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  • La Villa Victor à Porcé

    La Villa Victor a été construite pour monsieur Victor Dupin, dont nous avons pu établir la biographie grâce à la famille Hailaust qui lui est apparentée.

     

    Né le 4 octobre 1854 à Seiches-sur-le-Loir, Victor Dupin était le second fils d’Auguste Dupin, pontonnier, et de Marie Hailaust qui fut cabaretière à Lézigné.

    En 1872 il rejoignit avec son frère ainé, Auguste, leur oncle Louis Hailaust, qui avait fondé à Nantes Hailaust et Cie, une société d’importation de bois, dans laquelle leur père avait une participation financière. Il y fut alors commis-négociant

     

    En 1896 il fit l’acquisition à Saint-Nazaire d’un terrain situé entre le chemin de Porcé, le chemin de la Plage, et le chemin des Demoiselles. Ce sera la villa Victor, propriété toujours existante, même si les deux tiers de son parcs, planté d’essences variées, a depuis été réduit à son tiers, au profit des immeubles du 97 chemin de Porcé, et 28 chemin de la Plage.

    villa victor nazaire porce

    La villa Victor en 1912, (coll. David Silvestre)

     

    La demeure, en moellons de granite, a conservé jusqu’à présent son décor d’origine. Une cheminée dans le grand salon, en stuc, porte les initiales VD, et est décorée de panneau de céramiques figurant une biche et un cerf et des oiseaux autour du foyer. Le rez-de-chaussée comporte des parquets, en damier trompe-l'œil dans le bureau, avec une étoile dans le bow-window du salon, ainsi que des plafond en caissons dans le style typique de la presqu'île guérandaise.

    La maison était à l’origine associée à un bâtiment rectangulaire en pierres enduite et garniture de briques, abritant remises et logement des employés. Construit le long du chemin de Porcé, il a aujourd’hui disparu.

    En 1906, Victor Dupin devint directeur de la succursale nazairienne de Hailaust et Fils. En 1908 son cousin germain, Georges Hailaust donna une importante extension à la société en s’associant à Carl Benjamin Gutzeit, un négociant d’origine norvégienne établi à La Rochelle. L’entreprise devient Société d’Importation des Bois du Nord et d’Amérique Hailaust et Gutzeit. A la même période, monsieur Van Duym, vice-consul de Norvége à Saint-Nazaire depuis 1906, décida d’abandonner ses fonctions, la Norvège n’a retrouvé son indépendance qu’en 1905 après 518 ans de soumission au Danemark puis à la Suède - monsieur van Duyn était aussi vice-consule de Danemark depuis 1881). Victor Dupin reçut alors l'exequatur de vice-consul de Norvège. L’annonce parut dans le numéro de juillet 1908 de la revue Questions diplomatiques et coloniales, et au Journal officiel le 18 octobre 1908.

    Victor Dupin saint nazaire

    Victor Dupin devant sa villa en 1912

     

    En 1911, Victor Dupin quitta la direction de la succursale de Saint Nazaire. C’est à cette époque que, retraité, il posa devant sa villa pour un carte postale éditée par Delaveau à Saint-Nazaire.

    Le 24 juillet 1916, alors âgé de 61 ans, il épousa à Saint-Nazaire Marie-Joséphine Evrare, et décéda mois de trois semaines plus tard, le 11 août 1916.

  • Le major général de la province d’Accadie est à Saint-Nazaire en 1710

    Le registre paroissial de Saint-Nazaire mentionne à la date du 5 décembre 1710 le baptême de Charles de Gannes, fils de Louis de Gannes, écuyer, seigneur de La Falaize, major général de la province d’Accadie, et de dame Marguerite Le Neuf.

     

     

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    Extrait de l'acte de baptême de Charles de Gannes.

     

    Louis de Gannes de La Falaize, est né à Buxeuil, (Vienne), où il fut baptisé le 10 août 1664. Il était le fils de Louis de Gannes, écuyer, seigneur de Falaise, de Rosne et de La Chancellerie, gendarme d'une compagnie du roi, et de Françoise Le Bloy. Sa famille maintenue noble par J.H. Barentin suivant les arrêts du Conseil d'Etat des 22 mars 1666 et 5 mai 1667 dans la généralité et élection de Poitiers (A. Gouget, Armoriai du Poitou). Elle avait pour armoiries : d'hermine à huit mouchetures d'hermine de sable, posées 4, 3 et 1.

