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  • Sous l'étang un village ?

    Il est des légendes tenaces et communes à tous les lieux. Là où il y un château, il y a un souterrain qui traverse la campagne sur des kilométrés, là où sont des ruines il y a forcément eu un crime et un trésor est caché, et chaque fois qu'il y a une retenue d'eau, il y a un village englouti...

     

    Forcément notre bon Saint-Nazaire ne pouvait vivre sans l'une de ces légendes, (la ville d'Is n'est-elle pas bretonne ?), l'étang artificiel du Bois Joalland s'y prête. On est régulièrement venu me demander ce qu'il en était. Il revient souvent dans la bouche des Nazairiens l'histoire d'un '' village noyé par les allemands durant l'occupation ''. Avec un peu plus de détails certains vous affirmeront que '' les nazis auraient inondé un village nommé l'Epine Blanche ''. On reste cependant toujours au conditionnel en faisant ces affirmations, car au fond de soi on se demande comment cela peut être possible dans une retenue d'eau aussi peu profonde, parce que on est surpris par de telles mesures alors que les nazis brûlaient ou rasaient à coup de bulldozer les maisons pour faire répression. Inondé un village dans le bocage nazairien cela demanderait une mise en œuvre complexe et coûteuse. Toute légende à cependant son fond de vérité, et il y a bien eu un '' village '' submergé au Bois Joalland. Remettons cependant quelques éléments '' à échelle '' : le terme '' village '' est mal approprié, à Saint-Nazaire, que se soit dans les dénombrements seigneuriaux et dans les rapports des arpenteurs qui firent le cadastre de 1829, on nommait '' village '' le moindre hameau, qu'il y ait vingt maisons ou seulement trois.

     

    Voici le cadastre de 1829 à l'emplacement de l'étang du Bois Joalland :

    cadastre1.jpg

     

    Et maintenant voici la superposition avec une vue aérienne de l'étang, avec la zone inondée :

    carte 3.jpg

     

    On observe donc la présence d'une métairie nommée Les Bélaudais, et d'un village, Quelmer (Kermel), qui était le siège d'une ancienne métairie de la seigneurie du Bois Joalland.

     

    Sur le cadastre de 1829 on distingue donc une dizaine de bâtiments à usage agricole et d'habitation qui constituaient le village de Quelmer. Le plus long sur l'axe nord-sud, à droite, était la ferme médiéval, seul bâtiment partiellement en pierre, les autres  bâtiments étaient en torchis. En 1850 ces bâtiments abritaient 3 ménages, soit 14 personnes.

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

    Les Bélaudais (ou La Bellaudais), qui n'est pas sans rappeler le nom de La Bellotière, (aujourd'hui La Belle-Hautière). La racine en est la même, c'est le patronyme de la famille Belliote fort nombreuse à Saint-Nazaire, et qui laissa son nom à plusieurs lieux-dits où elle vivait et possédait des fermes.

    Une vue plus détaillée du secteur, et remontée d'après les feuilles des sections R2, E1, et D2, (la zone se trouve dans une zone de coupe entre ces sections), du cadastre de 1829, nous montre la présence de trois bâtiments et d'une croix à un carrefour :

    belaudais.jpg

     

    La métairie des Bélaudais existait encore quand les troupes américaines arrivèrent à Saint-Nazaire le 26 juin 1917, mais que cela n'était tout au plus qu'une ferme partiellement en torchis et à toit de chaume.

     

    Les Américains établirent leur Camps N°1 dans notre ville. Ils investirent des baraquements construits par des prisonniers allemands qui avaient été expédiés par Paris dans le but de remplacer les ouvriers bretons envoyés sur le front. Les Américains furent confrontés au problème redondant de l’alimentation en eau de Saint-Nazaire. L’afflux de soldats provoqua rapidement une pénurie. Le commandement décida la création d'un réservoir de 2.000.000m², sous la forme d'un lac artificiel, en inondant le vallon situer au cœur de l'ancienne seigneurie du Bois-Joalland. Ils chargèrent les soldats noirs et les prisonniers allemands de couper les arbres, de détruire les quelques maisons qui étaient présentes dans la zone à inonder, de construire une digue de barrage, et une route permettant de contourner l'étang. Cette route passa à l'emplacement du manoir du Bois-Joalland, et juste devant les maison d'un hameau nommé La Cavarderie, qui se situait entre la route du château de Beauregard et la rue Charles Garnier, comme on peut le voir sur la superposition suivante :

