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sculpture

  • Le groupe sculpté « L'épave »

    Sculpture en ronde bosse mesurant 230 x 180 x 140 cm, généralement dénommé « la statue de l'épave » par les Nazairiens, ce groupe sculpté est dû au ciseau d'Antoine Bourlange, (1872 – 1951), sculpteur plus proche des pompiers que des académiques, spécialisé dans les sujets macabres, les ornements de tombeaux, et les monuments aux morts à partir de 1918. Antoine Bourlange était entré à l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse à l'âge de seize ans, puis à l’École des beaux-arts de Paris, où il fut l'élève d'Alexandre Falguière et d'Antonin Mercié. Il participa plusieurs fois au « Salon des artistes français », en 1894, 1895, 1903, 1906 et 1907. Plusieurs éléments ont laissé croire que ce fut à la suite du Salon de 1895 que le groupe fut acquis par l'Etat, et confié à la ville, et qu’il aurait été confié vers 1898 à la ville de Saint-Nazaire. On en trouve en effet rien à son propos dans les archives municipales. L’incendie criminel qui visait à faire disparaître les malversations de la municipalité Gasnier en 1898 fut désigné comme la cause… Sauf qu’une note récemment émise par le Canp nous apprend que l’œuvre fut acquise par l’Etat au Salon de 1906. Fut-il confié en même temps que la statue du monument de 1870 en juillet 1909 ou avant ? Le Canp n’a pas su nous le dire, par plus que les archives municipales. Ce qui est certain, c'est que le groupe placé dans le Jardin des Plantes à son arrivée, déplut aux Nazairiens, et il fallut bientôt le déplacer suite à des plaintes ! 

     

     

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    La séance du Conseil du 9 avril 1924 nous relate les faits d'une façon savoureuse, monsieur Vivan Lacour était alors le maire[1] :

    1. Lamoureux : La statue L'Epave, qui est un beau travail, est vraiment mal placée. Pourquoi la relègue-t-on dans un coin du jardin, où personne n'a accès ? Je demande qu'on puisse en Faire le tour.
    2. le Maire : Cette statue était, autrefois, placée dans un autre endroit à la partie supérieure du jardin. Le sujet ayant été trouvé trop macabre, des réclamations ont surgi à la suite desquelles L'Epave a été transportée à son emplacement actuel. Nous ne pouvons, tout de même, pas envisager un nouveau déplacement. Il n'y aurait pas de raison d'en finir.
    3. Lamoureux : Je ne conteste pas que le sujet soit mal choisi pour une ville maritime comme la nôtre et peu fait pour provoquer la vocation de marin. 
    4. Lemouel : Le sujet est très bien, au contraire. S'il a été jugé indésirable, ce n'est que par des gens pudibonds à l'excès qui ont été choqué par le nu de certains personnages.
    5. le Maire : Les feuilles de lierre masqueront, bientôt, l'ensemble du groupe. Il n'y aura plus, par la suite, qu'à tailler, à même, pour laisser voir, seulement, ce que l'on voudra.

     

    [1] Délibérations du Conseil du 9 avril 1924, archives municipales. 

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    " L'Epave ", à son second emplacement, avec le lier...

     

     

      En 1937, à force de courriers répétés à la Mairie, et aux journaux locaux de Nazairiens qui le jugeaient déprimant, on relégua le groupe entre le Sauron et la pointe de la Villes-Martin, sous les arbres, dos au boulevard Albert 1er, tourné vers la rade. Durant les bombardements qui précédèrent l'attaque du commando britannique, l'homme debout fut décapité, on retrouva sa tête bien après la Libération au fond d'un puits, rue de Pornichet dans le jardin de Monsieur Léac. Monsieur Geffray, des services techniques de la Ville, se chargea de la lui remettre. Le groupe se trouva par la suite entouré des baraquements dressés pour reloger la population. En 1971 le groupe fut à nouveau déplacé, pour être installé au centre du rond-point du square du 19 mars 1962 nouvellement créé. Au mois de mai 2001, des vandales décapitèrent l'homme debout. Il fut décidé de « stocker » la sculpture sous l'auvent du Parc-Expo, à côté de l'Ecomusée, faute de savoir quoi en faire L’œuvre appartient à l’Etat, mais sa conservation, son entretien, sont aux frais de la Municipalité, tout comme son déplacement et sa restauration, qui ne peuvent se faire sans un accord préalable du Cnap.