Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le château de Heinlex, quatrième partie

Du préfet Cassé-Barthe à Henri Allanet

 

La famille Cassé-Barthe

 

Après juin 1924 Heinleix appartient à Henri-Jean-François Cassé-Barthe, qui a été successivement chef du secrétariat particulier du gouverneur général de l'Indochine, vice-président de France au Tonkin ; commissaire délégué de l'Annam à l'Exposition coloniale de Marseille de 1906 ; sous-préfet d'Espalion ; secrétaire général de l'Allier ; sous-préfet de Grasse ; sous-préfet de Morlaix (près de 4 ans) ; chef adjoint du cabinet du ministre de la Guerre en 1917-1918 sous le ministère Clemenceau ; préfet de l'Aveyron 25 juin 1918 au 16 février 1921, date à laquelle il devient préfet d'Eure-et-Loir jusqu'à sa nomination comme préfet des Côtes-du-Nord le 28 août 1924, poste qu'il occupera jusqu'au 5 février 1926 date à laquelle il fut mis à la disposition du ministre des Affaires étrangères comme délègue français à la commission interalliée chargée du règlement des dommages de guerre en Turquie, mission lui a valu une lettre de félicitations du président de la commune interalliée il officia surtout dans les affaires concernant les établissements religieux français d'Orient. Il fut mis à la retraite sur sa demande et nommé préfet honoraire en 1929, mais dirigea dès lors ,comme chargé de mission, les services du ministre de la Marine marchande. Chevalier de la Légion d'honneur, il fut élevé à la dignité de commandeur en janvier 1930. Depuis combien de temps possédait-il le domaine ? Il est impossible de le dire, exactement, son adresse officielle est dès 1925 son château de Varés à Recoules-Prévinquieres en Avérons, une immense demeure féodale qui fait passer le manoir de Heinlex pour une villa de bord de mer, ce qu'il est peut-être en fait pour monsieur Cassé-Barthe et sa famille, qui l'a acheté avec une partie des meubles laissé par le propriétaire précédent, et qu'il obligera à racheter en sus des terres et des bâtiments quand la municipalité voulut acquérir Heinlex en 1933.



 

La Ville de Saint-Nazaire

 

François Blanco avait fait voté la création d'une école de pleine air en 1926, la légende veut que l'administration municipale visita dix-huit propriétés dans tout le département avent de porter son choix sur Heinlex que monsieur Cassé-Barthe cherchait à vendre. Le 24 juillet 1933, le Conseil municipale voté l'acquisition du manoir avec son parc avec un étang, d'un surface de 18ha, de sa ferme avec un potager d'1ha, de 3ha labourable et 5ha de pâture, le tout d'un seul tenant, et clos de murs, l'ensemble pour un montant de 650000fr, dont 371000frs était pris en charge par l'Etat à titre d'acquisition et de dépense pour l'aménagement. Pour l’opposition, la commune achetait le propriété 350.00frs au dessus de sa valeur réelle, et que le maire aurait du négocier à la baisse l'achat, car personne ne voulait de la propriété. La vente traîna, car monsieur Cassé-Barthe obligea la municipalité à acheter en sus le mobilier provenant des propriétaires précédents. La municipalité céda et fit estimer le mobilier par monsieur Aulnette, le commissaire-priseur propriétaire de la salle des ventes du même nom à Saint-Nazaire, de faire l'estimation qui fut présentée à la séance du conseil municipal du 4 décembre 1933 :

Au rez-de-chaussée :

Salon de velours de Gênes (9 pièces) ; tapis Smyrne de 5m50 x 4m50 ; lustre salon cristaux : 4250frs

Buffet de salle à manger ; table ; six chaises cuir : 1500frs

Lustre cage d'escalier :150frs

Au deuxième étage :

Un lit complet laqué ivoire largeur 1,25 ; un lit complet laqué gris, largeur 1,25 : 800frs

Trois lit de fer complet, largeur 80 ; un lit de fer sans literie, largeur 80 : 300frs

Une table à réservoir d'eau : 150frs ;

Une table bureau, drap gris : 150frs ;

Un secrétaire : 250fr ;

Un canapé, deux fauteuils Empire en drap vert ; deux fauteuil et deux chaises (à recouvrir) : 400fr

Matériel jardin, bancs, tables, fauteuils, chaises : 400fr

TOTAL : 8400frs.



Le Conseil accepta... on signa un premier accord en septembre... mais la vente fut finalement conclue à la fin du mois de décembre 1933. Ce caprice du vendeur provoqua des railleries, et on dit que le maire faisait des dépenses somptuaires en achetant un château !



Le 6 février 1934 le Conseil vota le projet d'installation de l'école de plein air, qui ouvrit le 5 novembre 1935.

Sans titre-2.jpg

Ouest-Eclair du 4 aout 1933

Sans titre-3.jpg

Sans titre-4.jpg

310_003.jpg

ferm.jpg

 

Au moment de l'occupation le domaine fut investi par les Allemands qui en firent un centre de repos pour leurs sous-mariniers. Ils édifièrent des baraquements dans le parc.

A la libération les Américains investirent les lieux, la 25e D.I. Y établit son camp. Heinlex ne fut rendu à la municipalité le 18 septembre 1947 à 16h, avec tout le matériel que les Américains avaient apporté et celui que les Allemand avaient laissé !



L'hôtel Dieu et la Maternité ayant été totalement rasés, l'ancienne hospice de Gavy avait été transformé en hôpital provisoire, le conseil vota l'établissement à Heinlex du nouvel hôpital qui les premiers temps pris place dans les baraquements de l'armée allemande. C'est grâce Henri Allanet, que ce projet fut possible, l'ensemble de son œuvres et sa vie ont été racontées en 2006 dans le livre de son fils Pierre-Henri Allanet, « Henri Allanet, un citoyen du XXe siècle », aux Editions Pleine Page.

Les commentaires sont fermés.