une fois changé, on allait, sous la surveillance d’un maitre-nageur, prendre son bain en suivant une ligne de corde fixée à des poteaux plantés dans l’eau, ou en s’y immergeant depuis un ponton qui s’aboutissait par quelques marches descendantes dans les flots.

     

    En 1896 la municipalité décida de prolonger le Boulevard de l’Océan. Désireuse de développer le caractère balnéaire de la commune, elle entraîna la destruction des Bains Jaguin, et permit la création d’un casino qu'on baptisa l’établissement de jeux : « Grand Casino des Mille Colonnes ».

    casino, saint-nazaire

    Le projet de 1896 était aussi ambitieux que son nom l'indiquait. Sur le vaste quadrilatère qui correspond aujourd’hui au Collège Saint-Louis, mais aussi au Skatepark et au lotissement contigu, jusqu’à la rue Severine, devaient s’élever un casino avec salle de spectacle et restaurant, un bain turc, un hôtel, une plage privée avec des cabines, des écuries et remises pour les chevaux et un service d’automobiles qui aurait dû faire les taxis jusqu’au Croisic, le tout dans un vaste jardin agrémenté.

    casino, saint-nazaire

    Une voiture taxi devant le casino

     

    La ville créa aussi une ligne d’omnibus Gare-Villès-Martin avec un arrêt devant le complexe.

     casino, saint-nazaire

    L'omnibus devant le casino

     

    casino, saint-nazaire

    Le bâtiment des bains turcs

     

    Monsieur F. Grailhes, initiateur du projet, et propriétaire en propre du casino, avait pour le reste trouvé plusieurs associées, dont Maxim Audoin (1858-1925), le directeur du journal Le Goéland, qui devait diriger la partie voiturage.

    L’entreprise, malgré la diffusion de nombreux articles élogieux dans la presse, ne vit réaliser que le casino avec sale de café et restaurant, la salle de théâtre, le bain turc, les écuries, dans le prolongement du casino, et la plage privée avec ses cabines, qui était reliée au casino par un souterrain aujourd’hui bouché mais dont l’entrée est encore visible dans les maçonneries du remblai. Cette plage, munie de cabines telle qu’on peut encore en voir sur l’île du Lido à Venise, fut anéantie par un mini raz-de-marée en août 1904, et jamais rétablie.

    casino saint-nazaire

    La plage du casino avec ses cabines

     

     Le jardin ne fut jamais réalisé, et l'ensemble donnait à l'arrière sur un terrain vague accidenté de dunes et d'herbes.

     

     

    Le casino se composait au premier étage d’une salle centrale où était le café, donnant sur la colonnade.  En entrant, à gauche était la salle du restaurant, et gauche une salle dite « salon des petits-chevaux », du nom de la machine de jeu de hasard placée comme une roulette en bout de table, qui se composaient de figurines de chevaux avec jockeys, fixés sur des rails dans une imitation d’hippodrome, et qui tournaient sous les paris grâce à un mécanisme actionné par le croupier. Ce jeu rassemblait des paris à 5 ou 30 centimes, et était le seul jeu de casino autorisé, aux femmes, (ou du moins toléré), par la circulaire du 13 novembre 1886.

    Le jeu, principalement le baccara, se faisait dans la grande salle de l’aile à droite de l’entrée. On y jouait sous la surveillance d’un commissaire, et une tenue élégante y était de rigueur. Les femmes pouvaient entrée dans cette salle si elle était accompagnée d’un homme, mais il leur était interdit de parier, ni même de tenir les cartes de leur époux.

    À l’arrière se trouvait la salle de théâtre, qui servait à la fois pour des spectacles, des concerts, mais aussi pour des conférences, (Jean Charcot en fit une en 1903), et même les remises de prix des écoles.