    la cavar.jpg

     C'est ainsi que disparurent la ferme des Bélaudais, le village de Quelmer, et la ferme médiévale  dont le ruines étaient encore visibles durant l'hiver 1933-34 suite à un été de sécheresse qui avait presque vidé l'étang, que fut aussi détruit le manoir du Bois-Joalland, (dont il reste la ferme), et que furent constitués les étangs du Bois-Jolland, de Guindreff, et de La Belle-Hautière. L'ensemble de ses retenues d'eau furent achetées par la commune sur cote du Conseil municipal du 18 mars 1920, au moment du départ des troupes américaines.

     

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

     

    Les ruines de la ferme médiéval de Quelmer durant l'hiver 1933-34, suite à la sécheresse qui vida l'étang, photographie parue dans Le courrier de Saint-Nazaire du 28 janvier 1934.

     

    Mais L’Épine Blanche ? On la retrouve dans le second tome de l'histoire de Saint-Nazaire de Fernand Guériff, publié en 1963, il mentionne sa destruction par les américains, ainsi que celui d'un autre village qu'il nomme '' Pengat ''. Henri Moret, pourtant pas avare en détails, et qui était présent sur les lieux à l'époque de la construction, ne mentionne aucun hameau à cette endroit. En fait il y a deux choses qui se superposent dans la mémoire des personnes interrogées entre 1957 et 1963 par Guériff : la mémoire de la création de l'étang, et celle de la destruction du village de L’Immaculée durant la Seconde guerre mondiale. L'Epine Blanche est le nom du coteau qui se trouve au sommet de la rue du château de Beauregard. Deux hypothèses sur l'origine du nom : la plus vraisemblable : la présence d'un important massif d'épines blanches. La seconde serait que le nom vient d'un cépage nommé en Ile-de-France épinette blanche, qui est en fait le pineau blanc, et remonte au temps où Saint-Nazaire était un pays de vignobles. Il semble en effet qu'il y avait à cet endroit des vignes, mais le cépage à Saint-Nazaire était le " Congor ", (pineau d'Aunis). [Modification du texte en date du 28 décembre 2016] Jusqu'à un courriel de monsieur P.L. en date du 27 novembre 2016, nous pension qu'il y avait confusion entre le nom du coteau et celui oublié du village de La Cavarderie, qui perdit son patronymique au profit de celui de L'Immaculée qui est en réalité celui de l'église et de la paroisse fondées sous le Second-Empire. Mais monsieur P.L. nous a fourni les preuves de l’existence d'un lieudit " L'Epine Blanche, à l’intersection de la route de Nantes au Croisic et de la route reliant la Villez-Thomas à Beauregard. " Ce lieu-dit, composé d’au moins deux maisons, était au nord du village de Quelmer, sur la section des Carrois. Son existence trop courte, située entre 1850 et 1918, fait qu'il n'a jamais été cartographié, et n'est mentionné que dans le décret d’expropriation définitif de novembre 1921.

    bois-joalland,l'immaculée,soldats-américain,1917s

    Cadastre de 1829, le X marque l'emplacement du hameau de L'Epine Blanche.

    [fin de la modification du texte en date du 28 décembre 2017]