     

    Garde de la marine en 1683, Louis de Gannes passa en qualité de lieutenant d’infanterie des troupes de la Marine en Canada en 1687, puis fut nommé capitaine à l'Acadie 1er mars 1696. Après deux veuvages, à l’âge de 40ans, il se maria le 5 août 1700 Rivière Saint-Jean (province de Québec), avec Marguerite Leneuf de La Vallière, âgée de 21ans, native de Beaubassin (aujourd’hui Amherst en Nouvelle-Ecosse). Elle était la nièce de sa première épouse.

    Le 1er mai 1704 il fut promu major de troupes d'Acadie à Port-Royal (aujourd’hui Annapolis, Nouvelle-Ecosse).

    Port-Royal fut prise par les Bostonnais le 13 octobre 1710, durant la deuxième guerre intercoloniale. Les troupes françaises quittèrent la ville et Louis de Gannes de La Falaize embarqua immédiatement avec sa famille à bord de La Dépêche. Marguerite était alors enceinte de son 9e enfant. Celui-ci naquit en mer le 11 novembre, et fut ondoyé le 12. À l’arrivée du navire en rade de Mindin, la famille débarqua à Saint-Nazaire, et le baptême de Charles fut préparé.

    Charles de Gannes, neuvième enfant du couple, reçu ainsi le baptême en l’église de Saint-Nazaire, le 5 décembre 1710. Son parrain fut le frère de sa mère, Alexandre Leneuf, écuyer, seigneur de Beaubassin, capitaine de la Marine ; sa marraine fut Marie-Anne de Goutin[1], épouse de Michel du Pont de Renon[2], aide-major. Tous avaient fuis Port-Royal. Il est à noter que dans le registre le nom de la marraine est orthographié Anne des Goudains, et qu’elle signe Renon.

     

    Louis de Gannes profita de son séjour forcé en France pour régler la succession de ses parents, chez maitre Gibouin, le 4 avril 1711, puis, nommé à Québec, comme major-général de l’Ile royale. Il s’en retourna en Amérique avec sa famille à la fin de juillet 1711, depuis à Rochefort, à bord du Héros, avec deux compagnies de l’Acadie, la sienne et celle du capitaine de Renon. Le 7 octobre 1711, il arrive à Québec. Le dixième enfant du couple, Louis, naquit à Québec le 25 novembre 1711. Louise-Thérèse, onzième et dernière enfant y naquit le 6 octobre 1713. Fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis le 28 juin 1713, en novembre il partit pour la France afin de voir au détail des troupes de l’Acadie restées stationnées à Oléron depuis 1710, et qui devaient se rembarquer pour l’île Royale. Il décéda le 25 février 1714 en arrivant à La Rochelle.

     

    Sa veuve, décéda le 24 mars 1760 à Trois-Rivières (Québec).

     

     

     

    Charles de Gannes, connu par la suite comme Charles-Thomas, fut officier de marine. Il se maria avec Madeleine-Angélique Coulon de Villiers[3] [3]le 23 octobre 1749 à Trois-Rivières. Le couple eut sept enfants, entre 1750 et 1761, dont seule une fille atteint l'âge adulte. Enseigne en second en 1733, il fut promu enseigne en pied en 1738 et lieutenant en avril 1744 ;  en garnison à Louisbourg en 1753, il fut lieutenant dans l’une des deux compagnies du Canada qui avaient été envoyées à l’île Royale ; major en 1757 au fort Saint-Frédéric ; il en fut fait capitaine le 1er janvier 1759. Sur demande du marquis de Vaudreuil faite au ministre Berryer, le 7 janvier 1761, il fut proposé pour la croix de l’ordre de Saint-Louis, avec la mention suivante : « Officier de 1733 ; homme de mauvaise santé et qui fait tout ce qu’il peut. La date de ses services et sa bonne volonté ne méritent pas de le laisser dans l’oubli ». La demande resta sans suite.

    Son épouse fit publier dans La Gazette de Québec du 16 février 1767 : « Damoiselle Angélique Villiers, épouse de Monsieur Charles de Gannes, chevalier de Falaise, avertit le public que, pour son avantage et celui de ses enfants, elle a renoncé par un acte public à la communauté d’entre elle et son époux de présent en France et dans le dessein d’y rester ».

    Charles embarqua pour la France en octobre 1761 à bord de La Jeanne. D’après l’état de la noblesse canadienne, recensement dressé par Carleton en 1767, il résidait à Tours à cette époque, il s’était établi à Tours.

    Le 13 mars 1769, le ministre de la marine écrivait au marquis de Paulmy qu’il ne pouvait « pas nommer capitaine en la légion de l’Ile de France, le chevalier de Gannes Falaise, capitaine ci-devant du Canada, car ce serait faire injure aux lieutenants que d’y admettre des capitaines pris hors corps. »

    On perd ensuite sa trace et on en le retrouve pas dans la liste des chevaliers de l'Ordre de Saint-Louis.