     

    prix-001.jpg

    Sortie d'une distribution de prix des écoles

     

    Quoique certaines célébrités de la chanson et de la musique de l’époque soient venues s’y produire, et qu’il fut situé aux abords immédiats de l’agglomération, le casino ne fut jamais totalement rentable, (le premier casino de La Baule, aujourd’hui sur le territoire de Pornichet, ouvert en 1882 avait lui-même été contraint de cesser ses activités en 1887). En 1904, F. Grailhes vendit l’établissement moribond. Il était aussi pris dans le scandale d’un meurtre commis en 1903 par un habitué de son établissement, un dénommé Largeteau, jour compulsif, ancien employer des contributions, chassé de l’administration pour malversations, avec qui il entretenait des liens d’amitié. Largeteau fut accusé d’avoir tué la veuve Deceroit, née Marie Houstin, une rentière de la Haute-Saône, âgée de 43 ans, en vacances à La Baule. Connue sous le nom de « Crime du Grand-Marais », car c’est dans ce lieu nazairien que l’on découvrit, coincé sous un trépied qui devait le maintenir immergé, le corps de la malheureuse, cette affaire secoua profondément la ville, et provoqua toutes sorte de rumeurs et de lettres de dénonciation. Largeteau fut acquitté faute de preuves, mais le mal avait été fait et la rumeur resta persistante surtout après la découverte une fois le jugement rendu des valises de la veuve Deceroit maculée de sang, envoyée en consigne à Paris depuis Saint-Nazaire. Or à l’époque on ne rejugeait pas les affaires criminelles.

    Une campagne de presse annonça en 1904 le changement de propriétaire avec promesses de nouveau jeux et spectacles.

     

    Le lundi 23 septembre 1907, à l’occasion des festivités données pour l’inauguration de la nouvelle entrée, le déjeuner officiel du premier jour fut organisé au casino par la mairie et la préfecture. En grande pompes y vinrent y assister : Aristide Briand, alors ministre de l’Intérieur, Gaston Thomson, ministre de la Marine, et Louis Barthou ministre des Travaux publics[1], différents officiels, plusieurs invités appartenant à l’élite municipale, et d’autres personnes désignées non sans ironie par Henry Moret, comme « des souscripteurs qui avaient réussi à se procurer des cartes [2]». Au dessert le maire, Baptiste-Auguste Lechat, puis Aristide Briand, prononcèrent discours.

     

    casino, saint-nazaire, nouvelle-entrée-1907

     

    Le 10 juillet 1910 un autre banquet officiel eut lieu au casino en présence d’Albert Sarrault, sous-secrétaire d’État à la guerre, venu inauguré le monument aux morts de 1870.

     casino, saint-nazaire

     

    L’établissement finit par fermer à la fin de l’année 1911, et se dégrada rapidement sous l’effet des tempêtes et de l’air marin. Les repas officiels furent alors donnés au Grand Hôtel, et cela jusqu’aux bombardements.

     

    L’armée requestionna en 1914 les lieux. Transformé en caserne, puis, un temps en hôpital militaire.

    casino, saint-nazaire

    casino, saint-nazaire

    Au temps de l'occupation militaire

     

    L’ancien casino fut ensuite affecté aux troupes étasuniennes en avril 1917. Sur le vaste terrain de l’établissement et ses abords, les autorités françaises avait établi le dépôt pour les 160.000 chevaux et 68.727 mulets amenés d’Amérique.

    Quand les troupes étasuniennes le restituèrent en 1920 à leur départ, le bâtiment était dans un état lamentable. Les portes avaient presque toutes disparues. Il devint un squatte pour tous les sans-logis de l’agglomération.

     

    En 1922, monseigneur Le Fer de La Motte, évêque de Nantes, fit acquisition du complexe et y fonda le collège Saint-Louis. (À suivre…)

     

    [1] Louis Bathrou décéda en 1934 à Marseille, victime d’un terroriste qui visait le roi de Yougoslavie. Il fut le patient régulier du docteur Raffegeau, médecin qui soignait les états dépressifs, qui légat aux Nazairiens le château des Charmilles à Porcé.

    [2] Henry Moret, « Histoire de la ville de Saint-Nazaire ».