    Et '' Pengat '' ? Hélas, si Guériff avait su, il ne l'aurait pas mentionné ! Ce '' Pengat '' qu'on pourrait croire breton, est la déformation de '' penga '' sans '' T '' finale, mot d'origine espagnole, qui en argot des soldats américains de la Première-guerre-mondiale désigne le sexe de l'homme, et par extension un lieu écarté où les hommes peuvent avoir entre eux un rapport sexuel, et à nouveau par extension où ils pouvaient avoir un rapport sexuel avec une femme... La création de l'étang et la présence d'un grand nombre de soldats alors que la majorité des hommes étaient au front avait aiguisé les appétits, (il y eut entre juin 1917 et octobre 1920, 174 mariages entre Nazairiennes et soldats américains). Il y avait autour de l'étang des bosquets, des prairies, des champs que plus personne ne cultivait faute de bras. Aussi, la zone était devenue un lieu de badinage, et de sexe à la hussarde. L'expression '' penga '' ayant une consonance bretonne, le mot fit long feu, sans que les Nazairiens n'en comprissent le sens. Les soldats stationnés à Saint-Nazaire, préféraient ainsi faire des rencontres sexuelles sur les rives de l'étang que de se rendre dans l'une des maisons closes du camp ou de la ville. Le souci fut qu'il y eut des débordements. Le secteur de l'étang était devenu un lieu de balade pour les curieux, plusieurs familles furent offusquées de ce qu'elles virent. Plus grave, la route reliant Saint-Nazaire à l'Immaculée, avait été détournée pour contourner l'étang, en logeant directement ses rives, et quelques jeunes femmes et jeunes hommes se trouvèrent harcelés par des soldats dont ils ne partageaient pas la langue. Les soldats demandaient '' Hey, wanna grab hold of my penga ? '', ('' salut, tu veux t'occuper de ma b... ? ''), et les pauvres nazairiens pensaient qu'il leur demandaient où étaient le lieu que les américains nommaient Pengat. Plusieurs se risquèrent à faire les guides, et cela tourna mal. Au-delà du soucis de langue, les intentions n'étaient pas toujours compréhensibles pour des jeunes-gens de 1917-1920 ignorants tout des choses de la chaire. Il y eut des agressions, des attouchements, des viols. Le haut-commandemant étouffa les affaires, la presse locale finie par s'en faire l'écho au début de l'année 1920, à la suite d'une bagarre dans le bourg de l'Immaculée entre soldats alcoolisés et gens du voisinage. Les troupes américaines partirent en octobre 1920 et le calme revint.

     

     

     

  • Maisons et métairies nobles de Saint-Nazaire

     

    Nous avons déjà parlé de plusieurs fiefs, maisons et métairies nobles de Saint-Nazaire. L'histoire de certaines nous sont connues en détails, d'autres n'ont laissé que des mentions dans les actes notariés et paroissiaux. Voici quelques informations que nous avons pu glaner.



    La maison noble d'Armenjo :



    Hémery, famille noble: D'argent à trois chouettes de sable, becquées et membrées de gueules, accompagnée d'un annelet du même en abîme.

     

    I° Jan Hémery, seigneur de la maison noble d'Armanjo, (vivant en 1618), époux de Françoise Diron, dame d'Armanjo, d'où :

    1°Pétronille, baptisée le 26 mai 1599 ;

    2° Jacques, qui suit.

     

    II° Jacques Hémery, époux de Jacquotte de Boisbrassu, seigneur et dame de la maison noble d'Armanjo, d'où :

     

    1° Marguerite née entre le 14 et le 25 juillet 1638.

     

     

    Matz (du), Famille noble d'extraction chevaleresque maintenu à l'intendance en 1700 qui posséda les maisons nobles d'Armanjo, de Guindreff, et de Kerlédé (voyez ces articles) : D'argent frété de gueules ; au chef échiqueté d'or et d'azur.

     

     

    I° Denys-Guillaume du Matz de Keranvay, seigneur de La Drouillay, et de la maison noble d'Armanjo pour laquelle il servit l'aveu en 1709, époux de Perrine Paquet. Il la vendit à Jacques Hégo.

     

    Hégo, famille de laboureurs

     

    I° Jacques Hégo, mort avant 1747, seigneur de la maison noble d'Armanjot, père de :

    II° Elisabeth Hégo, dame de la maison noble d'Armanjot en 1747, décédée en 1748, épouse de Pierre Bonneau, capitaine de navires.

     

    En 1850 le domaine d'Armanjot était propriété de la famille Morel.



     

    Maison noble d'Avalix

     

     

    Chotard, famille de la bourgeoisie de la paroisse de Donges : D'or à la croix ancrée de sable.