    Son épouse, Madeleine-Angélique Coulon de Villiers, décéda 8 février 1810 à Chambly (province de Québec).

     

    Son parrain, Alexandre Leneuf de La Vallière de Beaubassin, fut pris sur le Neptune et emmené prisonnier en Angleterre en août 1711, alors qu’il revenait de France porter des secours en Acadie. En octobre, il se trouva sans argent à Paris. Louis XIV, en reconnaissait ses services le fit chevalier de Saint-Louis en juin 1712. Il décéda en mer, à bord du Héros, en septembre de la même année.

     

    Sa marraine, Marie-Anne de Goutin, resta en France jusqu’à ce que son époux, Michel du Pont de Redon, fut nommé aide-major de la nouvelle colonie de l’île Royale en 1714 ; en juin 1715 il en fut capitaine. Veuve le 4 septembre 1719, elle se remaria en 1724 ou 1725 épousa, avec Michel Hertel de Cournoyer, subdélégué de l’intendant à Port-Dauphin, (aujourd’hui Englishtown, Nouvelle-Ecosse).

     

    [1] Elle était fille d’un roturier, Mithieu de Goutin, né Goutin, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, écrivain du roi, dont la descendance s’unit avec toutes les familles nobles du Canada français.

    [2]  Membre d’une faille noble du Saintonge qui portait : d'argent, à quatre chevrons de gueules.

    [3] Famille noble issue de Nicolas Coulon, seigneur de Chargny et de Boutinville, conseiller du Roi, prévôt juge civil et criminel de la ville de Mantes, anobli en 1590. Portait : D’azur à une face d’or chargé de trois têtes de maure, bandées d’argent. (La nièce de Madeleine Angélique, Charlotte Amable Coulon de Jumonville, présenta ses preuves de noblesse pour les demoiselles de Saint-Cyr le 17 février 1762 (B.N., fr. 32135, dossier n° 75).

  • Port Gavy

    Connu actuellement comme " l’École des infirmières ", Port Gavy fut à l'origine une propriété comportant une villa et et ses dépendances dans un vaste parc.

     

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    La villa de Port Gavy en septembre 1919, (coll. personnelle)

     

     

    Située sur la Grande île des Gavids, à un emplacement où il n'y avait aucune construction, la propriété fut bâtie durant le Second Empire, probablement vers 1855 à la même période que le château des Charmilles à Porcé, pour William-Felix Le Besque, (1802 - 8 décembre 1877 à Nantes), capitaine de navire, et son épouse Delphine-Aimée Lefebvre, native de Saint-Florent-le-Vieil, couple domicilié à Nantes.

    Destinée a l'usage de demeure de vacances, la villa fut construite sur cave, avec au-dessus un entresol avec une cuisine et une salle à manger pour les domestiques ; un rez-de-chaussé avec salle à manger lambrissée et plafonnée d'acajou, grand salon, et dans la tour un boudoir rond. Au 1er étage trois grandes chambres de maître avec cabinet de toilette, celle qui occupait la tour était dite de Monseigneur Fournier, en référence à Félix Fournier, (1803-1877), évêque du diocèse de Nantes de 1870 à sa mort en 1877, qui passait chaque été quelques semaines à Port-Gavy, car il était ami d'enfance de William-Felix Le Besque. Sa chambre était décorée de peintures qui représentaient en médaillon les bustes des Apôtres et des premiers disciples, avec au-dessus de chaque médaillon, en lettres gothiques dorées, un versé du credo. Les fenêtres étaient dotées de vitraux évoquant des moments de la vie d’Anne de Bretagne, et de François Ier. Au second étage étaient les quartiers des domestiques, avec un accès au grenier et au troisième niveau de la tour, ainsi qu'à la terrasse qui la somme, d'où l'on peut voir de la rade de Saint-Nazaire à la pointe Saint Gildas, et le clocher de l'Immaculée.

    Le domaine était d'une surface de 10ha, le long de 400m de côte, il y avait notamment 3ha de vignes situées à l'emplacement des bâtiments de l'université, qui donnaient encore en 1929 cents barriques de vins, un verger et une prairie, un bois de chênes verts, sapins, et lauriers, une pelouse dégagée en direction de la Villès-Martin, bordée de rosiers, de camélias, et de palmiers. Encore aujourd'hui, on pénétré en direction de l'ancienne villa par un portail du 19e siècle peint en vert, via une allée autrefois bordée de houx.