    I° Pierre Chotard rendit aveu à Gabriel de Goulaine au nom des enfants mineur du sieur d'Avalix en 1638.

     

    La maison noble d'Avalix disparaît ensuite.

     

    maison noble du Lin (ou Lain)

     

     

    I° Jean Le Baud, sieur du Lain, époux d'Anne de la Chenaye, aveux du 2 février 1647.

     

    Située au niveaux de la rue de L'Ile du Lin, le domaine était propriété de la famille de Kermasson en 1850, il comportait alors un manoir.

     

     

    Les métairies de :



    La Ville-ès-Molle, terre franche constituée en faveur de 1484 en faveur de Pierre Mole. Par la suite le domaine devient hameau.

     

     

    métairie de Grandpré



    I° Charles Bernard, (1650-1700), sieur de Grandpré, notaire royale à Saint-Nazaire, époux de Madeleine Belliotte, (1645-1735), d'où :

    II° Renée Bernard, (Saint-Nazaire 1684 - Saint-Nazaire 1735), sieur de Grandpré,, mariée le 23 janvier 1720 à Saint-Nazaire avec Ambroise Lorieux, sieur de La Mainguisserye, seigneur de Tréballe, (voyez le chapitre sur cette seigneurie)



    Fief d'Issignac, aujourd'hui Dissignac.



    I° David Belliote, décédé à Montoir-de-Bretagne le 13 décembre 1680, inhumé dans le cœur de l'église ; greffier de la vicomté de Donges.

     

     

    Fief de La Ville-Halluard, dit aussi de La Vieille-Ville.

     

    I° ?? Hemery, écuyer, sieur de La Vieille-Ville, époux de Claude Tavat, d'où :

     

    1° Françoise, baptisée le 9 juillet 1609 à Saint-Nazaire.



  • La Belle-Hautière

    La Bellotière, ou Blotière, orthographié depuis 1829  '' La Belle-Hautière '', était un village tenu en fief noble qui appartenait Jégo, famille guérandaise qui fut anoblie en 1460, mais qui est tombée en roture après la réformation de 1513.



    Jégo de La Fleuriays : D'argent à trois chevrons de gueules besantés d'or.

     

     

    I° François Jégo de La Fleuriays, sieur de La Bellotière, inhumé en la chapelle du Rosaire de l'église de Saint-Nazaire le 15 octobre 1704 ; avocat au parlement, sénéchal seul juge de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marcein, par achat de la charge de Jean Coquard en 1672, puis de celle de Guillaumes des ailleurs en 1686, et greffe de la baronnie de Marcein par achat en 1690, époux de Jeanne Bertho, dame de La Bellotière d'où :

    1° Jan-François, (Saint-Nazaire le 15 octobre 1671 - baptisé à Guérande le 22 octobre 1671 – 13 décembre 1674 Saint-Nazaire) ;

    2° Perrinne, baptisée à Saint-Nazaire le 16 février 1676, mariée à Saint-Nazaire le 5 septembre 1701 avec Jacques Thomas, sieur de Trémondu ;

    3° Francois, (Saint-Nazaire le 18 septembre 1677 – 15 octobre 1707 Saint-Nazaire) ;

    4° une fille, baptisée à Saint-Nzaire le 18 décembre 1679 :

    5° Jan, né à Saint-Nazaire le 25 janvier 1682

    6° René, (Saint-Nazaire 3 septembre 1684 - 16 décembre 1684) ;

    7° René, qui suit ;

    7° André, (Saint-Nazaire 28 octobre 1686 – 14 octobre 1705 Saint-Nazaire) ;

    8° Pierre, né et baptisé à Saint-Nazaire le 22 septembre 1691

    9° Janne, (Saint-Nazaire 2 décembre 1695 – 12 mai 1743 Saint-Nazaire), mariée à Saint-nazaire, après dispense du 3e degré de parenté, le 3 novembre 1710 avec Joseph Belliotte, né le 28 février 1714, sieur de La Ville-Allain,puis seigneur de Heinlex-Pommeraye, conseiller du Roi, commissaire vérificateur des fourrages au département de Guérande, avocat à la Cour, procureur du Roi à Guérande en 1742, procureur fiscale puis sénéchal de la vicomté de Donges.