     

    Au décès de William-Felix Le Besque, son fils Georges-William, né à Nantes le 25 avril 1844, hérita d'une fortune suffisamment confortable pour ne jamais avoir à travailler, et du domaine où décida de résider toute l'année. A l'âge de 36ans, il rencontra Eliza Chavril, âgée de 19ans, orpheline placée sous la tutelle d'un lointain parent, Yves Martin, propriétaire domicilié à Saint-Nazaire. Eliza Chavril naquit le 12 mai 1864 à La Motte dans les Côtes-d'Armor. Sa mère, Marie Anne Le Maire, décéda à La Motte le 5 mai 1875, et son père, Louis Chavril, décéda à Saint-Nazaire le 10 juin 1880. Afin de se marier, Eliza obtint l’autorisation de son conseil de famille, par délibérations du 20 juillet 1883, validées par le juge de Paix du Canton de Saint-Nazaire. Le couple s'unit à la mairie de Saint-Nazaire le 20 août 1883. Si les témoins de Georges-William étaient ses cousins germains Lefebvre venus de Saint-Florent, Eliza eut quant à elle Victor Delaris, le vérificateur des douanes de Saint-Nazaire, cousin par alliance, et Charles Marion de Procé, procureur de la République, désigné comme son ami dans l'acte.

     

    En 1929, la ville de Saint-Nazaire, désireuse de construire un hospice pour ses vieillards, qui se trouvait rue du Traict, tenu par les Filles de la sagesse, congrégation de religieuses hospitalières, se porta acquéreur auprès des héritiers Le Besque, du domaine de Gavy pour la somme de 800.000 frs. La maison était alors relativement défrichée : les marches du perron étaient disjointes, semé d'herbe, les rampes de bois des balcons auxquels s’accrochaient des rosiers, de la glycine et de la vigne vierge, étaient branlantes. La chapelle et les bâtiments de la ferme qui la complétaient, nécessitaient des travaux.

     

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    Intérieur de la chapelle vers 1955. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

     

    Plusieurs projets furent discutés, le premier, dit " projet A " consistait à l'ajout d'une aile à la villa, le second, " projet B ,  prévoyait de construire en plus un vaste complexe de bâtiments construits en paravent face à la côte.

     

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    projet A, (réalisé). (Archives départementales).

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    Projet B, (Archives départementales).

    1 = villa ; 2 = aile réalisée.

     

    Ce fut le projet A qui fut réalisé, par l'ajout à la villa une aile pour les patients. L'entresol de la villa fut adapté aux services, et les niveaux supérieurs devinrent le logement du directeur de l'hôpital. Le balcon en bois découpé de la tour fut remplacé par un balcon en ciment avec escalier ; la fenêtre du troisième étage de la tour fut retaillée en ogive, et l’ensemble fut enduit de ciment peint en blanc. Il est à noter qu'avant guerre, le logement servait uniquement durant les périodes d'été, comme résidence secondaire... En effet, Gavy étant à 4km du centre ville, et 3km de Saint-Marc, et l’absence d'un ligne de bus régulière, firent que son utilisation comme logement à l'année ne convenait pas à une famille. A la Libération, le docteur Allanet, chef de l'hôpital de Saint-Nazaire, à qui l'on doit entre autre la reconstruction de l'hôpital, s'y installa avec sa famille, au grand dam de son épouse qui se plaignait de l'isolement géographique du site (Cf. " Henri Allanet, un citoyen du XXe siècle ", de Pierre H. Allanet). Ils y restèrent jusqu'à la construction de leur maison square des Acacias, actuellement square Henri Allanet.

     

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    Les bâtiments vers 1955. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

    Occupé par les Allemands durant la guerre, les bâtiments furent restitués en septembre 1945 à la municipalité. Henri Allanet y installa l'ensemble du service chirurgicale de la ville, toujours en collaboration avec les Filles de la sagesse. C'est sœur Gustave, (née Anne-Marie Barreteau), qui en assura la gestion. Trois chirurgiens y officiaient : Jagot, Gentin, et Delouche. En janvier 1947, le Centre chirurgicale de Gavy était équipé de 90 lits. En décembre de cette année, la ministre de la Santé, Germaine Poinso-Chapuis, vint visiter les installations hospitalières de Saint-Nazaire.  En 1951 il comportait 100 lits.

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    Salle des malade du centre Chirurgicale vers 1947. (Carte Postale éditions Rosy.)

     

    A la suite de la construction d'un nouvelle hôpital, inauguré en 1960, le Centre chirurgical fut déplacé, et Gavy devient un institut de formation en soins infirmiers.