    II° René Jégo, sieur de La Bellotière, époux de Jeanne Jégo, d'où :

    1° Jeanne, (Saint-Nazaire le 30 avril 1713 – 2 décembre 1713 Saint-Nazaire) ;



     

     

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    Cadastre de 1829

  • Frais de voyage du prince Jérôme Bonaparte, de Saint-Nazaire à Nantes.

     Le 7 août 1852 le prince Jérôme Bonaparte, (1784-1860), prince de Montfort, ex-roi de Westphalie, plus jeune-frère de Napoléon Ier, et oncle de Napoléon III, débarqua à Saint-Nazaire. La visite d'un si haut personnage du régime alors en place engendra des dépenses que le préfet de la Loire-Inférieure eut quelque mal à se faire rembourser :

     

     

     

    Lettre de M. de Mentque, préfet de la Loire-Inférieure, au ministère de l'intérieur.

     

     

    Nantes, août 1852.

     

    MONSIEUR LE MINISTRE,

     

    A la date du 6 août, j'ai reçu de Votre Excellence une dépêche télégraphique ainsi conçue :

     

    '' Le Prince Jérôme arrive, selon toute probabilité, demain samedi, 7 courant, à Saint-Nazaire. Veuillez prendre immédiatement les dispositions nécessaires pour assurer convenablement le transport de Son Altesse et de sa suite de Saint-Nazaire à Nantes. Mon département se chargera des frais. ''

     

    Par une autre dépêche, Votre Excellence me recommandait de recevoir S.A. le Prince Jérôme avec tout l'éclat dû à son rang.

    Je pris mes dispositions ; un bateau à vapeur fut frété à prix débattu. Je fis marché avec un restaurateur pour que le Prince et sa suite trouvassent à bord un dîner convenable.

    Désirant que la présence du Prince fût environnée d'un certain éclat, comme vous l'aviez ordonné, j'ai fait un arrangement avec un chef d'orchestre pour que vingt musiciens fussent placés sur le bateau; enfin, j'ai fait élever des arcs de triomphe sur plusieurs points.

    Le total de ces dépenses, faites uniquement pour le voyage du Prince, de Saint-Nazaire à Nantes, s'est élevé à la somme de 1,828 francs, que j'ai soldée aux différents fournisseurs.

     

    J'ose espérer, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien m'en faire tenir le montant.

     

    Ci-joint les quittances, sauf celles relatives aux arcs de triomphe, qui se répartissent sur un trop grand nombre d'individus.

     

    Je suis avec un profond respect, Monsieur le Ministre, de Votre Excellence le très-humble et très-obéissant serviteur.

     

    Le Préfet de la Loire-Inférieure,

    E. DE MENTQUE.

     

     

    P. S. Votre Excellence voudra bien remarquer qu'il ne s'agit ici que des dépenses du voyage du Prince, de Saint-Nazaire à Nantes, selon les prescriptions de la dépêche télégraphique. Quant à la réception qui a eu lieu à la préfecture, il ne peut question ici ; c'est un grand honneur, dont je resterai toujours profondément reconnaissant.

     

     

     

     

    État des dépenses du voyage de S. A. le Prince Jérôme, de Saint-Nazaire à Nantes.

    (En exécution de la dépêche télégraphique du Ministre de l'intérieur, du 6 août 1832.).

    Location d'un bateau à vapeur

    500 fr

    Ornementation de ce bateau par le tapissier .

    125 fr.

    Orchestre sur le bateau

    0,58 fr.

    Au maître de poste de Guérande, pour chevaux conservés pour le Prince

    51 fr.

    Au sous-préfet de Paimboeuf, chargé d'une mission pour le Prince, déboursés en frais de poste

    87 fr.

    Plusieurs arcs de triomphe élevés sur les deux rives du fleuve.

    555 fr.

    Repas de vingt personnes, à bord du bateau à vapeur, pour le Prince et sa suite

    550 fr.

    Total

    1.828 fr.

     

     

    jeromexo5.jpg

    Le prince Jérôme vers 1860